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Corrigé détaillé CCINP Physique PC 2022

Mesures de la vitesse d'un fluide

Faisable en sup ?

Faisable en partie en PCSI : 19 questions sur 41. Autres questions faisables en PCSI

Autres premières années : MPSI 20 · PTSI 14 · MP2I 11 · TSI1 14 · BCPST1 13 questions.

Détail par partie

Le sujet en bref

Sujet moyen · Optique ondulatoire, Mécanique des fluides, Mécanique · 8 incontournables · 24 questions de première année
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Ce sujet propose un panorama très complet et représentatif des techniques métrologiques de mesure de la vitesse d'un écoulement fluide, des méthodes mécaniques traditionnelles jusqu'aux dispositifs optiques modernes sans contact. Il balaie un spectre particulièrement large du programme de la filière PC : mécanique des solides et aérodynamique, induction, transferts thermiques conducto-convectifs (loi de King, modèle de l'ailette de refroidissement), analyse en ordres de grandeur de la convection naturelle (équations de Navier-Stokes) et optique ondulatoire (interférences à deux ondes, diffraction acousto-optique par cellule de Bragg, bilan cinématique photon-phonon).

Très progressif et fidèle à l'esprit des épreuves de CCINP, ce problème constitue un excellent support de révision globale. Il allie questions de cours directes, études de graphes expérimentaux et prise d'initiative modélisatrice (freinage par induction en Q12, convection naturelle en Q20-Q21).

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,13/20)
Temps estimé
≈ 2 h 40 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Chapitres

Part des questions du sujet.

Incontournables

8 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

34 questions rapides et accessibles · 3 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (34) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (3) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes
  • Parties indépendantes

    Q1, Q13 et Q28 : Les trois parties (I, II et III) étudient des principes de mesure indépendants et reposent sur des domaines distincts (mécanique du solide, bilans thermiques et optique ondulatoire).

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

41 questions
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Partie I : Anémomètres mécaniques

I.1 · Anémomètre à plaque

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Mécanique › Cinématique et dynamique du point

Notions : analyse dimensionnelle, force de traînée

Déterminer l'unité SI de en utilisant les unités des grandeurs de base.

Voir l'indice

Effectuer une analyse dimensionnelle à partir de l'expression de la force [F] = [\mu][U]^2, sachant qu'une force s'exprime en \mathrm{kg\cdot m\cdot s^{-2}}.

Voir la réponse courte

Analyse dimensionnelle : [\mu] = [F]/[U^2] = \mathrm{kg}\cdot\mathrm{m}^{-1}.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, la force aérodynamique s'écrit \vec{F} = \mu U \vec{U}, où U = \|\vec{U}\| désigne la vitesse du vent. La norme de cette force s'exprime donc sous la forme :

F = \mu U^2 \iff \mu = \frac{F}{U^2}

Par analyse dimensionnelle, en appliquant le principe fondamental de la dynamique ([F] = \mathrm{M \cdot L \cdot T^{-2}}) :

[\mu] = \frac{[F]}{[U]^2} = \frac{\mathrm{M \cdot L \cdot T^{-2}}}{\left(\mathrm{L \cdot T^{-1}}\right)^2} = \mathrm{M \cdot L^{-1}}

Dans le Système International (SI), les unités de base associées à la masse et à la longueur sont respectivement le kilogramme (\mathrm{kg}) et le mètre (\mathrm{m}).

L'unité de \mu exprimée à l'aide des grandeurs de base est donc :

\boxed{\mathrm{kg\cdot m^{-1}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Exprimez bien le résultat final dans les unités fondamentales du SI et veillez à ne pas confondre le vecteur vitesse avec un vecteur unitaire.

« Quelques candidats omettent toutefois d’écrire le résultat dans les unités des grandeurs de base. Quelques autres pensent que U⃗ est un vecteur unitaire, traduisant ainsi une dépendance linéaire de la force avec la vitesse. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : force de traînée, nombre de reynolds

Justifier le choix d'une force aérodynamique proportionnelle à dans cette situation.

Voir l'indice

Raisonner sur le nombre de Reynolds de l'écoulement autour de la plaque pour justifier un écoulement dominé par l'inertie plutôt que par la viscosité.

Voir la stratégie
  1. Estimer le nombre de Reynolds associé à l'écoulement de l'air autour de la plaque circulaire afin de caractériser le régime d'écoulement.
  2. Conclure sur la prédominance des effets inertiels par rapport aux effets visqueux pour justifier la loi de frottement quadratique.
Voir la réponse courte

À grand nombre de Reynolds, les effets inertiels dominent et la force de traînée est quadratique en vitesse.

Voir le corrigé complet

Le régime d'écoulement d'un fluide autour d'un obstacle de dimension caractéristique D (ici le diamètre de la plaque, D = 2R = 0{,}10\text{ m}) est gouverné par le nombre de Reynolds :

\mathrm{Re} = \frac{\rho_{\text{air}} U D}{\eta_{\text{air}}}

Pour une vitesse typique du vent de quelques mètres par seconde, prenons U \sim 1\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

\mathrm{Re} \sim \frac{1{,}3 \times 1 \times 0{,}10}{1{,}85\cdot 10^{-5}} \approx 7\cdot 10^3 \gg 1

Puisque \mathrm{Re} \gg 1, les forces d'inertie prédominent largement devant les forces de viscosité (régime inertiel).

L'écoulement présente un décollement de couche limite et un sillage turbulent à l'arrière de la plaque, générant une dépression motrice. La force aérodynamique est alors dominée par la traînée de forme (ou de pression), modélisée par la formule usuelle de traînée :

F = \frac{1}{2} C_x \rho_{\text{air}} S U^2

où S = \pi R^2 est la section droite de la plaque et C_x son coefficient de traînée.

\boxed{\text{Le nombre de Reynolds étant très grand devant 1, la force de traînée est quadratique en } U.}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le choix d'une force en U au carré doit impérativement être étayé par le calcul du nombre de Reynolds comparé à une valeur de référence.

« Peu de candidats pensent à calculer le nombre de Reynolds. Évoquer des écoulements à « petite » ou « grande » vitesse sans comparaison à une référence ne signifie rien de précis. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1

Chapitre : Mécanique › Mécanique du solide

Notions : moment d'une force, bras de levier

On suppose que le point d'application de la résultante des forces aérodynamiques se situe au centre de la plaque circulaire. Exprimer les moments scalaires par rapport à l'axe des forces s'exerçant sur le système .

Voir l'indice

Calculer les moments scalaires par rapport à l'axe (\Delta) du poids de la plaque (qui tend à faire redescendre la tige) et de la force aérodynamique horizontale (qui tend à l'écarter de la verticale).

Voir la stratégie
  1. Définir le système \{\text{plaque} + \text{tige}\} et recenser les actions mécaniques extérieures en précisant leurs points d'application.
  2. Choisir une base adaptée pour exprimer le vecteur position du centre de la plaque et calculer le moment scalaire de chaque force par rapport à l'axe (\Delta), soit par le produit vectoriel, soit par la méthode du bras de levier.
Voir la réponse courte

Moments par rapport à l'axe des forces de pesanteur et aérodynamique appliquées au centre de gravité et de poussée.

Voir le corrigé complet

On étudie le système \{\text{plaque} + \text{tige}\} dans le référentiel terrestre supposé galiléen. On note O l'intersection de la tige avec l'axe horizontal (\Delta), et C le centre de la plaque circulaire, situé à la distance OC = L de O.

On définit un repère orthonormé direct (O, \vec{e}_x, \vec{e}_y, \vec{e}_z) tel que :

  • \vec{e}_x est le vecteur unitaire horizontal colinéaire et de même sens que la vitesse du vent \vec{U} ;
  • \vec{e}_z est le vecteur unitaire vertical descendant, colinéaire et de même sens que \vec{g} ;
  • \vec{e}_\Delta = \vec{e}_z \wedge \vec{e}_x est le vecteur unitaire orientant l'axe (\Delta), de sorte qu'une rotation dans le sens direct autour de \vec{e}_\Delta corresponde à une augmentation de l'angle \theta.

Le vecteur position du point C s'écrit alors :

\vec{OC} = L \sin\theta\,\vec{e}_x + L \cos\theta\,\vec{e}_z

Les actions mécaniques extérieures appliquées au système sont :

  1. L'action de la liaison pivot en O : modélisée par une résultante \vec{R}. Sa droite d'action coupant l'axe (\Delta), son moment scalaire par rapport à (\Delta) est nul :

    \boxed{\mathcal{M}_\Delta(\vec{R}) = 0}
  2. Le poids du système : la tige étant de masse négligeable et la plaque homogène, il se réduit au poids de la plaque \vec{P} = m\vec{g} = mg\,\vec{e}_z, appliqué au centre de masse C. Son moment par rapport à (\Delta) vaut :

    \begin{aligned} \vec{\mathcal{M}}_O(\vec{P}) &= \vec{OC} \wedge \vec{P} = (L \sin\theta\,\vec{e}_x + L \cos\theta\,\vec{e}_z) \wedge (mg\,\vec{e}_z) \\ &= - mg L \sin\theta\,(\vec{e}_z \wedge \vec{e}_x) = - mg L \sin\theta\,\vec{e}_\Delta \end{aligned}

    D'où le moment scalaire :

    \boxed{\mathcal{M}_\Delta(\vec{P}) = - mg L \sin\theta}
  3. La résultante des forces aérodynamiques : \vec{F} = \mu U \vec{U} = \mu U^2 \vec{e}_x, appliquée en C. Son moment par rapport à (\Delta) vaut :

    \begin{aligned} \vec{\mathcal{M}}_O(\vec{F}) &= \vec{OC} \wedge \vec{F} = (L \sin\theta\,\vec{e}_x + L \cos\theta\,\vec{e}_z) \wedge (\mu U^2 \vec{e}_x) \\ &= \mu U^2 L \cos\theta\,(\vec{e}_z \wedge \vec{e}_x) = \mu U^2 L \cos\theta\,\vec{e}_\Delta \end{aligned}

    D'où le moment scalaire :

    \boxed{\mathcal{M}_\Delta(\vec{F}) = \mu U^2 L \cos\theta}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'utilisation du bras de levier évite les erreurs de signe pour exprimer le moment scalaire, sans oublier la réaction de l'axe dans le bilan des forces.

« Les candidats qui utilisent le bras de levier sont ceux qui réussissent le mieux cette question : ils évitent en général les erreurs de calcul et de signe, et proposent une expression scalaire du moment, comme demandé dans l’énoncé. »

« Très peu de candidats pensent à la réaction de l’axe dans le bilan des forces et la remplacent par une « tension de la tige », sans objet ici. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1

Chapitre : Mécanique › Mécanique du solide

Notions : équilibre statique, moment d'une force

Lorsque le système est à l'équilibre mécanique, on mesure l'angle à l'aide d'un rapporteur. Déterminer l'expression de la vitesse du vent, en fonction de , , et . Faire l'application numérique. La valeur obtenue vous paraît-elle cohérente ?

Voir l'indice

Écrire la condition d'équilibre statique en annulant la somme des moments scalaires, puis isoler la vitesse U.

Voir la stratégie
  1. Écrire la condition d'équilibre mécanique du système en rotation autour de l'axe fixe (\Delta) en appliquant le théorème du moment cinétique scalaire (ou la condition de nullité de la somme des moments scalaires).
  2. Isoler U et vérifier l'homogénéité de la formule obtenue.
  3. Réaliser l'application numérique et discuter la cohérence du résultat avec les données et hypothèses de l'énoncé.
Voir la réponse courte

Théorème du moment cinétique à l'équilibre : égalité des moments donnant U = \sqrt{\frac{mg\sin\theta_{\text{eq}}}{\mu\cos\theta_{\text{eq}}}}.

Voir le corrigé complet

À l'équilibre mécanique dans le référentiel d'étude galiléen, la somme des moments scalaires des forces appliquées au système {plaque + tige} par rapport à l'axe (\Delta) est nulle :

\sum \mathcal{M}_\Delta = \mathcal{M}_\Delta(\vec{P}) + \mathcal{M}_\Delta(\vec{F}) + \mathcal{M}_\Delta(\vec{R}) = 0

En utilisant les expressions obtenues à la question précédente (Q3) pour \theta = \theta_{\text{eq}} :

- m g L \sin\theta_{\text{eq}} + \mu U^2 L \cos\theta_{\text{eq}} = 0

La longueur L se simplifie (puisqu'elle est non nulle), ce qui conduit à :

\mu U^2 \cos\theta_{\text{eq}} = m g \sin\theta_{\text{eq}} \iff U^2 = \frac{m g}{\mu} \tan\theta_{\text{eq}}

La vitesse du vent U étant positive, on en déduit :

\boxed{U = \sqrt{\frac{m g}{\mu} \tan\theta_{\text{eq}}}}

Application numérique :

  • m = 30\text{ g} = 30 \cdot 10^{-3}\text{ kg}
  • g = 9{,}81\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}
  • \mu = 1 \cdot 10^{-2}\text{ kg}\cdot\text{m}^{-1}
  • \theta_{\text{eq}} = 8^\circ
U = \sqrt{\frac{30 \cdot 10^{-3} \times 9{,}81}{1 \cdot 10^{-2}} \times \tan(8^\circ)} \approx \sqrt{29{,}43 \times 0{,}1405} \approx \sqrt{4{,}137} \approx 2{,}0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{U \approx 2{,}0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Commentaire sur la cohérence :

  • Cette valeur est de l'ordre de « quelques \text{m}\cdot\text{s}^{-1} » (environ 7{,}3\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}, ce qui correspond à une légère brise), en parfait accord avec l'ordre de grandeur annoncé dans l'introduction de la sous-partie I.1.
  • L'angle \theta_{\text{eq}} = 8^\circ \approx 0{,}14\text{ rad} reste faible devant 1\text{ rad}, ce qui valide a posteriori l'hypothèse de faibles inclinaisons formulée pour l'expression de la traînée \vec{F}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut appliquer le théorème du moment cinétique plutôt que le PFD et veiller à convertir l'angle en radians lors du calcul numérique.

« En se plaçant dans l’approximation des petits angles (acceptable à 8°), certains candidats se sont fait piéger dans l’application numérique avec un angle à l’équilibre laissé en degrés. »

« Les correcteurs ont été très surpris de la part non négligeable de candidats qui utilisent le principe fondamental de la dynamique pour tenter de résoudre cette question ! »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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I.2 · Anémomètre à coupelles

Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : force de traînée, coefficient de traînée

On représente sur la figure 2 un anémomètre composé de 4 coupelles coniques décalées de les unes par rapport aux autres et soumises à un vent de vitesse . Reproduire ce schéma sur votre copie. En supposant que l'anémomètre est initialement immobile, représenter, en vous aidant du document 2, les forces s'exerçant sur chaque coupelle. On comparera les normes de ces forces les unes par rapport aux autres.

Voir l'indice

Relever sur le document 2 les valeurs du coefficient C_{\mathrm{N}} pour \beta = 45^\circ et \beta = 135^\circ afin d'orienter et de comparer les normes des forces normales agissant sur les coupelles creuses et bombées.

Voir la stratégie
  1. Identifier pour chacune des quatre coupelles l'orientation relative par rapport au vent incident \vec{U} et déterminer l'angle d'incidence \beta associé.
  2. Utiliser la courbe C_{\mathrm{N}}(\beta) du document 2 pour relever les valeurs correspondantes du coefficient de force normale.
  3. Comparer les normes des forces normales \vec{F}_{\mathrm{N}} et représenter ces forces sur le schéma avec une échelle cohérente.
Voir la réponse courte

La face concave présente un C_x plus grand que la face convexe, d'où une force motrice dissymétrique.

Voir le corrigé complet

Le vent incident se propage horizontalement de gauche à droite à la vitesse \vec{U}.

Identification des angles d'incidence et des coefficients C_{\mathrm{N}} :

  • Coupelles inférieures : le vent arrive dans la concavité (creux de la coupelle). L'angle d'incidence entre le vent et l'axe de la coupelle est \beta = \pm 45^\circ. D'après la courbe du document 2 :

    C_{\mathrm{N}}(45^\circ) \approx 1{,}6 > 0.

    La force normale est dirigée selon +\vec{u}_{\mathrm{N}} (vers l'aval du vent, vers la droite).

