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Corrigé détaillé Mines Physique 2 MP 2021

Le marteau de Thor

Faisable en sup ?

Faisable en partie en MPSI : 13 questions sur 23, partie I en entier. Autres questions faisables en MPSI

Autres premières années : PCSI 12 · PTSI 10 · MP2I 10 · TSI1 10 · BCPST1 10 questions.

Détail par partie

Le sujet en bref

Sujet moyen · Thermodynamique, Mécanique, Diffusion et transferts thermiques · 4 incontournables · 13 questions de première année
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Ce sujet original et particulièrement formateur s'appuie sur la légende nordique du marteau de Thor pour explorer la physique des naines blanches, à travers l'exemple de l'étoile LAWD 21. Le problème propose un parcours remarquable à l'interface de plusieurs pans majeurs du programme de MP : après une brève introduction mécanique amusante sur la masse d'un tel marteau, il aborde la spectroscopie atomique (série de Lyman et modèle de Bohr) et le rayonnement thermique du corps noir (loi de Planck et loi de déplacement de Wien).

La seconde moitié de l'épreuve constitue une étude astrophysique approfondie et cohérente de la structure interne de l'astre : on y étudie la stabilité mécanique de l'étoile par équilibre entre pression de dégénérescence quantique de Fowler et contraction gravitationnelle, avant d'aborder la cristallisation du cœur de carbone grâce au modèle de sphère de Wigner-Seitz, combinant électrostatique, dynamique classique et physique statistique quantique (critère de fusion de Lindemann). C'est un excellent sujet de synthèse pour consolider ses repères en mécanique quantique et en physique statistique.

Difficulté
Moyen, estimée à partir de la difficulté de chaque question
Temps estimé
≈ 2 h 05 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
Chapitres

Part des questions du sujet.

Incontournables

4 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

12 questions rapides et accessibles · 2 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (12) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (2) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Comment utiliser ce corrigé

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Sommaire

23 questions
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Partie I : Le marteau

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique

Notions : masse volumique, ordre de grandeur

Déterminer numériquement la masse du marteau de THOR.

Voir l'indice

Calculer d'abord la masse volumique moyenne \rho_\star de la naine blanche assimilée à une sphère homogène de masse M_\star et de rayon R_\star, puis multiplier par le volume du parallélépipède.

Voir la stratégie
  1. Calculer le volume V_m de l'extrémité parallélépipédique du marteau à partir de ses dimensions.
  2. Déterminer la masse volumique moyenne \rho_{\star} de la naine blanche assimilée à une sphère homogène de masse M_{\star} et de rayon R_{\star}.
  3. En déduire la masse m_m = \rho_{\star} V_m du marteau avec un seul chiffre significatif, conformément aux consignes de l'énoncé.
Voir la réponse courte

Calcul du volume du marteau puis de sa masse M = \rho V à partir de la masse volumique de la naine blanche.

Voir le corrigé complet

Le marteau est constitué du matériau de la naine blanche supposée homogène et sphérique. La masse volumique de ce matériau s'écrit :

\rho_{\star} = \frac{M_{\star}}{V_{\star}} = \frac{M_{\star}}{\dfrac{4}{3}\pi R_{\star}^{3}} = \frac{3 M_{\star}}{4\pi R_{\star}^{3}}

Le volume du parallélépipède formant l'extrémité du marteau vaut :

V_m = 15 \times 15 \times 21 \text{ cm}^3 = 4\,725 \text{ cm}^3 = 4{,}725 \times 10^{-3}\text{ m}^3

La masse m_m du marteau est donc donnée par :

m_m = \rho_{\star} V_m = \frac{3 M_{\star} V_m}{4\pi R_{\star}^{3}}

Avec les valeurs numériques fournies :

  • M_{\star} = 1 \times 10^{30}\text{ kg},
  • R_{\star} = 1 \times 10^4\text{ km} = 1 \times 10^7\text{ m},
  • V_{\star} = \dfrac{4\pi}{3}(1 \times 10^7)^3 \simeq 4{,}2 \times 10^{21}\text{ m}^3,

on obtient la masse volumique :

\rho_{\star} = \frac{1 \times 10^{30}}{4{,}2 \times 10^{21}} \simeq 2{,}4 \times 10^8\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}

D'où la masse du marteau :

m_m = 2{,}4 \times 10^8 \times 4{,}725 \times 10^{-3} \simeq 1{,}1 \times 10^6\text{ kg}

En arrondissant à un chiffre significatif :

\boxed{m_m = 1 \times 10^6\text{ kg}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention aux conversions d'unités de volume, qui ont mis en échec de nombreux candidats.

« Les conversions d’unités volumiques ont été souvent fatales aux candidats. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : énergie potentielle de pesanteur, ordre de grandeur

Dans un environnement terrestre, proposer une évaluation numérique de la variation d'énergie potentielle du marteau lorsque THOR l'utilise pour frapper des rochers. Commenter le résultat en sachant que l'explosion d'un bâton de dynamite utilisé dans les mines ou les travaux publics dégage une énergie de l'ordre de .

Voir l'indice

Considérer une élévation de hauteur typique d'un bras humain (\Delta z \sim 1\text{ m}) et évaluer \Delta E_p = m_m g \Delta z pour comparer cet ordre de grandeur aux 10^6\text{ J} dégagés par un bâton de dynamite.

Voir la stratégie
  1. Estimer la hauteur caractéristique h d'élévation du marteau lors d'un mouvement de frappe, compte tenu de la taille humaine de Thor et du manche court de l'arme.
  2. Calculer la variation d'énergie potentielle de pesanteur correspondante |\Delta E_p| = m_m g h à la surface de la Terre (g \simeq 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}).
  3. Comparer l'énergie libérée lors de l'impact à celle d'un bâton de dynamite (10^6\text{ J}) pour commenter l'efficacité destructrice du marteau.
Voir la réponse courte

Évaluation de \Delta E_p = M g h pour une hauteur de levée usuelle et comparaison à l'énergie d'un bâton de dynamite.

Voir le corrigé complet

Thor possédant une morphologie humaine et son marteau étant muni d'un manche court, la hauteur typique sur laquelle il lève le marteau au-dessus du sol (ou du rocher) avant de frapper est de l'ordre de grandeur de l'allonge d'un bras, soit :

h \sim 1\text{ m}

Dans le champ de pesanteur terrestre uniforme où g \simeq 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}, la variation d'énergie potentielle de pesanteur du marteau de masse m_m \simeq 10^6\text{ kg} (déterminée à la question 1) lors de sa descente s'écrit :

|\Delta E_p| = m_m g h

L'application numérique donne, avec un seul chiffre significatif :

|\Delta E_p| \simeq 10^6 \times 10 \times 1 = 10^7\text{ J}
\boxed{|\Delta E_p| \sim 10^7\text{ J}}

Commentaire : L'énergie cinétique acquise par le marteau lors de sa chute (sans même compter la force musculaire surhumaine éventuellement exercée par Thor pour accélérer le coup) est transférée au rocher lors de l'impact. Cette énergie de l'ordre de 10^7\text{ J} équivaut à celle libérée par l'explosion d'une dizaine de bâtons de dynamite concentrée au point d'impact. Il est donc tout à fait cohérent qu'un tel coup pulvérise instantanément les rochers les plus massifs.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Inutile de rédiger de longues réponses : il suffit de poser le calcul, de le mener et de conclure.

« Souvent, les réponses sont longues alors qu’il s’agit de poser le calcul, le conduire et conclure. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Partie II : Analyse du spectre de l'étoile naine

Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI, BCPST1

Chapitre : Physique quantique › Quantification et confinement

Notions : spectre d'émission, formule de rydberg, modèle de bohr

Les raies de LYMAN du spectre de la figure 2 sont dues au retour de l'électron dans son niveau fondamental. Vérifier numériquement la vraisemblance de cette affirmation.

Voir l'indice

Calculer la longueur d'onde de transition entre un niveau excité n et l'état fondamental n=1 (\lambda = hc / [E_0(1 - 1/n^2)]), notamment pour n=2 et n\to\infty, puis comparer aux longueurs d'onde du spectre UV lointain de la figure 2.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie du photon émis lors d'une transition électronique du niveau n (n \geqslant 2) vers le niveau fondamental n=1.
  2. En déduire l'expression générale de la longueur d'onde \lambda_n correspondante et calculer numériquement les bornes de cette série (transition \text{Ly}\,\beta avec n=3 et la limite de série n \to \infty).
  3. Comparer ces valeurs aux longueurs d'onde du spectre de la figure 2.
Voir la réponse courte

Calcul des longueurs d'onde des transitions vers n=1 par la relation de Planck-Einstein et comparaison aux raies Lyman observées.

Voir le corrigé complet

Lors de la désexcitation d'un électron de l'atome d'hydrogène d'un niveau n \in \mathbb{N}^* (n > 1) vers le niveau fondamental n_1 = 1, la conservation de l'énergie s'écrit :

\Delta E = E_n - E_1 = - \frac{E_0}{n^2} - \left(-E_0\right) = E_0 \left( 1 - \frac{1}{n^2} \right)

D'après la relation de Planck-Einstein, l'énergie du photon émis est liée à sa longueur d'onde dans le vide \lambda_n par \Delta E = \frac{h c}{\lambda_n}, d'où :

\lambda_n = \frac{h c}{E_0 \left( 1 - \frac{1}{n^2} \right)}

Calculons la constante \frac{h c}{E_0}, qui correspond à la limite de la série de Lyman (n \to \infty) :

\lambda_\infty = \frac{h c}{E_0} = \frac{6{,}6 \times 10^{-34} \times 3{,}0 \times 10^8}{13{,}6 \times 1{,}6 \times 10^{-19}} = \frac{1{,}98 \times 10^{-25}}{2{,}18 \times 10^{-18}} \simeq 9{,}1 \times 10^{-8}\text{ m} = 91\text{ nm}

Pour les premières transitions visibles sur le spectre de la figure 2 :

  • Raie \text{Ly}\,\beta (n=3 \to 1) :

    \lambda_\beta = \frac{\lambda_\infty}{1 - \frac{1}{9}} = \frac{9}{8} \lambda_\infty \simeq \frac{9}{8} \times 91{,}0\text{ nm} \simeq 102\text{ nm}
  • Raie \text{Ly}\,\gamma (n=4 \to 1) :

    \lambda_\gamma = \frac{\lambda_\infty}{1 - \frac{1}{16}} = \frac{16}{15} \lambda_\infty \simeq \frac{16}{15} \times 91{,}0\text{ nm} \simeq 97\text{ nm}

Sur la figure 2, la raie marquée \text{Ly}\,\beta se situe précisément vers \lambda \simeq 103\text{ nm}, la raie \text{Ly}\,\gamma vers \lambda \simeq 97\text{ nm}, et l'accumulation des raies tend vers la limite de série à gauche autour de 91\text{ nm} - 92\text{ nm}.

L'accord est excellent :

\boxed{\text{L'affirmation est vérifiée : les raies observées correspondent bien à la série de Lyman.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention à ne pas confondre l'énergie de l'électron avec celle du photon émis, qui est une différence d'énergie.

