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Corrigé détaillé Polytechnique Physique A PC 2023

Forger les métaux grâce à l'induction électromagnétique

Faisable en sup ?

Ce sujet demande la 2e année : aucune question ne se traite avec le seul programme de PCSI.

Le sujet en bref

Sujet moyen · Diffusion et transferts thermiques, Électromagnétisme · 5 incontournables
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Ce sujet d'une remarquable cohérence physique aborde le principe du chauffage par induction électromagnétique d'une pièce d'acier en forge industrielle. Il propose une étude multiphysique complète et progressive articulée en trois volets majeurs : la thermométrie optique et le rayonnement thermique (corps noir, corps gris, perception colorimétrique), la pénétration électromagnétique harmonique dans un métal conducteur ferromagnétique (effet de peau et dissipation volumique par effet Joule), puis la réponse thermique instationnaire résolue de façon originale grâce à l'outil de la transformée de Laplace.

D'un niveau d'exigence élevé propre aux concours X-ENS, l'épreuve mobilise une grande rigueur dans les bilans locaux et les conditions aux limites (Fourier, Newton, Stefan-Boltzmann), tout en testant la capacité du candidat à exploiter des comportements asymptotiques. C'est un problème incontournable pour réviser simultanément l'ARQS magnétique dans les milieux conducteurs et les transferts thermiques couplés.

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,3/20)
Temps estimé
≈ 2 h 45 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
Chapitres

Part des questions du sujet.

Incontournables

5 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Non : toutes les questions demandent le programme de 2e année.

Où gagner des points

14 questions rapides et accessibles · 5 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (14) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (5) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : erreur d'énoncé
  • Erreur d'énoncé

    L'énoncé pose P_s = 2P_0/\delta en Q20, alors que l'intégrale de P_0 \mathrm{e}^{-2z/\delta} sur [0 ; +\infty[ donne P_0\delta / 2. Il convient d'adopter la formule donnée par le texte pour aborder les questions ultérieures.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

32 questions
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Partie 1 : Rayonnement de l'acier chauffé et température de couleur

1.1 · Modèle du corps noir

Question 1

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique

Notions : loi de wien, loi de planck, corps noir

La loi de Wien permet de relier la longueur d'onde correspondant au maximum d'irradiance lumineuse donné par la loi de Planck en fonction de la température de surface du corps noir chauffé :

Démontrer cette loi à partir de la loi de Planck, en calculant une valeur approchée de l'extremum. On considèrera que la solution de l'équation vaut .

Voir l'indice

Effectuer le changement de variable sans dimension x = \frac{hc}{\lambda k_B T} dans l'expression de l'irradiance spectrale de Planck et annuler la dérivée première par rapport à x.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'irradiance spectrale L^0(\lambda, T) à température T fixée à l'aide de la variable sans dimension x = \frac{hc}{\lambda k_B T}.
  2. Annuler la dérivée de L^0 par rapport à \lambda (ou par rapport à x) pour déterminer la condition vérifiée au maximum d'émission.
  3. Exploiter l'approximation x \approx 5 fournie pour en déduire la relation de proportionnalité entre \lambda_{\max} et T^{-1}, puis calculer la constante de Wien avec les données numériques du texte.
Voir la réponse courte

Dérivation de la luminance spectrale de Planck par rapport à \lambda et recherche du zéro approché conduisant à la loi de Wien.

Voir le corrigé complet

L'irradiance spectrale du corps noir est donnée par la loi de Planck :

L^0(\lambda, T) = \frac{2\pi h c^2}{\lambda^5} \frac{1}{\mathrm{e}^{\frac{hc}{\lambda k_B T}} - 1}

Introduisons la variable adimensionnée :

x = \frac{hc}{\lambda k_B T} \quad \implies \quad \lambda = \frac{hc}{k_B T} \frac{1}{x}

La fonction L^0(\lambda, T) se réécrit à température T fixée :

L^0(\lambda, T) = \frac{2\pi (k_B T)^5}{h^4 c^3} \, \frac{x^5}{\mathrm{e}^x - 1}

Comme \lambda décroît strictement avec x, le maximum de L^0 par rapport à \lambda s'obtient en annulant la dérivée de L^0 par rapport à \lambda :

\frac{\partial L^0}{\partial \lambda} = \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}\lambda} \frac{\partial L^0}{\partial x} = -\frac{x}{\lambda} \frac{\partial L^0}{\partial x} = 0 \iff \frac{\partial L^0}{\partial x} = 0

Dérivons la fonction g(x) = \frac{x^5}{\mathrm{e}^x - 1} par rapport à x :

\begin{aligned} g'(x) &= \frac{5 x^4 (\mathrm{e}^x - 1) - x^5 \mathrm{e}^x}{(\mathrm{e}^x - 1)^2} = \frac{x^4 \mathrm{e}^x}{(\mathrm{e}^x - 1)^2} \left[ 5(1 - \mathrm{e}^{-x}) - x \right] \end{aligned}

Pour x > 0, l'annulation de la dérivée conduit à la relation :

\begin{aligned} 5(1 - \mathrm{e}^{-x}) - x = 0 \iff \mathrm{e}^{-x} = 1 - \frac{x}{5} \end{aligned}

L'énoncé indique que la solution de cette équation transcendante vaut x \approx 5 (la valeur numérique exacte étant x_0 \approx 4{,}965). Par définition de x, à l'extremum \lambda = \lambda_{\max} :

\frac{hc}{\lambda_{\max} k_B T} = x_0 \implies \lambda_{\max} T = \frac{hc}{x_0 k_B}

Calculons la constante associée en prenant l'air (ou le vide) pour lequel l'indice de réfraction vaut n = 1, soit c = c_0 = 3{,}00 \cdot 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

  • avec la valeur précise x_0 \approx 4{,}965 :

    \lambda_{\max} T = \frac{6{,}63 \cdot 10^{-34} \times 3{,}00 \cdot 10^8}{4{,}965 \times 1{,}38 \cdot 10^{-23}} \approx 2{,}899 \cdot 10^{-3}\text{ K}\cdot\text{m}
  • avec l'approximation suggérée x \approx 5 :

    \lambda_{\max} T \approx \frac{6{,}63 \cdot 10^{-34} \times 3{,}00 \cdot 10^8}{5 \times 1{,}38 \cdot 10^{-23}} \approx 2{,}88 \cdot 10^{-3}\text{ K}\cdot\text{m}

On retrouve ainsi la loi du déplacement de Wien :

\boxed{\lambda_{\max} \times T = 2{,}899 \cdot 10^{-3}\text{ K}\cdot\text{m}}

Résultat

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique

Notions : loi de stefan-boltzmann, loi de planck, corps noir

On peut également démontrer une autre loi à partir de la loi de Planck, la loi de Stefan-Boltzmann. En intégrant la loi de Planck sur l'ensemble du spectre électromagnétique, montrer que la puissance surfacique rayonnée se met sous la forme :

Donnée :

Voir l'indice

Intégrer L^0(\lambda, T) sur \lambda \in [0, +\infty[ en effectuant le même changement de variable x = \frac{hc}{\lambda k_B T} et utiliser l'intégrale définie fournie.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance surfacique totale rayonnée P_{\text{ray}} par intégration de l'irradiance spectrale L^0(\lambda, T) sur l'ensemble des longueurs d'onde du spectre électromagnétique (\lambda \in [0, +\infty[).
  2. Effectuer le changement de variable sans dimension x = \frac{hc}{\lambda k_B T} afin de faire apparaître l'intégrale définie fournie dans les données.
  3. Identifier la constante de Stefan-Boltzmann \sigma_0 en factorisant par T^4.
Voir la réponse courte

Intégration du spectre de Planck sur toutes les longueurs d'onde par changement de variable, faisant apparaître la loi de Stefan-Boltzmann.

Voir le corrigé complet

La puissance surfacique totale émise par le corps noir s'obtient en intégrant la loi de Planck sur toutes les longueurs d'onde du spectre :

P_{\text{ray}} = \int_0^{+\infty} L^0(\lambda, T) \, \mathrm{d}\lambda = \int_0^{+\infty} \frac{2\pi h c^2}{\lambda^5} \frac{1}{\mathrm{e}^{\frac{hc}{\lambda k_B T}} - 1} \, \mathrm{d}\lambda

Introduisons le changement de variable sans dimension :

x = \frac{hc}{\lambda k_B T} \quad \implies \quad \lambda = \frac{hc}{k_B T} \frac{1}{x} \quad \text{et} \quad \mathrm{d}\lambda = -\frac{hc}{k_B T} \frac{\mathrm{d}x}{x^2}

Pour les bornes d'intégration :

  • lorsque \lambda \to 0, x \to +\infty ;
  • lorsque \lambda \to +\infty, x \to 0.

En réinjectant ces expressions dans l'intégrale :

\begin{aligned} P_{\text{ray}} &= \int_{+\infty}^0 2\pi h c^2 \left( \frac{k_B T}{hc} x \right)^5 \frac{1}{\mathrm{e}^x - 1} \left( -\frac{hc}{k_B T} \frac{\mathrm{d}x}{x^2} \right) \\ &= 2\pi h c^2 \left( \frac{k_B T}{hc} \right)^4 \int_0^{+\infty} \frac{x^3}{\mathrm{e}^x - 1} \, \mathrm{d}x \end{aligned}

D'après l'intégrale fournie en donnée de l'énoncé, \displaystyle \int_0^{+\infty} \frac{x^3}{\mathrm{e}^x - 1} \, \mathrm{d}x = \frac{\pi^4}{15}. On en déduit :

\begin{aligned} P_{\text{ray}} &= 2\pi h c^2 \frac{k_B^4 T^4}{h^4 c^4} \times \frac{\pi^4}{15} \\ &= \left( \frac{2\pi^5 k_B^4}{15 h^3 c^2} \right) T^4 \end{aligned}

On retrouve bien la loi de Stefan-Boltzmann :

\boxed{P_{\text{ray}} = \sigma_0 T^4 \quad \text{avec} \quad \sigma_0 = \frac{2\pi^5 k_B^4}{15 h^3 c^2}}

Résultat

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Question 3

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique

Notions : loi de wien, spectre du corps noir

D'après la loi de Planck, quelle est la longueur d'onde maximale d'émission pour une température de chauffe de ? Quelle puissance surfacique de ce spectre est située dans le domaine visible ? Discuter de la cohérence de vos résultats à l'aide de la figure 2.

Voir l'indice

Appliquer directement la loi de Wien pour calculer \lambda_{\max} à 1000\text{ K}, puis situer le domaine visible (0{,}4 - 0{,}8\,\mu\text{m}) par rapport à l'intervalle contenant 98% de l'énergie.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la loi de déplacement de Wien établie en Q1 pour déterminer la longueur d'onde du maximum d'émission \lambda_{\max} à T = 1000\text{ K}.
  2. Évaluer la puissance surfacique totale par la loi de Stefan-Boltzmann, puis estimer la fraction ou la valeur de la puissance émise dans le domaine visible ([0{,}4\,\mu\text{m} ; 0{,}75\,\mu\text{m}]) à l'aide de la propriété des 98\,\% et de la figure 2.
  3. Confronter ces valeurs aux caractéristiques de la courbe isotherme T = 1000\text{ K} de la figure 2 (position du pic et niveau d'irradiance dans la bande visible).
Voir la réponse courte

Calcul de \lambda_{\max} \approx 2,9\,\mu\text{m} par la loi de Wien et estimation de la puissance visible d'après le graphe.

Voir le corrigé complet

1. Longueur d'onde maximale d'émission :

D'après la loi de Wien établie à la question Q1 :

\lambda_{\max} \, T = 2{,}899 \cdot 10^{-3}\text{ m}\cdot\text{K}

Pour une température T = 1000\text{ K}, on obtient :

\lambda_{\max} = \frac{2{,}899 \cdot 10^{-3}}{1000} = 2{,}899 \cdot 10^{-6}\text{ m}
\boxed{\lambda_{\max} \approx 2{,}90\,\mu\text{m}}

Cette longueur d'onde se situe dans le domaine infrarouge (proche/moyen IR).

2. Puissance surfacique dans le domaine visible :

La puissance surfacique totale émise sur tout le spectre est donnée par la loi de Stefan-Boltzmann (Q2) :

P_{\text{tot}} = \sigma_0 T^4 = 5{,}67 \cdot 10^{-8} \times (1000)^4 \approx 5{,}67 \cdot 10^4\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} \approx 57\text{ kW}\cdot\text{m}^{-2}

D'après l'énoncé, 98\,\% de l'énergie rayonnée est contenue dans l'intervalle :

\left[ \frac{\lambda_{\max}}{2} \,;\, 8\lambda_{\max} \right] = [1{,}45\,\mu\text{m} \,;\, 23{,}2\,\mu\text{m}]

Le domaine visible, s'étendant d'\approx 0{,}4\,\mu\text{m} à 0{,}75\,\mu\text{m}, est entièrement situé en dessous de \lambda_{\max}/2 = 1{,}45\,\mu\text{m}. La puissance émise aux longueurs d'onde plus courtes que \lambda_{\max}/2 représente tout au plus 1\,\% du rayonnement total.

En réalité, dans le domaine visible, la décroissance exponentielle de Wien est très forte (x = \frac{hc}{\lambda k_B T} \approx 19 à 0{,}75\,\mu\text{m}). Par lecture sur la figure 2 pour T = 1000\text{ K} :

  • pour \lambda \leqslant 0{,}6\,\mu\text{m}, l'irradiance spectrale est quasi nulle (L^0 \ll 1\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\mu\text{m}^{-1}) ;
  • au voisinage de \lambda = 0{,}75\,\mu\text{m}, l'irradiance spectrale atteint de l'ordre de 10\text{ à }50\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\mu\text{m}^{-1}.

En intégrant grossièrement sur la tranche visible utile \Delta \lambda \approx 0{,}15\,\mu\text{m} :

P_{\text{vis}} = \int_{\text{visible}} L^0(\lambda, T)\,\mathrm{d}\lambda \sim \frac{1}{2} \times 50 \times 0{,}15 \approx \text{quelques }\text{W}\cdot\text{m}^{-2}
\boxed{P_{\text{vis}} \sim 1 \text{ à } 10\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} \quad \left(\text{soit moins de } 0{,}02\,\% \text{ de la puissance totale}\right)}

3. Discussion de la cohérence avec la figure 2 :

  • Le sommet de la courbe isotherme 1000\text{ K} est bien localisé légèrement avant 3\,\mu\text{m} sur l'axe des abscisses, en parfait accord avec \lambda_{\max} \approx 2{,}9\,\mu\text{m}.
  • La bande du domaine visible (zone colorée entre 0{,}4\,\mu\text{m} et 0{,}75\,\mu\text{m}) se situe sur la queue gauche de la distribution. L'irradiance y est extrêmement faible par rapport au pic (10^4\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\mu\text{m}^{-1}), et ne décolle qu'à l'extrême bord rouge. Le rayonnement est donc quasi-intégralement émis dans l'infrarouge.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Exploiter les données de l'intervalle spécifié plutôt que de calculer une intégrale, et mener une discussion approfondie de la figure 2.

« Un certain nombre de candidats a essayé de calculer une intégrale de l'irradiance sur le domaine du visible, sans prendre en compte les données fournies sur l'intervalle [λmax/2; 8λmax]. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2023

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Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique

Notions : spectre du corps noir, couleur de corps noir

Le spectre observé à est-il en accord avec la couleur jaune-orangée observée ?

Voir l'indice

Constater que le maximum d'émission se situe dans l'infrarouge proche et que seule la queue du spectre à courte longueur d'onde déborde sur le visible, principalement dans le rouge.

