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Corrigé détaillé Polytechnique Physique A PC 2021

Imagerie par tomographie photoacoustique

Faisable en sup ?

Faisable en partie en PCSI : 4 questions sur 31. Autres questions faisables en PCSI

Détail par partie
  • Partie I : Étude de la source laser3/4En partie
  • Partie II : Génération photo-acoustique1/8En partie
  • Partie III : Génération acoustique et formation d'image0/112e année
  • Partie IV : Mesure de la vitesse du sang0/82e année

Le sujet en bref

Sujet moyen · Ondes et signaux, Diffusion et transferts thermiques, Mécanique des fluides · 6 incontournables · 4 questions de première année
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Ce sujet propose une modélisation complète et transversale d'une modalité moderne d'imagerie biomédicale : la tomographie photoacoustique. Il s'articule autour de quatre volets très indépendants balayant une grande diversité de pans de la physique de la filière PC : optique non linéaire et sécurité laser, confinement et diffusion thermique au sein de nanoparticules d'or, couplage thermoacoustique générant l'onde ultrasonore détectée, puis étude hémodynamique par vélocimétrie Doppler et mécanique des fluides visqueux (écoulement de Poiseuille et formule de Darcy-Weisbach).

Très progressif et remarquablement guidé pour une épreuve de l'École polytechnique, ce sujet constitue une référence incontournable de révision. Il illustre à merveille l'usage fécond de l'analyse dimensionnelle pour découpler les échelles de temps et d'espace, tout en remobilisant les grands classiques du cours (équation de la diffusion en coordonnées sphériques, dérivation rigoureuse des équations de l'acoustique avec terme source, et intégration de Navier-Stokes en géométrie cylindrique).

Difficulté
Moyen, estimée à partir de la difficulté de chaque question
Temps estimé
≈ 2 h 45 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

6 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

13 questions rapides et accessibles · 2 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (13) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Voir les 1 autres

Résultat donné (2) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : erreur d'énoncé
  • Erreur d'énoncé

    Dans le sujet distribué lors du concours, la définition du facteur de friction \xi omettait le terme \Delta P au numérateur. Il fallait rétablir \xi = \frac{2 D}{\rho \bar{v}^2 L}\Delta P par analyse dimensionnelle pour traiter la question Q29.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

31 questions
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Partie I : Étude de la source laser

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Physique quantique › Photons et dualité onde-corpuscule

Notions : photon, relation de planck-einstein, spectre électromagnétique

Le laser utilisé comme source est un laser Nd:YAG dont le diagramme des niveaux énergétiques est décrit sur la figure 1. Déduire de ce diagramme l'énergie des photons émis par ce laser, puis la longueur d'onde . À quel domaine du spectre électromagnétique ce faisceau appartient-il ? Pour l'application numérique, on considèrera la valeur approchée de la constante de Planck suivante :

Voir l'indice

La transition laser a lieu entre le niveau de départ de l'émission stimulée et le niveau terminal inférieur avant désexcitation rapide. Utiliser \Delta E = h c / \lambda_0 en convertissant les électron-volts en joules.

Voir la réponse courte

Énergie du photon \Delta E = hc/\lambda_0 lue sur le diagramme, calcul de \lambda_0 = 1064\text{ nm} dans le proche infrarouge.

Voir le corrigé complet

D'après le diagramme simplifié des niveaux d'énergie du laser Nd:YAG (figure 1), la transition radiative correspondant à l'émission stimulée a lieu entre le niveau métastable d'énergie E_2 = 1{,}45\text{ eV} et le niveau inférieur d'énergie E_1 = 0{,}2\text{ eV}.

L'énergie E_{\text{ph}} du photon émis vaut donc :

E_{\text{ph}} = E_2 - E_1 = 1{,}45 - 0{,}2 = 1{,}25\text{ eV}

Avec la charge élémentaire e = 1{,}60 \times 10^{-19}\text{ C}, on obtient en joules :

E_{\text{ph}} = 1{,}25 \times 1{,}60 \times 10^{-19} = 2{,}0 \times 10^{-19}\text{ J}
\boxed{E_{\text{ph}} = 1{,}25\text{ eV} = 2{,}0 \times 10^{-19}\text{ J}}

D'après la relation de Planck-Einstein, la longueur d'onde dans le vide \lambda_0 associée à cette émission s'écrit :

\lambda_0 = \frac{h c}{E_{\text{ph}}}

En utilisant la valeur approchée fournie pour la constante de Planck h \simeq \frac{20}{3} \times 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s} et c = 3{,}0 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

\begin{aligned} \lambda_0 &= \frac{\left(\frac{20}{3} \times 10^{-34}\right) \times \left(3{,}0 \times 10^8\right)}{2{,}0 \times 10^{-19}} \\ &= \frac{20 \times 10^{-26}}{2{,}0 \times 10^{-19}} = 1{,}0 \times 10^{-6}\text{ m} = 1000\text{ nm} \end{aligned}
\boxed{\lambda_0 = 1{,}0\text{ µ m} = 1000\text{ nm}}

Cette longueur d'onde étant supérieure à la borne supérieure du spectre visible (\approx 750\text{--}800\text{ nm}), ce faisceau appartient au domaine du proche infrarouge (PIR).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention aux erreurs d'inattention dans les calculs numériques et veillez à bien connaître les domaines spectraux électromagnétiques.

« De manière très surprenante dans beaucoup de copies, les candidat(e)s parviennent à une valeur numérique éronnée ∆E=1.43 eV (au lieu de la valeur exacte ∆E=1.25 eV). »

« Certain(e)s ne connaissent pas les domaines en longueur d'onde des ondes électromagnétiques correspondantes au spectre visible, infra-rouge et ultra-violet. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

Question déjà tombée ailleurs

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Question 2

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Ondes et signaux › Signaux et propagation

Notions : optique non linéaire, génération de fréquence

Afin de changer la longueur d'onde de travail un cristal de triborate de lithium peut être utilisé. En effet, si et sont les champs électriques scalaires de 2 ondes arrivant sur le cristal, on peut obtenir en sortie du cristal un champ électrique . En imaginant que les ondes incidentes sur le cristal sont soit les ondes issues du laser soit des ondes qui sont déjà sorties du cristal, déterminer les différentes longueurs d'onde accessibles par cette méthode.

Voir l'indice

Développer le terme quadratique (E_1(t)+E_2(t))^2 à l'aide des formules de trigonométrie pour identifier les pulsations générées (harmonique 2, sommes et différences de fréquences). Songer ensuite à réinjecter ces nouvelles fréquences dans le cristal.

Voir la stratégie
  1. Développer l'expression de E_s(t) à l'aide des formules trigonométriques pour identifier les pulsations générées par le milieu non linéaire d'ordre 2.
  2. Appliquer ce résultat aux ondes disponibles : initialement l'onde fondamentale à la pulsation \omega_0 issue du laser, puis les ondes réinjectées après une première conversion.
  3. En déduire les longueurs d'onde associées dans le vide \lambda = c/f = 2\pi c/\omega.
Voir la réponse courte

Le terme d'ordre 2 génère le doublage de fréquence 2\omega puis par mélanges successifs 3\omega, 4\omega, donnant \lambda_0/2, \lambda_0/3, \lambda_0/4.

Voir le corrigé complet

Développons l'expression du champ électrique en sortie du cristal :

\begin{aligned} E_s(t) &\propto \left(E_1 \sin(\omega_1 t) + E_2 \sin(\omega_2 t)\right)^2 \\ &= E_1^2 \sin^2(\omega_1 t) + E_2^2 \sin^2(\omega_2 t) + 2 E_1 E_2 \sin(\omega_1 t) \sin(\omega_2 t) \end{aligned}

En utilisant les relations trigonométriques :

\begin{aligned} \sin^2(\omega t) &= \frac{1 - \cos(2\omega t)}{2} \\ 2\sin(\omega_1 t)\sin(\omega_2 t) &= \cos\left((\omega_1 - \omega_2)t\right) - \cos\left((\omega_1 + \omega_2)t\right) \end{aligned}

le champ électrique de sortie contient :

  • une composante continue (rectification optique) ;
  • des composantes aux pulsations doubles 2\omega_1 et 2\omega_2 (génération de seconde harmonique) ;
  • des composantes aux pulsations somme \omega_1 + \omega_2 et différence |\omega_1 - \omega_2| (mélange à trois ondes).

Initialement, la seule onde disponible est l'onde issue du laser de pulsation fondamentale \omega_0 (associée à \lambda_0 = 1000\text{ nm} d'après la question 1).

  • Génération de seconde harmonique (SHG) : en envoyant l'onde fondamentale (\omega_1 = \omega_2 = \omega_0), on obtient la pulsation 2\omega_0, ce qui correspond à la longueur d'onde :

    \lambda_2 = \frac{\lambda_0}{2} = 500\text{ nm}
  • Génération de somme de fréquences (SFG) : en combinant l'onde fondamentale \omega_0 et l'onde de seconde harmonique 2\omega_0, on obtient la troisième harmonique 3\omega_0 = \omega_0 + 2\omega_0, soit :

    \lambda_3 = \frac{\lambda_0}{3} \simeq 333\text{ nm}
  • Second doublage de fréquence : en doublant l'onde à 2\omega_0 (ou en combinant \omega_0 et 3\omega_0), on obtient la quatrième harmonique 4\omega_0, soit :

    \lambda_4 = \frac{\lambda_0}{4} = 250\text{ nm}

Par cascade de processus non linéaires, toutes les harmoniques d'ordre entier n \in \mathbb{N}^* sont théoriquement accessibles :

\boxed{\lambda_n = \frac{\lambda_0}{n} \quad (n \in \mathbb{N}^*)}

soit en pratique pour les premiers ordres :

\boxed{\lambda_1 = 1000\text{ nm}, \quad \lambda_2 = 500\text{ nm}, \quad \lambda_3 \simeq 333\text{ nm}, \quad \lambda_4 = 250\text{ nm}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le processus permet de générer toutes les harmoniques et nécessite de bien maîtriser la linéarisation des fonctions trigonométriques.

« Peu de candidat(e)s ont compris qu'avec ce processus il était possible de générer toutes les harmoniques nω0 du signal d'entrée. »

« Les techniques permettant de linéariser des fonctions trigonométriques correspondant à des produits de fonction sinus et/ou des produits de leurs puissances ne sont pas encore bien maîtrisées par de nombreux(ses) candidat(e)s. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Physique quantique › Photons et dualité onde-corpuscule

Notions : absorption, fenêtre de transparence

On appelle fenêtre de transparence biologique le domaine de longueurs d'onde pour lequel on peut imager les tissus biologiques en profondeur sans absorption. À l'aide du graphe de la figure 2, donner un ordre de grandeur de cette fenêtre de transparence biologique. Parmi les longueurs d'onde calculées précédemment pour le laser Nd:YAG, avec ou sans cristal, quelle est celle que vous choisiriez pour faire de l'imagerie en profondeur sans absorption dans les tissus biologiques ?

Voir l'indice

Identifier sur la figure la gamme de longueurs d'onde où l'absorbance de l'hémoglobine et celle de l'eau sont simultanément minimales, puis vérifier si la longueur d'onde fondamentale ou une harmonique y est située.

Voir la stratégie
  1. Identifier sur la figure 2 les zones de forte absorption des deux espèces majoritaires (l'hémoglobine pour les courtes longueurs d'onde et l'eau pour les grandes longueurs d'onde) afin de repérer le domaine de transmission conjointe maximale.
  2. Comparer les longueurs d'onde déterminées à la question Q2 (\lambda_1 = 1000\text{ nm}, \lambda_2 = 500\text{ nm}, \lambda_3 \simeq 333\text{ nm}, \lambda_4 = 250\text{ nm}) à cette fenêtre et conclure sur le choix optimal.
Voir la réponse courte

Lecture de la fenêtre de transparence [700, 1100]\text{ nm} sur le graphe ; choix de \lambda_0 = 1064\text{ nm} du laser fondamental.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 2, l'absorption des tissus biologiques est principalement régie par deux espèces :

  • l'hémoglobine (\text{Hb}), dont l'absorbance est très élevée dans le domaine ultraviolet et visible (\lambda < 600\text{ nm}), mais chute de plusieurs ordres de grandeur au-delà de 600\text{--}700\text{ nm} ;
  • l'eau (\text{H}_2\text{O}), dont l'absorbance est très faible en deçà de 1000\text{ nm}, mais augmente brutalement pour dépasser 10\text{ cm}^{-1} au-delà de 1200\text{--}1300\text{ nm}.

Il existe donc un creux d'absorption conjoint où les tissus sont particulièrement transparents, constituant la « fenêtre de transparence biologique » (située dans le proche infrarouge) :

\boxed{\text{Fenêtre de transparence biologique : } 700\text{ nm} \lesssim \lambda \lesssim 1100\text{ nm}}

(on admettra toute fourchette comprise entre environ 650\text{ nm} et 1300\text{ nm}).

Parmi les longueurs d'onde accessibles déterminées à la question Q2 :

  • \lambda_4 = 250\text{ nm} et \lambda_3 \simeq 333\text{ nm} (proche UV) ainsi que \lambda_2 = 500\text{ nm} (visible) se situent dans la zone de forte absorption de l'hémoglobine (\text{absorbance} > 100\text{ cm}^{-1}), ce qui limiterait la pénétration du faisceau à une fraction de millimètre sous la peau ;
  • \lambda_0 = 1000\text{ nm} tombe précisément dans le creux d'absorption, où l'eau et l'hémoglobine ont une absorbance minimale (inférieure à 1\text{ cm}^{-1}).

Pour réaliser une imagerie en profondeur, on choisira donc la radiation fondamentale du laser Nd:YAG :

\boxed{\lambda = \lambda_0 = 1000\text{ nm} \quad \text{(laser direct, sans cristal non linéaire)}}

Résultat

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Question 4

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Optique ondulatoire › Diffraction et réseaux

Notions : diffraction, tache d'airy, puissance crête

Le laser fonctionne dans un régime dit « impulsionnel » ; c'est-à-dire qu'il émet des impulsions lumineuses courtes d'une durée , avec une cadence de répétition . Les normes d'exposition à un tel laser sur la peau fixent une valeur maximale à l'énergie lumineuse reçue par seconde et par unité de surface de la peau. On suppose que l'on utilise un laser dont le faisceau a un diamètre de à travers un objectif de focale . Quelle est la surface de la tache focale ? Dans ces conditions, calculer la puissance crête maximale du laser pour respecter la norme mentionnée.

Voir l'indice

Relier le diamètre de la tache focale à la diffraction par une pupille de diamètre D (d \approx 1{,}22\,\lambda_0 f'/D). Exprimer la puissance moyenne surfacique maximale en fonction de la puissance crête et du rapport cyclique \tau_p f_{\mathrm{rep}}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rayon de la tache focale limité par la diffraction (tache d'Airy) pour un faisceau de diamètre D traversant une lentille de focale f', puis en déduire sa surface S.
  2. Relier la puissance moyenne \langle P \rangle à la norme d'éclairement \Phi, puis exprimer la puissance crête P_{\text{crête}} en fonction de \langle P \rangle, de la durée d'impulsion \tau_p et de la fréquence de répétition f_{\text{rep}}.
Voir la réponse courte

Rayon de la tache d'Airy r \simeq 1{,}22\lambda f'/D, surface focale puis puissance crête maximale respectant la densité de puissance moyenne \Phi.

Voir le corrigé complet

1. Surface de la tache focale

Par diffraction à travers l'ouverture circulaire de diamètre D = 1\text{ mm} de l'objectif de focale f' = 1\text{ cm}, le faisceau converge en formant dans le plan focal une tache d'Airy dont le rayon au premier zéro d'intensité vaut :

r_0 = 1{,}22\,\frac{\lambda_0 f'}{D}

En utilisant la longueur d'onde retenue \lambda_0 = 1{,}0\,\mu\text{m} = 1{,}0 \times 10^{-6}\text{ m} (question Q1) :

r_0 = 1{,}22 \times \frac{1{,}0 \times 10^{-6} \times 1{,}0 \times 10^{-2}}{1{,}0 \times 10^{-3}} = 1{,}22 \times 10^{-5}\text{ m} = 12{,}2\,\mu\text{m}

La surface de la tache focale est donc :

S = \pi r_0^2 = \pi \left(1{,}22\,\frac{\lambda_0 f'}{D}\right)^2

Numériquement :

S = \pi \times (1{,}22 \times 10^{-5})^2 \simeq 4{,}7 \times 10^{-10}\text{ m}^2 = 4{,}7 \times 10^{-6}\text{ cm}^2
\boxed{S \simeq 4{,}7 \times 10^{-10}\text{ m}^2 \quad (\text{soit } 4{,}7 \times 10^{-6}\text{ cm}^2)}

Remarque : Une estimation sans le facteur 1{,}22 donne r_0 \simeq \frac{\lambda_0 f'}{D} = 10\,\mu\text{m}, conduisant à S \simeq \pi \times 10^{-10}\text{ m}^2 \simeq 3{,}1 \times 10^{-6}\text{ cm}^2.

