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Corrigé détaillé X ENS Physique MP 2020

Faisceaux gaussiens et pinces optiques

Faisable en sup ?

Faisable en partie en MPSI : 8 questions sur 37. Autres questions faisables en MPSI

Autres premières années : PTSI 7 · TSI1 6 · BCPST1 3 questions.

Détail par partie
  • Partie I : Propagation et décomposition en ondes planes d'un champ électrique0/52e année
  • Partie II : Étude de la limitation transversale d'un faisceau lumineux1/5En partie
  • Partie III : Source laser et faisceau gaussien0/42e année
  • Partie IV : Moment dipolaire d'un atome et d'une assemblée d'atomes5/10En partie
  • Partie V : Principe d'une pince optique2/13En partie

Le sujet en bref

Sujet moyen · Électromagnétisme, Optique ondulatoire, Mécanique · 6 incontournables · 8 questions de première année
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Ce sujet prestigieux du concours X-ENS 2020 s'articule autour de la physique du prix Nobel de physique 2018 décerné à Arthur Ashkin pour le développement des pinces optiques. L'épreuve propose un parcours théorique complet et particulièrement élégant : elle commence par formaliser la propagation paraxiale d'un paquet d'ondes planes à l'aide de la transformation de Fourier spatiale (spectre angulaire), d'étaille la structure géométrique d'un faisceau laser gaussien fondamental (waist, divergence, distance de Rayleigh), puis établit le lien microscopique entre réponse diélectrique de la matière et indice optique grâce au modèle classique de l'électron élastiquement lié. Enfin, elle modélise quantitativement la force de diffusion radiative de Poynting ainsi que la force de gradient dipolaire, démontrant la condition impérative de focalisation extrême pour piéger de façon stable une nanoparticule diélectrique dans trois dimensions. D'un intérêt pédagogique exceptionnel, ce problème constitue une révision de premier ordre sur les ponts entre électromagnétisme, optique de Fourier et physique statistique en classe préparatoire.

Difficulté
Moyen, estimée à partir de la difficulté de chaque question
Temps estimé
≈ 3 h 45 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
Chapitres

Part des questions du sujet.

Incontournables

6 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

12 questions rapides et accessibles · 2 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (12) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (2) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

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Sommaire

37 questions
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Partie I : Propagation et décomposition en ondes planes d'un champ électrique

Question 1

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : équation de helmholtz, paquet d'ondes

En reprenant l'équation de Helmholtz portant sur , et en utilisant les formules (3) et (4), montrer que la fonction vérifie l'équation différentielle suivante :

avec , pouvant être complexe.

Voir l'indice

Injecter l'expression intégrale de la décomposition en onde plane de \underline{E}(x,z) dans l'équation de Helmholtz scalaire, permuter intégration et dérivations spatiales, puis invoquer la Propriété 1 d'unicité.

Voir la stratégie
  1. Écrire l'équation de Helmholtz scalaire pour la composante \underline{E}(x,z) du champ électrique.
  2. Injecter la décomposition intégrale de Fourier spatiale de \underline{E}(x,z) et permuter intégration et dérivations spatiales.
  3. Identifier l'intégrande et appliquer la propriété d'injectivité (formule (4)) pour conclure.
Voir la réponse courte

En injectant la transformée de Fourier spatiale dans l'équation de Helmholtz, on obtient l'équation différentielle harmonique sur \widetilde{E}(\alpha,z).

Voir le corrigé complet

Le champ électrique s'écrit \underline{\vec{E}}(\vec{r},t) = \underline{E}(x,z)\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t}\vec{e}_y. L'équation de Helmholtz vectorielle (8) projetée sur la direction (\mathrm{O}y) conduit à l'équation de Helmholtz scalaire :

\Delta \underline{E}(x,z) + \frac{\omega^2}{c^2}\underline{E}(x,z) = 0 \iff \frac{\partial^2 \underline{E}}{\partial x^2}(x,z) + \frac{\partial^2 \underline{E}}{\partial z^2}(x,z) + \frac{\omega^2}{c^2}\underline{E}(x,z) = 0.

D'après la formule (3), la fonction \underline{E}(x,z) s'exprime sous la forme :

\underline{E}(x,z) = \int_{-\infty}^{+\infty} \widetilde{\underline{E}}(\alpha,z) \exp(\mathrm{i}\alpha x)\,\frac{\mathrm{d}\alpha}{2\pi}.

En utilisant la possibilité de permuter les dérivées partielles et l'intégration (Remarque 2), on calcule les dérivées spatiales de \underline{E}(x,z) :

\begin{aligned} \frac{\partial^2 \underline{E}}{\partial x^2}(x,z) &= \int_{-\infty}^{+\infty} (\mathrm{i}\alpha)^2\,\widetilde{\underline{E}}(\alpha,z) \exp(\mathrm{i}\alpha x)\,\frac{\mathrm{d}\alpha}{2\pi} = \int_{-\infty}^{+\infty} -\alpha^2\,\widetilde{\underline{E}}(\alpha,z) \exp(\mathrm{i}\alpha x)\,\frac{\mathrm{d}\alpha}{2\pi}, \\ \frac{\partial^2 \underline{E}}{\partial z^2}(x,z) &= \int_{-\infty}^{+\infty} \frac{\partial^2 \widetilde{\underline{E}}}{\partial z^2}(\alpha,z) \exp(\mathrm{i}\alpha x)\,\frac{\mathrm{d}\alpha}{2\pi}. \end{aligned}

En injectant ces deux expressions dans l'équation de Helmholtz, on obtient :

\int_{-\infty}^{+\infty} \left[ \frac{\partial^2 \widetilde{\underline{E}}}{\partial z^2}(\alpha,z) + \left(\frac{\omega^2}{c^2} - \alpha^2\right)\widetilde{\underline{E}}(\alpha,z) \right] \exp(\mathrm{i}\alpha x)\,\frac{\mathrm{d}\alpha}{2\pi} = 0, \quad \forall x \in \mathbb{R}.

En posant \underline{\gamma}^2 = \frac{\omega^2}{c^2} - \alpha^2, et en appliquant la Propriété 1 (équation (4)), l'annulation de cette intégrale pour tout x équivaut à l'annulation de l'amplitude spectrale pour tout \alpha \in \mathbb{R} :

\boxed{\frac{\partial^2}{\partial z^2}\widetilde{\underline{E}}(\alpha,z) + \underline{\gamma}^2 \widetilde{\underline{E}}(\alpha,z) = 0}

avec \underline{\gamma}^2 = \frac{\omega^2}{c^2} - \alpha^2.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Un traitement rigoureux était attendu et la variable d'intégration ne devait pas être sortie de l'intégrale.

« le résultat étant donné dans l’énoncé, un traitement rigoureux était attendu, ce qui a été assez largement le cas. On a cependant constaté que la variable d’intégration était parfois "sortie" de l’intégrale. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : onde évanescente, vecteur d'onde

À quelle condition sur , est-il réel ? On écrit alors avec . Donner l'expression générale de . Dans quel cas, est-il imaginaire pur ? On pose alors avec . Donner l'expression générale de dans ce cas.

Voir l'indice

Discuter le signe du radicande \omega^2/c^2 - \alpha^2. Pour \underline{\gamma} réel, écrire la combinaison de deux exponentielles imaginaires inverses ; pour \underline{\gamma} = \mathrm{i}\delta, utiliser des exponentielles réelles d'amortissement ou d'amplification spatiale.

Voir la stratégie
  1. Partir de la relation de dispersion spatiale établie à la question précédente : \underline{\gamma}^2 = \dfrac{\omega^2}{c^2} - \alpha^2, avec \alpha \in \mathbb{R}.
  2. Discuter le signe de \underline{\gamma}^2 selon la position de |\alpha| par rapport à \omega/c.
  3. Résoudre l'équation différentielle linéaire d'ordre 2 à coefficients constants selon que les racines de l'équation caractéristique sont imaginaires pures ou réelles.
Voir la réponse courte

Selon que |\alpha| < \omega/c ou |\alpha| > \omega/c, \underline{\gamma} est réel (ondes propagatives) ou imaginaire pur (ondes évanescentes).

Voir le corrigé complet

D'après la question 1, le paramètre \underline{\gamma} vérifie :

\underline{\gamma}^2 = \frac{\omega^2}{c^2} - \alpha^2, \quad \text{avec } \alpha \in \mathbb{R}.

1. Cas où \underline{\gamma} est réel :

\underline{\gamma} est réel non nul si et seulement si \underline{\gamma}^2 > 0, ce qui se traduit par :

\boxed{|\alpha| < \frac{\omega}{c}}

En posant \underline{\gamma} = \gamma = \sqrt{\dfrac{\omega^2}{c^2} - \alpha^2} > 0, l'équation différentielle (9) s'écrit :

\frac{\partial^2}{\partial z^2} \underline{\widetilde{E}}(\alpha,z) + \gamma^2 \underline{\widetilde{E}}(\alpha,z) = 0.

L'équation caractéristique associée a pour racines \pm \mathrm{i}\gamma. L'expression générale de \underline{\widetilde{E}}(\alpha,z) est donc :

\boxed{\underline{\widetilde{E}}(\alpha,z) = \underline{A}_1(\alpha)\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\gamma z} + \underline{A}_2(\alpha)\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\gamma z}}

où \underline{A}_1(\alpha) et \underline{A}_2(\alpha) sont des amplitudes complexes dépendant de la variable spatiale transverse \alpha.

2. Cas où \underline{\gamma} est imaginaire pur :

\underline{\gamma} est imaginaire pur non nul si et seulement si \underline{\gamma}^2 < 0, ce qui correspond à :

\boxed{|\alpha| > \frac{\omega}{c}}

En posant \underline{\gamma} = \mathrm{i}\delta avec \delta = \sqrt{\alpha^2 - \dfrac{\omega^2}{c^2}} > 0, l'équation différentielle devient :

\frac{\partial^2}{\partial z^2} \underline{\widetilde{E}}(\alpha,z) - \delta^2 \underline{\widetilde{E}}(\alpha,z) = 0.

L'équation caractéristique admet pour racines réelles \pm \delta. L'expression générale de \underline{\widetilde{E}}(\alpha,z) est alors :

\boxed{\underline{\widetilde{E}}(\alpha,z) = \underline{B}_1(\alpha)\,\mathrm{e}^{-\delta z} + \underline{B}_2(\alpha)\,\mathrm{e}^{\delta z}}

où \underline{B}_1(\alpha) et \underline{B}_2(\alpha) sont deux amplitudes complexes arbitraires.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Inutile de redémontrer la résolution de l'équation différentielle ; attention à ne pas supposer les constantes réelles et à tenir compte de leur dépendance en α.

« trop de candidat.e.s s’efforcent de re-démontrer la résolution des équations différentielles du second ordre et le font mal. Les constantes d’intégration ne sont a priori pas réelles comme cela a pu être écrit. Leur dépendance en α n’a pas toujours été remarquée et elle n’est en aucun cas factorisable. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : paquet d'ondes, onde plane

On suppose dans cette question que pour , . Le champ électrique s'écrit alors sous la forme intégrale suivante :

Interpréter physiquement la décomposition du champ électrique . On s'attachera en particulier à donner un sens physique au vecteur et à la grandeur .

Voir l'indice

Identifier dans \alpha\vec{e}_x + \gamma\vec{e}_z le vecteur d'onde \vec{k} d'une onde plane monochromatique vérifiant la relation de dispersion dans le vide, et interpréter \underline{A}(\alpha) comme le poids d'amplitude complexe associé à cette direction de propagation.

Voir la stratégie
  1. Réécrire le terme sous l'intégrale sous la forme caractéristique d'une onde plane progressive monochromatique (OPPM).
  2. Étudier la norme et l'orientation du vecteur \vec{k} = \alpha\vec{e}_x + \gamma\vec{e}_z.
  3. Interpréter \underline{A}(\alpha) comme la densité spectrale d'amplitude associée à chaque onde plane.
Voir la réponse courte

Le champ est une superposition continue d'ondes planes progressives harmoniques de vecteur d'onde \vec{k} = \alpha\vec{e}_x + \gamma\vec{e}_z et d'amplitude spectrale \underline{A}(\alpha).

Voir le corrigé complet

En introduisant le vecteur position dans le plan (x,z), \vec{r} = x\vec{e}_x + z\vec{e}_z, ainsi que le vecteur :

\vec{k}(\alpha) = \alpha\vec{e}_x + \gamma\vec{e}_z,

le champ électrique complexe s'écrit sous la forme :

\underline{E}(x,z,t) = \int_{-\omega/c}^{+\omega/c} \left( \underline{A}(\alpha)\frac{\mathrm{d}\alpha}{2\pi} \right) \exp\left[\mathrm{i}\left(\vec{k}(\alpha)\cdot\vec{r} - \omega t\right)\right].

1. Sens physique du vecteur \alpha\vec{e}_x + \gamma\vec{e}_z :

  • La norme au carré de ce vecteur vaut :

    \|\vec{k}(\alpha)\|^2 = \alpha^2 + \gamma^2 = \alpha^2 + \left(\frac{\omega^2}{c^2} - \alpha^2\right) = \frac{\omega^2}{c^2} = k_0^2.

    Il s'agit donc du vecteur d'onde d'une onde plane progressive monochromatique se propageant dans le vide à la pulsation \omega.

  • Comme \gamma > 0, la composante le long de (\mathrm{O}z) est strictement positive : chaque onde plane élémentaire se propage vers les z>0.
  • La direction de propagation forme avec l'axe optique (\mathrm{O}z) un angle \theta tel que :

    \boxed{\sin\theta = \frac{\alpha}{k_0} = \frac{\alpha c}{\omega} \quad \text{et} \quad \cos\theta = \frac{\gamma}{k_0} > 0}

    La condition |\alpha| < \omega/c correspond à \theta \in \left]-\frac{\pi}{2}, \frac{\pi}{2}\right[.

2. Sens physique de la grandeur \underline{A}(\alpha) :

  • La quantité \underline{A}(\alpha)\frac{\mathrm{d}\alpha}{2\pi} représente l'amplitude complexe (module et phase à l'origine) de l'onde plane élémentaire se propageant dans la direction repérée par \alpha (ou par l'angle \theta).
  • La fonction \underline{A}(\alpha) est donc l'amplitude spectrale angulaire (ou densité spectrale spatiale) du champ électromagnétique.

3. Interprétation globale de la décomposition :

\boxed{\underline{E}(x,z,t) \text{ est une superposition continue d'OPPM de pulsation } \omega \text{ se propageant vers les } z>0 \text{ dans des directions } \theta \in ]-\pi/2, \pi/2[.}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Utilisez le vocabulaire précis de l'électromagnétisme sans confondre vecteur d'onde et polarisation.

« les termes "amplitudes", "vecteur d’onde", "polarisation", "fréquence" ont des définitions précises qui doivent être respectées et utilisées à bon escient. Une confusion entre vecteur d’onde et polarisation a été souvent observée. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : onde évanescente, atténuation

Proposer une interprétation dans le cas où est imaginaire pur.

Voir l'indice

Remarquer que pour |\alpha| > \omega/c, le facteur spatial prend la forme d'un amortissement exponentiel pur selon l'axe longitudinal z, caractéristique d'une onde évanescente sans propagation moyenne d'énergie le long de cet axe.

Voir la stratégie
  1. Réinjecter l'expression \underline{\gamma} = \mathrm{i}\delta (avec \delta = \sqrt{\alpha^2 - \omega^2/c^2} > 0) dans l'expression retenue \underline{\widetilde{E}}(\alpha, z) = \underline{A}(\alpha)\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\underline{\gamma} z}.
  2. Analyser la structure spatio-temporelle de la composante élémentaire associée : propagation selon (Ox) et décroissance exponentielle selon (Oz).
  3. Relier ces composantes spectrales aux détails sub-longueur d'onde du champ et à la limite de résolution en optique (limite de diffraction).
Voir la réponse courte

Pour \underline{\gamma} imaginaire pur, l'onde décroît exponentiellement selon z : c'est une onde évanescente sans propagation d'énergie moyenne selon z.

Voir le corrigé complet

Lorsque |\alpha| > \omega/c, la grandeur \underline{\gamma} est imaginaire pure. Avec le choix \underline{\gamma} = \mathrm{i}\delta où \delta = \sqrt{\alpha^2 - \omega^2/c^2} > 0, imposé par la condition de champ borné lorsque z \to +\infty, l'amplitude complexe spectrale s'écrit :

\underline{\widetilde{E}}(\alpha, z) = \underline{A}(\alpha)\,\mathrm{e}^{-\delta z}.

L'onde élémentaire associée à la pulsation spatiale \alpha dans le développement harmonique a pour expression :

\underline{E}_\alpha(x,z,t) = \underline{A}(\alpha)\,\mathrm{e}^{-\delta z}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\alpha x - \omega t)}.

Cette onde présente deux caractéristiques physiques majeures :

  • Propagation le long de l'axe (Ox) : le terme \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\alpha x - \omega t)} décrit une onde plane progressive se propageant dans le plan transverse selon l'axe (Ox), avec une vitesse de phase v_\varphi = \frac{\omega}{\alpha} < c.
  • Atténuation exponentielle le long de l'axe (Oz) : le terme \mathrm{e}^{-\delta z} correspond à une extinction exponentielle dans la direction de propagation macroscopique. Il s'agit d'une onde évanescente, confinée au voisinage immédiat du plan z = 0, sur une profondeur caractéristique de pénétration :

    \boxed{\delta_{\mathrm{p}} = \frac{1}{\delta} = \frac{1}{\sqrt{\alpha^2 - \omega^2/c^2}}.}

Une onde évanescente ne transporte aucune puissance active moyenne selon l'axe (Oz) (le vecteur de Poynting moyen selon \vec{e}_z est nul).

Résultat

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : transformée de fourier, condition aux limites

Dans le cas où est réel, montrer que :

Voir l'indice

Évaluer la formule générale (10) en z=0 et appliquer directement la formule de transformée de Fourier inverse rappelée dans la définition (3) de l'énoncé.

Voir la stratégie
  1. Utiliser la forme admise par l'énoncé pour la transformée spatiale du champ, \underline{\widetilde{E}}(\alpha, z) = \underline{A}(\alpha)\exp(\mathrm{i}\underline{\gamma}z), évaluée dans le plan z = 0.
  2. Appliquer la définition de la transformée de Fourier spatiale donnée par la formule (3) de l'énoncé à la fonction F(x, z) = \underline{E}(x, z) au plan z = 0.
Voir la réponse courte

En posant z=0, on reconnaît l'inversion de la transformée de Fourier spatiale reliant le champ à son spectre d'ondes planes.