« Choix du système : il ne faut pas confondre l’énergie de l’électron et l’énergie du photon qui est une différence d’énergie électronique. Cela a perdu beaucoup de candidats. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, BCPST1

Chapitre : Physique quantique › Quantification et confinement

Notions : niveau d'énergie, spectre d'émission

La raie la plus marquée du spectre est la raie LYMAN notée Ly sur le spectre de la figure 2. On constate que la raie LYMAN est plus proche de la raie LYMAN que cette dernière est proche de la raie LYMAN . Expliquer.

Voir l'indice

Exprimer l'écart énergétique entre niveaux successifs \Delta E_{n\to 1} en fonction de n, et constater que les niveaux s'accumulent au fur et à mesure que n augmente vers le continuum.

Voir la stratégie
  1. Identifier les transitions électroniques associées aux raies Ly \beta, Ly \gamma et Ly \delta de la série de Lyman.
  2. Exprimer l'écart en énergie et en longueur d'onde entre raies successives pour mettre en évidence le phénomène d'accumulation vers la limite de la série.
Voir la réponse courte

L'écart énergétique entre niveaux successifs décroît en 1/n^3, ce qui entraîne le resserrement des longueurs d'onde des raies successives.

Voir le corrigé complet

Les raies de la série de Lyman correspondent aux transitions désexcitatrices depuis un niveau quantique initial n > 1 vers le niveau fondamental n_f = 1 :

  • raie Ly \beta : transition n = 3 \to 1 ;
  • raie Ly \gamma : transition n = 4 \to 1 ;
  • raie Ly \delta : transition n = 5 \to 1.

D'après la formule de Bohr rappelée dans l'énoncé, l'énergie d'un photon émis lors de la transition n \to 1 s'écrit :

\Delta E_n = E_n - E_1 = E_0\left(1 - \frac{1}{n^2}\right) = \frac{hc}{\lambda_n}

d'où l'expression de la longueur d'onde de la raie associée :

\lambda_n = \frac{hc}{E_0}\frac{n^2}{n^2 - 1} = \lambda_\infty \frac{n^2}{n^2 - 1}

où \lambda_\infty = \frac{hc}{E_0} \simeq 91\text{ nm} représente la limite de la série de Lyman (n \to \infty).

Calculons les écarts en longueur d'onde entre raies consécutives :

\begin{aligned} \lambda_\beta - \lambda_\gamma &= \lambda_3 - \lambda_4 = \lambda_\infty \left(\frac{9}{8} - \frac{16}{15}\right) = \frac{7}{120}\lambda_\infty \simeq 0{,}058\,\lambda_\infty \simeq 5{,}3\text{ nm} \\ \lambda_\gamma - \lambda_\delta &= \lambda_4 - \lambda_5 = \lambda_\infty \left(\frac{16}{15} - \frac{25}{24}\right) = \frac{3}{120}\lambda_\infty = \frac{1}{40}\lambda_\infty \simeq 0{,}025\,\lambda_\infty \simeq 2{,}3\text{ nm} \end{aligned}

On constate donc explicitement que :

\boxed{\lambda_\gamma - \lambda_\delta < \lambda_\beta - \lambda_\gamma}

Physiquement, comme les niveaux d'énergie de l'hydrogène varient en -1/n^2, l'écart entre niveaux successifs \Delta E_{n+1,n} = E_{n+1}-E_n \sim \frac{2E_0}{n^3} décroît très rapidement lorsque n augmente. Les raies d'émission se resserrent ainsi progressivement pour s'accumuler au voisinage de la longueur d'onde limite \lambda_\infty.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une argumentation qualitative doit être rigoureuse, explicite et en accord avec les observations.

« Une réponse qualitative était acceptée, pourvu qu’elle soit rigoureusement logique et suffisamment explicite. »

« La rédaction d’une réponse qualitative reste difficile, des conclusions à l’opposé des observations ont été vues. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 5

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique

Notions : élargissement doppler, température cinétique, vitesse quadratique moyenne

La résolution spectrale du spectromètre utilisé dans la mission FUSE permet d'étudier la forme d'étaillée des différentes raies. Sur la figure 3 on peut voir que les raies possèdent une certaine largeur autour d'une longueur d'onde particulière. A quoi est dû cet élargissement ? En supposant que l'hydrogène qui émet ce rayonnement est un gaz parfait déterminer une relation entre notamment , et une caractéristique thermodynamique de l'étoile.

Voir l'indice

Relier l'élargissement spectral à l'effet Doppler dû à l'agitation thermique des atomes, en estimant la vitesse thermique typique v_{\text{th}} = \sqrt{k_B T / m_p} par le théorème de l'équipartition de l'énergie.

Voir la stratégie
  1. Identifier la cause physique de l'élargissement : la distribution des vitesses des atomes émetteurs conduit, par effet Doppler-Fizeau, à un étalement des longueurs d'onde reçues (élargissement thermique).
  2. Exprimer le décalage Doppler en fonction de la composante de vitesse le long de la ligne de visée.
  3. Relier la vitesse caractéristique des atomes à la température T du gaz parfait grâce à la théorie cinétique des gaz (ou théorème de l'équipartition de l'énergie).
Voir la réponse courte

Élargissement Doppler thermique : l'écart spectral \delta\lambda/\lambda \sim v^*/c est relié à la vitesse quadratique moyenne et donc à \sqrt{T}.

Voir le corrigé complet

1. Origine de l'élargissement :

Cet élargissement est dû à l'effet Doppler thermique : les atomes d'hydrogène de l'atmosphère stellaire sont animés d'un mouvement d'agitation thermique aléatoire. Les atomes s'approchant ou s'éloignant de l'observateur émettent des photons dont la longueur d'onde perçue est décalée vers le bleu ou vers le rouge par effet Doppler-Fizeau. La superposition de ces contributions pour une distribution de vitesses produit une raie élargie de profil gaussien (comme observé sur la figure 3).

2. Relation entre \delta\lambda, \lambda et la température T :

Considérons un atome d'hydrogène de masse m_H \simeq m_p se déplaçant à la vitesse v_\parallel le long de la ligne de visée de l'observateur. Dans le cadre non relativiste (v_\parallel \ll c), le décalage Doppler de la longueur d'onde reçue par rapport à la longueur d'onde propre d'émission \lambda s'écrit :

\frac{\Delta\lambda}{\lambda} = \frac{v_\parallel}{c}

L'hydrogène étant modélisé comme un gaz parfait à l'équilibre thermodynamique à la température T, la distribution des vitesses suit la loi de Maxwell-Boltzmann. D'après le théorème de l'équipartition de l'énergie, l'énergie cinétique moyenne associée au degré de liberté selon la ligne de visée vérifie :

\frac{1}{2} m_p \langle v_\parallel^2 \rangle = \frac{1}{2} k_B T \implies v_{\text{th}} = \sqrt{\langle v_\parallel^2 \rangle} = \sqrt{\frac{k_B T}{m_p}}

La dispersion ou largeur typique \delta\lambda de la raie est donc directement reliée à la dispersion de vitesse thermique v_{\text{th}} par :

\frac{\delta\lambda}{\lambda} \sim \frac{v_{\text{th}}}{c} = \frac{1}{c} \sqrt{\frac{k_B T}{m_p}}

Soit, en isolant \delta\lambda :

\boxed{\delta\lambda \sim \frac{\lambda}{c} \sqrt{\frac{k_B T}{m_p}}}

où la caractéristique thermodynamique de l'étoile est la température T de son atmosphère.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait identifier la cause physique du phénomène observé plutôt que se borner à le décrire.

« Question de culture générale en physique pour laquelle nous avons eu quelques réponses convenables. Certains décrivent le phénomène au lieu d’en chercher la cause. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI

Chapitre : Physique quantique › Quantification et confinement

Notions : modèle de bohr, énergie d'ionisation

Établir l'expression de en fonction de , , et .

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Appliquer le principe fondamental de la dynamique à l'électron en orbite circulaire de rayon r soumis à la force coulombienne, exprimer l'énergie mécanique totale, puis injecter la condition de quantification du moment cinétique L = m_e v r = n\hbar.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à l'électron en orbite circulaire uniforme autour du proton supposé fixe (approximation du noyau infiniment lourd).
  2. Exprimer l'énergie mécanique totale de l'électron en fonction de la distance r au noyau.
  3. Utiliser la condition de quantification du moment cinétique de Bohr pour exprimer le rayon r_n des orbites permises, puis en déduire l'énergie E_n et identifier E_0.
Voir la réponse courte

Modèle de Bohr : équilibre circulaire newtonien et quantification du moment cinétique orbital pour déterminer l'énergie de référence E_0.

Voir le corrigé complet

Le noyau (proton), beaucoup plus lourd que l'électron (m_p \gg m_e), est supposé immobile à l'origine O du référentiel galiléen d'étude.

L'électron, de masse m_e et de charge -e, décrit une trajectoire circulaire de rayon r à la vitesse v. Il est soumis à la force électrostatique attractive exercée par le noyau de charge +e :

\vec{F} = -\frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 r^2}\,\widehat{e}_r

Le mouvement étant circulaire uniforme, l'accélération est purement centripète : \vec{a} = -\dfrac{v^2}{r}\widehat{e}_r. Le principe fondamental de la dynamique projeté sur l'axe radial donne :

m_e \frac{v^2}{r} = \frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 r^2} \implies m_e v^2 = \frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 r}

L'énergie cinétique de l'électron s'écrit alors :

E_c = \frac{1}{2}m_e v^2 = \frac{e^2}{8\pi\varepsilon_0 r}

En choisissant une énergie potentielle nulle à l'infini, l'énergie potentielle électrostatique est :

E_p = -\frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 r}

L'énergie mécanique totale vaut donc :

E = E_c + E_p = -\frac{e^2}{8\pi\varepsilon_0 r}

D'après le postulat de Bohr, le moment cinétique scalaire L = m_e v r est quantifié selon :

L = m_e v r = n\hbar \quad (n \in \mathbb{N}^*) \implies v = \frac{n\hbar}{m_e r}

En réinjectant cette expression dans la relation dynamique m_e v^2 r = \dfrac{e^2}{4\pi\varepsilon_0} :

m_e \left(\frac{n\hbar}{m_e r}\right)^2 r = \frac{n^2\hbar^2}{m_e r} = \frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0}

On en déduit le rayon de l'orbite quantifiée associée à l'entier n :

r_n = \frac{4\pi\varepsilon_0\hbar^2}{m_e e^2}\,n^2

L'énergie mécanique correspondante s'exprime ainsi :

E_n = -\frac{e^2}{8\pi\varepsilon_0 r_n} = -\frac{m_e e^4}{32\pi^2\varepsilon_0^2\hbar^2}\,\frac{1}{n^2}

Par identification avec E_n = -\dfrac{E_0}{n^2}, on obtient :

\boxed{E_0 = \frac{m_e e^4}{32\pi^2\varepsilon_0^2\hbar^2}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Cette étude classique nécessite deux équations et un formalisme vectoriel rigoureux sans omettre la projection.