2. Puissance crête maximale

L'énergie lumineuse reçue par seconde et par unité de surface correspond à l'éclairement moyen (ou flux surfacique moyen) :

\Phi = \frac{\langle P \rangle}{S} \le \Phi_{\max} = 100\text{ W}\cdot\text{cm}^{-2} = 1{,}0 \times 10^6\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}

La puissance moyenne maximale admissible au foyer est donc :

\langle P \rangle_{\max} = \Phi_{\max} S

Pour un laser impulsionnel délivrant des impulsions rectangulaires d'énergie E_{\text{imp}} = P_{\text{crête}} \tau_p à la fréquence de répétition f_{\text{rep}}, la puissance moyenne s'écrit :

\langle P \rangle = E_{\text{imp}} f_{\text{rep}} = P_{\text{crête}} \tau_p f_{\text{rep}}

On en déduit l'expression de la puissance crête maximale :

P_{\text{crête, max}} = \frac{\langle P \rangle_{\max}}{\tau_p f_{\text{rep}}} = \frac{\Phi_{\max} S}{\tau_p f_{\text{rep}}}

Avec \tau_p = 5\text{ ns} = 5 \times 10^{-9}\text{ s} et f_{\text{rep}} = 1\text{ kHz} = 10^3\text{ Hz}, le rapport cyclique vaut \tau_p f_{\text{rep}} = 5 \times 10^{-6}.

Application numérique :

\begin{aligned} \langle P \rangle_{\max} &= 1{,}0 \times 10^6 \times 4{,}7 \times 10^{-10} \simeq 4{,}7 \times 10^{-4}\text{ W} = 0{,}47\text{ mW} \\ P_{\text{crête, max}} &= \frac{4{,}7 \times 10^{-4}}{5 \times 10^{-6}} \simeq 94\text{ W} \end{aligned}
\boxed{P_{\text{crête, max}} \simeq 94\text{ W}}

(Avec la convention r_0 = \lambda_0 f'/D, on obtiendrait P_{\text{crête, max}} \simeq 63\text{ W}.)

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La diffraction fixe la taille de la tache centrale et l'estimation de la puissance crête nécessite de bien considérer la durée d'éclairement.

« Seul un nombre restreint de copies parvient à établir l'expression littérale exacte de la puissance laser crête du fait d'une estimation erronnée de la puissance moyenne délivrée par le laser liée à une mauvaise prise en compte de la durée d'éclairement par unité de temps du fait des impulsions. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Partie II : Génération photo-acoustique

Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Physique quantique › Photons et dualité onde-corpuscule

Notions : interaction rayonnement-matière, effet photoélectrique

Lorsque la lumière du laser pénètre dans les tissus biologiques, elle peut être absorbée par ceux-ci en fonction de leur coefficient d'absorption à la longueur d'onde utilisée. Sous quelle forme l'énergie optique absorbée par la matière rencontrée peut-elle être convertie ? Décrire les différents phénomènes d'interaction lumière-matière que vous connaissez en donnant des exemples.

Voir l'indice

Détailler les processus radiatifs (fluorescence, phosphorescence, diffusion Rayleigh ou Raman) et non radiatifs (thermalisation par relaxation vibrationnelle, effet photoélectrique, réactions photochimiques).

Voir la réponse courte

Description des processus de conversion : agitation thermique (effet photoacoustique), fluorescence/phosphorescence, photochimie et effet photoélectrique.

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1. Formes de conversion de l'énergie optique absorbée

Lorsqu'un photon est absorbé par un système microscopique (atome, molécule, bande d'énergie ou plasmon d'une nanoparticule), celui-ci passe dans un état excité. L'énergie absorbée peut ensuite être convertie sous différentes formes :

  • Énergie thermique (chaleur) : par désexcitation non radiative (relaxation vibrationnelle, conversion interne, diffusion électron-phonon). L'agitation microscopique se traduit par une élévation locale de la température du milieu (phénomène au cœ ur de l'effet photoacoustique) ;
  • Énergie radiative (lumière) : par réémission spontanée d'un photon d'énergie généralement inférieure (déplacement de Stokes) lors d'un processus de photoluminescence (fluorescence ou phosphorescence) ;
  • Énergie chimique : par rupture de liaisons, isomérisation moléculaire ou transfert d'électrons lors de réactions photochimiques (ex. : photosynthèse, photo-isomérisation du rétinal pour la vision, thérapie photodynamique) ;
  • Énergie mécanique : par dilatation thermoélastique rapide induisant une onde acoustique de surpression, ou via l'onde de choc lors d'une photo-ablation laser ;
  • Énergie électrique : par génération de paires électron-trou et séparation de charge (effet photovoltaïque) ou par photo-ionisation (effet photoélectrique externe).

2. Principaux phénomènes d'interaction lumière-matière

On distingue classiquement plusieurs grands mécanismes d'interaction :

  1. L'absorption résonante : un photon incident d'énergie h\nu \simeq \Delta E fait passer le système d'un niveau d'énergie fondamental ou de basse énergie vers un niveau excité. Exemples : absorption par les liaisons hème de l'hémoglobine dans les tissus, ou excitation résonante des plasmons de surface dans les nanoparticules d'or.
  2. L'émission de photons :

    • Émission stimulée : un photon incident induit la désexcitation d'un état excité en émettant un second photon strictement identique (même fréquence, phase, polarisation et direction). C'est le principe fondamental de l'amplification laser (comme pour le Nd:YAG étudié en partie I).
    • Émission spontanée (luminescence) : désexcitation radiative sans champ excitateur, rapide (\sim \text{ns}) en fluorescence ou différée par changement d'état de spin en phosphorescence (ex. : marqueurs fluorescents en imagerie biomédicale).
  3. La diffusion de la lumière :

    • Diffusion élastique (sans changement de fréquence) : diffusion de Rayleigh pour des diffuseurs de taille très inférieure à la longueur d'onde (ex. : couleur bleue du ciel), ou diffusion de Mie pour des particules de taille comparable ou supérieure à \lambda (ex. : globules rouges, organites cellulaires dans les tissus, gouttelettes de brouillard).
    • Diffusion inélastique (avec transfert d'énergie) : diffusion Raman, où le photon diffusé échange un quantum d'énergie vibrationnelle avec la matière (décalages Stokes et anti-Stokes utilisés en spectroscopie structurale).
  4. L'effet photoacoustique (génération thermoélastique) : lorsqu'une impulsion lumineuse brève est absorbée, l'échauffement quasi-instantané du milieu génère un gradient thermique et une contrainte mécanique thermoélastique, source d'une onde ultrasonore se propageant dans le milieu environnant.
Voir ce qu'a relevé le jury

Il convenait de classifier les types de conversions possibles au lieu de simplement énumérer quelques exemples.

« La plupart des candidat(e)s se sont borné(e)s à donner seulement quelques exemples illustratifs de conversion d'énergie sans tenter de classi er le type de conversions possibles. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : équation de la chaleur, loi de fourier, coordonnée sphérique

Après avoir expliqué pourquoi il est légitime de supposer que l'eau n'absorbe pas l'impulsion lumineuse produite par le laser, établir l'équation de la diffusion thermique dans l'eau () à l'aide d'un bilan conservatif à préciser. Étant donné la géométrie sphérique des nanoparticules on traitera le problème en cordonnées sphériques.

Voir l'indice

Réaliser un bilan d'énergie sur une coquille sphérique d'épaisseur \mathrm{d}r entre les instants t et t+\mathrm{d}t en appliquant la loi de Fourier. Noter qu'à la longueur d'onde choisie, le coefficient d'absorption de l'eau est quasi nul.

Voir la stratégie
  1. Justifier la transparence de l'eau à la longueur d'onde de travail \lambda_0 = 1000\text{ nm} en s'appuyant sur la figure 2.
  2. Définir le système thermodynamique (coquille sphérique d'eau entre les rayons r et r+\mathrm{d}r) et appliquer le premier principe de la thermodynamique entre les instants t et t+\mathrm{d}t.
  3. Exprimer le flux thermique conductif à l'aide de la loi de Fourier en coordonnées sphériques pour en déduire l'équation aux dérivées partielles de la diffusion thermique.
Voir la réponse courte

Bilan thermique sur une coquille sphérique entre r et r+\mathrm{d}r avec la loi de Fourier, aboutissant à l'équation de diffusion radiale.

Voir le corrigé complet

1. Transparence de l'eau à la longueur d'onde d'émission

D'après le spectre d'absorption de la figure 2, le coefficient d'absorption de l'eau présente un minimum très marqué aux alentours de \lambda_0 = 1000\text{ nm} (absorbance inférieure à 1\text{ cm}^{-1}), à l'intérieur de la fenêtre de transparence biologique. L'énergie lumineuse laser n'est donc quasiment pas absorbée par l'eau, mais l'est en revanche très fortement par les nanoparticules d'or. Il est ainsi parfaitement légitime de considérer un terme source d'absorption nul dans l'eau (P_V = 0 pour r > a).

2. Équation de la diffusion thermique dans l'eau (r > a)

La géométrie du problème présentant une symétrie sphérique, la température ne dépend que de la distance radiale r et du temps t : T(r, t). Le vecteur densité de courant thermique s'écrit, d'après la loi de Fourier :

\vec{j}_{\mathrm{th}}(r,t) = -\kappa\,\vec{\mathrm{grad}}\,T = -\kappa\,\frac{\partial T}{\partial r}\,\vec{u}_r

où \kappa est la conductivité thermique de l'eau.

On choisit comme système thermodynamique fermé la masse fixe d'eau contenue entre les instants t et t+\mathrm{d}t dans une coquille sphérique comprise entre les rayons r et r+\mathrm{d}r, de volume :

\mathrm{d}V = 4\pi r^2 \mathrm{d}r

L'eau étant assimilée à une phase condensée incompressible et indilatable de masse volumique \rho et de capacité thermique massique c_p, la variation de son énergie interne (égale à la variation d'enthalpie) entre t et t+\mathrm{d}t s'écrit :

\mathrm{d}U = \rho\,\mathrm{d}V\,c_p\,\frac{\partial T}{\partial t}\,\mathrm{d}t = 4\pi\rho c_p\,r^2\,\frac{\partial T}{\partial t}\,\mathrm{d}r\,\mathrm{d}t

Pendant la durée \mathrm{d}t, ce système n'échange aucun travail et ne reçoit de la chaleur \delta Q que par conduction à travers ses frontières en r et r+\mathrm{d}r :

\begin{aligned} \delta Q &= \left[\Phi(r, t) - \Phi(r+\mathrm{d}r, t)\right]\mathrm{d}t \\ &= -\frac{\partial \Phi}{\partial r}\,\mathrm{d}r\,\mathrm{d}t \end{aligned}

où le flux thermique sortant à travers une sphère de rayon r est :

\Phi(r,t) = 4\pi r^2\,j_{\mathrm{th}}(r,t) = -4\pi\kappa\,r^2\,\frac{\partial T}{\partial r}

On en déduit :

\delta Q = 4\pi\kappa\,\frac{\partial}{\partial r}\left(r^2\,\frac{\partial T}{\partial r}\right)\mathrm{d}r\,\mathrm{d}t

D'après le premier principe de la thermodynamique, \mathrm{d}U = \delta Q, soit :

4\pi\rho c_p\,r^2\,\frac{\partial T}{\partial t}\,\mathrm{d}r\,\mathrm{d}t = 4\pi\kappa\,\frac{\partial}{\partial r}\left(r^2\,\frac{\partial T}{\partial r}\right)\mathrm{d}r\,\mathrm{d}t

En simplifiant par 4\pi r^2 \mathrm{d}r \mathrm{d}t, on obtient :

\frac{\partial T}{\partial t} = \frac{\kappa}{\rho c_p}\,\frac{1}{r^2}\frac{\partial}{\partial r}\left(r^2\,\frac{\partial T}{\partial r}\right)

En introduisant le coefficient de diffusivité thermique de l'eau D = \frac{\kappa}{\rho c_p} et l'identité donnée dans le formulaire \frac{1}{r^2}\frac{\partial}{\partial r}\left(r^2\frac{\partial T}{\partial r}\right) = \frac{1}{r}\frac{\partial^2(rT)}{\partial r^2}, l'équation de la diffusion s'écrit :

\boxed{\frac{\partial T}{\partial t} = \frac{D}{r}\frac{\partial^2(rT)}{\partial r^2} \quad \text{avec} \quad D = \frac{\kappa}{\rho c_p}}

ou, sous la forme équivalente (en multipliant par la variable r indépendante de t) :

\boxed{\frac{\partial(rT)}{\partial t} = D\,\frac{\partial^2(rT)}{\partial r^2}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le bilan thermique en coordonnées sphériques impose d'exprimer correctement la surface traversée et d'invoquer le premier principe.

« ils ne s'aperçoivent pas que le ux thermique traversant la surface de la sphère de rayon r+dr s'écrit Φ(r+dr)=4π(r+dr)2j(r+dr) et non pas Φ(r + dr)=4πr2j(r + dr). »

« Seul un nombre restreint de copies invoque le premier principe dans leur raisonnement. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : équation de la chaleur, terme source, loi de fourier

Faire de même dans la nanoparticule () en tenant compte de la puissance absorbée par unité de volume de la nanoparticule que l'on notera suite à l'impulsion laser.

Voir l'indice

Reprendre le bilan précédent en intégrant le terme de production volumique de chaleur P_V(r,t) dans l'expression du premier principe.

Voir la réponse courte

Bilan d'énergie sur une coquille sphérique interne en présence du terme de puissance volumique absorbée P_V(r,t).

Voir le corrigé complet

Considérons le système fermé constitué par la matière contenue dans une coquille sphérique comprise entre les rayons r et r + \mathrm{d}r (avec r + \mathrm{d}r \le a), de volume \mathrm{d}V = 4\pi r^2 \mathrm{d}r, pendant la durée \mathrm{d}t.

Appliquons le premier principe de la thermodynamique à cette coquille entre t et t+\mathrm{d}t :

\mathrm{d}U = \delta Q_{\text{th}} + \delta E_{\text{laser}}
  • Variation d'énergie interne : pour un milieu condensé indilatable et incompressible de masse volumique \rho_g et de capacité thermique massique c_{p_g} :

    \mathrm{d}U = \rho_g c_{p_g} \frac{\partial T}{\partial t} \, \mathrm{d}V \, \mathrm{d}t = 4\pi r^2 \rho_g c_{p_g} \frac{\partial T}{\partial t} \, \mathrm{d}r \, \mathrm{d}t
  • Transfert thermique par conduction : la loi de Fourier s'écrit \vec{j}_{\text{th}} = -\kappa_g \frac{\partial T}{\partial r}\vec{u}_r. Le flux thermique net entrant à travers les surfaces en r et r+\mathrm{d}r vaut :

    \begin{aligned} \delta Q_{\text{th}} &= \left[\Phi_{\text{th}}(r,t) - \Phi_{\text{th}}(r+\mathrm{d}r, t)\right]\mathrm{d}t = - \frac{\partial \Phi_{\text{th}}}{\partial r}\,\mathrm{d}r\,\mathrm{d}t \\ &= 4\pi \kappa_g \frac{\partial}{\partial r}\left(r^2 \frac{\partial T}{\partial r}\right)\mathrm{d}r\,\mathrm{d}t \end{aligned}
  • Énergie absorbée issue de l'impulsion laser : avec une puissance volumique absorbée P_V(r,t) :

    \delta E_{\text{laser}} = P_V(r,t) \, \mathrm{d}V \, \mathrm{d}t = 4\pi r^2 P_V(r,t)\,\mathrm{d}r\,\mathrm{d}t

En rassemblant les termes et en divisant par 4\pi r^2 \mathrm{d}r \, \mathrm{d}t, on obtient :

\rho_g c_{p_g} \frac{\partial T}{\partial t} = \frac{\kappa_g}{r^2} \frac{\partial}{\partial r}\left(r^2 \frac{\partial T}{\partial r}\right) + P_V(r,t)

D'après le formulaire fourni en fin d'énoncé, pour un champ à symétrie sphérique :

\frac{1}{r^2} \frac{\partial}{\partial r}\left(r^2 \frac{\partial T}{\partial r}\right) = \frac{1}{r} \frac{\partial^2(rT)}{\partial r^2}

L'équation de diffusion thermique avec terme source au sein de la nanoparticule (r \le a) s'écrit donc :

\boxed{\rho_g c_{p_g} \frac{\partial T}{\partial t} = \frac{\kappa_g}{r} \frac{\partial^2(rT)}{\partial r^2} + P_V(r,t)}

ou encore, en introduisant la diffusivité thermique de l'or D_g = \frac{\kappa_g}{\rho_g c_{p_g}} :

\boxed{\frac{\partial T}{\partial t} = \frac{D_g}{r} \frac{\partial^2(rT)}{\partial r^2} + \frac{P_V(r,t)}{\rho_g c_{p_g}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le terme source volumique doit être placé au second membre afin d'assurer l'augmentation de la température du système.