Voir le corrigé complet

D'après le préambule précédant la question 3, le spectre angulaire du champ s'écrit :

\underline{\widetilde{E}}(\alpha, z) = \underline{A}(\alpha) \exp(\mathrm{i}\underline{\gamma}z)

Dans le plan z = 0, cette relation donne immédiatement :

\underline{\widetilde{E}}(\alpha, z = 0) = \underline{A}(\alpha)

Par ailleurs, la définition (3) de l'énoncé permet de décomposer toute fonction spatiale F(x, z) via sa transformée de Fourier spatiale selon :

\widetilde{F}(\alpha, z) = \int_{-\infty}^{+\infty} F(x, z) \exp(-\mathrm{i}\alpha x) \, \mathrm{d}x

En appliquant cette définition à la composante spatiale du champ électrique F(x, z) = \underline{E}(x, z) prise en z = 0, on obtient :

\underline{\widetilde{E}}(\alpha, z = 0) = \int_{-\infty}^{+\infty} \underline{E}(x, z = 0) \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\alpha x} \, \mathrm{d}x

En identifiant les deux expressions de \underline{\widetilde{E}}(\alpha, z = 0), on en déduit :

\boxed{\underline{A}(\alpha) = \int_{-\infty}^{+\infty} \underline{E}(x, z = 0) \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\alpha x} \, \mathrm{d}x}

Résultat

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Partie II : Étude de la limitation transversale d'un faisceau lumineux

Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique ondulatoire › Diffraction et réseaux

Notions : approximation de l'optique géométrique, diffraction

Rappeler quel critère quantitatif permet de se placer dans le cadre de l'approximation de l'optique géométrique. En raisonnant sur des grandeurs caractéristiques, cette approximation est-elle applicable dans la situation physique énoncée ci-dessus ? Quel phénomène physique pourrait être mis en évidence par le dispositif schématisé sur la Figure 1 ?

Voir l'indice

Rappeler le critère de validité de l'optique géométrique comparant la dimension caractéristique des diaphragmes à la longueur d'onde incidente (\lambda \ll W_0). Conclure sur la prépondérance du phénomène de diffraction.

Voir la réponse courte

L'optique géométrique requiert W_0 \gg \lambda ; ici W_0 \sim \lambda, le phénomène de diffraction par l'ouverture devient prépondérant.

Voir le corrigé complet
  1. Critère quantitatif de l'optique géométrique :
    L'approximation de l'optique géométrique (propagation rectiligne de la lumière sous forme de rayons indépendants) est valable lorsque les dimensions caractéristiques D des obstacles, diaphragmes ou ouvertures rencontrés par l'onde sont très grandes devant la longueur d'onde \lambda :

    \boxed{D \gg \lambda}
  2. Applicabilité dans la situation considérée :
    Ici, la longueur d'onde dans le vide vaut \lambda = 600\text{ nm} = 0{,}6\,\mu\text{m} et la largeur de l'ouverture est W_0 \sim \text{quelques micromètres} (par exemple W_0 \approx 5\text{ à }10\,\mu\text{m}).

    Le rapport des longueurs caractéristiques vaut :

    \frac{W_0}{\lambda} \sim 5 \text{ à } 15

    Cette valeur n'étant pas très grande devant l'unité, la condition W_0 \gg \lambda n'est pas satisfaite. L'approximation de l'optique géométrique n'est donc pas applicable.

  3. Phénomène physique mis en évidence :
    La limitation transversale de l'onde plane par l'ouverture donne naissance au phénomène de diffraction (ici diffraction de Fraunhofer à l'infini ou dans le plan focal d'une lentille convergente).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas conditions de Gauss et optique géométrique, ni phénomènes d'interférence et de diffraction.

« de fréquentes confusions entre l’approximation de Gauss et de l’optique géométrique ont été observées ainsi qu’entre le phénomène d’interférence et celui de diffraction. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Optique ondulatoire › Diffraction et réseaux

Notions : transformée de fourier, fente de diffraction

Déterminer l'expression de en fonction de , et . Représenter graphiquement en fonction de .

Voir l'indice

Intégrer le champ constant E_0 sur le support spatial [-W_0/2, +W_0/2] de l'ouverture et faire apparaître la fonction sinus cardinal \mathrm{sinc}(\alpha W_0/2). Tracer la courbe symétrique correspondante.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ électrique \underline{E}(x, z=0) dans le plan de l'écran en tenant compte de l'ouverture de largeur W_0.
  2. Utiliser la formule (11) établie à la question 5 pour calculer l'intégrale de Fourier définissant \underline{A}(\alpha).
  3. Analyser les caractéristiques remarquables de la fonction obtenue (parité, valeur au sommet, zéros, extrema secondaires) pour en tracer l'allure soignée.
Voir la réponse courte

Intégration du profil créneau de la fente donnant une amplitude spectrale en sinus cardinal \underline{A}(\alpha) = 2 E_0 \sin(\alpha W_0/2)/\alpha, puis tracé.

Voir le corrigé complet

L'écran opaque percé de l'ouverture (\mathcal{O}) est éclairé sous incidence normale par une onde plane d'amplitude E_0. Dans le plan z=0, le champ transmis est modélisé par :

\underline{E}(x, z=0) = \begin{cases} E_0 & \text{si } |x| \leqslant \dfrac{W_0}{2}, \\[6pt] 0 & \text{si } |x| > \dfrac{W_0}{2}. \end{cases}

D'après le résultat de la question 5 (formule (11)), l'amplitude spectrale \underline{A}(\alpha) s'obtient par transformée de Fourier spatiale :

\begin{aligned} \underline{A}(\alpha) &= \int_{-\infty}^{+\infty} \underline{E}(x, z=0) \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\alpha x}\,\mathrm{d}x \\ &= \int_{-W_0/2}^{W_0/2} E_0 \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\alpha x}\,\mathrm{d}x. \end{aligned}

Pour \alpha \neq 0 :

\begin{aligned} \underline{A}(\alpha) &= E_0 \left[ \frac{\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\alpha x}}{-\mathrm{i}\alpha} \right]_{-W_0/2}^{W_0/2} \\ &= E_0 \, \frac{\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\alpha W_0 / 2} - \mathrm{e}^{\mathrm{i}\alpha W_0 / 2}}{-\mathrm{i}\alpha} \\ &= 2 E_0 \, \frac{\sin\left(\dfrac{\alpha W_0}{2}\right)}{\alpha} \\ &= E_0 W_0 \, \frac{\sin\left(\dfrac{\alpha W_0}{2}\right)}{\dfrac{\alpha W_0}{2}}. \end{aligned}

Pour \alpha = 0, la limite redonne \underline{A}(0) = E_0 W_0. En introduisant la fonction sinus cardinal normalisée par \operatorname{sinc}(u) = \dfrac{\sin u}{u}, on obtient :

\boxed{\underline{A}(\alpha) = E_0 W_0 \, \operatorname{sinc}\left(\frac{\alpha W_0}{2}\right)}

La grandeur \underline{A}(\alpha) est réelle. Ses caractéristiques principales sont :

  • Une parité paire : \underline{A}(-\alpha) = \underline{A}(\alpha) ;
  • Un maximum global en \alpha = 0 : \underline{A}(0) = E_0 W_0 ;
  • Des annulations pour \dfrac{\alpha W_0}{2} = m\pi, c'est-à-dire :

    \alpha_m = m \, \frac{2\pi}{W_0}, \quad m \in \mathbb{Z}^*.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Maîtrisez la formule d'Euler du sinus et soignez le tracé de sin(x)/x, dont la limite en zéro vaut 1 et non 0.

« de nombreuses erreurs sur cette question, notamment du fait d’expressions incorrectes de la fonction sin en fonction des exponentielles complexes. »

« Le tracé de la courbe a été peu soigné. La limite en 0 de sin(x)/x n’est pas 0. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 8

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Optique ondulatoire › Diffraction et réseaux

Notions : diffraction de fraunhofer, angle de diffraction

À partir de l'expression du vecteur d'onde d'une onde élémentaire dans le repère et de la représentation graphique de , identifier les directions dans lesquelles on observe un extremum de et des annulations de . On pourra introduire l'angle défini par . Établir la relation entre , et pour la première annulation. Par souci de simplicité, on supposera par la suite que est suffisamment petit pour avoir .

Voir l'indice

Poser \sin\theta = \alpha/k = \alpha c/\omega. Repérer les extrema et les annulations du sinus cardinal pour établir la relation d'annulation \sin\theta = \lambda/W_0, simplifiable par l'approximation des petits angles.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les composantes du vecteur d'onde \vec{k} en fonction de sa norme k = 2\pi/\lambda et de l'angle \theta formé avec l'axe (\mathrm{O}z), en cohérence avec la relation \tan\theta = \alpha/\gamma.
  2. Relier les extrema et les zéros de \underline{A}(\alpha) aux valeurs correspondantes de \alpha, puis en déduire les angles \theta associés.
  3. Exprimer la condition pour la première annulation (m = 1) et donner sa forme approchée aux petits angles.
Voir la réponse courte

Les zéros correspondent à \alpha W_0/2 = p\pi, d'où pour le premier zéro l'angle de diffraction vérifie \sin\theta \approx \lambda/W_0.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q3, chaque onde plane composant le faisceau possède un vecteur d'onde :

\vec{k} = \alpha\,\vec{e}_x + \gamma\,\vec{e}_z

avec \|\vec{k}\| = k = \sqrt{\alpha^2 + \gamma^2} = \frac{\omega}{c} = \frac{2\pi}{\lambda}. En repérant la direction de propagation par l'angle \theta formé par \vec{k} avec l'axe (\mathrm{O}z) dans le plan (x\mathrm{O}z), on a :

\alpha = k\sin\theta \quad \text{et} \quad \gamma = k\cos\theta \implies \tan\theta = \frac{\alpha}{\gamma}

D'après la question Q7, le spectre angulaire s'écrit \underline{A}(\alpha) = E_0 W_0 \operatorname{sinc}\left(\frac{\alpha W_0}{2}\right). On identifie ainsi les directions remarquables :

  • Extremum principal (maximum global) : Il est atteint pour \alpha = 0, ce qui correspond à :

    \theta = 0

    L'onde plane dominante se propage selon la direction de l'onde incidente, parallèlement à l'axe (\mathrm{O}z).

  • Annulations de \underline{A}(\alpha) : L'amplitude s'annule lorsque l'argument du sinus cardinal est un multiple non nul de \pi :

    \frac{\alpha W_0}{2} = m\pi \quad (m \in \mathbb{Z}^*) \implies \alpha_m = m\frac{2\pi}{W_0}

    En reliant \alpha à \sin\theta, on obtient les directions d'annulation :

    k\sin\theta_m = m\frac{2\pi}{W_0} \iff \sin\theta_m = m\frac{\lambda}{W_0} \quad (m \in \mathbb{Z}^*)

Pour la première annulation (m = 1), on obtient la relation :

\boxed{\sin\theta_1 = \frac{\lambda}{W_0}}

Dans le cadre de l'approximation des petits angles (\tan\theta \approx \sin\theta \approx \theta), l'angle du premier zéro s'écrit simplement :

\boxed{\theta_1 \approx \frac{\lambda}{W_0}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

N'oubliez pas le maximum en θ = 0 et explicitez toute utilisation d'un résultat de cours contredisant vos calculs antérieurs.

« Si un résultat connu du cours, en contradiction flagrante avec un calcul effectué dans la copie, est utilisé, il est indispensable de le préciser au correcteur. »

« Le maximum dans la direction θ = 0 a souvent été oublié. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Optique ondulatoire › Diffraction et réseaux ; Optique géométrique › Lentilles, miroirs et formation des images

Notions : lentille mince convergente, plan focal image

En considérant des rayons lumineux parallèles à l'axe et des rayons parallèles entre eux, inclinés d'un angle quelconque par rapport à ce même axe, préciser comment une lentille mince convergente transforme une onde plane incidente dans son plan focal image. En déduire ce que l'on observe avec un capteur optique dans le plan focal image d'une lentille mince convergente de distance focale image , placée après l'ouverture .

Voir l'indice

Exploiter la propriété fondamentale de la lentille convergente qui convertit une onde plane incidente inclinée d'un angle \theta en une tache lumineuse focalisée au point d'abscisse focale x' = f'\tan\theta \approx f'\theta.

Voir la stratégie
  1. Décrire l'action géométrique de la lentille convergente sur une onde plane selon son angle d'incidence \theta (formation de foyers secondaires dans le plan focal image).
  2. Relier la coordonnée spatiale x' dans le plan focal image à l'angle \theta, puis à la variable spectrale \alpha.
  3. En déduire l'intensité mesurée par un capteur quadratique à partir du spectre angulaire \underline{A}(\alpha) déterminé à la question précédente.
Voir la réponse courte

La lentille fait converger chaque direction d'onde plane en un point de son plan focal image : on y observe la figure de diffraction.

Voir le corrigé complet

1. Transformation d'une onde plane par une lentille convergente

D'après les lois de l'optique géométrique :

  • Une onde plane se propageant parallèlement à l'axe optique (\mathrm{O}z) (\theta = 0) correspond à un faisceau de rayons parallèles à l'axe. Après traversée de la lentille (\mathcal{L}), ces rayons convergent au foyer principal image F' de coordonnées (x'=0, y'=0) dans le plan focal image.
  • Une onde plane dont le vecteur d'onde est incliné d'un angle \theta par rapport à (\mathrm{O}z) dans le plan (x\mathrm{O}z) est constituée de rayons mutuellement parallèles inclinés de \theta. Après réfraction, ils émergent en convergeant en un foyer secondaire image dans le plan focal image, à l'abscisse :

    x' = f' \tan\theta \approx f' \theta

    dans l'approximation des petits angles (conditions de Gauss).

La lentille mince convergente réalise ainsi une transformation angle-position (ou direction-espace) : à chaque composante d'onde plane d'angle \theta correspond un unique point géométrique x' dans le plan focal image.

2. Observation dans le plan focal image

Le champ lumineux diffracté par l'ouverture (\mathcal{O}) s'écrit comme une superposition d'ondes planes d'amplitudes \underline{A}(\alpha), avec \alpha = k \sin\theta \approx k \theta = \frac{2\pi}{\lambda}\theta. Au point d'abscisse x' du plan focal image, l'amplitude complexe du champ électrique est donc directement proportionnelle à l'amplitude spectrale \underline{A}(\alpha) évaluée en :

\alpha = k \frac{x'}{f'} = \frac{2\pi x'}{\lambda f'}

Un capteur optique (œil, photodiode, barrette CCD) est sensible à l'éclairement moyen I(x'), proportionnel au carré du module du champ électrique :

I(x') \propto |\underline{A}(\alpha)|^2 = E_0^2 W_0^2 \, \operatorname{sinc}^2\left(\frac{\alpha W_0}{2}\right) = E_0^2 W_0^2 \, \operatorname{sinc}^2\left(\frac{\pi W_0 x'}{\lambda f'}\right)

Le capteur optique enregistre la figure de diffraction à l'infini (ou de Fraunhofer) de la fente rectangulaire :

  • une frange (ou tache) centrale brillante très intense, centrée en x' = 0 (F'),
  • bordée de franges d'intensité décroissante (maxima secondaires),
  • séparées par des extinctions régulières (zéros d'intensité) lorsque \frac{\pi W_0 x'}{\lambda f'} = m\pi, soit pour :
\boxed{x'_m = m \frac{\lambda f'}{W_0} \quad (m \in \mathbb{Z}^*)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Un schéma soigné était parfaitement recevable pour répondre à cette question.

« il était tout à fait admissible de répondre à cette question par un dessin. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Optique ondulatoire › Diffraction et réseaux

Notions : tache de diffraction, pouvoir de résolution

Dans la configuration de la question précédente, déterminer la distance entre l'image correspondant au maximum global et l'image correspondant au premier zéro de , dans le plan focal image de la lentille . Commenter l'évolution de la tache lumineuse de largeur située au voisinage du point focal image de lorsqu'on fait varier la largeur de l'ouverture . Déterminer la valeur numérique de de la tache lumineuse pour et .

Voir l'indice

Calculer la distance focale au premier minimum par \Delta x = f'\theta_1 = \lambda f'/W_0, en déduire la largeur de la tache centrale 2\Delta x, puis mener l'application numérique avec un seul chiffre significatif.

Voir la stratégie
  1. Relier les positions des points caractéristiques dans le plan focal image aux angles de propagation correspondants établis aux questions Q8 et Q9.
  2. Exprimer \Delta x puis la largeur de la tache centrale 2\Delta x en fonction de \lambda, f' et W_0, et commenter la dépendance en W_0.
  3. Effectuer l'application numérique conformément à la consigne générale (un seul chiffre significatif).
Voir la réponse courte

La demi-largeur vaut \Delta x = f'\lambda / W_0, s'élargissant quand la fente rétrécit ; application numérique directe donnant 2\Delta x.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q8 et Q9 :

  • Le maximum global de l'amplitude spectrale \underline{A}(\alpha) correspond à \alpha = 0, soit une onde plane se propageant selon l'axe (\mathrm{O}z) (\theta_0 = 0). Son image se forme au foyer image principal F' de la lentille (\mathcal{L}), en x_0 = 0.
  • Le premier zéro de \underline{A}(\alpha) est obtenu pour l'angle \theta_1 \approx \sin\theta_1 = \frac{\lambda}{W_0}. L'onde plane associée converge dans le plan focal image en l'abscisse :

    x_1 = f' \tan\theta_1 \approx f' \theta_1 = \frac{\lambda f'}{W_0}

La distance \Delta x entre le maximum global et le premier zéro s'écrit donc :

\boxed{\Delta x = \frac{\lambda f'}{W_0}}

La largeur de la tache centrale de diffraction observée dans le plan focal image est par symétrie :

\boxed{2\Delta x = \frac{2\lambda f'}{W_0}}

Commentaire sur l'évolution de la tache lumineuse :

  • La largeur 2\Delta x est inversement proportionnelle à la largeur W_0 de la fente.
  • Si l'ouverture se resserre (W_0 diminue), la tache lumineuse s'élargit dans le plan focal : le confinement spatial accru entraîne un étalement spectral plus grand.
  • À l'inverse, si W_0 \gg \lambda, la largeur 2\Delta x \to 0 : on retrouve la limite de l'optique géométrique où l'image tend vers un point géométrique en F'.