« Question de mécanique peu réussie. L’étude d’une trajectoire circulaire dans un champ newtonien est classique. Techniquement, il faut 2 équations pour éliminer 2 inconnues. »

« rappelons que la projection d’une égalité vectorielle ne consiste pas à ôter les flèches des vecteurs ; il faut choisir les coordonnées adéquates et appliquer les savoir-faire du cours de cinématique. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 7

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique

Notions : loi de planck, loi de wien, corps noir

On s'intéresse au maximum de la densité spectrale de rayonnement pour une température fixée. En posant , déterminer l'équation vérifiée par qui assure un extremum à la fonction . On expliquera rapidement pourquoi la recherche d'un extremum pour permet de trouver un extremum pour .

Voir l'indice

Dériver u par rapport à x ou à \lambda en utilisant la règle de dérivation en chaîne, puis traduire la condition d'annulation de la dérivée sous la forme d'une équation transcendante en x.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la densité spectrale d'énergie u en fonction de la variable adimensionnée x = \frac{hc}{\lambda k_B T}.
  2. Justifier la correspondance des extrema entre u(\lambda) et u(x) à l'aide du théorème de dérivation des fonctions composées et de la stricte monotonie du changement de variable.
  3. Calculer la dérivée \frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}x} et poser l'équation d'annulation pour obtenir l'équation transcendante vérifiée par x.
Voir la réponse courte

Dérivation de la densité spectrale de Planck par rapport à x et annulation de la dérivée pour trouver l'équation de l'extremum.

Voir le corrigé complet

À température T fixée, la variable x est définie par :

x = \frac{hc}{\lambda k_B T} \quad \implies \quad \frac{1}{\lambda} = \frac{k_B T}{hc} x

En injectant cette relation dans la loi de Planck, la densité spectrale u s'écrit sous la forme :

u = 8\pi hc \left(\frac{k_B T}{hc}\right)^5 \frac{x^5}{\mathrm{e}^x - 1} = \frac{8\pi (k_B T)^5}{(hc)^4} f(x) \quad \text{avec} \quad f(x) = \frac{x^5}{\mathrm{e}^x - 1}

La fonction \lambda \mapsto x(\lambda) réalise une bijection strictement décroissante de ]0, +\infty[ sur ]0, +\infty[, et sa dérivée :

\frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}\lambda} = -\frac{hc}{\lambda^2 k_B T} = -\frac{x}{\lambda}

ne s'annule en aucun point de ]0, +\infty[. Par dérivation d'une fonction composée :

\frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}\lambda} = \frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}x} \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}\lambda}

Comme \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}\lambda} \neq 0, la condition d'extremum \frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}\lambda} = 0 équivaut rigoureusement à \frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}x} = 0 (avec changement de signe traduisant le fait qu'un maximum en \lambda correspond à un maximum en x).

Calculons la dérivée de f par rapport à x pour x > 0 :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}f}{\mathrm{d}x} &= \frac{5x^4(\mathrm{e}^x - 1) - x^5 \mathrm{e}^x}{(\mathrm{e}^x - 1)^2} \\ &= \frac{x^4 \mathrm{e}^x}{(\mathrm{e}^x - 1)^2} \left[ 5(1 - \mathrm{e}^{-x}) - x \right] \end{aligned}

Pour x > 0, le facteur \frac{x^4 \mathrm{e}^x}{(\mathrm{e}^x - 1)^2} est strictement positif. L'annulation de la dérivée conduit donc à l'équation transcendante :

\boxed{x = 5\left(1 - \mathrm{e}^{-x}\right)}

(que l'on peut également écrire sous la forme \mathrm{e}^{-x} = 1 - \frac{x}{5}).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pour déterminer un extremum après changement de variable, il faut justifier sa bijection, par stricte monotonie.

« Quand il y a un changement de variable, celui-ci doit être bijectif. Un argument de stricte monotonie nous contentait. »

« Des périphrases comme "les deux variables sont liées" sont insuffisantes. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique

Notions : loi de wien, corps noir

Montrer, moyennant une approximation raisonnable, que est maximale pour une valeur entière de . En déduire, dans cette approximation, une expression du produit de la longueur d'onde obtenue lorsque est maximale et de la température en fonction de constantes fondamentales de la physique.

Voir l'indice

Remarquer que pour x de l'ordre de quelques unités, l'exponentielle négative \mathrm{e}^{-x} est très petite devant 1, ce qui permet d'arrondir x à l'entier le plus proche et d'en déduire directement la relation \lambda_{\max} T.

Voir la stratégie
  1. Repartir de la relation implicite obtenue à la question Q7 : x = 5(1 - \mathrm{e}^{-x}).
  2. Justifier l'approximation consistant à négliger \mathrm{e}^{-x} devant 1 pour en déduire la valeur entière de x.
  3. Exprimer \lambda_{\max} T à partir de la définition de x.
Voir la réponse courte

Approximation e^{-x} \ll 1 menant à x \simeq 5, d'où la constante de la loi du déplacement de Wien \lambda_{\max} T \simeq hc/(5k_B).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q7, l'extremum de la densité spectrale d'énergie u est atteint pour une valeur de x vérifiant l'équation implicite :

x = 5\left(1 - \mathrm{e}^{-x}\right)

Pour x de l'ordre de quelques unités, le terme exponentiel décroissant \mathrm{e}^{-x} devient très rapidement négligeable devant 1 :

\mathrm{e}^{-x} \ll 1

Sous cette approximation tout à fait raisonnable, l'équation se simplifie immédiatement en :

\boxed{ x \simeq 5 }

qui est bien une valeur entière.

Par définition du changement de variable introduit à la question Q7 :

x = \frac{hc}{\lambda_{\max} k_B T}

On en déduit l'expression du produit \lambda_{\max} T au maximum du spectre :

\boxed{ \lambda_{\max} T = \frac{hc}{5 k_B} }

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait négliger le terme en exponentielle plutôt que tenter un développement limité incohérent en zéro.

« Question moyennement réussie qui demandait d’envisager de négliger e−x. De nombreux cas d’incohérence d’un développement limité de exp(x) au voisinage de 0 pour conclure x = 4. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique

Notions : loi de wien, température de surface

Déterminer la température de la surface de l'étoile naine LAWD 21.

Voir l'indice

Lire graphiquement la longueur d'onde \lambda_{\max} correspondant au sommet de la composante continue sur la figure 2, puis utiliser la loi de Wien fournie.

Voir la stratégie
  1. Repérer sur la figure 2 le maximum de la courbe continue correspondant au meilleur ajustement par la loi de Planck pour en déduire la longueur d'onde d'émission maximale \lambda_{\max}.
  2. Appliquer la loi de déplacement de Wien fournie par l'énoncé, \lambda_{\max} T \simeq 3\text{ mm}\cdot\text{K}, en respectant la consigne d'un unique chiffre significatif.
Voir la réponse courte

Lecture de la longueur d'onde du maximum d'émission sur le spectre et application de la loi de Wien pour déduire T.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 2, la courbe théorique de Planck (courbe continue ajustant le spectre d'émission) atteint son maximum pour une longueur d'onde :

\lambda_{\max} \simeq 106\text{ nm} \simeq 1{,}1 \times 10^{-7}\text{ m}

En utilisant la loi de Wien sous la forme donnée par l'énoncé, \lambda_{\max} T \simeq 3\text{ mm}\cdot\text{K} = 3 \times 10^{-3}\text{ m}\cdot\text{K}, la température de surface T_s de la naine blanche LAWD 21 s'écrit :

T_s = \frac{\lambda_{\max} T}{\lambda_{\max}}

Numériquement :

T_s \simeq \frac{3 \times 10^{-3}\text{ m}\cdot\text{K}}{1{,}1 \times 10^{-7}\text{ m}} \simeq 2{,}8 \times 10^4\text{ K}

Avec un seul chiffre significatif conformément aux consignes de l'énoncé :

\boxed{T_s \simeq 3 \times 10^4\text{ K}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait repérer et utiliser la courbe de la loi de Planck directement tracée sur le spectre fourni.

« Cette question a souvent posé un problème d’appropriation de l’énoncé : la courbe de la loi de Planck du spectre est explicitement donnée dans la figure 2. »

« Les questions Q9, Q11 et Q16 montrent combien il reste difficile de s’approprier l’énoncé et d’en retranscrire les informations dans les grandeurs physiques employées. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

Question déjà tombée ailleurs

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Partie III : Estimation du rayon de la naine blanche

Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique

Notions : facteur de boltzmann, énergie thermique, énergie d'ionisation

L'énergie de première ionisation du carbone est , celle de seconde ionisation , et celle de dernière ionisation est . Un atome de carbone présent à la surface de la naine blanche est-il à l'état atomique ou ionisé ? On précisera le cas échéant son degré d'ionisation.

Voir l'indice

Comparer l'énergie thermique typique k_B T_s issue de la température de surface déterminée à la question précédente aux énergies d'ionisation successives du carbone fournies.

Voir la stratégie
  1. Évaluer l'énergie caractéristique disponible à la surface de l'étoile, soit sous forme thermique (k_B T_s), soit sous forme radiative par l'énergie des photons au maximum d'émission du spectre de corps noir (h\nu_{\max} = \frac{hc}{\lambda_{\max}}).
  2. Comparer cette énergie caractéristique aux différentes énergies d'ionisation du carbone (E_{i1}, E_{i2}, E_{i6}) pour en déduire l'état d'ionisation et le degré d'ionisation prépondérant à la surface.
Voir la réponse courte

Comparaison de l'énergie thermique k_B T aux potentiels d'ionisation successifs du carbone pour conclure sur le degré d'ionisation.

Voir le corrigé complet

À la surface de l'étoile naine, la température a été déterminée à la question Q9 : T_s \simeq 3 \times 10^4\text{ K}.

L'énergie thermique caractéristique par particule est :

k_B T_s \simeq 1{,}4 \times 10^{-23} \times 3 \times 10^4 = 4{,}2 \times 10^{-19}\text{ J}

En convertissant en électron-volts avec 1\text{ eV} = 1{,}6 \times 10^{-19}\text{ J} :

k_B T_s \simeq \frac{4{,}2 \times 10^{-19}}{1{,}6 \times 10^{-19}} \simeq 2{,}6\text{ eV} \approx 3\text{ eV}

De même, l'énergie des photons correspondant au maximum d'émission du corps noir (\lambda_{\max} \simeq 100\text{ nm} = 1{,}0 \times 10^{-7}\text{ m}) vaut :

E_{\text{ph}} = \frac{hc}{\lambda_{\max}} \simeq \frac{6{,}6 \times 10^{-34} \times 3{,}0 \times 10^8}{1{,}0 \times 10^{-7}} \simeq 2{,}0 \times 10^{-18}\text{ J} \simeq 12\text{ eV}

Comparons ces grandeurs aux énergies d'ionisation successives :

  • L'énergie de première ionisation E_{i1} \simeq 11\text{ eV} est inférieure à l'énergie des photons les plus abondants (E_{\text{ph}} \simeq 12\text{ eV}) et accessible dans la queue de distribution thermique de Maxwell-Boltzmann (les collisions inélastiques et la photo-ionisation sont très efficaces).
  • L'énergie de deuxième ionisation E_{i2} \simeq 24\text{ eV} est deux fois plus élevée que E_{\text{ph}} et représente près de dix fois l'énergie thermique (E_{i2} \approx 9\, k_B T_s), ce qui rend la seconde ionisation très minoritaire.
  • L'énergie de dernière ionisation E_{i6} \simeq 490\text{ eV} est très largement supérieure aux énergies disponibles (E_{i6} \gg k_B T_s).