  • Coupelles supérieures : le vent frappe la face convexe (la pointe du cône). L'angle d'incidence est \beta = \pm (180^\circ - 45^\circ) = \pm 135^\circ. D'après la courbe du document 2 :

    C_{\mathrm{N}}(135^\circ) \approx -0{,}35 < 0.

    La force normale est dirigée selon -\vec{u}_{\mathrm{N}} (également orientée globalement vers l'aval, vers la droite).

Comparaison des normes des forces : La norme de la force normale s'écrit \|\vec{F}_{\mathrm{N}}\| = \frac{1}{2}\rho_{\mathrm{air}}\mathcal{A}\,|C_{\mathrm{N}}|\,U^2. Par symétrie de la configuration (\|\vec{F}_{\mathrm{N}}(-\beta)\| = \|\vec{F}_{\mathrm{N}}(\beta)\|), les deux coupelles inférieures subissent une force de même norme, notée F_{\mathrm{N, bas}}, et les deux coupelles supérieures subissent une force de même norme, notée F_{\mathrm{N, haut}} :

\begin{aligned} F_{\mathrm{N, bas}} &\approx \frac{1}{2}\rho_{\mathrm{air}}\mathcal{A} \times 1{,}6 \times U^2, \\ F_{\mathrm{N, haut}} &\approx \frac{1}{2}\rho_{\mathrm{air}}\mathcal{A} \times 0{,}35 \times U^2. \end{aligned}

Le rapport des normes vaut donc :

\frac{F_{\mathrm{N, bas}}}{F_{\mathrm{N, haut}}} = \frac{|C_{\mathrm{N}}(45^\circ)|}{|C_{\mathrm{N}}(135^\circ)|} \approx \frac{1{,}6}{0{,}35} \approx 4{,}5 \text{ à } 5.
\boxed{\|\vec{F}_{\mathrm{N, bas}}\| \approx 4{,}5 \, \|\vec{F}_{\mathrm{N, haut}}\|}

Les forces normales sur les coupelles inférieures sont ainsi environ quatre à cinq fois plus intenses que celles s'exerçant sur les coupelles supérieures.

Représentation schématique : Sur le schéma ci-dessous, les forces \vec{F}_{\mathrm{N}} normales aux bases des cônes sont tracées : des flèches de grande longueur pour les deux coupelles inférieures, et de faible longueur pour les deux coupelles supérieures.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Soignez l'orientation des forces exercées sur les coupelles et comparez explicitement leurs normes respectives.

« Les erreurs les plus fréquentes portent sur l’orientation et la norme des forces des coupelles supérieures. La comparaison des normes devait être explicite. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux ; Mécanique › Mécanique du solide

Notions : moment d'une force, coefficient de traînée

Expliquer à partir de votre schéma pourquoi l'anémomètre va se mettre en mouvement, et représenter le sens de rotation sur le schéma.

Voir l'indice

Comparer les moments créés par les forces normales sur les bras opposés : la dissymétrie des coefficients de traînée impose un sens de rotation préférentiel.

Voir la stratégie
  1. Exprimer qualitativement le bilan des moments des forces normales \vec{F}_{\mathrm{N}} par rapport à l'axe vertical de rotation (\Delta) passant par le centre de l'anémomètre.
  2. Exploiter la dissymétrie des coefficients aérodynamiques établie à la question précédente (C_{\mathrm{N}}(45^\circ) > |C_{\mathrm{N}}(135^\circ)|) pour déterminer le signe du moment résultant et en déduire le sens de rotation.
Voir la réponse courte

La dissymétrie des forces crée un moment résultant non nul qui entraîne l'anémomètre en rotation.

Voir le corrigé complet

Soit (\Delta) l'axe vertical de rotation de l'anémomètre, orienté vers le haut (vers l'observateur). Les quatre coupelles sont situées à égale distance R_{\text{bras}} de cet axe.

  • Les forces tangentielles \vec{F}_{\mathrm{T}} étant portées par les bras, leur droite d'action coupe l'axe (\Delta) : leur moment par rapport à (\Delta) est nul.
  • Les forces normales \vec{F}_{\mathrm{N}} sont orthogonales aux bras ; leur bras de levier par rapport à l'axe (\Delta) est donc maximal et égal à la longueur du bras R_{\text{bras}}.
  • D'après l'étude menée à la question précédente, les coupelles inférieures présentent leur face creuse (concave) face au vent et subissent des forces \vec{F}_{\mathrm{N}} motrices de grande norme (C_{\mathrm{N}} \approx 1{,}6). À l'inverse, les coupelles supérieures présentent leur pointe (convexe) face au vent et subissent des forces résistantes de norme nettement plus faible (|C_{\mathrm{N}}| \approx 0{,}35, soit un rapport d'environ 4{,}5).

Le moment résultant par rapport à l'axe vertical (\Delta) n'est donc pas nul :

\sum \mathcal{M}_{\Delta}(\vec{F}) = \sum \mathcal{M}_{\Delta}(\vec{F}_{\mathrm{N}}) > 0

Le couple moteur exercé sur les coupelles inférieures l'emporte largement sur le couple résistant exercé sur les coupelles supérieures. D'après le théorème du moment cinétique appliqué à l'anémomètre autour de l'axe (\Delta), cette dissymétrie induit une accélération angulaire non nulle : l'anémomètre se met en rotation.

Sens de rotation : Les coupelles inférieures étant poussées vers la droite (dans le sens du vent) avec une force prépondérante, l'anémomètre se met à tourner dans le sens anti-horaire (sens trigonométrique).

\boxed{\text{L'anémomètre se met en rotation dans le sens anti-horaire (trigonométrique).}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pour justifier la mise en mouvement, il fallait comparer les moments des forces en constatant que les bras de levier sont identiques.

« En revanche, très peu de candidats comparent les moments en notant que les bras de levier sont égaux. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1

Chapitre : Mécanique › Mécanique du solide

Notions : moment d'une force, bras de levier

Justifier que la force tangentielle est sans importance pour l'étude du mouvement de rotation de l'anémomètre.

Voir l'indice

Observer la direction de la force tangentielle \vec{F}_{\mathrm{T}} : son support passe par le bras ou par l'axe de rotation, rendant son bras de levier nul.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le moment scalaire de la force tangentielle \vec{F}_{\mathrm{T}} par rapport à l'axe vertical de rotation (\Delta).
  2. Analyser la géométrie du problème (direction de la droite d'action de \vec{F}_{\mathrm{T}} par rapport au bras de l'anémomètre).
Voir la réponse courte

La force tangentielle a une droite d'action qui coupe l'axe de rotation, son moment scalaire est nul.

Voir le corrigé complet

Le mouvement de rotation de l'anémomètre autour de son axe vertical (\Delta) orienté par \vec{u}_z est régi par le théorème du moment cinétique scalaire, dans lequel n'interviennent que les moments des forces extérieures par rapport à cet axe.

Pour une coupelle dont le centre est repéré par le point M à l'extrémité du bras de rayon R_{\text{bras}} issu de l'axe (\Delta) en un point O :

\overrightarrow{OM} = R_{\text{bras}}\,\vec{u}_{\mathrm{T}}

car le bras radial reliant l'axe au centre de la base de la coupelle est colinéaire au vecteur tangentiel \vec{u}_{\mathrm{T}} défini dans le document 2.

La force tangentielle s'écrit :

\vec{F}_{\mathrm{T}} = \frac{1}{2}\rho_{\mathrm{air}}\mathcal{A}C_{\mathrm{T}}U^2\,\vec{u}_{\mathrm{T}}

Le moment scalaire de cette force par rapport à l'axe (\Delta) vaut donc :

\begin{aligned} \mathcal{M}_\Delta(\vec{F}_{\mathrm{T}}) &= \left(\overrightarrow{OM} \wedge \vec{F}_{\mathrm{T}}\right) \cdot \vec{u}_z \\ &= \left(R_{\text{bras}}\,\vec{u}_{\mathrm{T}} \wedge \frac{1}{2}\rho_{\mathrm{air}}\mathcal{A}C_{\mathrm{T}}U^2\,\vec{u}_{\mathrm{T}}\right) \cdot \vec{u}_z \\ &= 0 \end{aligned}

puisque le produit vectoriel de deux vecteurs colinéaires est nul.

\boxed{\mathcal{M}_\Delta(\vec{F}_{\mathrm{T}}) = 0}

La droite d'action de \vec{F}_{\mathrm{T}} coupe l'axe de rotation : son bras de levier est nul. Elle n'engendre aucun couple moteur ou résistant et est donc sans influence sur la rotation de l'anémomètre.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'absence d'effet d'une force sur la rotation d'un solide autour d'un axe fixe se justifie par la nullité de son moment, et non de sa résultante.

« Question simple et pourtant peu réussie : les candidats ne pensent pas à évoquer le moment nul des forces, et parlent au contraire de nullité de la résultante des forces. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1

Chapitre : Mécanique › Mécanique du solide

Notions : couple de forces, moment résultant

Rappeler la définition d'un couple de forces. Le terme de « couple » aérodynamique utilisé dans le document 3 vous paraît-il bien choisi ?

Voir l'indice

Rappeler la définition mécanique stricte d'un couple de forces (résultante nulle) et discuter si l'ensemble des forces aérodynamiques sur l'anémomètre vérifie rigoureusement cette propriété.

Voir la réponse courte

Un couple a une résultante nulle : le terme est ici impropre car la résultante aérodynamique globale n'est pas nulle.

Voir le corrigé complet

1. Définition d'un couple de forces :

En mécanique du solide, un couple de forces est un système de forces dont la résultante est nulle :

\vec{R} = \sum_i \vec{F}_i = \vec{0}

En particulier, un couple élémentaire est constitué de deux forces de directions parallèles, de sens opposés et de même norme, portées par des droites d'action distinctes.

Une conséquence fondamentale est que le moment résultant d'un couple est indépendant du point de référence choisi :

\forall (A, B), \quad \vec{\mathcal{M}}_B = \vec{\mathcal{M}}_A + \overrightarrow{BA} \wedge \vec{R} = \vec{\mathcal{M}}_A

2. Discussion sur l'appellation « couple aérodynamique » :

  • Au sens strict de la mécanique : l'expression est impropre (abus de langage). En effet, la résultante des actions aérodynamiques exercées par le vent sur l'anémomètre n'est pas nulle (\vec{R}_{\text{aéro}} \neq \vec{0}) : le vent exerce une force de traînée globale non nulle sur le dispositif, reprise par la fixation de l'axe. Le torseur des actions aérodynamiques n'est donc pas un torseur couple.
  • Dans l'usage courant en sciences pour l'ingénieur : le terme « couple » est très souvent employé par métonymie pour désigner le moment scalaire des forces par rapport à l'axe de rotation (\Gamma = \mathcal{M}_{\Delta}), qui traduit la capacité du vent à entraîner l'anémomètre en rotation (analogue à la notion anglo-saxonne de torque). En ce sens pratique, le terme permet d'identifier immédiatement l'action motrice agissant sur la rotation.
Voir ce qu'a relevé le jury

La définition mécanique rigoureuse d'un couple de forces doit être maîtrisée et ne se limite pas au cas particulier de deux forces opposées.

« La définition d’un couple n’est que très rarement juste et complète. Bien que cela n’ait pas été sanctionné, signalons qu’un couple ne se réduit pas systématiquement à deux forces. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : vitesse relative, force de traînée

Proposer une interprétation qualitative au fait que le couple aérodynamique diminue avec la fréquence de rotation de l'anémomètre, comme constaté dans le document 3.

Voir l'indice

Considérer la vitesse relative du vent par rapport à chaque coupelle en rotation : lorsque la coupelle avance, le vent relatif incident diminue.

Voir la réponse courte

La vitesse relative du vent par rapport à la coupelle motrice diminue lorsque la coupelle tourne plus vite.

Voir le corrigé complet

Les forces aérodynamiques exercées par l'écoulement d'air sur une coupelle dépendent non pas de la vitesse absolue \vec{U} du vent, mais de la vitesse relative \vec{U}_{\text{rel}} = \vec{U} - \vec{v} du vent par rapport à cette coupelle, où \vec{v} est la vitesse de déplacement de la coupelle (de norme v = 2\pi f R, avec R le rayon du bras de l'anémomètre) :

  • Pour les coupelles motrices (creux face au vent, qui se déplacent dans le sens du vent) : la vitesse relative a pour norme U_{\text{rel}} \approx U - v. Lorsque la fréquence de rotation f augmente, v augmente, donc la vitesse relative diminue : la force motrice et le couple moteur associé diminuent.
  • Pour les coupelles résistantes (pointes face au vent, qui remontent le vent) : la vitesse relative a pour norme U_{\text{rel}} \approx U + v. Lorsque f augmente, cette vitesse relative augmente, ce qui accroît la force résistante et donc le couple résistant.

Par conséquent, la résultante de ces deux effets conduit à une diminution globale du couple aérodynamique moyen \Gamma lorsque la fréquence de rotation f augmente.

Voir ce qu'a relevé le jury

L'interprétation qualitative repose sur l'étude de la vitesse relative du vent par rapport aux coupelles dans les deux sens de déplacement.

« La notion de vitesse relative, centrale dans l’explication, devait être discutée aussi bien pour les coupelles se déplaçant dans le sens du vent que pour les coupelles se déplaçant dans le sens opposé au vent. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 10

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : frottement sec, loi de coulomb

Lorsque la vitesse du vent est inférieure à la vitesse de démarrage (document 1), l'anémomètre est immobile. Quel phénomène peut expliquer l'existence de cette vitesse de démarrage ?

Voir l'indice

Penser aux frottements mécaniques solides (frottements secs au niveau du pivot ou des roulements) qui nécessitent un seuil de couple pour déclencher la mise en mouvement.

Voir la réponse courte

Le frottement sec dans le roulement impose un couple résistant seuil d'après les lois de Coulomb.

Voir le corrigé complet

L'existence d'une vitesse de démarrage U_0 s'explique par la présence de frottements mécaniques solides (secs) au niveau de l'axe de rotation (liaison pivot, roulements ou paliers).

D'après les lois de Coulomb sur le frottement sec, le système reste immobile tant que le couple moteur d'origine aérodynamique \Gamma_{\text{aéro}}(U) n'excède pas le couple de frottement statique maximal \Gamma_{\text{s,max}} opposé par les contacts mécaniques :

|\Gamma_{\text{aéro}}(U)| \le \Gamma_{\text{s,max}}

Le couple aérodynamique exercé sur l'anémomètre à l'arrêt étant une fonction croissante de la vitesse du vent U (proportionnel à U^2), il n'atteint la valeur critique \Gamma_{\text{s,max}} qu'à partir d'une vitesse seuil non nulle, notée U_0. Pour toute vitesse U < U_0, le rotor ne peut pas démarrer.

Voir ce qu'a relevé le jury

L'existence d'une vitesse seuil de démarrage s'explique nécessairement par la présence de frottements solides au niveau de l'axe.

« Question assez souvent bien traitée, même s’il fallait impérativement parler des frottements solides (ou sur l’axe) pour obtenir les points. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Chapitre : Mécanique › Mécanique du solide

Notions : anémomètre, étalonnage

En négligeant la vitesse de démarrage , estimer la distance d'étalonnage de l'anémomètre étudié dans le document 3.

Voir l'indice

Exploiter la relation U = \ell_0 f + U_0 et utiliser le point de fonctionnement à couple nul dans le document 3 pour U = 8{,}0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition de fonctionnement en régime permanent pour un anémomètre sans frottement.
  2. Lire sur le document 3 la fréquence de rotation f pour laquelle le couple aérodynamique moyen s'annule lorsque U = 8{,}0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.
  3. En déduire la distance d'étalonnage \ell_0 = \frac{U}{f} et commenter son ordre de grandeur.
Voir la réponse courte

Pente de la droite liant la vitesse du vent à la fréquence de rotation dans le graphe d'étalonnage.