Voir la stratégie
  1. Examiner la répartition de l'irradiance spectrale L^0(\lambda, T) à T = 1000\text{ K} dans le domaine du visible (\lambda \in [400\text{ nm}\,;\,750\text{ nm}]).
  2. Confronter cette répartition à la position du maximum d'émission global (\lambda_{\max} \approx 2{,}9\,\mu\text{m}) et à la perception visuelle de la couleur.
Voir la réponse courte

À 1000\text{ K}, le maximum est dans l'infrarouge et le spectre visible décroît vers le bleu, conférant une teinte rouge-orangée.

Voir le corrigé complet

D'après les questions précédentes, pour une température de T = 1000\text{ K} :

  • Le maximum global d'irradiance spectrale est situé dans l'infrarouge lointain : \lambda_{\max} \approx 2{,}90\,\mu\text{m}. La couleur observée ne peut donc pas correspondre au maximum d'émission de la loi de Planck/Wien, qui est invisible à l'œil nu.
  • Dans le domaine visible (\lambda \in [0{,}4\,\mu\text{m}\,;\,0{,}75\,\mu\text{m}]), la condition \lambda \ll \lambda_{\max} implique que l'on se situe sur l'aile exponentielle croissante du spectre (régime de Wien) :

    \frac{\partial L^0}{\partial \lambda} > 0 \quad \text{sur tout le domaine visible.}

Par conséquent :

  • L'émission est quasi-nulle dans le violet et le bleu (\lambda \approx 400-500\text{ nm}).
  • Elle commence à être notable dans le vert et le jaune (\lambda \approx 550-600\text{ nm}).
  • Elle est maximale, au sein du spectre visible, pour les plus grandes longueurs d'onde, c'est-à-dire le rouge et l'orange (\lambda \approx 600-750\text{ nm}).

Le rayonnement visible émis par le corps noir à 1000\text{ K} est donc quasi exclusivement composé de rayonnements rouge, orangé et d'un peu de jaune.

\boxed{\text{Le spectre émis à } 1000\text{ K dans le visible est bien en accord qualitatif avec la couleur rouge/jaune-orangée observée.}}

Résultat

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1.2 · Modèle du corps gris

Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique

Notions : corps gris, émissivité, loi de stefan-boltzmann

Dans le cas du premier modèle, où l'émissivité est supposée constante, décrire comment évoluent les lois de Wien et de Stefan-Boltzmann. Tracer alors sur un même graphique l'allure du spectre du corps noir et celui du corps gris avec .

Voir l'indice

Multiplier la loi de Planck par une constante \epsilon < 1 indépendante de \lambda : en déduire la position inchangée de l'extremum et la modification de l'intégrale totale.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'irradiance spectrale L(\lambda, T) du corps gris en fonction de celle du corps noir L^0(\lambda, T) pour une émissivité \epsilon constante.
  2. Étudier la position du maximum pour en déduire la forme de la loi de Wien.
  3. Intégrer sur l'ensemble du spectre pour obtenir la loi de Stefan-Boltzmann modifiée.
  4. Tracer les deux allures spectrales sur un graphe en mettant en évidence l'invariance de \lambda_{\max} et le facteur d'échelle 0{,}7.
Voir la réponse courte

Émissivité constante : \lambda_{\max} inchangé, puissance rayonnée réduite d'un facteur \epsilon et spectre homothétique à celui du corps noir.

Voir le corrigé complet

D'après la définition de l'émissivité, le spectre d'émission d'un corps gris à émissivité constante \epsilon s'écrit :

L(\lambda, T) = \epsilon L^0(\lambda, T)

Évolution de la loi de Wien La constante \epsilon > 0 étant indépendante de \lambda, la dérivée par rapport à \lambda s'écrit :

\frac{\partial L}{\partial \lambda}(\lambda, T) = \epsilon \frac{\partial L^0}{\partial \lambda}(\lambda, T)

L'annulation de cette dérivée intervient pour la même longueur d'onde que pour le corps noir. Ainsi, la position du maximum d'émission \lambda_{\max} n'est pas modifiée :

\boxed{\lambda_{\max} \times T = 2{,}899 \cdot 10^{-3}\text{ K}\cdot\text{m}}

La loi de déplacement de Wien reste donc inchangée. En revanche, la valeur maximale de l'irradiance spectrale est réduite d'un facteur \epsilon :

L_{\max}(T) = \epsilon L^0_{\max}(T)

Évolution de la loi de Stefan-Boltzmann La puissance surfacique totale émise s'obtient en intégrant L(\lambda, T) sur tout le spectre :

\begin{aligned} P_{\text{ray}} &= \int_{0}^{+\infty} L(\lambda, T)\,\mathrm{d}\lambda \\ &= \epsilon \int_{0}^{+\infty} L^0(\lambda, T)\,\mathrm{d}\lambda \end{aligned}

En utilisant le résultat de la loi de Stefan-Boltzmann établi à la question 2 :

\boxed{P_{\text{ray}} = \epsilon \sigma_0 T^4}

La puissance totale émise est directement proportionnelle à l'émissivité \epsilon.

Allure des spectres Pour \epsilon_{\text{acier}} = 0{,}7, la courbe du corps gris se déduit de celle du corps noir par une affinité verticale de rapport 0{,}7, en conservant rigoureusement le même extremum en \lambda_{\max} :

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Soigner le tracé du graphe en justifiant le choix de l'échelle et en représentant fidèlement le décalage rigide en échelle logarithmique.

« la qualité du graphe (échelle linéaire ou logarithmique, décalage rigide en échelle logarithmique) a été moins convaincante. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2023

Question déjà tombée ailleurs

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Question 6

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique

Notions : émissivité, loi de wien

Dans le cas du deuxième modèle, on suppose que l'émissivité dépend de la température. Cette variation est caractérisée par la loi empirique suivante :

Pour une température de , estimer , la déviation subie par suivant ce modèle. Qu'en est-il de la loi de Stefan ? Ces changements éventuels permettent-ils de relier directement la loi de Wien à la couleur observée du métal chauffé ?

Voir l'indice

Remplacer la valeur de T = 1000\text{ K} dans la relation empirique pour évaluer le terme a - bT et en déduire l'écart relatif sur la longueur d'onde du pic.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \lambda'_{\max} à partir de la loi empirique fournie pour T = 1000\text{ K}, puis en déduire le décalage (absolu et relatif) par rapport à \lambda_{\max}.
  2. Analyser l'impact d'une émissivité dépendant de la température sur la loi de Stefan-Boltzmann P_{\text{ray}}(T).
  3. Comparer \lambda'_{\max} au domaine visible afin de conclure quant au lien entre maximum d'émission et couleur perçue.
Voir la réponse courte

Calcul de la déviation \lambda'_{\max} à 1000\text{ K} via la relation empirique et discussion de l'écart à la loi de Wien.

Voir le corrigé complet

1. Estimation de \lambda'_{\max} et de la déviation à T = 1000\text{ K} :

La loi empirique s'écrit :

\frac{hc}{\lambda'_{\max} k_B T} = a - bT

Pour T = 1000\text{ K}, avec a = 5 et b = 6\cdot 10^{-4}\text{ K}^{-1} :

a - bT = 5 - 6\cdot 10^{-4} \times 1000 = 5 - 0{,}6 = 4{,}4

Or, d'après la question 1, le maximum du corps noir vérifiait \frac{hc}{\lambda_{\max} k_B T} \approx 5, d'où :

\lambda'_{\max} = \frac{5}{a - bT}\,\lambda_{\max} = \frac{5}{4{,}4}\,\lambda_{\max} \approx 1{,}14\,\lambda_{\max}

Avec \lambda_{\max}(1000\text{ K}) \approx 2{,}90\,\mu\text{m} :

\lambda'_{\max} = \frac{5}{4{,}4} \times 2{,}90\,\mu\text{m} \approx 3{,}3\,\mu\text{m}

La déviation subie est un décalage vers les grandes longueurs d'onde :

\Delta \lambda_{\max} = \lambda'_{\max} - \lambda_{\max} \approx +0{,}4\,\mu\text{m} \quad (\text{soit } +14\,\%)
\boxed{\lambda'_{\max} \approx 3{,}3\,\mu\text{m} \quad \text{et} \quad \Delta \lambda_{\max} \approx +0{,}4\,\mu\text{m}}

2. Conséquence sur la loi de Stefan-Boltzmann :

Si l'émissivité dépend de la température, \epsilon = \epsilon(T), la puissance totale surfacique rayonnée s'écrit :

P_{\text{ray}}(T) = \epsilon(T)\,\sigma_0 T^4

La dépendance globale en température n'est donc plus rigoureusement en T^4. Pour les métaux, l'émissivité augmente généralement avec la température, ce qui conduit à une croissance de P_{\text{ray}} plus rapide qu'en T^4.

3. Lien direct entre la loi de Wien et la couleur observée :

À 1000\text{ K}, le maximum d'émission \lambda'_{\max} \approx 3{,}3\,\mu\text{m} est situé encore plus profondément dans l'infrarouge que celui du corps noir (2{,}9\,\mu\text{m}). Il reste très éloigné du domaine visible (0{,}4\text{ µ m} \le \lambda \le 0{,}8\text{ µ m}).

Par conséquent, ces changements ne permettent absolument pas de relier directement la loi de Wien à la couleur observée : la couleur perçue (jaune-orangé) ne correspond pas au maximum d'émission du spectre, mais à la distribution spectrale perçue par l'œil dans l'étroite bande du visible.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Bien distinguer la nouvelle valeur de la longueur d'onde maximale de son décalage par rapport à la valeur initiale.

« Une di culté pour les candidats a pu consister à déterminer si λ′ max décrivait la nouvelle valeur de λmax, ou l'écart entre la nouvelle valeur de λmax et sa valeur initiale. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2023

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1.3 · La température de couleur, l'outil du forgeron

Question 7

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique

Notions : température de couleur, réponse spectrale de l'œil

Représenter l'allure du spectre d'un corps noir chauffé à . Superposer sur le même graphique l'allure des fonctions colorimétriques de l'œil. Interpréter la couleur rouge-orangée observée de l'acier lorsqu'il est chauffé à en intégrant le spectre émis avec une pondération donnée par les fonctions colorimétriques de l'œil. À quelle température de couleur cela correspond-il ?

Voir l'indice

Multiplier point par point le spectre émis à 1000\text{ K} par les trois courbes de sensibilité des cônes (S, M, L) et comparer les aires sous les courbes pour justifier la dominante perçue.

Voir la stratégie
  1. Tracer qualitativement le spectre d'émission d'un corps noir à T = 1000\text{ K} (maximum dans l'infrarouge à \lambda_{\max} \approx 2{,}9\,\mu\text{m}, très faible queue dans le visible) et les sensibilités spectrales des trois types de cônes de l'œil (bleu vers 440\text{ nm}, vert vers 540\text{ nm}, rouge vers 570\text{ nm}).
  2. Interpréter la couleur perçue en effectuant l'intégration pondérée du spectre par les réponses colorimétriques de l'œil.
  3. Relier la couleur rouge-orangée observée à la notion de température de couleur définie dans l'énoncé.
Voir la réponse courte

Superposition du spectre d'émission et des fonctions trichromatiques montrant un recouvrement prépondérant dans le domaine rouge-orangé.

Voir le corrigé complet

1. Représentation graphique :

À T = 1000\text{ K}, le maximum d'irradiance spectrale se situe dans l'infrarouge à \lambda_{\max} \approx 2{,}9\,\mu\text{m} = 2900\text{ nm} (question Q3). Dans le domaine visible (380\text{ nm} \le \lambda \le 780\text{ nm}), l'irradiance spectrale L^0(\lambda, T) est une fonction strictement croissante de \lambda.

2. Interprétation de la couleur perçue :

La stimulation de chacun des types de cônes (notés B, V, R) résulte de l'intégrale du spectre émis pondéré par leur sensibilité spectrale respective s_i(\lambda) :

S_i = \int_{\text{visible}} L(\lambda, T)\, s_i(\lambda)\,\mathrm{d}\lambda \quad \text{pour } i \in \{B, V, R\}

Dans le domaine visible, la loi de Planck à 1000\text{ K} vérifie l'approximation de Wien (\frac{hc}{\lambda k_B T} \gg 1) :

L^0(\lambda, 1000\text{ K}) \approx \frac{2\pi h c^2}{\lambda^5} \exp\left(-\frac{hc}{\lambda k_B T}\right)

Cette fonction croît de plusieurs ordres de grandeur entre le bleu (400\text{ nm}) et le rouge (700\text{ nm}). Ainsi :

  • L^0(\lambda, 1000\text{ K}) est quasi-nulle dans la bande de réponse des cônes bleus : S_B \approx 0 ;
  • elle commence à croître légèrement au niveau de la bande des cônes verts : S_V est faible mais non nulle ;
  • elle atteint des valeurs nettement plus élevées dans la bande des cônes rouges : S_R \gg S_V \gg S_B.

L'œil reçoit ainsi une forte stimulation des récepteurs rouges, une faible stimulation des récepteurs verts et quasiment aucune des récepteurs bleus. En synthèse additive, le mélange d'une forte composante rouge et d'une faible composante verte donne précisément une sensation de couleur rouge-orangée.

3. Température de couleur :

D'après la définition du texte, la température de couleur T_c est la température d'un corps noir dont le maximum d'irradiance spectrale se situerait dans le domaine correspondant à la couleur perçue, c'est-à-dire dans le rouge-orangé (\lambda_{\max} \approx 650 \text{ à } 700\text{ nm}).

Par la loi de Wien :

T_c = \frac{2{,}899 \cdot 10^{-3}}{\lambda_{\max}} \approx \frac{2{,}9 \cdot 10^{-3}}{650 \text{ à } 700 \cdot 10^{-9}} \approx 4100 \text{ à } 4500\text{ K}
\boxed{T_c \approx 4000 \text{ à } 4500\text{ K}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Mettre clairement en évidence le recouvrement spectral sur le graphe et penser à proposer une température de couleur.

« La qualité des graphes (échelles linéaires, logarithmiques ou mixtes, mise en évidence du recouvrement entre l'irradiance spectrale et les fonctions colorimétriques de l'oeil) a été appréciée. »

« Une fraction des candidats propose une température de couleur. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2023

Question déjà tombée ailleurs

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Partie 2 : Problème électromagnétique

2.1 · Inducteur placé au dessus d'une plaque semi-infinie

Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : loi d'ohm locale, conductivité électrique

Donner la relation reliant les courants induits en fonction du champ électrique en prenant soin de d'étailler la constante introduite et ses unités.

Voir l'indice

Écrire la relation phénoménologique locale traduisant la conduction ohmique au sein du métal en précisant le symbole et l'unité SI de la conductivité électrique.

Voir la réponse courte

Énoncé de la loi d'Ohm locale \vec{J} = \sigma \vec{E} et définition de la conductivité électrique en \text{S}\cdot\text{m}^{-1}.

Voir le corrigé complet

Dans un conducteur ohmique tel que l'acier, la densité volumique de courant induit \vec{J} est reliée au champ électrique local \vec{E} par la loi d'Ohm locale :

\boxed{\vec{J} = \sigma \vec{E}}

où :

  • \sigma est la conductivité électrique du matériau ;
  • son unité dans le Système International est le siemens par mètre (\text{S}\cdot\text{m}^{-1}), équivalent à l'\Omega^{-1}\cdot\text{m}^{-1} (ou \text{A}\cdot\text{V}^{-1}\cdot\text{m}^{-1}, soit en unités de base \text{A}^{2}\cdot\text{s}^{3}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{m}^{-3}).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Nommer explicitement la conductivité avec ses unités sans s'égarer dans la dérivation non demandée du modèle de Drude.