Par conséquent, un atome de carbone présent à la surface de la naine blanche est ionisé, avec un degré d'ionisation égal à 1 (ion \mathrm{C}^+ prédominant).

\boxed{\text{À la surface, le carbone est ionisé avec un degré d'ionisation } z = 1 \text{ (ion } \mathrm{C}^+\text{)}.}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait étudier le carbone à la surface en mobilisant l'énergie d'agitation thermique kBT et des lois physiques.

« Il y a un problème sur le choix du système quand on évoque l’hydrogène atmosphérique de l’étoile alors que la question porte sur le carbone à la surface. »

« Le concept d’énergie d’agitation thermique kBT est méconnu.Trop de réponses fondées sur une opinion, les explications ne relevant d’aucune loi de la physique »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 11

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Structure de la matière › Atomistique et classification périodique

Notions : composition isotopique, conservation de la masse

En considérant que l'essentiel de la masse de la naine blanche est constitué par des atomes de carbone totalement ionisés, exprimer le nombre d'électrons contenus dans cette étoile en fonction de et la masse d'un proton.

Voir l'indice

Chaque atome de carbone ^{12}\mathrm{C} possède 6 protons, 6 neutrons (donc une masse nucléaire proche de 12 m_p) et libère 6 électrons lors de son ionisation totale.

Voir la réponse courte

Chaque atome de ^{12}\mathrm{C} ionisé possède 6 électrons pour une masse 12 m_p, d'où le nombre total d'électrons N_e = M_\star / (2 m_p).

Voir le corrigé complet

L'étoile est modélisée comme étant constituée d'atomes de carbone ^{12}\mathrm{C} intégralement ionisés (Z = 6, A = 12).

La masse d'un électron étant négligeable devant celle d'un nucléon (m_e \ll m_p), et sachant que m_n \simeq m_p, la masse d'un noyau de carbone-12 vaut :

m_{\mathrm{C}} \simeq 12\,m_p

Si l'étoile contient N_C noyaux de carbone, sa masse totale s'écrit :

M_\star \simeq N_C \, m_{\mathrm{C}} \simeq 12 \, N_C \, m_p \implies N_C = \frac{M_\star}{12\,m_p}

Chaque atome de carbone étant totalement ionisé, il libère ses Z = 6 électrons. Le nombre total d'électrons contenus dans la naine blanche est donc :

N_e = 6\,N_C = 6 \times \frac{M_\star}{12\,m_p}

d'où :

\boxed{N_e = \frac{M_\star}{2\,m_p}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Prenez garde à ne pas confondre protons et nucléons en traduisant les données de l'énoncé.

« Des confusions entre protons et nucléons, voir aussi les commentaires généraux. »

« Les questions Q9, Q11 et Q16 montrent combien il reste difficile de s’approprier l’énoncé et d’en retranscrire les informations dans les grandeurs physiques employées. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique

Notions : analyse dimensionnelle, pression

Par analyse dimensionnelle, justifier le fait que est bien une pression.

Voir l'indice

Déterminer la dimension de chaque grandeur intervenant dans l'expression de P_e ([\hbar] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-1}, [V_\star] = \mathrm{L}^3) et vérifier que [P_e] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-2}.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la dimension d'une pression en unités de base du système international (MKSA) ou à partir d'une densité volumique d'énergie.
  2. Déterminer la dimension de la constante de Planck réduite \hbar, de la masse m_e et de la concentration volumique N_e / V_\star.
  3. Combiner ces dimensions pour obtenir la dimension de P_e et conclure.
Voir la réponse courte

Analyse dimensionnelle de l'expression de Fowler en reliant \hbar, m_e et la densité volumique à [\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-2}].

Voir le corrigé complet

Une pression est homogène à une force par unité de surface, ou de manière équivalente à une énergie par unité de volume :

[P] = \frac{[F]}{[S]} = \frac{\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-2}}{\mathrm{L}^2} = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-2}

Examinons la dimension des différents termes intervenant dans l'expression de la pression de dégénérescence quantique :

P_e = \frac{\pi^{4/3}}{15}\frac{\hbar^2}{m_e}\left(\frac{3N_e}{V_{\star}}\right)^{5/3}
  • Le préfacteur \dfrac{\pi^{4/3}}{15} \times 3^{5/3} ainsi que le nombre d'électrons N_e sont sans dimension : [N_e] = 1.
  • Le volume V_\star a pour dimension une longueur au cube : [V_\star] = \mathrm{L}^3, d'où :

    \left[\left(\frac{N_e}{V_\star}\right)^{5/3}\right] = (\mathrm{L}^{-3})^{5/3} = \mathrm{L}^{-5}
  • La masse m_e a pour dimension une masse : [m_e] = \mathrm{M}.
  • La constante de Planck réduite \hbar a la dimension d'un moment cinétique ou d'une action (E = \hbar\omega) :

    [\hbar] = \frac{[E]}{[\omega]} = \frac{\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-2}}{\mathrm{T}^{-1}} = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-1}

    Par conséquent :

    [\hbar^2] = \mathrm{M}^2\cdot\mathrm{L}^4\cdot\mathrm{T}^{-2}

En combinant ces grandeurs :

\begin{aligned} [P_e] &= \left[\frac{\hbar^2}{m_e}\right] \left[\left(\frac{N_e}{V_\star}\right)^{5/3}\right] \\ &= \frac{\mathrm{M}^2\cdot\mathrm{L}^4\cdot\mathrm{T}^{-2}}{\mathrm{M}} \times \mathrm{L}^{-5} \\ &= (\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^4\cdot\mathrm{T}^{-2}) \times \mathrm{L}^{-5} \\ &= \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-2} \end{aligned}

On retrouve bien :

\boxed{[P_e] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-2} = [P]}

P_e a donc bien la dimension d'une pression (exprimée en pascals, \mathrm{Pa}).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'analyse dimensionnelle d'une grandeur comme la pression doit toujours s'appuyer sur une formule.

« La dimension d’une énergie, d’une force, d’une pression se justifie au moyen d’une formule. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Mécanique › Mouvement dans un champ de force centrale

Notions : loi de gravitation universelle, énergie potentielle gravitationnelle

Rappeler l'expression de la force gravitationnelle existant entre deux corps ponctuels de masse et séparés par une distance . En déduire l'expression de l'énergie potentielle gravitationnelle de ce système à deux corps.

Voir l'indice

Écrire la force de gravitation newtonienne régissant le système à deux masses ponctuelles, puis intégrer le travail élémentaire depuis l'infini avec la condition aux limites standard E_p(\infty) = 0.

Voir la réponse courte

Expression de la force de gravitation newtonienne et déduction par intégration de l'énergie potentielle E_p(r) = -G m_1 m_2 / r.

Voir le corrigé complet

Considérons deux corps ponctuels de masses respectives m_1 et m_2, situés aux points M_1 et M_2 séparés d'une distance r = M_1 M_2.

D'après la loi de la gravitation universelle de Newton, la force gravitationnelle exercée par le corps 1 sur le corps 2 s'écrit :

\boxed{\vec{F}_{1\to 2} = -\frac{G m_1 m_2}{r^2}\,\widehat{u}_{1\to 2}}

où \widehat{u}_{1\to 2} = \frac{\overrightarrow{M_1 M_2}}{r} est le vecteur unitaire dirigé de 1 vers 2, le signe négatif traduisant le caractère attractif de l'interaction.

Cette force dérive d'une énergie potentielle d'interaction E_p(r). Le travail élémentaire reçu par le système lors d'une variation relative \mathrm{d}\vec{r} = \mathrm{d}r\,\widehat{u}_{1\to 2} s'écrit :

\delta W = \vec{F}_{1\to 2}\cdot\mathrm{d}\vec{r} = -\frac{G m_1 m_2}{r^2}\,\mathrm{d}r = -\mathrm{d}E_p

On en déduit :

\frac{\mathrm{d}E_p}{\mathrm{d}r} = \frac{G m_1 m_2}{r^2} \implies E_p(r) = -\frac{G m_1 m_2}{r} + \text{cte}

En choisissant conventionnellement la référence d'énergie potentielle nulle pour des masses infiniment éloignées (\lim_{r\to+\infty} E_p(r) = 0), la constante d'intégration est nulle, d'où :

\boxed{E_p(r) = -\frac{G m_1 m_2}{r}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question de cours bien traitée dans l'ensemble, malgré des erreurs de signe.

« Question de cours bien réussie dans l’ensemble, des erreurs de signe. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 14

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique ; Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : travail des forces de pression, énergie potentielle gravitationnelle

En considérant le travail élémentaire des forces de gravitation lors d'une variation du volume de l'étoile, donner l'expression de la pression d'origine gravitationnelle.

Voir l'indice

Utiliser la relation thermodynamique reliant le travail élémentaire des forces de pression gravitationnelle à la variation d'énergie potentielle : \delta W_g = - \mathrm{d}E_g = - P_g\,\mathrm{d}V_\star, avec \mathrm{d}V_\star = 4\pi R_\star^2\,\mathrm{d}R_\star.

Voir la stratégie
  1. Relier le travail élémentaire \delta W_g des forces conservatives d'auto-gravitation à la variation de l'énergie potentielle gravitationnelle \mathrm{d}E_g.
  2. Exprimer ce travail sous la forme d'un travail de forces de pression \delta W_g = -P_g\,\mathrm{d}V_\star, où P_g représente la pression gravitationnelle (positive) tendant à comprimer l'étoile.
  3. Calculer la dérivée \frac{\mathrm{d}E_g}{\mathrm{d}V_\star} = \frac{\mathrm{d}E_g}{\mathrm{d}R_\star}\frac{\mathrm{d}R_\star}{\mathrm{d}V_\star} pour en déduire l'expression explicite de P_g.
Voir la réponse courte

Identification du travail élémentaire \delta W = -P_g \mathrm{d}V_\star = -\mathrm{d}E_{p,\mathrm{grav}} pour dériver la pression gravitationnelle moyenne.

