Feuille d'entraînement : Diffraction et réseaux
10 questions · filière MP · durée estimée environ 1 h 05
Énoncés
Exercice 1Mines-Ponts Physique 1 MP 2026, Q21· Intermédiaire· Incontournable· ≈ 5 min
Exprimer, en fonction de et , la différence de marche entre deux « rayons électroniques » diffractés par deux plans réticulaires consécutifs du réseau. En déduire une relation liant la longueur d'onde du faisceau électronique, et l'ordre d'interférence pour observer un faisceau diffracté intense.
Exercice 2Mines-Ponts Physique 2 MP 2026, Q3· Application directe· Incontournable· ≈ 3 min
Quelle est, en ordre de grandeur, l'ouverture angulaire de chaque tâche de diffraction, à exprimer en fonction de et ? On considère qu'on peut distinguer deux points si la distance entre leurs images géométriques est supérieure à la taille caractéristique d'une tâche. En déduire la résolution angulaire due à la diffraction du télescope, en fonction de et .
Exercice 3CCINP Physique MP 2024, Q10· Intermédiaire· Incontournable· ≈ 12 min
On se place dans le cas de fentes identiques parallèles à (figure 4) équidistantes (période ). La source ponctuelle , supposée rigoureusement monochromatique de longueur d'onde est placée au foyer objet d'une lentille mince convergente de distance focale . On observe en sortie sur un écran placé dans le plan focal image d'une seconde lentille mince de distance focale et de centre optique . On note l'axe optique commun des deux lentilles.
a) Faire une représentation du système optique et représenter le cheminement d'un rayon depuis la source jusqu'en un point de l'écran d'observation. On pose . b) Établir que la fonction intensité peut s'écrire sous la forme
en notant l'intensité qui correspondrait à celle d'une fente unique identique. c) En déduire les valeurs de qui annulent le numérateur de la fonction . En déduire les valeurs de qui donnent des maxima d'intensité et celles qui donnent des zéros d'intensité. Combien existe-t-il de zéros d'intensité entre deux maximums d'intensité successifs ? d) Établir le rapport de l'intensité des franges les plus brillantes à celle produite par une seule fente identique éclairée de la même façon. e) Déterminer la « largeur » des franges brillantes. f) Commenter en généralisant votre réponse à la question Q9.e.
Exercice 4CCINP Physique MP 2024, Q20· Application directe· Incontournable· ≈ 6 min
a) Après avoir rappelé la formule de De Broglie, établir la longueur d'onde associée à un faisceau d'électrons accélérés par une différence de potentiel égale à . b) Pourquoi un microscope électronique a-t-il un meilleur pouvoir de résolution qu'un microscope optique conventionnel ?
Exercice 5CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2024, Q40· Intermédiaire· Incontournable· ≈ 5 min
En interprétant le phénomène observé comme résultant d'interférences entre des ondes de longueur d'onde , établir simplement que l'on observe des interférences constructives (et donc des densités de probabilités de présence maximales des molécules) dans les directions données par la relation où est la distance entre deux fentes consécutives et est un nombre entier.
Exercice 6E3A Physique-Chimie MP 2023, Q29· Intermédiaire· Incontournable· ≈ 5 min
Évaluer la différence de marche entre les 2 rayons renvoyés dans la direction symétrique . Faire clairement apparaître sur un schéma reproduisant la figure 11. En déduire l'expression de en fonction de et de la longueur d'onde de la source incidente.
Exercice 7E3A Physique-Chimie MP 2023, Q32· Intermédiaire· Incontournable· ≈ 5 min
Proposer, en s'appuyant sur un schéma clair, un montage d'optique géométrique simple permettant d'observer une figure d'interférences sur un écran. On précisera en particulier le type de lentille(s) éventuellement utilisée(s) et on justifiera les positions relatives de chaque élément.