Application numérique : Avec \lambda = 600\text{ nm} = 6{,}0 \cdot 10^{-7}\text{ m}, f' = 200\text{ mm} = 0{,}20\text{ m} et W_0 = 10\;\mu\text{m} = 1{,}0 \cdot 10^{-5}\text{ m} :

\begin{aligned} 2\Delta x &= \frac{2 \times 6{,}0 \cdot 10^{-7} \times 0{,}20}{1{,}0 \cdot 10^{-5}} = 2{,}4 \cdot 10^{-2}\text{ m} = 24\text{ mm} \end{aligned}

En respectant la consigne de ne donner qu'un chiffre significatif :

\boxed{2\Delta x \approx 2 \cdot 10^{-2}\text{ m} = 2\text{ cm}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Assurez la cohérence de vos résultats avec les expressions obtenues aux questions précédentes.

« il est assez régulièrement arrivé que dans des copies où A(α = 0) = 0 à la question 7, on lise que la direction correspondant à θ = 0 soit un maximum. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Partie III : Source laser et faisceau gaussien

Question 11

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : faisceau gaussien, transformée de fourier

À partir des résultats généraux établis dans la partie I, concernant la propagation d'un paquet d'ondes planes progressives et harmoniques, établir l'expression intégrale de dans le demi-espace . En déduire l'expression de dans ce cas. On rappelle que les grandeurs et sont reliées à la norme du vecteur d'onde de la manière suivante : .

Voir l'indice

Substituer la forme gaussienne en z=0 dans l'intégrale de Fourier de la question 5 et identifier immédiatement le résultat grâce à la Propriété 2 fournie dans le formulaire.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ spatial \underline{E}_{\mathrm{L}}(x,z) en exploitant la décomposition en ondes planes établie dans la partie I (équation (10)) avec les bornes étendues à \pm\infty.
  2. Utiliser la relation (11) liant l'amplitude spectrale \underline{A}(\alpha) au champ dans le plan source z = 0, puis appliquer la propriété (2) du formulaire relative à la transformée de Fourier d'une gaussienne.
Voir la réponse courte

Utilisation de l'intégrale de Fourier du profil gaussien en z=0 pour obtenir l'amplitude spectrale gaussienne \underline{A}(\alpha) puis l'expression de \underline{E}_L.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats de la partie I (formule (10) et remarque finale autorisant le prolongement des bornes en -\infty et +\infty), le champ complexe \underline{E}_{\mathrm{L}}(x,z,t) = \underline{E}_{\mathrm{L}}(x,z)\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} s'écrit comme une superposition continue d'ondes planes progressives harmoniques se propageant dans le demi-espace z > 0 :

\underline{E}_{\mathrm{L}}(x,z,t) = \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} \int_{-\infty}^{+\infty} \underline{A}(\alpha) \exp[\mathrm{i}(\alpha x + \gamma z)] \frac{\mathrm{d}\alpha}{2\pi}

où \gamma = \sqrt{k^2 - \alpha^2} avec k = \omega/c = 2\pi/\lambda.

En simplifiant par \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t}, l'expression intégrale de la composante spatiale \underline{E}_{\mathrm{L}}(x,z) s'écrit :

\boxed{\underline{E}_{\mathrm{L}}(x,z) = \int_{-\infty}^{+\infty} \underline{A}(\alpha) \exp[\mathrm{i}(\alpha x + \gamma z)] \frac{\mathrm{d}\alpha}{2\pi}}

D'après la relation (11) établie à la question 5, l'amplitude spectrale \underline{A}(\alpha) s'obtient par projection sur le plan z = 0 :

\underline{A}(\alpha) = \int_{-\infty}^{+\infty} \underline{E}_{\mathrm{L}}(x, z = 0) \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\alpha x}\,\mathrm{d}x

En injectant le profil d'amplitude gaussien du champ en z = 0 donné par l'équation (16) :

\underline{E}_{\mathrm{L}}(x, z = 0) = E_0 \exp\left(-\frac{x^2}{W_0^2}\right)

on reconnaît la transformée de Fourier spatiale d'une fonction gaussienne. En appliquant la Propriété 2 du formulaire (équation (5)) avec F_0 = E_0, on obtient directement :

\boxed{\underline{A}(\alpha) = E_0 W_0 \sqrt{\pi}\exp\left(-\frac{W_0^2 \alpha^2}{4}\right)}

Résultat

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Question 12

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide ; Optique ondulatoire › Diffraction et réseaux

Notions : faisceau gaussien, divergence angulaire

Déterminer l'expression approchée de dans les limites et et tracer la courbe représentant en fonction de . Définir et exprimer l'angle de divergence du faisceau laser. À partir de cette expression, justifier que l'évolution spatiale du faisceau laser met en évidence un phénomène physique déjà rencontré précédemment que l'on rappellera.

Voir l'indice

Effectuer les développements limités de W(z) pour z \ll z_{\mathrm{R}} et z \gg z_{\mathrm{R}}. Définir l'angle asymptotique de divergence \theta = \lim_{z\to\infty} W(z)/z et souligner la parenté directe avec la diffraction.

Voir la stratégie
  1. Effectuer les développements asymptotiques de la fonction W(z) = W_0 \sqrt{1 + z^2/z_{\mathrm{R}}^2} pour z \ll z_{\mathrm{R}} et z \gg z_{\mathrm{R}}.
  2. Tracer l'allure de la branche hyperbolique W(z) en faisant apparaître le col (waist) W(0)=W_0 et l'asymptote linéaire.
  3. Définir l'angle de divergence (demi-angle au sommet de l'enveloppe asymptotique) et relier son expression à la longueur d'onde \lambda et à la taille du col W_0 pour identifier le phénomène de diffraction.
Voir la réponse courte

Comportement asymptotique de la taille de col W(z), divergence \theta \approx \lambda/(\pi W_0) caractéristique de la diffraction par une ouverture de taille W_0.

Voir le corrigé complet

1. Expressions approchées de W(z) :

D'après l'expression (18) de l'énoncé, le rayon du faisceau est donné par :

W(z) = W_0 \sqrt{1 + \frac{z^2}{z_{\mathrm{R}}^2}}
  • Pour z \ll z_{\mathrm{R}} (zone de Rayleigh ou de champ proche) :

    W(z) = W_0 \left(1 + \frac{1}{2}\frac{z^2}{z_{\mathrm{R}}^2} + o\left(\frac{z^2}{z_{\mathrm{R}}^2}\right)\right) \approx W_0

    Le rayon du faisceau reste quasiment constant, égal à W_0 (waist ou col du faisceau).

  • Pour z \gg z_{\mathrm{R}} (champ lointain) :

    W(z) = W_0 \frac{z}{z_{\mathrm{R}}} \sqrt{1 + \frac{z_{\mathrm{R}}^2}{z^2}} \approx \frac{W_0}{z_{\mathrm{R}}} z

    Le rayon croît linéairement avec la distance de propagation z.

\boxed{ \begin{cases} W(z) \approx W_0 & \text{pour } z \ll z_{\mathrm{R}} \\ W(z) \approx \dfrac{W_0}{z_{\mathrm{R}}} z & \text{pour } z \gg z_{\mathrm{R}} \end{cases} }

2. Tracé de la courbe W(z) :

La courbe W(z) est une branche d'hyperbole d'asymptote la droite d'équation W = \frac{W_0}{z_{\mathrm{R}}} z lorsque z \to +\infty. En z = z_{\mathrm{R}}, on note que W(z_{\mathrm{R}}) = W_0 \sqrt{2}.

3. Angle de divergence du faisceau :

Le demi-angle de divergence \theta du faisceau laser correspond au demi-angle au sommet du cône asymptotique formé par le faisceau en champ lointain (z \gg z_{\mathrm{R}}). Dans l'approximation paraxiale (\theta \ll 1) :

\tan\theta = \lim_{z \to +\infty} \frac{W(z)}{z} = \frac{W_0}{z_{\mathrm{R}}} \implies \theta \approx \frac{W_0}{z_{\mathrm{R}}}

En remplaçant la distance de Rayleigh par son expression z_{\mathrm{R}} = \frac{\pi W_0^2}{\lambda} :

\boxed{\theta = \frac{\lambda}{\pi W_0}}

(L'angle de divergence totale est alors 2\theta = \frac{2\lambda}{\pi W_0}).

4. Phénomène physique mis en évidence :

L'angle de divergence \theta est inversement proportionnel à la largeur initiale du faisceau W_0 et proportionnel à la longueur d'onde \lambda. Cette relation \theta \sim \frac{\lambda}{W_0} est la signature caractéristique du phénomène de diffraction, déjà rencontré lors de l'étude de l'ouverture de largeur W_0 (questions 6 à 8 où le premier zéro apparaissait en \theta_1 \approx \lambda/W_0).

Même en l'absence de diaphragme matériel abrupt, la limitation spatiale transverse intrinsèque du faisceau à l'émission impose un étalement angulaire par diffraction.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Soignez le tracé des asymptotes et n'omettez pas d'exprimer l'angle de divergence du faisceau.

« les deux expressions asymptotiques n’étaient pas toujours correctes et les courbes obtenues parfois très tourmentées. Peu de candidat.e.s ont pris la peine d’exprimer l’angle de divergence du faisceau. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : intensité lumineuse, faisceau gaussien

Donner à une constante multiplicative près l'expression de l'intensité et en déduire que le faisceau a toujours un profil gaussien dans un plan . Tracer la répartition spatiale d'intensité en et .

Voir l'indice

Exprimer I_{\mathrm{L}}(x,z) \propto |\underline{E}_{\mathrm{L}}(x,z)|^2 pour éliminer les phases oscillantes, mettre en évidence une distribution gaussienne d'écart-type proportionnel à W(z), et tracer les profils comparés.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'intensité lumineuse I_{\mathrm{L}}(x,z), proportionnelle à |\underline{E}_{\mathrm{L}}(x,z)|^2, en calculant séparément le module de chaque terme intervenant dans l'expression (17).
  2. Identifier la dépendance en x à z fixé pour caractériser la nature du profil transversal.
  3. Comparer l'intensité maximale et la largeur du profil pour z = 0 et z = z_{\mathrm{R}}, puis tracer les deux répartitions d'intensité.
Voir la réponse courte

L'intensité I_L \propto |\underline{E}_L|^2 conserve un profil gaussien transverse de demi-largeur W(z) ; tracés aux cotes z=0 et z=z_R.

Voir le corrigé complet

L'intensité lumineuse moyenne est proportionnelle au module au carré de l'amplitude complexe du champ électrique :

I_{\mathrm{L}}(x,z) \propto |\underline{E}_{\mathrm{L}}(x,z)|^2

D'après l'expression (17) de \underline{E}_{\mathrm{L}}(x,z) :

\begin{aligned} |\underline{E}_{\mathrm{L}}(x,z)|^2 &= |\underline{K}(z)|^2 \times \left| \exp\left( - \frac{x^2}{W(z)^2} \right) \right|^2 \times \left| \exp\left( \mathrm{i}k \frac{x^2}{2R(z)} \right) \right|^2 \\ &= |\underline{K}(z)|^2 \exp\left( - \frac{2x^2}{W(z)^2} \right) \end{aligned}

puisque k, x et R(z) sont réels, ce qui confère au facteur de courbure un module unité : \left|\exp\left(\mathrm{i}k\frac{x^2}{2R(z)}\right)\right| = 1.

Calculons le module au carré de \underline{K}(z) à partir de l'expression (18) :

|\underline{K}(z)|^2 = 4\pi E_0^2 \times \frac{1}{2\pi \left| 1 + \mathrm{i}\frac{z}{z_{\mathrm{R}}} \right|} = \frac{2E_0^2}{\sqrt{1 + \dfrac{z^2}{z_{\mathrm{R}}^2}}} = 2E_0^2 \frac{W_0}{W(z)}

En introduisant l'intensité maximale au centre du col I_0 = I_{\mathrm{L}}(0,0), l'intensité s'écrit donc :

\boxed{I_{\mathrm{L}}(x,z) = I_0 \frac{W_0}{W(z)} \exp\left( - \frac{2x^2}{W(z)^2} \right) = \frac{I_0}{\sqrt{1 + \dfrac{z^2}{z_{\mathrm{R}}^2}}} \exp\left( - \frac{2x^2}{W(z)^2} \right)}

Dans un plan transverse de cote z = \text{Cste}, W(z) et la valeur sur l'axe I_{\mathrm{L}}(0,z) sont constants. L'intensité en fonction de x est donc de la forme :

I_{\mathrm{L}}(x, z) = I_{\mathrm{L}}(0,z) \exp\left(-\frac{x^2}{2\sigma_x^2}\right) \quad \text{avec} \quad \sigma_x = \frac{W(z)}{2}

Il s'agit de l'équation caractéristique d'une loi gaussienne : le faisceau conserve ainsi un profil gaussien dans tout plan de section transverse z = \mathrm{Cste}.

Étudions les deux profils demandés :

  • En z = 0 : W(0) = W_0, donc :

    I_{\mathrm{L}}(x, 0) = I_0 \exp\left( - \frac{2x^2}{W_0^2} \right)

    L'intensité sur l'axe vaut I_{\mathrm{L}}(0,0) = I_0.

  • En z = z_{\mathrm{R}} : W(z_{\mathrm{R}}) = W_0\sqrt{1 + 1} = W_0\sqrt{2}, donc :

    I_{\mathrm{L}}(x, z_{\mathrm{R}}) = \frac{I_0}{\sqrt{2}} \exp\left( - \frac{x^2}{W_0^2} \right)

    L'intensité sur l'axe est abaissée à \dfrac{I_0}{\sqrt{2}} \approx 0{,}71\, I_0, et la largeur de la nappe est élargie d'un facteur \sqrt{2}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Les tracés doivent être suffisamment précis pour rendre compte de la différence de largeur de la gaussienne.

« le tracé des courbes a souvent été trop approximatif pour qu’il soit possible de juger la différence de largeur de la gaussienne entre les deux cas considérés. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 14

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : surface d'onde, longueur de rayleigh

Dans le cas où vérifie conjointement les conditions et , montrer que le terme s'identifie au terme de phase caractéristique d'une onde sphérique, dans le plan (en toute rigueur et au regard de l'invariance suivant de la nappe laser, il s'agit d'une onde cylindrique). Quel est le rayon de courbure des surfaces d'onde pour ? Que dire de la surface d'onde pour ? Évaluer numériquement pour et pour .

Voir l'indice

Développer au deuxième ordre la distance radiale \sqrt{z^2+x^2} \approx z + x^2/(2z) pour x \ll z, et identifier la phase géométrique à celle d'une nappe cylindrique divergeant depuis le col du faisceau.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le comportement asymptotique de la fonction R(z) lorsque z \gg z_{\mathrm{R}}, puis développer au second ordre la distance radiale r = \sqrt{x^2+z^2} sous l'hypothèse paraxiale |x| \ll z afin de comparer la phase du faisceau à celle d'une onde sphérique ou cylindrique.
  2. Déduire le rayon de courbure des fronts d'onde pour z \gg z_{\mathrm{R}} et examiner le cas limite z \ll z_{\mathrm{R}} pour qualifier la géométrie des surfaces d'onde au voisinage du col.
  3. Réaliser l'application numérique de la distance de Rayleigh z_{\mathrm{R}} = \frac{\pi W_0^2}{\lambda} avec un chiffre significatif conformément aux consignes générales.
Voir la réponse courte

Développement de phase identifiant le rayon de courbure R(z) \approx z à grande distance (onde quasi-sphérique) et plan au col, puis calculs de z_R.

Voir le corrigé complet

1. Identification du terme de phase pour z \gg z_{\mathrm{R}} et z \gg |x|

Lorsque z \gg z_{\mathrm{R}}, l'expression de R(z) donnée en (18) devient :

R(z) = z\left(1 + \frac{z_{\mathrm{R}}^2}{z^2}\right) \approx z

Le facteur de phase du faisceau gaussien s'écrit alors :

\exp(\mathrm{i}kz)\exp\left(\mathrm{i}k\frac{x^2}{2R(z)}\right) \approx \exp\left[\mathrm{i}k\left(z + \frac{x^2}{2z}\right)\right]

Par ailleurs, dans le plan y=0, une onde sphérique (ou cylindrique d'axe (\mathrm{O}y)) émise depuis l'origine \mathrm{O}(0,0,0) possède un terme de propagation de la forme \exp(\mathrm{i}kr) où la distance à la source est r = \sqrt{x^2+z^2}. Dans l'approximation paraxiale z \gg |x|, le développement limité au premier ordre non nul en x^2/z^2 donne :

r = z\sqrt{1 + \frac{x^2}{z^2}} = z\left(1 + \frac{x^2}{2z^2} + \mathcal{o}\left(\frac{x^2}{z^2}\right)\right) \approx z + \frac{x^2}{2z}

On constate ainsi l'égalité :

\exp(\mathrm{i}kr) \approx \exp\left[\mathrm{i}k\left(z + \frac{x^2}{2z}\right)\right]

Le terme de phase du faisceau s'identifie donc bien à celui d'une onde divergente issue du centre du col du faisceau laser.

2. Rayon de courbure des surfaces d'onde

  • Pour z \gg z_{\mathrm{R}}, le rayon de courbure des surfaces d'onde est :

    \boxed{\mathcal{R}(z) \approx z}

    Les surfaces d'onde sont des portions de cylindres d'axe (\mathrm{O}y) (ou de sphères) centrées à l'origine et de rayon de courbure \mathcal{R} \approx z.

  • Pour z \ll z_{\mathrm{R}}, on a :

    R(z) \approx \frac{z_{\mathrm{R}}^2}{z} \xrightarrow[z \to 0]{} +\infty

    Le terme quadratique \exp\left(\mathrm{i}k\frac{x^2}{2R(z)}\right) tend vers 1. Le rayon de courbure est infini, ce qui signifie que la surface d'onde est un plan au col (z = 0) : l'onde s'y comporte localement comme une onde plane.