« Certaines copies ont développé le modèle de Drude (non demandé). »

« La notion de conductivité n'a pas toujours été nommée et un orilège d'unités a été proposé pour celle-ci. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2023

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux ; Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : symétrie et invariances, effet de peau

Définir les symétries et invariances du système afin de réduire le nombre de composantes non nulles et leurs dépendances.

Voir l'indice

Analyser les invariances par translation dans le plan de l'interface et utiliser les plans de symétrie du champ d'excitation pour fixer les directions respectives de \vec{B} et \vec{E}.

Voir la stratégie
  1. Exploiter les invariances par translation pour restreindre la dépendance spatiale des champs à la seule variable z.
  2. Utiliser la condition de flux conservatif (\operatorname{div}\vec{B} = 0) et les symétries des sources pour déterminer la direction de \vec{B}.
  3. En déduire les composantes de \vec{E} et \vec{J} via l'équation de Maxwell-Ampère et la loi d'Ohm locale.
Voir la réponse courte

Exploitation des plans de symétrie du courant et de l'invariance spatiale pour simplifier la direction et la dépendance du champ magnétique.

Voir le corrigé complet

1. Invariances : La plaque d'acier occupe le demi-espace z > 0, invariant par toute translation parallèle au plan frontière (Oxy). De plus, l'inducteur génère un champ magnétique homogène sur toute la surface z = 0.

Le système est donc invariant par translation selon les axes (Ox) et (Oy). Par conséquent, toutes les grandeurs physiques ne dépendent spatialement que de la coordonnée z (et du temps t) :

\vec{B} = \vec{B}(z,t), \quad \vec{E} = \vec{E}(z,t), \quad \vec{J} = \vec{J}(z,t).

2. Composantes du champ magnétique \vec{B} :

  • D'après l'équation de Maxwell-Thomson :

    \operatorname{div}\vec{B} = \frac{\partial B_x}{\partial x} + \frac{\partial B_y}{\partial y} + \frac{\partial B_z}{\partial z} = \frac{\partial B_z}{\partial z} = 0

    Ainsi, B_z(z,t) est uniforme dans la plaque. Comme le champ imposé en surface z=0 est purement tangentiel le long de (Ox) (et que le champ s'annule à l'infini z \to +\infty), on en déduit que :

    B_z(z,t) = 0.
  • Un champ magnétique orienté suivant (Ox) est produit par des courants d'excitation circulant selon l'axe (Oy). Tout plan (x, y_0, z) parallèle à (xOz) est orthogonal aux courants, c'est donc un plan d'antisymétrie \Pi^* pour la distribution des courants.

    Le champ magnétique étant un pseudovectoriel, il est nécessairement parallèle aux plans d'antisymétrie des courants en tout point de ceux-ci, ce qui impose B_y(z,t) = 0.

Le champ magnétique n'a donc qu'une unique composante non nulle :

\boxed{\vec{B}(z,t) = B_x(z,t)\,\vec{u}_x}

3. Composantes du champ électrique \vec{E} et du courant \vec{J} : D'après l'équation de Maxwell-Ampère et la loi d'Ohm locale \vec{J} = \sigma \vec{E} :

\vec{\operatorname{rot}}\vec{B} = \begin{vmatrix} \vec{u}_x \\ \vec{u}_y \\ \vec{u}_z \end{vmatrix} \wedge \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \\ \dfrac{\partial}{\partial z} \end{pmatrix} \wedge \begin{pmatrix} B_x(z,t) \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix} = \frac{\partial B_x}{\partial z}\,\vec{u}_y = \mu_0\mu_r \vec{J} = \mu_0\mu_r\sigma \vec{E}

Par conséquent, \vec{E} et \vec{J} ne possèdent qu'une composante non nulle selon \vec{u}_y :

\boxed{\vec{E}(z,t) = E_y(z,t)\,\vec{u}_y \quad \text{et} \quad \vec{J}(z,t) = J_y(z,t)\,\vec{u}_y}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Préciser systématiquement les grandeurs physiques sur lesquelles portent les invariances et les symétries invoquées.

« Une fraction importante des copies met en avant des invariances et symétries, mais sans préciser de quelles grandeurs, ce qui permet di cilement de conclure quoi que ce soit. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2023

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux

Notions : effet de peau, équation de diffusion magnétique

Établir l'équation vérifiée par l'unique composante non nulle du champ lorsque l'excitation est sinusoïdale à la pulsation (on choisira la convention ).

Voir l'indice

Prendre le rotationnel de la loi de Maxwell-Faraday en combinant avec la loi de Maxwell-Ampère dans l'ARQSM, en adoptant la convention temporelle e^{-j\omega t}.

Voir la stratégie
  1. Combiner l'équation de Maxwell-Ampère (avec la loi d'Ohm locale) et l'équation de Maxwell-Faraday pour obtenir l'équation de propagation (équation de diffusion / équation de peau).
  2. Projeter cette équation sur la direction \vec{u}_x en tenant compte de la géométrie 1D établie à la question Q9.
  3. Utiliser la convention de notation complexe imposée \vec{B}(\vec{r}, t) = \vec{B}(z) e^{-j\omega t} pour remplacer la dérivation temporelle par le facteur -j\omega.
Voir la réponse courte

Combinaison de Maxwell-Faraday, Maxwell-Ampère dans l'ARQS et la loi d'Ohm pour établir l'équation différentielle spatiale sur B(z).

Voir le corrigé complet

D'après la loi d'Ohm locale établie à la question Q8, \vec{J} = \sigma \vec{E}. L'équation de Maxwell-Ampère dans le milieu s'écrit alors :

\vec{\operatorname{rot}} \vec{B} = \mu_0 \mu_r \sigma \vec{E}

En prenant le rotationnel de cette équation et en utilisant l'identité vectorielle \vec{\operatorname{rot}}(\vec{\operatorname{rot}} \vec{B}) = \vec{\nabla}(\operatorname{div}\vec{B}) - \Delta \vec{B} ainsi que \operatorname{div} \vec{B} = 0, on obtient :

-\Delta \vec{B} = \mu_0 \mu_r \sigma \vec{\operatorname{rot}} \vec{E}

En injectant l'équation de Maxwell-Faraday \vec{\operatorname{rot}} \vec{E} = -\dfrac{\partial \vec{B}}{\partial t}, il vient l'équation de diffusion magnétique :

\Delta \vec{B} = \mu_0 \mu_r \sigma \frac{\partial \vec{B}}{\partial t}

D'après l'étude des symétries et invariances menée à la question Q9, le champ magnétique ne possède qu'une composante selon l'axe (Ox) et ne dépend que de la coordonnée z :

\vec{B}(z, t) = B_x(z, t) \, \vec{u}_x

Le laplacien vectoriel se réduit donc à la dérivée seconde spatiale :

\Delta \vec{B} = \frac{\partial^2 B_x}{\partial z^2} \vec{u}_x

En régime sinusoïdal permanent avec la convention de l'énoncé \vec{B}(z, t) = B(z) e^{-j\omega t} \, \vec{u}_x (où l'on note simplement B(z) = B_x(z) l'amplitude complexe), la dérivée temporelle se traduit par :

\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} = -j\omega \vec{B}

L'amplitude complexe B(z) vérifie par conséquent l'équation différentielle ordinaire :

\boxed{\frac{\mathrm{d}^2 B(z)}{\mathrm{d}z^2} + j \omega \mu_0 \mu_r \sigma B(z) = 0}

Résultat

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux

Notions : effet de peau, épaisseur de peau

Déterminer la solution de cette équation (en introduisant la valeur de en ). On prendra soin d'introduire une épaisseur de peau à définir.

Voir l'indice

Rechercher les solutions sous la forme d'ondes planes amorties progressant vers les z croissants et poser la longueur d'atténuation caractéristique sous la forme canonique de l'épaisseur de peau.

Voir la stratégie
  1. Résoudre l'équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients constants obtenue à la question Q10 en déterminant les racines de l'équation caractéristique associée.
  2. Identifier et définir l'épaisseur de peau \delta.
  3. Appliquer les conditions aux limites : le milieu occupant le demi-espace z > 0, le champ doit rester borné lorsque z \to +\infty, et vaut B_s en z = 0.
Voir la réponse courte

Résolution de l'équation différentielle avec la condition d'atténuation à l'infini, introduisant l'épaisseur de peau \delta = \sqrt{2/(\mu_0\mu_r\sigma\omega)}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q10, l'amplitude complexe B(z) vérifie l'équation différentielle :

\frac{\mathrm{d}^2 B(z)}{\mathrm{d}z^2} + j \omega \mu_0 \mu_r \sigma B(z) = 0

L'équation caractéristique associée s'écrit :

r^2 + j \omega \mu_0 \mu_r \sigma = 0 \iff r^2 = -j \omega \mu_0 \mu_r \sigma = \omega \mu_0 \mu_r \sigma \, \mathrm{e}^{-j\frac{\pi}{2}}

Les deux racines de cette équation sont :

r = \pm \sqrt{\omega \mu_0 \mu_r \sigma} \, \mathrm{e}^{-j\frac{\pi}{4}} = \pm \sqrt{\frac{\omega \mu_0 \mu_r \sigma}{2}} (1 - j)

On introduit l'épaisseur de peau \delta, homogène à une longueur, définie par :

\delta = \sqrt{\frac{2}{\mu_0 \mu_r \sigma \omega}}

Les deux racines s'écrivent alors :

r = \pm \frac{1 - j}{\delta}

La forme générale de la solution est donc :

B(z) = C_1 \, \mathrm{e}^{-\frac{1-j}{\delta}z} + C_2 \, \mathrm{e}^{+\frac{1-j}{\delta}z}

où C_1 et C_2 sont deux constantes d'intégration complexes.

  • Pour des raisons physiques, le champ doit rester fini lorsque z \to +\infty. Comme \operatorname{Re}\left(\frac{1-j}{\delta}z\right) = +\frac{z}{\delta} > 0, le second terme diverge exponentiellement : on a donc nécessairement C_2 = 0.
  • En surface (z = 0), on a B(0) = B_s, d'où C_1 = B_s.

La solution pour l'amplitude complexe du champ magnétique est donc :

\boxed{B(z) = B_s \, \mathrm{e}^{-\frac{z}{\delta}} \, \mathrm{e}^{j\frac{z}{\delta}}}

En revenant au champ réel avec la convention temporelle \vec{B}(z,t) = \operatorname{Re}\left(B(z)\mathrm{e}^{-j\omega t}\right)\vec{u}_x (en choisissant l'origine des temps telle que B_s soit réel) :

\vec{B}(z,t) = B_s \, \mathrm{e}^{-\frac{z}{\delta}} \cos\!\left(\frac{z}{\delta} - \omega t\right) \vec{u}_x = B_s \, \mathrm{e}^{-\frac{z}{\delta}} \cos\!\left(\omega t - \frac{z}{\delta}\right) \vec{u}_x

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Appliquer rigoureusement les conditions aux limites et s'assurer d'obtenir une épaisseur de peau réelle.

« Dans le détail, il y a pu avoir un manque de rigueur dans l'établissement de la solution (conditions aux limites), et ont pu apparaître également des épaisseurs de peau complexes, par exemple. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2023

Question déjà tombée ailleurs

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Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux

Notions : effet de peau, épaisseur de peau

Tracer l'évolution du module et discuter de l'influence de la fréquence et de la perméabilité relative du matériau.

Voir l'indice

Calculer le module de l'amplitude complexe obtenue et discuter de l'écrasement de la couche de pénétration lorsque la perméabilité relative \mu_r ou la fréquence augmente.

Voir la réponse courte

Tracé de l'exponentielle décroissante ; \delta diminue lorsque la fréquence \omega ou la perméabilité relative \mu_r augmente.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question 11, le champ magnétique dans le demi-espace conducteur z > 0 s'écrit sous la forme :

B(z) = B_s \, e^{-z/\delta} \, e^{j z/\delta}

avec B_s l'amplitude réelle positive du champ en z = 0. Le module du champ magnétique s'exprime donc simplement par :

\boxed{|B(z)| = B_s \, e^{-z/\delta}}

L'épaisseur de peau s'exprime en fonction des caractéristiques du système par :

\delta = \sqrt{\frac{2}{\mu_0 \mu_r \sigma \omega}} = \sqrt{\frac{1}{\pi \mu_0 \mu_r \sigma f}}

Influence de la fréquence \boldsymbol{f} (ou pulsation \boldsymbol{\omega}) : L'épaisseur de peau varie comme f^{-1/2}.

  • À haute fréquence, \delta diminue : le champ magnétique et les courants induits sont confinés dans une pellicule superficielle très mince à la surface de l'acier (effet de peau très marqué).
  • À basse fréquence, \delta est plus grande : le champ pénètre plus profondément dans le conducteur.

Influence de la perméabilité relative \boldsymbol{µ_r} du matériau : L'épaisseur de peau varie comme \mu_r^{-1/2}.

  • Pour un matériau ferromagnétique (\mu_r \gg 1, comme l'acier à température ambiante où \mu_r \sim 10^2 à 10^3), la pénétration est fortement réduite par rapport à un conducteur non magnétique (\mu_r \approx 1).
  • Cela entraîne une localisation accrue des courants induits et favorise une forte dissipation volumique superficielle par effet Joule, ce qui est particulièrement avantageux pour le chauffage par induction en forge.

Résultat

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Question 13

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux

Notions : vecteur de poynting, effet joule, effet de peau

Montrer que la puissance volumique dissipée par effet Joule peut se mettre sous la forme :

Voir l'indice

Exprimer le champ électrique associé à partir du rotationnel de \vec{B}, puis injecter les amplitudes complexes dans la formule du vecteur de Poynting complexe fournie par l'énoncé.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ électrique \vec{E}(z) dans le conducteur à partir du champ magnétique \vec{B}(z) établi à la question Q11, en utilisant l'équation de Maxwell-Ampère (ou la loi d'Ohm locale).
  2. Calculer le produit vectoriel \vec{E} \wedge \vec{B}^* ainsi que sa norme.
  3. Identifier la dépendance spatiale en e^{-2z/\delta} pour en déduire l'expression de la constante P_0.
Voir la réponse courte

Calcul du champ \vec{E} à partir de \vec{B} puis du flux moyen du vecteur de Poynting complexe conduisant à la puissance en e^{-2z/\delta}.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation de Maxwell-Ampère dans l'acier (dans l'ARQS magnétique) et la loi d'Ohm locale (question Q8) :

\vec{\operatorname{rot}}\vec{B} = \mu_0 \mu_r \vec{J} = \mu_0 \mu_r \sigma \vec{E}

Sachant que \vec{B}(\vec{r},t) = B(z) \vec{u}_x, le rotationnel s'écrit :

\vec{\operatorname{rot}}\vec{B} = \frac{\mathrm{d}B}{\mathrm{d}z}\vec{u}_y

On en déduit l'expression du champ électrique complexe dans la plaque :

\vec{E}(z) = \frac{1}{\mu_0 \mu_r \sigma} \frac{\mathrm{d}B}{\mathrm{d}z}\vec{u}_y

D'après le résultat de la question Q11, l'amplitude complexe du champ magnétique s'écrit :

B(z) = B_s \exp\left(-\frac{1-j}{\delta}z\right)

ce qui donne pour sa dérivée spatiale :

\frac{\mathrm{d}B}{\mathrm{d}z} = -\frac{1-j}{\delta} B(z)

Le champ électrique s'écrit donc :

\vec{E}(z) = -\frac{1-j}{\mu_0 \mu_r \sigma \delta} B(z)\vec{u}_y

Calculons le produit vectoriel \vec{E} \wedge \vec{B}^* avec \vec{B}^*(z) = B^*(z)\vec{u}_x :

\vec{E} \wedge \vec{B}^* = E_y(z) B^*(z)\,(\vec{u}_y \wedge \vec{u}_x) = \frac{1-j}{\mu_0 \mu_r \sigma \delta} |B(z)|^2 \vec{u}_z

Sa norme vaut :

\|\vec{E} \wedge \vec{B}^*\| = \frac{|1-j|}{\mu_0 \mu_r \sigma \delta} |B(z)|^2 = \frac{\sqrt{2}}{\mu_0 \mu_r \sigma \delta} |B(z)|^2

Or, d'après la question Q12, |B(z)| = B_s e^{-z/\delta}, d'où |B(z)|^2 = B_s^2 e^{-2z/\delta}.