« Beaucoup reprennent l'équation obtenue à la question précédente et ajoute de manière erronée le terme de production volumique de chaleur,Pv, dans le premier membre au lieu du second. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 8

DifficileTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : temps caractéristique de diffusion, analyse dimensionnelle

Par analyse dimensionnelle estimer les temps caractéristiques et d'évolution de la température au sein de la nanoparticule et dans l'eau à une distance de la nanoparticule. Comparer les valeurs de , et et discuter ces différentes échelles de temps. À partir de leur comparaison, établir le scénario de l'élévation de température, puis du retour à l'équilibre, à la fois dans l'or et dans l'eau.

Voir l'indice

Former les temps caractéristiques de diffusion à l'aide de l'analyse dimensionnelle : \tau \sim a^2/D, avec D = \kappa/(\rho c_p). Comparer \tau_g, \tau_p et \tau_e pour justifier l'uniformité thermique spatiale de l'or et l'absence de fuite thermique vers l'eau pendant l'impulsion.

Voir la stratégie
  1. Établir les expressions des temps caractéristiques de diffusion thermique à l'échelle de la nanoparticule (r \sim a) à partir de l'analyse dimensionnelle de l'équation de la chaleur.
  2. Calculer numériquement \tau_g et \tau_e en explicitant les diffusivités thermiques D_g et D.
  3. Comparer \tau_g, \tau_p et \tau_e pour en déduire les hypothèses physiques de quasi-uniformité spatiale dans l'or et de confinement thermique durant l'impulsion.
  4. Décrire chronologiquement les deux phases : échauffement quasi adiabatique de la nanoparticule, puis relaxation thermique lente vers l'eau.
Voir la réponse courte

Échelles de temps \tau \sim a^2/D dans l'or et l'eau : comparaison avec \tau_p, échauffement quasi instantané de la nanoparticule puis diffusion lente vers l'eau.

Voir le corrigé complet

L'équation de la diffusion thermique s'écrit de manière générique \frac{\partial T}{\partial t} = D_{\text{th}} \Delta T, où D_{\text{th}} = \frac{\kappa}{\rho c_p} est la diffusivité thermique du milieu. Par analyse dimensionnelle, sur une longueur caractéristique spatiale a, le temps caractéristique d'évolution de la température s'estime par :

\tau \sim \frac{a^2}{D_{\text{th}}} = \frac{\rho c_p a^2}{\kappa}

1. Temps caractéristique dans la nanoparticule d'or \tau_g : La diffusivité thermique de l'or vaut :

D_g = \frac{\kappa_g}{\rho_g c_{p_g}} = \frac{300}{20\cdot 10^3 \times 120} = \frac{300}{2{,}4 \cdot 10^6} = 1{,}25 \times 10^{-4}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1}

On en déduit le temps caractéristique :

\tau_g \sim \frac{a^2}{D_g} = \frac{(100 \times 10^{-9})^2}{1{,}25 \times 10^{-4}} = \frac{10^{-14}}{1{,}25 \times 10^{-4}} = 8 \times 10^{-11}\text{ s}
\boxed{\tau_g \sim 80\text{ ps}}

2. Temps caractéristique dans l'eau \tau_e à une distance a : Avec \rho \simeq 1000\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} pour l'eau, la diffusivité thermique du milieu environnant est :

D = \frac{\kappa}{\rho c_p} = \frac{0{,}5}{1000 \times 4000} = 1{,}25 \times 10^{-7}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1}

Le temps caractéristique associé à une diffusion dans l'eau sur la distance a vaut :

\tau_e \sim \frac{a^2}{D} = \frac{10^{-14}}{1{,}25 \times 10^{-7}} = 8 \times 10^{-8}\text{ s}
\boxed{\tau_e \sim 80\text{ ns}}

3. Comparaison et discussion des échelles de temps : Avec la durée de l'impulsion laser \tau_p = 5\text{ ns}, on observe la hiérarchie stricte suivante :

\boxed{\tau_g \ll \tau_p \ll \tau_e} \quad (80\text{ ps} \ll 5\text{ ns} \ll 80\text{ ns})
  • Conséquence de \tau_g \ll \tau_p : La diffusion thermique au sein de la nanoparticule est quasi instantanée à l'échelle de la durée du tir laser. Par conséquent, la température à l'intérieur de la nanoparticule d'or est homogénéisée en permanence et peut être considérée comme spatiellement uniforme : T(\vec{r}, t) \simeq T_g(t) pour r \le a.
  • Conséquence de \tau_p \ll \tau_e : L'impulsion laser est beaucoup plus brève que le temps nécessaire à la chaleur pour diffuser dans l'eau sur une distance de l'ordre de grandeur de la taille de la nanoparticule. On se place en régime de confinement thermique : pendant l'impulsion lumineuse, les transferts thermiques vers le fluide environnant sont négligeables (confinés à une très fine couche interfaciale).

4. Scénario temporel de la température :

  • Phase 1 : Échauffement (0 \le t \le \tau_p) : La nanoparticule absorbe l'énergie du faisceau laser. En raison du confinement thermique (\tau_p \ll \tau_e), le chauffage de la particule d'or est quasi adiabatique : sa température moyenne T_g(t) s'élève très rapidement et de façon quasi uniforme (\tau_g \ll \tau_p), pour atteindre un maximum à la fin de l'impulsion (t \sim \tau_p). L'eau environnante reste pour sa part quasi inchangée, hormis dans une pellicule nanométrique entourant la particule.
  • Phase 2 : Relaxation et retour à l'équilibre (t > \tau_p) : Dès la fin de l'impulsion laser (P_V = 0), l'énergie thermique accumulée dans la nanoparticule diffuse lentement vers le fluide environnant sur une échelle de temps gouvernée par \tau_e \sim 80\text{ ns} (puis sur des temps plus longs pour des distances plus grandes). La température de la nanoparticule décroît tandis que l'eau s'échauffe localement au voisinage de r=a, avant une dispersion globale de la chaleur dans le milieu infini ramenant le système à la température d'équilibre T_0.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à effectuer les applications numériques demandées, qui étaient souvent fausses ou négligées.

« Les applications numériques sont en revanche souvent fausses. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 9

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : flux thermique, température moyenne

Pour , intégrer l'équation obtenue sur le volume de la nanoparticule en considérant que celle-ci absorbe l'énergie optique de manière homogène sur l'ensemble de son volume. On introduira la température moyenne au sein de la nanoparticule que l'on notera .

Voir l'indice

Intégrer l'équation de la chaleur sur la sphère de volume V et appliquer le théorème de Green-Ostrogradski au flux conductif \vec{j}_{\mathrm{th}} = -\kappa_g \vec{\operatorname{grad}} T.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'équation locale de diffusion thermique dans la nanoparticule (r \le a) établie en Q7.
  2. Intégrer chaque terme sur le volume de la boule de rayon a en exploitant la définition de la température moyenne T_g(t) et le théorème de Green-Ostrogradski (ou l'intégration directe de la divergence en coordonnées sphériques).
  3. Exprimer le résultat sous une forme reliant \frac{\mathrm{d}T_g}{\mathrm{d}t} au gradient thermique à la surface r=a^- et au terme source volumique P_V.
Voir la réponse courte

Intégration spatiale de l'équation de la chaleur sur le volume sphérique et utilisation du théorème de Green-Ostrogradski pour faire apparaître le flux à la surface.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q7, l'équation locale de la chaleur au sein de la nanoparticule (r \le a) s'écrit :

\rho_g c_{p_g} \frac{\partial T}{\partial t} = \kappa_g \Delta T + P_V(r,t)

où, par hypothèse de chauffage homogène, la puissance volumique absorbée ne dépend pas de l'espace : P_V(r,t) = P_V(t).

Intégrons cette équation sur le volume V = \frac{4}{3}\pi a^3 de la nanoparticule :

\rho_g c_{p_g} \iiint_V \frac{\partial T}{\partial t}\,\mathrm{d}V = \kappa_g \iiint_V \Delta T\,\mathrm{d}V + \iiint_V P_V(t)\,\mathrm{d}V

Examinons chacun des trois termes :

  • Terme d'accumulation : Le volume V étant fixe, l'opérateur de dérivation temporelle commute avec l'intégrale spatiale :

    \iiint_V \frac{\partial T}{\partial t}\,\mathrm{d}V = \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} \left(\iiint_V T(\vec{r},t)\,\mathrm{d}V\right) = V \frac{\mathrm{d}T_g}{\mathrm{d}t}

    en introduisant la température moyenne T_g(t) = \frac{1}{V}\iiint_V T(\vec{r},t)\,\mathrm{d}V.

  • Terme de diffusion : Puisque \Delta T = \operatorname{div}(\vec{\nabla}T), le théorème de Green-Ostrogradski permet de transformer l'intégrale volumique en flux à travers la surface fermée S de la sphère de rayon a (orientée par la normale sortante \vec{n}_{\text{ext}} = \vec{u}_r) :

    \iiint_V \Delta T\,\mathrm{d}V = \iint_S \vec{\nabla}T \cdot \vec{u}_r\,\mathrm{d}S = \iint_S \left.\frac{\partial T}{\partial r}\right|_{r=a^-}\,\mathrm{d}S

    Par symétrie sphérique, \frac{\partial T}{\partial r} est uniforme sur la sphère de rayon a, d'où avec S = 4\pi a^2 :

    \iiint_V \Delta T\,\mathrm{d}V = 4\pi a^2 \left.\frac{\partial T}{\partial r}\right|_{r=a^-}

    Remarque : on retrouve ce résultat directement par intégration radiale :

    \int_0^a \frac{1}{r^2}\frac{\partial}{\partial r}\left(r^2 \frac{\partial T}{\partial r}\right) 4\pi r^2\,\mathrm{d}r = 4\pi \left[r^2 \frac{\partial T}{\partial r}\right]_0^a = 4\pi a^2 \left.\frac{\partial T}{\partial r}\right|_{r=a^-}

    le terme en r=0 s'annulant par régularité au centre (\frac{\partial T}{\partial r} \to 0 pour r \to 0).

  • Terme source : L'absorption étant homogène sur la nanoparticule, P_V sort de l'intégrale :

    \iiint_V P_V(t)\,\mathrm{d}V = P_V(t) \iiint_V \mathrm{d}V = P_V(t)\,V

En rassemblant ces trois contributions :

\rho_g c_{p_g} V \frac{\mathrm{d}T_g}{\mathrm{d}t} = 4\pi a^2 \kappa_g \left.\frac{\partial T}{\partial r}\right|_{r=a^-} + V P_V(t)

En divisant par la capacité thermique totale \rho_g c_{p_g} V et en remarquant que \frac{4\pi a^2}{V} = \frac{4\pi a^2}{\frac{4}{3}\pi a^3} = \frac{3}{a}, on obtient :

\boxed{\frac{\mathrm{d}T_g}{\mathrm{d}t} = \frac{3\kappa_g}{\rho_g c_{p_g} a} \left.\frac{\partial T}{\partial r}\right|_{r=a^-} + \frac{1}{\rho_g c_{p_g}} P_V(t)}

Résultat

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : équation de la chaleur, diffusivité thermique

En précisant les expressions de , et en fonction des données du problème, vérifier que les équations précédentes peuvent se mettre sous la forme :

Voir l'indice

Rapprocher terme à terme l'équation issue du bilan macroscopique sur l'or et celle obtenue dans l'eau avec les formes proposées pour déduire les coefficients D, \alpha_g et \beta_g.

Voir la réponse courte

Changement de variable radial u = rT pour r>a et identification des constantes D, \alpha_g et \beta_g à partir du bilan intégral.

Voir le corrigé complet

1. Équation dans l'eau (r > a)

D'après le bilan thermique établi à la question Q6, en l'absence de terme source volumique dans l'eau, l'équation de la diffusion thermique s'écrit en coordonnées sphériques :

\rho c_p \frac{\partial T}{\partial t} = \kappa \Delta T = \frac{\kappa}{r} \frac{\partial^2(rT)}{\partial r^2}

En multipliant les deux membres par r et en divisant par \rho c_p, on obtient directement :

\frac{\partial(rT)}{\partial t} = D \frac{\partial^2(rT)}{\partial r^2}

où la diffusivité thermique de l'eau s'exprime par :

\boxed{D = \frac{\kappa}{\rho c_p}}

2. Équation pour la nanoparticule (r \le a)

D'après l'intégration spatiale réalisée à la question Q9, la température moyenne T_g(t) de la nanoparticule obéit à :

\frac{\mathrm{d}T_g}{\mathrm{d}t} = \frac{3 \kappa_g}{\rho_g c_{p_g} a} \left.\frac{\partial T}{\partial r}\right|_{r=a^-} + \frac{1}{\rho_g c_{p_g}} P_V(t)

Cette équation s'identifie bien à la forme proposée :

\frac{\mathrm{d}T_g}{\mathrm{d}t} = \left.\alpha_g \frac{\partial T}{\partial r}\right|_{r=a^-} + \beta_g P_V

avec les coefficients suivants :

\boxed{\alpha_g = \frac{3 \kappa_g}{\rho_g c_{p_g} a} = \frac{3 D_g}{a}} \quad \text{et} \quad \boxed{\beta_g = \frac{1}{\rho_g c_{p_g}}}

3. Applications numériques indicatives

Avec les grandeurs fournies dans l'énoncé (et \rho = 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}) :

  • D = \frac{0{,}5}{10^3 \times 4000} = 1{,}25 \times 10^{-7}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1} ;
  • \alpha_g = \frac{3 \times 300}{20\cdot 10^3 \times 120 \times 100\cdot 10^{-9}} = 3{,}75 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • \beta_g = \frac{1}{20\cdot 10^3 \times 120} \simeq 4{,}17 \times 10^{-7}\text{ K}\cdot\text{m}^3\cdot\text{J}^{-1}.

Résultat

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Question 11

ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : régime transitoire thermique, profil temporel

Le terme source dû au laser prend la forme d'une impulsion gaussienne de durée caractéristique . En négligeant le terme de conservation du flux thermique à l'interface or/eau, tracer l'allure de l'augmentation de température moyenne au sein de la nanoparticule. On prendra soin de bien préciser quelle est l'échelle de temps caractéristique.

Voir l'indice

Intégrer l'équation différentielle en négligeant le terme d'échange à l'interface ; la dérivée de T_g est alors directement proportionnelle à la puissance laser P_V(t), ce qui conduit à une fonction marche lissée (intégrale d'une gaussienne).

Voir la stratégie
  1. Simplifier l'équation d'évolution de la température moyenne T_g(t) établie à la question Q10 en négligeant le terme de fuite conductive à la surface (r = a^-).
  2. Intégrer l'équation différentielle pour une densité volumique de puissance absorbée P_V(t) de forme gaussienne et identifier la nature de la fonction obtenue.
  3. Identifier l'échelle de temps caractéristique de l'échauffement et tracer l'allure de la variation de température \Delta T_g(t) = T_g(t) - T_0.
Voir la réponse courte

Intégration en temps du terme source gaussien sans fuite thermique : allure en marche douce d'erreur atteignant un plateau de température.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation régissant la température moyenne T_g(t) obtenue à la question Q10 :

\frac{\mathrm{d}T_g}{\mathrm{d}t} = \left.\alpha_g \frac{\partial T}{\partial r}\right|_{r=a^-} + \beta_g P_V(t)

En négligeant le terme de transfert thermique conductif à l'interface (\alpha_g \left.\frac{\partial T}{\partial r}\right|_{r=a^-} \simeq 0), ce qui est justifié en régime de confinement thermique car \tau_p \ll \tau_e, l'équation différentielle se simplifie en :

\frac{\mathrm{d}T_g}{\mathrm{d}t} = \beta_g P_V(t) = \frac{P_V(t)}{\rho_g c_{p_g}}

Le terme source laser P_V(t) est modélisé par une impulsion gaussienne centrée en t = 0 de durée caractéristique \tau_p :

P_V(t) = P_{V,0} \exp\left(-\frac{t^2}{2\tau_p^2}\right)

Par intégration temporelle à partir de la température initiale T_0 :

\Delta T_g(t) = T_g(t) - T_0 = \frac{1}{\rho_g c_{p_g}} \int_{-\infty}^t P_V(t')\,\mathrm{d}t'

L'intégrale d'une gaussienne conduit à une fonction d'allure sigmoïdale (proportionnelle à la fonction d'erreur \mathrm{erf}) :

  • pour t \ll -\tau_p, \Delta T_g(t) \to 0 ;
  • pour t = 0, la pente \frac{\mathrm{d}T_g}{\mathrm{d}t} est maximale et \Delta T_g(0) = \frac{\Delta T_{g,\text{max}}}{2} (point d'inflexion) ;
  • pour t \gg \tau_p, l'impulsion s'éteint et la température atteint un palier maximal :

    \Delta T_{g,\text{max}} = \frac{1}{\rho_g c_{p_g}} \int_{-\infty}^{+\infty} P_V(t)\,\mathrm{d}t = \frac{\mathcal{E}_V}{\rho_g c_{p_g}}

    où \mathcal{E}_V est l'énergie volumique totale déposée par l'impulsion.