3. Évaluation numérique de z_{\mathrm{R}}

La distance de Rayleigh est donnée par z_{\mathrm{R}} = \frac{\pi W_0^2}{\lambda}. Avec \lambda = 600\text{ nm} = 6{,}0 \times 10^{-7}\text{ m} et \pi \approx 3 :

  • Pour W_0 = 100\;\mu\mathrm{m} = 1{,}0 \times 10^{-4}\text{ m} :

    z_{\mathrm{R}} = \frac{\pi \times (1{,}0 \times 10^{-4})^2}{6{,}0 \times 10^{-7}} \approx \frac{3 \times 10^{-8}}{6 \times 10^{-7}} = 0{,}05\text{ m}
    \boxed{z_{\mathrm{R}} \approx 5 \times 10^{-2}\text{ m} = 5\text{ cm}}
  • Pour W_0 = 1\text{ mm} = 1{,}0 \times 10^{-3}\text{ m} (W_0 est 10 fois plus grand, donc z_{\mathrm{R}} \propto W_0^2 est multiplié par 100) :

    \boxed{z_{\mathrm{R}} \approx 5\text{ m}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne négligez pas les applications numériques et veillez à expliciter rigoureusement les liens logiques menant à la conclusion.

« cette question a été peu abordée et beaucoup de candidat.e.s sont directement passé à la question 15 sans prendre la peine d’effectuer les applications numériques. »

« Certain.e.s candidat.e.s, après quelques lignes de calcul, sautent directement aux conclusions demandées par l’énoncé sans que les liens logiques soient réellement établis »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Partie IV : Moment dipolaire d'un atome et d'une assemblée d'atomes

IV.A · Modèle d'atome : l'électron élastiquement lié

Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Application numérique

Chapitre : Électromagnétisme › Électrostatique ; Dipôles électrique et magnétique

Notions : modèle de thomson, théorème de gauss

Montrer que la force électrique exercée sur l'électron peut s'écrire comme une force élastique linéaire, c'est-à-dire , avec la constante de raideur associée. Introduire dans l'expression de une pulsation caractéristique dont on précisera l'expression en fonction des paramètres du modèle et dont on calculera un ordre de grandeur.

Voir l'indice

Appliquer le théorème de Gauss à une surface sphérique de rayon r_{\mathrm{e}} \leqslant R_0 concentrique à la distribution homogène de charge +e pour trouver le champ intérieur, puis en déduire la raideur k_{\mathrm{el}} et la pulsation propre \omega_0.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le champ électrostatique créé à l'intérieur de la sphère chargée par le théorème de Gauss en exploitant les symétries sphériques.
  2. En déduire la force électrostatique subie par l'électron ponctuel et identifier la constante de raideur k_{\mathrm{el}}.
  3. Relier k_{\mathrm{el}} à la pulsation propre \omega_0 de l'oscillateur harmonique et évaluer numériquement \omega_0 avec un chiffre significatif.
Voir la réponse courte

Théorème de Gauss sur la sphère de charge positive pour trouver le champ intérieur, force de rappel élastique k_{\mathrm{el}} et pulsation propre \omega_0.

Voir le corrigé complet

La sphère de rayon R_0 porte la charge totale +e uniformément répartie en volume, soit une densité volumique de charge :

\rho = \frac{e}{\frac{4}{3}\pi R_0^3}.

La distribution présente une symétrie sphérique par rapport au centre \mathrm{O}. Le champ électrostatique \vec{E}_{\mathrm{sph}}(\vec{r}) est donc purement radial et ne dépend que de la distance r = \|\vec{r}\| : \vec{E}_{\mathrm{sph}}(\vec{r}) = E(r)\vec{e}_r.

Appliquons le théorème de Gauss à travers une sphère \Sigma centrée en \mathrm{O} et de rayon r \leqslant R_0 :

\iint_{\Sigma} \vec{E}_{\mathrm{sph}} \cdot \mathrm{d}\vec{S} = E(r) \times 4\pi r^2 = \frac{Q_{\mathrm{int}}}{\varepsilon_0} = \frac{\rho \times \frac{4}{3}\pi r^3}{\varepsilon_0} = \frac{e}{\varepsilon_0}\frac{r^3}{R_0^3}.

Le champ électrostatique à l'intérieur de la sphère s'écrit donc :

\vec{E}_{\mathrm{sph}}(\vec{r}_{\mathrm{e}}) = \frac{e}{4\pi\varepsilon_0 R_0^3} \vec{r}_{\mathrm{e}}.

La force électrostatique subie par l'électron de charge -e placé en \vec{r}_{\mathrm{e}} est alors :

\vec{F}_{\mathrm{el}} = -e \vec{E}_{\mathrm{sph}}(\vec{r}_{\mathrm{e}}) = -\frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 R_0^3}\vec{r}_{\mathrm{e}}.

Cette force est bien proportionnelle et opposée au déplacement \vec{r}_{\mathrm{e}} : c'est une force de rappel élastique linéaire de la forme \vec{F}_{\mathrm{el}} = -k_{\mathrm{el}}\vec{r}_{\mathrm{e}}, avec :

\boxed{k_{\mathrm{el}} = \frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 R_0^3}}

L'équation du mouvement de l'électron libre de toute autre sollicitation s'écrit m_{\mathrm{e}}\ddot{\vec{r}}_{\mathrm{e}} + k_{\mathrm{el}}\vec{r}_{\mathrm{e}} = \vec{0}, soit \ddot{\vec{r}}_{\mathrm{e}} + \omega_0^2\vec{r}_{\mathrm{e}} = \vec{0}, où la pulsation caractéristique associée vérifie k_{\mathrm{el}} = m_{\mathrm{e}}\omega_0^2 :

\boxed{\omega_0 = \sqrt{\frac{k_{\mathrm{el}}}{m_{\mathrm{e}}}} = \sqrt{\frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 m_{\mathrm{e}} R_0^3}}}

Application numérique :
Avec 2R_0 = 0{,}1\text{ nm}, soit R_0 = 5\times 10^{-11}\text{ m}, et \dfrac{1}{4\pi\varepsilon_0} \approx \dfrac{1}{4\pi \times 8{,}9\times 10^{-12}} \approx 9\times 10^9\text{ F}^{-1}\cdot\text{m} :

\begin{aligned} k_{\mathrm{el}} &\approx 9\times 10^{9} \times \frac{(1{,}6\times 10^{-19})^2}{(5\times 10^{-11})^3} = 9\times 10^{9} \times \frac{2{,}6\times 10^{-38}}{1{,}25\times 10^{-31}} \approx 2\times 10^3\text{ N}\cdot\text{m}^{-1}, \\ \omega_0 &\approx \sqrt{\frac{2\times 10^3}{9{,}1\times 10^{-31}}} \approx \sqrt{2\times 10^{33}} \approx 4\times 10^{16}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}. \end{aligned}
\boxed{\omega_0 \approx 4\times 10^{16}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à mener l'application numérique jusqu'au bout et gardez un regard critique sur les ordres de grandeur obtenus.

« une majorité des candidat.e.s n’a traité que la moitié de la question, négligeant l’application numérique. Trouver w0 ≈10−18 rad.s−1 doit amener à s’interroger. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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IV.B · Établissement du moment dipolaire de l'atome

Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Chapitre : Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique

Notions : approximation dipolaire

Justifier que les amplitudes et peuvent être effectivement considérées comme uniformes à l'échelle de l'atome.

Voir l'indice

Comparer l'extension spatiale du modèle atomique 2R_0 \approx 0{,}1\text{ nm} à la longueur d'onde de la lumière visible (\lambda \approx 400-800\text{ nm}) pour valider l'approximation dipolaire électrostatique.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la variation spatiale de la phase de l'onde sur une distance caractéristique de l'atome.
  2. Comparer la dimension spatiale de l'atome (rayon R_0) à la longueur d'onde \lambda du rayonnement dans le domaine visible.
  3. En déduire la validité de l'approximation dipolaire (champ spatialement uniforme à l'échelle de l'atome).
Voir la réponse courte

La dimension atomique a \sim 0{,}1\;\mathrm{nm} est très inférieure à la longueur d'onde optique \lambda \sim 600\;\mathrm{nm}, justifiant l'uniformité spatiale du champ.

Voir le corrigé complet

L'onde électromagnétique incidente est modélisée par une onde plane monochromatique dont les amplitudes spatiales complexes s'écrivent :

\underline{\vec{E}}(\vec{r}) = \vec{E}_0 \mathrm{e}^{\mathrm{i}\vec{k}\cdot\vec{r}} \quad \text{et} \quad \underline{\vec{B}}(\vec{r}) = \vec{B}_0 \mathrm{e}^{\mathrm{i}\vec{k}\cdot\vec{r}}

avec \|\vec{k}\| = k = \dfrac{2\pi}{\lambda}.

En prenant l'origine au centre de l'atome, la position d'un point au sein de l'atome vérifie \|\vec{r}\| \leqslant R_0, où R_0 = 0{,}05\text{ nm} = 5\times 10^{-11}\text{ m}. La variation de phase de l'onde sur l'étendue atomique est alors majorée par :

\Delta \phi \sim k R_0 = \frac{2\pi R_0}{\lambda}

L'onde incidente appartenant au domaine visible, sa longueur d'onde dans le vide est de l'ordre de \lambda \sim 600\text{ nm} = 6\times 10^{-7}\text{ m}. On a donc :

\frac{R_0}{\lambda} \sim \frac{5\times 10^{-11}}{6\times 10^{-7}} \approx 10^{-4} \ll 1 \implies k R_0 \ll 1

Le terme de phase vérifie ainsi :

\mathrm{e}^{\mathrm{i}\vec{k}\cdot\vec{r}} = 1 + \mathcal{O}(k R_0) \approx 1

Par conséquent, sur toute l'étendue de l'atome :

\boxed{\underline{\vec{E}}(\vec{r}) \approx \vec{E}_0 \quad \text{et} \quad \underline{\vec{B}}(\vec{r}) \approx \vec{B}_0}

Les champs électrique et magnétique de l'onde peuvent donc être considérés comme uniformes à l'échelle de l'atome.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à ne comparer entre elles que des grandeurs de même dimension physique.

« Il faut comparer des quantités de même dimension, il a souvent été lu B ≪E. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Mécanique › Cinématique et dynamique du point

Notions : centre de masse, inertie

Donner un argument pour justifier que le mouvement du noyau peut être négligé devant celui de l'électron.

Voir l'indice

Mettre en avant le rapport de masse énorme entre le proton ou le noyau et l'électron (m_{\mathrm{noyau}}/m_{\mathrm{e}} \sim 10^3 - 10^5), conférant au noyau une inertie prépondérante.

Voir la réponse courte

La masse du noyau étant plusieurs milliers de fois supérieure à celle de l'électron (M \gg m_e), son accélération est négligeable.

Voir le corrigé complet

Le noyau (ou la sphère de charge positive +e) et l'électron (de charge -e) sont soumis, sous l'action du champ électrique incident \vec{E}, à des forces électrostatiques opposées et de même amplitude :

\|\vec{F}_n\| = \|\vec{F}_{\mathrm{e}}\| = e \|\vec{E}\|.

D'après la deuxième loi de Newton, l'accélération subie par chaque entité est inversement proportionnelle à sa masse :

a_{\mathrm{e}} = \frac{e\|\vec{E}\|}{m_{\mathrm{e}}} \quad \text{et} \quad a_n = \frac{e\|\vec{E}\|}{M},

où M désigne la masse du noyau. Même pour le noyau le plus léger (l'atome d'hydrogène, constitué d'un unique proton de masse m_{\mathrm{p}}), on a :

\frac{M}{m_{\mathrm{e}}} \ge \frac{m_{\mathrm{p}}}{m_{\mathrm{e}}} \approx 1\,836 \gg 1.

En régime sinusoïdal forcé à pulsation \omega, l'amplitude du déplacement est reliée à celle de l'accélération par x \sim a/\omega^2. Le rapport des amplitudes d'oscillation vérifie donc :

\frac{x_n}{x_{\mathrm{e}}} \sim \frac{m_{\mathrm{e}}}{M} \le \frac{1}{1\,836} \ll 1.
\boxed{\text{Le noyau étant au moins 1\,800 fois plus massif que l'électron, son déplacement sous l'effet de l'onde est négligeable.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'écart de masse ne suffit pas : il faut également préciser que la norme de la force subie est identique pour les deux particules.

« Invoquer une grande différence d’ordre de grandeur des masses entre le noyau et l’électron n’est pas suffisant si l’on ne remarque pas que la norme de la force est identique pour les deux. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 18

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Chapitre : Mécanique › Mouvement d'une particule chargée dans E et B

Notions : force de lorentz, onde électromagnétique

L'influence du champ magnétique de l'onde sur l'électron peut-elle être négligée ?

Voir l'indice

Calculer le rapport de la composante magnétique de la force de Lorentz sur sa composante électrique (vB/E \sim v/c) pour conclure quant à la négligeabilité du terme magnétique en régime non relativiste.

Voir la réponse courte

Dans une onde plane, B = E/c, d'où la force magnétique F_B \sim evB \sim (v/c)eE \ll eE en régime non relativiste (v \ll c).

Voir le corrigé complet

L'action du champ électromagnétique de l'onde incidente sur l'électron, animé d'une vitesse \vec{v} = \dot{\vec{r}}_{\mathrm{e}}, s'exprime par la composante de Lorentz associée aux champs de l'onde :

\vec{F}_{\mathrm{onde}} = -e \left( \vec{E} + \vec{v} \wedge \vec{B} \right) = \vec{F}_E + \vec{F}_B

où la partie électrique est \vec{F}_E = -e \vec{E} et la partie magnétique est \vec{F}_B = -e (\vec{v} \wedge \vec{B}).

Comparons les ordres de grandeur de ces deux contributions :

\frac{\|\vec{F}_B\|}{\|\vec{F}_E\|} \leqslant \frac{e\, v B}{e\, E} = v\, \frac{B}{E}

Pour une onde plane progressive monochromatique se propageant dans le vide, les amplitudes des champs électrique et magnétique sont reliées par la structure de l'onde :

B = \frac{E}{c}

Le rapport des forces s'écrit alors :

\frac{\|\vec{F}_B\|}{\|\vec{F}_E\|} \sim \frac{v}{c}

L'énoncé précise explicitement que l'électron ne peut pas atteindre des vitesses nécessitant de prendre en compte des effets relativistes, ce qui garantit le caractère non relativiste du mouvement :

v \ll c \implies \frac{\|\vec{F}_B\|}{\|\vec{F}_E\|} \ll 1
\boxed{\text{L'influence du champ magnétique de l'onde sur l'électron est donc tout à fait négligeable devant celle du champ électrique.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Comparez des quantités de même dimension plutôt que de poser directement une comparaison entre B et E.

« Il faut comparer des quantités de même dimension, il a souvent été lu B ≪E. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux ; Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : électron élastiquement lié, oscillateur harmonique

Établir l'équation différentielle à laquelle obéit le vecteur position de l'électron.

Voir l'indice

Appliquer le principe fondamental de la dynamique à l'électron en projetant la force élastique linéaire, la force de frottement visqueux de rayonnement et la force électrique de l'onde.

Voir la réponse courte

Application du principe fondamental de la dynamique à l'électron soumis à la force de rappel élastique, au frottement et à la force électrique.

Voir le corrigé complet

On applique le principe fondamental de la dynamique à l'électron, assimilé à un point matériel de masse m_{\mathrm{e}} et de charge -e, repéré par son vecteur position \vec{r}_{\mathrm{e}}(t) par rapport au centre O de la sphère chargée, dans le référentiel galiléen \mathcal{R}.

Le noyau atomique étant considéré fixe en O (d'après la question Q17), l'électron est soumis à trois forces :

  • la force de rappel élastique exercée par le nuage positif (d'après la question Q15) :

    \vec{F}_{\mathrm{el}} = -k_{\mathrm{el}}\vec{r}_{\mathrm{e}} = -m_{\mathrm{e}}\omega_0^2 \vec{r}_{\mathrm{e}}
  • la force d'amortissement visqueux modélisant les pertes par rayonnement dipolaire :

    \vec{F}_{\mathrm{v}} = -m_{\mathrm{e}}\Gamma \dot{\vec{r}}_{\mathrm{e}}
  • la force de Lorentz due à l'onde incidente, pour laquelle l'action du champ magnétique est négligée (d'après la question Q18) et le champ électrique est pris uniforme à l'échelle de l'atome (approximation dipolaire, d'après la question Q16) :

    \vec{F}_{\mathrm{em}} = -e\left(\vec{E} + \dot{\vec{r}}_{\mathrm{e}}\wedge\vec{B}\right) \approx -e\vec{E}(t)

Le principe fondamental de la dynamique s'écrit donc :

m_{\mathrm{e}}\ddot{\vec{r}}_{\mathrm{e}} = -m_{\mathrm{e}}\omega_0^2\vec{r}_{\mathrm{e}} - m_{\mathrm{e}}\Gamma\dot{\vec{r}}_{\mathrm{e}} - e\vec{E}(t)

En divisant par la masse m_{\mathrm{e}} de l'électron, on obtient l'équation différentielle régissant l'évolution du vecteur position \vec{r}_{\mathrm{e}}(t) :

\boxed{\ddot{\vec{r}}_{\mathrm{e}}(t) + \Gamma\dot{\vec{r}}_{\mathrm{e}}(t) + \omega_0^2\vec{r}_{\mathrm{e}}(t) = -\frac{e}{m_{\mathrm{e}}}\vec{E}(t)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Prenez garde à l'homogénéité lors des simplifications et n'oubliez aucune des forces recensées précédemment.

« les correcteurs ont vu avec stupeur d’innombrables erreurs de calcul (plus de la moitié des cas) provenant d’une division par la masse de l’électron effec-tuée d’un seul côté de l’égalité, conduisant à une expression inhomogène. »

« De plus, malgré le passage en revue des forces subies par l’électron dans les questions précédentes, une des forces a souvent été oubliée. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux ; Dipôles électrique et magnétique

Notions : moment dipolaire, régime sinusoïdal forcé

On cherche la solution de cette équation en régime établi (régime sinusoïdal forcé) sous la forme . Déterminer l'expression de . En déduire l'expression du moment dipolaire associé à l'atome soumis à l'influence de l'onde électromagnétique.

Voir l'indice

Rechercher une solution harmonique en régime forcé en injectant les grandeurs complexes dans l'équation du mouvement, isoler l'amplitude complexe \underline{\vec{r}}_{\mathrm{e},0}, puis calculer \underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}} = -e\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e}}.