Exercice 8CCINP Physique-Chimie MP 2022, Q12· Intermédiaire· Incontournable· ≈ 8 min
Pour émettre les ondes porteuses électromagnétiques, on utilise des réseaux d'antennes. Ces antennes sont réparties périodiquement dans l'espace (figure 7) émettant des ondes cohérentes de longueur d'onde . Les ondes sont en phase à l'émission. a) Rappeler en la justifiant ce qu'on appelle, dans le cas considéré, « la formule des réseaux » qui permet d'obtenir dans certaines directions des interférences constructives à partir d'ondes reçues cohérentes. Quel est l'avantage d'un nombre très grand d'antennes ? b) Comparer l'intensité du signal émis par une antenne unique ou par 4 antennes pour une onde émise : pour la première antenne. On comparera l'intensité des signaux émis au voisinage de en supposant . Existe-t-il d'autres directions pour lesquelles il y a un maximum d'intensité ? Commenter.
Exercice 9CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2021, Q26· Exigeant· Incontournable· ≈ 6 min
On considère que la source émet une deuxième longueur d'onde très proche de . On note l'angle d'observation du premier pic () correspondant à la longueur d'onde . On admet que l'on peut séparer les deux pics seulement si . Obtenir l'expression de la résolution du dispositif en fonction des grandeurs utiles parmi , et .
Exercice 10X-ENS Physique MP 2020, Q7· Intermédiaire· Incontournable· ≈ 8 min
Déterminer l'expression de en fonction de , et . Représenter graphiquement en fonction de .
Corrigés
Exercice 1Mines-Ponts Physique 1 MP 2026, Q21
Considérons deux plans réticulaires parallèles consécutifs, distants de a. D'après la figure 6, le faisceau incident et le faisceau réfléchi font chacun un angle \theta/2 avec la normale aux plans réticulaires (l'angle total de déviation étant \theta). L'angle d'incidence par rapport à la normale aux plans est donc :
i = \frac{\theta}{2}Le second rayon parcourt un trajet supplémentaire dans le cristal avant de ressortir parallèlement au premier rayon. Par analogie directe avec la réflexion d'une onde plane sur une lame à faces parallèles d'indice n = 1 et d'épaisseur a (lame d'air), la différence de marche géométrique entre les deux rayons électroniques réfléchis s'écrit :
\delta = 2 a \cos i = 2 a \cos\left(\frac{\theta}{2}\right)On peut également retrouver ce résultat en projetant géométriquement les fronts d'onde incidents et réfléchis : le retard du second rayon correspond à un aller-retour de longueur 2 \frac{a}{\cos(\theta/2)}, diminué de la projection sur la direction de propagation de l'avance du premier rayon, ce qui donne bien 2 a \cos(\theta/2).
\boxed{\delta = 2 a \cos\left(\frac{\theta}{2}\right)}Pour observer un faisceau diffracté d'intensité maximale, les ondes diffusées par les différents plans réticulaires doivent interférer de manière constructive. La différence de marche \delta doit donc être un multiple entier de la longueur d'onde de De Broglie \lambda du faisceau électronique :
\delta = q \lambda \quad \text{avec } q \in \mathbb{N}^*où q désigne l'ordre d'interférence. On en déduit la relation de Bragg adaptée à cette paramétrisation :
\boxed{2 a \cos\left(\frac{\theta}{2}\right) = q \lambda}Résultat
Exercice 2Mines-Ponts Physique 2 MP 2026, Q3
La lumière traverse l'ouverture circulaire du télescope de diamètre D. Le phénomène de diffraction à l'infini (figure d'Airy) donne une tache centrale circulaire dont le demi-angle d'ouverture (rayon angulaire du premier zéro) vaut en ordre de grandeur :
\theta_{\text{diff}} \sim \frac{\lambda_0}{D} \quad \left(\text{ou plus précisément } \theta_{\text{diff}} = 1{,}22\,\frac{\lambda_0}{D}\right).L'ouverture angulaire totale (diamètre angulaire du disque central d'Airy) est donc de l'ordre de 2\theta_{\text{diff}} \sim \frac{2\lambda_0}{D}.