L'échelle de temps caractéristique de cette élévation de température est la durée de l'impulsion laser :

\boxed{\tau_p = 5\text{ ns}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il suffisait de relier la dérivée temporelle de la température au terme source gaussien pour déduire l'allure de la température.

« Il su sait alors de tracer la variation Gaussienne de Pv en fonction du temps,t, c'est à dire celle de dTg dt , puis de tracer qualitativement la variation temporelle de Tg, en notant que Tg présente un point d'in exion à l'instant où Pv prend sa valeur maximale et que la température initiale est T0. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 12

DifficileTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : longueur de diffusion thermique, profil de température

En réalité, ce terme est non-négligeable et explique pourquoi la température dans l'eau environnante va également varier. Par analyse dimensionnelle, estimer la distance caractéristique sur laquelle on peut s'attendre à voir des variations de température significatives dans l'eau juste après l'extinction de l'impulsion laser. Tracer alors l'allure de la courbe de température le long de la distance radiale après augmentation de température dans la nanoparticule (on explicitera la dépendance mathématique en de la solution).

Voir l'indice

La diffusion thermique dans l'eau pendant la durée de l'impulsion laser \tau_p s'effectue sur une longueur d'échelle \ell_{\mathrm{th}} \sim \sqrt{D \tau_p}. Pour le profil spatial hors de la particule, penser à une décroissance radiale continue raccordée à l'interface.

Voir la stratégie
  1. Relier la distance de pénétration thermique \ell_{\mathrm{th}} dans l'eau à la diffusivité thermique D et à la durée de l'impulsion laser \tau_p par analyse dimensionnelle, puis réaliser l'application numérique.
  2. Analyser le profil de température T(r) :

    • dans l'or (r \le a), où la diffusion est quasi-instantanée (\tau_g \ll \tau_p) ;
    • dans l'eau (r > a), en exploitant l'équation de diffusion radiale \frac{\partial(rT)}{\partial t} = D\frac{\partial^2(rT)}{\partial r^2} et la couche limite thermique d'épaisseur \ell_{\mathrm{th}}.
  3. Tracer l'allure de la courbe T(r) juste après l'extinction de l'impulsion laser.
Voir la réponse courte

Épaisseur de peau thermique \ell_{\mathrm{th}} \sim \sqrt{D_e \tau_p} et tracé du profil radial avec raccordement continu de la température et du flux à r=a.

Voir le corrigé complet

1. Estimation de la longueur de diffusion thermique \ell_{\mathrm{th}} dans l'eau

La diffusion thermique dans l'eau est régie par la diffusivité thermique D = [\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-1}] établie à la question Q10. Juste après l'extinction de l'impulsion laser, le temps caractéristique écoulé est la durée de l'impulsion \tau_p. Par analyse dimensionnelle, la distance caractéristique sur laquelle la chaleur s'est propagée dans l'eau s'écrit :

\boxed{\ell_{\mathrm{th}} \sim \sqrt{D \tau_p}}

Avec les valeurs numériques du problème :

\begin{aligned} D &= \frac{\kappa}{\rho c_p} = \frac{0{,}5}{10^3 \times 4000} = 1{,}25 \times 10^{-7}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1} \\ \tau_p &= 5\text{ ns} = 5 \times 10^{-9}\text{ s} \end{aligned}

On obtient :

\ell_{\mathrm{th}} \sim \sqrt{1{,}25 \times 10^{-7} \times 5 \times 10^{-9}} = \sqrt{6{,}25 \times 10^{-16}} = 2{,}5 \times 10^{-8}\text{ m}
\boxed{\ell_{\mathrm{th}} \sim 25\text{ nm}}

2. Dépendance mathématique en r de la température

  • Dans la nanoparticule (r \le a) :
    Puisque \tau_g \sim 80\text{ ps} \ll \tau_p = 5\text{ ns} (question Q8), la conduction au sein de l'or est extrêmement rapide devant la durée du dépôt d'énergie. La température y est donc quasi-uniforme :

    T(r) \approx T_g(t) = \text{constante} \quad (r \le a)
  • Dans l'eau environnante (r > a) :
    La fonction u(r,t) = r\left(T(r,t) - T_0\right) vérifie l'équation de diffusion unidimensionnelle :

    \frac{\partial u}{\partial t} = D \frac{\partial^2 u}{\partial r^2} \quad \text{pour } r > a

    avec la condition aux limites en r = a imposée par la nanoparticule chaude (u(a,t) \approx a \Delta T_g) et u \to 0 pour r \to +\infty.
    La solution invariante d'échelle fait intervenir la fonction d'erreur complémentaire \mathrm{erfc} :

    u(r,t) = a \Delta T_g \operatorname{erfc}\left(\frac{r-a}{2\sqrt{Dt}}\right)

    ce qui donne pour le profil de température dans l'eau juste après l'impulsion (t \approx \tau_p) :

    \boxed{T(r) = T_0 + \Delta T_g\,\frac{a}{r}\operatorname{erfc}\left(\frac{r-a}{2\ell_{\mathrm{th}}}\right)} \quad (r > a)

    Comme \ell_{\mathrm{th}} \approx 25\text{ nm} < a = 100\text{ nm}, l'atténuation est dominée par la décroissance rapide de type gaussien/complémentaire sur la distance \ell_{\mathrm{th}} au voisinage de la surface, le facteur géométrique a/r variant peu sur cette échelle.

3. Allure de la courbe de température T(r)

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'analyse dimensionnelle devait utiliser la durée de l'impulsion et non la période de répétition.

« Certain(e)s candidat(e)s ont cependant utilisé à tort comme expression du temps caratéristique non pas τp mais »

« Seule une poignée de candidat(e)s est parvenue à obtenir une expression correcte du pro l radial de température dans le uide après extinction de l'impulsion laser. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Partie III : Génération acoustique et formation d'image

Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : équation de continuité, approximation acoustique

Établir l'équation de conservation de la masse sous ces hypothèses.

Voir l'indice

Écrire l'équation de conservation de la masse \partial\rho/\partial t + \operatorname{div}(\rho \vec{v}) = 0 et ne conserver que les termes d'ordre 1 en perturbations.

Voir la stratégie
  1. Partir du principe de conservation de la masse pour un volume fixe de fluide afin d'écrire l'équation locale de continuité.
  2. Injecter l'expression des champs perturbés \rho = \rho_0 + \rho_a et \vec{v} = \vec{v}_a.
  3. Linéariser l'équation au premier ordre en négligeant les termes quadratiques en perturbations.
Voir la réponse courte

Bilan de masse linéarisé pour une onde acoustique conduisant à \partial\rho_a/\partial t + \rho_0 \operatorname{div}\vec{v}_a = 0.

Voir le corrigé complet

Considérons un volume fixe \mathcal{V} de fluide délimité par une surface fermée \mathcal{S} orientée vers l'extérieur par le vecteur normal unitaire \vec{n}. Le bilan de masse s'écrit :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} \iiint_{\mathcal{V}} \rho\,\mathrm{d}V = - \iint_{\mathcal{S}} \rho \vec{v} \cdot \vec{n}\,\mathrm{d}S

En appliquant le théorème de Green-Ostrogradsky au flux massique sortant, on obtient :

\iiint_{\mathcal{V}} \left( \frac{\partial \rho}{\partial t} + \operatorname{div}(\rho \vec{v}) \right) \mathrm{d}V = 0

Ce résultat étant vrai pour tout volume \mathcal{V}, on en déduit l'équation locale de conservation de la masse :

\frac{\partial \rho}{\partial t} + \operatorname{div}(\rho \vec{v}) = 0

Le fluide est initialement au repos avec une masse volumique d'équilibre \rho_0 uniforme et indépendante du temps (\frac{\partial \rho_0}{\partial t} = 0, \vec{\operatorname{grad}}\rho_0 = \vec{0}). En introduisant les champs perturbés \rho(\vec{r}, t) = \rho_0 + \rho_a(\vec{r}, t) et \vec{v}(\vec{r}, t) = \vec{v}_a(\vec{r}, t) :

\begin{aligned} \frac{\partial \rho}{\partial t} &= \frac{\partial \rho_a}{\partial t} \\ \operatorname{div}(\rho \vec{v}) &= \operatorname{div}\left( (\rho_0 + \rho_a) \vec{v}_a \right) = \rho_0 \operatorname{div}\vec{v}_a + \operatorname{div}(\rho_a \vec{v}_a) \end{aligned}

Dans le cadre de l'hypothèse des petites perturbations acoustiques (|\rho_a| \ll \rho_0), le terme \operatorname{div}(\rho_a \vec{v}_a) est du second ordre par rapport aux grandeurs de perturbation et est négligé devant \rho_0 \operatorname{div}\vec{v}_a. L'équation de conservation de la masse linéarisée au premier ordre devient donc :

\boxed{\frac{\partial \rho_a}{\partial t} + \rho_0 \operatorname{div}\vec{v}_a = 0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il s'agissait d'une application directe du cours consistant simplement à linéariser l'équation locale de conservation de la masse.

« Application directe d'une question de cours puisqu'il s'agissait seulement de linéariser l'équation locale de la conservation de la masse ∂ρ ∂t + div(ρ⃗v). »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 14

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques ; Mécanique des fluides › Dynamique des fluides parfaits

Notions : équation d'euler, approximation acoustique

Établir l'équation d'Euler en considérant l'eau comme un fluide parfait et en justifiant les autres simplifications possibles.

Voir l'indice

Écrire l'équation d'Euler, négliger les termes convectifs quadratiques (\vec{v}_a \cdot \vec{\operatorname{grad}})\vec{v}_a et la pesanteur devant les gradients de pression acoustique.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'équation de Navier-Stokes fournie dans le formulaire.
  2. Appliquer les hypothèses physiques de l'énoncé : fluide parfait (\eta = 0) et gravité négligée (\vec{f}_{\text{ext}} = \vec{0}) pour obtenir l'équation d'Euler.
  3. Linéariser l'équation au premier ordre en perturbations par rapport à l'état de repos uniforme.
Voir la réponse courte

Linéarisation de l'équation d'Euler en négligeant le terme convectif quadratique et la gravité : \rho_0 \partial\vec{v}_a/\partial t = -\vec{\nabla} p_a.

Voir le corrigé complet

L'équation générale du mouvement d'un fluide visqueux est donnée par l'équation de Navier-Stokes :

\rho \left( \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} + (\vec{v}\cdot\vec{\operatorname{grad}})\vec{v} \right) = \vec{f}_{\text{ext}} - \vec{\operatorname{grad}} P + \eta \Delta \vec{v}

Appliquons successivement les hypothèses et simplifications :

  • Fluide parfait : la viscosité du fluide est négligée (\eta = 0), le terme de frottement visqueux \eta \Delta \vec{v} est donc nul. L'équation se réduit alors à l'équation d'Euler :

    \rho \left( \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} + (\vec{v}\cdot\vec{\operatorname{grad}})\vec{v} \right) = \vec{f}_{\text{ext}} - \vec{\operatorname{grad}} P
  • Forces extérieures : les forces de pesanteur sont négligées conformément à l'énoncé, soit \vec{f}_{\text{ext}} = \vec{0}.
  • Linéarisation (petites perturbations acoustiques) : on injecte les champs perturbés autour de l'état de référence au repos uniforme :

    \vec{v} = \vec{v}_a, \quad P = P_0 + p_a, \quad \rho = \rho_0 + \rho_a

    Le terme convectif (\vec{v}_a \cdot \vec{\operatorname{grad}})\vec{v}_a est d'ordre 2 en amplitude de perturbation ; il est donc négligeable devant l'accélération locale \frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t} (d'ordre 1).

    De même, le produit \rho \frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t} = (\rho_0 + \rho_a)\frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t} = \rho_0 \frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t} + \rho_a \frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t} se simplifie en \rho_0 \frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t} au premier ordre car \rho_a \frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t} est du second ordre.

    Enfin, la pression d'équilibre P_0 étant spatio-temporellement constante et uniforme, \vec{\operatorname{grad}} P_0 = \vec{0}, d'où \vec{\operatorname{grad}} P = \vec{\operatorname{grad}} p_a.

On aboutit ainsi à l'équation d'Euler linéarisée de l'acoustique :

\boxed{\rho_0 \frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t} = - \vec{\operatorname{grad}} p_a}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à justifier précisément les hypothèses simplificatrices permettant d'aboutir à l'équation d'Euler.

« Beaucoup de candidat(e)s ne justi ent pas les hypothèses simpli catrices permettant de parvenir à l'équation d'Euler alors que cela était pourtant explicitement demandé dans l'énoncé de la question. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 15

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : équation d'onde acoustique, dilatation thermique

Pour introduire le terme source dû aux variations du champ de température, on peut montrer que l'équation d'état de l'eau se met sous la forme :

avec la vitesse de propagation des ondes acoustiques dans l'eau et une constante appelée coefficient de dilatation thermique du fluide. Établir l'équation différentielle vérifiée par la pression .

Voir l'indice

Différencier l'équation de conservation de la masse par rapport au temps, lui substituer la divergence de l'équation d'Euler, puis injecter l'expression fournie de \rho_a en fonction de p_a et T_a.

Voir la stratégie
  1. Dériver l'équation de conservation de la masse (Q13) par rapport au temps.
  2. Prendre la divergence de l'équation d'Euler linéarisée (Q14) pour éliminer le terme cinématique \operatorname{div}\left(\frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t}\right).
  3. Remplacer \frac{\partial^2 \rho_a}{\partial t^2} à l'aide de l'équation d'état fournie reliant \rho_a, p_a et T_a.
Voir la réponse courte

Combinaison de la divergence d'Euler, de la dérivée temporelle de la continuité et de la loi d'état pour obtenir d'Alembert avec terme source thermique.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation de conservation de la masse linéarisée (question Q13) :

\frac{\partial \rho_a}{\partial t} + \rho_0 \operatorname{div}\vec{v}_a = 0

En dérivant cette relation par rapport au temps :

\frac{\partial^2 \rho_a}{\partial t^2} + \rho_0 \operatorname{div}\left(\frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t}\right) = 0 \tag{1}

L'équation d'Euler linéarisée (question Q14) s'écrit :

\rho_0 \frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t} = -\vec{\operatorname{grad}} p_a

En appliquant l'opérateur divergence à cette égalité et en utilisant l'identité \operatorname{div}(\vec{\operatorname{grad}} p_a) = \Delta p_a, il vient :

\rho_0 \operatorname{div}\left(\frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t}\right) = -\Delta p_a \tag{2}

En injectant (2) dans (1), on obtient la relation liant la masse volumique et la pression :

\Delta p_a - \frac{\partial^2 \rho_a}{\partial t^2} = 0 \tag{3}

L'équation d'état fournie s'écrit :

\rho_a(\vec{r}, t) = \frac{1}{c_0^2} p_a(\vec{r}, t) - \rho_0 \beta T_a(\vec{r}, t)

En dérivant deux fois par rapport au temps :

\frac{\partial^2 \rho_a}{\partial t^2} = \frac{1}{c_0^2}\frac{\partial^2 p_a}{\partial t^2} - \rho_0 \beta \frac{\partial^2 T_a}{\partial t^2}

En reportant cette expression dans (3), on aboutit à l'équation différentielle régissant la pression acoustique :

\boxed{\Delta p_a(\vec{r}, t) - \frac{1}{c_0^2}\frac{\partial^2 p_a(\vec{r}, t)}{\partial t^2} = -\rho_0 \beta \frac{\partial^2 T_a(\vec{r}, t)}{\partial t^2}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il ne fallait pas tenter de redémontrer la formule fournie, mais uniquement la combiner avec les équations précédentes.