Voir la réponse courte

Résolution en régime sinusoïdal forcé donnant l'amplitude complexe \underline{\vec{r}}_{\mathrm{e},0}, d'où le moment dipolaire induit \underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}} = -e\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e}}.

Voir le corrigé complet

L'équation différentielle établie à la question Q19 s'écrit en représentation complexe :

\frac{\mathrm{d}^2\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e}}}{\mathrm{d}t^2} + \Gamma\frac{\mathrm{d}\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e}}}{\mathrm{d}t} + \omega_0^2\,\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e}} = -\frac{e}{m_{\mathrm{e}}}\underline{\vec{E}}(\vec{r},t)

où le champ électrique excitateur au niveau de l'atome est \underline{\vec{E}}(\vec{r},t) = \underline{\vec{E}}(\vec{r})\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t}.

En régime sinusoïdal forcé, on injecte la forme recherchée \underline{\vec{r}}_{\mathrm{e}}(t) = \underline{\vec{r}}_{\mathrm{e},0}\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t}. Les dérivées temporelles successives s'expriment par :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e}}}{\mathrm{d}t} &= -\mathrm{i}\omega\,\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e},0}\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} \\ \frac{\mathrm{d}^2\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e}}}{\mathrm{d}t^2} &= -\omega^2\,\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e},0}\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t} \end{aligned}

En substituant dans l'équation différentielle et en simplifiant par \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t}, il vient :

\left(\omega_0^2 - \omega^2 - \mathrm{i}\Gamma\omega\right)\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e},0} = -\frac{e}{m_{\mathrm{e}}}\underline{\vec{E}}(\vec{r})

On en déduit l'amplitude complexe du déplacement de l'électron :

\boxed{\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e},0} = -\frac{e}{m_{\mathrm{e}}\left(\omega_0^2 - \omega^2 - \mathrm{i}\Gamma\omega\right)}\underline{\vec{E}}(\vec{r})}

Le moment dipolaire de l'atome est défini par \underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}}(t) = -e\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e}}(t) = -e\underline{\vec{r}}_{\mathrm{e},0}\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\omega t}. On obtient directement :

\boxed{\underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}}(t) = \frac{e^2}{m_{\mathrm{e}}\left(\omega_0^2 - \omega^2 - \mathrm{i}\Gamma\omega\right)}\underline{\vec{E}}(\vec{r},t)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention à ne pas omettre le signe négatif associé au terme en -iωt lors du passage en régime forcé.

« le passage au régime sinusoïdal forcé a trop souvent donné lieu à l’oubli du signe négatif du terme −iwt. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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IV.C · Moment dipolaire d'une sphère diélectrique et indice optique

Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux

Notions : polarisation diélectrique, indice de réfraction

Exprimer en fonction de et , et en déduire l'expression de .

Voir l'indice

Écrire la relation macroscopique \underline{\vec{P}} = N\underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}} et égaler cette expression à la relation constitutive phénoménologique \underline{\vec{P}} = \varepsilon_0(n^2 - 1)\underline{\vec{E}} pour isoler n^2.

Voir la réponse courte

Vecteur polarisation \underline{\vec{P}} = N\underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}} = \varepsilon_0 \chi_e \underline{\vec{E}}, reliant la permittivité diélectrique relative et l'indice n^2 = 1 + \chi_e.

Voir le corrigé complet

Par définition, le vecteur polarisation \underline{\vec{P}}(\vec{r}, t) représente la densité volumique de moment dipolaire. Pour un milieu contenant N atomes identiques par unité de volume, dont le moment dipolaire induit individuel est \underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}}(t), on a :

\boxed{\underline{\vec{P}}(\vec{r}, t) = N \, \underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}}(t)}

D'après le résultat de la question Q20, le moment dipolaire atomique s'exprime selon :

\underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}}(t) = \frac{e^2}{m_{\mathrm{e}} \left( \omega_0^2 - \omega^2 - \mathrm{i}\Gamma\omega \right)} \underline{\vec{E}}(\vec{r}, t)

Il en découle l'amplitude complexe du vecteur polarisation :

\underline{\vec{P}}(\vec{r}) = \frac{N e^2}{m_{\mathrm{e}} \left( \omega_0^2 - \omega^2 - \mathrm{i}\Gamma\omega \right)} \underline{\vec{E}}(\vec{r})

En identifiant cette expression avec la relation constitutive (19) fournie par l'énoncé, \underline{\vec{P}}(\vec{r}) = \varepsilon_0 (n^2 - 1) \underline{\vec{E}}(\vec{r}), on obtient :

\varepsilon_0 (n^2 - 1) = \frac{N e^2}{m_{\mathrm{e}} \left( \omega_0^2 - \omega^2 - \mathrm{i}\Gamma\omega \right)}

D'où l'expression de n^2 :

\boxed{n^2 = 1 + \frac{N e^2}{\varepsilon_0 m_{\mathrm{e}} \left( \omega_0^2 - \omega^2 - \mathrm{i}\Gamma\omega \right)}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Taux de réussite limité en raison de la propagation des erreurs des questions antérieures.

« l’accumulation des erreurs au cours des questions précédentes a fait que ces questions n’ont pas eu un très grand taux de réussite. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux

Notions : dispersion optique, approximation basse fréquence

Dans le modèle d'atome adopté initialement, montrer que dans le domaine des fréquences optiques ( comprise entre et ) l'indice dépend peu de la pulsation.

Voir l'indice

Comparer la pulsation optique du domaine visible (\omega \sim 10^{15}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}) à la pulsation de résonance atomique \omega_0 \sim 10^{16}-10^{17}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} calculée en Q15 pour justifier le régime sous-résonant quasi-statique.

Voir la stratégie
  1. Comparer la gamme de pulsations du domaine visible proposée à la pulsation propre \omega_0 déterminée à la question Q15.
  2. Évaluer les ordres de grandeur respectifs des termes \omega^2 et \Gamma\omega devant \omega_0^2 au dénominateur de n^2(\omega).
  3. En déduire le comportement de l'indice optique n(\omega).
Voir la réponse courte

Les pulsations optiques étant très inférieures à la pulsation propre atomique UV (\omega \ll \omega_0), l'indice n(\omega) est quasi indépendant de \omega.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q21, le carré de l'indice optique s'écrit :

n^2(\omega) = 1 + \frac{N e^2}{\varepsilon_0 m_{\mathrm{e}} \left(\omega_0^2 - \omega^2 - \mathrm{i}\Gamma\omega\right)}.

D'après le résultat de la question Q15, la pulsation caractéristique vaut :

\omega_0 \approx 4\times 10^{16}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}.

Dans le domaine des fréquences optiques considéré, \omega \in [2\cdot 10^{15}\,,\, 5\cdot 10^{15}]\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}, le rapport maximal est :

\frac{\omega}{\omega_0} \leqslant \frac{5\times 10^{15}}{4\times 10^{16}} \approx 0{,}1 \ll 1,

ce qui implique que :

\left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^2 \leqslant 10^{-2} \ll 1.

Par ailleurs, les pertes radiatives vérifient \Gamma \ll \omega_0, donc :

\frac{\Gamma\omega}{\omega_0^2} = \left(\frac{\Gamma}{\omega_0}\right)\left(\frac{\omega}{\omega_0}\right) \ll 1.

Le dénominateur peut ainsi être approché par \omega_0^2 :

\omega_0^2 - \omega^2 - \mathrm{i}\Gamma\omega \approx \omega_0^2.

Il s'ensuit que l'indice de réfraction est quasiment constant et réel dans tout le spectre visible :

\boxed{n \approx \sqrt{1 + \frac{N e^2}{\varepsilon_0 m_{\mathrm{e}}\omega_0^2}} \approx \text{Cste}.}

La dépendance de n en fonction de \omega est donc très faible dans le domaine visible, les corrections relatives étant d'ordre (\omega/\omega_0)^2 \sim 1\,\%.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Faible taux de réussite causé par l'accumulation des erreurs commises en amont.

« l’accumulation des erreurs au cours des questions précédentes a fait que ces questions n’ont pas eu un très grand taux de réussite. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 23

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Électrostatique ; Dipôles électrique et magnétique

Notions : champ dépolarisant, polarisation

Quel est le moment dipolaire de chaque atome de la sphère en fonction de et ? Donner alors l'expression de en fonction de l'indice optique précédemment déterminé et de .

Voir l'indice

Exprimer le dipôle d'un atome soumis au champ local effectif \underline{\vec{E}} = \underline{\vec{E}}_0 - \underline{\vec{P}}/(3\varepsilon_0), puis réinjecter dans l'équation constitutive pour obtenir l'expression de \underline{\vec{P}} en fonction de \underline{\vec{E}}_0 et de l'indice n.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le moment dipolaire microscopique \underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}} induit par le champ électrique local \underline{\vec{E}} effectivement ressenti à l'intérieur de la sphère, donné par l'équation (20).
  2. Relier la polarisation macroscopique \underline{\vec{P}} au moment dipolaire individuel via la relation \underline{\vec{P}} = N\underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}} ou directement à l'aide de la susceptibilité diélectrique \chi_{\mathrm{e}} = n^2 - 1.
  3. Résoudre l'équation implicite sur \underline{\vec{P}} pour exprimer la polarisation en fonction du seul champ incident \underline{\vec{E}}_0 et de l'indice n.
Voir la réponse courte

Prise en compte du champ dépolarisant dans la sphère diélectrique pour relier le champ local au champ appliqué \underline{\vec{E}}_0 et à \underline{\vec{P}}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q20, un atome soumis à un champ électrique sinusoïdal d'amplitude \underline{\vec{E}} acquiert un moment dipolaire d'amplitude :

\underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}} = \frac{e^2}{m_{\mathrm{e}}(\omega_0^2 - \omega^2 - \mathrm{i}\Gamma\omega)}\underline{\vec{E}}

Or, d'après la relation (20) de l'énoncé, le champ électrique effectif ressenti par chaque atome à l'intérieur de la sphère est :

\underline{\vec{E}} = \underline{\vec{E}}_0 - \frac{\underline{\vec{P}}}{3\varepsilon_0}

En injectant ce champ local, le moment dipolaire de chaque atome s'écrit :

\underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}} = \frac{e^2}{m_{\mathrm{e}}(\omega_0^2 - \omega^2 - \mathrm{i}\Gamma\omega)}\left(\underline{\vec{E}}_0 - \frac{\underline{\vec{P}}}{3\varepsilon_0}\right)

En utilisant la relation établie à la question Q21, \varepsilon_0(n^2 - 1) = \dfrac{N e^2}{m_{\mathrm{e}}(\omega_0^2 - \omega^2 - \mathrm{i}\Gamma\omega)}, on peut également l'écrire sous la forme :

\boxed{\underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}} = \frac{\varepsilon_0(n^2 - 1)}{N}\left(\underline{\vec{E}}_0 - \frac{\underline{\vec{P}}}{3\varepsilon_0}\right)}

La polarisation volumique étant liée au dipôle atomique par \underline{\vec{P}} = N\underline{\vec{d}}_{\mathrm{at}} (équation issue de Q21), on obtient :

\underline{\vec{P}} = \varepsilon_0(n^2 - 1)\left(\underline{\vec{E}}_0 - \frac{\underline{\vec{P}}}{3\varepsilon_0}\right)

En regroupant les termes en \underline{\vec{P}} :

\begin{aligned} \underline{\vec{P}}\left(1 + \frac{n^2 - 1}{3}\right) &= \varepsilon_0(n^2 - 1)\underline{\vec{E}}_0 \\ \underline{\vec{P}}\left(\frac{n^2 + 2}{3}\right) &= \varepsilon_0(n^2 - 1)\underline{\vec{E}}_0 \end{aligned}

On en déduit finalement l'expression de la polarisation volumique \underline{\vec{P}} :

\boxed{\underline{\vec{P}} = 3\varepsilon_0\frac{n^2 - 1}{n^2 + 2}\underline{\vec{E}}_0}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique ; Électrostatique

Notions : moment dipolaire, sphère diélectrique

En déduire le moment dipolaire de la sphère en fonction de , , et de .

Voir l'indice

Intégrer la polarisation volumique constante \underline{\vec{P}} sur tout le volume de la bille sphérique de rayon a (\underline{\vec{D}} = \frac{4}{3}\pi a^3 \underline{\vec{P}}).

Voir la stratégie
  1. Rappeler la définition du moment dipolaire total \underline{\vec{D}} d'un milieu polarisé comme l'intégrale volumique de la polarisation \underline{\vec{P}}.
  2. Exploiter l'uniformité de la polarisation \underline{\vec{P}} établie à la question précédente à l'échelle de la sphère diélectrique de rayon a.
  3. Remplacer le volume de la sphère et l'expression de \underline{\vec{P}} obtenue en Q23 pour exprimer \underline{\vec{D}} en fonction des grandeurs demandées.
Voir la réponse courte

Intégration de la polarisation volumique uniforme sur le volume de la sphère pour déduire son moment dipolaire global \underline{\vec{D}} = \frac{4}{3}\pi a^3 \underline{\vec{P}}.

Voir le corrigé complet

Le vecteur polarisation \underline{\vec{P}} représente la densité volumique de moment dipolaire au sein de la sphère diélectrique. Le moment dipolaire total \underline{\vec{D}} de la sphère s'obtient donc par intégration sur le volume V = \frac{4}{3}\pi a^3 de la sphère :

\underline{\vec{D}} = \iiint_{\text{sphère}} \underline{\vec{P}} \, \mathrm{d}\tau.

Sous l'approximation dipolaire (a \ll \lambda), le champ incident \underline{\vec{E}}_0 et la polarisation résultante \underline{\vec{P}} sont uniformes dans toute la sphère. L'intégration se résume alors au produit du vecteur polarisation par le volume de la sphère :

\underline{\vec{D}} = V \, \underline{\vec{P}} = \left(\frac{4}{3}\pi a^3\right) \underline{\vec{P}}.

En injectant l'expression de \underline{\vec{P}} établie à la question Q23, à savoir :

\underline{\vec{P}} = 3\varepsilon_0 \frac{n^2 - 1}{n^2 + 2} \, \underline{\vec{E}}_0,

il vient immédiatement :

\underline{\vec{D}} = \left(\frac{4}{3}\pi a^3\right) \left(3\varepsilon_0 \frac{n^2 - 1}{n^2 + 2} \, \underline{\vec{E}}_0\right).

On en déduit l'expression du moment dipolaire de la sphère :

\boxed{\underline{\vec{D}} = 4\pi\varepsilon_0 a^3 \frac{n^2 - 1}{n^2 + 2} \, \underline{\vec{E}}_0}

Résultat

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Partie V : Principe d'une pince optique

V.A.a · Force radiative de diffusion

Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Physique quantique › Photons et dualité onde-corpuscule

Notions : photon, puissance diffusée

Sur une durée infinitésimale , déterminer l'énergie de la lumière diffusée par la bille. En déduire le nombre de photons qui ont été diffusés par la bille pendant cette durée.

Voir l'indice

Exprimer l'énergie rayonnée par \mathrm{d}\mathcal{E} = \mathcal{P}\mathrm{d}t, puis diviser cette énergie par le quantum photonique élémentaire E_{\mathrm{ph}} = \hbar\omega pour obtenir le nombre de photons diffusés \mathrm{d}\mathcal{N}.

Voir la réponse courte

L'énergie diffusée est \mathrm{d}\mathcal{E} = \mathcal{P}\mathrm{d}t, et le nombre de photons correspondants vaut \mathrm{d}\mathcal{N} = \mathrm{d}\mathcal{E}/(\hbar\omega).

Voir le corrigé complet

Par définition de la puissance moyenne \mathcal{P} rayonnée (ou diffusée) par le dipôle, l'énergie électromagnétique \mathrm{d}\mathcal{E} diffusée pendant une durée infinitésimale \mathrm{d}t s'écrit :

\boxed{\mathrm{d}\mathcal{E} = \mathcal{P}\,\mathrm{d}t}

où \mathcal{P} = \dfrac{4\pi^3}{3} \dfrac{c n_{\mathrm{s}}}{\varepsilon_0 \lambda^4} D_{\mathrm{b},0}^2.

La diffusion par le dipôle induit oscillant à la pulsation \omega est un processus élastique (sans changement de pulsation). Chaque photon diffusé transporte donc l'énergie :

E_{\mathrm{ph}} = \hbar\omega

Le nombre infinitésimal de photons \mathrm{d}\mathcal{N} diffusés pendant la durée \mathrm{d}t est par conséquent :

\mathrm{d}\mathcal{N} = \frac{\mathrm{d}\mathcal{E}}{E_{\mathrm{ph}}} = \frac{\mathcal{P}\,\mathrm{d}t}{\hbar\omega}

En introduisant l'expression de \mathcal{P}, il vient :

\boxed{\mathrm{d}\mathcal{N} = \frac{\mathcal{P}}{\hbar\omega}\,\mathrm{d}t = \frac{4\pi^3}{3} \frac{c n_{\mathrm{s}}}{\varepsilon_0 \hbar\omega \lambda^4} D_{\mathrm{b},0}^2\,\mathrm{d}t}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question correctement traitée dans plus de la moitié des cas lorsqu'elle a été abordée.

« lorsqu’elles ont été abordées, ces questions ont été traitée correctement dans plus de la moitié des cas. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 26

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Physique quantique › Photons et dualité onde-corpuscule

Notions : pression de radiation, quantité de mouvement du photon

La diffusion par un dipôle est à symétrie centrale (symétrie par rapport au centre du dipôle) : le nombre de photons diffusés dans une direction caractérisée par le vecteur d'onde est donc égal au nombre de photons diffusés dans la direction . En conséquence, on admettra que l'impulsion globale de la lumière diffusée par la bille est nulle. En écrivant l'impulsion infinitésimale transmise par les photons de l'onde incidente à la bille pendant , déduire l'expression de la force de diffusion exercée par les photons incidents sur la bille, notamment en fonction de . Quelle est son action sur la bille ? On précisera le sens de la force.

Voir l'indice

Calculer l'impulsion totale nette transmise par unité de temps en tenant compte de l'isotropie centrale de la réémission dipolaire et de l'impulsion incidente unilatérale \hbar\vec{k} = (n_{\mathrm{s}}\hbar\omega/c)\vec{e}_z.