En injectant cette relation dans l'expression donnée par l'énoncé, on obtient :

P_J = \frac{1}{2\mu_0 \mu_r} \|\vec{E} \wedge \vec{B}^*\| = \frac{\sqrt{2} B_s^2}{2 (\mu_0 \mu_r)^2 \sigma \delta} e^{-\frac{2z}{\delta}}

Cette expression se met bien sous la forme demandée :

\boxed{P_J = P_0 e^{-\frac{2z}{\delta}} \quad \text{avec} \quad P_0 = \frac{B_s^2}{\sqrt{2}(\mu_0 \mu_r)^2 \sigma \delta} = \frac{\omega \delta B_s^2}{2\sqrt{2}\mu_0 \mu_r}}

où l'on a utilisé \mu_0 \mu_r \sigma = \frac{2}{\omega \delta^2}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veiller à déterminer et justifier rigoureusement le préfacteur P0 en plus de la décroissance exponentielle.

« La proportionnalité de PJ avec exp (−2z/δ) a été facilement justi ée, mais pas la valeur du préfacteur P0. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2023

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2.2 · Inducteur enroulé autour d'une plaque métallique

Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux

Notions : effet de peau, équation de diffusion magnétique

En adaptant les équations de Maxwell à la nouvelle géométrie du problème (considérée comme infinie dans la direction ), déterminer l'équation vérifiée par le champ lorsque les bobines sont traversées par des courants sinusoïdaux à la pulsation .

Voir l'indice

Réécrire l'équation de Helmholtz vectorielle pour le champ \vec{B} = B_x(y,z)\vec{u}_x en tenant compte des deux dérivées spatiales transverses.

Voir la stratégie
  1. Déterminer la direction et les dépendances spatiales du champ magnétique \vec{B} à partir des symétries et invariances de la nouvelle géométrie.
  2. Appliquer le rotationnel à l'équation de Maxwell-Ampère dans le conducteur en régime sinusoïdal de pulsation \omega (avec la convention e^{-j\omega t}).
  3. Établir l'équation différentielle vectorielle de diffusion magnétique, puis la projeter sur la composante non nulle.
Voir la réponse courte

Adaptation de l'équation de diffusion harmonique du champ magnétique à la géométrie de la plaque d'épaisseur finie.

Voir le corrigé complet

1. Symétries et invariances :

  • La bobine est enroulée autour de l'axe (Ox) et la géométrie est supposée infinie suivant (Ox) ; toutes les grandeurs physiques sont donc indépendantes de la coordonnée x : \dfrac{\partial}{\partial x} = 0.
  • Les spires conductrices parcourent des plans parallèles au plan (yOz). Tout plan orthogonal à (Ox) est donc un plan d'antisymétrie de la distribution de courant. Par propriété des pseudo-vecteurs, le champ magnétique \vec{B} est orthogonal à ces plans, d'où :

    \vec{B}(\vec{r}, t) = B(y, z) e^{-j\omega t} \, \vec{u}_x

    Cette forme vérifie immédiatement \operatorname{div} \vec{B} = \dfrac{\partial B}{\partial x} = 0.

2. Équation de diffusion dans le conducteur :

En régime sinusoïdal avec la convention temporelle e^{-j\omega t}, l'équation de Maxwell-Faraday devient :

\vec{\operatorname{rot}} \vec{E} = -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} = j\omega \vec{B}

L'équation de Maxwell-Ampère (dans le cadre de l'ARQS magnétique) s'écrit avec la loi d'Ohm locale \vec{J} = \sigma \vec{E} :

\vec{\operatorname{rot}} \vec{B} = \mu_0 \mu_r \sigma \vec{E}

Prenons le rotationnel de l'équation de Maxwell-Ampère :

\vec{\operatorname{rot}}(\vec{\operatorname{rot}} \vec{B}) = \mu_0 \mu_r \sigma \, \vec{\operatorname{rot}} \vec{E} = j \omega \mu_0 \mu_r \sigma \vec{B}

En utilisant l'identité vectorielle \vec{\operatorname{rot}}(\vec{\operatorname{rot}} \vec{B}) = \vec{\operatorname{grad}}(\operatorname{div} \vec{B}) - \Delta \vec{B} et sachant que \operatorname{div}\vec{B} = 0, on obtient l'équation de Helmholtz vérifiée par l'amplitude complexe du champ :

\Delta \vec{B} + j \omega \mu_0 \mu_r \sigma \vec{B} = \vec{0}

3. Équation scalaire vérifiée par B(y, z) :

Comme \vec{B} = B(y, z) \vec{u}_x, le laplacien vectoriel se réduit au laplacien scalaire :

\Delta \vec{B} = \left( \frac{\partial^2 B}{\partial y^2} + \frac{\partial^2 B}{\partial z^2} \right) \vec{u}_x

En introduisant l'épaisseur de peau \delta = \sqrt{\dfrac{2}{\mu_0 \mu_r \sigma \omega}}, l'équation vérifiée par B(y, z) s'écrit :

\boxed{\frac{\partial^2 B}{\partial y^2} + \frac{\partial^2 B}{\partial z^2} + j \omega \mu_0 \mu_r \sigma B = 0 \quad \iff \quad \frac{\partial^2 B}{\partial y^2} + \frac{\partial^2 B}{\partial z^2} + \frac{2j}{\delta^2} B = 0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne pas calculer le champ créé par des spires : le champ magnétique est une condition aux limites imposée et non une grandeur à calculer.

« Certains candidats ont toutefois tenté de traiter cette question par l'expression du champ magnétique généré par des spires de courant ou un solénoïde, ce qui n'était pas adapté, le champ magnétique étant introduit ici comme une condition aux limites à la question 15, et non comme une grandeur à déterminer. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2023

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Question 15

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux

Notions : effet de peau, condition aux limites

Dans l'hypothèse d'une plaque mince () on peut négliger la dépendance suivant . Dans ce cas, écrire le champ magnétique dans la plaque. On notera à nouveau le champ magnétique à la surface.

Voir l'indice

Pour une plaque mince (h \ll d), négliger les variations selon y et exploiter la symétrie par rapport au plan médian z=0 pour ne retenir que la partie paire en cosinus hyperbolique complexe.

Voir la stratégie
  1. Exploiter l'hypothèse de plaque mince (h \ll d) pour éliminer la dépendance selon y dans l'équation de diffusion issue de la question 14.
  2. Écrire la solution générale de l'équation différentielle scalaire sous forme de fonctions hyperboliques en introduisant le nombre d'onde complexe \underline{k} = \frac{1-j}{\delta}.
  3. Déterminer les constantes d'intégration en imposant la valeur B_s du champ magnétique sur les deux faces externes de la plaque grâce aux conditions de symétrie.
Voir la réponse courte

Résolution dans la plaque d'épaisseur h en utilisant la parité du problème et les conditions aux surfaces z = \pm h/2.

Voir le corrigé complet

Dans l'hypothèse d'une plaque mince (h \ll d), les effets de bord latéraux selon y sont négligeables au sein du matériau. Le champ magnétique ne dépend donc plus de la coordonnée y : \frac{\partial \vec{B}}{\partial y} \approx \vec{0}.

L'équation établie à la question 14 se réduit alors à une équation différentielle unidimensionnelle selon z pour l'amplitude complexe B(z) (avec \vec{B}(z,t) = B(z)e^{-j\omega t}\vec{u}_x) :

\frac{\mathrm{d}^2 B}{\mathrm{d}z^2} + \frac{2j}{\delta^2} B(z) = 0

L'équation caractéristique associée s'écrit :

r^2 + \frac{2j}{\delta^2} = 0 \iff r^2 = -\frac{2j}{\delta^2} = \left(\frac{1-j}{\delta}\right)^2

Les deux racines sont donc r = \pm \underline{k} avec :

\underline{k} = \frac{1-j}{\delta}

En plaçant l'origine z = 0 au plan médian de la plaque (soit pour z \in [-h/2, \, h/2]), la solution générale s'exprime sous la forme :

B(z) = C_1 \cosh(\underline{k} z) + C_2 \sinh(\underline{k} z)

L'inducteur entourant symétriquement la plaque métallique, le champ magnétique extérieur tangentiel imposé à la surface est identique sur les deux faces :

B\left(-\frac{h}{2}\right) = B\left(\frac{h}{2}\right) = B_s

Par parité du problème par rapport au plan z = 0, la fonction B(z) doit être paire, ce qui impose C_2 = 0. La condition en z = h/2 donne alors :

C_1 \cosh\left(\underline{k}\frac{h}{2}\right) = B_s \implies C_1 = \frac{B_s}{\cosh\left(\underline{k}\frac{h}{2}\right)}

Le champ magnétique complexe au sein de la plaque s'écrit donc :

\boxed{B(z) = B_s \frac{\cosh(\underline{k} z)}{\cosh\left(\underline{k}\frac{h}{2}\right)} \quad \text{avec} \quad \underline{k} = \frac{1-j}{\delta}}

Remarque : si l'on conserve l'origine des cotes au bord inférieur de la plaque comme suggéré sur le schéma (z \in [0, h]), l'expression devient de façon équivalente :

\boxed{B(z) = B_s \frac{\cosh\left(\underline{k}\left(z - \frac{h}{2}\right)\right)}{\cosh\left(\underline{k}\frac{h}{2}\right)}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Adapter la solution aux nouvelles conditions aux limites en exploitant les symétries sous la forme d'un cosinus hyperbolique.

« La similarité des équations des questions 10 et 14 a fait qu'une fraction des candidats a proposé la même solution pour la question 15 que pour la question 11. »

« Pour les candidats ayant reproposé une solution générale et traité des nouvelles conditions aux limites, seulement une faible partie d'entre eux a exploité les symétries pour proposer une solution de type cosh (Kz) »

Source : rapport du jury Polytechnique 2023

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux

Notions : densité de courant, théorème d'ampère

Exprimer le vecteur densité de courant .

Voir l'indice

Appliquer le théorème d'Ampère local \vec{J} = \frac{1}{\mu_0\mu_r}\vec{\mathrm{rot}}\,\vec{B} en dérivant l'expression spatiale du champ magnétique.

Voir la stratégie
  1. Utiliser l'équation de Maxwell-Ampère dans le conducteur en régime quasi-stationnaire pour relier le vecteur densité de courant \vec{J} au champ magnétique \vec{B}.
  2. Calculer le rotationnel de \vec{B}(z, t) = B(z)e^{-j\omega t}\vec{u}_x à partir de l'expression établie à la question précédente.
  3. Exprimer le vecteur densité de courant en notation complexe (puis temporelle si nécessaire).
Voir la réponse courte

Calcul du rotationnel de \vec{B} pour exprimer la densité volumique de courant \vec{J}(z) dans la plaque.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation de Maxwell-Ampère en régime quasi-stationnaire (courant de déplacement négligé) :

\vec{\operatorname{rot}} \vec{B} = \mu_0 \mu_r \vec{J} \implies \vec{J} = \frac{1}{\mu_0 \mu_r} \vec{\operatorname{rot}} \vec{B}

Le champ magnétique étant dirigé selon \vec{u}_x et ne dépendant que de z :

\vec{B}(z, t) = B(z) e^{-j\omega t} \vec{u}_x

Son rotationnel s'écrit en coordonnées cartésiennes :

\vec{\operatorname{rot}} \vec{B} = \left( \frac{\partial B_z}{\partial y} - \frac{\partial B_y}{\partial z} \right) \vec{u}_x + \left( \frac{\partial B_x}{\partial z} - \frac{\partial B_z}{\partial x} \right) \vec{u}_y + \left( \frac{\partial B_y}{\partial x} - \frac{\partial B_x}{\partial y} \right) \vec{u}_z = \frac{\partial B_x}{\partial z} \vec{u}_y

On en déduit que le vecteur densité de courant volumique est purement selon \vec{u}_y :

\underline{\vec{J}}(z, t) = \underline{J}_y(z) e^{-j\omega t} \vec{u}_y \quad \text{avec} \quad \underline{J}_y(z) = \frac{1}{\mu_0 \mu_r} \frac{\mathrm{d}B(z)}{\mathrm{d}z}

En utilisant l'expression du champ magnétique obtenue à la question Q15 :

B(z) = B_s \frac{\operatorname{ch}(\underline{k} z)}{\operatorname{ch}\left(\underline{k} \frac{h}{2}\right)} \quad \text{avec} \quad \underline{k} = \frac{1-j}{\delta}

La dérivée spatiale vaut :

\frac{\mathrm{d}B(z)}{\mathrm{d}z} = B_s \underline{k} \frac{\operatorname{sh}(\underline{k} z)}{\operatorname{ch}\left(\underline{k} \frac{h}{2}\right)}

On obtient ainsi l'amplitude complexe de la densité volumique de courant :

\boxed{\underline{\vec{J}}(z) = \frac{\underline{k} B_s}{\mu_0 \mu_r} \frac{\operatorname{sh}(\underline{k} z)}{\operatorname{ch}\left(\underline{k} \frac{h}{2}\right)} \vec{u}_y \quad \text{avec} \quad \underline{k} = \frac{1-j}{\delta}}

En introduisant le temps, le champ réel s'écrit :

\vec{J}(z, t) = \operatorname{Re}\left( \underline{\vec{J}}(z) e^{-j\omega t} \right)

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question sélective : déterminer d'abord la direction de la densité de courant selon y avant d'en calculer l'expression.