Dans le plan focal image de la lentille de distance focale f', la taille spatiale caractéristique (rayon) de cette tache de diffraction est :
R_{\text{tâche}} = f' \theta_{\text{diff}} \sim \frac{\lambda_0 f'}{D}.D'après le critère de Rayleigh usuel, deux points sont discernables si la distance séparant leurs images géométriques est au moins égale au rayon de la tache de diffraction (le centre d'une tache coïncidant au plus près avec le premier minimum d'intensité de l'autre) :
A'B' \ge R_{\text{tâche}}.En reprenant l'expression de la distance géométrique établie à la question précédente, A'B' = f'\,\frac{\epsilon}{2}, la condition de résolution s'écrit :
f'\,\frac{\epsilon}{2} \ge \frac{\lambda_0 f'}{D} \iff \epsilon \ge \frac{2\lambda_0}{D}.La résolution angulaire due à la diffraction r_{\text{diff}}, définie comme la plus petite valeur de \epsilon détectable par le télescope (conformément à la question 2), vaut donc :
\boxed{r_{\text{diff}} = \frac{2\lambda_0}{D}} \quad \left(\text{ou avec le facteur d'Airy : } r_{\text{diff}} = 2{,}44\,\frac{\lambda_0}{D}\right).Résultat
Exercice 3CCINP Physique MP 2024, Q10
a) Schéma du système optique et marche d'un rayon
La source ponctuelle S est au foyer objet de la première lentille L_1 : elle produit un faisceau parallèle (onde plane en incidence normale sur le réseau). La lentille L_2 focalise les rayons diffractés sous un même angle \theta en un point M(x,y,f') de son plan focal image, avec \theta \approx x/f' dans l'approximation paraxiale.
b) Établissement de la fonction intensité I(\varphi)
Chaque fente se comporte comme une source secondaire émettant une onde synchrone d'amplitude s_0. Pour un point M d'abscisse x, deux fentes successives distantes de a présentent une différence de marche \delta = a\sin\theta \approx \frac{ax}{f'}, d'où un déphasage uniforme :
\varphi = \frac{2\pi}{\lambda}\delta = 2\pi\frac{ax}{\lambda f'}L'amplitude complexe résultante au point M s'écrit comme la somme d'une suite géométrique de raison \mathrm{e}^{-j\varphi} :
\begin{aligned} \underline{s}(M) &= \sum_{k=0}^{N-1} s_0\,\mathrm{e}^{-j k\varphi} = s_0\,\frac{1 - \mathrm{e}^{-j N\varphi}}{1 - \mathrm{e}^{-j\varphi}} \\ &= s_0\,\frac{\mathrm{e}^{-j N\varphi/2}\left(\mathrm{e}^{j N\varphi/2} - \mathrm{e}^{-j N\varphi/2}\right)}{\mathrm{e}^{-j\varphi/2}\left(\mathrm{e}^{j\varphi/2} - \mathrm{e}^{-j\varphi/2}\right)} = s_0\,\mathrm{e}^{-j(N-1)\varphi/2}\,\frac{\sin\left(N\frac{\varphi}{2}\right)}{\sin\left(\frac{\varphi}{2}\right)} \end{aligned}L'intensité étant proportionnelle au carré du module de l'amplitude (I_0 \propto s_0^2), on obtient :
\begin{aligned} I(\varphi) = I_0 \left(\frac{\sin\left(N\frac{\varphi}{2}\right)}{\sin\left(\frac{\varphi}{2}\right)}\right)^2 = N^2 I_0 \left(\frac{\sin\left(N\frac{\varphi}{2}\right)}{N\sin\left(\frac{\varphi}{2}\right)}\right)^2 \end{aligned}\boxed{I(\varphi) = N^2 I_0 \left(\frac{\sin N\frac{\varphi}{2}}{N\sin\frac{\varphi}{2}}\right)^2 = N^2 I_0 f(\varphi)^2}c) Zéros et maxima de la fonction intensité
Annulation du numérateur : Le numérateur s'annule lorsque :
\sin\left(N\frac{\varphi}{2}\right) = 0 \iff N\frac{\varphi}{2} = p\pi \iff \varphi = \frac{2p\pi}{N}, \quad p \in \mathbb{Z}Maxima principaux d'intensité : Lorsque le dénominateur s'annule également, c'est-à-dire pour \sin(\varphi/2) = 0, soit \varphi = 2m\pi avec m \in \mathbb{Z} (ce qui correspond à p = mN) :
\lim_{\varphi \to 2m\pi} \frac{\sin(N\varphi/2)}{\sin(\varphi/2)} = \pm N \implies I(2m\pi) = N^2 I_0Les maxima principaux d'intensité sont donc obtenus pour :
\boxed{\varphi_{\max} = 2m\pi, \quad m \in \mathbb{Z}}Zéros d'intensité : Les zéros d'intensité correspondent aux zéros du numérateur qui ne sont pas des zéros du dénominateur, c'est-à-dire pour p non multiple de N :