Voir le corrigé complet

En régime permanent et en l'absence de couple résistant de frottement (ce qui correspond à U_0 = 0), l'accélération angulaire moyenne de l'anémomètre est nulle. D'après le théorème du moment cinétique projeté sur l'axe vertical, le couple moyen résultant s'exerçant sur le rotor doit être nul :

\Gamma(f) = 0

D'après le document 3, le vent souffle à une vitesse U = 8{,}0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}. Sur l'axe des abscisses, les graduations principales indiquent un pas de 1\text{ Hz} par grand carreau (comme en attestent les repères 9\text{ Hz} et 10\text{ Hz}). L'intersection de la courbe \Gamma(f) avec l'axe \Gamma = 0 se situe entre la 6e et la 7e division, ce qui donne une fréquence de rotation d'équilibre :

f \approx 6{,}2\text{ Hz} \quad (\text{comprise entre } 6{,}0\text{ Hz et } 6{,}3\text{ Hz})

En utilisant la loi d'étalonnage du document 1 avec U_0 = 0 :

U = \ell_0 f \implies \ell_0 = \frac{U}{f}

Soit numériquement :

\ell_0 = \frac{8{,}0}{6{,}2} \approx 1{,}3\text{ m}
\boxed{\ell_0 \approx 1{,}3\text{ m}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il était indispensable d'invoquer l'hypothèse du régime stationnaire pour justifier la lecture de la fréquence à couple aérodynamique nul.

« Il fallait au moins mentionner le régime stationnaire pour justifier qu’on relevait la fréquence à couple aérodynamique nul sur le document 3. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 12

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Chapitre : Électromagnétisme › Induction et forces de Laplace

Notions : loi de lenz, freinage par induction

Estimer le couple mécanique résistant s'exerçant en moyenne sur l'anémomètre du fait de la présence de la bobine au voisinage de l'aimant. Cela est-il de nature à perturber le fonctionnement de l'anémomètre ?

Voir l'indice

Relier la puissance mécanique résistante moyenne dissipée par le couple résistant (\mathcal{P} = \Gamma_{\text{res}} \omega) à la puissance électrique moyenne dissipée dans la résistance d'entrée de l'oscilloscope par le signal sinusoïdal induit.

Voir la stratégie
  1. Poser les hypothèses de modélisation mécanique et électrique (relation entre vitesse angulaire et fréquence du signal, impédance de la bobine devant celle de l'oscilloscope).
  2. Exprimer la puissance électrique moyenne dissipée par effet Joule dans le circuit de mesure.
  3. Relier cette puissance dissipée au couple mécanique résistant moyen via un bilan de puissance, puis comparer ce couple aux couples aérodynamiques typiques de l'anémomètre (document 3).
Voir la réponse courte

Bilan de puissance électromagnétique : la puissance dissipée par effet Joule dans la bobine fournit le couple résistant moyen.

Voir le corrigé complet

1. Hypothèses et modélisation :

  • Modèle mécanique : Un aimant droit comporte un pôle Nord et un pôle Sud (une paire de pôles). Une rotation complète de l'anémomètre induit donc une période temporelle complète de flux magnétique dans la bobine. La fréquence de rotation de l'axe est ainsi égale à la fréquence électrique observée :

    f_{\text{rot}} = f = 38\text{ Hz}, \quad \text{soit une vitesse angulaire } \Omega = 2\pi f \approx 239\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}
  • Modèle électrique : Le circuit est modélisé par une f.é.m. d'induction e(t), en série avec la bobine (d'inductance L = 11\text{ mH} et de résistance interne r_{\text{b}}) et l'oscilloscope de résistance d'entrée R_{\text{osc}} = 1\text{ M}\Omega. L'impédance inductive vaut :

    L\Omega = 11\cdot 10^{-3} \times 239 \approx 2{,}6\,\Omega \ll R_{\text{osc}}

    La résistance interne du fil de la bobine vérifie également r_{\text{b}} \ll R_{\text{osc}}. L'impédance totale du circuit se réduit donc à la résistance de l'oscilloscope R_{\text{osc}}.

  • Les pertes par hystérésis magnétique et par courants de Foucault dans les pièces métalliques sont négligées.

2. Bilan de puissance : La tension mesurée aux bornes de l'oscilloscope est sinusoïdale d'amplitude U_m = 32\text{ V}. Le courant induit instantané est i(t) = \frac{u(t)}{R_{\text{osc}}}. La puissance électrique moyenne dissipée par effet Joule s'écrit :

\langle \mathcal{P}_e \rangle = \frac{U_{\text{eff}}^2}{R_{\text{osc}}} = \frac{U_m^2}{2 R_{\text{osc}}}

Par conservation de l'énergie, cette puissance dissipée est intégralement fournie par le travail des forces de Laplace s'exerçant sur l'aimant tournant, qui développe un couple résistant moyen \Gamma_{\text{res}} :

\langle \mathcal{P}_{\text{méc}} \rangle = \Gamma_{\text{res}} \Omega = \langle \mathcal{P}_e \rangle

On en déduit l'expression du couple résistant moyen :

\boxed{ \Gamma_{\text{res}} = \frac{U_m^2}{4\pi f R_{\text{osc}}} }

3. Application numérique :

\begin{aligned} \langle \mathcal{P}_e \rangle &= \frac{32^2}{2 \times 1{,}0\cdot 10^6} \approx 5{,}1\cdot 10^{-4}\text{ W} = 0{,}51\text{ mW} \\ \Gamma_{\text{res}} &= \frac{5{,}12\cdot 10^{-4}}{2\pi \times 38} \approx 2{,}1\cdot 10^{-6}\text{ N}\cdot\text{m} = 2{,}1\cdot 10^{-3}\text{ mN}\cdot\text{m} \end{aligned}

4. Commentaire : D'après le document 3, le couple aérodynamique s'exerçant sur l'anémomètre est de l'ordre de quelques \text{mN}\cdot\text{m} (environ 5\text{ mN}\cdot\text{m} au démarrage). Le couple de freinage électromagnétique induit par le capteur (\Gamma_{\text{res}} \approx 2\cdot 10^{-3}\text{ mN}\cdot\text{m}) est environ un millier de fois plus faible :

\Gamma_{\text{res}} \ll \Gamma

La présence de la bobine n'est donc absolument pas de nature à perturber le fonctionnement et la mesure de la vitesse par l'anémomètre.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait identifier un mécanisme d'induction électromécanique et oser poser une démarche, celle-ci étant valorisée même sans aboutir.

« Question ouverte très peu traitée cette année, du fait que peu de candidats ont identifié qu’un phénomène d’induction (et plus précisément de conversion électromécanique) était en jeu. »

« Rappelons qu’il est possible d’obtenir une bonne partie des points même si le raisonnement n’a pas abouti. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Partie II : Anémomètre à fil chaud

II.1 · Principe de la mesure

Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Électrocinétique et électronique › Circuits électriques et régimes transitoires

Notions : résistance électrique, loi d'ohm

Le fil est en platine, de conductivité à . Calculer .

Voir l'indice

Appliquer la formule de la résistance d'un conducteur cylindrique de longueur \ell et de section droite circulaire \pi d^2 / 4.

Voir la réponse courte

Calcul direct de la résistance d'un cylindre conducteur à partir de sa résistivité, sa longueur et son diamètre.

Voir le corrigé complet

La résistance électrique R_0 d'un conducteur cylindrique homogène de longueur \ell, de section droite constante S et de résistivité électrique \rho_{\mathrm{Pt}} à la température T_0 est donnée par la loi de Pouillet :

R_0 = \rho_{\mathrm{Pt}} \frac{\ell}{S}

La section du fil de diamètre d étant un disque d'aire S = \dfrac{\pi d^2}{4}, il vient :

R_0 = \frac{4 \rho_{\mathrm{Pt}} \ell}{\pi d^2}

Avec les données numériques :

  • \rho_{\mathrm{Pt}} = 1{,}11 \cdot 10^{-7}\ \Omega\cdot\mathrm{m} ;
  • \ell = 1\ \mathrm{mm} = 1{,}0 \cdot 10^{-3}\ \mathrm{m} ;
  • d = 1\ \mu\mathrm{m} = 1{,}0 \cdot 10^{-6}\ \mathrm{m}.

On obtient :

R_0 = \frac{4 \times 1{,}11 \cdot 10^{-7} \times 1{,}0 \cdot 10^{-3}}{\pi \times (1{,}0 \cdot 10^{-6})^2} = \frac{444}{\pi} \approx 141\ \Omega
\boxed{R_0 = \frac{4 \rho_{\mathrm{Pt}} \ell}{\pi d^2} \approx 141\ \Omega}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'expression de la résistance électrique d'un conducteur cylindrique en fonction de sa géométrie et de sa résistivité doit être connue par cœur.

« Une erreur d’énoncé s’était glissée dans cette question, car ρPt désignait une résistivité, et non une conductivité. »

« Toutefois, la majorité des candidats ne connaît pas l’expression de la résistance d’un barreau cylindrique »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en PCSI, MP2I, TSI1, BCPST1

Chapitre : Thermodynamique › Premier et second principes ; Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : premier principe, loi de newton

On se place en régime permanent : le fil est à la température constante. En appliquant le premier principe de la thermodynamique sur le fil, établir la loi de King :

dans laquelle est à exprimer en fonction de , , et .

Voir l'indice

Écrire le premier principe pour le fil en régime permanent : la puissance électrique reçue par effet Joule compense exactement la puissance thermique cédée par convection selon la loi de Newton.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe de la thermodynamique au fil en régime permanent sur une durée élémentaire dt.
  2. Exprimer le transfert thermique de convection et le travail électrique reçu par effet Joule.
  3. Relier l'écart de température T_{\mathrm{f}} - T_0 aux résistances R_{\mathrm{f}} et R_0 pour identifier la constante K.
Voir la réponse courte

Bilan thermique en régime stationnaire : la puissance Joule injectée équilibre le flux conducto-convectif de Newton.

Voir le corrigé complet

Considérons comme système fermé le fil conducteur de longueur \ell et de diamètre d. En régime permanent, la température T_{\mathrm{f}} du fil est stationnaire, de sorte que son énergie interne est constante :

\mathrm{d}U = 0.

Pendant une durée élémentaire \mathrm{d}t, le fil reçoit :

  • un travail électrique lié à l'effet Joule :

    \delta W_{\mathrm{e}} = R_{\mathrm{f}} I^2 \,\mathrm{d}t
  • un transfert thermique avec l'air ambiant, dominé par la convection forcée :

    \delta Q_{\text{reçu}} = - \delta Q_{\text{cédé}} = - h (T_{\mathrm{f}} - T_0) S_{\mathrm{lat}} \,\mathrm{d}t

    où la surface latérale d'échange vaut S_{\mathrm{lat}} = \pi d \ell.

D'après le premier principe de la thermodynamique, \mathrm{d}U = \delta W_{\mathrm{e}} + \delta Q_{\text{reçu}} = 0, ce qui conduit au bilan de puissance :

R_{\mathrm{f}} I^2 = h \, S_{\mathrm{lat}} (T_{\mathrm{f}} - T_0).

Par ailleurs, la relation donnant la résistance du fil en fonction de la température s'écrit :

R_{\mathrm{f}} = R_0 \left(1 + \gamma (T_{\mathrm{f}} - T_0)\right) \iff T_{\mathrm{f}} - T_0 = \frac{R_{\mathrm{f}} - R_0}{\gamma R_0}.

En substituant cette expression et la loi d'échange h = a_0 + b_0 \sqrt{U} dans le bilan de puissance, on obtient :

\begin{aligned} R_{\mathrm{f}} I^2 &= (a_0 + b_0 \sqrt{U}) \, (\pi d \ell) \, \frac{R_{\mathrm{f}} - R_0}{\gamma R_0} \\ \frac{R_{\mathrm{f}} I^2}{R_{\mathrm{f}} - R_0} &= \frac{\pi d \ell}{\gamma R_0} (a_0 + b_0 \sqrt{U}). \end{aligned}

On retrouve la loi de King demandée :

\boxed{\frac{R_{\mathrm{f}} I^2}{R_{\mathrm{f}} - R_0} = K (a_0 + b_0 \sqrt{U})}

avec :

\boxed{K = \frac{\pi d \ell}{\gamma R_0}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Énoncez le premier principe en régime stationnaire en distinguant rigoureusement énergie interne et transferts thermiques, sans erreur sur la surface latérale.

« Le premier principe et le régime stationnaire sont rarement évoqués. Le bilan est entaché d’erreurs de signe qui se compensent finalement. »

« On voit souvent dU= RI2 dt, ce qui traduit une incompréhension profonde des termes intervenant dans le premier principe. La surface latérale n’est pas toujours bien exprimée. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Premier et second principes

Notions : transfert thermique, effet joule

L'anémomètre à fil chaud est utilisé en maintenant la température constante. Pour permettre cela, un système de rétroaction adapte l'intensité dans le fil en fonction des variations de vitesse de l'écoulement. Comment doit varier l'intensité lorsque la vitesse de l'écoulement augmente ? Justifier brièvement.

Voir l'indice

Analyser l'évolution du coefficient de transfert thermique h lorsque U croît : pour maintenir T_{\mathrm{f}} constante, il faut compenser le refroidissement accru.

Voir la réponse courte

Si U augmente, le refroidissement convectif croît : il faut augmenter I pour compenser et maintenir T_{\mathrm{f}} constante.

Voir le corrigé complet

La température du fil T_{\mathrm{f}} étant maintenue constante, la résistance électrique R_{\mathrm{f}} = R_0(1 + \gamma(T_{\mathrm{f}} - T_0)) reste également constante.

D'après la loi de King établie à la question Q14 :

I^2 = \frac{R_{\mathrm{f}} - R_0}{R_{\mathrm{f}}} \, K \left(a_0 + b_0 \sqrt{U}\right)

Lorsque la vitesse de l'écoulement U augmente, le membre de droite augmente strictement. Par conséquent, l'intensité I doit augmenter.

\boxed{\text{Lorsque la vitesse } U \text{ augmente, l'intensité } I \text{ doit augmenter.}}

Résultat

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Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Électrocinétique et électronique › Circuits électriques et régimes transitoires ; Thermodynamique › Premier et second principes

Notions : loi d'ohm, loi de king

On mesure la tension aux bornes du fil (en convention récepteur). Établir la relation entre et , en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Exprimer E_{\mathrm{f}} en fonction de R_{\mathrm{f}} et I par la loi d'Ohm, puis substituer I^2 via la loi de King.

Voir la réponse courte

Substitution de I = E_{\mathrm{f}}/R_{\mathrm{f}} dans la loi de King pour exprimer la tension en fonction de U.

Voir le corrigé complet

En convention récepteur, la loi d'Ohm appliquée au fil conducteur de résistance R_{\mathrm{f}} traversé par le courant continu I s'écrit :

E_{\mathrm{f}} = R_{\mathrm{f}} I \quad \implies \quad I = \frac{E_{\mathrm{f}}}{R_{\mathrm{f}}}

En injectant cette relation dans la loi de King établie à la question Q14, il vient :

\frac{R_{\mathrm{f}} I^2}{R_{\mathrm{f}} - R_0} = \frac{R_{\mathrm{f}}}{R_{\mathrm{f}} - R_0} \left(\frac{E_{\mathrm{f}}}{R_{\mathrm{f}}}\right)^2 = \frac{E_{\mathrm{f}}^2}{R_{\mathrm{f}}(R_{\mathrm{f}} - R_0)} = K(a_0 + b_0 \sqrt{U})

On en déduit l'expression du carré de la tension :

E_{\mathrm{f}}^2 = K R_{\mathrm{f}}(R_{\mathrm{f}} - R_0)(a_0 + b_0 \sqrt{U})

La tension E_{\mathrm{f}} étant positive, on obtient :

\boxed{E_{\mathrm{f}} = \sqrt{K R_{\mathrm{f}}(R_{\mathrm{f}} - R_0)\left(a_0 + b_0 \sqrt{U}\right)}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à éliminer complètement l'intensité du courant dans l'expression finale demandée.

« Question bien réussie, même si quelques candidats conservent l’intensité dans leur résultat final. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Électrocinétique et électronique › Circuits électriques et régimes transitoires

Notions : sensibilité, étalonnage

Les paramètres , et n'étant pas connus précisément, il est nécessaire de réaliser un étalonnage de l'anémomètre à fil chaud. Un exemple de courbe d'étalonnage est donné sur la figure 4. Expliquer pourquoi les mesures de vitesse réalisées avec cet anémomètre seront moins précises à grande vitesse qu'à petite vitesse.

Voir l'indice

Examiner la dérivée de E_{\mathrm{f}} par rapport à U (pente de la courbe d'étalonnage) : une faible pente à grande vitesse dégrade la sensibilité de la mesure.