« La direction du vecteur densité de courant selon y a été établie par environ un quart des copies. »

« L'expression du vecteur a été plus di cile, et établie uniquement pour les copies ayant traité correctement la question 15. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2023

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Question 17

DifficileTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux

Notions : effet joule, effet de peau, vecteur de poynting

Montrer que la puissance dissipée par effet Joule sur une épaisseur de la plaque se met sous la forme : où est identique à celui de la question 13, est défini par et :

Voir l'indice

Calculer la puissance volumique moyenne \frac{1}{2\sigma}|\vec{J}|^2 et l'intégrer sur l'épaisseur [-h/2, h/2] en linéarisant les produits de fonctions hyperboliques et circulaires.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance moyenne dissipée par effet Joule par unité de surface de plaque (xy), notée P_J, en intégrant la puissance volumique moyenne \langle p_J(z) \rangle = \frac{|\underline{J}_y(z)|^2}{2\sigma} sur toute l'épaisseur de la plaque, entre z = -h/2 et z = +h/2 (ou de façon équivalente via le flux entrant moyen du vecteur de Poynting sur les deux faces).
  2. Calculer le module au carré |\underline{J}_y(z)|^2 en utilisant les identités hyperboliques et trigonométriques pour \underline{k} = \frac{1-j}{\delta}.
  3. Intégrer sur l'épaisseur pour obtenir l'expression analytique en fonction du rapport \frac{h}{\delta}, puis la comparer à la forme demandée par l'énoncé.
Voir la réponse courte

Intégration de la puissance volumique J^2/\sigma ou calcul du flux de Poynting sur les faces pour établir la fonction f(\xi).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q16, l'amplitude complexe du vecteur densité volumique de courant dans la plaque est :

\underline{J}_y(z) = \frac{\underline{k} B_s}{\mu_0 \mu_r} \frac{\operatorname{sh}(\underline{k} z)}{\operatorname{ch}(\underline{k} h/2)} \quad \text{avec} \quad \underline{k} = \frac{1-j}{\delta}

La puissance moyenne dissipée par effet Joule par unité de surface de la plaque s'obtient par intégration sur l'épaisseur [-h/2, +h/2] :

P_J = \int_{-h/2}^{h/2} \langle p_J(z) \rangle\,\mathrm{d}z = \frac{1}{2\sigma} \int_{-h/2}^{h/2} |\underline{J}_y(z)|^2\,\mathrm{d}z

En utilisant la relation \sigma = \frac{2}{\mu_0 \mu_r \omega \delta^2} issue de la définition de l'épaisseur de peau \delta, et |\underline{k}|^2 = \frac{2}{\delta^2}, il vient :

\frac{|\underline{k}|^2}{2\sigma (\mu_0 \mu_r)^2} = \frac{\frac{2}{\delta^2}}{2 \frac{2}{\mu_0 \mu_r \omega \delta^2} (\mu_0 \mu_r)^2} = \frac{\omega}{2\mu_0 \mu_r}

Développons le numérateur et le dénominateur de |\underline{J}_y(z)|^2. Pour tout nombre complexe u = \alpha + j\beta :

\begin{aligned} |\operatorname{sh}(\alpha + j\beta)|^2 &= \operatorname{sh}^2 \alpha \cos^2 \beta + \operatorname{ch}^2 \alpha \sin^2 \beta = \frac{\operatorname{ch}(2\alpha) - \cos(2\beta)}{2} \\ |\operatorname{ch}(\alpha + j\beta)|^2 &= \operatorname{ch}^2 \alpha \cos^2 \beta + \operatorname{sh}^2 \alpha \sin^2 \beta = \frac{\operatorname{ch}(2\alpha) + \cos(2\beta)}{2} \end{aligned}

Avec \underline{k} z = \frac{z}{\delta} - j\frac{z}{\delta}, on a \alpha = \frac{z}{\delta} et \beta = -\frac{z}{\delta}. Le dénominateur, évalué en z = h/2, vaut donc :

\left|\operatorname{ch}\left(\underline{k}\frac{h}{2}\right)\right|^2 = \frac{\operatorname{ch}\left(\frac{h}{\delta}\right) + \cos\left(\frac{h}{\delta}\right)}{2}

Le numérateur intégré sur l'épaisseur donne :

\begin{aligned} \int_{-h/2}^{h/2} |\operatorname{sh}(\underline{k} z)|^2\,\mathrm{d}z &= \int_{-h/2}^{h/2} \frac{\operatorname{ch}\left(\frac{2z}{\delta}\right) - \cos\left(\frac{2z}{\delta}\right)}{2}\,\mathrm{d}z \\ &= 2 \int_{0}^{h/2} \frac{\operatorname{ch}\left(\frac{2z}{\delta}\right) - \cos\left(\frac{2z}{\delta}\right)}{2}\,\mathrm{d}z \\ &= \frac{\delta}{2} \left[ \operatorname{sh}\left(\frac{h}{\delta}\right) - \sin\left(\frac{h}{\delta}\right) \right] \end{aligned}

En regroupant l'ensemble des termes, on obtient la puissance surfacique dissipée :

P_J = \frac{\omega B_s^2}{2\mu_0 \mu_r} \cdot \frac{\frac{\delta}{2} \left[\operatorname{sh}\left(\frac{h}{\delta}\right) - \sin\left(\frac{h}{\delta}\right)\right]}{\frac{1}{2}\left[\operatorname{ch}\left(\frac{h}{\delta}\right) + \cos\left(\frac{h}{\delta}\right)\right]} = \frac{\omega \delta B_s^2}{2\mu_0 \mu_r} \frac{\operatorname{sh}\left(\frac{h}{\delta}\right) - \sin\left(\frac{h}{\delta}\right)}{\operatorname{ch}\left(\frac{h}{\delta}\right) + \cos\left(\frac{h}{\delta}\right)}

En identifiant la constante de surface P_0 = \frac{\omega \delta B_s^2}{2\mu_0 \mu_r} (ou la constante homogène définie à la question Q13 à un facteur numérique près selon la convention du sujet) :

  • Si l'on pose \xi = \frac{h}{\delta} (rapport de l'épaisseur totale sur l'épaisseur de peau) :

    f(\xi) = \frac{\operatorname{sh}\xi - \sin\xi}{\operatorname{ch}\xi + \cos\xi}
  • Si l'on conserve strictement la définition imposée par l'énoncé \xi = \frac{h}{2\delta} (demi-épaisseur rapportée à la peau), la variable sans dimension de l'expression physique vaut 2\xi :
\boxed{P_J = P_0 f(2\xi) \quad \text{avec} \quad f(u) = \frac{\operatorname{sh} u - \sin u}{\operatorname{ch} u + \cos u}}

L'énoncé omet le facteur 2 dans l'argument de f, ce qui correspond à une convention où \xi = \frac{h}{\delta}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très peu abordée en raison de calculs potentiellement lourds.

« Question très peu traitée, et d'un abord pouvant prendre une tournure très calculatoire. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2023

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux

Notions : effet de peau, dimensionnement

On donne l'allure de la fonction sur la courbe suivante :

En s'aidant de la figure, déterminer quelle est la meilleure fréquence de travail pour maximiser la puissance dissipée par effet Joule dans la plaque. Cette valeur vous paraît-elle raisonnable pour une plaque d'1 mm d'épaisseur faite d'acier (de perméabilité relative et de conductivité électrique ) ?

Voir l'indice

Localiser le premier maximum local sur la courbe de la fonction adimensionnée f(\xi), en déduire la valeur correspondante de l'épaisseur de peau \delta, puis la fréquence f.

Voir la stratégie
  1. Déterminer l'abscisse \xi_{\max} maximisant la fonction f(\xi) par lecture graphique (confirmée par dérivation exacte).
  2. Exprimer l'épaisseur de peau optimale correspondante, puis en déduire la fréquence de travail f.
  3. Discuter le réalisme technologique de cette fréquence pour le chauffage par induction.
Voir la réponse courte

Détermination du maximum de f(\xi) sur le graphe, calcul de la pulsation optimale et vérification de son réalisme industriel.

Voir le corrigé complet

1. Détermination du maximum de la fonction f
Graphiquement, la fonction f(\xi) présente un maximum unique pour une valeur comprise entre 3 et 3{,}2, avec f(\xi_{\max}) \approx 1{,}09.

Par le calcul, en dérivant f(\xi) = \dfrac{\operatorname{sh}\xi - \sin\xi}{\operatorname{ch}\xi + \cos\xi} :

\begin{aligned} f'(\xi) &= \frac{(\operatorname{ch}\xi - \cos\xi)(\operatorname{ch}\xi + \cos\xi) - (\operatorname{sh}\xi - \sin\xi)^2}{(\operatorname{ch}\xi + \cos\xi)^2} \\ &= \frac{(\operatorname{ch}^2\xi - \operatorname{sh}^2\xi) - (\cos^2\xi + \sin^2\xi) + 2\operatorname{sh}\xi\sin\xi}{(\operatorname{ch}\xi + \cos\xi)^2} \\ &= \frac{2\operatorname{sh}\xi\sin\xi}{(\operatorname{ch}\xi + \cos\xi)^2} \end{aligned}

Pour \xi > 0, \operatorname{sh}\xi > 0. La dérivée s'annule donc pour \sin\xi = 0, soit au premier extremum pour :

\xi_{\max} = \pi \approx 3{,}14

2. Détermination de la fréquence optimale
D'après la définition donnée à la question Q17, \xi = \dfrac{h}{2\delta}, d'où l'épaisseur de peau optimale :

\delta = \frac{h}{2\xi_{\max}} = \frac{h}{2\pi}

Par ailleurs, l'épaisseur de peau s'exprime en fonction de la fréquence f (\omega = 2\pi f) par :

\delta = \sqrt{\frac{2}{\mu_0 \mu_r \sigma \omega}} = \frac{1}{\sqrt{\pi \mu_0 \mu_r \sigma f}}

En égalant les deux expressions :

\frac{h}{2\pi} = \frac{1}{\sqrt{\pi \mu_0 \mu_r \sigma f}} \implies f = \frac{4\pi}{\mu_0 \mu_r \sigma h^2}

Avec les données numériques de l'énoncé :

  • h = 1\text{ mm} = 10^{-3}\text{ m} ;
  • \mu_r = 100 ;
  • \sigma = 10^7\text{ S}\cdot\text{m}^{-1} ;
  • \mu_0 = 4\pi \cdot 10^{-7}\text{ H}\cdot\text{m}^{-1}.

On a \mu_0 \mu_r \sigma = (4\pi \cdot 10^{-7}) \times 100 \times 10^7 = 4\pi \cdot 10^2\text{ SI}. Il vient immédiatement :

\begin{aligned} f &= \frac{4\pi}{(4\pi \cdot 10^2) \times (10^{-3})^2} = \frac{1}{10^2 \times 10^{-6}} = 10^4\text{ Hz} \end{aligned}
\boxed{f = 10\text{ kHz}}

3. Discussion du résultat
Une fréquence de travail de 10\text{ kHz} est tout à fait raisonnable et réaliste :

  • Elle se situe dans la gamme des moyennes fréquences (ultrasons), très facilement générée par l'électronique de puissance actuelle (onduleurs à résonance à base d'IGBT).
  • C'est précisément la gamme de fréquences standard utilisée en forge industrielle pour chauffer des pièces d'acier de dimensions millimétriques à centimétriques.

Résultat

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Partie 3 : Étude du problème thermique

3.1 · Évolution de la température dans un matériau isolé

Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : équation de la chaleur, bilan d'énergie thermique

Montrer que dans ces conditions l'équation vérifiée par le champ de température au sein du matériau peut s'écrire sous la forme :

où est la masse volumique, la capacité thermique massique à pression constante et la conductivité thermique du matériau. Expliquer chaque terme de cette équation.

Voir l'indice

Effectuer un bilan thermique unidimensionnel sur une tranche élémentaire de métal comprise entre z et z+\mathrm{d}z pendant la durée \mathrm{d}t en associant la loi de Fourier et la source Joule.

Voir la stratégie
  1. Effectuer un bilan thermique sur un volume élémentaire de matière (ou appliquer l'équation locale de l'énergie pour un solide indéformable).
  2. Exprimer la densité de flux thermique par conduction à l'aide de la loi de Fourier en exploitant la géométrie unidirectionnelle.
  3. Introduire le terme source volumique de puissance dissipée par effet Joule P_J(z) et expliciter la signification physique de chacun des termes de l'équation obtenue.
Voir la réponse courte

Bilan thermique 1D sur une tranche élémentaire avec la loi de Fourier et le terme source volumique d'effet Joule.

Voir le corrigé complet

Considérons une tranche élémentaire de matériau comprise entre les cotes z et z + \mathrm{d}z, de section droite d'aire S selon le plan (Oxy), de volume \mathrm{d}V = S\,\mathrm{d}z. Le milieu étant un solide indéformable, les capacités thermiques à volume et à pression constantes sont confondues (c_v \approx c_p).

Pendant l'intervalle de temps \mathrm{d}t, le premier principe de la thermodynamique appliqué à ce système fermé s'écrit :

\mathrm{d}U = \delta Q + \delta W_{\text{autre}}
  • La variation d'énergie interne s'exprime par :

    \mathrm{d}U = (\rho\,\mathrm{d}V)\,c_p\,\mathrm{d}T = \rho c_p S\,\mathrm{d}z\,\frac{\partial T}{\partial t}(z,t)\,\mathrm{d}t
  • Le transfert thermique net reçu par conduction à travers les faces en z et z+\mathrm{d}z s'écrit, en notant \vec{\jmath}_Q = j_{Q,z}\,\vec{u}_z le vecteur densité de flux thermique :

    \delta Q_{\text{cond}} = \left[ j_{Q,z}(z,t) - j_{Q,z}(z+\mathrm{d}z,t) \right] S\,\mathrm{d}t = -\frac{\partial j_{Q,z}}{\partial z} S\,\mathrm{d}z\,\mathrm{d}t
  • Le travail électrique reçu et converti en chaleur par effet Joule correspond à un apport volumique d'énergie :

    \delta W_J = P_J(z)\,\mathrm{d}V\,\mathrm{d}t = P_J(z)\,S\,\mathrm{d}z\,\mathrm{d}t

En divisant par S\,\mathrm{d}z\,\mathrm{d}t, le bilan d'énergie locale s'écrit :

\rho c_p \frac{\partial T}{\partial t} = -\frac{\partial j_{Q,z}}{\partial z} + P_J(z)

D'après la loi de Fourier, la conduction thermique dans ce milieu homogène et isotrope de conductivité k s'écrit :

\vec{\jmath}_Q = -k\,\vec{\operatorname{grad}} T = -k \frac{\partial T}{\partial z}\vec{u}_z \implies \frac{\partial j_{Q,z}}{\partial z} = -k \frac{\partial^2 T}{\partial z^2}

En injectant cette relation dans le bilan local, on obtient l'équation de la chaleur avec terme source :

\boxed{\rho c_p \frac{\partial T(z, t)}{\partial t} - k \frac{\partial^2 T(z, t)}{\partial z^2} = P_J(z)}

Interprétation physique de chaque terme :

  • \rho c_p \dfrac{\partial T(z, t)}{\partial t} : terme d'accumulation thermique volumique, traduisant la variation temporelle d'énergie interne emmagasinée par unité de volume du solide.
  • -k \dfrac{\partial^2 T(z, t)}{\partial z^2} = \operatorname{div}\vec{\jmath}_Q : terme de diffusion thermique par conduction (loi de Fourier), correspondant au bilan de transfert d'énergie net évacué par conduction hors du volume élémentaire.
  • P_J(z) : terme source de puissance volumique, représentant la chaleur dégagée localement par effet Joule due aux courants de Foucault induits.

Résultat

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Question 20

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : flux thermique, puissance surfacique

On émet l'hypothèse d'un fort confinement de la source inductive. Dans ces conditions, montrer que la puissance volumique devient une puissance surfacique dont on définit la valeur en intégrant le résultat de la question 13 pour allant de à . On introduira la notation .

Voir l'indice

Intégrer le profil exponentiel de puissance volumique P_J(z) sur le demi-espace z \ge 0 pour assimiler l'effet Joule superficiel à un flux entrant surfacique.

Voir la stratégie
  1. Interpréter l'hypothèse de fort confinement (\delta \to 0) : la puissance volumique dissipée est localisée dans une couche superficielle d'épaisseur négligeable devant les dimensions caractéristiques du problème thermique, ce qui permet de modéliser le chauffage volumique par un apport surfacique à l'interface z = 0.
  2. Calculer l'intégrale de la puissance volumique P_J(z) sur le demi-espace z \in [0, +\infty[ pour obtenir la puissance surfacique équivalente.
  3. Discuter la formule de notation introduite par l'énoncé.
Voir la réponse courte

Intégration de la puissance volumique sur toute la demi-épaisseur pour définir la puissance surfacique équivalente injectée en surface.

Voir le corrigé complet

L'hypothèse d'un fort confinement de la source inductive signifie que l'épaisseur de peau \delta est très faible devant la longueur caractéristique de diffusion thermique dans le matériau. La puissance volumique P_J(z), non négligeable uniquement pour z \lesssim \delta, est donc concentrée dans une pellicule infiniment mince au voisinage immédiat de la surface z = 0.

À l'échelle macroscopique, ce terme source volumique se modélise par une densité surfacique de puissance P_s localisée en z=0, soit formellement :

P_J(z) \approx P_s \, \delta_D(z)

où \delta_D(z) désigne la distribution de Dirac en z = 0.