\boxed{\varphi_{\text{zéro}} = \frac{2p\pi}{N}, \quad p \in \mathbb{Z} \setminus N\mathbb{Z}}Nombre de zéros entre deux maxima successifs : Entre le maximum d'ordre m=0 (\varphi=0) et le maximum d'ordre m=1 (\varphi=2\pi), l'entier p prend les valeurs 1, 2, \dots, N-1. Il existe donc :
\boxed{N-1 \text{ zéros d'intensité entre deux maxima successifs}}
d) Rapport d'intensité H
L'intensité d'une frange principale la plus brillante vaut I_{\max} = N^2 I_0, alors qu'une fente seule produit au même point l'intensité I_0. Le rapport demandé vaut donc :
\boxed{H = \frac{I_{\max}}{I_0} = N^2}e) Largeur \delta\varphi des franges brillantes
La largeur d'une frange brillante principale est classiquement définie par l'écart angulaire en phase entre les deux premiers zéros d'intensité qui l'encadrent (autour de \varphi=0, ces zéros sont en \varphi = \pm \frac{2\pi}{N}) :
\delta\varphi = \frac{2\pi}{N} - \left(-\frac{2\pi}{N}\right) = \frac{4\pi}{N}\boxed{\delta\varphi = \frac{4\pi}{N}}(Remarque : si l'on définit la demi-largeur au premier zéro, on obtient \delta\varphi/2 = \frac{2\pi}{N}.)
f) Commentaire et généralisation de la question Q9.e
À la question Q9.e, le passage de N=2 à N=3 fentes montrait un rehaussement de la brillance (I_{\max} = 9I_0 au lieu de 4I_0) et un rétrécissement des franges. Pour N fentes quelconques :
- La brillance de crête des maxima principaux varie en N^2 : la lumière est fortement concentrée.
- La largeur des pics varie en 1/N : plus N est grand, plus les franges d'interférence sont fines et piquées.
Pour un réseau comportant plusieurs milliers de traits (N \gg 1), les franges brillantes deviennent des raies spectrales extrêmement lumineuses et étroites, séparées par de larges plages sombres, ce qui confère au réseau un pouvoir de résolution spectral exceptionnel.
Résultat
Exercice 4CCINP Physique MP 2024, Q20
Formule de De Broglie et longueur d'onde associée :
D'après l'hypothèse de Louis de Broglie (1924), à toute particule matérielle possédant une quantité de mouvement p est associée une onde de matière de longueur d'onde :
\lambda = \frac{h}{p}Considérons un électron de masse m et de charge -e, initialement au repos, accéléré par une différence de potentiel U. Le théorème de l'énergie cinétique donne l'énergie cinétique acquise :
E_c = e UCette énergie (E_c = 100\text{ eV}) étant très inférieure à l'énergie de masse de l'électron (m c^2 \approx 511\text{ keV}), un traitement non relativiste est pleinement justifié :
E_c = \frac{p^2}{2m} \implies p = \sqrt{2m E_c} = \sqrt{2m e U}La longueur d'onde associée au faisceau d'électrons s'exprime donc par :
\boxed{\lambda = \frac{h}{\sqrt{2m e U}}}Application numérique :
\begin{aligned} h &= 6,63 \cdot 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s} \\ m &= 9,11 \cdot 10^{-31}\text{ kg} \\ e &= 1,6 \cdot 10^{-19}\text{ C} \\ U &= 100\text{ V} \end{aligned}\begin{aligned} p &= \sqrt{2 \times 9,11 \cdot 10^{-31} \times 1,6 \cdot 10^{-19} \times 100} \approx 5,40 \cdot 10^{-24}\text{ kg}\cdot\text{m}\cdot\text{s}^{-1} \\ \lambda &= \frac{6,63 \cdot 10^{-34}}{5,40 \cdot 10^{-24}} \approx 1,23 \cdot 10^{-10}\text{ m} \end{aligned}\boxed{\lambda \approx 0,123\text{ nm} = 1,23\text{ \AA}}Pouvoir de résolution comparé :
La résolution spatiale ultime d'un instrument d'optique est limitée par le phénomène de diffraction. D'après le critère de Rayleigh (ou la limite d'Abbe), le plus petit détail résoluble d_{\min} est proportionnel à la longueur d'onde utilisée :
d_{\min} \sim \frac{\lambda}{2\,\text{O.N.}}où \text{O.N.} est l'ouverture numérique du système optique.