Voir la réponse courte

La dérivée \mathrm{d}E_{\mathrm{f}}/\mathrm{d}U diminue à grand U (sensibilité décroissante), ce qui dégrade la précision relative de la mesure.

Voir le corrigé complet

La sensibilité d'un capteur correspond au taux de variation du signal mesuré en fonction de la grandeur d'intérêt :

S(U) = \frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{f}}}{\mathrm{d}U}

D'après la courbe d'étalonnage de la figure 4, la pente de la tangente à la courbe, c'est-à-dire la dérivée \frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{f}}}{\mathrm{d}U}, est une fonction strictement décroissante de la vitesse U : la courbe présente une concavité tournée vers le bas et s'aplatit aux vitesses élevées.

Si le voltmètre (ou la chaîne d'acquisition) présente une incertitude de mesure \Delta E_{\mathrm{f}} fixée, l'incertitude induite sur la vitesse déduite s'exprime au premier ordre par :

\Delta U \approx \frac{\Delta E_{\mathrm{f}}}{\left|\dfrac{\mathrm{d}E_{\mathrm{f}}}{\mathrm{d}U}\right|}
  • À faible vitesse, la pente \frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{f}}}{\mathrm{d}U} est grande : une variation donnée de E_{\mathrm{f}} correspond à un intervalle très étroit de vitesse U, assurant une bonne précision.
  • À grande vitesse, la pente \frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{f}}}{\mathrm{d}U} devient faible : une faible incertitude sur la tension mesurée se répercute en une grande incertitude sur la vitesse U.

Les mesures sont donc moins précises à grande vitesse qu'à faible vitesse.

Voir ce qu'a relevé le jury

Un schéma montrant l'augmentation de la variation de vitesse à tension donnée illustrait parfaitement la perte de sensibilité à grande vitesse.

« Beaucoup de candidats évoquent à tort un manque de points de mesure à grande vitesse. L’idée générale a toutefois été bien comprise avec, dans certaines copies, des schémas de la courbe bienvenus montrant ∆U croître à grande vitesse pour un ∆Ef donné. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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II.2 · Perturbation liée à la convection naturelle

Question 18

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique des fluides › Statique des fluides

Notions : poussée d'archimède, flottabilité

Déterminer la force , dite force de flottaison, s'exerçant sur le volume , définie comme la résultante du poids et de la poussée d'Archimède, en fonction notamment de l'écart de masse volumique .

Voir l'indice

Exprimer la force résultante verticale comme la somme du poids de la particule fluide et de la poussée d'Archimède due au fluide environnant de masse volumique \rho_0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le poids de la portion d'air de volume \delta\tau et de masse volumique \rho_{\mathrm{f}} dans le champ de pesanteur \vec{g} = -g \vec{e}_z.
  2. Exprimer la poussée d'Archimède exercée par le fluide environnant de masse volumique \rho_0.
  3. Sommer ces deux contributions pour obtenir la force de flottaison demandée.
Voir la réponse courte

Somme du poids de l'élément d'air chaud et de la poussée d'Archimède exercée par l'air ambiant.

Voir le corrigé complet

L'axe vertical étant orienté par le vecteur unitaire \vec{e}_z ascendant (figure 5), le champ de pesanteur s'écrit :

\vec{g} = -g\,\vec{e}_z

Le système constitué par la portion d'air de volume \delta \tau et de masse volumique \rho_{\mathrm{f}} est soumis à :

  • son propre poids :

    \vec{\delta P} = \rho_{\mathrm{f}}\,\delta\tau\,\vec{g} = -\rho_{\mathrm{f}}\,\delta\tau\,g\,\vec{e}_z
  • la poussée d'Archimède exercée par le fluide environnant non perturbé (de masse volumique \rho_0), égale à l'opposé du poids du fluide déplacé :

    \vec{\delta \Pi} = -\rho_0\,\delta\tau\,\vec{g} = +\rho_0\,\delta\tau\,g\,\vec{e}_z

Par définition, la force de flottaison \vec{\delta F_{\mathrm{f}}} est la résultante de ces deux forces :

\vec{\delta F_{\mathrm{f}}} = \vec{\delta P} + \vec{\delta \Pi} = (\rho_0 - \rho_{\mathrm{f}})\,\delta\tau\,g\,\vec{e}_z

Comme le volume de la portion d'air est modélisé par \delta\tau = \ell d^2, on obtient finalement :

\boxed{\vec{\delta F_{\mathrm{f}}} = (\rho_0 - \rho_{\mathrm{f}})\,\ell d^2 g\,\vec{e}_z}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à ne pas confondre la masse volumique du fluide non perturbé avec celle du fluide chauffé.

« Question correctement traitée dans l’ensemble. Quelques confusions entre ρ0 et ρf. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique ; Mécanique des fluides › Statique des fluides

Notions : équation d'état du gaz parfait, poussée d'archimède

On assimile l'air à un gaz parfait. En supposant dans cette question que la pression dans le volume est la même que celle du fluide environnant, réécrire la force de flottaison en fonction notamment de l'écart de température .

Voir l'indice

Utiliser la loi des gaz parfaits à pression constante pour relier la masse volumique à la température : \rho \propto 1/T.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la masse volumique d'un gaz parfait en fonction de la pression P, de la température T et de la masse molaire de l'air M_{\mathrm{air}}.
  2. Exploiter l'égalité des pressions entre la portion d'air et le fluide environnant pour exprimer l'écart \rho_0 - \rho_{\mathrm{f}} en fonction de \rho_0, T_0, T_{\mathrm{f}} et de la différence (T_{\mathrm{f}} - T_0).
  3. Injecter cette relation dans l'expression de la force de flottaison obtenue à la question Q18.
Voir la réponse courte

À pression constante, la masse volumique du gaz parfait varie en 1/T, ce qui relie \rho_0 - \rho_{\mathrm{f}} à T_{\mathrm{f}} - T_0.

Voir le corrigé complet

L'équation d'état du gaz parfait pour une masse m occupant un volume V sous la pression P et à la température T s'écrit :

P V = n R T = \frac{m}{M_{\mathrm{air}}} R T

La masse volumique s'exprime donc selon :

\rho = \frac{m}{V} = \frac{P M_{\mathrm{air}}}{R T}

La pression étant identique dans la portion d'air \delta\tau et dans le fluide environnant (P_{\mathrm{f}} = P_0 = P), on a :

\rho_0 = \frac{P M_{\mathrm{air}}}{R T_0} \quad \text{et} \quad \rho_{\mathrm{f}} = \frac{P M_{\mathrm{air}}}{R T_{\mathrm{f}}}

Il en résulte :

\begin{aligned} \rho_0 - \rho_{\mathrm{f}} &= \frac{P M_{\mathrm{air}}}{R}\left(\frac{1}{T_0} - \frac{1}{T_{\mathrm{f}}}\right) \\ &= \rho_0 T_0 \left(\frac{T_{\mathrm{f}} - T_0}{T_0 T_{\mathrm{f}}}\right) \\ &= \rho_0 \frac{T_{\mathrm{f}} - T_0}{T_{\mathrm{f}}} \end{aligned}

En réinjectant ce résultat dans l'expression de la force de flottaison établie à la question Q18 (\overrightarrow{\delta F_{\mathrm{f}}} = (\rho_0 - \rho_{\mathrm{f}})\,\ell d^2 g\,\vec{e}_z), on obtient :

\boxed{\overrightarrow{\delta F_{\mathrm{f}}} = \rho_0 \frac{T_{\mathrm{f}} - T_0}{T_{\mathrm{f}}}\,\ell d^2 g\,\vec{e}_z}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Appliquez rigoureusement la loi des gaz parfaits sous forme intensive et évitez les erreurs grossières de calcul algébrique sur les fractions.

« La loi des gaz parfaits avec des grandeurs intensives est très souvent correcte. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 20

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : force de viscosité, analyse d'ordres de grandeur

À l'aide d'un raisonnement faisant appel aux ordres de grandeurs des échelles caractéristiques, estimer les forces de viscosité s'exerçant sur la portion d'air en mouvement, en fonction de , , , et d'un vecteur unitaire. Simplifier cette expression sachant que .

Voir l'indice

Estimer l'ordre de grandeur du laplacien \Delta \vec{v} en utilisant les dérivées secondes transverses par rapport à la dimension caractéristique d.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le laplacien vectoriel \Delta \vec{v} en coordonnées cartésiennes pour l'écoulement vertical \vec{v} = v_z(x,y)\,\vec{e}_z.
  2. Évaluer les ordres de grandeur des dérivées spatiales secondes selon les échelles caractéristiques transverses (d selon l'axe transverse horizontal et \ell le long de l'axe du fil).
  3. En déduire l'ordre de grandeur de la force de viscosité volumique, multiplier par le volume \delta\tau = \ell d^2, puis appliquer l'approximation d \ll \ell.
Voir la réponse courte

Estimation du gradient de vitesse transverse puis simplification grâce au grand allongement du fil (d \ll \ell).

Voir le corrigé complet

Le champ de vitesse est vertical et dirigé selon \vec{e}_z : \vec{v} = v_z(x,y,z)\,\vec{e}_z. L'écoulement étant supposé incompressible, l'équation de continuité \mathrm{div}\,\vec{v} = \frac{\partial v_z}{\partial z} = 0 implique que v_z ne dépend pas de z : \vec{v} = v_z(x,y)\,\vec{e}_z.

Le laplacien vectoriel du champ de vitesse s'écrit alors :

\Delta \vec{v} = \left( \frac{\partial^2 v_z}{\partial x^2} + \frac{\partial^2 v_z}{\partial y^2} \right) \vec{e}_z

La portion d'air se déplace à la vitesse u au voisinage du fil, alors que le fluide environnant est au repos à l'extérieur. La vitesse varie donc de u à 0 sur les distances caractéristiques du parallélépipède :

  • sur une échelle de longueur d selon la direction transverse horizontale (Ox) ;
  • sur une échelle de longueur \ell le long du fil selon (Oy).

Puisque le profil de vitesse présente un maximum au centre du volume et décroît vers les bords, les dérivées secondes sont négatives. Les ordres de grandeur des dérivées secondes sont ainsi :

\frac{\partial^2 v_z}{\partial x^2} \sim -\frac{u}{d^2} \quad \text{et} \quad \frac{\partial^2 v_z}{\partial y^2} \sim -\frac{u}{\ell^2}

La force visqueuse s'opposant au mouvement (force de frottement résistante), elle est dirigée selon -\vec{e}_z :

\Delta \vec{v} \approx - u \left( \frac{1}{d^2} + \frac{1}{\ell^2} \right) \vec{e}_z

La force de viscosité s'exerçant sur le volume \delta\tau = \ell d^2 s'estime donc par :

\overrightarrow{\delta F_{\mathrm{v}}} = \eta_{\mathrm{air}} \Delta \vec{v} \,\delta\tau \approx - \eta_{\mathrm{air}} u \left( \frac{1}{d^2} + \frac{1}{\ell^2} \right) \ell d^2 \,\vec{e}_z = - \eta_{\mathrm{air}} u \left( \ell + \frac{d^2}{\ell} \right) \vec{e}_z

Comme d \ll \ell, on a \frac{1}{\ell^2} \ll \frac{1}{d^2} (soit \frac{d^2}{\ell} \ll \ell), ce qui permet de négliger les variations le long du fil devant les gradients transverses :

\boxed{\overrightarrow{\delta F_{\mathrm{v}}} \approx - \frac{\eta_{\mathrm{air}} u}{d^2} \delta\tau \,\vec{e}_z = - \eta_{\mathrm{air}} u \ell \,\vec{e}_z}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'estimation des forces de viscosité nécessitait de connaître le laplacien vectoriel et de mener une analyse d'ordres de grandeur sans forcer le résultat.

« L’expression du laplacien en coordonnées cartésiennes n’est pas connue de la majorité des candidats. L’estimation correcte en ordres de grandeur a de ce fait été très rare. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : convection naturelle, analyse d'ordres de grandeur

On suppose que la force de flottaison et les forces de viscosité sont du même ordre de grandeur. En déduire que :

Voir l'indice

Égaler les ordres de grandeur de la force de flottaison ascensionnelle et de la force visqueuse de freinage pour en déduire u.

Voir la réponse courte

Égalité des ordres de grandeur entre force de flottaison et force visqueuse pour isoler la vitesse d'ascension u.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q19, la norme de la force de flottaison motrice s'exerçant sur le volume \delta\tau = \ell d^2 est :

\|\overrightarrow{\delta F_{\mathrm{f}}}\| = \rho_0 \frac{T_{\mathrm{f}} - T_0}{T_{\mathrm{f}}} \ell d^2 g

D'après la question Q20, l'ordre de grandeur de la norme de la force de frottement visqueux s'opposant au mouvement est :

\|\overrightarrow{\delta F_{\mathrm{v}}}\| \approx \eta_{\mathrm{air}} u \ell

En régime permanent d'ascension, la vitesse verticale u s'établit à une valeur limite pour laquelle la force de flottaison compense les frottements visqueux. En traduisant que ces deux forces sont du même ordre de grandeur :

\|\overrightarrow{\delta F_{\mathrm{f}}}\| \approx \|\overrightarrow{\delta F_{\mathrm{v}}}\| \iff \rho_0 \frac{T_{\mathrm{f}} - T_0}{T_{\mathrm{f}}} \ell d^2 g \approx \eta_{\mathrm{air}} u \ell

En simplifiant par la longueur \ell du fil, on en déduit l'ordre de grandeur de la vitesse d'ascension verticale due à la convection naturelle :

\boxed{u \approx \frac{\rho_0(T_{\mathrm{f}} - T_0) g d^2}{T_{\mathrm{f}} \eta_{\mathrm{air}}}}

Résultat

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Question 22

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : convection naturelle, ordre de grandeur

Faire l'application numérique avec , , . La convection naturelle induit-elle une perturbation notable sur l'anémomètre à fil chaud ?

Voir l'indice

Calculer numériquement u avec les valeurs données et la comparer aux vitesses d'écoulement typiques mesurées par l'anémomètre.

Voir la réponse courte

Vitesse de convection naturelle très faible devant les vitesses usuelles mesurées : perturbation négligeable.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question précédente (Q21), la vitesse d'ascension par convection naturelle s'exprime sous la forme :

u \approx \frac{\rho_0 (T_{\mathrm{f}} - T_0) g d^2}{T_{\mathrm{f}} \eta_{\mathrm{air}}}

Effectuons l'application numérique avec les grandeurs fournies :

  • \rho_0 = \rho_{\mathrm{air}} = 1{,}3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3},
  • T_0 = 300\text{ K},
  • T_{\mathrm{f}} = 500\text{ K}, d'où T_{\mathrm{f}} - T_0 = 200\text{ K},
  • g = 9{,}81\text{ m}\cdot\text{s}^{-2},
  • d = 1\ \mu\text{m} = 1{,}0\cdot 10^{-6}\text{ m},
  • \eta_{\mathrm{air}} = 1{,}85\cdot 10^{-5}\text{ Pl}.

On obtient :

u \approx \frac{1{,}3 \times 200 \times 9{,}81 \times (1{,}0\cdot 10^{-6})^2}{500 \times 1{,}85\cdot 10^{-5}} \approx \frac{2{,}55\cdot 10^{-9}}{9{,}25\cdot 10^{-3}} \approx 2{,}8\cdot 10^{-7}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{u \approx 3\cdot 10^{-7}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 0{,}3\ \mu\text{m}\cdot\text{s}^{-1}}

Les vitesses d'écoulement mesurées en pratique avec un anémomètre à fil chaud sont typiquement de l'ordre de U \sim 0{,}1\text{ à }10\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (comme l'illustre la courbe d'étalonnage de la figure 4).

La vitesse induite par la convection naturelle vérifie u \ll U avec un écart de plus de six ordres de grandeur. Par conséquent, la convection naturelle n'induit aucune perturbation notable sur le fonctionnement de l'anémomètre à fil chaud dans son domaine usuel d'utilisation.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Prenez garde aux calculs numériques et assurez-vous de proposer des unités physiques cohérentes et existantes.

« Réponses satisfaisantes le plus souvent, malgré quelques erreurs d’applications numériques et des unités farfelues (kg.s-2.Pl-1). »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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II.3 · Profil de température le long du fil

Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : loi de fourier, conduction thermique

On note la conductivité thermique du fil. Exprimer le transfert thermique algébriquement reçu par conduction par pendant la durée élémentaire .