La puissance totale dissipée par unité de surface de l'interface s'obtient en intégrant la puissance volumique sur toute la profondeur du conducteur :

\begin{aligned} P_s &= \int_0^{+\infty} P_J(z) \, \mathrm{d}z \\ &= \int_0^{+\infty} P_0 \, e^{-\frac{2z}{\delta}} \, \mathrm{d}z \\ &= P_0 \left[ -\frac{\delta}{2} e^{-\frac{2z}{\delta}} \right]_0^{+\infty} \\ &= \frac{P_0 \delta}{2} \end{aligned}

L'énoncé introduit la notation :

\boxed{P_s = \frac{2P_0}{\delta}}

qui sera conservée pour la suite de l'épreuve afin d'assurer la cohérence avec les conditions aux limites de la question suivante.

Résultat

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : équation de la chaleur, condition aux limites

Réécrire l'équation vérifiée par la variable réduite où est la température ambiante de l'air autour de la pièce avant le chauffage. Vérifier que les conditions aux limites du problème se mettent sous la forme :

Voir l'indice

Effectuer le changement de fonction inconnue pour ramener l'état initial à zéro, et traduire le bilan de flux surfacique entrant en z=0 via la loi de Fourier.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les dérivées temporelle et spatiale de T(z,t) en fonction de \widehat{T}(z,t) et utiliser l'hypothèse de fort confinement (question 20) pour établir l'équation de diffusion sans terme source pour z > 0.
  2. Vérifier la condition initiale et la condition à l'infini en exploitant l'équilibre thermique initial avec le milieu ambiant.
  3. Établir la condition à l'interface z = 0 par un bilan de flux d'énergie thermique (loi de Fourier).
Voir la réponse courte

Changement de variable en écart de température et écriture de la condition aux limites de flux imposé en surface.

Voir le corrigé complet

La température initiale étant constante et uniforme (T_0 = \mathrm{cte}), la variable d'écart \widehat{T}(z, t) = T(z, t) - T_0 vérifie directement :

\frac{\partial T}{\partial t} = \frac{\partial \widehat{T}}{\partial t} \quad \text{et} \quad \frac{\partial^2 T}{\partial z^2} = \frac{\partial^2 \widehat{T}}{\partial z^2}

Sous l'hypothèse d'un fort confinement de la source inductive (question 20), la puissance volumique P_J(z) est reportée à la frontière z = 0 sous forme d'un flux surfacique P_s. Pour tout z > 0, la source volumique est donc nulle, et l'équation établie à la question 19 devient :

\boxed{\rho c_p \frac{\partial \widehat{T}(z, t)}{\partial t} - k \frac{\partial^2 \widehat{T}(z, t)}{\partial z^2} = 0} \quad (\text{pour } z > 0)

Justifions à présent les conditions initiales et aux limites :

  • Condition initiale (t = 0) : Avant le début du chauffage, la pièce métallique est à l'équilibre thermique à la température ambiante T_0, soit T(z, 0) = T_0, d'où :

    \widehat{T}(z, t = 0) = 0
  • Condition à l'infini (z \to +\infty) : Le milieu étant semi-infini, l'onde thermique ne pénètre qu'à distance finie pour tout temps fini t ; le métal très éloigné de l'interface reste à la température ambiante T_0, soit :

    \lim_{z \to +\infty} \widehat{T}(z, t) = 0
  • Condition à l'interface (z = 0) : Le matériau étant supposé isolé thermiquement de l'extérieur vers z < 0, la puissance surfacique inductive P_s injectée en surface doit intégralement pénétrer dans le conducteur selon +\vec{u}_z par conduction thermique. D'après la loi de Fourier, la densité de flux thermique surfacique entrant vaut \vec{\jmath}_{\mathrm{th}}(z, t) = -k \frac{\partial T}{\partial z} \vec{u}_z = -k \frac{\partial \widehat{T}}{\partial z} \vec{u}_z. La continuité du flux en z = 0 impose donc :

    j_{\mathrm{th}, z}(0^+, t) = P_s \iff -k \left.\frac{\partial \widehat{T}}{\partial z}\right|_{z=0} = P_s \iff \left.k \frac{\partial \widehat{T}}{\partial z}\right|_{z=0} = -P_s

On retrouve bien le système complet de conditions aux limites proposé par l'énoncé :

\boxed{\begin{cases} \widehat{T}(z, t = 0) = 0 \\ \lim_{z \to +\infty} \widehat{T}(z, t) = 0 \\ \left.k \dfrac{\partial \widehat{T}}{\partial z}\right|_{z=0} = -P_s \end{cases}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question sélective : remarquer que l'équation de la température réduite ne contient plus de terme source volumique.

« Peu de candidats ont identi é que l'équation à obtenir à la question 21 ne présentait plus de terme volumique de source. Cette question s'est révélée assez sélective, car conditionnant (en partie) la suite du problème. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2023

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Question 22

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : transformée de laplace, équation de la chaleur

Réaliser la transformation de Laplace de l'équation précédente et donner la solution dans le domaine de Laplace du champ de température .

Voir l'indice

Appliquer la transformée de Laplace par rapport au temps à l'équation de la diffusion en tenant compte de la condition initiale nulle, puis résoudre l'équation différentielle spatiale résiduelle.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la transformation de Laplace par rapport au temps t à l'équation de diffusion thermique obtenue en Q21, en tenant compte de la condition initiale \widehat{T}(z, t=0) = 0.
  2. Résoudre l'équation différentielle ordinaire en z ainsi obtenue, en éliminant la divergence à l'infini grâce à la condition limite en z \to +\infty.
  3. Transformer la condition aux limites en z = 0 dans le domaine de Laplace afin de déterminer la constante d'intégration.
Voir la réponse courte

Application de la transformée de Laplace en temps et intégration de l'équation différentielle spatiale avec décroissance à l'infini.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q21, le champ d'écart de température \widehat{T}(z, t) vérifie pour z > 0 l'équation de la diffusion sans terme source :

\rho c_p \frac{\partial \widehat{T}(z, t)}{\partial t} - k \frac{\partial^2 \widehat{T}(z, t)}{\partial z^2} = 0

En introduisant la diffusivité thermique du matériau D = \frac{k}{\rho c_p}, cette équation s'écrit :

\frac{\partial^2 \widehat{T}(z, t)}{\partial z^2} - \frac{1}{D} \frac{\partial \widehat{T}(z, t)}{\partial t} = 0

Par transformation de Laplace par rapport au temps t, et en utilisant la condition initiale \widehat{T}(z, t=0) = 0 :

\mathcal{L}\left\{\frac{\partial \widehat{T}}{\partial t}\right\} = s \widehat{T}(z, s) - \widehat{T}(z, t=0) = s \widehat{T}(z, s)

L'équation aux dérivées partielles devient une équation différentielle ordinaire par rapport à la variable d'espace z :

\frac{\mathrm{d}^2 \widehat{T}(z, s)}{\mathrm{d}z^2} - \frac{s}{D} \widehat{T}(z, s) = 0

Pour s > 0, la solution générale s'écrit :

\widehat{T}(z, s) = A(s) \exp\left(-\sqrt{\frac{s}{D}} \, z\right) + B(s) \exp\left(+\sqrt{\frac{s}{D}} \, z\right)

La condition limite à l'infini \lim_{z \to +\infty} \widehat{T}(z, t) = 0 impose \lim_{z \to +\infty} \widehat{T}(z, s) = 0, ce qui implique B(s) = 0. Il reste donc :

\widehat{T}(z, s) = A(s) \exp\left(-\sqrt{\frac{s}{D}} \, z\right)

La condition à l'interface en z = 0, valable pour tout t > 0, est :

\left. k \frac{\partial \widehat{T}}{\partial z}\right|_{z=0} = -P_s

Comme P_s est constant pour t > 0, sa transformée de Laplace est \mathcal{L}\{P_s\} = \frac{P_s}{s} (d'après la ligne A = \text{constante} de la table). En transformant la condition aux limites :

k \left. \frac{\mathrm{d}\widehat{T}(z, s)}{\mathrm{d}z} \right|_{z=0} = -\frac{P_s}{s}

Or, en dérivant l'expression de \widehat{T}(z, s) par rapport à z :

\left. \frac{\mathrm{d}\widehat{T}(z, s)}{\mathrm{d}z} \right|_{z=0} = - \sqrt{\frac{s}{D}} \, A(s)

On en déduit :

- k \sqrt{\frac{s}{D}} \, A(s) = -\frac{P_s}{s} \implies A(s) = \frac{P_s}{k \sqrt{\frac{s}{D}} \, s} = \frac{P_s \sqrt{D}}{k \, s^{3/2}}

En remarquant que \frac{k}{\sqrt{D}} = \sqrt{k \rho c_p} (effusivité thermique du milieu), on peut exprimer A(s) sous la forme :

A(s) = \frac{P_s}{\sqrt{k \rho c_p} \, s^{3/2}}

La solution dans le domaine de Laplace est donc :

\boxed{\widehat{T}(z, s) = \frac{P_s}{\sqrt{k \rho c_p} \, s^{3/2}} \exp\left(-\sqrt{\frac{s}{D}} \, z\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Convertir correctement la condition aux limites sur le gradient en z = 0 dans le domaine de Laplace.

« Le principal écueil - discriminant là aussi - a été la conversion dans le domaine de Laplace de la condition aux limites sur le gradient de température en z = 0, déterminante pour l'obtention (correcte) des comportements en température dans les questions suivantes. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2023

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Question 23

DifficileTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : transformée de laplace, diffusion thermique

On propose de calculer dans un premier temps un développement limité à l'ordre 1 en lorsque de . Puis, en utilisant la table de transformées de Laplace, calculer le comportement de au voisinage de .

Voir l'indice

Effectuer le développement limité à l'ordre 1 en z de l'exponentielle spatiale dans l'espace de Laplace, puis utiliser la table pour identifier les originaux temporels des termes en s^{-3/2} et s^{-1}.

Voir la stratégie
  1. Effectuer un développement limité à l'ordre 1 en z au voisinage de z=0 de l'expression de \widehat{T}(z,s) obtenue à la question Q22.
  2. Identifier terme à terme les fonctions de s intervenant dans ce développement à l'aide de la table des transformées de Laplace fournie dans l'énoncé.
  3. Appliquer la transformée inverse terme à terme pour obtenir le comportement asymptotique de \widehat{T}(z,t) au voisinage de l'interface z = 0.
Voir la réponse courte

Développement limité en z dans l'espace de Laplace et utilisation de la table fournie pour revenir au domaine temporel.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q22, l'expression de la transformée de Laplace du champ de température s'écrit :

\widehat{T}(z, s) = \frac{P_s}{\sqrt{k \rho c_p} \, s^{3/2}} \exp\left(-\sqrt{\frac{s}{D}} \, z\right) \quad \text{avec} \quad D = \frac{k}{\rho c_p}

Au voisinage de z = 0, effectuons un développement limité à l'ordre 1 en z de l'exponentielle :

\begin{aligned} \exp\left(-\sqrt{\frac{s}{D}} \, z\right) &= 1 - \sqrt{\frac{s}{D}} \, z + \mathcal{O}(z^2) \\ &= 1 - \sqrt{\frac{\rho c_p}{k}} \, s^{1/2} z + \mathcal{O}(z^2) \end{aligned}

En multipliant par le préfacteur, on obtient le développement limité à l'ordre 1 en z de \widehat{T}(z, s) :

\begin{aligned} \widehat{T}(z, s) &= \frac{P_s}{\sqrt{k \rho c_p}} \frac{1}{s^{3/2}} - \frac{P_s}{\sqrt{k \rho c_p}} \sqrt{\frac{\rho c_p}{k}} \frac{s^{1/2}}{s^{3/2}} \, z + \mathcal{O}(z^2) \\ &= \frac{P_s}{\sqrt{k \rho c_p}} \frac{1}{s^{3/2}} - \frac{P_s}{k} \frac{1}{s} \, z + \mathcal{O}(z^2) \end{aligned}
\boxed{\widehat{T}(z, s) \underset{z \to 0}{=} \frac{P_s}{\sqrt{k \rho c_p}} \frac{1}{s^{3/2}} - \frac{P_s}{k \, s} \, z + \mathcal{O}(z^2)}

Pour inverser cette transformée de Laplace terme à terme, on utilise les correspondances données dans la table de l'énoncé :

  • Pour le premier terme : avec f(s) = \dfrac{A\sqrt{\pi}}{2 s^{3/2}}, la fonction temporelle correspondante est f(t) = A\sqrt{t}. On a ici :

    \frac{P_s}{\sqrt{k \rho c_p}} \frac{1}{s^{3/2}} = \frac{A \sqrt{\pi}}{2 s^{3/2}} \implies A = \frac{2 P_s}{\sqrt{\pi k \rho c_p}}

    Ce terme a donc pour transformée de Laplace inverse :

    \frac{2 P_s}{\sqrt{\pi k \rho c_p}} \sqrt{t}
  • Pour le second terme proportionnel à z : avec la ligne \dfrac{A}{s} \longleftrightarrow A = \text{cte}, on identifie A = -\dfrac{P_s z}{k}. La transformée de Laplace inverse est donc :

    -\frac{P_s}{k} z

On en déduit l'expression temporelle au voisinage de z = 0 :

\boxed{\widehat{T}(z, t) \underset{z \to 0}{=} \frac{2 P_s}{\sqrt{\pi k \rho c_p}} \sqrt{t} - \frac{P_s}{k} z + \mathcal{O}(z^2)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le développement limité a été bien abordé, mais l'utilisation de la table de Laplace a posé plus de difficultés.

« Question relativement bien abordée […] pour la partie de développement limité. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2023

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Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : profil de température, diffusion thermique

À partir des comportements limites, tracer l'allure de à fixé.

Voir l'indice

Tracer une courbe partant de la valeur de surface calculée, avec une pente initiale imposée par le flux thermique, s'atténuant continûment vers zéro à grande profondeur.

Voir la stratégie
  1. Recenser les comportements limites spatiaux à instant t > 0 fixé établis aux questions précédentes : valeur et pente en z = 0, et comportement asymptotique pour z \to +\infty.
  2. Identifier l'échelle spatiale caractéristique de pénétration de la chaleur par diffusion thermique.
  3. Tracer une allure soignée de \widehat{T}(z, t) en faisant clairement apparaître ces grandeurs caractéristiques.
Voir la réponse courte

Tracé de l'allure spatiale de \widehat{T}(z, t) à instant fixé, décroissant depuis la surface jusqu'à s'annuler à l'infini.

Voir le corrigé complet

À un instant t > 0 fixé, le profil spatial de température \widehat{T}(z, t) est caractérisé par :

  • En z = 0 : d'après la question Q23, la température de surface vaut

    \widehat{T}(0, t) = \frac{2P_s}{\sqrt{\pi k \rho c_p}} \sqrt{t}
  • Pente en z = 0 : imposée par la condition aux limites de flux (loi de Fourier, question Q21) :

    \left.\frac{\partial \widehat{T}}{\partial z}\right|_{z=0^+} = -\frac{P_s}{k} < 0

    Cette pente est strictement négative et remarquable car indépendante du temps t.

  • Pour z \to +\infty : la condition aux limites impose

    \lim_{z \to +\infty} \widehat{T}(z, t) = 0 \quad \text{avec} \quad \lim_{z \to +\infty} \frac{\partial \widehat{T}}{\partial z} = 0

    L'axe des abscisses est donc asymptote horizontale.

  • Longueur caractéristique de diffusion : l'échauffement pénètre dans le métal sur une profondeur de diffusion thermique \delta_{\text{th}} \sim \sqrt{D t} = \sqrt{\frac{k t}{\rho c_p}}.

Le profil spatial \widehat{T}(z, t) est strictement décroissant et convexe. L'allure correspondante est représentée ci-dessous :

Voir ce qu'a relevé le jury

Appuyer le tracé sur l'analyse rigoureuse des équations et non sur la seule intuition.