- Pour un microscope optique conventionnel fonctionnant dans le domaine visible, \lambda_{\text{opt}} \sim 400\text{ à }700\text{ nm}, ce qui limite la résolution spatiale à environ 0,2\ \mu\text{m}.
- Pour un microscope électronique, les électrons accélérés sous des tensions de quelques dizaines de volts à quelques centaines de kilovolts possèdent des longueurs d'onde de De Broglie \lambda_e de l'ordre de 10^{-10}\text{ m} (ici \lambda \approx 0,12\text{ nm}) voire 10^{-12}\text{ m} (quelques picomètres en microscopie électronique en transmission).
La longueur d'onde associée aux électrons étant de trois à cinq ordres de grandeur plus courte que celle des photons visibles, la limite de diffraction est considérablement repoussée, conférant au microscope électronique un pouvoir de résolution bien supérieur (pouvant atteindre l'échelle atomique).
Résultat
Exercice 5CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2024, Q40
Considérons deux fentes consécutives du réseau G, séparées d'une distance a, éclairées en incidence normale par le faisceau moléculaire incident. Les ondes de de Broglie associées aux molécules sont alors émises en phase au niveau de chaque fente.
Dans une direction repérée par l'angle \theta par rapport à la normale au plan du réseau, la différence de marche \delta entre les ondes issues de deux fentes successives s'écrit géométriquement :
\delta = a \sin\thetaLe déphasage correspondant entre ces deux ondes vaut :
\Delta\phi = \frac{2\pi}{\lambda_B} \delta = \frac{2\pi}{\lambda_B} a \sin\thetaLes interférences entre les ondes issues des différentes fentes du réseau sont constructives lorsque toutes les contributions interfèrent en phase, c'est-à-dire lorsque le déphasage est un multiple entier de 2\pi (\Delta\phi = 2k\pi), ce qui équivaut à :
\delta = k \lambda_B \quad (k \in \mathbb{Z})On en déduit que les directions d'interférences constructives \theta_k vérifient la relation des réseaux :
\boxed{a \sin\theta_k = k \lambda_B \quad (k \in \mathbb{Z})}En mécanique quantique, l'amplitude de l'onde de matière totale superposée détermine la fonction d'onde \psi sur le détecteur. La densité volumique (ou surfacique) de probabilité de présence des molécules étant donnée par |\psi|^2, les interférences constructives se traduisent directement par des maxima de probabilité d'impact des molécules sur l'écran, ce qui engendre les franges observées.
Résultat
Exercice 6E3A Physique-Chimie MP 2023, Q29
Considérons deux rayons parallèles incidents sous l'angle de rasance \theta par rapport aux plans cristallins séparés d'une distance a. Le milieu étant l'air ou le vide, l'indice optique vaut n = 1.
Soit A_1 le centre diffuseur sur le premier plan et A_2 le centre diffuseur correspondant sur le second plan, situé sur la normale aux plans passant par A_1 (A_1A_2 = a).