Voir l'indice

Appliquer la loi de Fourier aux sections d'entrée en x et de sortie en x+\mathrm{d}x, puis effectuer un développement limité au premier ordre.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le vecteur densité de courant thermique de conduction à travers une section droite du fil à l'aide de la loi de Fourier unidimensionnelle.
  2. Établir le flux thermique net entrant dans la tranche de fil \Sigma(x) comprise entre x et x+\mathrm{d}x par ses deux faces transverses de section S = \frac{\pi d^2}{4}.
  3. En déduire l'énergie thermique \delta Q_{\mathrm{cond}} reçue pendant la durée élémentaire \mathrm{d}t.
Voir la réponse courte

Bilan de flux de Fourier à travers les deux sections transverses d'une tranche élémentaire de fil.

Voir le corrigé complet

Le fil étant assimilé à un cylindre d'axe (Ox) et de diamètre d, sa section droite transverse vaut :

S = \frac{\pi d^2}{4}

D'après la loi de Fourier, le transfert de chaleur par conduction au sein du fil est décrit par le vecteur densité de flux thermique :

\vec{\jmath}_{\mathrm{th}}(x) = -\lambda_{\mathrm{f}} \frac{\mathrm{d}T_{\mathrm{f}}}{\mathrm{d}x}(x)\,\vec{e}_x

La portion de fil \Sigma(x) échange de la chaleur par conduction à travers :

  • la face d'entrée en x, orientée vers l'extérieur par -\vec{e}_x, d'où un flux entrant algébrique :

    \Phi_{\mathrm{cond}}(x) = \vec{\jmath}_{\mathrm{th}}(x)\cdot (\vec{e}_x S) = -\lambda_{\mathrm{f}} S \frac{\mathrm{d}T_{\mathrm{f}}}{\mathrm{d}x}(x)
  • la face de sortie en x+\mathrm{d}x, de vecteur normal sortant +\vec{e}_x, d'où un flux sortant :

    \Phi_{\mathrm{cond}}(x+\mathrm{d}x) = -\lambda_{\mathrm{f}} S \frac{\mathrm{d}T_{\mathrm{f}}}{\mathrm{d}x}(x+\mathrm{d}x)

Le flux net reçu par conduction par la portion \Sigma(x) s'écrit alors :

\begin{aligned} \Phi_{\mathrm{net, cond}} &= \Phi_{\mathrm{cond}}(x) - \Phi_{\mathrm{cond}}(x+\mathrm{d}x) \\ &= -\lambda_{\mathrm{f}} S \left( \frac{\mathrm{d}T_{\mathrm{f}}}{\mathrm{d}x}(x) - \frac{\mathrm{d}T_{\mathrm{f}}}{\mathrm{d}x}(x+\mathrm{d}x) \right) \\ &= \lambda_{\mathrm{f}} S \frac{\mathrm{d}^2 T_{\mathrm{f}}}{\mathrm{d}x^2}\,\mathrm{d}x \end{aligned}

Le transfert thermique reçu pendant la durée \mathrm{d}t est donc :

\boxed{\delta Q_{\mathrm{cond}} = \lambda_{\mathrm{f}} \frac{\pi d^2}{4} \frac{\mathrm{d}^2 T_{\mathrm{f}}}{\mathrm{d}x^2}\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Distinguez clairement flux, transfert thermique et section droite, tout en évitant les confusions avec la surface latérale et les erreurs de signe.

« On note beaucoup d'erreurs de signe, des surfaces de disques mal exprimées ou confondues avec la surface latérale. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Électrocinétique et électronique › Circuits électriques et régimes transitoires ; Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : effet joule, puissance électrique

La résistance élémentaire de est . Le fil étant traversé par un courant , exprimer le travail électrique reçu pendant par .

Voir l'indice

Utiliser l'expression élémentaire de l'effet Joule \delta W_{\mathrm{e}} = \mathrm{d}R \cdot I^2 \mathrm{d}t.

Voir la réponse courte

Puissance Joule élémentaire dissipée dans la résistance \mathrm{d}R pendant la durée \mathrm{d}t : \delta W_{\mathrm{e}} = \mathrm{d}R\, I^2 \mathrm{d}t.

Voir le corrigé complet

La tranche élémentaire de fil \Sigma(x) se comporte comme un conducteur ohmique de résistance \mathrm{d}R, parcouru par un courant d'intensité I. En convention récepteur, la puissance électrique reçue par effet Joule s'écrit :

\delta \mathcal{P}_{\mathrm{e}} = \mathrm{d}R \, I^2

Le travail électrique \delta W_{\mathrm{e}} reçu par le système \Sigma(x) pendant la durée élémentaire \mathrm{d}t est donc :

\delta W_{\mathrm{e}} = \delta \mathcal{P}_{\mathrm{e}} \, \mathrm{d}t = \mathrm{d}R \, I^2 \, \mathrm{d}t

En remplaçant la résistance élémentaire \mathrm{d}R par l'expression fournie par l'énoncé, on obtient :

\boxed{\delta W_{\mathrm{e}} = \frac{R_0}{\ell} \left( 1 + \gamma \left(T_{\mathrm{f}}(x) - T_0\right) \right) I^2 \, \mathrm{d}x \, \mathrm{d}t}

Résultat

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Question 25

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : équation de la chaleur, ailette de refroidissement

En utilisant l'hypothèse de régime stationnaire, montrer que :

avec , et et deux constantes à exprimer en fonction de , , , , , et .

Voir l'indice

Écrire le bilan d'énergie en régime stationnaire \mathrm{d}H = \delta Q_{\mathrm{cond}} - \delta Q_{\mathrm{conv}} + \delta W_{\mathrm{e}} = 0 sur la tranche de fil, puis diviser par \mathrm{d}x\,\mathrm{d}t.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe de la thermodynamique à la tranche de fil élémentaire \Sigma(x) pendant la durée \mathrm{d}t, en exploitant l'hypothèse de régime stationnaire (\mathrm{d}U = 0).
  2. Réunir les contributions calculées aux questions précédentes (conduction et effet Joule) et celle de la convection forcée avec l'air ambiant.
  3. Réorganiser l'équation différentielle obtenue sous la forme demandée pour identifier formellement K_1 et K_2.
Voir la réponse courte

Bilan du premier principe sur la tranche de fil combinant conduction axiale, pertes latérales et apport Joule.

Voir le corrigé complet

Considérons le système fermé constitué par la tranche de fil élémentaire \Sigma(x) de section S = \frac{\pi d^2}{4} et de longueur \mathrm{d}x, entre les instants t et t + \mathrm{d}t.

En régime stationnaire, l'énergie interne du système est constante, soit \mathrm{d}U = 0. Le bilan énergétique du premier principe s'écrit :

\mathrm{d}U = \delta W_{\mathrm{e}} + \delta Q_{\mathrm{cond}} - \delta Q_{\mathrm{conv}} = 0

où :

  • d'après la question Q24, le travail électrique reçu par effet Joule vaut :

    \delta W_{\mathrm{e}} = \frac{R_0}{\ell} \left(1 + \gamma \theta_{\mathrm{f}}(x)\right) I^2 \, \mathrm{d}x \, \mathrm{d}t

    en notant \theta_{\mathrm{f}}(x) = T_{\mathrm{f}}(x) - T_0 ;

  • d'après la question Q23, le transfert thermique net reçu par conduction s'écrit :

    \delta Q_{\mathrm{cond}} = \lambda_{\mathrm{f}} \frac{\pi d^2}{4} \frac{\mathrm{d}^2 T_{\mathrm{f}}}{\mathrm{d}x^2} \, \mathrm{d}x \, \mathrm{d}t = \lambda_{\mathrm{f}} \frac{\pi d^2}{4} \frac{\mathrm{d}^2 \theta_{\mathrm{f}}}{\mathrm{d}x^2} \, \mathrm{d}x \, \mathrm{d}t
  • le transfert thermique cédé par convection à l'air sur la surface latérale \mathrm{d}S_{\mathrm{lat}} = \pi d \, \mathrm{d}x est :

    \delta Q_{\mathrm{conv}} = h \left(T_{\mathrm{f}}(x) - T_0\right) \mathrm{d}S_{\mathrm{lat}} \, \mathrm{d}t = h \pi d \, \theta_{\mathrm{f}}(x) \, \mathrm{d}x \, \mathrm{d}t

En injectant ces trois expressions dans le bilan et en divisant par \mathrm{d}x \, \mathrm{d}t \neq 0 :

\lambda_{\mathrm{f}} \frac{\pi d^2}{4} \frac{\mathrm{d}^2 \theta_{\mathrm{f}}}{\mathrm{d}x^2} - \left( h \pi d - \frac{\gamma R_0 I^2}{\ell} \right) \theta_{\mathrm{f}}(x) + \frac{R_0 I^2}{\ell} = 0

En divisant l'ensemble par le facteur \lambda_{\mathrm{f}} \frac{\pi d^2}{4} devant la dérivée seconde, on obtient :

\frac{\mathrm{d}^2 \theta_{\mathrm{f}}}{\mathrm{d}x^2} - \frac{4}{\lambda_{\mathrm{f}} \pi d^2} \left( h \pi d - \frac{\gamma R_0 I^2}{\ell} \right) \theta_{\mathrm{f}}(x) = - \frac{4 R_0 I^2}{\pi \lambda_{\mathrm{f}} d^2 \ell}

Cette relation correspond bien à l'équation différentielle demandée :

\frac{\mathrm{d}^2 \theta_{\mathrm{f}}}{\mathrm{d}x^2} - K_1 \theta_{\mathrm{f}} = K_2

avec les constantes :

\boxed{K_1 = \frac{4}{\lambda_{\mathrm{f}} d} \left( h - \frac{\gamma R_0 I^2}{\pi d \ell} \right)}

et

\boxed{K_2 = - \frac{4 R_0 I^2}{\pi \lambda_{\mathrm{f}} d^2 \ell}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Menez un bilan thermique rigoureux en régime permanent et prenez soin de justifier la dérivation lors du passage de la température à l'écart thermique.

« Les défauts constatés à Q14 se retrouvent encore dans cette question. L’obtention des expressions de K1 et K2 n’est que très rarement juste. »

« Il faut brièvement justifier le passage de Tf à θf. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : équation différentielle, condition aux limites

On admet que et on pose . En considérant que les températures aux deux extrémités du fil sont égales à , montrer que :

où sera exprimée en fonction de et .

Voir l'indice

Résoudre l'équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients constants en posant une solution sous forme de combinaison de cosinus hyperbolique et sinus hyperbolique, puis utiliser la parité du problème et les conditions aux limites en x = \pm \ell/2.

Voir la stratégie
  1. Rechercher une solution particulière constante de l'équation différentielle établie à la question Q25.
  2. Écrire la solution générale de l'équation homogène en exploitant la symétrie du problème pour éliminer la composante impaire.
  3. Déterminer la constante d'intégration à l'aide de la condition aux limites aux extrémités du fil.
Voir la réponse courte

Résolution de l'équation différentielle linéaire d'ordre 2 avec second membre constant et symétrie paire.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q25, la grandeur \theta_{\mathrm{f}}(x) vérifie l'équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients constants :

\frac{\mathrm{d}^2\theta_{\mathrm{f}}}{\mathrm{d}x^2} - \frac{1}{\ell_{\mathrm{r}}^2}\,\theta_{\mathrm{f}}(x) = K_2

où \ell_{\mathrm{r}} = \frac{1}{\sqrt{K_1}}.

Une solution particulière constante de cette équation est :

\theta_{\mathrm{p}} = - K_2 \ell_{\mathrm{r}}^2

On pose donc :

\theta_0 = - K_2 \ell_{\mathrm{r}}^2

La solution générale de l'équation différentielle s'écrit comme la somme de la solution particulière et de la solution générale de l'équation homogène associée :

\theta_{\mathrm{f}}(x) = A \operatorname{ch}\left(\frac{x}{\ell_{\mathrm{r}}}\right) + B \operatorname{sh}\left(\frac{x}{\ell_{\mathrm{r}}}\right) + \theta_0

où A et B sont deux constantes réelles.

Les conditions aux limites aux deux extrémités du fil (en x = -\frac{\ell}{2} et x = +\frac{\ell}{2}) imposent T_{\mathrm{f}}(\pm \ell/2) = T_0, soit :

\theta_{\mathrm{f}}\!\left(-\frac{\ell}{2}\right) = \theta_{\mathrm{f}}\!\left(\frac{\ell}{2}\right) = 0

Le dispositif et les conditions aux limites étant pairs par rapport à x = 0, la fonction \theta_{\mathrm{f}}(x) est paire, ce qui impose B = 0.

La condition en x = \frac{\ell}{2} donne alors :

\theta_{\mathrm{f}}\!\left(\frac{\ell}{2}\right) = A \operatorname{ch}\left(\frac{\ell}{2\ell_{\mathrm{r}}}\right) + \theta_0 = 0 \implies A = - \frac{\theta_0}{\operatorname{ch}\left(\frac{\ell}{2\ell_{\mathrm{r}}}\right)}

On en déduit l'expression du profil de température dans le fil :

\boxed{\theta_{\mathrm{f}}(x) = \theta_0 \left(1 - \frac{\operatorname{ch}\left(\frac{x}{\ell_{\mathrm{r}}}\right)}{\operatorname{ch}\left(\frac{\ell}{2\ell_{\mathrm{r}}}\right)}\right)} \quad \text{avec} \quad \boxed{\theta_0 = - K_2 \ell_{\mathrm{r}}^2 = -\frac{K_2}{K_1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

N'oubliez pas d'inclure la solution particulière et appliquez les conditions aux limites sur la solution complète de l'équation différentielle.

« Si on trouve fréquemment des raisonnements corrects, cette question classique a donné lieu à beaucoup d’erreurs élémentaires : oubli de la solution particulière, conditions initiales erronées (θf = T0 au lieu de θf = 0), application des conditions initiales sur la seule solution homogène. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : longueur caractéristique, profil de température

À partir de la figure 7, déterminer comment choisir pour avoir une température quasi-uniforme sur l'ensemble du fil. est la « longueur de refroidissement » : donner un sens physique qualitatif à ce terme.

Voir l'indice

Analyser le comportement de la solution selon la valeur de \ell_{\mathrm{r}}/\ell à l'aide de la figure 7 et interpréter physiquement \ell_{\mathrm{r}} comme la distance d'atténuation de l'influence thermique des broches.

Voir la réponse courte

Il faut \ell_{\mathrm{r}} \ll \ell pour que la température soit homogène au centre ; \ell_{\mathrm{r}} mesure l'extension du refroidissement des bords.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 7, l'allure du profil de température adimensionné \theta_{\mathrm{f}}(x)/\theta_0 dépend fortement du rapport \ell_{\mathrm{r}}/\ell :

  • pour \ell_{\mathrm{r}} = \ell/2 ou \ell_{\mathrm{r}} = \ell/4, le profil est parabolique et fortement bombé, la température variant continûment entre le centre et les extrémités sans présenter de zone uniforme ;
  • pour \ell_{\mathrm{r}} = \ell/20, la température atteint un palier quasi-constant (\theta_{\mathrm{f}} \approx \theta_0) sur une grande partie centrale du fil (environ 80\,\% de sa longueur), et ne chute vers zéro que très brutalement aux abords des extrémités.

Pour que la température soit quasi-uniforme sur l'essentiel du fil, il faut donc choisir une longueur de refroidissement très inférieure à la longueur du fil :

\boxed{\ell_{\mathrm{r}} \ll \ell}

Sens physique de la longueur de refroidissement \ell_{\mathrm{r}} :

Les deux extrémités du fil sont maintenues à la température ambiante T_0 par les broches de fixation métalliques massives, qui agissent comme des puits thermiques. La longueur \ell_{\mathrm{r}} représente la distance caractéristique de pénétration de cet effet de bord depuis chaque extrémité. Sur une épaisseur de l'ordre de quelques \ell_{\mathrm{r}} près des attaches, la conduction axiale évacue efficacement l'énergie vers les broches, refroidissant ainsi le fil. À une distance supérieure à quelques \ell_{\mathrm{r}} des bords, l'influence des supports devient négligeable : la conduction axiale s'annule et la température atteint la valeur d'équilibre uniforme \theta_0 pour laquelle l'effet Joule compense exactement la convection latérale.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une longueur caractéristique ne peut être qualifiée de petite que par rapport à une autre dimension caractéristique du problème, comme la longueur du fil.