« Question souvent traitée avec intuition, plus que sur l'établissement rigoureux des équations. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2023

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Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : diffusion thermique, régime transitoire

Tracer finalement l'allure de en fonction du temps. Commenter la dépendance en temps de la solution trouvée ainsi que la solution aux temps longs. Selon ce modèle, peut-on atteindre la température de fusion de l'acier ?

Voir l'indice

Examiner le comportement en \sqrt{t} de la température de surface : constater la divergence aux temps longs due à l'absence totale de puits de chaleur et conclure sur la fusion théorique.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'expression temporelle de l'écart de température en surface \widehat{T}(z=0, t) établie à la question Q23 et tracer son allure en fonction du temps t.
  2. Analyser la dépendance en \sqrt{t} caractéristique de la diffusion thermique unidimensionnelle et examiner la limite aux temps longs (t \to +\infty).
  3. Conclure quant à la possibilité physique d'atteindre la température de fusion de l'acier dans le cadre de ce modèle idéalisé (matériau isolé).
Voir la réponse courte

Évolution en \sqrt{t} de la température de surface sans saturation ; la température de fusion est nécessairement atteinte aux temps longs.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q23, la température à l'interface z = 0 s'exprime en fonction du temps selon :

\widehat{T}(z = 0, t) = \frac{2 P_s}{\sqrt{\pi k \rho c_p}} \sqrt{t}

Commentaire sur la dépendance en temps :

  • La température de surface croît en \sqrt{t}. Cette loi en racine carrée est caractéristique d'un apport d'énergie surfacique constant se propageant par diffusion thermique dans un milieu semi-infini.
  • À l'origine (t \to 0^+), la dérivée temporelle \frac{\mathrm{d}\widehat{T}}{\mathrm{d}t} \propto \frac{1}{\sqrt{t}} diverge : l'échauffement initial en surface est extrêmement rapide car la chaleur injectée est d'abord confinée sur une épaisseur de diffusion infinitésimale \ell_{\text{th}} \sim \sqrt{D t}.
  • Aux temps longs (t \to +\infty), on a :

    \lim_{t \to +\infty} \widehat{T}(z=0, t) = +\infty

    En l'absence de pertes thermiques vers l'extérieur (le système étant supposé thermiquement isolé), le matériau emmagasine continûment de l'énergie, de sorte qu'il n'existe aucun état stationnaire.

Atteinte de la température de fusion : Puisque \widehat{T}(z=0, t) croît indéfiniment, elle dépasse nécessairement, au bout d'une durée finie t_f, l'écart correspondant à la fusion de l'acier (T_f \approx 1500\,^\circ\text{C}) :

t_f = \frac{\pi k \rho c_p}{4 P_s^2} (T_f - T_0)^2
\boxed{\text{Selon ce modèle sans pertes, on peut toujours atteindre la température de fusion de l'acier.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question réussie par peu de candidats car dépendante des résultats des questions 21 et 22.

« L'ensemble des questions 25-29 dépendait du traitement exact des questions 21 et 22, ce qui a béné cié à un faible nombre de candidats. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2023

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3.2 · Ajout du transfert conducto-convectif

Question 26

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : loi de newton, transformée de laplace

En déduire la nouvelle solution du champ de température .

Voir l'indice

Remplacer la condition à la limite en z=0 par la condition mixte conducto-convective (loi de Newton) transformée dans le domaine de Laplace pour déterminer la nouvelle constante d'intégration.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'équation différentielle satisfaite par la transformée de Laplace \widehat{T}(z, s) dans le demi-espace z > 0 ainsi que la condition à l'infini.
  2. Appliquer la transformée de Laplace à la nouvelle condition aux limites en z = 0 prenant en compte le transfert conducto-convectif.
  3. En déduire la constante d'intégration A(s) et expliciter \widehat{T}(z, s).
Voir la réponse courte

Prise en compte de la condition aux limites conducto-convective de Newton et détermination de la nouvelle transformée \widehat{T}(z, s).

Voir le corrigé complet

L'équation de la diffusion thermique vérifiée par \widehat{T}(z, t) pour z > 0 reste inchangée par rapport à la question 21 :

\frac{\partial^2 \widehat{T}}{\partial z^2}(z, t) - \frac{1}{D}\frac{\partial \widehat{T}}{\partial t}(z, t) = 0 \quad \text{avec} \quad D = \frac{k}{\rho c_p}

Avec la condition initiale \widehat{T}(z, 0) = 0, la transformée de Laplace \widehat{T}(z, s) vérifie pour z > 0 (d'après la question 22) :

\frac{\mathrm{d}^2 \widehat{T}(z, s)}{\mathrm{d}z^2} - \frac{s}{D}\,\widehat{T}(z, s) = 0

La condition de régularité à l'infini \lim_{z\to+\infty} \widehat{T}(z, t) = 0 impose toujours d'éliminer la composante divergente, d'où :

\widehat{T}(z, s) = A(s)\exp\left(-\sqrt{\frac{s}{D}}\,z\right)

Prenons à présent la transformée de Laplace de la nouvelle condition aux limites en z = 0 :

\left.k\,\frac{\partial \widehat{T}}{\partial z}\right|_{z=0} = -P_s + h\widehat{T}(0, t)

En utilisant la linéarité de la transformation de Laplace et le fait que P_s est constant pour t > 0 (dont la transformée est P_s/s) :

\left.k\,\frac{\mathrm{d}\widehat{T}(z, s)}{\mathrm{d}z}\right|_{z=0} = -\frac{P_s}{s} + h\,\widehat{T}(0, s)

Or, d'après la forme générale de \widehat{T}(z, s) :

\begin{aligned} \widehat{T}(0, s) &= A(s) \\ \left.\frac{\mathrm{d}\widehat{T}(z, s)}{\mathrm{d}z}\right|_{z=0} &= -\sqrt{\frac{s}{D}}\,A(s) \end{aligned}

La condition à l'interface devient :

-k\sqrt{\frac{s}{D}}\,A(s) = -\frac{P_s}{s} + h\,A(s) \iff \left(h + k\sqrt{\frac{s}{D}}\right)A(s) = \frac{P_s}{s}

En remarquant que k\sqrt{\frac{s}{D}} = k\sqrt{\frac{\rho c_p s}{k}} = \sqrt{k\rho c_p s}, on en déduit :

A(s) = \frac{P_s}{s\left(h + \sqrt{k\rho c_p s}\right)}

La nouvelle solution dans le domaine de Laplace est donc :

\boxed{\widehat{T}(z, s) = \frac{P_s}{s\left(h + \sqrt{k\rho c_p s}\right)}\exp\left(-\sqrt{\frac{s}{D}}\,z\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question réussie par peu de candidats car dépendante des résultats des questions 21 et 22.

« L'ensemble des questions 25-29 dépendait du traitement exact des questions 21 et 22, ce qui a béné cié à un faible nombre de candidats. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2023

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : théorème de la valeur finale, régime permanent

Évaluer la valeur finale du champ de température en utilisant le théorème de la valeur finale :

Voir l'indice

Multiplier l'expression de \widehat{T}(z,s) par s et faire tendre la variable de Laplace s vers 0 afin d'obtenir la température d'équilibre asymptotique.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le produit s \widehat{T}(z, s) à partir de l'expression établie à la question Q26.
  2. Prendre la limite lorsque la variable de Laplace s tend vers 0 par valeurs positives, pour z \ge 0 fixé.
  3. Interpréter physiquement la valeur obtenue et commenter la non-commutation des limites en temps et en espace.
Voir la réponse courte

Utilisation du théorème de la valeur finale par la limite s \to 0 pour déterminer la température asymptotique d'équilibre P_s/h.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q26, la transformée de Laplace du champ d'écart de température s'écrit :

\widehat{T}(z, s) = \frac{P_s}{s\left(h + \sqrt{k\rho c_p s}\right)}\exp\left(-\sqrt{\frac{s}{D}}\,z\right)

Formons la quantité s\widehat{T}(z, s) :

s\widehat{T}(z, s) = \frac{P_s}{h + \sqrt{k\rho c_p s}}\exp\left(-\sqrt{\frac{s}{D}}\,z\right)

Pour z \ge 0 fixé, faisons tendre s vers 0 :

\begin{aligned} \lim_{s \to 0} \left(h + \sqrt{k\rho c_p s}\right) &= h \\ \lim_{s \to 0} \exp\left(-\sqrt{\frac{s}{D}}\,z\right) &= 1 \end{aligned}

Le théorème de la valeur finale fournit directement :

\lim_{t \to +\infty} \widehat{T}(z, t) = \lim_{s \to 0} s\widehat{T}(z, s) = \frac{P_s}{h}

Soit, pour la température absolue T(z, t) = T_0 + \widehat{T}(z, t) :

\boxed{\lim_{t \to +\infty} \widehat{T}(z, t) = \frac{P_s}{h} \quad \text{soit} \quad \lim_{t \to +\infty} T(z, t) = T_0 + \frac{P_s}{h}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question réussie par peu de candidats car dépendante des résultats des questions 21 et 22.

« L'ensemble des questions 25-29 dépendait du traitement exact des questions 21 et 22, ce qui a béné cié à un faible nombre de candidats. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2023

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Question 28

ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : transformée de laplace, régime transitoire

Que devient l'expression précédente de lorsque ? Sachant que cette limite équivaut à regarder ce qu'il se passe au voisinage de , commenter ce résultat au regard du résultat obtenu en l'absence de convection.

Voir l'indice

Prendre l'équivalent aux grands s du dénominateur : observer que le terme convectif devient négligeable devant la diffusion pure aux temps très courts.

Voir la réponse courte

Limite s \to \infty correspondant aux temps courts où les pertes convectives sont négligeables, retrouvant le comportement en \sqrt{t}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q26, l'expression de la transformée de Laplace du champ de température en présence de pertes conducto-convectives est :

\widehat{T}(z, s) = \frac{P_s}{s\left(h + \sqrt{k\rho c_p s}\right)}\exp\left(-\sqrt{\frac{s}{D}}\,z\right)

Lorsque s \to +\infty, le terme \sqrt{k\rho c_p s} devient prépondérant devant le coefficient d'échange h au dénominateur :

h + \sqrt{k\rho c_p s} \underset{s \to +\infty}{\sim} \sqrt{k\rho c_p}\, s^{1/2}

On en déduit le comportement équivalent :

\boxed{\widehat{T}(z, s) \underset{s \to +\infty}{\sim} \frac{P_s}{\sqrt{k \rho c_p}\, s^{3/2}}\exp\left(-\sqrt{\frac{s}{D}}\,z\right)}

Cette limite redonne exactement l'expression obtenue à la question Q22 pour le matériau thermiquement isolé de son environnement (h = 0).

D'après le théorème de la valeur initiale en transformation de Laplace, la limite s \to +\infty gouverne la dynamique aux temps courts (t \to 0). Aux premiers instants du chauffage, l'échauffement de surface \widehat{T}(0, t) = T(0, t) - T_0 est infinitésimal. Les pertes conducto-convectives surfaciques, modélisées par la loi de Newton :

\varphi_{\mathrm{conv}}(t) = h\,\widehat{T}(0, t)

sont donc négligeables devant la puissance volumique/surfacique injectée P_s. L'intégralité du flux incident sert initialement à échauffer la matière par diffusion thermique pure, ce qui explique pourquoi l'évolution aux temps courts est rigoureusement identique à celle en l'absence de convection :

\widehat{T}(z=0, t) \underset{t \to 0}{\sim} \frac{2P_s}{\sqrt{\pi k \rho c_p}} \sqrt{t}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question réussie par peu de candidats car dépendante des résultats des questions 21 et 22.

« L'ensemble des questions 25-29 dépendait du traitement exact des questions 21 et 22, ce qui a béné cié à un faible nombre de candidats. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2023

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : profil de température, régime permanent

Tracer l'allure de en précisant les comportements asymptotiques décrits précédemment. Sous quelle condition peut-on atteindre la fusion de l'acier ?

Voir l'indice

Tracer la courbe débutant par une croissance en \sqrt{t} et saturant vers le palier horizontal permanent P_s/h. Comparer cette valeur asymptotique au seuil de fusion.

Voir la stratégie
  1. Identifier les deux comportements asymptotiques établis aux questions Q27 et Q28 pour délimiter l'allure de la courbe au voisinage de t = 0 et pour t \to +\infty.
  2. Tracer la courbe d'évolution temporelle de \widehat{T}(0, t) en faisant figurer la tangente verticale à l'origine et l'asymptote horizontale.
  3. Exprimer la condition nécessaire pour atteindre la température de fusion T_f de l'acier en comparant celle-ci à la température maximale stationnaire T_\infty.
Voir la réponse courte

Tracé de la température de surface avec raccordement asymptotique ; la fusion n'est possible que si la température limite dépasse T_{\text{fus}}.

Voir le corrigé complet

D'après les questions précédentes, l'élévation de température à l'interface z = 0 présente deux régimes asymptotiques remarquables :

  • Aux temps courts (t \to 0) (d'après Q28) :

    \widehat{T}(0, t) \underset{t \to 0}{\sim} \frac{2 P_s}{\sqrt{\pi k \rho c_p}} \sqrt{t}

    La courbe part de l'origine avec une pente infinie (tangente verticale en t=0) et croît comme \sqrt{t}.

  • Aux temps longs (t \to +\infty) (d'après Q27) :

    \lim_{t \to +\infty} \widehat{T}(0, t) = \frac{P_s}{h}

    La courbe tend de manière monotone vers l'asymptote horizontale d'ordonnée \widehat{T}_\infty = \dfrac{P_s}{h}.

Le temps caractéristique marquant la transition entre le régime dominé par la conduction massique et le régime saturé par la convection est donné par l'égalité \frac{2 P_s}{\sqrt{\pi k \rho c_p}} \sqrt{\tau} \sim \frac{P_s}{h}, soit :

\tau = \frac{\pi k \rho c_p}{4 h^2}

Condition pour atteindre la fusion de l'acier :

La température absolue atteinte par la pièce métallique en surface au cours du temps est :

T(0, t) = T_0 + \widehat{T}(0, t)

Comme la fonction \widehat{T}(0, t) est strictement croissante et plafonne à T_\infty = T_0 + \dfrac{P_s}{h}, la température de fusion T_f (de l'ordre de 1500\,^\circ\text{C}) ne peut être atteinte que si la température stationnaire limite est supérieure ou égale à T_f :

T_\infty \ge T_f \iff T_0 + \frac{P_s}{h} \ge T_f

On en déduit la condition nécessaire sur la puissance surfacique injectée :

\boxed{P_s \ge h(T_f - T_0)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question réussie par peu de candidats car dépendante des résultats des questions 21 et 22.

« L'ensemble des questions 25-29 dépendait du traitement exact des questions 21 et 22, ce qui a béné cié à un faible nombre de candidats. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2023

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3.3 · Ajout du rayonnement

Question 30

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique ; Diffusion thermique

Notions : loi de stefan-boltzmann, loi de newton, transfert radiatif

Finalement il faut ajouter les pertes par rayonnements étudiées dans la partie 1, qui sont données par la loi de Stefan-Boltzmann corrigée : , où l'on a introduit les grandeurs suivantes : - est la puissance surfacique rayonnée - la constante de Stefan-Boltzmann - la température de surface (en K) - le coefficient d'émissivité du matériau () considéré comme égal à 1 ici.

Comparer les termes convectifs () et radiatifs pour des températures comprises entre et . Déterminer ainsi les hypothèses simplificatrices qui peuvent être faites selon la gamme de températures dans laquelle se situe le métal.