- Le plan d'onde incident passant par A_1 est perpendiculaire aux rayons incidents et coupe le rayon incident 2 au point H_1 ;
- Le plan d'onde émergent passant par A_1 est perpendiculaire aux rayons diffractés et coupe le rayon émergent 2 au point H_2.
Dans les triangles rectangles A_1 H_1 A_2 et A_1 H_2 A_2, l'angle \widehat{A_1 A_2 H_1} = \widehat{A_1 A_2 H_2} = \theta. On en déduit :
H_1 A_2 = A_2 H_2 = a \sin\thetaLa différence de marche \delta = (L_2 - L_1) entre le rayon 2 et le rayon 1 s'écrit donc :
\delta = H_1 A_2 + A_2 H_2\boxed{\delta = 2a \sin\theta}Le retard spatial \delta du rayon 2 se traduit par un déphasage \Delta\varphi(M) = \varphi_2(M) - \varphi_1(M) donné par :
\Delta\varphi(M) = \frac{2\pi}{\lambda}\,\delta\boxed{\Delta\varphi(M) = \frac{4\pi a \sin\theta}{\lambda}}Résultat
Exercice 7E3A Physique-Chimie MP 2023, Q32
Puisque les rayons émergents interfèrent à l'infini dans une direction repérée par l'angle \theta, l'observation sur un écran placé à distance finie nécessite un montage d'optique de Fraunhofer (interférences à l'infini) :
Collimation du faisceau incident : Pour éclairer l'échantillon par une onde plane (rayons parallèles), on place une source ponctuelle monochromatique S au foyer principal objet d'une première lentille mince convergente L_1 de distance focale f'_1 :
S \equiv F_1(Dans le cas d'une source laser, cette lentille n'est pas indispensable car le faisceau est naturellement quasi-parallèle).
- Échantillon diffractant : L'échantillon (ou réseau diffractant) est placé dans le faisceau parallèle issu de L_1.
Observation à l'infini (projection) : On place après l'échantillon une seconde lentille mince convergente L_2 de distance focale image f'_2. L'écran d'observation (E) est placé rigoureusement dans le plan focal image de cette lentille :
(E) \equiv \mathcal{P}'_{f,2} \quad (\text{soit } O_2E = f'_2)D'après les lois de l'optique géométrique, un faisceau de rayons parallèles émergeant de l'échantillon avec l'angle de diffraction \theta converge en un point unique M du plan focal image de L_2, situé à la distance x \approx f'_2 \theta du foyer principal image F'_2.
Exercice 8CCINP Physique-Chimie MP 2022, Q12
a) Formule des réseaux et rôle du nombre d'antennes
Considérons un réseau de sources ponctuelles identiques, synchrones et en phase, alignées le long d'un axe z avec un pas spatial d. Dans l'approximation de Fraunhofer (observation à l'infini ou à grande distance par rapport aux dimensions du réseau), les rayons émis vers le récepteur dans une direction faisant un angle \theta avec l'axe z (figure 7) sont parallèles.
La différence de marche entre deux antennes consécutives O_n et O_{n+1} séparées de \vec{O_n O_{n+1}} = d\,\vec{e}_z s'écrit :
\delta = \vec{O_n O_{n+1}} \cdot \vec{u} = d \cos\thetaLe déphasage correspondant entre deux ondes consécutives est :
\Delta\varphi = \frac{2\pi}{\lambda}\delta = \frac{2\pi d}{\lambda}\cos\thetaLes interférences sont constructives lorsque toutes les ondes arrivent en phase, soit \Delta\varphi = 2p\pi avec p \in \mathbb{Z}. On obtient ainsi la formule des réseaux :
\boxed{d \cos\theta = p\lambda \quad (p \in \mathbb{Z})}Avantages d'un très grand nombre N d'antennes :
- Directivité accrue : la largeur angulaire du lobe principal est inversement proportionnelle à la taille totale du réseau (\Delta\theta \sim \frac{\lambda}{N d}), ce qui permet de focaliser l'onde émise dans une direction spatiale extrêmement précise.