« On compare toujours un terme par rapport à un autre. Dire que lr est « très petit » ne suffit pas. Beaucoup de candidats donnent des explications trop vagues sur la signification de cette longueur de refroidissement. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Partie III : Vélocimétrie laser à franges

III.1 · Production de la figure d'interférences et résolution spatiale

Question 28

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : onde transversale, polarisation de la lumière

Les ondes laser sont-elles longitudinales ou transversales ? Quel est l'état de polarisation de ces ondes ? Justifier brièvement.

Voir l'indice

Examiner la direction du champ électrique par rapport aux directions de propagation données par les vecteurs d'onde.

Voir la réponse courte

Les ondes électromagnétiques dans le vide sont transverses ; le laser présente une polarisation rectiligne bien définie.

Voir le corrigé complet
  • Caractère transversal ou longitudinal :
    Les vecteurs d'onde \vec{k}_1 et \vec{k}_2 appartiennent au plan (Oxy), tandis que les champs électriques \vec{E}_1 et \vec{E}_2 sont portés par le vecteur unitaire \vec{u}_z. Le champ électrique est donc orthogonal à la direction de propagation :

    \vec{E}_i \cdot \vec{k}_i = 0 \quad (i \in \{1, 2\})

    Il s'agit donc d'ondes transversales (propriété générale des ondes électromagnétiques planes dans le vide ou dans l'air).

  • État de polarisation :
    Pour chaque faisceau, la direction du champ électrique reste constante au cours du temps et alignée selon l'axe (Oz) (portée par \vec{u}_z). Les ondes sont donc polarisées rectilignement (ou linéairement) selon la direction de \vec{u}_z.
Voir ce qu'a relevé le jury

Les notions de transversalité et de polarisation d'une onde électromagnétique sont des éléments fondamentaux du cours à justifier rigoureusement.

« Que d’erreurs sur cette question a priori élémentaire ! Les notions d’ondes transversales, longitudinales et de polarisation doivent impérativement être mieux comprises des candidats. »

« Une réponse non justifiée ou mal justifiée ne pouvait être valorisée. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI

Chapitre : Optique ondulatoire › Modèle scalaire de la lumière et cohérence

Notions : formule de fresnel, interférence à deux ondes

L'éclairement est défini comme la moyenne temporelle du carré du champ électrique. Montrer que dans la zone d'interférences :

avec .

Voir l'indice

Calculer le champ électrique total en superposant \vec{E}_1 et \vec{E}_2, élever au carré et moyenner sur une période optique en exploitant \langle \cos^2 \rangle = 1/2.

Voir la réponse courte

Somme des deux champs électriques harmoniques synchrones de même amplitude et moyenne temporelle du carré.

Voir le corrigé complet

D'après le principe de superposition, le champ électrique total en un point M de la zone de croisement est :

\vec{E}(M, t) = \vec{E}_1(M, t) + \vec{E}_2(M, t) = \left( E_1(M, t) + E_2(M, t) \right) \vec{u}_z

L'éclairement \mathcal{E}(M) est défini comme la moyenne temporelle du carré de la norme du champ électrique :

\begin{aligned} \mathcal{E}(M) &= \left\langle \|\vec{E}(M, t)\|^2 \right\rangle = \left\langle \left(E_1(M, t) + E_2(M, t)\right)^2 \right\rangle \\ &= \left\langle E_1^2(M, t) \right\rangle + \left\langle E_2^2(M, t) \right\rangle + 2\left\langle E_1(M, t) E_2(M, t) \right\rangle \end{aligned}

Calculons séparément chacun des termes :

  • Pour le premier faisceau :

    \left\langle E_1^2(M, t) \right\rangle = E_0^2 \left\langle \cos^2(\omega_{\mathrm{L}} t - \vec{k}_1 \cdot \vec{OM}) \right\rangle = \frac{E_0^2}{2} = \mathcal{E}_0
  • De même, pour le second faisceau :

    \left\langle E_2^2(M, t) \right\rangle = \frac{E_0^2}{2} = \mathcal{E}_0
  • Pour le terme d'interférence, en utilisant l'identité trigonométrique du formulaire \cos a \cos b = \frac{1}{2}(\cos(a+b) + \cos(a-b)) avec a = \omega_{\mathrm{L}} t - \vec{k}_1 \cdot \vec{OM} et b = \omega_{\mathrm{L}} t - \vec{k}_2 \cdot \vec{OM} :

    \begin{aligned} 2\left\langle E_1(M, t) E_2(M, t) \right\rangle &= 2 E_0^2 \left\langle \cos(\omega_{\mathrm{L}} t - \vec{k}_1 \cdot \vec{OM}) \cos(\omega_{\mathrm{L}} t - \vec{k}_2 \cdot \vec{OM}) \right\rangle \\ &= E_0^2 \left\langle \cos(2\omega_{\mathrm{L}} t - (\vec{k}_1 + \vec{k}_2)\cdot\vec{OM}) + \cos((\vec{k}_1 - \vec{k}_2)\cdot\vec{OM}) \right\rangle \end{aligned}

    Le terme oscillant à la pulsation 2\omega_{\mathrm{L}} est de moyenne temporelle nulle, tandis que le second terme est indépendant du temps :

    2\left\langle E_1(M, t) E_2(M, t) \right\rangle = E_0^2 \cos\left((\vec{k}_1 - \vec{k}_2)\cdot\vec{OM}\right) = 2\mathcal{E}_0 \cos\left((\vec{k}_1 - \vec{k}_2)\cdot\vec{OM}\right)

En sommant ces trois contributions, on obtient bien :

\boxed{\mathcal{E}(M) = 2\mathcal{E}_0 \left( 1 + \cos\left((\vec{k}_1 - \vec{k}_2)\cdot\vec{OM}\right) \right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Explicitez clairement le calcul de la moyenne temporelle ou la formule associant l'éclairement aux amplitudes complexes.

« Il est important de préciser les simplifications faites sur les valeurs moyennes afin de rendre les calculs plus explicites. »

« Certains candidats ont choisi de passer par les champs complexes, ce qui était acceptable dès lors que la condition reliant les champs complexes à l’éclairement était explicitement écrite (ne pas oublier la partie réelle). »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI

Chapitre : Optique ondulatoire › Modèle scalaire de la lumière et cohérence

Notions : interfrange, ordre d'interférence

Montrer que les franges brillantes sont des droites d'équations , avec un entier relatif. Déterminer l'expression de l'interfrange et faire l'application numérique.

Voir l'indice

Déterminer le produit scalaire (\vec{k}_1 - \vec{k}_2)\cdot\vec{OM} en décomposant les vecteurs d'onde dans la base cartésienne, puis chercher les positions de y correspondant aux maxima de cosinus.

Voir la stratégie
  1. Projeter les vecteurs d'onde \vec{k}_1 et \vec{k}_2 dans le repère (O, \vec{u}_x, \vec{u}_y, \vec{u}_z) à partir de la figure 9.
  2. Injecter le produit scalaire (\vec{k}_1 - \vec{k}_2)\cdot\vec{OM} dans l'expression de l'éclairement issue de la question Q29 et identifier la condition d'éclairement maximal.
  3. En déduire l'équation des franges brillantes ainsi que l'interfrange \Delta y, puis effectuer l'application numérique.
Voir la réponse courte

Condition d'éclairement maximal donnant des plans équidistants d'interfrange \Delta y = \frac{\lambda_0}{2\sin\alpha}.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 9, les deux faisceaux se propagent vers les x croissants avec une inclinaison d'angle \alpha par rapport à l'axe (Ox). Les vecteurs d'onde s'écrivent :

\begin{aligned} \vec{k}_1 &= \frac{2\pi}{\lambda_0}\left(\cos\alpha\,\vec{u}_x - \sin\alpha\,\vec{u}_y\right) \\ \vec{k}_2 &= \frac{2\pi}{\lambda_0}\left(\cos\alpha\,\vec{u}_x + \sin\alpha\,\vec{u}_y\right) \end{aligned}

La différence des vecteurs d'onde vaut donc :

\vec{k}_1 - \vec{k}_2 = -\frac{4\pi}{\lambda_0}\sin\alpha\,\vec{u}_y

Pour un point M(x,y,z) repéré par \vec{OM} = x\,\vec{u}_x + y\,\vec{u}_y + z\,\vec{u}_z, le produit scalaire intervenant dans l'éclairement vaut :

(\vec{k}_1 - \vec{k}_2)\cdot\vec{OM} = -\frac{4\pi}{\lambda_0}y\sin\alpha

D'après le résultat de la question Q29, l'éclairement dans la zone d'interférences s'écrit, par parité de la fonction cosinus :

\mathcal{E}(M) = 2\mathcal{E}_0\left(1 + \cos\left(\frac{4\pi}{\lambda_0}y\sin\alpha\right)\right)

Les franges brillantes correspondent aux maxima d'éclairement (\mathcal{E}(M) = 4\mathcal{E}_0), obtenus lorsque le cosinus vaut 1 :

\frac{4\pi}{\lambda_0}y\sin\alpha = 2p\pi \quad (p \in \mathbb{Z})

Dans le plan (x,y), les franges brillantes sont donc des droites parallèles à l'axe (Ox) d'équations :

\boxed{ y_p = \frac{p\lambda_0}{2\sin\alpha} \quad (p \in \mathbb{Z}) }

L'interfrange \Delta y est la distance séparant deux franges brillantes consécutives :

\boxed{ \Delta y = y_{p+1} - y_p = \frac{\lambda_0}{2\sin\alpha} }

Application numérique :

  • \lambda_0 = 514{,}5\text{ nm} = 514{,}5 \cdot 10^{-9}\text{ m}
  • \alpha = 6{,}0^\circ
\Delta y = \frac{514{,}5 \cdot 10^{-9}}{2\sin(6{,}0^\circ)} \approx 2{,}46 \cdot 10^{-6}\text{ m}

Compte tenu des deux chiffres significatifs sur l'angle \alpha :

\boxed{ \Delta y \approx 2{,}5\ \mu\text{m} }

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La détermination des franges brillantes nécessite de projeter convenablement les vecteurs d'onde dans la base cartésienne.

« Question bien traitée quand les candidats pensent à projeter dans la base cartésienne les vecteurs d’onde »

Source : rapport du jury CCINP 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI

Chapitre : Optique ondulatoire › Modèle scalaire de la lumière et cohérence

Notions : vélocimétrie laser, effet doppler

On suppose qu'une particule en mouvement avec le fluide passe à travers la zone d'interférences avec une vitesse selon . On mesure l'intensité lumineuse diffusée par la particule au cours du temps et on obtient un signal de fréquence . Déterminer la valeur numérique de .

Voir l'indice

Relier la période temporelle du signal de diffusion au temps mis par la particule se déplaçant à vitesse v_y pour franchir un interfrange \Delta y.

Voir la stratégie
  1. Relier la variation temporelle de l'éclairement perçu par la particule à sa vitesse de déplacement à travers le réseau de franges.
  2. Exprimer la fréquence Doppler (ou fréquence de modulation) f_{\mathrm{d}} en fonction de v_y et de l'interfrange \Delta y établi à la question précédente.
  3. En déduire la vitesse v_y et procéder à l'application numérique.
Voir la réponse courte

La fréquence du signal de diffusion est reliée à la vitesse par f_{\mathrm{d}} = v_y / \Delta y, d'où v_y.

Voir le corrigé complet

La particule traverse le réseau de franges selon l'axe (Oy) avec une vitesse v_y. Sa position à l'instant t s'écrit :

y(t) = y(0) + v_y \, t

L'éclairement lumineux \mathcal{E}(y) au point occupé par la particule varie selon l'axe (Oy) avec une période spatiale égale à l'interfrange \Delta y. La lumière diffusée, de puissance proportionnelle à cet éclairement, présente donc une modulation périodique au cours du temps :

\mathcal{E}(t) = 2\mathcal{E}_0 \left[ 1 + \cos\left( \frac{2\pi}{\Delta y} y(t) \right) \right] = 2\mathcal{E}_0 \left[ 1 + \cos\left( \frac{2\pi v_y}{\Delta y} \, t + \phi_0 \right) \right]

La pulsation correspondante est \omega_{\mathrm{d}} = 2\pi f_{\mathrm{d}} = \frac{2\pi |v_y|}{\Delta y}, ce qui donne pour la fréquence du signal détecté :

f_{\mathrm{d}} = \frac{|v_y|}{\Delta y}

En supposant un mouvement dans le sens des y croissants (v_y > 0) :

v_y = f_{\mathrm{d}} \, \Delta y = \frac{f_{\mathrm{d}} \, \lambda_0}{2\sin\alpha}

Avec les valeurs numériques :

  • f_{\mathrm{d}} = 2{,}45\cdot 10^6\text{ Hz}
  • \lambda_0 = 514{,}5\cdot 10^{-9}\text{ m}
  • \alpha = 6{,}0^\circ (d'où \Delta y \approx 2{,}461\cdot 10^{-6}\text{ m}, d'après la question Q30)
v_y = 2{,}45\cdot 10^6 \times \frac{514{,}5\cdot 10^{-9}}{2\sin(6{,}0^\circ)} \approx 6{,}03\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}

Compte tenu de la précision sur l'angle \alpha (deux chiffres significatifs) :

\boxed{v_y = 6{,}0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le résultat attendu devait s'appuyer sur une analyse physique claire du défilement des franges et non sur une simple analyse dimensionnelle.

« Résultat souvent correct bien qu’on ait parfois l’impression qu’il était trouvé plus par homogénéité que par une réelle compréhension du phénomène. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Optique ondulatoire › Diffraction et réseaux

Notions : faisceau gaussien, waist

Reproduire le schéma de la figure 10 sur votre copie et le compléter en représentant l'allure de l'enveloppe du faisceau laser après traversée de la lentille. On prendra soin de tracer ce faisceau avant et après le foyer principal image et de faire figurer la distance .

Voir l'indice

Schématiser le resserrement du faisceau jusqu'au col situé au foyer image F', suivi de son épanouissement divergent par diffraction.

Voir la stratégie
  1. Rappeler que la focalisation d'un faisceau lumineux réel (de type laser gaussien) est limitée par les phénomènes de diffraction : au lieu d'un foyer ponctuel d'optique géométrique, le faisceau présente un col (« waist ») d'extension transverse minimale finie 2w_0 au voisinage du plan focal image.
  2. Compléter le schéma en traçant l'enveloppe du faisceau qui converge jusqu'au plan focal image passant par F', puis diverge au-delà de manière symétrique.
  3. Faire apparaître clairement sur la figure la demi-largeur w_0 (distance de l'axe optique à l'enveloppe en F') ainsi que la distance focale f'.
Voir la réponse courte

Tracé de l'enveloppe hyperbolique d'un faisceau gaussien focalisé par une lentille, avec striction au foyer image.

Voir le corrigé complet

En optique géométrique, un faisceau de rayons parallèles traversant une lentille mince convergente convergerait vers un point unique en son foyer principal image F'.

En réalité, du fait de la nature ondulatoire de la lumière et du phénomène de diffraction, le faisceau laser possède une extension transverse non nulle en F' :

  • avant le foyer F', le faisceau converge depuis la lentille (où il possède une largeur 2W_0) jusqu'à un rayon minimal w_0 au plan focal image ;
  • en F', le faisceau forme un col de rayon w_0 (soit une largeur totale 2w_0) ;
  • après le foyer F', le faisceau diverge à nouveau symétriquement par rapport au plan focal.
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Question 33

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Optique ondulatoire › Diffraction et réseaux

Notions : faisceau gaussien, résolution spatiale

Donner une expression approchée de à partir de , et de . En fonction de et , exprimer la résolution spatiale de la mesure de vitesse par vélocimétrie laser à franges (figure 9). En déduire une estimation numérique de en prenant et . Proposer un moyen d'augmenter cette résolution spatiale.

Voir l'indice

Utiliser la divergence par diffraction d'une onde traversant une pupille d'extension 2W_0 pour estimer w_0, puis projeter géométriquement la zone de croisement des deux faisceaux sur l'axe Ox.