Voir l'indice

Calculer numériquement le flux convectif h(T-T_0) et le flux radiatif \sigma_0(T^4-T_0^4) à 20\,^\circ\text{C} puis à 1200\,^\circ\text{C} pour identifier le régime dominant à chaque température.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les densités de flux surfaciques cédées par la surface du métal à l'environnement à T_0 = 20\,^\circ\text{C} = 293\text{ K} : la puissance convective \varphi_{\text{conv}} = h(T - T_0) et la puissance radiative nette \varphi_{\text{ray}} = \epsilon \sigma_0 (T^4 - T_0^4).
  2. Comparer ces deux termes (ou les coefficients d'échange associés) à basse température (T \approx 20\,^\circ\text{C}) et à haute température (T = 1200\,^\circ\text{C}).
  3. En déduire les simplifications pertinentes pour modéliser les échanges thermiques selon la plage de température.
Voir la réponse courte

Comparaison numérique des flux conducto-convectif et radiatif montrant la prépondérance du rayonnement à haute température.

Voir le corrigé complet

Les pertes surfaciques à l'interface vers l'air ambiant à la température T_0 = 20\,^\circ\text{C} = 293\text{ K} se composent de :

  • la puissance conducto-convective :

    \varphi_{\text{conv}} = h(T - T_0)
  • la puissance radiative nette émise vers l'environnement (assimilé à un corps noir à T_0) avec \epsilon = 1 :

    \varphi_{\text{ray}} = \sigma_0 (T^4 - T_0^4)

1. À basse température (T \approx 20\,^\circ\text{C} = 293\text{ K}) :

Pour un faible écart de température T - T_0 \ll T_0, on peut linéariser la loi de Stefan-Boltzmann :

T^4 - T_0^4 = (T - T_0)(T + T_0)(T^2 + T_0^2) \approx 4 T_0^3 (T - T_0)

ce qui permet d'introduire un coefficient d'échange radiatif :

\begin{aligned} h_{\text{rad}} &= 4 \sigma_0 T_0^3 \\ &= 4 \times 5{,}67\cdot 10^{-8} \times (293)^3 \approx 5{,}7\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1} \end{aligned}

Ce coefficient est du même ordre de grandeur que le coefficient convectif h = 10\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1} :

h_{\text{rad}} \sim h

2. À haute température (T = 1200\,^\circ\text{C} = 1473\text{ K}) :

Calculons numériquement les densités de flux :

\begin{aligned} \varphi_{\text{conv}} &= 10 \times (1473 - 293) = 1{,}18\cdot 10^4\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} \approx 12\text{ kW}\cdot\text{m}^{-2} \\ \varphi_{\text{ray}} &= 5{,}67\cdot 10^{-8} \times \left[(1473)^4 - (293)^4\right] \approx 5{,}67\cdot 10^{-8} \times (1{,}473\cdot 10^3)^4 \\ &\approx 5{,}67\cdot 10^{-8} \times 4{,}71\cdot 10^{12} \approx 2{,}67\cdot 10^5\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} \approx 270\text{ kW}\cdot\text{m}^{-2} \end{aligned}

Le terme radiatif l'emporte très largement sur le terme convectif :

\frac{\varphi_{\text{ray}}}{\varphi_{\text{conv}}} \approx \frac{270}{12} \approx 23 \gg 1

(De façon équivalente, le coefficient radiatif effectif h_{\text{rad}} = \varphi_{\text{ray}}/(T - T_0) \approx 230\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1} \gg h).

3. Hypothèses simplificatrices :

  • À basse température (T \lesssim 200\text{ à } 300\,^\circ\text{C}) : le rayonnement peut être linéarisé. Les deux modes de transfert sont comparables et peuvent être regroupés en un coefficient d'échange global linéaire :

    \boxed{h_{\text{global}} = h + 4\sigma_0 T_0^3 \approx 16\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1}}

    ce qui préserve la linéarité du problème thermique.

  • À haute température (T \gtrsim 800\text{ à } 1200\,^\circ\text{C}) : les pertes convectives sont négligeables devant les pertes radiatives :

    \boxed{\varphi_{\text{pertes}} \approx \sigma_0 T^4 \gg \varphi_{\text{conv}}}

    Le problème devient alors fortement non linéaire en surface.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Définir la température de transition marquant la frontière entre les régimes dominés par la convection et par le rayonnement.

« Cette question pouvait être traitée indépendamment des questions (di ciles) précédentes, ce qui n'a pas échappé aux candidats. »

« toutefois (trop) peu de candidats perçoivent la possibilité de dé nir de manière simple une température de transition entre les régimes où les échanges par convection (respectivement, par rayonnement) dominent. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2023

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Question 31

ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique

Notions : rayonnement thermique, bilan de puissance

Le forgeron observe la couleur de son métal avant que celui-ci ne fonde vers . Est-ce cohérent avec les comportements trouvés ? Quel rôle joue le rayonnement vis-à-vis de la puissance à fournir au cours de la chauffe ?

Voir l'indice

Commenter la loi en T^4 qui fait exploser les pertes thermiques superficielles aux hautes températures et oblige à injecter une puissance inductrice considérablement accrue.

Voir la stratégie
  1. Pour la cohérence de l'observation visuelle : analyser l'évolution du spectre d'émission (déplacement de Wien et augmentation de l'irradiance visible) entre T \approx 1000\text{ K} (727\text{ }^\circ\text{C}) et la fusion vers 1500\text{ }^\circ\text{C} (1773\text{ K}).
  2. Pour le rôle énergétique du rayonnement : s'appuyer sur la comparaison établie à la question Q30 entre pertes convectives et radiatives à haute température, et en déduire la contrainte sur la puissance inductive P_s requise pour poursuivre la chauffe.
Voir la réponse courte

Cohérence de l'émission visible bien avant fusion et rôle d'évacuation de puissance par rayonnement freinant la montée en température.

Voir le corrigé complet

1. Cohérence avec les observations du forgeron

D'après la loi de Wien établie en Q1, le maximum d'émission se déplace vers les courtes longueurs d'onde lorsque la température augmente :

\begin{aligned} \text{À } T_1 = 1000\text{ K } (727\text{ }^\circ\text{C}) & : \quad \lambda_{\max} \approx 2{,}9\,\mu\text{m} \quad (\text{émission rouge-orangée dans le visible, cf. Q3 et Q7}), \\ \text{À } T_f \approx 1500\text{ }^\circ\text{C} = 1773\text{ K} & : \quad \lambda_{\max} = \frac{2{,}899\cdot 10^{-3}}{1773} \approx 1{,}63\,\mu\text{m}. \end{aligned}

Bien que \lambda_{\max} reste situé dans le proche infrarouge, le spectre s'étend largement vers le domaine visible (0{,}4 - 0{,}8\,\mu\text{m}). De plus, l'irradiance spectrale dans le visible croît de façon spectaculaire avec T (queue de Wien variant en e^{-hc/\lambda k_B T}).

Le métal commence à rougeoyer visiblement dès 500\text{--}600\text{ }^\circ\text{C} (point de Draper), devient rouge vif vers 800\text{ }^\circ\text{C}, orange-jaune vers 1000\text{ }^\circ\text{C} et blanc éclatant vers 1300\text{--}1500\text{ }^\circ\text{C}. Il est donc tout à fait cohérent que la couleur du métal soit parfaitement observable et serve d'indicateur thermique bien avant d'atteindre la température de fusion T_f \approx 1500\text{ }^\circ\text{C}.

2. Rôle du rayonnement sur la puissance de chauffe

À l'interface de la pièce, le bilan des flux thermiques en régime quasi-stationnaire s'écrit :

P_s = \varphi_{\text{conv}} + \varphi_{\text{ray}} = h(T - T_0) + \epsilon \sigma_0 (T^4 - T_0^4)

Comme montré à la question Q30, le terme radiatif évolue en T^4 et domine écrasantement le terme convectif à haute température :

  • À T = 1500\text{ }^\circ\text{C} \approx 1773\text{ K}, la perte convective est :

    \varphi_{\text{conv}} = h(T - T_0) \approx 10 \times 1480 \approx 15\text{ kW}\cdot\text{m}^{-2}
  • La perte radiative vaut quant à elle :

    \varphi_{\text{ray}} \approx \sigma_0 T^4 \approx 5{,}67 \cdot 10^{-8} \times (1773)^4 \approx 560\text{ kW}\cdot\text{m}^{-2}

Le rayonnement constitue donc la cause principale de déperdition thermique à haute température (\varphi_{\text{ray}} \gg \varphi_{\text{conv}}).

Par conséquent, la puissance inductive surfacique P_s doit croître de façon très importante pour compenser les pertes radiatives et continuer à élever la température. Le rayonnement agit comme un puissant mécanisme de saturation thermique : pour atteindre une température donnée T, la puissance minimale à injecter est imposée par le terme radiatif :

\boxed{P_s \ge \epsilon \sigma_0 T^4}

Résultat

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3.4 · Température de Curie

Question 32

DifficileTemps estimé : ≈ 7 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique ; Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux

Notions : température de curie, effet de peau, ferromagnétisme

Dans le cas de l'acier, un autre phénomène surprenant s'ajoute au problème : pour une température proche de , appelée température de Curie (), les propriétés magnétiques de l'acier changent. Il passe subitement de l'état de ferromagnétique à l'état paramagnétique (). À partir des observations faites dans les sections précédentes (profil de température et courants induits) décrire la distribution de température pour l'interface d'un milieu semi-infini dans les trois cas suivants : - - -

Voir l'indice

Relier l'effondrement de \mu_r à la transition de Curie à l'augmentation spectaculaire de l'épaisseur de peau \delta, modifiant la localisation spatiale de la source de chaleur.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la dépendance de l'épaisseur de peau \delta et de la puissance volumique P_J(z) vis-à-vis de la perméabilité relative \mu_r.
  2. Traiter successivement les trois cas en couplant le comportement électromagnétique (pénétration des courants) et la réponse thermique (distribution spatiale de la température).
Voir la réponse courte

Franchissement de la température de Curie : chute de \mu_r, augmentation brutale de l'épaisseur de peau et pénétration plus profonde du chauffage.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q11, l'épaisseur de peau dans le conducteur s'écrit :

\delta = \sqrt{\frac{2}{\mu_0 \mu_r \sigma \omega}} \propto \frac{1}{\sqrt{\mu_r}}

La distribution des courants induits et de la puissance Joule volumique P_J(z) \propto \exp(-2z/\delta) dépend donc crucialement de l'état magnétique du matériau.

1. Cas T \ll T_c (matériau entièrement ferromagnétique) :

  • L'acier est à l'état ferromagnétique avec \mu_r \gg 1 (de l'ordre de 100 à 1000). L'épaisseur de peau \delta_{\text{ferro}} est très faible (typiquement de l'ordre de quelques dixièmes de millimètre).
  • Les courants induits et la puissance Joule sont extrêmement confinés au voisinage immédiat de la surface (z \lesssim \delta_{\text{ferro}}), validant pleinement l'hypothèse de source surfacique P_s de la partie 3.
  • Distribution de température : le gradient de température en surface est très marqué (|\partial T/\partial z|_{z=0} \approx P_s/k), la surface s'échauffe très rapidement par rapport au cœur du matériau, et la chaleur se propage lentement vers l'intérieur par diffusion thermique (profil fortement décroissant avec la profondeur z).

2. Cas T \gg T_c (matériau entièrement paramagnétique) :

  • L'acier a transité vers la phase paramagnétique pour laquelle \mu_r \approx 1. L'épaisseur de peau augmente brutalement d'un facteur \sqrt{\mu_r} \approx 10 :

    \delta_{\text{para}} \approx \sqrt{\mu_r} \, \delta_{\text{ferro}} \gg \delta_{\text{ferro}}
  • Les courants induits et les pertes Joule ne sont plus confinés à l'extrême surface mais sont distribués sur une profondeur volumique bien plus grande (\sim \delta_{\text{para}}).
  • Distribution de température : la puissance étant délivrée en volume sur une couche épaisse, le gradient thermique au voisinage de l'interface est beaucoup plus faible et le profil de température au sein du métal est nettement plus uniforme et adouci.

3. Cas T \approx T_c (coexistence de deux zones lors de la chauffe) :

  • La température décroissant avec z, la zone superficielle (0 \le z < z_c) dépasse T_c et devient paramagnétique (\mu_r \approx 1), tandis que le cœur (z > z_c) reste sous T_c et demeure ferromagnétique (\mu_r \gg 1).
  • L'onde électromagnétique traverse la couche superficielle paramagnétique sans subir d'atténuation notable (car \delta_{\text{para}} \gg z_c), puis pénètre dans la région ferromagnétique sous-jacente où elle est brutalement absorbée sur une épaisseur \delta_{\text{ferro}} au-delà de z_c.
  • La zone de dissipation Joule maximale migre donc de la surface vers le front mobile z = z_c(t) situé à la température T_c.
  • Distribution de température : le profil présente un palier ou un coude au niveau du front z_c(t). La dissipation interne favorise la propagation rapide de l'échauffement vers le cœur, régulant naturellement la surchauffe de surface et homogénéisant la pièce métallique.
Voir ce qu'a relevé le jury

Question peu abordée en fin d'épreuve, car elle réclamait une bonne maîtrise de la partie électromagnétique.

« Cette question, plus particulière, nécessitait d'avoir su samment bien traité la partie 2 du problème, elle n'a donc été que peu abordée, et dans ce cas de manière plutôt satisfaisante pour une question de n de problème. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2023

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet Polytechnique Physique A PC 2023 ?

Surtout 3 chapitres : Diffusion thermique (38 % des questions, partie 3), Ondes électromagnétiques dans les milieux (31 %, partie 2) et Rayonnement thermique (27 %, partie 1). Plus ponctuellement : Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide.

Peut-on travailler le sujet Polytechnique Physique A PC 2023 dès la première année ?

Non : toutes les questions demandent le programme de deuxième année.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet Polytechnique Physique A PC 2023 ?

Environ 2 h 45 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet Polytechnique Physique A PC 2023 ?

Q17 (effet joule), Q23 (transformée de laplace) et Q32 (température de curie), cotées 4 sur 4 dans ce corrigé.

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet Polytechnique Physique A PC 2023 ?

Questions de cours : Q8 (loi d'ohm locale). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q1 (loi de wien), Q2 (loi de stefan-boltzmann), Q10 (effet de peau), Q11 (effet de peau) et Q19 (équation de la chaleur).

Où gagner des points facilement dans le sujet Polytechnique Physique A PC 2023 ?

Questions rapides et accessibles (difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 min au plus) : Q4, Q5, Q8, Q9, Q11, Q12, Q14, Q16, Q24, Q25, Q27 et Q29. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q1, Q2, Q13, Q17 et Q19 à Q21.

Le sujet Polytechnique Physique A PC 2023 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Beaucoup de questions des parties 1 et 2 sont jugées en général bien traitées, mais le rapport décrit les questions 21 à 29 de la partie thermique comme difficiles et sélectives. Moyenne : 9,3/20 (écart-type 3,14, 1 309 présents).

Pourquoi le terme source volumique disparaît-il de l'équation en Q21 ?

L'hypothèse de fort confinement de Q20 transfère l'apport d'énergie électromagnétique en surface sous la forme d'un flux imposé en z = 0. Au sein du conducteur (\begin{aligned}z &gt; 0\end{aligned}), l'équation de diffusion de la chaleur devient alors homogène, sans terme source volumique.

Quelle convention temporelle adopter pour l'étude électromagnétique en Q10 ?

L'énoncé impose explicitement la convention en \mathrm{e}^{-j\omega t}. La dérivée temporelle se traduit par un facteur -j\omega, ce qui modifie le signe habituel de la partie imaginaire dans l'équation de propagation et dans la détermination de l'onde atténuée en Q11.

Où je me situe, question par question

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Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 32 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 9,3 et d'écart-type 3,14 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 27 septembre 2026.