« Beaucoup, ayant mal interprété l'énoncé, ont tenté en vain de démontrer la formule: »

« Question peu discriminante dans la mesure où il su sait de combiner les équations obtenues aux questions 13 et 14 avec la formule donnée par l'énoncé. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : onde acoustique sphérique, onde progressive divergente

Quels types de solutions à l'équation précédente s'attend-on à avoir (en faisant l'hypothèse que les variations de température correspondent à une source ponctuelle) ? Notamment, quel comportement a-t-on à grande distance pour l'amplitude de pression ?

Voir l'indice

Considérer une symétrie sphérique en dehors de la source ponctuelle ; la solution générale de l'équation de d'Alembert sphérique s'écrit sous la forme p_a(r,t) = \frac{1}{r} f(t - r/c_0).

Voir la stratégie
  1. Exploiter la symétrie sphérique induite par une source ponctuelle pour exprimer le laplacien en coordonnées sphériques.
  2. Résoudre l'équation d'onde homogène à l'extérieur de la source (r > 0) et appliquer la condition de causalité (ondes divergentes).
  3. Analyser la dépendance radiale de l'amplitude de pression en reliant cette loi en 1/r à la conservation du flux d'énergie acoustique.
Voir la réponse courte

Solution sous forme d'ondes sphériques divergentes f(t - r/c_0)/r, avec décroissance de l'amplitude de surpression en 1/r.

Voir le corrigé complet

La source thermique étant modélisée comme ponctuelle et située à l'origine, le problème présente une invariance par rotation autour de celle-ci : le champ de surpression ne dépend que du rayon r et du temps t, soit p_a(\vec{r}, t) = p_a(r, t).

D'après le formulaire, le laplacien d'une fonction à symétrie sphérique s'écrit :

\Delta p_a = \frac{1}{r}\frac{\partial^2(r p_a)}{\partial r^2}

En dehors de la source ponctuelle (pour r > 0, où T_a ne varie plus), le second membre de l'équation établie à la question Q15 s'annule, ce qui conduit à :

\frac{\partial^2(r p_a)}{\partial r^2} - \frac{1}{c_0^2}\frac{\partial^2(r p_a)}{\partial t^2} = 0

La solution générale de cette équation de d'Alembert unidimensionnelle sur la fonction auxiliaire u(r,t) = r\,p_a(r,t) est la superposition d'une onde divergente et d'une onde convergente :

p_a(r, t) = \frac{1}{r} f\left(t - \frac{r}{c_0}\right) + \frac{1}{r} g\left(t + \frac{r}{c_0}\right)

Par condition de causalité (rayonnement vers l'infini sans onde venant de l'infini), seule l'onde sphérique sortante existe (g = 0). On s'attend donc à :

\boxed{p_a(r, t) = \frac{1}{r} f\left(t - \frac{r}{c_0}\right)}

Il s'agit d'une onde acoustique sphérique divergente (ou progressive sortante).

À grande distance de la source, l'amplitude de la surpression acoustique présente une décroissance inversement proportionnelle à la distance :

\boxed{p_{a,\text{max}}(r) \propto \frac{1}{r}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le second membre est un terme source et non un amortissement, conduisant à la propagation d'une onde sphérique.

« Cependant, dans la plupart des copies, ce second membre est interprété à tort comme un terme d'amortissement et non pas de source. »

« ce qui leur permettait de prédire directement la génération d'une onde acoustique sphérique, et non pas plane. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : longueur d'onde, fréquence acoustique, approximation de la source ponctuelle

On donne sur la figure 3 le champ de pression en fonction du temps à la surface de la nanoparticule suite à son élévation de température. Au vu de ce graphe, déterminer la fréquence et la longueur d'onde de l'onde sonore émise. Peut-on considérer la nanoparticule comme une source ultrasonore ponctuelle ?

Voir l'indice

Déterminer graphiquement la pseudo-période acoustique de l'oscillation bipolaire sur la figure 3. Calculer \lambda = c_0/f et comparer cette valeur au rayon a de la nanoparticule.

Voir la stratégie
  1. Lire la période T du signal de pression acoustique sur la figure 3 en repérant la durée d'un cycle complet (ou le double de la demi-période séparant le maximum du minimum), puis en déduire la fréquence f = 1/T.
  2. Déterminer la longueur d'onde acoustique associée via la relation de dispersion \lambda = c_0/f.
  3. Comparer la dimension spatiale de la nanoparticule (a) à cette longueur d'onde \lambda pour justifier l'hypothèse de source ponctuelle.
Voir la réponse courte

Période acoustique lue sur le graphe, fréquence f, longueur d'onde \lambda = c_0/f \gg a, justifiant le modèle de source ponctuelle.

Voir le corrigé complet

1. Détermination de la fréquence f :

La figure 3 représente la variation temporelle de la pression acoustique à la surface de la nanoparticule. On observe un signal biphasique (une surpression suivie d'une dépression) :

  • le maximum de surpression a lieu à t \approx -2{,}5\text{ ns} ;
  • le minimum de dépression a lieu à t \approx +2{,}5\text{ ns}.

L'intervalle de temps entre ces deux extrema correspond à une demi-période T/2 \approx 5\text{ ns} = \tau_p, ce qui correspond à une période acoustique fondamentale :

T \approx 10\text{ ns}

La fréquence principale du signal acoustique émis est donc :

f = \frac{1}{T} = \frac{1}{10 \times 10^{-9}\text{ s}}
\boxed{f \approx 100\text{ MHz}}

2. Détermination de la longueur d'onde \lambda :

L'onde acoustique se propage dans l'eau à la célérité c_0 = 1500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (donnée à la question 15). La longueur d'onde ultrasonore s'écrit :

\lambda = \frac{c_0}{f} = \frac{1500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}{10^8\text{ Hz}} = 1{,}5 \times 10^{-5}\text{ m}
\boxed{\lambda = 15\text{ µ m}}

3. Caractère ponctuel de la nanoparticule :

Le rayon de la nanoparticule d'or est a = 100\text{ nm} = 0{,}10\text{ µ m}. Comparons son rayon (ou son diamètre 2a = 0{,}20\text{ µ m}) à la longueur d'onde émise :

\frac{a}{\lambda} = \frac{0{,}10\text{ µ m}}{15\text{ µ m}} \approx \frac{1}{150} \ll 1

La taille de la source est bien plus petite que la longueur d'onde acoustique émise (a \ll \lambda) : les effets de diffraction intrinsèques à la structure de la source sont négligeables et l'émission est quasi-isotrope.

\boxed{\text{La nanoparticule peut parfaitement être considérée comme une source ultrasonore ponctuelle.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait comparer rayon et longueur d'onde pour justifier la source ponctuelle, en utilisant bien la célérité du son.

« Notons que dans de nombreuses copies, les candidat(e)s ont utilisé à tort, très probablement par étourderie, la vitesse de la lumière en lieu et place de celle du son, pour déterminer à partir de la fréquence, la longueur d'onde acoustique. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : retard de propagation, atténuation géométrique

Suite à cette excitation, représenter le champ de pression qui sera enregistré par un capteur ultrasonore considéré comme ponctuel placé à la coordonnée alors que la nanoparticule est située à la coordonnée .

Voir l'indice

Tenir compte du retard de propagation \tau_d = d/c_0 et de l'atténuation géométrique en 1/d de l'amplitude de l'onde sphérique.

Voir la stratégie
  1. Relier le champ de pression au niveau du capteur à celui mesuré à la surface de la nanoparticule (r = a) en utilisant l'expression de l'onde sphérique divergente obtenue à la question Q16.
  2. Calculer le temps de vol (retard de propagation) \tau_d entre la nanoparticule et le capteur.
  3. Évaluer l'atténuation géométrique en 1/r subie par l'onde lors de sa propagation sur la distance d = 3\text{ cm}.
  4. Représenter graphiquement le signal acoustique reçu, avec les échelles temporelle et d'amplitude appropriées.
Voir la réponse courte

Signal temporel retardé de \Delta t = d/c_0 et atténué par le facteur géométrique a/d, allure identique à la figure 3.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q16, l'onde acoustique divergente à symétrie sphérique en dehors de la zone source s'écrit sous la forme :

p_a(r, t) = \frac{1}{r} f\left(t - \frac{r}{c_0}\right)

En identifiant cette solution à la surface de la nanoparticule (r = a) et au niveau du capteur situé à la distance d de celle-ci, il vient :

p_a(d, t) = \frac{a}{d} \, p_a\!\left(a, \, t - \frac{d - a}{c_0}\right) \simeq \frac{a}{d} \, p_a(a, t - \tau_d)

puisque a = 100\text{ nm} \ll d = 3\text{ cm}.

1. Retard de propagation (temps de vol) :

\tau_d = \frac{d}{c_0}

Avec d = 3\text{ cm} = 3\times 10^{-2}\text{ m} et c_0 = 1500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

\tau_d = \frac{3 \times 10^{-2}}{1500} = 2{,}0 \times 10^{-5}\text{ s} = 20\text{ µ s}

2. Atténuation d'amplitude : Le facteur d'atténuation géométrique vaut :

\frac{a}{d} = \frac{100 \times 10^{-9}\text{ m}}{3 \times 10^{-2}\text{ m}} = \frac{1}{3} \times 10^{-5} \simeq 3{,}3 \times 10^{-6}

D'après la figure 3, l'amplitude de crête de la surpression à la surface de la nanoparticule est p_{\text{max}}(a) \simeq 3\text{ kPa}. L'amplitude de crête enregistrée par le capteur est donc :

p_{\text{max}}(d) = \frac{a}{d} \, p_{\text{max}}(a) \simeq \frac{1}{3} \times 10^{-5} \times 3 \times 10^3\text{ Pa} = 10^{-2}\text{ Pa} = 10\text{ mPa}

3. Représentation graphique : Le signal reçu conserve la même forme temporelle bipolaire que sur la figure 3, avec une durée d'impulsion de l'ordre de 10\text{ à } 20\text{ ns}, mais il est retardé de \tau_d = 20\text{ µ s} et son amplitude est fortement atténuée ({\sim} 10\text{ mPa}).

\boxed{\tau_d = \frac{d}{c_0} = 20\text{ µ s} \quad \text{et} \quad p_{\text{max}} = \frac{a}{d} p_{\text{max}}(a) \simeq 10\text{ mPa}}

Résultat

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Question 19

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : période de répétition, profondeur d'imagerie

On rappelle que le laser émet des impulsions avec une fréquence de répétition . Quelle profondeur peut-on envisager mesurer avec une telle cadence ? Commenter cette valeur.

Voir l'indice

La période de répétition T_{\mathrm{rep}} = 1/f_{\mathrm{rep}} impose le temps maximal d'aller simple du signal acoustique avant l'impulsion suivante pour éviter toute ambiguïté temporelle.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la période de répétition T_{\mathrm{rep}} des impulsions laser à partir de la fréquence f_{\mathrm{rep}}.
  2. Relier cette période au temps de vol acoustique maximal pour éviter tout chevauchement entre signaux photoacoustiques successifs (condition de non-ambiguïté).
  3. Réaliser l'application numérique et confronter la profondeur obtenue aux contraintes physiques réelles d'une mesure in vivo (atténuations optique et acoustique).
Voir la réponse courte

Distance maximale sans ambiguïté d_{\max} = c_0/f_{\mathrm{rep}} = 1{,}5\text{ m}, largement supérieure aux dimensions du corps humain.

Voir le corrigé complet

La période séparant deux impulsions laser consécutives est donnée par :

T_{\mathrm{rep}} = \frac{1}{f_{\mathrm{rep}}} = \frac{1}{10^3} = 1{,}0\times 10^{-3}\text{ s} = 1\text{ ms}

En tomographie photoacoustique, l'onde lumineuse pénètre dans les tissus à la vitesse de la lumière (c/n \sim 2\times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}), de sorte que le temps de propagation optique sur quelques centimètres (\sim 0{,}1\text{ ns}) est tout à fait négligeable devant les temps acoustiques. L'onde ultrasonore est ainsi générée quasi-instantanément à la profondeur z et n'effectue qu'un trajet simple de la nanoparticule vers le capteur à la célérité c_0.

Pour éviter toute ambiguïté de distance (le signal émis par une impulsion doit avoir été entièrement enregistré avant l'arrivée du signal induit par l'impulsion suivante), le retard acoustique doit vérifier :

\tau_d = \frac{z}{c_0} < T_{\mathrm{rep}}

La profondeur maximale théorique sans ambiguïté temporelle est donc :

z_{\max} = c_0 T_{\mathrm{rep}} = \frac{c_0}{f_{\mathrm{rep}}}

Application numérique avec c_0 = 1500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et f_{\mathrm{rep}} = 1\text{ kHz} :

z_{\max} = \frac{1500}{10^3} = 1{,}5\text{ m}
\boxed{z_{\max} = 1{,}5\text{ m}}

Commentaire :

  • Cette profondeur de 1{,}5\text{ m} est considérable et bien supérieure à l'épaisseur typique des organes étudiés (par exemple quelques millimètres pour un cerveau de rat, quelques centimètres pour le corps humain).
  • Dans la pratique, la profondeur de pénétration n'est absolument pas limitée par la cadence de tir du laser, mais par :

    1. l'atténuation optique (diffusion et absorption exponentielle du faisceau laser dans les tissus) ;
    2. l'atténuation acoustique, particulièrement sévère aux hautes fréquences ultrasonores (f \sim 100\text{ MHz}, où l'onde s'atténue sur quelques millimètres seulement).
  • La cadence f_{\mathrm{rep}} = 1\text{ kHz} garantit une absence totale d'ambiguïté temporelle tout en autorisant une cadence d'acquisition rapide, propice à un moyennage efficace pour améliorer le rapport signal sur bruit.

Résultat

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Question 20

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : résolution axiale, durée d'impulsion

Quelle doit être la séparation minimale entre deux nanoparticules pour être distinguées par un signal reçu par notre capteur ? Quel est le paramètre principal à l'origine de cette limite ?

Voir l'indice

Deux impulsions successives dans le temps doivent être temporellement séparées de leur propre durée pour ne pas se chevaucher sur le capteur : relier la résolution axiale à c_0 \tau_p.

Voir la stratégie
  1. Identifier le mécanisme temporel : l'excitation optique par le laser est quasi instantanée (la vitesse de la lumière rend le temps de propagation optique négligeable devant les durées acoustiques), de sorte que les nanoparticules émettent simultanément leur impulsion acoustique à t \approx 0.
  2. Relier la différence de trajet radial \Delta r au décalage temporel \Delta t d'arrivée des signaux au capteur ponctuel (propagation acoustique en trajet simple aller).
  3. Établir la condition de non-recouvrement des signaux en fonction de la durée de l'impulsion acoustique, puis identifier le paramètre physique fondamental qui gouverne cette résolution.
Voir la réponse courte

Séparation minimale \Delta z \approx c_0 \tau_p fixée par la durée de l'impulsion émise (largeur de bande temporelle).

Voir le corrigé complet

L'impulsion laser se propage à la vitesse de la lumière c \approx 3 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} : pour une profondeur de l'ordre de quelques centimètres, le temps de trajet optique est de l'ordre de 10^{-10}\text{ s} = 0{,}1\text{ ns}, ce qui est négligeable devant la durée de l'impulsion \tau_p = 5\text{ ns}. Les nanoparticules situées à des distances différentes r_1 et r_2 du capteur sont donc excitées de manière synchrone en t \approx 0.