Voir le corrigé complet

Les forces de gravitation étant conservatives, le travail élémentaire qu'elles développent lors d'une modification de la configuration de l'étoile s'écrit :

\delta W_g = -\mathrm{d}E_g

Les forces d'auto-gravitation s'opposent à une dilatation de l'étoile (\delta W_g < 0 si \mathrm{d}V_\star > 0) ; elles exercent donc une action compressive équivalente à une pression P_g > 0, dont le travail mécanique d'expansion associé est :

\delta W_g = -P_g\,\mathrm{d}V_\star

On en déduit l'expression thermodynamique de la pression gravitationnelle :

P_g = \frac{\mathrm{d}E_g}{\mathrm{d}V_\star}

L'étoile étant assimilée à une sphère de rayon R_\star, son volume vaut :

V_\star = \frac{4}{3}\pi R_\star^3 \implies \mathrm{d}V_\star = 4\pi R_\star^2\,\mathrm{d}R_\star \iff \frac{\mathrm{d}R_\star}{\mathrm{d}V_\star} = \frac{1}{4\pi R_\star^2}

L'énergie potentielle gravitationnelle s'écrivant E_g = -\dfrac{3GM_\star^2}{5R_\star}, sa dérivée par rapport au rayon est :

\frac{\mathrm{d}E_g}{\mathrm{d}R_\star} = \frac{3GM_\star^2}{5R_\star^2}

Il vient ainsi :

P_g = \frac{\mathrm{d}E_g}{\mathrm{d}R_\star}\,\frac{\mathrm{d}R_\star}{\mathrm{d}V_\star} = \frac{3GM_\star^2}{5R_\star^2} \times \frac{1}{4\pi R_\star^2}
\boxed{P_g = \frac{3GM_\star^2}{20\pi R_\star^4}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Définissez la pression par une relation différentielle et menez la dérivation par rapport à une seule variable.

« Question un peu plus technique : il faut y définir la pression par une relation différentielle (δW = −PgdV ∗= −dEg), savoir écrire dV ∗= 4πR∗2dR∗et poser correctement la dérivation. »

« Ici, quand on a su définir la pression, c’est le calcul différentiel qui pose le plus souvent problème. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 15

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique

Notions : pression de dégénérescence, équilibre mécanique

Déterminer l'expression du rayon de la naine blanche à l'équilibre en fonction de , , , et . Sachant que , et en prenant , estimer l'ordre de grandeur de selon la théorie de FOWLER.

Voir l'indice

Égaler la pression gravitationnelle P_g et la pression de dégénérescence quantique de Fowler P_e, en exprimant le volume V_\star en fonction de R_\star, puis isoler R_\star et calculer sa valeur numérique.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la pression de dégénérescence quantique P_e en fonction de M_\star, R_\star et des constantes physiques en utilisant les résultats des questions Q11 (N_e) et l'expression du volume sphérique V_\star.
  2. Égaler la pression de dégénérescence P_e à la pression gravitationnelle P_g obtenue à la question Q14 pour en déduire l'expression analytique du rayon R_\star.
  3. Réaliser l'application numérique avec les données du problème et l'aide au calcul fournie pour déterminer l'ordre de grandeur de R_\star.
Voir la réponse courte

Égalité de la pression de dégénérescence électronique et de la pression gravitationnelle à l'équilibre, d'où le rayon R_\star \propto M_\star^{-1/3}.

Voir le corrigé complet

L'étoile est modélisée par une sphère de rayon R_\star, de volume V_\star = \dfrac{4}{3}\pi R_\star^3.

D'après le résultat de la question Q11, le nombre d'électrons libres est N_e = \dfrac{M_\star}{2m_p}. On a donc :

\frac{3N_e}{V_\star} = \frac{3 \left(\dfrac{M_\star}{2m_p}\right)}{\dfrac{4}{3}\pi R_\star^3} = \frac{9 M_\star}{8\pi m_p R_\star^3}

En injectant cette relation dans l'expression de la pression de dégénérescence de Fowler :

\begin{aligned} P_e &= \frac{\pi^{4/3}}{15} \frac{\hbar^2}{m_e} \left(\frac{9M_\star}{8\pi m_p R_\star^3}\right)^{5/3} \\ &= \frac{\pi^{4/3}}{15} \frac{\hbar^2}{m_e} \frac{9^{5/3} M_\star^{5/3}}{8^{5/3} \pi^{5/3} m_p^{5/3} R_\star^5} \\ &= \frac{1}{15 \pi^{1/3}} \frac{\hbar^2}{m_e} \frac{9 \times 9^{2/3}}{32 \, m_p^{5/3}} \frac{M_\star^{5/3}}{R_\star^5} \\ &= \frac{3 \cdot 9^{2/3}}{160 \pi^{1/3}} \frac{\hbar^2}{m_e m_p^{5/3}} \frac{M_\star^{5/3}}{R_\star^5} \end{aligned}

car 8^{5/3} = (2^3)^{5/3} = 2^5 = 32.

D'après la question Q14, la pression d'origine gravitationnelle s'écrit :

P_g = \frac{3GM_\star^2}{20\pi R_\star^4}

À l'équilibre, la pression gravitationnelle compense la pression de dégénérescence quantique (P_e = P_g) :

\frac{3 \cdot 9^{2/3}}{160 \pi^{1/3}} \frac{\hbar^2}{m_e m_p^{5/3}} \frac{M_\star^{5/3}}{R_\star^5} = \frac{3GM_\star^2}{20\pi R_\star^4}

On en déduit l'expression du rayon d'équilibre R_\star :

\begin{aligned} R_\star &= \frac{20\pi}{3GM_\star^2} \times \frac{3 \cdot 9^{2/3}}{160 \pi^{1/3}} \frac{\hbar^2 M_\star^{5/3}}{m_e m_p^{5/3}} \\ &= \frac{20}{160} \pi^{2/3} 9^{2/3} \frac{\hbar^2}{G m_e m_p^{5/3} M_\star^{1/3}} \\ &= \frac{1}{8} \frac{(9\pi)^{2/3}}{m_p^{5/3}} \frac{\hbar^2}{G m_e M_\star^{1/3}} \end{aligned}
\boxed{R_\star = \frac{1}{8}\frac{(9\pi)^{2/3}}{m_p^{5/3}} \frac{\hbar^2}{G m_e M_\star^{1/3}}}

Application numérique :

On écrit m_p = 1{,}7 \times 10^{-27}\text{ kg}, de sorte que :

\frac{1}{8} \frac{(9\pi)^{2/3}}{m_p^{5/3}} = \frac{1}{8} \frac{(9\pi)^{2/3}}{1{,}7^{5/3}} \times 10^{45}\text{ kg}^{-5/3} \simeq \frac{1}{2} \times 10^{45}\text{ kg}^{-5/3}

d'après l'indication numérique de l'énoncé.

Par ailleurs :

  • \hbar^2 = (1{,}1 \times 10^{-34})^2 \simeq 1{,}2 \times 10^{-68}\text{ J}^2\cdot\text{s}^2
  • G m_e = 6{,}7 \times 10^{-11} \times 9{,}1 \times 10^{-31} \simeq 6{,}1 \times 10^{-41}\text{ m}^3\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{s}^{-2}\cdot\text{kg}
  • M_\star^{1/3} = (10^{30})^{1/3} = 10^{10}\text{ kg}

Il vient alors :

\frac{\hbar^2}{G m_e M_\star^{1/3}} = \frac{1{,}2 \times 10^{-68}}{6{,}1 \times 10^{-41} \times 10^{10}} = \frac{1{,}2 \times 10^{-68}}{6{,}1 \times 10^{-31}} \simeq 2{,}0 \times 10^{-38}\text{ m}\cdot\text{kg}^{5/3}

On obtient finalement :

R_\star \simeq \left(0{,}5 \times 10^{45}\right) \times \left(2{,}0 \times 10^{-38}\right) \simeq 1 \times 10^7\text{ m}
\boxed{R_\star \simeq 1 \times 10^4\text{ km}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait égaler les pressions, préserver l'homogénéité, simplifier l'expression et mener le calcul numérique.

« L’énoncé indique qu’il faut égaler les deux pressions. Il faut avoir réussi les questions Q11 et Q14, mais des points sont accordés pourvu qu’il y ait cohérence du calcul et maintient de l’homogénéité. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Partie IV : Au cœur de la naine blanche

Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Structure de la matière › Cristallographie ; Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique

Notions : sphère de wigner-seitz, densité particulaire

Exprimer le nombre de noyaux d'atomes de carbone contenu dans la naine blanche en fonction de puis en fonction de et . En déduire une expression de en fonction de , et . L'évaluation de la valeur de conduit à .

Voir l'indice

Relier le nombre de noyaux de carbone N_c au nombre d'électrons N_e, exprimer le volume total de l'étoile sous la forme V_\star = N_c a^3, puis en déduire le paramètre de maille a.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le nombre de noyaux N_c à partir de la neutralité électrique globale (chaque atome de carbone Z = 6 apporte 6 électrons) puis de la masse totale de l'étoile M_\star \simeq 12 m_p N_c.
  2. Relier le volume élémentaire a^3 associé à chaque noyau au volume total de l'étoile V_\star = \frac{4}{3}\pi R_\star^3 pour en déduire l'expression de la maille a.
Voir la réponse courte

Relation N_c = N_e / 6, puis partition du volume stellaire en sphères de Wigner-Seitz de rayon a = R_\star N_c^{-1/3}.

Voir le corrigé complet

Le carbone possède un numéro atomique Z = 6. Les atomes étant intégralement ionisés au cœur de l'étoile, chaque atome libère 6 électrons. La neutralité globale impose donc :

N_e = 6 N_c \implies N_c = \frac{N_e}{6}

D'après la question Q11, la masse de l'étoile est essentiellement portée par les nucléons des noyaux de carbone-12 (A = 12). La masse d'un noyau étant m_c \simeq 12 m_p, la masse totale s'écrit M_\star = N_c m_c = 12 m_p N_c (résultat cohérent avec N_e = \frac{M_\star}{2 m_p}), d'où :

\boxed{N_c = \frac{N_e}{6} = \frac{M_\star}{12 m_p}}

Chaque noyau occupe le centre d'une cellule cubique de côté a et de volume a^3. Il y a ainsi un noyau par cellule élémentaire de volume a^3. Le volume total V_\star de la naine blanche, assimilée à une sphère de rayon R_\star, s'écrit :

\begin{aligned} V_\star &= N_c a^3 = \frac{4}{3}\pi R_\star^3 \end{aligned}

On en déduit l'expression du paramètre de réseau a :

\begin{aligned} a^3 &= \frac{4\pi R_\star^3}{3 N_c} = \frac{4\pi R_\star^3}{3} \times \frac{12 m_p}{M_\star} = 16\pi m_p \frac{R_\star^3}{M_\star} \end{aligned}

Soit finalement :

\boxed{a = R_\star \left(\frac{16\pi m_p}{M_\star}\right)^{1/3}}

Application numérique : Avec R_\star = 1 \times 10^7\text{ m}, M_\star = 1 \times 10^{30}\text{ kg} et m_p = 1{,}7 \times 10^{-27}\text{ kg} :

\frac{16\pi m_p}{M_\star} \simeq \frac{16 \times 3{,}14 \times 1{,}7 \times 10^{-27}}{10^{30}} \simeq 85 \times 10^{-57}

Sachant que 85^{1/3} \simeq 4{,}4, on obtient :

a \simeq 10^7 \times 4{,}4 \times 10^{-19} \simeq 4 \times 10^{-12}\text{ m}

On retrouve bien la valeur indiquée par l'énoncé.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question bien traitée, même si la traduction des informations de l'énoncé reste parfois ardue.