Voir la stratégie
  1. Effectuer un bilan de quantité de mouvement sur le système {bille + photons} pendant la durée \mathrm{d}t en distinguant les photons incidents et les photons diffusés.
  2. Utiliser le résultat de la question Q25 pour exprimer l'impulsion cédée à la bille en fonction de la puissance diffusée \mathcal{P}.
  3. Déterminer la force moyenne \vec{F}_{\mathrm{d}} = \frac{\mathrm{d}\vec{p}}{\mathrm{d}t} et analyser son sens et son effet physique sur la bille.
Voir la réponse courte

Par conservation de l'impulsion globale avec diffusion isotrope, la bille absorbe l'impulsion incidente, subissant une force de diffusion poussante \vec{F}_{\mathrm{d}} = \frac{\mathcal{P}}{c}\vec{e}_z.

Voir le corrigé complet

Pendant la durée \mathrm{d}t, la bille interagit avec l'onde incidente en diffusant \mathrm{d}\mathcal{N} photons.

Chaque photon incident transporte une quantité de mouvement :

\vec{p}_{\mathrm{ph, inc}} = \hbar \vec{k} = \hbar \frac{n_{\mathrm{s}}\omega}{c}\vec{e}_z

où la propagation s'effectue selon +\vec{e}_z dans le solvant d'indice n_{\mathrm{s}}. L'impulsion totale apportée par ces photons incidents avant diffusion s'écrit :

\mathrm{d}\vec{p}_{\mathrm{inc}} = \mathrm{d}\mathcal{N}\,\hbar \vec{k} = \mathrm{d}\mathcal{N}\,\hbar \frac{n_{\mathrm{s}}\omega}{c}\vec{e}_z

D'après l'énoncé, la diffusion par le dipôle présente une symétrie centrale : pour chaque photon diffusé avec le vecteur d'onde \vec{k}', il en existe un diffusé avec le vecteur d'onde -\vec{k}'. L'impulsion globale emportée par le rayonnement diffusé est donc nulle :

\mathrm{d}\vec{p}_{\mathrm{diff}} = \vec{0}

Par conservation de l'impulsion totale du système {bille + rayonnement}, l'impulsion infinitésimale transmise à la bille est égale à la variation d'impulsion du champ électromagnétique :

\mathrm{d}\vec{p} = \mathrm{d}\vec{p}_{\mathrm{inc}} - \mathrm{d}\vec{p}_{\mathrm{diff}} = \mathrm{d}\mathcal{N}\,\hbar \frac{n_{\mathrm{s}}\omega}{c}\vec{e}_z

D'après la question Q25, le nombre de photons diffusés s'exprime par \mathrm{d}\mathcal{N} = \frac{\mathcal{P}\,\mathrm{d}t}{\hbar\omega}. On obtient donc :

\mathrm{d}\vec{p} = \frac{\mathcal{P}\,\mathrm{d}t}{\hbar\omega} \, \hbar \frac{n_{\mathrm{s}}\omega}{c}\vec{e}_z = \frac{n_{\mathrm{s}}\mathcal{P}}{c}\vec{e}_z\,\mathrm{d}t

La force de diffusion \vec{F}_{\mathrm{d}} exercée sur la bille s'en déduit par application du principe fondamental de la dynamique :

\boxed{\vec{F}_{\mathrm{d}} = \frac{\mathrm{d}\vec{p}}{\mathrm{d}t} = \frac{n_{\mathrm{s}}\mathcal{P}}{c}\vec{e}_z}

Action et sens de la force :

  • La force \vec{F}_{\mathrm{d}} est orientée selon les z croissants, c'est-à-dire dans le sens de propagation du faisceau laser incident.
  • Il s'agit d'une force de pression de radiation (force de diffusion ou de poussée photonique) qui tend à entraîner et repousser la bille vers l'aval du faisceau, dans le sens de la propagation lumineuse.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne négligez pas la sous-question demandant de préciser et justifier le sens de la force.

« La question sur le sens de la force a souvent été ignorée. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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V.A.b · Force de gradient

Question 27

DifficileTemps estimé : ≈ 10 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique

Notions : force sur un dipôle, développement limité

Écrire la force de Lorentz instantanée exercée sur l'ensemble des deux charges, et en déduire, à l'aide du développement limité au premier ordre en ci-dessus, que la force totale exercée par l'onde électromagnétique incidente sur le dipôle représentant la bille se met sous la forme suivante :

Voir l'indice

Écrire la résultante des forces de Lorentz agissant sur les deux charges associées au dipôle en r_+ et r_-, puis injecter le développement limité de Taylor d'ordre 1 au voisinage de \vec{r}_0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la force de Lorentz subie par chacune des deux charges, en tenant compte du fait que la charge positive est immobile (\vec{v}_+ = \vec{0}) et que la vitesse de la charge négative s'écrit \vec{v}_- = -\dot{\vec{\delta}}.
  2. Utiliser le développement limité au premier ordre en \|\vec{\delta}\| du champ électrique et du champ magnétique au point \vec{r}_-.
  3. Sommer les deux contributions en ne conservant que les termes du premier ordre en \vec{\delta} et \dot{\vec{\delta}}, puis identifier le moment dipolaire \vec{D}_{\mathrm{b}} = q\vec{\delta}.
Voir la réponse courte

Somme des forces de Lorentz sur les deux charges et développement de Taylor au premier ordre du champ électrique en position.

Voir le corrigé complet

La force de Lorentz instantanée exercée par les champs électromagnétiques incidents sur la charge positive +q, située en \vec{r}_+ = \vec{r}_0 et supposée fixe (\vec{v}_+ = \dot{\vec{r}}_+ = \vec{0}), est :

\vec{F}_+ = q\,\vec{E}(\vec{r}_0, t).

La charge négative -q, située en \vec{r}_- = \vec{r}_0 - \vec{\delta}, possède la vitesse \vec{v}_- = \dot{\vec{r}}_- = -\dot{\vec{\delta}}. Elle subit la force de Lorentz :

\vec{F}_- = -q\Big(\vec{E}(\vec{r}_-, t) + \vec{v}_- \wedge \vec{B}(\vec{r}_-, t)\Big) = -q\,\vec{E}(\vec{r}_-, t) + q\,\dot{\vec{\delta}} \wedge \vec{B}(\vec{r}_-, t).

En injectant le développement limité au premier ordre de \vec{E}(\vec{r}_-, t) donné par l'équation (23) :

\vec{E}(\vec{r}_-, t) = \vec{E}(\vec{r}_0, t) - (\vec{\delta}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{E}(\vec{r}_0, t),

et en effectuant le développement analogue pour le champ magnétique \vec{B}(\vec{r}_-, t) = \vec{B}(\vec{r}_0, t) + \mathcal{O}(\|\vec{\delta}\|), le terme magnétique s'écrit au premier ordre :

q\,\dot{\vec{\delta}} \wedge \vec{B}(\vec{r}_-, t) = q\,\dot{\vec{\delta}} \wedge \vec{B}(\vec{r}_0, t) + \mathcal{O}(\|\vec{\delta}\|^2).

La force totale de Lorentz instantanée \vec{F}_{\mathrm{Lor}} = \vec{F}_+ + \vec{F}_- exercée sur le dipôle vaut alors :

\begin{aligned} \vec{F}_{\mathrm{Lor}} &= q\,\vec{E}(\vec{r}_0, t) - q\left[\vec{E}(\vec{r}_0, t) - (\vec{\delta}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{E}(\vec{r}_0, t)\right] + q\,\dot{\vec{\delta}} \wedge \vec{B}(\vec{r}_0, t) \\ &= (q\vec{\delta}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{E}(\vec{r}_0, t) + (q\dot{\vec{\delta}}) \wedge \vec{B}(\vec{r}_0, t). \end{aligned}

Comme \vec{D}_{\mathrm{b}} = q\vec{\delta} et \dfrac{\mathrm{d}\vec{D}_{\mathrm{b}}}{\mathrm{d}t} = q\dot{\vec{\delta}}, en sous-entendant l'évaluation des champs au centre du dipôle \vec{r}_0, on obtient bien :

\boxed{\vec{F}_{\mathrm{Lor}} = (\vec{D}_{\mathrm{b}} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{E} + \frac{\mathrm{d}\vec{D}_{\mathrm{b}}}{\mathrm{d}t} \wedge \vec{B}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Justifiez rigoureusement le calcul fourni et ne supposez pas à tort une colinéarité vectorielle.

« la justification du calcul dont le résultat était donné était souvent insuffisante. Le vecteur (⃗δ.⃗∇) ⃗B n’a aucune raison d’être colinéaire à ⃗δ. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 28

DifficileTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique ; Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : force électromagnétique, analyse vectorielle

En utilisant l'expression (21) et l'identité vectorielle , exprimer la force comme une combinaison linéaire, dont on précisera les coefficients, des termes et .

Voir l'indice

Remplacer \vec{D}_{\mathrm{b}} par A\vec{E}, injecter la formule d'analyse vectorielle fournie ainsi que l'équation de Maxwell-Faraday pour faire apparaître la dérivée temporelle du vecteur de Poynting \vec{E}\wedge\vec{B}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le terme (\vec{D}_{\mathrm{b}} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{E} en injectant la relation \vec{D}_{\mathrm{b}} = A\vec{E} et en utilisant l'identité vectorielle fournie.
  2. Utiliser l'équation de Maxwell-Faraday pour faire apparaître la dérivée temporelle de \vec{B}.
  3. Regrouper les dérivées temporelles à l'aide de la règle de dérivation du produit vectoriel pour identifier la dérivée de \vec{E} \wedge \vec{B}.
Voir la réponse courte

Utilisation de l'identité vectorielle du gradient et de l'équation de Maxwell-Faraday pour faire apparaître \vec{\nabla}(\vec{E}^2) et la dérivée temporelle.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression (21), le moment dipolaire induit s'écrit \vec{D}_{\mathrm{b}} = A\vec{E}, où A est une constante réelle. La position du dipôle étant considérée fixe aux échelles de temps optiques, on a :

\frac{\mathrm{d}\vec{D}_{\mathrm{b}}}{\mathrm{d}t} = A \frac{\partial\vec{E}}{\partial t}.

L'expression de la force de Lorentz issue de la question précédente (Q27) devient donc :

\vec{F}_{\mathrm{Lor}} = A(\vec{E} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{E} + A \frac{\partial\vec{E}}{\partial t} \wedge \vec{B}.

En utilisant l'identité vectorielle donnée dans l'énoncé :

\overrightarrow{\operatorname{grad}}(\vec{E}^2) = 2(\vec{E} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{E} + 2\vec{E} \wedge (\overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{E}),

on isole le premier terme :

(\vec{E} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{E} = \frac{1}{2}\overrightarrow{\operatorname{grad}}(\vec{E}^2) - \vec{E} \wedge (\overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{E}).

L'équation de Maxwell-Faraday dans le solvant s'écrit \overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{E} = -\frac{\partial\vec{B}}{\partial t}, d'où :

-\vec{E} \wedge (\overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{E}) = \vec{E} \wedge \frac{\partial\vec{B}}{\partial t}.

Le premier terme de la force s'écrit ainsi :

(\vec{E} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{E} = \frac{1}{2}\overrightarrow{\operatorname{grad}}(\vec{E}^2) + \vec{E} \wedge \frac{\partial\vec{B}}{\partial t}.

En injectant cette relation dans l'expression de \vec{F}_{\mathrm{Lor}}, on obtient :

\begin{aligned} \vec{F}_{\mathrm{Lor}} &= \frac{A}{2}\overrightarrow{\operatorname{grad}}(\vec{E}^2) + A\left( \vec{E} \wedge \frac{\partial\vec{B}}{\partial t} + \frac{\partial\vec{E}}{\partial t} \wedge \vec{B} \right) \\ &= \frac{A}{2}\overrightarrow{\operatorname{grad}}(\vec{E}^2) + A \frac{\partial}{\partial t}(\vec{E} \wedge \vec{B}). \end{aligned}

La force de Lorentz s'exprime donc sous la forme demandée :

\boxed{\vec{F}_{\mathrm{Lor}} = \frac{A}{2}\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}(\vec{E}^2) + A\,\frac{\partial(\vec{E}\wedge\vec{B})}{\partial t}}

Les coefficients de la combinaison linéaire valent respectivement \frac{A}{2} devant \overrightarrow{\operatorname{grad}}(\vec{E}^2) et A devant \frac{\partial(\vec{E}\wedge\vec{B})}{\partial t}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Calcul généralement satisfaisant, mais attention aux erreurs de facteurs 2 en cours de calcul.

« cette question a été traitée dans moins de la moitié des copies mais dans la majorité des cas de façon satisfaisante. Des facteurs 2 ont malheureusement été perdus en cours de route. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique

Notions : force de gradient, moyenne temporelle

Du fait de son inertie et de la fréquence élevée du champ électromagnétique décrivant l'onde incidente sur la bille, cette dernière ne réagit qu'à la moyenne temporelle de la force de Lorentz instantanée , où est la période d'oscillation du champ électromagnétique. Montrer que et donner l'expression de la force de gradient , définie comme , en fonction de et du gradient de .

Voir l'indice

Utiliser la périodicité temporelle du champ électromagnétique pour montrer que la moyenne temporelle d'une dérivée totale sur une période est strictement nulle, et exprimer la force restante en fonction de \vec{\nabla}\langle \vec{E}^2\rangle_T.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la moyenne temporelle de la dérivée partielle par intégration directe et exploiter la périodicité temporelle du produit vectoriel \vec{E} \wedge \vec{B} en régime sinusoïdal.
  2. Appliquer la moyenne temporelle à la force de Lorentz instantanée obtenue à la question Q28 en permutant les opérateurs linéaire spatial (gradient) et temporel (moyenne).
Voir la réponse courte

La moyenne temporelle de la dérivée d'un terme périodique est nulle, laissant subsister la force de gradient proportionnelle à \vec{\nabla}\langle\vec{E}^2\rangle_T.

Voir le corrigé complet

Par définition de la moyenne temporelle sur une période T = 2\pi/\omega :

\left\langle \frac{\partial (\vec{E} \wedge \vec{B})}{\partial t} \right\rangle_T = \frac{1}{T} \int_0^T \frac{\partial (\vec{E} \wedge \vec{B})}{\partial t} \, \mathrm{d}t = \frac{1}{T} \Big[ (\vec{E} \wedge \vec{B})(T) - (\vec{E} \wedge \vec{B})(0) \Big].

En régime monochromatique de pulsation \omega, les champs \vec{E}(\vec{r}, t) et \vec{B}(\vec{r}, t) sont sinusoïdaux de période T. Le produit vectoriel \vec{E} \wedge \vec{B} est donc une fonction T-périodique (et même T/2-périodique). On en déduit :

(\vec{E} \wedge \vec{B})(T) = (\vec{E} \wedge \vec{B})(0),

d'où :

\left\langle \frac{\partial (\vec{E} \wedge \vec{B})}{\partial t} \right\rangle_T = \vec{0}.

D'après le résultat de la question Q28, la force de Lorentz instantanée s'écrit :

\vec{F}_{\mathrm{Lor}} = \frac{A}{2} \, \overrightarrow{\operatorname{grad}}(\vec{E}^2) + A \, \frac{\partial (\vec{E} \wedge \vec{B})}{\partial t}.

En prenant la moyenne temporelle, et compte tenu de la linéarité de l'opérateur moyenne et de la possibilité de permuter dérivation spatiale et intégration temporelle :

\langle \vec{F}_{\mathrm{Lor}} \rangle_T = \frac{A}{2} \, \left\langle \overrightarrow{\operatorname{grad}}(\vec{E}^2) \right\rangle_T + A \, \left\langle \frac{\partial (\vec{E} \wedge \vec{B})}{\partial t} \right\rangle_T = \frac{A}{2} \, \overrightarrow{\operatorname{grad}}\left\langle \vec{E}^2 \right\rangle_T.

La force de gradient \vec{F}_{\mathrm{g}} = \langle \vec{F}_{\mathrm{Lor}} \rangle_T s'exprime ainsi :

\boxed{\vec{F}_{\mathrm{g}} = \frac{A}{2} \, \overrightarrow{\operatorname{grad}}\left\langle \vec{E}^2 \right\rangle_T}

Résultat

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V.B · Piégeage d'une bille diélectrique

Question 30

DifficileTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique ; Physique quantique › Photons et dualité onde-corpuscule

Notions : force de diffusion, force de gradient

À partir de l'étude des forces de diffusion et de gradient menée dans les paragraphes (V.A.a) et (V.A.b), donner les expressions des forces et sur la bille au sein du solvant, en fonction de , et en particulier. Dans le cas de la force de diffusion, on pourra se servir du fait que où est l'amplitude du champ électrique .

Voir l'indice

Exprimer l'amplitude D_{\mathrm{b},0} = A E_0 dans la puissance diffusée \mathcal{P}, puis utiliser I = n_{\mathrm{s}}\varepsilon_0 c\langle \vec{E}^2\rangle_T avec \langle \vec{E}^2\rangle_T = E_0^2/2 pour exprimer simultanément \vec{F}_{\mathrm{d}} et \vec{F}_{\mathrm{g}} en fonction de I.

Voir la stratégie
  1. Exprimer d'abord la force de gradient \vec{F}_{\mathrm{g}} à partir de la relation \vec{F}_{\mathrm{g}} = \frac{A}{2}\overrightarrow{\operatorname{grad}}\langle \vec{E}^2 \rangle_T établie à la question Q29 et de la définition de l'intensité I.
  2. Exprimer ensuite la puissance diffusée \mathcal{P} en reliant l'amplitude dipolaire D_{\mathrm{b},0} à E_0, puis à l'intensité I, pour en déduire la force de diffusion \vec{F}_{\mathrm{d}} obtenue à la question Q26.
Voir la réponse courte

Expression des forces en fonction de l'indice relatif m = n/n_s, du flux d'énergie de Poynting et du gradient spatial d'intensité lumineuse.