- Gain en puissance : dans la direction de pointage, les amplitudes s'ajoutent en phase (s_{\text{tot}} = N s_0), si bien que l'intensité maximale est multipliée par N^2 (I_{\max} = N^2 I_0), concentrant l'énergie vers la cible et limitant les pertes dans les autres directions.
b) Comparaison des intensités pour 1 et 4 antennes
Pour une antenne unique isolée, le signal reçu est s_1(t) = s_0 \exp(i\omega t) (à un facteur de propagation commun près), d'où une intensité :
I_1 = |s_0|^2 = I_0Pour N = 4 antennes émettant en phase, le signal résultant s'écrit :
s_{\text{tot}}(t) = \sum_{n=0}^{3} s_0 \exp\big(i(\omega t - n\Delta\varphi)\big) = s_0 \exp(i\omega t) \sum_{n=0}^{3} \exp(-i n\Delta\varphi)En sommant cette suite géométrique de raison e^{-i\Delta\varphi} et en factorisant par l'angle moitié :
\begin{aligned} \sum_{n=0}^{3} e^{-i n\Delta\varphi} &= \frac{1 - e^{-4i\Delta\varphi}}{1 - e^{-i\Delta\varphi}} = \frac{e^{-2i\Delta\varphi}(e^{2i\Delta\varphi} - e^{-2i\Delta\varphi})}{e^{-i\Delta\varphi/2}(e^{i\Delta\varphi/2} - e^{-i\Delta\varphi/2})} \\ &= e^{-i\frac{3}{2}\Delta\varphi}\,\frac{\sin(2\Delta\varphi)}{\sin(\Delta\varphi/2)} \end{aligned}En posant u = \frac{\Delta\varphi}{2} = \frac{\pi d}{\lambda}\cos\theta, l'intensité totale est donnée par :
I_4(\theta) = I_0 \left(\frac{\sin(4u)}{\sin u}\right)^2Pour un pas d = \frac{\lambda}{2}, on a u = \frac{\pi}{2}\cos\theta. Au voisinage de \theta = \frac{\pi}{2}, on a \cos\theta \to 0, donc u \to 0. D'après l'indication du sujet, \lim_{u\to 0}\frac{\sin 4u}{\sin u} = 4. L'intensité au centre du faisceau vaut donc :
\boxed{I_4\left(\frac{\pi}{2}\right) = 16\,I_0 = 16\,I_1}L'intensité dans la direction perpendiculaire à l'axe du réseau est 16 fois supérieure à celle produite par une antenne seule.
Recherche d'autres maxima d'intensité :
Pour obtenir un autre maximum principal (pour lequel \left|\frac{\sin 4u}{\sin u}\right| = 4), il faudrait que u = p\pi avec p \in \mathbb{Z}^*. Cela impose :
\frac{\pi}{2}\cos\theta = p\pi \implies \cos\theta = 2pPour |p| \ge 1, |2p| \ge 2 > 1, ce qui est impossible car |\cos\theta| \le 1. Il n'existe donc aucun autre maximum principal.
Il existe uniquement des maxima secondaires d'intensité très faible. Le premier zéro du lobe principal a lieu pour 4u = \pm\pi \implies \cos\theta = \pm \frac{1}{2} (\theta = \frac{\pi}{3} ou \frac{2\pi}{3}). Le maximum secondaire situé vers u \approx \frac{3\pi}{8} présente une intensité :
I_{\text{sec}} \approx \frac{I_0}{\sin^2(3\pi/8)} \approx 1{,}17\,I_0 \ll 16\,I_0
Commentaire : le choix de la distance inter-éléments d = \frac{\lambda}{2} est une règle fondamentale dans la conception des réseaux d'antennes. Elle assure l'absence de lobes de réseau (grating lobes), c'est-à-dire de directions parasites où la totalité de la puissance constructive serait rayonnée, garantissant ainsi une émission univoque et hautement directive vers le satellite.