Chaque nanoparticule émet alors une impulsion acoustique sphérique qui se propage à la célérité c_0 dans les tissus. Les temps d'arrivée respectifs au capteur sont :

t_1 = \frac{r_1}{c_0} \quad \text{et} \quad t_2 = \frac{r_2}{c_0}

Le décalage temporel entre les deux signaux enregistrés par le capteur vaut donc :

\Delta t = |t_1 - t_2| = \frac{|r_1 - r_2|}{c_0} = \frac{\Delta r}{c_0}

Pour que les deux signaux soient temporellement résolus (c'est-à-dire discernables sans recouvrement complet), l'intervalle \Delta t doit être au moins égal à la durée temporelle caractéristique de l'impulsion de pression générée, \tau_{\text{ac}}. D'après l'étude précédente et la figure 3, cette durée est directement imposée par la durée de l'impulsion laser \tau_p ou par la période ultrasonore T = 1/f \approx 10\text{ ns} (correspondant à \lambda = 15\text{ µ m}) :

\Delta r_{\min} = c_0 \tau_{\text{ac}} \sim c_0 \tau_p

Numériquement, avec c_0 = 1500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et \tau_p = 5\text{ ns} :

\Delta r_{\min} \approx 1500 \times 5 \times 10^{-9} \approx 7{,}5\text{ µ m}

Si l'on adopte comme critère la durée totale du signal biphasique de la figure 3 (T \approx 10\text{ ns}, soit une longueur d'onde acoustique \lambda = c_0 T = 15\text{ µ m}), on obtient :

\Delta r_{\min} \approx \lambda \approx 15\text{ µ m}
\boxed{\Delta r_{\min} \sim c_0 \tau_p \approx 7{,}5\text{ µ m} \quad (\text{ou } \lambda \approx 15\text{ µ m})}

Paramètre principal limitant : Le paramètre principal à l'origine de cette limite de résolution axiale est la durée de l'impulsion laser \tau_p (ou la largeur de bande acoustique / la longueur d'onde \lambda = c_0 \tau_p associée). Une impulsion optique plus brève génère un signal acoustique plus court et riche en hautes fréquences, améliorant ainsi la résolution axiale.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très sélective où il fallait comprendre que la durée de montée en température dépendait de la durée d'impulsion laser.

« Très peu de bonnes réponses à cette question. Peu de candidat(e)s ont compris que le temps de montée en température de la nanoparticule était contrôlé par la durée de l'impulsion laser, τp,. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : imagerie acoustique, problème inverse

Pourquoi ne peut-on pas reconstruire une image du milieu si on ne connaît que le signal temporel reçu sur le capteur précédent ?

Voir l'indice

Un unique capteur ponctuel ne mesure qu'un temps de vol, ce qui localise les sources sur une sphère centrée sur le capteur sans déterminer leur direction angulaire.

Voir la stratégie
  1. Relier l'information temporelle fournie par le capteur ponctuel à une grandeur spatiale (distance radiale).
  2. Mettre en évidence l'ambiguïté angulaire liée au caractère omnidirectionnel d'un capteur ponctuel.
  3. Conclure sur la nécessité d'une résolution spatiale transverse (détecteurs multiples, focalisation ou balayage) pour former une image à 2 ou 3 dimensions.
Voir la réponse courte

Un unique capteur ne fournit qu'une information de distance (sphère d'isodélai) sans résolution angulaire.

Voir le corrigé complet

Un capteur ponctuel placé à l'origine (0,0,0) enregistre un signal acoustique dont la date d'arrivée t est reliée à la distance r de la source par le temps de vol :

r = c_0 t

Ce temps de vol ne fournit donc qu'une unique information spatiale à une dimension : la distance radiale r.

Par conséquent :

  • Indétermination angulaire : le capteur étant ponctuel, il est isotrope (sensibilité identique dans toutes les directions). Une impulsion reçue à l'instant t peut provenir de n'importe quel point situé sur la demi-sphère de rayon r = c_0 t dans le demi-espace z > 0. On ne dispose d'aucune information sur la direction (\theta, \varphi) d'incidence de l'onde.
  • Superposition de sources : si plusieurs nanoparticules sont situées à la même distance r du capteur dans des directions différentes, leurs signaux arrivent simultanément et se superposent, rendant impossible leur séparation spatiale.

Pour reconstruire une image à deux ou trois dimensions, il est indispensable de lever cette dégénérescence spatiale en disposant d'une résolution transverse, obtenue par exemple par un capteur focalisé (question suivante), un réseau de transducteurs ou un balayage spatial du capteur.

Voir ce qu'a relevé le jury

Peu de candidats ont identifié qu'il s'agissait en pratique d'un problème de triangulation.

« Question relativement peu traitée. Peu de ceux(celles) ayant abordé cette question ont compris qu'il s'agissait en fait d'un problème de triangulation. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques ; Optique ondulatoire › Diffraction et réseaux

Notions : critère de rayleigh, pouvoir de résolution

On remplace le capteur ponctuel précédent par un capteur sous forme de disque de diamètre qui présente une concavité de manière à focaliser les ultrasons à la distance . Par analogie avec l'optique, déterminer le pouvoir de résolution de ce capteur concave à la fréquence principale émise par la nanoparticule ?

Voir l'indice

Appliquer par analogie avec une lentille convergente diffractante le critère de résolution latérale d'Airy : \delta x_{\min} \approx 1{,}22\,\lambda F / D.

Voir la stratégie
  1. Établir l'analogie avec un instrument d'optique convergent diaphragmé par une ouverture circulaire de diamètre D et de focale F.
  2. Exprimer la limite de résolution spatiale latérale à l'aide du critère de Rayleigh pour la tache de diffraction d'Airy.
  3. Effectuer l'application numérique avec la longueur d'onde acoustique \lambda = 15\text{ µ m} déterminée à la question Q17.
Voir la réponse courte

Pouvoir de résolution transverse donné par la tache de diffraction focale \Delta x \simeq 1{,}22\lambda F/D.

Voir le corrigé complet

Par analogie avec un miroir sphérique convergent ou une lentille mince en optique, le capteur concave de diamètre d'ouverture D et de distance focale F concentre les ondes ultrasonores émises au foyer ou, réciproquement, diffracte avec un demi-angle au premier minimum donné par la relation d'Airy :

\theta_{\min} \simeq 1{,}22\,\frac{\lambda}{D}

D'après le critère de résolution de Rayleigh, deux sources ponctuelles situées dans le plan focal à distance F peuvent être distinguées si le centre de la tache de diffraction de l'une coïncide avec le premier zéro de diffraction de l'autre. Le pouvoir de résolution spatiale latérale (séparation transversale minimale résolue) \delta x_{\min} s'écrit alors :

\delta x_{\min} = F \tan\theta_{\min} \simeq 1{,}22\,\frac{\lambda F}{D}

D'après la question Q17, pour la fréquence principale f \simeq 100\text{ MHz}, la longueur d'onde ultrasonore vaut \lambda = 15\text{ µ m}. Avec D = 1\text{ cm} et F = 3\text{ cm} :

\begin{aligned} \delta x_{\min} &= 1{,}22 \times 15 \times 10^{-6} \times \frac{3 \times 10^{-2}}{10^{-2}} \\ &= 1{,}22 \times 45 \times 10^{-6}\text{ m} \simeq 55\text{ µ m} \end{aligned}
\boxed{\delta x_{\min} = 1{,}22\,\frac{\lambda F}{D} \simeq 55\text{ µ m}}

Résultat

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Question 23

DifficileTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : réseau de capteurs, formation de voie

Dans la pratique, de manière à reconstruire une image complète on n'utilise pas un capteur concave mais un réseau de capteurs. Ceci permet de changer artificiellement la concavité du capteur en appliquant des délais différents sur chacun des éléments du réseau. Le réseau est unidimensionnel, aligné suivant , avec les éléments régulièrement espacés entre les points de coordonnées et . Par convention, on indicera les éléments par un indice variant de 1 à , l'élément étant situé au point . Exprimer le délai à appliquer au signal reçu par l'élément afin de synchroniser les signaux sur tous les capteurs lorsque chacun a reçu une impulsion acoustique issue de la nanoparticule placée en . Estimer la différence entre le plus long délai et le plus faible pour la nanoparticule précédente placée en .

Voir l'indice

Calculer la distance d_i = \sqrt{x_i^2 + F^2} séparant la source située en (0,0,F) de chaque élément x_i du réseau. Définir le retard \tau_i à appliquer à chaque voie pour ramener tous les signaux à la même phase que le capteur le plus éloigné.

Voir la stratégie
  1. Déterminer les coordonnées spatiales de l'élément i du réseau et en déduire la distance d_i qui le sépare de la nanoparticule source située en (0, 0, F).
  2. Exprimer le temps de vol acoustique t_i associé, puis en déduire le retard \tau_i à appliquer au signal de chaque capteur afin de les sommer en phase (focalisation synthétique).
  3. Évaluer l'écart maximal de délai \Delta \tau entre les éléments du centre et des bords, par un calcul direct ou une approximation paraxiale (D \ll F).
Voir la réponse courte

Retard compensateur \Delta t_i = (d_{\max} - d_i)/c_0 avec d_i = \sqrt{F^2 + x_i^2}, calcul de l'écart maximal centre-bord.

Voir le corrigé complet

Le réseau unidimensionnel comporte N capteurs régulièrement espacés selon l'axe (Ox) entre les abscisses -D/2 et +D/2. L'élément d'indice i \in \{1, \dots, N\} est donc localisé au point de coordonnées :

x_i = -\frac{D}{2} + (i-1)\frac{D}{N-1}, \quad y_i = 0, \quad z_i = 0

La nanoparticule source étant située en S(0, 0, F), la distance d_i entre la source et le capteur i s'écrit :

d_i = \sqrt{x_i^2 + F^2}

L'onde acoustique sphérique émise par la nanoparticule à un instant pris comme origine (t=0) atteint le capteur i à l'instant :

t_i = \frac{d_i}{c_0} = \frac{\sqrt{x_i^2 + F^2}}{c_0}

Le front d'onde atteint en premier le capteur central (x_i \approx 0) à l'instant minimal t_{\min} = \frac{F}{c_0}, et en dernier les capteurs situés aux extrémités (x = \pm D/2) à l'instant maximal :

t_{\max} = \frac{1}{c_0}\sqrt{\left(\frac{D}{2}\right)^2 + F^2}

Pour synchroniser causalement l'ensemble des signaux reçus (c'est-à-dire les aligner sur l'instant de réception le plus tardif t_{\max} par des lignes à retard positives), le délai \tau_i \ge 0 à appliquer au signal reçu par l'élément i est :

\boxed{\tau_i = t_{\max} - t_i = \frac{1}{c_0}\left(\sqrt{\frac{D^2}{4} + F^2} - \sqrt{x_i^2 + F^2}\right)}

Remarque : En traitement d'antenne numérique (« delay-and-sum »), on définit souvent le décalage temporel relatif par rapport au centre : \delta t_i = t_i - t_{\min} = \frac{\sqrt{x_i^2 + F^2} - F}{c_0}.

La différence entre le plus long délai (appliqué au centre où le signal arrive le plus tôt) et le plus faible délai (nul, aux extrémités x = \pm D/2) s'écrit :

\Delta \tau = \tau_{\max} - \tau_{\min} = \frac{\sqrt{F^2 + \frac{D^2}{4}} - F}{c_0}

Comme D = 1\text{ cm} \ll F = 3\text{ cm}, on peut effectuer un développement limité au premier ordre non nul en (D/2F)^2 :

\sqrt{F^2 + \frac{D^2}{4}} = F\sqrt{1 + \frac{D^2}{4F^2}} \simeq F\left(1 + \frac{D^2}{8F^2}\right) = F + \frac{D^2}{8F}

On obtient ainsi l'expression approchée :

\boxed{\Delta \tau \simeq \frac{D^2}{8 c_0 F}}

Application numérique : Avec D = 1{,}0 \times 10^{-2}\text{ m}, F = 3{,}0 \times 10^{-2}\text{ m} et c_0 = 1500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

\begin{aligned} \Delta \tau_{\text{exact}} &= \frac{\sqrt{9{,}25 \times 10^{-4}} - 3{,}0 \times 10^{-2}}{1500} = \frac{(3{,}0414 - 3{,}0) \times 10^{-2}}{1500} \simeq 2{,}76 \times 10^{-7}\text{ s} \\ \Delta \tau_{\text{approx}} &= \frac{(1{,}0 \times 10^{-2})^2}{8 \times 1500 \times 3{,}0 \times 10^{-2}} = \frac{10^{-4}}{360} \simeq 2{,}78 \times 10^{-7}\text{ s} \end{aligned}

Soit :

\boxed{\Delta \tau \simeq 0{,}28\text{ µ s} = 280\text{ ns}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très peu traitée, pour laquelle le facteur 1,22 de la formule d'Airy n'était pas exigé.

« Question très peu traitée. Le facteur 1, 22 de la formule de Airy, non exigible au programme, n'a pas été pris en compte dans la notation de la question. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Partie IV : Mesure de la vitesse du sang

Question 24

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : effet doppler acoustique, décalage en fréquence

En supposant que la nanoparticule d'or émet un signal photoacoustique de fréquence (dans son propre référentiel), déterminer l'expression de la fréquence perçue par la sonde en fonction des paramètres du problème. En déduire l'expression du décalage fréquentiel . On remarquera que : - la vitesse du son dans les tissus biologiques est assimilée à celle dans l'eau et qu'elle est beaucoup plus grande que la vitesse du sang dans un vaisseau sanguin ; - la distance entre la nanoparticule et la sonde, de l'ordre de 1 à , est beaucoup plus grande que la longueur d'onde de l'onde ultrasonore émise par la nanoparticule ; - la sonde est orientée d'un angle par rapport au vaisseau sanguin.

Voir l'indice

Appliquer la formule de l'effet Doppler pour une source mobile émettrice et un récepteur fixe en effectuant un développement limité au premier ordre en v/c_0 \ll 1.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'intervalle de temps entre la réception de deux fronts d'onde consécutifs pour une source en mouvement à vitesse \vec{v} et un observateur fixe dans le milieu (effet Doppler acoustique classique à la source).
  2. Utiliser l'approximation v \ll c_0 imposée par l'énoncé pour linéariser l'expression de la fréquence perçue f'.
  3. Relier le produit scalaire de la vitesse et de la direction de visée à la vitesse scalaire v et à l'angle Doppler \alpha défini sur le schéma.
Voir la réponse courte

Établissement de la fréquence reçue par la sonde fixe pour une source mobile sous incidence \alpha, d'où \Delta f = f (v/c_0)\cos\alpha.

Voir le corrigé complet

Considérons le milieu de propagation (tissus assimilés à de l'eau) au repos dans le référentiel du laboratoire, dans lequel la sonde est également fixe. La nanoparticule se déplace avec le flux sanguin à la vitesse \vec{v} et se comporte comme une source ponctuelle émettant une onde acoustique de période propre T = \frac{1}{f}.

Notons \vec{u} le vecteur unitaire orienté de la nanoparticule (source) vers la sonde (récepteur).

  • À l'instant t_1 = 0, la nanoparticule est à la position \vec{r}_1, à une distance d_1 de la sonde. Le premier front d'onde est émis et parvient à la sonde à l'instant :

    t'_1 = \frac{d_1}{c_0}
  • À l'instant t_2 = T, la nanoparticule a avancé de \Delta\vec{r} = \vec{v}\,T et se trouve à la distance d_2 \approx d_1 - (\vec{v}\cdot\vec{u})\,T de la sonde (en assimilant les fronts d'onde à des ondes planes à l'échelle de la longueur d'onde car la distance est très grande devant \lambda). Le second front d'onde est émis et parvient à la sonde à l'instant :

    t'_2 = T + \frac{d_2}{c_0} \approx T + \frac{d_1}{c_0} - \frac{\vec{v}\cdot\vec{u}}{c_0}\,T

La période acoustique T' mesurée par la sonde est donc :

T' = t'_2 - t'_1 = T\left(1 - \frac{\vec{v}\cdot\vec{u}}{c_0}\right)

La fréquence reçue f' = \frac{1}{T'} s'écrit alors :

f' = \frac{f}{1 - \dfrac{\vec{v}\cdot\vec{u}}{c_0}}

Puisque la vitesse du sang est très faible devant la célérité du son dans les tissus (v \ll c_0), un développement limité au premier ordre donne :

f' \simeq f\left(1 + \frac{\vec{v}\cdot\vec{u}}{c_0}\right)

D'après le schéma de l'énoncé, la nanoparticule s'éloigne de la sonde avec une vitesse \vec{v} faisant un angle \pi - \alpha avec la direction de visée \vec{u}, soit \vec{v}\cdot\vec{u} = -v\cos\alpha (où v = \|\vec{v}\|). On obtient :

\boxed{ f' = f\left(1 - \frac{v}{c_0}\cos\alpha\right) }

Le décalage fréquentiel \Delta f = f' - f s'en déduit immédiatement :

\boxed{ \Delta f = - f\,\frac{v}{c_0}\cos\alpha }

En valeur absolue, ou si l'écoulement s'effectue vers la sonde, on a :

|\Delta f| = f\,\frac{v}{c_0}\cos\alpha

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une démonstration de l'effet Doppler à l'ordre 1 était attendue, sans omettre la prise en compte de l'angle du problème.

