WikiPrépaLivrets

Corrigé détaillé Mines Physique 1 PC 2023

Les sylphes

Faisable en sup ?

Faisable en partie en PCSI : 14 questions sur 24. Autres questions faisables en PCSI

Autres premières années : MPSI 8 · PTSI 8 · MP2I 8 · TSI1 8 · BCPST1 12 questions.

Détail par partie

Le sujet en bref

Sujet accessible · Mécanique, Électromagnétisme, Mécanique des fluides · 5 incontournables · 14 questions de première année
Afficher ou masquer la section

Ce sujet original et formateur étudie les sylphes (red sprites), de spectaculaires décharges électriques lumineuses survenant dans la haute atmosphère au-dessus des orages. L'épreuve balaie avec élégance plusieurs pans majeurs de la physique de prépa : l'observation géométrique et la mécanique spatiale depuis l'ISS, la modélisation thermodynamique fine du gradient de pression atmosphérique, la propagation d'ondes électromagnétiques dans le plasma ionosphérique (modèle de Drude sans collisions, réflexion d'échos radar), et enfin un modèle cinétique statistique de claquage par avalanche électronique déclenchée par des rayons cosmiques relativistes. Très équilibré, le sujet alterne calculs analytiques guidés, ordres de grandeur physiques et exploitation de données documentaires. C'est un excellent problème de synthèse pour réviser la statique des fluides, l'électromagnétisme des milieux dispersifs et les bilans particulaires.

Difficulté
Accessible, estimée à partir de la difficulté de chaque question
Temps estimé
≈ 2 h 20 pour tout traiter, pour une épreuve de 3 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Chapitres

Part des questions du sujet.

Incontournables

5 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

11 questions rapides et accessibles · 3 résultats donnés par l'énoncé
Afficher ou masquer la section

Rapides et accessibles (11) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (3) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

24 questions
Afficher ou masquer la section

Partie I : Observation des sylphes

Question 1

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique ondulatoire › Modèle scalaire de la lumière et cohérence

Notions : spectre d'émission, absorption atmosphérique

À l'aide des courbes de la figure 2, justifier la couleur caractéristiques des sylphes. Justifier également leur observation difficile depuis la surface de la Terre.

Voir l'indice

Comparer les bandes d'émission dominantes du spectre (vers 650–700 nm) au domaine visible, puis observer le coefficient de transmission atmosphérique à basse altitude aux mêmes longueurs d'onde.

Voir la réponse courte

Lecture des spectres d'émission du diazote (rouge) et d'absorption de l'atmosphère pour justifier la couleur et l'atténuation depuis le sol.

Voir le corrigé complet
  1. Couleur caractéristique des sylphes : Le spectre d'émission d'un sylphe (figure 2, à gauche) présente ses raies d'émission les plus intenses dans le domaine visible pour des longueurs d'onde supérieures à 650\text{ nm}, avec notamment des pics marqués vers 660\text{ nm}, 700\text{ nm} et surtout autour de 760\text{ nm}. Ces longueurs d'onde appartenant à la partie rouge du spectre visible (620\text{ nm} - 780\text{ nm}), cela justifie la couleur rouge caractéristique des sylphes.
  2. Difficulté d'observation depuis la surface de la Terre :

    • Absorption atmosphérique : La courbe de transmission de l'atmosphère (figure 2, à droite) révèle un creux d'absorption extrêmement marqué au voisinage de \lambda \approx 760\text{ nm}, où le coefficient de transmission s'effondre vers zéro (absorption due au dioxygène moléculaire atmosphérique). Ce creux coïncide précisément avec la bande d'émission la plus intense du spectre du sylphe : une fraction majeure de la lumière émise est ainsi interceptée et absorbée par l'atmosphère avant d'atteindre le sol.
    • Masquage par les nuages et brièveté : Se produisant entre 40 et 80\text{ km} d'altitude au-dessus des systèmes orageux, les sylphes sont masqués pour un observateur au sol par l'épaisse couche nuageuse des cumulonimbus. Enfin, leur durée d'émission très brève (quelques centaines de millisecondes au plus) rend la détection à l'œil nu particulièrement difficile.
Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut détailler le raisonnement menant à la couleur rouge, une simple affirmation ne rapportant aucun point.

« Le raisonnement permettant de trouver que la couleur est rouge n’a pas été assez développé. Les correcteurs insistent sur l’importance du raisonnement, affirmer que la couleur est rouge n’est pas un raisonnement. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 2

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique géométrique › Réflexion, réfraction et fibres optiques

Notions : optique géométrique, horizon terrestre

La distance qui sépare à vol d'oiseau le Pic du Midi de Bigorre de la chaîne des Alpes françaises est-elle de l'ordre de 500, 1000 ou 1500 km ? Sans prendre en compte l'altitude du Pic du Midi de Bigorre, tracer sur un schéma approprié la ligne d'horizon qui en part et qui passe au dessus des Alpes à une altitude . En faisant les hypothèses qui s'imposent exprimer en fonction de et et calculer sa valeur numérique. Est-il possible de voir des sylphes alpins sans effet de réfraction atmosphérique depuis le Pic du Midi de Bigorre ? Peut-on voir le Mont-Blanc par beau temps ?