Voir la stratégie
  1. Relier la taille du col de faisceau w_0 au phénomène de diffraction à travers la pupille de la lentille (d'extension 2W_0).
  2. Exprimer géométriquement la dimension longitudinale \delta_x de la zone d'interférences en étudiant le croisement des deux faisceaux cylindriques de demi-largeur w_0.
  3. Réaliser l'application numérique et analyser comment faire varier les paramètres expérimentaux pour augmenter la résolution spatiale (c'est-à-dire diminuer \delta_x).
Voir la réponse courte

Calcul du waist par diffraction, déduction de la dimension du volume d'interférence \delta_x et amélioration par focalisation.

Voir le corrigé complet

1. Expression approchée de w_0 :

Le faisceau incident présente une largeur transverse 2W_0. Par diffraction, le faisceau diverge après le plan de la lentille avec un demi-angle de diffraction caractéristique :

\theta_{\mathrm{diff}} \approx \frac{\lambda_0}{2W_0}

Au foyer image situé à la distance f' de la lentille, le rayon (demi-largeur) du col du faisceau est donc de l'ordre de grandeur de :

\boxed{w_0 \approx \frac{\lambda_0 f'}{2W_0}}

Remarque : selon que l'on considère la largeur totale ou le rayon pour l'ouverture diffractante, une estimation de la forme w_0 \approx \frac{\lambda_0 f'}{W_0} ou issue du profil gaussien (w_0 = \frac{\lambda_0 f'}{\pi W_0}) est également acceptable à un facteur d'ordre 1 près.

2. Expression de la résolution spatiale \delta_x :

Chaque faisceau est assimilé au niveau du croisement à un cylindre de demi-largeur transverse w_0, incliné d'un angle \alpha par rapport à l'axe (Ox) (figure 9).

Considérons le triangle rectangle formé par :

  • le centre O de la zone de croisement,
  • le point extrême sur l'axe (Ox) correspondant au sommet droit de la zone losangique d'interférences, d'abscisse x_{\max},
  • la projection orthogonale de O sur la bordure extérieure du faisceau.

La distance orthogonale entre l'axe du faisceau (passant par O) et son bord vaut w_0. L'axe du faisceau étant incliné d'un angle \alpha par rapport à (Ox), la trigonométrie dans ce triangle donne directement :

\sin\alpha = \frac{w_0}{x_{\max}} \implies x_{\max} = \frac{w_0}{\sin\alpha}

La longueur totale de la zone d'interférences selon l'axe (Ox), qui définit la résolution spatiale \delta_x, vaut donc :

\boxed{\delta_x = 2\,x_{\max} = \frac{2w_0}{\sin\alpha}}

En injectant l'expression approchée de w_0 :

\delta_x \approx \frac{\lambda_0 f'}{W_0 \sin\alpha}

3. Application numérique :

Avec \lambda_0 = 514{,}5\text{ nm} = 5{,}145\cdot 10^{-7}\text{ m}, f' = 16\text{ cm} = 0{,}16\text{ m}, W_0 = 1\text{ mm} = 1{,}0\cdot 10^{-3}\text{ m} et \alpha = 6{,}0^\circ :

\begin{aligned} w_0 &\approx \frac{5{,}145\cdot 10^{-7} \times 0{,}16}{2 \times 1{,}0\cdot 10^{-3}} \approx 4{,}1\cdot 10^{-5}\text{ m} = 41\ \mu\text{m} \\ \delta_x &\approx \frac{2 \times 4{,}12\cdot 10^{-5}}{\sin(6{,}0^\circ)} \approx \frac{8{,}23\cdot 10^{-5}}{0{,}1045} \approx 7{,}9\cdot 10^{-4}\text{ m} \end{aligned}
\boxed{\delta_x \approx 0{,}8\text{ mm}}

(Une convention prenant w_0 \approx \frac{\lambda_0 f'}{W_0} conduirait à \delta_x \approx 1{,}6\text{ mm} ; dans tous les cas, l'ordre de grandeur est d'environ 1\text{ mm}).

4. Moyen d'augmenter la résolution spatiale :

Augmenter la résolution spatiale signifie obtenir une mesure plus ponctuelle, c'est-à-dire diminuer la taille \delta_x du volume de mesure. D'après l'expression \delta_x \approx \frac{\lambda_0 f'}{W_0 \sin\alpha}, on peut :

  • élargir le faisceau laser incident W_0 (à l'aide d'un expanseur de faisceau / télescope afocal) afin d'accroître la focalisation ;
  • diminuer la distance focale f' de la lentille de focalisation ;
  • augmenter l'angle de croisement \alpha des faisceaux.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le lien entre les largeurs de faisceau repose sur la diffraction, tandis que la résolution spatiale nécessite un schéma géométrique soigné.

« Un raisonnement portant sur la diffraction du faisceau était attendu ici pour établir le lien entre w0 et W0. »

« l’expression de δx n’a été qu’exceptionnellement déterminée correctement, les raisonnements géométriques restant une difficulté majeure pour les candidats, faute d’un schéma adapté pour les étayer. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Optique ondulatoire › Modèle scalaire de la lumière et cohérence

Notions : vélocimétrie laser, diffusion de la lumière

La concentration en particules d'ensemencement dans le fluide doit être précisément définie. Quels problèmes poseraient une concentration trop faible ou une concentration trop élevée ?

Voir l'indice

Considérer le taux d'événements de détection (statistique de passage) pour une concentration faible, et le phénomène de diffusion multiple ou de superposition incohérente de signaux pour une concentration trop forte.

Voir la réponse courte

Faible concentration : signal rare ; forte concentration : brouillage par diffusion multiple et perturbation de l'écoulement.

Voir le corrigé complet

Le principe de la vélocimétrie laser repose sur la détection du signal lumineux diffusé lors du passage individuel d'une particule traceuse à travers le volume d'interférences.

  • Concentration trop faible :

    • La probabilité de passage d'une particule dans le volume de mesure par unité de temps devient très faible, ce qui induit un taux d'acquisition (fréquence d'échantillonnage des données) très bas.
    • Il devient alors difficile, voire impossible, de suivre les variations temporelles rapides de l'écoulement (fluctuations de vitesse, profils turbulents) ou d'obtenir des statistiques représentatives en un temps raisonnable.
  • Concentration trop élevée :

    • Brouillage du signal optique : plusieurs particules peuvent se trouver simultanément dans le volume de mesure. Les ondes diffusées par ces différentes particules interfèrent avec des phases aléatoires, ce qui dégrade considérablement le contraste des battements lumineux et rend difficile l'extraction de la fréquence Doppler f_{\mathrm{d}}.
    • Atténuation de la lumière : la diffusion multiple et l'absorption le long du trajet optique réduisent fortement l'intensité des faisceaux incidents et de la lumière collectée.
    • Perturbation mécanique du fluide : une fraction volumique trop importante de particules peut altérer les propriétés physiques du fluide (viscosité apparente, masse volumique) et perturber l'écoulement, de sorte que les particules ne se comportent plus comme des traceurs passifs neutres.
Voir ce qu'a relevé le jury

Décrivez précisément les phénomènes physiques nuisibles qui apparaissent en cas de trop forte concentration de particules.

« Pour le cas d’une trop forte concentration, les réponses, utilisant souvent un vocabulaire imprécis, étaient rarement convaincantes. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 35

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique ondulatoire › Diffraction et réseaux

Notions : filtre interférentiel, réseau de diffraction

Citer un dispositif optique permettant de sélectionner une des longueurs d'onde dans la lumière diffusée par la particule, afin d'effectuer la mesure d'une des composantes de vitesse.

Voir l'indice

Proposer un composant classique de filtrage spectral (filtre interférentiel passe-bande, prisme dispersif ou réseau de diffraction).

Voir la réponse courte

Utilisation d'un filtre interférentiel passe-bande ou d'un réseau dispersif pour isoler la longueur d'onde voulue.

Voir le corrigé complet

Pour sélectionner une longueur d'onde précise parmi les trois longueurs d'onde émises par la particule diffusante, on peut utiliser :

  • un filtre interférentiel (ou filtre passe-bande optique), centré sur la longueur d'onde souhaitée, placé en amont du photodétecteur (dispositif couramment employé en vélocimétrie laser tridimensionnelle) ;
  • ou un système dispersif tel qu'un réseau de diffraction ou un prisme associé à une fente de sélection spatiale (monochromateur) ;
  • ou un ensemble de miroirs dichroïques (lames séparatrices chromatiques).
Voir ce qu'a relevé le jury

Nommez précisément le dispositif optique sélectionneur de longueur d'onde sans rester dans des termes vagues comme filtre ou goniomètre.

« Certaines réponses ambigües n’ont pas été acceptées : « goniomètre », sans préciser « à réseau » ou « à prisme » ; « filtre » sans préciser « interférentiel » ou « de couleur ». »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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III.2 · Détermination du sens d'écoulement du fluide

Question 36

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique géométrique › Réflexion, réfraction et fibres optiques

Notions : indice de réfraction, longueur d'onde dans un milieu

L'indice optique du phosphure de gallium GaP est . Calculer la longueur d'onde du laser dans le phosphure de gallium en fonction de .

Voir l'indice

Utiliser la définition de l'indice optique reliant la célérité et la longueur d'onde dans le milieu à celles dans le vide : \lambda = \lambda_0 / n.

Voir la réponse courte

Dans un milieu d'indice n, la longueur d'onde est réduite d'un facteur n : \lambda = \lambda_0 / n_{\mathrm{GaP}}.

Voir le corrigé complet

La fréquence f_{\mathrm{L}} d'une onde lumineuse est une caractéristique de la source qui ne dépend pas du milieu traversé : elle est invariante lors du changement de milieu de propagation.

Dans l'air (assimilé au vide), la célérité de la lumière est c et la longueur d'onde s'écrit :

\lambda_0 = \frac{c}{f_{\mathrm{L}}}

Dans le cristal de phosphure de gallium d'indice optique n_{\mathrm{GaP}}, la vitesse de phase de l'onde lumineuse est :

v = \frac{c}{n_{\mathrm{GaP}}}

Par conséquent, la longueur d'onde \lambda du laser dans le milieu est donnée par :

\lambda = \frac{v}{f_{\mathrm{L}}} = \frac{c}{n_{\mathrm{GaP}} f_{\mathrm{L}}} = \frac{\lambda_0}{n_{\mathrm{GaP}}}
\boxed{\lambda = \frac{\lambda_0}{n_{\mathrm{GaP}}}}

Numériquement, avec n_{\mathrm{GaP}} = 3{,}32 :

\lambda = \frac{\lambda_0}{3{,}32} \approx 0{,}301\,\lambda_0

En utilisant la valeur \lambda_0 = 514{,}5\text{ nm} donnée dans la sous-partie III.1 :

\lambda = \frac{514{,}5 \cdot 10^{-9}}{3{,}32} \approx 1{,}55 \cdot 10^{-7}\text{ m} = 155\text{ nm}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La relation liant la longueur d'onde dans un milieu à celle dans le vide par division par l'indice optique est une relation de cours essentielle.

« L’expression à obtenir semble être le résultat d’un processus aléatoire. Une moitié des candidats divise λ0 par l’indice optique, l’autre moitié le multiplie. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 37

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Optique ondulatoire › Diffraction et réseaux

Notions : condition de bragg, réseau acoustique

L'ordre 1 du réseau correspond à un angle d'incidence , appelé angle de Bragg, tel que deux rayons se réfléchissant sur des plans successifs ont une différence de marche égale à une longueur d'onde dans le vide . Déterminer l'expression de l'angle de Bragg en fonction de , et . Faire l'application numérique.

Voir l'indice

Exprimer la différence de marche géométrique entre deux rayons consécutifs réfléchis sur deux plans acoustiques séparés de \Lambda = c_{\mathrm{S}} / f_{\mathrm{S}} avec un angle d'attaque \theta_{\mathrm{B}}, et appliquer la condition d'interférences constructives du premier ordre.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la différence de chemin géométrique \Delta L entre deux rayons se réfléchissant sur deux plans d'ondes acoustiques successifs distants de \Lambda, puis en déduire la différence de marche optique \delta = n_{\mathrm{GaP}}\Delta L.
  2. Écrire la condition d'interférences constructives à l'ordre 1 (\delta = \lambda_0) et exprimer \Lambda en fonction de la célérité acoustique c_{\mathrm{S}} et de la fréquence f_{\mathrm{S}}.
  3. En déduire l'angle de Bragg \theta_{\mathrm{B}} en fonction de \lambda, c_{\mathrm{S}} et f_{\mathrm{S}}, puis réaliser l'application numérique.
Voir la réponse courte

Différence de chemin optique entre deux fronts d'onde acoustiques successifs égale à \lambda, donnant 2\Lambda_{\mathrm{S}}\sin\theta_{\mathrm{B}} = \lambda.

Voir le corrigé complet

Considérons deux rayons lumineux parallèles incidents faisant un angle d'attaque (ou angle de rasance) \theta_{\mathrm{B}} avec les plans d'ondes acoustiques successifs, séparés par le pas du réseau \Lambda (figure 12).

En projetant sur la direction de propagation avant et après réflexion, le retard géométrique du rayon se réfléchissant sur le plan inférieur par rapport à celui se réfléchissant sur le plan supérieur s'écrit :

\Delta L = 2 \Lambda \sin\theta_{\mathrm{B}}

Le milieu de propagation ayant pour indice de réfraction n_{\mathrm{GaP}}, la différence de chemin optique (différence de marche) entre ces deux rayons vaut :

\delta = n_{\mathrm{GaP}} \Delta L = 2 n_{\mathrm{GaP}} \Lambda \sin\theta_{\mathrm{B}}

Or, d'après la question Q36, la longueur d'onde dans le milieu est \lambda = \dfrac{\lambda_0}{n_{\mathrm{GaP}}}, d'où :

\delta = 2 \Lambda \frac{\lambda_0}{\lambda} \sin\theta_{\mathrm{B}}

L'ordre 1 du réseau correspond à une différence de marche \delta = \lambda_0, ce qui donne la condition de Bragg usuelle :

2 \Lambda \sin\theta_{\mathrm{B}} = \lambda

La longueur d'onde acoustique \Lambda étant reliée à la célérité c_{\mathrm{S}} et à la fréquence f_{\mathrm{S}} de l'onde acoustique par \Lambda = \dfrac{c_{\mathrm{S}}}{f_{\mathrm{S}}}, on obtient :

\sin\theta_{\mathrm{B}} = \frac{\lambda}{2\Lambda} = \frac{\lambda f_{\mathrm{S}}}{2 c_{\mathrm{S}}}

L'angle \theta_{\mathrm{B}} étant très petit devant 1, on peut utiliser l'approximation des petits angles \sin\theta_{\mathrm{B}} \approx \theta_{\mathrm{B}} :

\boxed{\theta_{\mathrm{B}} = \arcsin\left(\frac{\lambda f_{\mathrm{S}}}{2 c_{\mathrm{S}}}\right) \approx \frac{\lambda f_{\mathrm{S}}}{2 c_{\mathrm{S}}}}

Application numérique :

  • \lambda = \dfrac{\lambda_0}{n_{\mathrm{GaP}}} = \dfrac{514{,}5\cdot 10^{-9}}{3{,}32} \approx 1{,}55\cdot 10^{-7}\text{ m} ;
  • f_{\mathrm{S}} = 40\text{ MHz} = 4{,}0\cdot 10^7\text{ Hz} ;
  • c_{\mathrm{S}} = 4\,130\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.
\theta_{\mathrm{B}} \approx \frac{1{,}55\cdot 10^{-7} \times 4{,}0\cdot 10^7}{2 \times 4\,130} \approx 7{,}5\cdot 10^{-4}\text{ rad} \approx 0{,}043^\circ
\boxed{\theta_{\mathrm{B}} \approx 7{,}5\cdot 10^{-4}\text{ rad} \approx 4{,}3\cdot 10^{-2}{}^\circ}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Appuyez-vous sur un schéma géométrique rigoureux faisant apparaître la différence de marche et justifiez-la à l'aide du théorème de Malus.

« Ce type de question nécessite une démarche rigoureuse, en particulier, il est nécessaire de faire un schéma qui fasse apparaître la différence de marche et qui soit justifiée par le théorème de Malus. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 38

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Physique quantique › Photons et dualité onde-corpuscule

Notions : relation de planck-einstein, conservation de l'énergie

En traduisant la conservation de l'énergie lors de l'absorption du phonon par le photon du laser, montrer que la fréquence du laser après réflexion est égale à .