« Beaucoup de copies n'ont pas tenu compte de l'angle α, pourtant indiqué explicitement sur le schéma de l'énoncé, et ont seulement considéré la situation α = 0. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : effet doppler acoustique, vélocimétrie doppler

On réalise une mesure expérimentale par photoacoustique sur un capillaire et sur l'aorte. On suppose connue la fréquence d'émission des nanoparticules : . La vitesse du son dans les tissus biologiques est assimilée à celle dans l'eau. L'angle de mesure utilisé est . Les décalages en fréquence mesurés sont les suivants : et . En déduire la vitesse du sang dans chacun des cas.

Voir l'indice

Utiliser l'expression |\Delta f| = f (v/c_0) \cos\alpha pour isoler et calculer numériquement v dans l'aorte et dans le capillaire.

Voir la stratégie

D'après la question Q24, le décalage fréquentiel Doppler lié à l'émission acoustique des nanoparticules entraînées à la vitesse v dans le sang est donné en valeur absolue par :

|\Delta f| = f\,\frac{v}{c_0}\cos\alpha

On isole la vitesse d'écoulement du sang v et on effectue l'application numérique pour chacun des deux vaisseaux.

Voir la réponse courte

Inversion de la formule Doppler pour calculer la vitesse du sang dans l'aorte (\approx 0{,}48\text{ m.s}^{-1}) et le capillaire (\approx 0{,}3\text{ mm.s}^{-1}).

Voir le corrigé complet

L'inversion de la relation du décalage Doppler conduit à :

v = \frac{|\Delta f|\,c_0}{f \cos\alpha}

Avec les données de l'énoncé :

  • c_0 = 1500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • f = 100\text{ MHz} = 1{,}00 \times 10^8\text{ Hz} ;
  • \alpha = 60^{\circ} \implies \cos\alpha = 0{,}50.

Le facteur de conversion est donc :

\frac{c_0}{f \cos\alpha} = \frac{1500}{1{,}00 \times 10^8 \times 0{,}50} = 3{,}00 \times 10^{-5}\text{ m}

1. Cas de l'aorte :

Pour |\Delta f_{\mathrm{aorte}}| = 16\text{ kHz} = 1{,}6 \times 10^4\text{ Hz}, on obtient :

v_{\mathrm{aorte}} = 1{,}6 \times 10^4 \times 3{,}00 \times 10^{-5} = 0{,}48\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{v_{\mathrm{aorte}} \simeq 0{,}48\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 48\text{ cm}\cdot\text{s}^{-1}}

2. Cas du capillaire :

Pour |\Delta f_{\mathrm{cap}}| = 10\text{ Hz}, on obtient :

v_{\mathrm{cap}} = 10 \times 3{,}00 \times 10^{-5} = 3{,}0 \times 10^{-4}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{v_{\mathrm{cap}} = 3{,}0 \times 10^{-4}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 0{,}30\text{ mm}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Gardez un regard critique sur le réalisme physique des ordres de grandeur obtenus pour la vitesse sanguine.

« Dans quelques copies, des valeurs totalement fantaisistes de la vitesse sanguine (des vitesses parfois de l'ordre de 102 ms−1 et plus) ont éte trouvées sans que cela n'interroge les candidat(e)s sur la validité de leur calcul. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : nombre de reynolds, écoulement laminaire, écoulement turbulent

Ces vaisseaux sanguins sont cylindriques de diamètre . On notera la masse volumique du sang, et sa viscosité. Définir et calculer le nombre de Reynolds dans le cas d'un écoulement dans l'aorte () puis dans un capillaire ().

Voir l'indice

Rappeler la définition du nombre de Reynolds Re = \rho v (2R)/\eta et calculer sa valeur numérique pour les deux vaisseaux avec les vitesses trouvées à la question précédente.

Voir la réponse courte

Calcul de Re = 2\rho v R/\eta : régime turbulent dans l'aorte (Re \sim 3800) et très laminaire dans le capillaire (Re \sim 2\times 10^{-3}).

Voir le corrigé complet

Le nombre de Reynolds Re est un nombre sans dimension qui quantifie le rapport entre les termes d'inertie (terme convectif \rho(\vec{v}\cdot\vec{\operatorname{grad}})\vec{v}) et les termes de viscosité (\eta \Delta \vec{v}) dans l'équation de Navier-Stokes. Pour un écoulement au sein d'une conduite cylindrique de diamètre D = 2R à la vitesse caractéristique v, il est défini par :

Re = \frac{\rho v D}{\eta} = \frac{2\rho v R}{\eta}

1. Écoulement dans l'aorte : Avec les valeurs numériques du problème :

  • R_{\mathrm{aorte}} \approx 1\text{ cm} = 10^{-2}\text{ m}, soit D_{\mathrm{aorte}} = 2\times 10^{-2}\text{ m} ;
  • v_{\mathrm{aorte}} \simeq 0{,}48\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (d'après la question Q25) ;
  • \rho = 1200\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} et \eta = 3\times 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\text{s}.
\begin{aligned} Re_{\mathrm{aorte}} &= \frac{1200 \times 0{,}48 \times (2\times 10^{-2})}{3\times 10^{-3}} \\ &= 4\times 10^5 \times 9{,}6\times 10^{-3} = 3840 \approx 3{,}8 \times 10^3 \end{aligned}
\boxed{Re_{\mathrm{aorte}} \approx 3{,}8 \times 10^3}

2. Écoulement dans un capillaire : Avec :

  • R_{\mathrm{cap}} \approx 10\text{ }\mu\text{m} = 10^{-5}\text{ m}, soit D_{\mathrm{cap}} = 2\times 10^{-5}\text{ m} ;
  • v_{\mathrm{cap}} = 3{,}0\times 10^{-4}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (d'après la question Q25).
\begin{aligned} Re_{\mathrm{cap}} &= \frac{1200 \times (3{,}0\times 10^{-4}) \times (2\times 10^{-5})}{3\times 10^{-3}} \\ &= 4\times 10^5 \times 6{,}0\times 10^{-9} = 2{,}4 \times 10^{-3} \end{aligned}
\boxed{Re_{\mathrm{cap}} \approx 2{,}4 \times 10^{-3}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Les erreurs dans les applications numériques provenaient souvent des vitesses calculées à la question précédente.

« Les applications numériques sont en revanche souvent fausses du fait que pour mener le calcul il fallait utiliser les valeurs des vitesses sanguines, obtenues à la question 25. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 27

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : écoulement de poiseuille, gradient de pression

On s'intéresse maintenant à l'écoulement du sang dans le cas du capillaire considéré comme ayant une section constante, de rayon et de longueur (avec ). Le sang y est considéré comme un fluide incompressible. Son écoulement est considéré comme stationnaire et irrotationnel selon l'axe du capillaire. Enfin on néglige les forces de gravité. On note le champ de vitesse et le champ de pression en coordonnées cylindriques. En justifiant le raisonnement, montrer que le champ de pression est uniforme dans toute section droite du cylindre, puis donner son expression en fonction des pressions d'entrée et de sortie respectivement en et en . Indication : Après avoir exploité les symétries et les propriétés de l'écoulement mentionnées plus haut, vous pouvez soit écrire l'équation de Navier-Stokes en coordonnées cylindriques, soit faire un bilan des forces agissant sur un volume du fluide judicieusement choisi.

Voir l'indice

Projeter l'équation de Navier-Stokes sur les axes radial et orthoradial en exploitant les invariances et l'hypothèse d'écoulement unidirectionnel \vec{v} = v_z(r)\vec{u}_z.

Voir la stratégie
  1. Exploiter les invariances, les conditions aux limites et l'incompressibilité du fluide pour simplifier la forme du champ des vitesses \vec{v}(r,\theta,z).
  2. Projeter l'équation de Navier-Stokes selon les axes radial et orthoradial pour en déduire l'indépendance de la pression par rapport à r et \theta.
  3. Séparer les variables dans la projection axiale pour montrer que le gradient de pression est constant, puis intégrer avec les conditions aux limites en z=0 et z=L.
Voir la réponse courte

Navier-Stokes projeté sur r et \theta donne \partial P/\partial r = 0, d'où un gradient de pression axial constant (P_e - P_s)/L.

Voir le corrigé complet

1. Forme du champ de vitesse

  • Invariances et symétries : La géométrie du capillaire présente une symétrie de révolution autour de l'axe (Oz). En régime permanent, tous les champs sont indépendants de \theta et du temps t.
  • Direction de l'écoulement : L'écoulement est supposé irrotationnel selon (Oz), soit (\vec{\operatorname{rot}}\vec{v})_z = \frac{1}{r}\frac{\partial(r v_\theta)}{\partial r} = 0, ce qui implique r v_\theta = \text{cste} = 0 (pour éviter une divergence en r=0), d'où v_\theta = 0. De plus, le capillaire étant de longueur L \gg R et ses parois étant imperméables (v_r(R) = 0), l'écoulement est établi et rectiligne le long de la conduite : v_r = 0. Le champ de vitesse est donc purement axial :

    \vec{v} = v_z(r,z)\,\vec{u}_z
  • Incompressibilité : La conservation de la masse pour un fluide incompressible s'écrit \operatorname{div}\vec{v} = 0. D'après l'expression de la divergence en coordonnées cylindriques :

    \operatorname{div}\vec{v} = \frac{\partial v_z}{\partial z} = 0 \implies v_z = v_z(r)

    Le champ de vitesse se réduit ainsi à \vec{v}(r) = v_z(r)\,\vec{u}_z.

2. Équation de Navier-Stokes et uniformité de la pression dans une section droite

Le terme d'accélération convective s'annule identiquement :

(\vec{v}\cdot\vec{\nabla})\vec{v} = v_z(r)\frac{\partial v_z}{\partial z}\,\vec{u}_z = \vec{0}

En négligeant la pesanteur (\vec{f}_{\text{ext}} = \vec{0}) et en régime stationnaire (\partial \vec{v}/\partial t = \vec{0}), l'équation de Navier-Stokes fournie dans le formulaire se réduit à :

\vec{0} = -\vec{\operatorname{grad}}P + \eta \Delta \vec{v}

D'après le formulaire, pour \vec{v} = v_z(r)\,\vec{u}_z, le Laplacien vectoriel est purement axial :

\Delta \vec{v} = \frac{1}{r}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}r}\right)\vec{u}_z

La projection de l'équation de Navier-Stokes sur les trois axes cylindriques donne :

\begin{aligned} \text{sur }\vec{u}_r &: -\frac{\partial P}{\partial r} = 0 \\ \text{sur }\vec{u}_\theta &: -\frac{1}{r}\frac{\partial P}{\partial \theta} = 0 \\ \text{sur }\vec{u}_z &: -\frac{\partial P}{\partial z} + \eta\,\frac{1}{r}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}r}\right) = 0 \end{aligned}

Les deux premières équations montrent que la pression ne dépend ni de r ni de \theta :

P(r,\theta,z) = P(z)

Le champ de pression est donc rigoureusement uniforme dans toute section droite (z = \text{cste}) du capillaire.

3. Profil axial de pression

La projection axiale s'écrit :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = \eta\,\frac{1}{r}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}r}\right)

Le membre de gauche ne dépend que de z tandis que le membre de droite ne dépend que de r. Ils sont donc nécessairement égaux à une même constante :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = \text{cste}

La pression varie donc de manière affine avec l'abscisse z :

P(z) = P_e + \frac{P_s - P_e}{L}\,z
\boxed{P(z) = P_e - \frac{P_e - P_s}{L}\,z}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Seuls quelques candidats ont su démontrer rigoureusement que l'écoulement était purement longitudinal.

« Notons cependant que seul(e)s quelques candidat(e)s parviennent à démontrer rigoureusement (en utilisant les symétries du problème, la condition d'incompressibilité du uide et le caractère irrotationnel de lécoulement) que la vitesse ne possède qu'une composante suivant l'axe z. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : profil de poiseuille, vitesse moyenne

Établir l'expression du champ de vitesse au point de coordonnées dans le vaisseau sanguin. Puis calculer , la vitesse moyenne du fluide dans le vaisseau sanguin.

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Projeter Navier-Stokes sur l'axe \vec{u}_z, intégrer deux fois par rapport à r en imposant une vitesse finie sur l'axe et une vitesse nulle à la paroi (r=R). Calculer la vitesse moyenne par intégration sur la section.

Voir la stratégie
  1. Projeter l'équation de Navier-Stokes sur l'axe (\mathrm{O}z) en exploitant la forme unidirectionnelle du champ de vitesse établie à la question précédente.
  2. Intégrer l'équation différentielle en utilisant la condition de régularité sur l'axe (r=0) et la condition d'adhérence à la paroi (r=R).
  3. En déduire la vitesse moyenne \bar{v} par intégration du profil parabolique sur une section droite du vaisseau.
Voir la réponse courte

Double intégration de la composante axiale de Navier-Stokes avec non-glissement en r=R, d'où le profil parabolique et \bar{v} = v_{\max}/2.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q27, l'écoulement est stationnaire, à lignes de courant parallèles à l'axe, de la forme :

\vec{v}(r,\theta,z) = v_z(r)\,\vec{u}_z

Le terme convectif d'accélération est identiquement nul :

(\vec{v}\cdot\vec{\operatorname{grad}})\vec{v} = v_z(r)\frac{\partial}{\partial z}\bigl(v_z(r)\vec{u}_z\bigr) = \vec{0}

En projetant l'équation de Navier-Stokes sur \vec{u}_z, en l'absence de forces volumiques extérieures et en utilisant l'expression du Laplacien vectoriel fournie par le formulaire :

0 = -\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} + \frac{\eta}{r}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}r}\right)

En posant la perte de charge \Delta P = P_e - P_s, le gradient axial de pression vaut \frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = -\frac{\Delta P}{L}. L'équation s'écrit alors :

\frac{1}{r}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}r}\right) = -\frac{\Delta P}{\eta L}

Une première intégration par rapport à r donne :

r\frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}r} = -\frac{\Delta P}{2\eta L}\,r^2 + C_1

Pour que le cisaillement visqueux (et la vitesse) reste fini sur l'axe du cylindre en r = 0, la constante d'intégration doit être nulle : C_1 = 0. Il vient :

\frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}r} = -\frac{\Delta P}{2\eta L}\,r

Une seconde intégration conduit à :

v_z(r) = -\frac{\Delta P}{4\eta L}\,r^2 + C_2

La condition d'adhérence du fluide visqueux à la paroi fixe en r = R impose v_z(R) = 0, soit C_2 = \frac{\Delta P R^2}{4\eta L}. On obtient ainsi le profil de Poiseuille :

\boxed{\vec{v}(M) = \frac{P_e - P_s}{4\eta L}(R^2 - r^2)\,\vec{u}_z}

La vitesse moyenne \bar{v} du fluide à travers la section droite S = \pi R^2 est définie par :

\bar{v} = \frac{1}{\pi R^2}\iint_S v_z(r)\,\mathrm{d}S = \frac{1}{\pi R^2}\int_0^R v_z(r)\,2\pi r\,\mathrm{d}r

Soit :

\begin{aligned} \bar{v} &= \frac{2}{R^2} \frac{\Delta P}{4\eta L}\int_0^R (R^2 r - r^3)\,\mathrm{d}r \\ &= \frac{\Delta P}{2\eta L R^2} \left[ \frac{R^2 r^2}{2} - \frac{r^4}{4} \right]_0^R \\ &= \frac{\Delta P}{2\eta L R^2} \frac{R^4}{4} \end{aligned}

On en déduit :

\boxed{\bar{v} = \frac{P_e - P_s}{8\eta L}R^2 = \frac{v_{\max}}{2}}

avec v_{\max} = v_z(0) = \frac{(P_e - P_s)R^2}{4\eta L}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le débit volumique s'obtient en intégrant la vitesse sur la surface élémentaire 2πrdr et non sur dr.

« De manière très surprenante et décevante, le calcul du débit volumique et donc de la vitesse moyenne a été très mal mené dans l'immense majorité des copies, les candidat(e)s n'ayant pas sommé la vitesse v(r) sur l'élément de surface 2πrdr mais uniquement sur dr. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
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  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : perte de charge, facteur de darcy-weisbach

De manière générale, pour un écoulement dans une conduite, on définit le facteur de friction de Darcy-Weisbach, . Montrer que pour un écoulement laminaire, ce facteur de friction a pour expression : où est le nombre de Reynolds. En déduire la valeur de ce facteur pour un écoulement sanguin dans un capillaire. Calculer également la perte de charge dans un capillaire long de .