Voir le corrigé complet

1. Expression de la force de gradient \vec{F}_{\mathrm{g}}

D'après le résultat de la question Q29, la force de gradient s'écrit :

\vec{F}_{\mathrm{g}} = \frac{A}{2} \overrightarrow{\operatorname{grad}}\langle \vec{E}^2 \rangle_T

La relation (26) définit l'intensité lumineuse au sein du solvant par :

I = n_{\mathrm{s}}\varepsilon_0 c \langle \vec{E}^2 \rangle_T \implies \langle \vec{E}^2 \rangle_T = \frac{I}{n_{\mathrm{s}}\varepsilon_0 c}

En injectant cette relation ainsi que l'expression (25) du coefficient A = 4\pi\varepsilon_0 n_{\mathrm{s}}^2 a^3 \frac{m^2-1}{m^2+2}, il vient :

\vec{F}_{\mathrm{g}} = \frac{4\pi\varepsilon_0 n_{\mathrm{s}}^2 a^3}{2 n_{\mathrm{s}}\varepsilon_0 c}\left(\frac{m^2-1}{m^2+2}\right)\overrightarrow{\operatorname{grad}} I

D'où l'expression de la force de gradient :

\boxed{\vec{F}_{\mathrm{g}} = \frac{2\pi n_{\mathrm{s}} a^3}{c}\left(\frac{m^2-1}{m^2+2}\right)\overrightarrow{\operatorname{grad}} I}

2. Expression de la force de diffusion \vec{F}_{\mathrm{d}}

D'après la question Q26, les photons incidents se propageant selon l'axe (\mathrm{O}z) exercent sur la bille une force de diffusion :

\vec{F}_{\mathrm{d}} = \frac{n_{\mathrm{s}}\mathcal{P}}{c}\vec{e}_z

où la puissance moyenne diffusée est donnée par l'équation (22) :

\mathcal{P} = \frac{4\pi^3}{3}\frac{c n_{\mathrm{s}}}{\varepsilon_0 \lambda^4} D_{\mathrm{b},0}^2

La relation (21) donne l'amplitude du dipôle induit : D_{\mathrm{b},0} = A E_0. Avec la relation fournie \langle \vec{E}^2 \rangle_T = E_0^2/2, on a :

E_0^2 = 2\langle \vec{E}^2 \rangle_T = \frac{2I}{n_{\mathrm{s}}\varepsilon_0 c} \implies D_{\mathrm{b},0}^2 = A^2 \frac{2I}{n_{\mathrm{s}}\varepsilon_0 c}

En remplaçant A par son expression (25) :

\begin{aligned} \mathcal{P} &= \frac{4\pi^3}{3}\frac{c n_{\mathrm{s}}}{\varepsilon_0 \lambda^4} \left(16\pi^2 \varepsilon_0^2 n_{\mathrm{s}}^4 a^6 \left(\frac{m^2-1}{m^2+2}\right)^2\right) \frac{2I}{n_{\mathrm{s}}\varepsilon_0 c} \\ &= \frac{128\pi^5}{3}\frac{n_{\mathrm{s}}^4 a^6}{\lambda^4}\left(\frac{m^2-1}{m^2+2}\right)^2 I \end{aligned}

On en déduit l'expression de la force radiative de diffusion :

\boxed{\vec{F}_{\mathrm{d}} = \frac{128\pi^5}{3}\frac{n_{\mathrm{s}}^5 a^6}{c\lambda^4}\left(\frac{m^2-1}{m^2+2}\right)^2 I\,\vec{e}_z}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très peu abordée et facteur numérique de la force de diffusion faux dans l'immense majorité des copies.

« cette question a été très peu abordée et le facteur numérique dans l’expression de −→ Fd était faux dans l’immense majorité des cas. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 31

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique ; Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : piégeage optique, équilibre stable

Préciser les conditions permettant de piéger la bille de façon stable au centre du faisceau.

Voir l'indice

Analyser la direction de la force de gradient selon le signe de m-1 : pour confiner la bille dans la zone de forte intensité lumineuse, l'indice de la bille doit excéder celui du solvant (m>1), et la composante axiale restauratrice doit surpasser la poussée radiative.

Voir la stratégie

Pour qu'une particule soit piégée de façon stable au centre du faisceau (0,0,0), la force totale qu'elle subit doit constituer une force de rappel vers l'origine dans les trois directions de l'espace. Analysons les contributions de la force de gradient \vec{F}_{\mathrm{g}} et de la force de diffusion \vec{F}_{\mathrm{d}} établies à la question précédente.

Voir la réponse courte

Pour n > n_s, la force de gradient attire la bille vers les zones de forte intensité ; la stabilité exige un puits tridimensionnel surmontant la diffusion.

Voir le corrigé complet

La force totale subie par la bille s'écrit \vec{F} = \vec{F}_{\mathrm{g}} + \vec{F}_{\mathrm{d}}.

  1. Condition sur l'indice relatif m = n/n_{\mathrm{s}} : Le profil d'intensité I(x,y,z) présente un maximum absolu en (0,0,0) : le gradient \overrightarrow{\operatorname{grad}} I est donc orienté vers l'origine lorsqu'on s'en écarte. D'après l'expression établie à la question 30 :

    \vec{F}_{\mathrm{g}} = \frac{2\pi n_{\mathrm{s}} a^3}{c}\left(\frac{m^2-1}{m^2+2}\right)\overrightarrow{\operatorname{grad}} I

    Pour que la force de gradient agisse comme une force de rappel attractive vers le maximum d'intensité lumineuse (le centre du faisceau), il est indispensable que le coefficient soit strictement positif, soit :

    \frac{m^2-1}{m^2+2} > 0 \iff m > 1 \iff n > n_{\mathrm{s}}

    L'indice optique de la bille diélectrique doit impérativement être supérieur à celui du fluide environnant.

  2. Condition sur l'équilibre le long de l'axe de propagation (Oz) : La force de diffusion \vec{F}_{\mathrm{d}} s'exerce continûment selon +\vec{e}_z (sens de propagation de l'onde) et tend à éjecter la bille vers l'aval du faisceau.

    Pour qu'un point d'équilibre stable existe le long de l'axe (Oz), la composante de rappel de la force de gradient selon z pour z > 0 (où \frac{\partial I}{\partial z} < 0, créant une force dirigée selon -\vec{e}_z) doit être capable de compenser et de surmonter la force de poussée radiative :

    \|\vec{F}_{\mathrm{g}, z}\| > \|\vec{F}_{\mathrm{d}}\|

    Le gradient longitudinal d'intensité au niveau du point focal doit donc être suffisamment intense devant l'intensité elle-même.

En résumé, les deux conditions nécessaires et suffisantes sont :

\boxed{n > n_{\mathrm{s}} \quad (m > 1) \quad \text{et} \quad \|\vec{F}_{\mathrm{g}, z}\| > \|\vec{F}_{\mathrm{d}}\|}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une force nulle ne prouve pas la stabilité : il faut vérifier le caractère de force de rappel et traduire la condition sur les indices optiques.

« Pour étudier la stabilité, la plupart des candidat.e.s ont considéré la valeur de la force au niveau de la position d’équilibre, et trouvé trivialement zéro. Ce résultat ne permet évidemment pas de conclure sur la stabilité de l’équilibre. »

« Lorsque le raisonnement était correct, la condition de la stabilité n’a pratiquement jamais été ramenée à une comparaison des valeurs des indices. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 32

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique

Notions : pince optique, gradient axial

Compte tenu des résultats de la question 30, et sans effectuer de calcul, conclure sur la possibilité de piéger une telle bille. Justifier la nécessité de focaliser le faisceau pour piéger la bille.

Voir l'indice

Examiner les dérivées partielles fournies (28)-(30) : remarquer le facteur correctif (\lambda/(\pi W_0))^2 sur l'axe longitudinal, qui rend le confinement axial impossible sans une focalisation extrême resserrant la dimension W_0.

Voir la stratégie
  1. Analyser l'influence de la taille a de la nanobille sur les ordres de grandeur respectifs de la force de gradient et de la force de diffusion d'après la question Q30, afin de conclure sur la faisabilité du piégeage.
  2. Examiner le comportement des forces le long de l'axe optique (\mathrm{O}z) pour mettre en évidence la compétition entre la poussée radiative et la force de rappel axiale, ce qui justifie la nécessité d'une forte focalisation.
Voir la réponse courte

Un faisceau non focalisé pousse la bille selon z sans rappel axial ; la forte focalisation crée un gradient d'intensité axial opposé à la force de diffusion.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats de la question Q30, les deux forces optiques dépendent de la taille a de la bille selon :

F_{\mathrm{g}} \propto a^3 \quad \text{et} \quad F_{\mathrm{d}} \propto a^6.

Puisque la bille considérée est une nanoparticule de rayon très petit devant la longueur d'onde (a \ll \lambda), le rapport de la force de diffusion sur la force de gradient varie comme :

\frac{F_{\mathrm{d}}}{F_{\mathrm{g}}} \propto \left(\frac{a}{\lambda}\right)^3 \ll 1.

Pour une particule diélectrique plus réfringente que le solvant (m = n/n_{\mathrm{s}} > 1), la force de gradient est attractive vers les régions de plus forte intensité. La force perturbatrice de diffusion étant très fortement atténuée par la petite taille de la bille, le piégeage optique est a priori tout à fait réalisable.

Cependant, la stabilité du piège impose de compenser la force de diffusion selon l'axe longitudinal (\mathrm{O}z) :

  • La force de diffusion \vec{F}_{\mathrm{d}} est purement propulsive dans le sens de propagation du faisceau (+\vec{e}_z).
  • Pour un faisceau collimaté ou peu focalisé (W_0 \gg \lambda), la distance de Rayleigh z_{\mathrm{R}} = \pi W_0^2/\lambda est grande, et le gradient axial de l'intensité est extrêmement faible par rapport aux gradients transverses (facteur d'atténuation d'ordre (\lambda/(\pi W_0))^2 d'après l'équation (30)). La force de rappel de gradient axiale F_{\mathrm{g},z} est alors insuffisante pour contrebalancer la force de diffusion, et la bille est éjectée vers l'aval.

Il est donc indispensable de focaliser très fortement le faisceau (jusqu'à atteindre un col W_0 \sim \lambda) afin :

  1. de maximiser le gradient d'intensité longitudinal |\partial I / \partial z| au voisinage du foyer ;
  2. de générer une force de gradient axiale vers l'amont (z > 0) supérieure à la force de diffusion, créant ainsi un puits de potentiel tridimensionnel stable au point focal.
Voir ce qu'a relevé le jury

Question très peu traitée ; évitez de vous contenter d'une paraphrase du texte de l'énoncé.

« question très peu traitée et la réponse était souvent une reformulation de la question. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 33

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide ; Dipôles électrique et magnétique

Notions : longueur de rayleigh, confinement optique

Quelle est dans ce cas la distance de Rayleigh (autour du point focal) ? En déduire l'échelle de longueur sur laquelle l'intensité est significative le long de l'axe de propagation du faisceau laser et justifier que les forces de gradient sont du même ordre de grandeur sur les trois axes , et .

Voir l'indice

Remplacer W_0 \approx \lambda/\pi dans la formule de z_{\mathrm{R}} pour vérifier que z_{\mathrm{R}} \sim W_0, et constater que le gradient longitudinal prend alors le même ordre de grandeur que les gradients transverses.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la distance de Rayleigh z_{\mathrm{R}} à l'aide de sa définition issue de la partie III en y injectant la valeur de focalisation forte W_0 \approx \lambda/\pi.
  2. Analyser la dépendance de l'intensité sur l'axe optique afin d'identifier l'échelle caractéristique axiale.
  3. Évaluer le rapport des dérivées spatiales de l'intensité données par les équations (28), (29) et (30) pour comparer les composantes de la force de gradient sur les axes (\mathrm{O}x), (\mathrm{O}y) et (\mathrm{O}z).
Voir la réponse courte

Calcul de z_R = \pi W_0^2/\lambda définissant le confinement axial, permettant de comparer les gradients d'intensité longitudinaux et transverses.

Voir le corrigé complet

D'après la définition introduite à l'équation (18) :

z_{\mathrm{R}} = \frac{\pi W_0^2}{\lambda}.

En prenant pour une focalisation très forte W_0 \approx \dfrac{\lambda}{\pi}, il vient :

z_{\mathrm{R}} \approx \frac{\pi}{\lambda} \left(\frac{\lambda}{\pi}\right)^2 = \frac{\lambda}{\pi}.

On constate ainsi que :

\boxed{z_{\mathrm{R}} \approx W_0 \approx \frac{\lambda}{\pi}}

D'après l'expression (27), l'intensité sur l'axe optique (x = 0, y = 0) s'écrit :

I(0,0,z) = \frac{I_0}{\left(1 + \dfrac{z^2}{z_{\mathrm{R}}^2}\right)^2}.

L'intensité chute de moitié pour |z| \approx \sqrt{\sqrt{2}-1}\,z_{\mathrm{R}} \approx 0{,}64\,z_{\mathrm{R}} et devient négligeable pour |z| \gg z_{\mathrm{R}}. L'échelle de longueur caractéristique sur laquelle l'intensité reste significative le long de l'axe de propagation (\mathrm{O}z) est donc :

\boxed{\Delta z \sim z_{\mathrm{R}} \approx \frac{\lambda}{\pi}}

D'après les équations (28), (29) et (30), les dérivées de l'intensité s'écrivent :

\begin{aligned} \frac{\partial I}{\partial x} &= -\frac{4I_0}{W_0^2}x, \\ \frac{\partial I}{\partial y} &= -\frac{4I_0}{W_0^2}y, \\ \frac{\partial I}{\partial z} &= -\frac{4I_0}{W_0^2}\left(\frac{\lambda^2}{\pi^2 W_0^2}\right)z. \end{aligned}

Avec W_0 \approx \dfrac{\lambda}{\pi}, le facteur correctif vaut :

\frac{\lambda^2}{\pi^2 W_0^2} \approx 1,

de sorte que :

\frac{\partial I}{\partial z} \approx -\frac{4I_0}{W_0^2}z.

La force de gradient étant proportionnelle au gradient spatial de l'intensité (\vec{F}_{\mathrm{g}} \propto \overrightarrow{\operatorname{grad}} I), pour des écarts spatiaux du même ordre de grandeur (x \sim y \sim z), les trois composantes de la force de gradient sont du même ordre de grandeur :

\boxed{F_{\mathrm{g},x} \sim F_{\mathrm{g},y} \sim F_{\mathrm{g},z}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question abordée par moins de 10 % des candidats, souvent au hasard.

« moins de 10% des candidat.e.s ont abordé ces questions, en essayant souvent de répondre au hasard. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 34

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique

Notions : pince optique, bilan de forces

On éclaire, dans ces conditions, une bille de silice de rayon , d'indice optique , dans de l'eau d'indice optique (On a alors ), avec un laser de longueur d'onde , et dont la puissance délivrée est de . Calculer l'intensité dans le plan focal image de la lentille en . Pour un écart à la position , , de l'ordre de , on obtient une valeur de la force de gradient de l'ordre de . L'ordre de grandeur de la force de diffusion est . Conclure sur la possibilité de piéger la bille.

Voir l'indice

Relier la puissance laser totale délivrée au flux d'intensité centrale par intégration spatiale bidimensionnelle (P \approx \frac{1}{2}\pi W_0^2 I_0), calculer I_0 en \text{W}\cdot\text{cm}^{-2} puis comparer l'intensité de gradient à la force de recul.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance totale \mathcal{P} du faisceau en intégrant l'intensité I(x,y,z=0) sur tout le plan de section transverse, puis en déduire l'intensité crête I_0 en fonction de \mathcal{P} et W_0 \approx \lambda/\pi.
  2. Comparer l'intensité de la force de rappel de gradient \|\vec{F}_{\mathrm{g}}\| et de la force radiative de diffusion \|\vec{F}_{\mathrm{d}}\| pour conclure quant à la stabilité du piégeage 3D.
Voir la réponse courte

Calcul de l'intensité crête I_0, comparaison des intensités F_g \approx 1\;\mathrm{pN} > F_d \approx 0{,}2\;\mathrm{pN} validant la possibilité de piégeage tridimensionnel.

Voir le corrigé complet

1. Calcul de l'intensité I_0 au foyer

D'après l'expression (27), l'intensité lumineuse dans le plan focal image (z = 0) s'écrit en coordonnées cylindriques de plan transverse (r^2 = x^2 + y^2) :

I(r, z=0) = I_0 \exp\left(-\frac{2r^2}{W_0^2}\right)

La puissance totale \mathcal{P} transportée par le faisceau laser s'obtient par intégration du flux d'intensité sur une section droite :

\begin{aligned} \mathcal{P} &= \iint_{\mathbb{R}^2} I(x,y,0)\,\mathrm{d}x\mathrm{d}y = \int_0^{2\pi}\mathrm{d}\theta \int_0^{+\infty} I_0 \exp\left(-\frac{2r^2}{W_0^2}\right) r\,\mathrm{d}r \\ &= 2\pi I_0 \left[ -\frac{W_0^2}{4}\exp\left(-\frac{2r^2}{W_0^2}\right) \right]_0^{+\infty} = \frac{\pi W_0^2}{2} I_0 \end{aligned}

On en déduit l'expression de l'intensité crête I_0 :

I_0 = \frac{2\mathcal{P}}{\pi W_0^2}

En utilisant la condition de forte focalisation issue de la question précédente, W_0 \approx \frac{\lambda}{\pi}, il vient :

I_0 = \frac{2\pi \mathcal{P}}{\lambda^2}

Avec \mathcal{P} = 40\,\mathrm{mW} = 4{,}0\times 10^{-2}\,\mathrm{W} et \lambda = 600\,\mathrm{nm} = 6{,}0\times 10^{-7}\,\mathrm{m} :

I_0 = \frac{2\pi \times 4{,}0\times 10^{-2}}{(6{,}0\times 10^{-7})^2} \approx \frac{0{,}25}{36\times 10^{-14}} \approx 7\times 10^{11}\,\mathrm{W}\cdot\mathrm{m}^{-2}

Sachant que 1\,\mathrm{W}\cdot\mathrm{m}^{-2} = 10^{-4}\,\mathrm{W}\cdot\mathrm{cm}^{-2} :

\boxed{I_0 \approx 7\times 10^7\,\mathrm{W}\cdot\mathrm{cm}^{-2}}

Remarque : Une estimation globale à l'ordre de grandeur sans le facteur 2 donnerait I_0 \sim \frac{\mathcal{P}}{\pi W_0^2} \approx 4\times 10^7\,\mathrm{W}\cdot\mathrm{cm}^{-2}.

2. Possibilité de piégeage de la bille

La bille est soumise à deux actions mécaniques :

  • La force de diffusion \vec{F}_{\mathrm{d}}, dirigée selon +\vec{e}_z, pousse continûment la particule dans le sens de propagation du faisceau lumineux.
  • La force de gradient \vec{F}_{\mathrm{g}}, dirigée vers la zone de plus forte intensité (le point focal x=y=z=0), tend à ramener la particule vers l'origine dans les trois directions de l'espace.