« Question relativement bien traitée. Voir aussi les commentaires généraux. »

« Les questions Q9, Q11 et Q16 montrent combien il reste difficile de s’approprier l’énoncé et d’en retranscrire les informations dans les grandeurs physiques employées. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Électrostatique

Notions : théorème de gauss, symétrie sphérique

Montrer que le champ électrique dans lequel évolue un noyau est : .

Voir l'indice

Appliquer le théorème de Gauss à une sphère de rayon r < a centrée en O pour déterminer le champ créé par la distribution de charge électronique négative homogène.

Voir la stratégie
  1. Identifier les symétries et invariances de la distribution de charge électronique afin de déterminer la forme du champ électrostatique \vec{E}(M).
  2. Appliquer le théorème de Gauss sur une surface adaptée (sphère centrée en O de rayon r < a) pour en déduire l'expression scalaire, puis vectorielle de \vec{E}.
Voir la réponse courte

Théorème de Gauss sur une sphère de rayon r < a pour une densité volumique uniforme d'électrons compensant la charge du noyau.

Voir le corrigé complet

Dans le modèle de Wigner-Seitz proposé, le nuage électronique est modélisé par une distribution sphérique continue de rayon a, centrée en O, et de densité volumique de charge uniforme :

\rho = -\frac{6e}{a^3}

Symétries et invariances :

  • La distribution de charges présente une symétrie sphérique par rapport au centre O : elle est invariante par toute rotation autour de tout axe passant par O. Le champ électrostatique ne dépend donc que de la coordonnée radiale r.
  • Tout plan contenant la droite (OM) est un plan de symétrie de la distribution de charges, le champ électrostatique appartient donc à leur intersection : \vec{E}(M) est purement radial.

On en déduit l'expression du champ en coordonnées sphériques :

\vec{E}(M) = E(r)\,\widehat{e}_r

Application du théorème de Gauss : Choisissons comme surface de Gauss \Sigma la sphère centrée en O et de rayon r tel que r < a, orientée vers l'extérieur. Le flux sortant du champ électrostatique à travers \Sigma s'écrit :

\Phi = \iint_\Sigma \vec{E}\cdot\mathrm{d}\vec{S} = E(r) \iint_\Sigma \mathrm{d}S = 4\pi r^2 E(r)

La charge totale Q_{\text{int}} contenue à l'intérieur de la sphère de Gauss de rayon r est :

Q_{\text{int}} = \rho \times \frac{4}{3}\pi r^3 = -\frac{6e}{a^3} \times \frac{4}{3}\pi r^3 = -8\pi e \frac{r^3}{a^3}

D'après le théorème de Gauss :

\begin{aligned} \Phi &= \frac{Q_{\text{int}}}{\varepsilon_0} \\ 4\pi r^2 E(r) &= -\frac{8\pi e r^3}{\varepsilon_0 a^3} \end{aligned}

En simplifiant par 4\pi r^2, on obtient la composante radiale :

E(r) = -\frac{2er}{\varepsilon_0 a^3}

D'où l'expression vectorielle du champ électrostatique dans lequel évolue le noyau :

\boxed{\vec{E} = -\frac{2er}{\varepsilon_0 a^3}\,\widehat{e}_r}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut étudier symétries et invariances avant d'appliquer Gauss, l'intégration de la divergence n'aboutissant pas.

« L’étude des symétries et des invariances doit se faire avant l’application du théorème de Gauss ou la résolution de l’équation de Poisson. »

« Faute d’une expression correcte de la divergence en sphérique (non fournie par l’énoncé), l’intégration directe de div ⃗E n’aboutit pas. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 18

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Mécanique › Mouvement dans un champ de force centrale ; Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : force centrale, oscillateur harmonique isotrope, trajectoire elliptique

En restant dans le cadre de la mécanique classique, justifier que est confiné dans un plan. Montrer que les coordonnées cartésiennes de dans ce plan sont des oscillations harmoniques dont on exprimera la pulsation en fonction , , et . Quelle est la nature de la courbe ? Exprimer la constante en fonction de deux des quatre conditions initiales du problème plan.

Voir l'indice

Appliquer le principe fondamental de la dynamique au noyau de carbone de charge +6e sous la force centrale de rappel, constater la conservation du moment cinétique orbital, et identifier deux équations d'oscillateur harmonique non couplées.

Voir la stratégie
  1. Pour la planarité, identifier la nature de la force subie par le noyau de carbone (force centrale) et appliquer le théorème du moment cinétique par rapport au centre O.
  2. Appliquer le principe fondamental de la dynamique en coordonnées cartésiennes dans ce plan pour obtenir les équations différentielles découplées et identifier la pulsation propre \omega.
  3. Déduire la trajectoire géométrique (ellipse) et exprimer la moyenne temporelle s_0^2 = \langle \vec{r}^{\,2}(t)\rangle à partir de la solution générale, puis en choisissant un repère adapté lié aux axes principaux de la trajectoire.
Voir la réponse courte

Force centrale conservative impliquant la planéité du mouvement, découplage cartésien en oscillateurs harmoniques et trajectoire elliptique.

Voir le corrigé complet

1. Confinement du mouvement dans un plan

Le noyau de carbone possède le numéro atomique Z = 6 ; étant totalement ionisé, sa charge est q = +6e et sa masse est m_c = 12m_p. Il subit la force électrostatique due au champ \vec{E} déterminé à la question précédente (Q17) :

\vec{F} = q\vec{E} = 6e \left(-\frac{2er}{\varepsilon_0 a^3}\,\widehat{e}_r\right) = -\frac{12e^2}{\varepsilon_0 a^3}\,\vec{r}

Cette force est centrale de centre O (de la forme \vec{F} = -k\vec{r} avec k = \frac{12e^2}{\varepsilon_0 a^3}).

Dans le référentiel lié au réseau (supposé galiléen), le théorème du moment cinétique appliqué au noyau en O s'écrit :

\frac{\mathrm{d}\vec{L}_O}{\mathrm{d}t} = \vec{\mathcal{M}}_O(\vec{F}) = \vec{r} \wedge \vec{F} = \vec{0}

Le moment cinétique \vec{L}_O = \vec{r} \wedge (m_c\vec{v}) est donc un vecteur constant au cours du temps.

  • Si \vec{L}_O \neq \vec{0}, le vecteur position \vec{r}(t) reste orthogonal au vecteur constant \vec{L}_O : le mouvement est strictement confiné dans le plan passant par O et perpendiculaire à \vec{L}_O.
  • Si \vec{L}_O = \vec{0}, le mouvement est rectiligne passant par O, ce qui constitue un cas particulier de mouvement plan.

2. Oscillations harmoniques et pulsation \omega

Munissons ce plan d'un repère cartésien orthonormé (O, \vec{u}_x, \vec{u}_y) centré en O, de sorte que \vec{r}(t) = x(t)\vec{u}_x + y(t)\vec{u}_y. Le principe fondamental de la dynamique s'écrit :

m_c \frac{\mathrm{d}^2\vec{r}}{\mathrm{d}t^2} = -\frac{12e^2}{\varepsilon_0 a^3}\,\vec{r} \iff 12m_p \ddot{\vec{r}} + \frac{12e^2}{\varepsilon_0 a^3}\,\vec{r} = \vec{0}

Par projection sur les axes Ox et Oy, les coordonnées cartésiennes vérifient deux équations d'oscillateurs harmoniques découplées de même pulsation \omega :

\ddot{x} + \omega^2 x = 0 \quad \text{et} \quad \ddot{y} + \omega^2 y = 0

avec :

\boxed{\omega = \sqrt{\frac{e^2}{\varepsilon_0 m_p a^3}} = \frac{e}{\sqrt{\varepsilon_0 m_p a^3}}}

3. Nature de la courbe \mathscr{C}

Les solutions générales sont des fonctions sinusoïdales de même pulsation \omega :

\begin{aligned} x(t) &= X_0 \cos(\omega t + \phi_x) \\ y(t) &= Y_0 \cos(\omega t + \phi_y) \end{aligned}

La trajectoire \mathscr{C} = \{t \in \mathbb{R}, \vec{r}(t)\} est une combinaison linéaire de deux mouvements harmoniques orthogonaux isochrones : il s'agit d'une ellipse centrée en O (qui peut dégénérer en un segment de droite si le déphasage est \Delta\phi \equiv 0 \pmod \pi, ou en un cercle si X_0 = Y_0 et \Delta\phi \equiv \pm \frac{\pi}{2} \pmod \pi).

4. Expression de s_0^2 = \langle \vec{r}^{\,2}(t)\rangle

En notant les conditions initiales à t = 0 par \vec{r}(0) = \vec{r}_0 et \dot{\vec{r}}(0) = \vec{v}_0, la solution vectorielle s'écrit :

\vec{r}(t) = \vec{r}_0 \cos(\omega t) + \frac{\vec{v}_0}{\omega}\sin(\omega t)

Le carré de la distance au centre est :

\vec{r}^{\,2}(t) = \vec{r}_0^{\,2}\cos^2(\omega t) + \frac{\vec{v}_0^{\,2}}{\omega^2}\sin^2(\omega t) + \frac{2}{\omega}(\vec{r}_0 \cdot \vec{v}_0)\cos(\omega t)\sin(\omega t)

Puisque \langle\cos^2(\omega t)\rangle = \langle\sin^2(\omega t)\rangle = \frac{1}{2} et \langle\cos(\omega t)\sin(\omega t)\rangle = 0, la moyenne temporelle vaut :

s_0^2 = \langle \vec{r}^{\,2}(t)\rangle = \frac{1}{2}\left(r_0^2 + \frac{v_0^2}{\omega^2}\right)

En choisissant les axes cartésiens selon les axes principaux de l'ellipse et l'origine des dates t = 0 au passage par l'un des sommets (où \vec{r}_0 \perp \vec{v}_0), on a y_0 = 0 et \dot{x}_0 = 0. Les quatre conditions initiales se réduisent à (x_0, 0, 0, \dot{y}_0), de sorte que deux d'entre elles sont nulles et s_0^2 s'exprime uniquement à l'aide des deux conditions initiales non nulles x_0 et \dot{y}_0 :

\boxed{s_0^2 = \frac{1}{2}\left(x_0^2 + \frac{\dot{y}_0^2}{\omega^2}\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Penser au moment cinétique pour la planéité, aux données du noyau (+6e et 12mp) et distinguer trajectoire et horaire.

« Planéité du mouvement : on observe souvent des tentatives inabouties de raisonnement chez les candidats qui ne pensent pas au moment cinétique »

« Pour trouver l’expression exacte de la pulsation, il faut se souvenir que le noyau de l’atome de carbone a une masse mc = 12mp et surtout que sa charge vaut +6e »

« ne pas confondre trajectoire et mouvement. Répondre « une courbe sinusoïdale » relève du non sens quand la sinusoïde est une loi horaire. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : oscillateur harmonique, énergie mécanique, théorème du viriel

Déterminer l'expression de l'énergie mécanique d'un noyau en fonction de , et .