Voir l'indice

Écrire la conservation de l'énergie totale E_{\mathrm{L}}' = E_{\mathrm{L}} + E_{\mathrm{S}} sous forme quantique avec les relations de Planck-Einstein E = hf.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie des quanta mis en jeu (photon incident, phonon acoustique et photon diffusé) à l'aide de la relation de Planck-Einstein.
  2. Écrire le bilan de conservation de l'énergie lors du processus d'absorption et en déduire la fréquence f_{\mathrm{L}}'.
Voir la réponse courte

Conservation de l'énergie photon-phonon : h f_{\mathrm{L}}' = h f_{\mathrm{L}} + h f_{\mathrm{S}}, soit un décalage de fréquence direct.

Voir le corrigé complet

D'après l'hypothèse de l'énoncé, l'énergie d'un phonon de fréquence f_{\mathrm{S}} s'exprime de la même manière que celle d'un photon via la relation de Planck-Einstein :

E_{\mathrm{S}} = h f_{\mathrm{S}}

où h est la constante de Planck.

De même, pour les photons du laser avant et après l'interaction :

\begin{aligned} E_{\mathrm{L}} &= h f_{\mathrm{L}} \\ E_{\mathrm{L}}' &= h f_{\mathrm{L}}' \end{aligned}

Lors de la collision inélastique, le système {photon + phonon} est isolé. La conservation de l'énergie totale du système s'écrit :

E_{\mathrm{L}}' = E_{\mathrm{L}} + E_{\mathrm{S}}

soit :

h f_{\mathrm{L}}' = h f_{\mathrm{L}} + h f_{\mathrm{S}}

En simplifiant par h \neq 0, on obtient directement :

\boxed{f_{\mathrm{L}}' = f_{\mathrm{L}} + f_{\mathrm{S}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La conservation de l'énergie lors de l'interaction photon-phonon repose sur la relation de Planck-Einstein.

« Les candidats connaissant la relation de Planck-Einstein obtiennent les points de cette question. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 39

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Chapitre : Physique quantique › Photons et dualité onde-corpuscule ; Optique ondulatoire › Diffraction et réseaux

Notions : quantité de mouvement du photon, relation de de broglie

En traduisant la conservation du vecteur quantité de mouvement lors de l'absorption du phonon, montrer qu'on peut retrouver l'expression de l'angle de Bragg établie à la question Q37. Comme , on négligera la variation de longueur d'onde du photon avant et après absorption du phonon.

Voir l'indice

Projeter la relation vectorielle de conservation de la quantité de mouvement \vec{p'}_{\mathrm{L}} = \vec{p}_{\mathrm{L}} + \vec{p}_{\mathrm{S}} sur la direction de l'onde acoustique, en utilisant \|\vec{p}\| = h/\lambda.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les normes des quantités de mouvement du photon incident, du phonon et du photon diffusé à l'aide de la relation de de Broglie.
  2. Écrire la loi de conservation de la quantité de mouvement vectorielle \vec{p}_{\mathrm{L}} + \vec{p}_{\mathrm{S}} = \vec{p}\,'_{\mathrm{L}} et décomposer chaque vecteur dans la base (\vec{u}_x, \vec{u}_z) de la figure 13.
  3. Projeter sur l'axe vertical \vec{u}_z et utiliser l'approximation f_{\mathrm{S}} \ll f_{\mathrm{L}} pour retrouver l'angle de Bragg.
Voir la réponse courte

Conservation de la quantité de mouvement vectorielle projetée sur l'axe acoustique pour retrouver l'angle de Bragg.

Voir le corrigé complet

D'après les relations de de Broglie, la quantité de mouvement d'un photon dans le cristal de phosphure de gallium où sa longueur d'onde est \lambda vaut :

p_{\mathrm{L}} = \frac{h}{\lambda}

De même, pour le phonon acoustique associé à l'onde de longueur d'onde \Lambda = \frac{c_{\mathrm{S}}}{f_{\mathrm{S}}} :

p_{\mathrm{S}} = \frac{h}{\Lambda} = \frac{h f_{\mathrm{S}}}{c_{\mathrm{S}}}

Pour le photon diffusé après absorption du phonon, sa quantité de mouvement est p'_{\mathrm{L}} = \frac{h}{\lambda'}. Comme f_{\mathrm{S}} \ll f_{\mathrm{L}}, la variation de fréquence et donc de longueur d'onde est négligeable (\lambda' \approx \lambda), soit :

p'_{\mathrm{L}} \approx p_{\mathrm{L}}

La conservation de la quantité de mouvement lors de la collision s'écrit :

\vec{p}_{\mathrm{L}} + \vec{p}_{\mathrm{S}} = \vec{p}\,'_{\mathrm{L}}

D'après le repère orthonormé (\vec{u}_x, \vec{u}_z) de la figure 13 :

  • Le photon incident est incliné vers le haut d'un angle \theta_{\mathrm{B}} :

    \vec{p}_{\mathrm{L}} = p_{\mathrm{L}} \cos\theta_{\mathrm{B}} \, \vec{u}_x + p_{\mathrm{L}} \sin\theta_{\mathrm{B}} \, \vec{u}_z
  • Le phonon se propage vers le bas (de la céramique vers l'absorbeur) :

    \vec{p}_{\mathrm{S}} = - p_{\mathrm{S}} \, \vec{u}_z
  • Le photon diffusé est incliné vers le bas d'un angle \theta_{\mathrm{B}} :

    \vec{p}\,'_{\mathrm{L}} = p'_{\mathrm{L}} \cos\theta_{\mathrm{B}} \, \vec{u}_x - p'_{\mathrm{L}} \sin\theta_{\mathrm{B}} \, \vec{u}_z

En projetant la relation de conservation sur l'axe vertical \vec{u}_z, on obtient :

p_{\mathrm{L}} \sin\theta_{\mathrm{B}} - p_{\mathrm{S}} = - p'_{\mathrm{L}} \sin\theta_{\mathrm{B}}

Soit, en regroupant les termes et en utilisant l'approximation p'_{\mathrm{L}} \approx p_{\mathrm{L}} :

p_{\mathrm{S}} \approx 2 p_{\mathrm{L}} \sin\theta_{\mathrm{B}}

En remplaçant les quantités de mouvement par leurs expressions :

\frac{h f_{\mathrm{S}}}{c_{\mathrm{S}}} \approx 2 \frac{h}{\lambda} \sin\theta_{\mathrm{B}}

On en déduit :

\boxed{\sin\theta_{\mathrm{B}} \approx \frac{\lambda f_{\mathrm{S}}}{2 c_{\mathrm{S}}}}

Aux faibles angles (\theta_{\mathrm{B}} \ll 1), on a \sin\theta_{\mathrm{B}} \approx \theta_{\mathrm{B}}, ce qui redonne parfaitement l'expression de l'angle de Bragg établie à la question Q37 :

\theta_{\mathrm{B}} \approx \frac{\lambda f_{\mathrm{S}}}{2 c_{\mathrm{S}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La quantité de mouvement associée au photon ou au phonon s'exprime grâce à la relation de de Broglie.

« La relation de de Broglie n’est pas connue de tous les candidats. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 40

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI

Chapitre : Optique ondulatoire › Modèle scalaire de la lumière et cohérence

Notions : frange mobile, battement

Montrer que les franges défilent à une vitesse dont on donnera l'expression. Préciser dans quel sens ces franges défilent.

Voir l'indice

Identifier la phase du terme oscillant sous la forme y - v_{\text{franges}} t pour obtenir la vitesse de phase et en déduire le sens de propagation.

Voir la réponse courte

Le décalage fréquentiel \Delta\omega = 2\pi f_{\mathrm{S}} transforme la phase spatiale en onde progressive de vitesse v = \Delta\omega/\Delta k_y.

Voir le corrigé complet

L'éclairement en un point M(x, y) de la zone d'interférences au cours du temps est donné par :

\mathcal{E}(M, t) = 2\mathcal{E}_0 \left[ 1 + \cos\left( \frac{4\pi}{\lambda_0}\sin\alpha \left( y + \frac{\lambda_0 f_{\mathrm{S}}}{2\sin\alpha}\,t \right) \right) \right]

En introduisant l'interfrange \Delta y = \dfrac{\lambda_0}{2\sin\alpha} déterminé à la question Q30, cette expression s'écrit sous la forme d'une onde se propageant :

\mathcal{E}(M, t) = 2\mathcal{E}_0 \left[ 1 + \cos\left( \frac{2\pi}{\Delta y} \left( y + f_{\mathrm{S}}\Delta y\, t \right) \right) \right]

Les franges brillantes correspondent aux maxima d'éclairement, c'est-à-dire aux positions y_p(t) vérifiant :

\frac{2\pi}{\Delta y} \left( y_p(t) + f_{\mathrm{S}}\Delta y\, t \right) = 2p\pi \quad (p \in \mathbb{Z})

Soit, en isolant la position y_p(t) de la frange d'ordre p :

y_p(t) = p\Delta y - \frac{\lambda_0 f_{\mathrm{S}}}{2\sin\alpha}\,t = p\Delta y - f_{\mathrm{S}}\Delta y\, t

La vitesse de déplacement des franges est obtenue en dérivant par rapport au temps :

\frac{\mathrm{d}y_p}{\mathrm{d}t} = - \frac{\lambda_0 f_{\mathrm{S}}}{2\sin\alpha} = - f_{\mathrm{S}}\Delta y

Les franges défilent donc à une vitesse :

\boxed{v_{\mathrm{franges}} = \frac{\lambda_0 f_{\mathrm{S}}}{2\sin\alpha} = f_{\mathrm{S}}\Delta y}

Puisque \dfrac{\mathrm{d}y_p}{\mathrm{d}t} < 0, les franges défilent dans le sens des y décroissants, c'est-à-dire dans le sens opposé au vecteur unitaire \vec{u}_y (selon -\vec{u}_y).

Résultat

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Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI

Chapitre : Optique ondulatoire › Modèle scalaire de la lumière et cohérence

Notions : vélocimétrie laser, détection hétérodyne

Expliquer comment le défilement de ces franges permet de déterminer le sens de parcours d'une particule d'ensemencement à travers la zone d'interférences.

Voir l'indice

Comparer la vitesse relative de la particule par rapport aux franges mobiles selon que celle-ci se déplace dans le sens du défilement ou en sens inverse, et en déduire l'effet sur la fréquence Doppler perçue.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'éclairement perçu par une particule se déplaçant à la vitesse \vec{v} = v_y \vec{u}_y dans le champ d'interférences mobiles.
  2. En déduire la fréquence f_{\text{mes}} du signal lumineux diffusé au cours du temps.
  3. Montrer que la comparaison entre la fréquence mesurée f_{\text{mes}} et la fréquence acoustique f_{\mathrm{S}} de la cellule de Bragg lève l'indétermination sur le signe de v_y.
Voir la réponse courte

La fréquence apparente devient |v_y - v_{\mathrm{franges}}|/\Delta y, ce qui lève l'ambiguïté sur le signe de v_y.

Voir le corrigé complet

Soit une particule se déplaçant à vitesse constante v_y selon l'axe (Oy), repérée par sa position :

y(t) = y(0) + v_y \, t

L'éclairement auquel est soumise la particule à l'instant t est donné par l'expression établie avant la question Q40 :

\mathcal{E}(y(t), t) = 2\mathcal{E}_0 \left[1 + \cos\left(\frac{2\pi}{\Delta y}\,(y(t) + v_{\text{franges}} \, t)\right)\right]

avec \Delta y = \dfrac{\lambda_0}{2\sin\alpha} et v_{\text{franges}} = f_{\mathrm{S}} \Delta y.

En injectant la loi horaire y(t), l'argument de la fonction cosinus s'écrit :

\phi(t) = \frac{2\pi}{\Delta y}\,y(0) + 2\pi \left(f_{\mathrm{S}} + \frac{v_y}{\Delta y}\right) t

L'intensité diffusée par la particule oscille donc à la fréquence apparente :

f_{\text{mes}} = \left| f_{\mathrm{S}} + \frac{v_y}{\Delta y} \right|

En pratique, la fréquence acoustique f_{\mathrm{S}} est choisie suffisamment grande pour que f_{\mathrm{S}} > \dfrac{|v_y|}{\Delta y} (ici f_{\mathrm{S}} = 40\text{ MHz}, ce qui correspond à une vitesse limite v_{\text{franges}} \approx 100\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, largement supérieure aux vitesses mesurées). On a alors simplement :

f_{\text{mes}} = f_{\mathrm{S}} + \frac{v_y}{\Delta y}

Le décalage fréquentiel \Delta f = f_{\text{mes}} - f_{\mathrm{S}} = \dfrac{v_y}{\Delta y} donne directement accès au signe de la vitesse de la particule :

  • Si f_{\text{mes}} > f_{\mathrm{S}}, alors \boldsymbol{v_y > 0} : la particule se déplace dans le sens opposé au défilement des franges (vers les y croissants) et croise les franges avec une fréquence plus élevée.
  • Si f_{\text{mes}} < f_{\mathrm{S}}, alors \boldsymbol{v_y < 0} : la particule se déplace dans le même sens que les franges (vers les y décroissants) et croise les franges avec une fréquence plus faible.
  • Si f_{\text{mes}} = f_{\mathrm{S}}, la particule est immobile (v_y = 0).
\boxed{\text{Le signe de l'écart }(f_{\text{mes}} - f_{\mathrm{S}})\text{ détermine sans ambiguïté le sens de parcours de la particule.}}

Résultat

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CCINP Physique PC 2022 ?

Surtout 4 chapitres : Fluides visqueux (16 % des questions), Modèle scalaire de la lumière et cohérence (15 %), Mécanique du solide (13 %) et Diffusion thermique (12 %). Plus ponctuellement : Diffraction et réseaux, Circuits électriques et régimes transitoires, Premier et second principes, Statique des fluides, Photons et dualité onde-corpuscule…

Peut-on travailler le sujet CCINP Physique PC 2022 dès la première année (PCSI) ?

En partie : 19 questions sur 41 (46 %) ne demandent que le programme de PCSI. Blocs abordables : la sous-partie II.1 (Q13 à Q17). Avec les autres programmes de première année : 20 en MPSI, 14 en PTSI, 11 en MP2I, 14 en TSI1 et 13 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CCINP Physique PC 2022 ?

Environ 2 h 45 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CCINP Physique PC 2022 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q12 (loi de lenz), Q20 (force de viscosité), Q25 (équation de la chaleur), Q33 (faisceau gaussien), Q39 (quantité de mouvement du photon) et Q40 (frange mobile).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CCINP Physique PC 2022 ?

Questions de cours : Q2 (force de traînée), Q8 (couple de forces), Q10 (frottement sec), Q28 (onde transversale) et Q35 (filtre interférentiel). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q4 (équilibre statique), Q23 (loi de fourier), Q25 (équation de la chaleur), Q26 (équation différentielle), Q29 (formule de fresnel), Q30 (interfrange) et Q36 (indice de réfraction).

Où gagner des points facilement dans le sujet CCINP Physique PC 2022 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (29 sur 41), par exemple : Q1 à Q11, Q13, Q15 à Q19, Q22 à Q24, Q27, Q28, Q31, Q32, Q34 à Q37 et Q41. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q14, Q21, Q25, Q26, Q29, Q30, Q38 et Q39.

Le sujet CCINP Physique PC 2022 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Le sujet CCINP Physique PC 2022 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury juge la longueur adaptée, la majorité des candidats ayant abordé tout le sujet, mais note des résultats globaux en baisse et une première partie très discriminante. Moyenne : 9,13/20 (écart-type 3,94, 4 382 présents).

Pourquoi lit-on la fréquence à couple nul sur le document 3 en Q11 ?

Parce que le système tourne en régime stationnaire. À vitesse de vent constante et en négligeant les frottements mécaniques sur l'axe, le théorème du moment cinétique impose l'annulation du couple aérodynamique moyen.

Comment est repéré l'angle de Bragg θ_B à la question Q37 ?

Par rapport aux plans d'onde : il s'agit d'un angle de rasance entre le faisceau incident et les plans de perturbation acoustique, et non d'un angle avec la normale. La différence de marche géométrique s'exprime ainsi avec \sin\theta_{\mathrm{B}}.

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Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 41 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 9,13 et d'écart-type 3,94 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 27 septembre 2026.