Pour un écart typique de 50\,\mathrm{nm}, la force de rappel de gradient \|\vec{F}_{\mathrm{g}}\| \approx 1\,\mathrm{pN} l'emporte nettement sur la force de diffusion F_{\mathrm{d}} \approx 0{,}2\,\mathrm{pN} :

\|\vec{F}_{\mathrm{g}}\| > F_{\mathrm{d}}

Dans la direction longitudinale (\mathrm{O}z), il existe donc une position d'équilibre stable située légèrement en aval du foyer (z_{\mathrm{eq}} > 0) où la force de rappel de gradient compense exactement la poussée radiative : \vec{F}_{\mathrm{g}}(z_{\mathrm{eq}}) + \vec{F}_{\mathrm{d}} = \vec{0}. Transversalement, le rappel est direct et inconditionnel.

\boxed{\text{Le piégeage optique tridimensionnel de la nanobille est stable et possible.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question abordée par moins de 10 % des candidats, souvent au hasard.

« moins de 10% des candidat.e.s ont abordé ces questions, en essayant souvent de répondre au hasard. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 35

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques ; Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique

Notions : force de rappel élastique, raideur du piège

Justifier que l'on puisse considérer la force de gradient comme une force élastique et évaluer la constante de raideur associée.

Voir l'indice

Montrer que les dérivées d'intensité linéaires au voisinage du centre se traduisent par une force de rappel vectorielle de type Hooke \vec{F}_{\mathrm{g}} = -k_{\mathrm{opt}}\vec{r} et évaluer numériquement la raideur k_{\mathrm{opt}} \sim \|\vec{F}_{\mathrm{g}}\|/\delta r.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les composantes de la force de gradient au voisinage du centre focal (|x|, |y| \ll W_0 et |z| \ll z_{\mathrm{R}}) à partir de la relation \vec{F}_{\mathrm{g}} \propto \overrightarrow{\mathrm{grad}}\,I et des dérivées partielles données par l'énoncé.
  2. Montrer qu'elles prennent la forme d'une force de rappel linéaire proportionnelle au déplacement, caractéristique d'une force élastique.
  3. Évaluer numériquement la raideur k à partir des ordres de grandeur de la force et du déplacement fournis à la question 34.
Voir la réponse courte

Développement limité parabolique de l'intensité au centre du col créant une force de rappel linéaire F_x \approx -k_x x, et calcul de la raideur k_x.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q30, la force de gradient s'écrit :

\vec{F}_{\mathrm{g}} = \frac{2\pi n_{\mathrm{s}} a^3}{c}\left(\frac{m^2-1}{m^2+2}\right)\overrightarrow{\operatorname{grad}} I .

Pour une particule d'indice supérieur à celui du milieu (m = n/n_{\mathrm{s}} > 1), le préfacteur est strictement positif.

Au voisinage du centre du piège (|x|, |y| \ll W_0 et |z| \ll z_{\mathrm{R}}), les dérivées partielles de l'intensité données par les équations (28), (29) et (30) vérifient :

\frac{\partial I}{\partial x} = -\frac{4I_0}{W_0^2}\,x, \qquad \frac{\partial I}{\partial y} = -\frac{4I_0}{W_0^2}\,y, \qquad \frac{\partial I}{\partial z} = -\frac{4I_0}{W_0^2}\frac{\lambda^2}{\pi^2 W_0^2}\,z .

Dans les conditions de forte focalisation où W_0 \approx \lambda/\pi (établies à la question Q33), le facteur \frac{\lambda^2}{\pi^2 W_0^2} \approx 1. Les composantes du gradient sont donc toutes de la forme :

\overrightarrow{\operatorname{grad}} I \approx -\frac{4I_0}{W_0^2}\,\vec{r},

où \vec{r} = x\vec{e}_x + y\vec{e}_y + z\vec{e}_z. La force de gradient s'écrit alors :

\vec{F}_{\mathrm{g}} = - k_{\mathrm{opt}}\,\vec{r},

où k_{\mathrm{opt}} est une constante positive. La force est donc une force centrale de rappel linéaire proportionnelle au déplacement par rapport à la position d'équilibre \vec{r} = \vec{0} : il s'agit précisément d'une force de type élastique isotrope tridimensionnelle.

D'après les données de la question 34, pour un écart au centre \Delta r \sim 50\text{ nm}, l'intensité de la force de gradient est F_{\mathrm{g}} \sim 1\text{ pN}. La raideur optique associée s'évalue directement par :

k_{\mathrm{opt}} \approx \frac{F_{\mathrm{g}}}{\Delta r} .

Application numérique avec un chiffre significatif :

k_{\mathrm{opt}} \approx \frac{1\times 10^{-12}\text{ N}}{50\times 10^{-9}\text{ m}} = 2\times 10^{-5}\text{ N}\cdot\text{m}^{-1} .
\boxed{k_{\mathrm{opt}} \approx 2\times 10^{-5}\text{ N}\cdot\text{m}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question abordée par moins de 10 % des candidats, souvent au hasard.

« moins de 10% des candidat.e.s ont abordé ces questions, en essayant souvent de répondre au hasard. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 36

DifficileTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique

Notions : loi d'échelle, pince optique

À partir des valeurs des forces données dans la question 34, donner un ordre de grandeur des forces de gradient et de diffusion pour des billes de silice de rayon . Donner également un ordre de grandeur des forces de gradient et de diffusion pour des billes en polystyrène de rayon , dont l'indice optique est (on donne alors ). Comment choisir la longueur d'onde du laser pour mieux piéger une particule ?

Voir l'indice

Identifier les lois d'échelle de \vec{F}_{\mathrm{g}} en fonction de a^3 et (m^2-1)/(m^2+2), ainsi que celle de \vec{F}_{\mathrm{d}} en fonction de a^6/\lambda^4 pour déterminer le comportement et choisir une longueur d'onde optimale minimisant la diffusion.

Voir la stratégie
  1. Rappeler les lois d'échelle de F_{\mathrm{g}} et F_{\mathrm{d}} établies à la question Q30 par rapport au rayon a de la particule et au contraste d'indice f(m) = \frac{m^2-1}{m^2+2}.
  2. Effectuer les applications numériques par proportionnalité à partir des valeurs de référence de la question Q34 (a_1 = 100\text{ nm}, f(m_1) \approx 0{,}02, F_{\mathrm{g},1} \approx 1\text{ pN}, F_{\mathrm{d},1} \approx 0{,}2\text{ pN}).
  3. Analyser l'influence de la longueur d'onde \lambda sur le ratio F_{\mathrm{g}}/F_{\mathrm{d}} pour déterminer le choix optimal de \lambda.
Voir la réponse courte

Analyse des dépendances : F_d \propto a^6 et F_g \propto a^3 ; à taille croissante la diffusion l'emporte, justifiant le choix d'une longueur d'onde adaptée.

Voir le corrigé complet

D'après les expressions établies à la question Q30, à intensité et profil de faisceau fixés, les normes des forces de gradient et de diffusion dépendent du rayon a et du rapport d'indices m = n/n_{\mathrm{s}} via le facteur adimensionnel f(m) = \frac{m^2 - 1}{m^2 + 2} selon :

\begin{aligned} F_{\mathrm{g}} &\propto a^3 \, f(m) \\ F_{\mathrm{d}} &\propto \frac{a^6}{\lambda^4} \, [f(m)]^2 \end{aligned}

1. Bille de silice de rayon a = 200\text{ nm} : Le matériau et le solvant étant identiques à la situation de la question Q34, le facteur f(m) est inchangé et le rayon est doublé (a = 2a_1) :

\begin{aligned} F_{\mathrm{g}} &= F_{\mathrm{g},1} \times \left(\frac{a}{a_1}\right)^3 = 1\text{ pN} \times 2^3 = 8\text{ pN} \approx 8\text{ pN} \\ F_{\mathrm{d}} &= F_{\mathrm{d},1} \times \left(\frac{a}{a_1}\right)^6 = 0{,}2\text{ pN} \times 2^6 = 0{,}2 \times 64\text{ pN} = 12{,}8\text{ pN} \approx 1\times 10^1\text{ pN} \end{aligned}
\boxed{F_{\mathrm{g}} \approx 8\text{ pN} \quad \text{et} \quad F_{\mathrm{d}} \approx 1\times 10^1\text{ pN}}

2. Bille de polystyrène de rayon a = 100\text{ nm} (n = 1{,}63) : Le rayon étant identique (a = a_1 = 100\text{ nm}), seul le facteur f(m) varie. Avec f(m_{\mathrm{poly}}) \approx 0{,}14 et f(m_{\mathrm{silice}}) \approx 0{,}02, le rapport vaut :

\frac{f(m_{\mathrm{poly}})}{f(m_{\mathrm{silice}})} = \frac{0{,}14}{0{,}02} = 7

On en déduit :

\begin{aligned} F_{\mathrm{g}} &= F_{\mathrm{g},1} \times 7 = 1\text{ pN} \times 7 = 7\text{ pN} \\ F_{\mathrm{d}} &= F_{\mathrm{d},1} \times 7^2 = 0{,}2\text{ pN} \times 49 = 9{,}8\text{ pN} \approx 1\times 10^1\text{ pN} \end{aligned}
\boxed{F_{\mathrm{g}} \approx 7\text{ pN} \quad \text{et} \quad F_{\mathrm{d}} \approx 1\times 10^1\text{ pN}}

3. Choix de la longueur d'onde du laser : Pour piéger efficacement une particule, la force de rappel de gradient doit dominer la force de diffusion déstabilisante le long de l'axe de propagation (F_{\mathrm{g}} > F_{\mathrm{d}}).

D'après l'expression de la force de diffusion, la dépendance en longueur d'onde est en F_{\mathrm{d}} \propto \lambda^{-4} (diffusion Rayleigh). Ainsi, en augmentant la longueur d'onde \lambda du laser, on atténue considérablement la force de diffusion devant la force de gradient. Pour améliorer le piégeage, il convient donc de :

\boxed{\text{Choisir une plus grande longueur d'onde }\lambda\text{ (typiquement dans le proche infrarouge)}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question abordée par moins de 10 % des candidats, souvent au hasard.

« moins de 10% des candidat.e.s ont abordé ces questions, en essayant souvent de répondre au hasard. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 37

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique

Notions : théorème d'équipartition de l'énergie, fluctuation thermique

On revient à une particule de silice de rayon piégée dans la pince optique. Le long de l'axe , la position de la bille est en moyenne nulle : . En utilisant le théorème d'équipartition de l'énergie, déterminer quel est l'ordre de grandeur de l'écart-type à température ambiante (). On rappelle que . Comparer à la taille de la bille et à la distance caractéristique de la zone de confinement du faisceau. Le piège est-il satisfaisant ?

Voir l'indice

Appliquer le théorème d'équipartition de l'énergie à l'énergie potentielle élastique selon l'axe transverse : \frac{1}{2}k_{\mathrm{opt}}\langle x^2\rangle = \frac{1}{2}k_{\mathrm{B}}T, en déduire \sigma_x, et comparer cette amplitude de fluctuation au rayon de la particule.

Voir la stratégie
  1. Associer à la force de rappel élastique établie en Q35 l'énergie potentielle correspondante E_{\mathrm{p}}(x) = \frac{1}{2}k_{\mathrm{opt}} x^2.
  2. Appliquer le théorème de l'équipartition de l'énergie à ce degré de liberté quadratique à l'équilibre thermique pour relier \langle x^2 \rangle à la température T.
  3. En déduire l'écart-type \sigma_x, évaluer son ordre de grandeur numérique, puis le comparer au rayon a de la particule et à la dimension transversale W_0 du piège optique pour statuer sur la stabilité du piégeage.
Voir la réponse courte

Équipartition de l'énergie \frac{1}{2}k_x \sigma_x^2 = \frac{1}{2}k_{\mathrm{B}}T donnant \sigma_x \ll a et \sigma_x \ll W_0, confirmant l'efficacité du piège face à l'agitation thermique.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q35, la force de gradient selon l'axe (\mathrm{O}x) se comporte au voisinage du centre comme une force de rappel élastique de constante de raideur k_{\mathrm{opt}} \approx 2\times 10^{-5}\;\mathrm{N\cdot m^{-1}} :

F_{\mathrm{g},x} \approx -k_{\mathrm{opt}}\,x.

L'énergie potentielle associée s'écrit :

E_{\mathrm{p}}(x) = \frac{1}{2}k_{\mathrm{opt}} x^2.

À l'équilibre thermodynamique à la température T, le théorème de l'équipartition de l'énergie appliqué à ce terme quadratique de l'énergie donne :

\langle E_{\mathrm{p}}\rangle = \frac{1}{2}k_{\mathrm{opt}} \langle x^2 \rangle = \frac{1}{2}k_{\mathrm{B}}T,

soit :

\langle x^2 \rangle = \frac{k_{\mathrm{B}}T}{k_{\mathrm{opt}}}.

Puisque la position moyenne est nulle (\langle x_{\mathrm{b}}\rangle = 0), l'écart-type des fluctuations de position sous l'effet de l'agitation thermique (mouvement brownien) s'exprime par :

\sigma_x = \sqrt{\langle x^2 \rangle - \langle x \rangle^2} = \sqrt{\frac{k_{\mathrm{B}}T}{k_{\mathrm{opt}}}}.

Avec les données numériques du sujet :

  • k_{\mathrm{B}} = 1,4\times 10^{-23}\;\mathrm{J\cdot K^{-1}},
  • T = 300\;\mathrm{K},
  • k_{\mathrm{opt}} \approx 2\times 10^{-5}\;\mathrm{N\cdot m^{-1}},

on obtient :

\sigma_x = \sqrt{\frac{1,4\times 10^{-23} \times 300}{2\times 10^{-5}}} = \sqrt{\frac{4,2\times 10^{-21}}{2\times 10^{-5}}} = \sqrt{2,1\times 10^{-16}} \approx 1,4\times 10^{-8}\;\mathrm{m}.

Avec un chiffre significatif :

\boxed{\sigma_x \approx 1\times 10^{-8}\;\mathrm{m} = 10\;\mathrm{nm}}

Comparaison aux échelles spatiales du problème :

  • Le rayon de la bille vaut a = 100\;\mathrm{nm}. On constate que \sigma_x \sim \frac{a}{10} \ll a : l'amplitude des fluctuations thermiques est nettement inférieure aux dimensions propres de la bille.
  • La zone de confinement du faisceau possède une dimension transversale caractéristique W_0 \approx \frac{\lambda}{\pi} \approx \frac{600\times 10^{-9}}{3} \approx 200\;\mathrm{nm} (question Q33). On a donc \sigma_x \ll W_0.

L'énergie thermique k_{\mathrm{B}}T \approx 4\times 10^{-21}\;\mathrm{J} est bien inférieure à la profondeur du puits de potentiel optique (de l'ordre de \frac{1}{2} k_{\mathrm{opt}} W_0^2 \sim 4\times 10^{-19}\;\mathrm{J} \sim 100\,k_{\mathrm{B}}T). L'agitation thermique ne permet pas à la particule de s'échapper du piège : le piégeage est donc pleinement satisfaisant.

Résultat

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Question abordée par moins de 10 % des candidats, souvent au hasard.

« moins de 10% des candidat.e.s ont abordé ces questions, en essayant souvent de répondre au hasard. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet X-ENS Physique MP 2020 ?

Surtout 3 chapitres : Dipôles électrique et magnétique (28 % des questions, partie V), Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide (26 %, parties I et III) et Diffraction et réseaux (14 %, partie II). Plus ponctuellement : Ondes électromagnétiques dans les milieux, Photons et dualité onde-corpuscule, Électrostatique, Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Cinématique et dynamique du point…

Peut-on travailler le sujet X-ENS Physique MP 2020 dès la première année (MPSI) ?

Peu : 8 questions sur 37 (22 %) ne demandent que le programme de MPSI. Blocs abordables : la sous-partie IV.B (Q16 à Q20), ainsi que Q6, Q25 et Q26. Avec les autres programmes de première année : 8 en PCSI et 8 en MP2I.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet X-ENS Physique MP 2020 ?

Environ 3 h 45 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé). La partie V est la plus longue (environ 1 h 30).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet X-ENS Physique MP 2020 ?

Q27 (force sur un dipôle), Q28 (force électromagnétique), Q30 (force de diffusion) et Q36 (loi d'échelle), cotées 4 sur 4 dans ce corrigé.

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet X-ENS Physique MP 2020 ?

Questions de cours : Q6 (approximation de l'optique géométrique), Q9 (lentille mince convergente) et Q16 (approximation dipolaire). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q7 (transformée de fourier), Q15 (modèle de thomson), Q20 (moment dipolaire), Q21 (polarisation diélectrique) et Q37 (théorème d'équipartition de l'énergie).

Où gagner des points facilement dans le sujet X-ENS Physique MP 2020 ?

Questions rapides et accessibles (difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 min au plus) : Q3, Q4, Q6, Q9, Q16 à Q19, Q24 et Q25. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q1, Q5, Q22 et Q27.

Le sujet X-ENS Physique MP 2020 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Quelle a été la moyenne au sujet X-ENS Physique MP 2020 ?

Moyenne : 10,25/20 (écart-type 3,51, 1 574 présents).

Quelle convention temporelle est adoptée dans ce sujet ?

L'énoncé impose la dépendance en \exp(-\mathrm{i}\omega t) introduite en Q3. Lors du passage en régime forcé en Q20, la dérivation temporelle revient à multiplier par -\mathrm{i}\omega, ce qui fixe le signe négatif devant le terme d'amortissement -\mathrm{i}\Gamma\omega.

Pourquoi la pince optique impose-t-elle de focaliser fortement le faisceau ?

Pour compenser la poussée axiale de la lumière. Le long de l'axe de propagation, la force de diffusion pousse la bille vers l'aval ; seul un fort gradient axial d'intensité créé par une focalisation poussée génère une force de rappel suffisante pour assurer un piégeage stable (Q31, Q32).

Où je me situe, question par question

Cochez les questions que vous avez réussies sans aide.

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Position estimée
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Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 37 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 10,25 et d'écart-type 3,51 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

Source des chiffres : document officiel du concours.

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Feuilles imprimables : énoncés d'abord, corrigés en fin de document.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 27 septembre 2026.