Voir l'indice

Exprimer l'énergie mécanique classique totale (cinétique plus potentielle électrostatique) et utiliser la propriété de partage moyen équipartitionnel pour la relier à la moyenne temporelle s_0^2 = \langle \vec{r}^{\,2}\rangle.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie potentielle E_p et l'énergie cinétique E_c du noyau de carbone de masse m_c = 12 m_p soumis à la force de rappel harmonique.
  2. Utiliser la conservation de l'énergie mécanique \mathcal{E}_{\mathrm{cl}} pour l'égaler à sa moyenne temporelle.
  3. Relier les moyennes temporelles de l'énergie cinétique et de l'énergie potentielle pour faire apparaître s_0^2 = \langle \vec{r}^{\,2}(t) \rangle.
Voir la réponse courte

Égalité des moyennes temporelles des énergies cinétique et potentielle, conduisant à l'énergie mécanique \mathcal{E}_{\mathrm{cl}} = M_c \omega^2 s_0^2.

Voir le corrigé complet

Le noyau de carbone, de masse m_c = 12 m_p et de charge q = +6e, est soumis à la force électrostatique :

\vec{F} = q\vec{E} = - \frac{12 e^2}{\varepsilon_0 a^3}\,\vec{r} = - k\vec{r}

avec k = m_c \omega^2 = 12 m_p \omega^2, en reprenant la pulsation \omega = \frac{e}{\sqrt{\varepsilon_0 m_p a^3}} établie à la question Q18.

Cette force centrale conservative dérive d'une énergie potentielle électrostatique (choisie nulle en \vec{r}=\vec{0}) :

E_p(\vec{r}) = \frac{1}{2}k\,\vec{r}^{\,2} = 6 m_p \omega^2\,\vec{r}^{\,2}

L'énergie cinétique du noyau s'écrit quant à elle :

E_c = \frac{1}{2}m_c \vec{v}^{\,2} = 6 m_p \vec{v}^{\,2}

Le système étant conservatif, l'énergie mécanique \mathcal{E}_{\mathrm{cl}} = E_c(t) + E_p(t) est une constante du mouvement. Sa valeur instantanée est donc égale à sa valeur moyenne temporelle :

\mathcal{E}_{\mathrm{cl}} = \langle \mathcal{E}_{\mathrm{cl}} \rangle = \langle E_c \rangle + \langle E_p \rangle

Pour un oscillateur harmonique isotrope, les moyennes temporelles des énergies cinétique et potentielle sont égales (théorème du viriel, ou par équipartition temporelle entre termes en \cos^2(\omega t) et \sin^2(\omega t) dont la moyenne vaut 1/2) :

\langle E_c \rangle = \langle E_p \rangle

On en déduit :

\begin{aligned} \mathcal{E}_{\mathrm{cl}} &= 2 \langle E_p \rangle \\ &= 2 \times \frac{1}{2} m_c \omega^2 \langle \vec{r}^{\,2}(t) \rangle \\ &= m_c \omega^2 s_0^2 \end{aligned}

Comme m_c = 12 m_p, il vient :

\boxed{\mathcal{E}_{\mathrm{cl}} = 12 m_p \omega^2 s_0^2}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Exploitez les propriétés de l'oscillateur harmonique et n'annulez pas l'énergie potentielle sans justification.

« Des candidats avisés, tirant parti des propriétés d’un oscillateur harmonique, ont répondu très habilement sans trop dépendre de Q18. »

« Des candidats ont décidé que l’énergie potentielle est nulle, sans justification ni cohérence. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Chapitre : Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique

Notions : facteur de boltzmann, fonction de partition, oscillateur harmonique quantique

Dans le cadre de la physique statistique, déterminer l'expression de la probabilité pour qu'un oscillateur harmonique décrit par la mécanique quantique possède l'énergie mécanique . On pourra poser .

Voir l'indice

Appliquer la loi de distribution canonique de Gibbs p_i = \mathrm{e}^{-\beta\mathcal{E}_i}/Z, où la fonction de partition Z se calcule comme la somme d'une série géométrique convergente.

Voir la stratégie
  1. Décrire le système dans le cadre de l'ensemble canonique : un oscillateur harmonique est en équilibre thermique à la température T avec le reste de l'étoile jouant le rôle de thermostat.
  2. Appliquer la loi de distribution canonique de Boltzmann p_i = \frac{1}{Z}\mathrm{e}^{-\beta \mathcal{E}_i} où Z est la fonction de partition canonique associée.
  3. Calculer la somme géométrique définissant Z et en déduire une expression simplifiée de p_i.
Voir la réponse courte

Loi canonique de Boltzmann p_i = e^{-\beta \mathcal{E}_i} / Z et calcul de la fonction de partition Z par sommation géométrique.

Voir le corrigé complet

Un oscillateur harmonique quantique est ici en équilibre thermique à la température T avec un thermostat. Dans l'ensemble canonique, la probabilité pour que l'oscillateur se trouve dans l'état quantique d'énergie \mathcal{E}_i est donnée par le facteur de Boltzmann normalisé :

p_i = \frac{\mathrm{e}^{-\beta \mathcal{E}_i}}{Z}

où \beta = \frac{1}{k_B T} et Z est la fonction de partition canonique :

\begin{aligned} Z &= \sum_{i=0}^{+\infty} \mathrm{e}^{-\beta \mathcal{E}_i} \\ &= \sum_{i=0}^{+\infty} \mathrm{e}^{-\beta \left(i + \frac{1}{2}\right)\hbar\omega} \\ &= \mathrm{e}^{-\frac{1}{2}\beta\hbar\omega} \sum_{i=0}^{+\infty} \left(\mathrm{e}^{-\beta\hbar\omega}\right)^i \end{aligned}

Comme \beta\hbar\omega > 0, la raison géométrique vérifie \mathrm{e}^{-\beta\hbar\omega} \in ]0, 1[. La somme converge vers :

Z = \frac{\mathrm{e}^{-\frac{1}{2}\beta\hbar\omega}}{1 - \mathrm{e}^{-\beta\hbar\omega}}

En injectant l'expression de Z et de \mathcal{E}_i dans la loi de probabilité, le terme d'énergie de point zéro \mathrm{e}^{-\frac{1}{2}\beta\hbar\omega} se simplifie :

\begin{aligned} p_i &= \frac{\mathrm{e}^{-\beta\left(i + \frac{1}{2}\right)\hbar\omega}}{\frac{\mathrm{e}^{-\frac{1}{2}\beta\hbar\omega}}{1 - \mathrm{e}^{-\beta\hbar\omega}}} \\ &= \left(1 - \mathrm{e}^{-\beta\hbar\omega}\right)\mathrm{e}^{-i\beta\hbar\omega} \end{aligned}
\boxed{p_i = \left(1 - \mathrm{e}^{-\beta\hbar\omega}\right)\mathrm{e}^{-i\beta\hbar\omega}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le jury attendait explicitement le calcul de la constante de normalisation de la probabilité.

« On attend (dans cette question-ci ou la suivante) le calcul de la normalisation de la probabilité, ce qui a été fait par un peu moins de la moitié des candidats. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique

Notions : énergie moyenne, oscillateur harmonique quantique, fonction de partition

En déduire l'expression de l'énergie moyenne d'un oscillateur harmonique dans le cadre de ce modèle statistique quantique.

Voir l'indice

Calculer l'énergie moyenne par la formule standard \mathcal{E}_{\mathrm{qs}} = -\frac{\partial \ln Z}{\partial \beta} ou par la moyenne pondérée \sum_i p_i \mathcal{E}_i, puis faire apparaître la fonction tangente hyperbolique.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie moyenne \mathcal{E}_{\mathrm{qs}} = \langle \mathcal{E} \rangle à partir de la fonction de partition Z obtenue à la question précédente à l'aide de la relation thermodynamique usuelle \mathcal{E}_{\mathrm{qs}} = -\frac{\partial \ln Z}{\partial \beta}.
  2. Réécrire le résultat sous la forme usuelle faisant intervenir le terme de point zéro et le facteur de Bose-Einstein, puis sous forme hyperbolique avec \tanh pour préparer la question suivante.
Voir la réponse courte

Dérivation de \ln Z par rapport à \beta pour obtenir l'énergie moyenne \mathcal{E}_{\mathrm{qs}} = \frac{\hbar\omega}{2}\coth\left(\frac{\hbar\omega}{2k_B T}\right).

Voir le corrigé complet

Par définition, l'énergie moyenne de l'oscillateur harmonique dans l'ensemble canonique s'écrit :

\mathcal{E}_{\mathrm{qs}} = \langle \mathcal{E} \rangle = \sum_{i=0}^{+\infty} p_i \mathcal{E}_i = \frac{1}{Z}\sum_{i=0}^{+\infty} \mathcal{E}_i \,\mathrm{e}^{-\beta \mathcal{E}_i} = -\frac{\partial \ln Z}{\partial \beta}

D'après la question Q20, la fonction de partition canonique est :

Z = \frac{\mathrm{e}^{-\frac{1}{2}\beta\hbar\omega}}{1 - \mathrm{e}^{-\beta\hbar\omega}}

soit en prenant le logarithme népérien :

\ln Z = -\frac{1}{2}\beta\hbar\omega - \ln\left(1 - \mathrm{e}^{-\beta\hbar\omega}\right)

En dérivant par rapport à \beta :

\begin{aligned} \mathcal{E}_{\mathrm{qs}} &= -\frac{\partial \ln Z}{\partial \beta} \\ &= \frac{1}{2}\hbar\omega + \frac{\hbar\omega\,\mathrm{e}^{-\beta\hbar\omega}}{1 - \mathrm{e}^{-\beta\hbar\omega}} \\ &= \frac{1}{2}\hbar\omega + \frac{\hbar\omega}{\mathrm{e}^{\beta\hbar\omega} - 1} \end{aligned}

On peut également factoriser par \frac{1}{2}\hbar\omega :

\begin{aligned} \mathcal{E}_{\mathrm{qs}} &= \frac{\hbar\omega}{2}\left(1 + \frac{2}{\mathrm{e}^{\beta\hbar\omega} - 1}\right) \\ &= \frac{\hbar\omega}{2}\frac{\mathrm{e}^{\beta\hbar\omega} + 1}{\mathrm{e}^{\beta\hbar\omega} - 1} \\ &= \frac{\hbar\omega}{2}\frac{\mathrm{e}^{\frac{1}{2}\beta\hbar\omega} + \mathrm{e}^{-\frac{1}{2}\beta\hbar\omega}}{\mathrm{e}^{\frac{1}{2}\beta\hbar\omega} - \mathrm{e}^{-\frac{1}{2}\beta\hbar\omega}} \\ &= \frac{\hbar\omega}{2}\frac{\cosh\left(\frac{\beta\hbar\omega}{2}\right)}{\sinh\left(\frac{\beta\hbar\omega}{2}\right)} \end{aligned}

D'où l'expression sous forme hyperbolique :

\boxed{\mathcal{E}_{\mathrm{qs}} = \hbar\omega \left(\frac{1}{2} + \frac{1}{\mathrm{e}^{\frac{\hbar\omega}{k_B T}} - 1}\right) = \frac{\hbar\omega}{2}\frac{1}{\tanh\left(\frac{\hbar\omega}{2k_B T}\right)}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait reconnaître l'expression d'une dérivée pour mener à bien le calcul.