Résultat
Exercice 9CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2021, Q26
Pour l'ordre p = 1, la position angulaire du pic d'intensité lumineuse pour la longueur d'onde \lambda est donnée par la relation du réseau (question Q23) :
a\sin\theta_1 = \lambdaPour la longueur d'onde voisine \lambda', on a de même :
a\sin\theta'_1 = \lambda'Comme \lambda' est très proche de \lambda, l'écart \theta'_1 - \theta_1 est très faible. Par différenciation de la relation du réseau à \lambda fixé :
a\cos\theta_1\,\mathrm{d}\theta_1 = \mathrm{d}\lambdaOn en déduit au premier ordre la relation liant l'écart angulaire à l'écart en longueur d'onde :
|\theta'_1 - \theta_1| \approx \frac{|\lambda' - \lambda|}{a\cos\theta_1}D'après la question Q25, la demi-largeur angulaire du pic d'intensité vaut :
\Delta\theta = \frac{\lambda}{Na\cos\theta_1}Le critère de séparation |\theta'_1 - \theta_1| \ge \Delta\theta (critère de Rayleigh) s'écrit donc :
\begin{aligned} \frac{|\lambda' - \lambda|}{a\cos\theta_1} &\ge \frac{\lambda}{Na\cos\theta_1} \\ |\lambda' - \lambda| &\ge \frac{\lambda}{N} \end{aligned}La résolution du dispositif, définie à la question Q21 comme le plus petit écart en longueur d'onde \Delta\lambda_{\min} = |\lambda' - \lambda|_{\min} séparable, s'exprime ainsi :
\boxed{\Delta\lambda_{\min} = \frac{\lambda}{N}}Résultat
Exercice 10X-ENS Physique MP 2020, Q7
L'écran opaque percé de l'ouverture (\mathcal{O}) est éclairé sous incidence normale par une onde plane d'amplitude E_0. Dans le plan z=0, le champ transmis est modélisé par :
\underline{E}(x, z=0) = \begin{cases} E_0 & \text{si } |x| \leqslant \dfrac{W_0}{2}, \\[6pt] 0 & \text{si } |x| > \dfrac{W_0}{2}. \end{cases}D'après le résultat de la question 5 (formule (11)), l'amplitude spectrale \underline{A}(\alpha) s'obtient par transformée de Fourier spatiale :
\begin{aligned} \underline{A}(\alpha) &= \int_{-\infty}^{+\infty} \underline{E}(x, z=0) \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\alpha x}\,\mathrm{d}x \\ &= \int_{-W_0/2}^{W_0/2} E_0 \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\alpha x}\,\mathrm{d}x. \end{aligned}Pour \alpha \neq 0 :
\begin{aligned} \underline{A}(\alpha) &= E_0 \left[ \frac{\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\alpha x}}{-\mathrm{i}\alpha} \right]_{-W_0/2}^{W_0/2} \\ &= E_0 \, \frac{\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\alpha W_0 / 2} - \mathrm{e}^{\mathrm{i}\alpha W_0 / 2}}{-\mathrm{i}\alpha} \\ &= 2 E_0 \, \frac{\sin\left(\dfrac{\alpha W_0}{2}\right)}{\alpha} \\ &= E_0 W_0 \, \frac{\sin\left(\dfrac{\alpha W_0}{2}\right)}{\dfrac{\alpha W_0}{2}}. \end{aligned}Pour \alpha = 0, la limite redonne \underline{A}(0) = E_0 W_0. En introduisant la fonction sinus cardinal normalisée par \operatorname{sinc}(u) = \dfrac{\sin u}{u}, on obtient :
\boxed{\underline{A}(\alpha) = E_0 W_0 \, \operatorname{sinc}\left(\frac{\alpha W_0}{2}\right)}La grandeur \underline{A}(\alpha) est réelle. Ses caractéristiques principales sont :
- Une parité paire : \underline{A}(-\alpha) = \underline{A}(\alpha) ;
- Un maximum global en \alpha = 0 : \underline{A}(0) = E_0 W_0 ;
Des annulations pour \dfrac{\alpha W_0}{2} = m\pi, c'est-à-dire :
\alpha_m = m \, \frac{2\pi}{W_0}, \quad m \in \mathbb{Z}^*.
Résultat
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