Voir l'indice

Exprimer \Delta P en fonction de \bar{v} d'après le profil de Poiseuille, puis injecter cette relation dans la formule de définition du coefficient \xi.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la perte de charge \Delta P = P_e - P_s en fonction de la vitesse moyenne \bar{v} et du diamètre D = 2R à partir de la relation établie à la question Q28.
  2. Injecter cette expression dans la définition du coefficient de Darcy-Weisbach \xi et faire apparaître le nombre de Reynolds Re = \frac{\rho \bar{v} D}{\eta}.
  3. Effectuer les applications numériques pour le capillaire à l'aide des valeurs de Re_{\mathrm{cap}} (question Q26) et de \bar{v}_{\mathrm{cap}} (question Q25).
Voir la réponse courte

Substitution du débit de Poiseuille dans l'expression de \xi pour obtenir \xi = 64/Re, puis calcul de \Delta P_{\mathrm{cap}}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q28, la vitesse moyenne de l'écoulement laminaire de Poiseuille dans une conduite cylindrique de rayon R = D/2 et de longueur L s'écrit :

\bar{v} = \frac{P_e - P_s}{8\eta L} R^2 = \frac{\Delta P}{8\eta L}\left(\frac{D}{2}\right)^2 = \frac{\Delta P \, D^2}{32 \eta L}

où \Delta P = P_e - P_s désigne la perte de charge le long de la conduite. On en déduit l'expression de la perte de charge :

\Delta P = \frac{32\eta L \bar{v}}{D^2}

En introduisant cette relation dans la définition du facteur de friction de Darcy-Weisbach :

\begin{aligned} \xi &= \frac{2D}{\rho \bar{v}^{2}L}\,\Delta P \\ &= \frac{2D}{\rho \bar{v}^{2}L}\left(\frac{32\eta L \bar{v}}{D^2}\right) \\ &= \frac{64\eta}{\rho \bar{v} D} \end{aligned}

Le nombre de Reynolds associé au diamètre D étant Re = \frac{\rho \bar{v} D}{\eta} (défini à la question Q26), on obtient bien :

\boxed{\xi = \frac{64}{Re}}

Application au capillaire : D'après la question Q26, Re_{\mathrm{cap}} \simeq 2{,}4 \times 10^{-3}. On a donc :

\xi_{\mathrm{cap}} = \frac{64}{2{,}4 \times 10^{-3}} \simeq 2{,}67 \times 10^4
\boxed{\xi_{\mathrm{cap}} \simeq 2{,}7 \times 10^4}

La perte de charge dans un capillaire de longueur L = 1\text{ cm} = 1{,}0 \times 10^{-2}\text{ m}, avec R_{\mathrm{cap}} = 10\ \mu\text{m} = 1{,}0 \times 10^{-5}\text{ m}, \eta = 3{,}0 \times 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\text{s} et \bar{v}_{\mathrm{cap}} = 3{,}0 \times 10^{-4}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, vaut :

\begin{aligned} \Delta P_{\mathrm{cap}} &= \frac{8\eta L \bar{v}_{\mathrm{cap}}}{R_{\mathrm{cap}}^2} \\ &= \frac{8 \times (3{,}0 \times 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\text{s}) \times (1{,}0 \times 10^{-2}\text{ m}) \times (3{,}0 \times 10^{-4}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1})}{(1{,}0 \times 10^{-5}\text{ m})^2} \\ &= \frac{7{,}2 \times 10^{-8}}{1{,}0 \times 10^{-10}}\text{ Pa} = 720\text{ Pa} \end{aligned}
\boxed{\Delta P_{\mathrm{cap}} = 7{,}2 \times 10^2\text{ Pa}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'énoncé comportait une erreur d'homogénéité sur le facteur de friction qu'il convenait de repérer et corriger.

« Notons que l'expression de ξ, le facteur de friction de Darcy- Weisbach, donnée par l'énoncé n'était pas homogène du fait de l'omission du terme ∆P probablement due à une erreur typographique ou d'impression. »

« Quelques excellent(e)s candidat(e)s, faisant preuve d'esprit critique et d'une bonne maturité scienti que, se sont rendu(e)s compte de cette erreur d'homogénéité et l'on corrigée d'eux(elles)-même. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 30

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : diagramme de moody, perte de charge

Le diagramme de Moody (figure 4) représente le facteur de friction de Darcy-Weisbach en fonction du nombre de Reynolds et de la rugosité relative pour une conduite de section circulaire. On retrouve sur ce diagramme la relation pour les écoulements laminaires : . Ce diagramme permet notamment de calculer les pertes de charge au sein d'une conduite. En effectuant une hypothèse à préciser, déterminer à partir du diagramme le coefficient de friction dans le cas de l'aorte. En déduire la perte de charge en sachant que l'aorte mesure environ .

Voir l'indice

Préciser l'état de surface de l'aorte (paroi biologiquement lisse, courbe inférieure du diagramme de Moody) et lire la valeur de \xi à l'abscisse Re_{\mathrm{aorte}} avant d'en déduire \Delta P.

Voir la stratégie
  1. Formuler l'hypothèse physique sur la paroi interne de l'aorte (paroi saine tapissée d'endothélium, assimilable à un tube lisse).
  2. Lire la valeur du facteur de friction \xi sur le diagramme de Moody pour le nombre de Reynolds calculé en Q26 (Re_{\mathrm{aorte}} \approx 3{,}8 \times 10^3).
  3. Appliquer la relation de Darcy-Weisbach pour déterminer la perte de charge \Delta P_{\mathrm{aorte}}.
Voir la réponse courte

Hypothèse de paroi lisse sur le diagramme de Moody au Re de l'aorte, lecture de \xi puis calcul de la perte de charge \Delta P_{\mathrm{aorte}}.

Voir le corrigé complet

1. Hypothèse sur la nature de la conduite :

L'aorte est un vaisseau sanguin dont la paroi interne (l'endothélium vasculaire) est extrêmement lisse afin de limiter le cisaillement et l'adhésion plaquettaire. On fait donc l'hypothèse d'une conduite hydrauliquement lisse (rugosité relative négligeable : \varepsilon / D \approx 0, courbe « Tuyau lisse » sur le diagramme de Moody). De plus, on suppose l'écoulement moyenné et permanent, bien que le flux artériel réel soit pulsatile.

2. Détermination du facteur de friction :

D'après la question Q26, le nombre de Reynolds dans l'aorte vaut :

Re_{\mathrm{aorte}} \approx 3{,}8 \times 10^3

Ce nombre de Reynolds correspond à la zone de transition ou au tout début du régime turbulent. En suivant l'abscisse Re \approx 3{,}8 \times 10^3 \approx 4 \times 10^3 jusqu'à la courbe inférieure correspondant au tuyau lisse, on lit sur l'axe des ordonnées :

\xi_{\mathrm{aorte}} \approx 0{,}040

Remarque : La formule empirique de Blasius pour les tubes lisses en régime turbulent modéré donne en cohérence :

\xi = \frac{0{,}3164}{Re^{1/4}} \simeq \frac{0{,}3164}{(3{,}8 \times 10^3)^{1/4}} \simeq 0{,}040

3. Calcul de la perte de charge dans l'aorte :

D'après la définition du coefficient de Darcy-Weisbach rappelée dans l'énoncé et sur la figure 4 :

\Delta P_{\mathrm{aorte}} = \xi_{\mathrm{aorte}} \, \frac{L_{\mathrm{aorte}}}{D_{\mathrm{aorte}}} \, \frac{\rho \, v_{\mathrm{aorte}}^2}{2}

Avec les données numériques suivantes :

  • L_{\mathrm{aorte}} = 15\text{ cm} = 0{,}15\text{ m},
  • D_{\mathrm{aorte}} = 2 R_{\mathrm{aorte}} = 2\text{ cm} = 0{,}02\text{ m}, d'où \dfrac{L_{\mathrm{aorte}}}{D_{\mathrm{aorte}}} = \frac{0{,}15}{0{,}02} = 7{,}5,
  • \rho = 1200\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3},
  • v_{\mathrm{aorte}} \simeq 0{,}48\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (d'après Q25).

L'énergie cinétique par unité de volume s'élève à :

\frac{1}{2}\rho \, v_{\mathrm{aorte}}^2 = \frac{1}{2} \times 1200 \times (0{,}48)^2 \simeq 138\text{ Pa}

On en déduit la perte de charge :

\Delta P_{\mathrm{aorte}} \simeq 0{,}040 \times 7{,}5 \times 138 \simeq 41\text{ Pa}
\boxed{\xi_{\mathrm{aorte}} \approx 0{,}040 \quad \text{et} \quad \Delta P_{\mathrm{aorte}} \simeq 41\text{ Pa}}

Résultat

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Question 31

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : résistance hydraulique, loi d'association

On définit la résistance à l'écoulement en régime stationnaire par la relation suivante : où est le débit volumique et la perte de charge. Estimer la résistance à l'écoulement d'un capillaire et celle de l'aorte . Si l'on simplifie la structure sanguine du corps humain, on peut considérer que l'ensemble des vaisseaux est composé de l'aorte qui doit alimenter un réseau de capillaires en parallèle. Combien faut-il alors de capillaires pour que la résistance à l'écoulement de l'ensemble des capillaires soit égale à celle de l'aorte ?

Voir l'indice

Calculer D_V = \bar{v} \pi R^2 pour déterminer les résistances hydrauliques individuelles, puis appliquer la loi d'association en parallèle pour N canaux identiques : \mathcal{R}_{\mathrm{eq}} = \mathcal{R}_{\mathrm{cap}}/N.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le débit volumique D_V = \bar{v}\,\pi R^2 pour le capillaire et pour l'aorte à partir des vitesses obtenues à la question Q25.
  2. Calculer les résistances hydrauliques individuelles \mathcal{R}_{\mathrm{cap}} et \mathcal{R}_{\mathrm{aorte}} à l'aide des pertes de charge \Delta P déterminées aux questions Q29 et Q30.
  3. Utiliser l'analogie électrocinétique (loi d'Ohm hydraulique et association en parallèle de N résistances identiques) pour déterminer le nombre N de capillaires requis.
Voir la réponse courte

Calcul des résistances hydrauliques \Delta P/D_V ; en parallèle \mathcal{R}_{\mathrm{aorte}} = \mathcal{R}_{\mathrm{cap}}/N, d'où le nombre N de capillaires requis.

Voir le corrigé complet

Le débit volumique dans une conduite cylindrique de section droite S = \pi R^2 traversée à la vitesse moyenne \bar{v} s'écrit :

D_V = \bar{v} \pi R^2

1. Résistance à l'écoulement d'un capillaire Pour le capillaire sanguin, avec R_{\mathrm{cap}} \approx 10\,\mu\text{m} = 10^{-5}\text{ m} et \bar{v}_{\mathrm{cap}} = 3{,}0 \times 10^{-4}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (d'après la question Q25) :

D_{V,\mathrm{cap}} = 3{,}0 \times 10^{-4} \times \pi \times (10^{-5})^2 \simeq 9{,}4 \times 10^{-14}\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1}

La perte de charge sur une longueur L_{\mathrm{cap}} = 1\text{ cm} vaut \Delta P_{\mathrm{cap}} \simeq 7{,}2 \times 10^2\text{ Pa} (question Q29). La résistance hydraulique d'un capillaire est donc :

\mathcal{R}_{\mathrm{cap}} = \frac{\Delta P_{\mathrm{cap}}}{D_{V,\mathrm{cap}}} = \frac{7{,}2 \times 10^2}{9{,}4 \times 10^{-14}}
\boxed{\mathcal{R}_{\mathrm{cap}} \simeq 7{,}6 \times 10^{15}\text{ Pa}\cdot\text{s}\cdot\text{m}^{-3}}

2. Résistance à l'écoulement de l'aorte Pour l'aorte, avec R_{\mathrm{aorte}} \approx 1\text{ cm} = 10^{-2}\text{ m} et \bar{v}_{\mathrm{aorte}} \simeq 0{,}48\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (question Q25) :

D_{V,\mathrm{aorte}} = 0{,}48 \times \pi \times (10^{-2})^2 \simeq 1{,}5 \times 10^{-4}\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1}

(ce qui correspond à un débit sanguin d'environ 9\text{ L}\cdot\text{min}^{-1}, tout à fait cohérent avec la physiologie cardiovasculaire). Avec la perte de charge sur L_{\mathrm{aorte}} = 15\text{ cm}, \Delta P_{\mathrm{aorte}} \simeq 41\text{ Pa} (question Q30), on en déduit :

\mathcal{R}_{\mathrm{aorte}} = \frac{\Delta P_{\mathrm{aorte}}}{D_{V,\mathrm{aorte}}} = \frac{41}{1{,}5 \times 10^{-4}}
\boxed{\mathcal{R}_{\mathrm{aorte}} \simeq 2{,}7 \times 10^5\text{ Pa}\cdot\text{s}\cdot\text{m}^{-3}}

3. Nombre de capillaires en parallèle Pour un réseau constitué de N capillaires identiques montés en parallèle, chaque capillaire est soumis à la même différence de pression \Delta P. Le débit total traversant le réseau est la somme des débits individuels :

D_{V,\mathrm{tot}} = N\, D_{V,\mathrm{cap}} = N\,\frac{\Delta P}{\mathcal{R}_{\mathrm{cap}}} = \frac{\Delta P}{\mathcal{R}_{\mathrm{eq}}}

La résistance hydraulique équivalente du réseau de capillaires vaut donc, par analogie directe avec les résistances électriques en parallèle :

\mathcal{R}_{\mathrm{eq}} = \frac{\mathcal{R}_{\mathrm{cap}}}{N}

On souhaite que \mathcal{R}_{\mathrm{eq}} = \mathcal{R}_{\mathrm{aorte}}, ce qui conduit à :

N = \frac{\mathcal{R}_{\mathrm{cap}}}{\mathcal{R}_{\mathrm{aorte}}}

Numériquement :

N = \frac{7{,}6 \times 10^{15}}{2{,}7 \times 10^5} \simeq 2{,}8 \times 10^{10}
\boxed{N \approx 3 \times 10^{10}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très sélective nécessitant l'expression correcte du débit volumique établie à la question 28.

« Question très peu abordée et discriminante dans la mesure où pour y répondre il fallait avoir obtenu préalablement, à la question 28, l'expression analytique correcte du débit volumique. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet Polytechnique Physique A PC 2021 ?

Surtout 3 chapitres : Ondes acoustiques (39 % des questions, partie III), Diffusion thermique (23 %, partie II) et Fluides visqueux (19 %, partie IV). Plus ponctuellement : Photons et dualité onde-corpuscule, Diffraction et réseaux, Signaux et propagation et Dynamique des fluides parfaits.

Peut-on travailler le sujet Polytechnique Physique A PC 2021 dès la première année (PCSI) ?

Peu : 4 questions sur 31 (13 %) ne demandent que le programme de PCSI : Q1 à Q3 et Q5.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet Polytechnique Physique A PC 2021 ?

Environ 2 h 45 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé). La partie III est la plus longue (environ 55 min).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet Polytechnique Physique A PC 2021 ?

Q8 (temps caractéristique de diffusion), Q12 (longueur de diffusion thermique) et Q23 (réseau de capteurs), cotées 4 sur 4 dans ce corrigé.

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet Polytechnique Physique A PC 2021 ?

Questions de cours : Q5 (interaction rayonnement-matière), Q13 (équation de continuité), Q14 (équation d'euler) et Q16 (onde acoustique sphérique). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q6 (équation de la chaleur), Q15 (équation d'onde acoustique), Q24 (effet doppler acoustique) et Q28 (profil de poiseuille).

Où gagner des points facilement dans le sujet Polytechnique Physique A PC 2021 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (13 sur 31), par exemple : Q1, Q3, Q5, Q7, Q13, Q16 à Q19, Q21, Q22, Q25 et Q26. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q10 et Q29.

Le sujet Polytechnique Physique A PC 2021 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Quelle a été la moyenne au sujet Polytechnique Physique A PC 2021 ?

Moyenne : 9,81/20 (écart-type 3,41, 1 023 présents).

Faut-il redémontrer l'équation d'état fournie en Q15 ?

Non : l'expression est admise par l'énoncé. Il faut simplement la combiner avec l'équation de conservation de la masse de la question Q13 et l'équation d'Euler de la question Q14 pour obtenir l'équation de propagation avec terme source thermique.

Le facteur 1,22 d'Airy est-il exigible en Q22 et Q23 ?

Non : le rapport du jury précise explicitement que ce coefficient numérique n'était pas au programme et que son omission n'a pas été pénalisée dans l'évaluation.

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Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 31 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 9,81 et d'écart-type 3,41 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

Source des chiffres : document officiel du concours.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 27 septembre 2026.