« Question peu abordée ou de manière inaboutie. Il s’agissait de reconnaitre l’expression d’une dérivée et de mener le calcul. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 22

DifficileTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique ; Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : critère de lindemann, oscillateur harmonique, énergie moyenne

En rapprochant l'expression de de la valeur classique moyennée sur un volume , montrer que

on précisera les valeurs simples des deux constantes numériques et .

Voir l'indice

Identifier l'énergie moyenne quantique \mathcal{E}_{\mathrm{qs}} à l'énergie mécanique classique \mathcal{E}_{\mathrm{cl}}, remplacer s_0^2 par la moyenne spatiale s^2 = \gamma^2 a^2, et identifier les constantes A et B par identification directe des termes.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie classique moyenne d'un noyau sur le volume V en remplaçant, conformément au texte, s_0^2 par sa valeur moyenne s^2 = \gamma^2 a^2.
  2. Égaler cette énergie classique moyenne à l'énergie moyenne quantique \mathcal{E}_{\mathrm{qs}} obtenue à la question précédente.
  3. Identifier par identification des termes les expressions de \gamma_0^2 et de \theta, puis en déduire les valeurs des constantes numériques A et B en remplaçant la pulsation \omega par son expression.
Voir la réponse courte

Égalisation de \mathcal{E}_{\mathrm{qs}} et \mathcal{E}_{\mathrm{cl}} pour exprimer le rapport \gamma^2 = \langle r^2 \rangle / a^2 sous la forme requise.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q19, l'énergie mécanique classique d'un noyau s'écrit en fonction de l'amplitude quadratique s_0^2 :

\mathcal{E}_{\mathrm{cl}} = 12 m_p \omega^2 s_0^2

À l'échelle du volume V, en moyennant sur l'ensemble des oscillateurs et en introduisant le critère de Lindemann s^2 = \gamma^2 a^2, l'énergie mécanique moyenne d'un noyau vaut :

\langle \mathcal{E}_{\mathrm{cl}} \rangle_V = 12 m_p \omega^2 s^2 = 12 m_p \omega^2 \gamma^2 a^2

En rapprochant cette valeur classique moyennée de l'énergie moyenne quantique obtenue à la question Q21 :

\mathcal{E}_{\mathrm{qs}} = \frac{\hbar\omega}{2}\frac{1}{\tanh\left(\frac{\hbar\omega}{2 k_B T}\right)}

on pose l'égalité \langle \mathcal{E}_{\mathrm{cl}} \rangle_V = \mathcal{E}_{\mathrm{qs}}, soit :

12 m_p \omega^2 \gamma^2 a^2 = \frac{\hbar\omega}{2}\frac{1}{\tanh\left(\frac{\hbar\omega}{2 k_B T}\right)}

On en déduit :

\gamma^2 = \frac{\hbar}{24 m_p \omega a^2} \frac{1}{\tanh\left(\frac{\hbar\omega}{2 k_B T}\right)}

En réinjectant l'expression de la pulsation établie à la question Q18, \omega = \dfrac{e}{\sqrt{\varepsilon_0 m_p a^3}} :

  • Pour l'argument de la tangente hyperbolique :

    \frac{\hbar\omega}{2 k_B T} = \frac{\theta}{T} \quad \text{avec} \quad \theta = \frac{1}{2} \frac{\hbar e}{k_B \sqrt{\varepsilon_0 m_p a^3}}

    On identifie directement :

    \boxed{B = \frac{1}{2}}
  • Pour le préfacteur \gamma_0^2 :

    \begin{aligned} \gamma_0^2 &= \frac{\hbar}{24 m_p a^2 \left(\dfrac{e}{\sqrt{\varepsilon_0 m_p a^3}}\right)} \\ &= \frac{1}{24}\frac{\hbar}{e} \frac{\sqrt{\varepsilon_0 m_p a^3}}{m_p a^2} \\ &= \frac{1}{24}\frac{\hbar}{e}\sqrt{\frac{\varepsilon_0}{m_p a}} \end{aligned}

    On identifie ainsi :

    \boxed{A = \frac{1}{24}}

On aboutit bien à la relation demandée :

\boxed{\gamma^2 = \gamma_0^2 \frac{1}{\tanh \dfrac{\theta}{T}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question de synthèse qui ne présentait pas de difficulté majeure pour les candidats l'ayant abordée.

« On y fait la synthèse des questions Q19 et Q21. Elle ne pose pas de problème majeur pour ceux qui y parviennent. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 23

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique ; Changements d'état du corps pur

Notions : critère de lindemann, transition de phase, solide cristallin

Sachant que et , évaluer à la surface de la naine blanche et au cœur de celle-ci où on estime que la température est . En déduire l'état de la matière constituant l'étoile à la fois en surface et plus en profondeur.

Voir l'indice

Calculer numériquement \gamma pour la température de surface T_s et la température de cœur T_c, puis appliquer le critère de Lindemann (\gamma \sim 10\%) pour déterminer si le milieu est à l'état solide cristallin ou fluide.

Voir la stratégie
  1. Évaluer le paramètre de Lindemann \gamma à la surface avec la température T_s \simeq 3 \times 10^4\text{ K} obtenue à la question Q9, en examinant le régime de température par rapport à \theta.
  2. Évaluer \gamma au cœur de la naine blanche à la température T_c \simeq 10^7\text{ K} en effectuant le développement asymptotique de la fonction tangente hyperbolique pour T \gg \theta.
  3. Comparer les valeurs obtenues au seuil de fonte de Lindemann (\gamma \sim 10\%) pour conclure quant à l'état physique de la matière (solide cristallin ou fluide fondu).
Voir la réponse courte

Évaluation numérique de \gamma en surface et au cœur, puis utilisation du critère de fusion de Lindemann pour déterminer l'état physique.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q22, le paramètre de Lindemann vérifie :

\gamma = \frac{\gamma_0}{\sqrt{\tanh\left(\frac{\theta}{T}\right)}}

avec \gamma_0^2 \simeq 10^{-3} et \theta \simeq 5{,}5 \times 10^5\text{ K}.

1. À la surface de la naine blanche : La température de surface a été déterminée à la question Q9 : T_s \simeq 3 \times 10^4\text{ K}. Calculons le rapport :

\frac{\theta}{T_s} \simeq \frac{5{,}5 \times 10^5}{3 \times 10^4} \simeq 18 \gg 1

Puisque \frac{\theta}{T_s} \gg 1, on a \tanh\left(\frac{\theta}{T_s}\right) \simeq 1, ce qui donne :

\gamma_s \simeq \gamma_0 \simeq \sqrt{10^{-3}} \simeq 3 \times 10^{-2} = 3\%

2. Au cœur de la naine blanche : La température au cœur est estimée à T_c \simeq 10^7\text{ K}. Calculons le rapport :

\frac{\theta}{T_c} \simeq \frac{5{,}5 \times 10^5}{10^7} = 0{,}055 \ll 1

Pour x \ll 1, \tanh x \simeq x, d'où :

\gamma_c^2 \simeq \gamma_0^2 \frac{T_c}{\theta} \simeq 10^{-3} \times \frac{10^7}{5{,}5 \times 10^5} = \frac{100}{5{,}5 \times 10^3} \simeq 0{,}018

En prenant la racine carrée :

\gamma_c \simeq \sqrt{0{,}018} \simeq 0{,}13 = 13\%

Avec un seul chiffre significatif :

\boxed{\gamma_s \simeq 3\% \quad \text{et} \quad \gamma_c \simeq 1 \times 10^{-1} = 10\%}

3. État de la matière : Le critère de Lindemann stipule que la fonte se produit dès que \gamma \sim 10\% :

  • Au cœur de l'étoile, \gamma_c \gtrsim 10\% : l'agitation thermique dépasse le seuil de stabilité du réseau, la matière est à l'état fluide / liquide (plasma dense sous forme de liquide de Fermi).
  • Vers la surface (sous la mince couche atmosphérique gazeuse), \gamma_s \simeq 3\% < 10\% : l'amplitude des oscillations est bien inférieure au pas du réseau, la matière y est à l'état solide cristallin.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le calcul numérique devait aboutir à une conclusion physique, en pensant à approximer tanh(x) par 1 pour x grand.

« C’est une application numérique qui doit mener à une conclusion. »

« Des candidats trouvent un résultat numérique, mais ne concluent pas : cela ne sert à rien. »

« Des problèmes divers de calculs : les manipulations de puissance de 10, les équivalents de la fonction tangente hyperbolique (dont on rappelle qu’elle vaut quasiment 1 dès que l’argument excède largement 1) »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2021 ?

Surtout 4 chapitres : Description d'un système thermodynamique (22 % des questions, partie I), Facteur de Boltzmann et physique statistique (17 %), Approche énergétique et oscillateurs mécaniques (15 %, partie I) et Quantification et confinement (13 %). Plus ponctuellement : Rayonnement thermique, Mouvement dans un champ de force centrale, Atomistique et classification périodique, Électrostatique, Cristallographie…

Peut-on travailler le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2021 dès la première année (MPSI) ?

En partie : 13 questions sur 23 (57 %) ne demandent que le programme de MPSI. Blocs abordables : la partie I en entier (Q1 et Q2). Avec les autres programmes de première année : 12 en PCSI, 10 en PTSI, 10 en MP2I, 10 en TSI1 et 10 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2021 ?

Environ 2 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé). La partie IV est la plus longue (environ 50 min).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2021 ?

Q22 (critère de lindemann), cotée 4 sur 4 dans ce corrigé.

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2021 ?

Questions de cours : Q6 (modèle de bohr), Q13 (loi de gravitation universelle) et Q20 (facteur de boltzmann). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q17 (théorème de gauss).

Où gagner des points facilement dans le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2021 ?

Questions rapides et accessibles (difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 min au plus) : Q1 à Q4, Q9 à Q13, Q16, Q19 et Q20. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q17 et Q22.

Le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2021 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Faut-il calculer la constante de normalisation de la probabilité en Q20 ?

Oui : donner l'expression complète de la probabilité canonique p_i impose de calculer la fonction de partition Z en sommant la série géométrique des états de l'oscillateur harmonique.

Comment calculer tanh(theta/T) sans calculatrice graphique en Q23 ?

En utilisant des approximations asymptotiques : à la surface, T_s \ll \theta permet d'approcher \tanh(\theta/T_s) par 1. Au cœur, T_c \gg \theta permet d'utiliser l'approximation \tanh(x) \simeq x.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 27 septembre 2026.