Voir l'indice

Estimer la distance Pyrénées-Alpes à l'échelle de la France. Appliquer le théorème de Pythagore dans le triangle formé par le centre de la Terre, l'observateur au sol et le point situé à l'altitude h sur la tangente horizon.

Voir la stratégie
  1. Estimer la distance d à l'échelle de la France métropolitaine.
  2. Réaliser un schéma géométrique représentant la rotondité terrestre, la position de l'observateur P, la ligne d'horizon (tangente à la Terre en P) et la verticale passant par les Alpes A.
  3. Exprimer l'altitude h de la ligne de visée à l'aplomb des Alpes sous l'approximation des petits angles (d \ll R_T).
  4. Comparer h à l'altitude typique des sylphes (40 à 80 km) et à l'altitude du Mont-Blanc (\approx 4{,}8\text{ km}).
Voir la réponse courte

Calcul géométrique de la courbure terrestre h \simeq d^2/(2R_T) pour déterminer si les sylphes ou le Mont-Blanc sont visibles au-dessus de l'horizon.

Voir le corrigé complet

1. Ordre de grandeur de la distance d

La France métropolitaine s'étend sur environ 1000\text{ km} du nord au sud et d'est en ouest. La chaîne pyrénéenne et la chaîne alpine étant toutes deux situées dans la moitié sud de la France, la distance à vol d'oiseau entre le Pic du Midi et les Alpes françaises est de l'ordre de :

\boxed{d \approx 500\text{ km}}

2. Schéma et calcul de l'altitude h

En négligeant l'altitude du Pic du Midi, l'observateur se situe en un point P à la surface de la Terre de rayon R_T. La ligne d'horizon issue de P est la tangente à la sphère terrestre en ce point.

Soit A la position des Alpes à la surface terrestre, située à une distance d'arc d = R_T \theta. La verticale locale au-dessus des Alpes coupe la ligne d'horizon en un point H situé à l'altitude h au-dessus du sol (OH = R_T + h).

Le triangle OPH est rectangle en P. D'après le théorème de Pythagore :

\begin{aligned} OH^2 &= OP^2 + PH^2 \\ (R_T + h)^2 &= R_T^2 + PH^2 \\ R_T^2 + 2 R_T h + h^2 &= R_T^2 + PH^2 \end{aligned}

Comme d \ll R_T, l'angle au centre \theta = d/R_T \ll 1\text{ rad}. On a donc :

\begin{aligned} PH &= R_T \tan \theta \simeq R_T \theta = d \\ h &\ll R_T \implies h^2 \ll 2 R_T h \end{aligned}

L'équation se simplifie ainsi en :

2 R_T h \simeq d^2 \implies \boxed{h \simeq \frac{d^2}{2 R_T}}

Application numérique : avec d = 5 \times 10^5\text{ m} et R_T = 6{,}4 \times 10^6\text{ m},

h \simeq \frac{(5 \times 10^5)^2}{2 \times 6{,}4 \times 10^6} = \frac{25 \times 10^{10}}{12{,}8 \times 10^6} \simeq 2 \times 10^4\text{ m} = \boxed{20\text{ km}}

3. Visibilité des sylphes et du Mont-Blanc

  • Sylphes alpins : D'après le texte introductif, les sylphes se produisent à une altitude comprise entre 40\text{ km} et 80\text{ km}. Comme cette altitude est nettement supérieure à h \simeq 20\text{ km}, les sylphes se situent largement au-dessus de la ligne d'horizon géométrique : il est donc possible de les observer depuis le Pic du Midi sans réfraction atmosphérique.
  • Mont-Blanc : Le sommet du Mont-Blanc culmine à une altitude z_{\text{MB}} \simeq 4{,}8\text{ km}. Cette altitude étant bien inférieure à h \simeq 20\text{ km}, le sommet est masqué par la courbure terrestre : il n'est pas possible de voir le Mont-Blanc par beau temps sans effet de réfraction.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut justifier l'ordre de grandeur de la distance ainsi que la conclusion sur la visibilité en s'appuyant sur le schéma demandé.

« Les correcteurs attendent un raisonnement pour évaluer l’ordre de grandeur de la distance. De même, la conclusion de cette question (sylphes visibles ou non) doit être justifiée, le schéma demandé à cette même question pouvant être un appui précieux. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique ondulatoire › Modèle scalaire de la lumière et cohérence

Notions : détection optique, soustraction d'images

Montrer que l'analyse des deux images de la figure 4 prouve bien la détection d'un sylphe.

Voir l'indice

Comparer le rapport des intensités lumineuses (canal filtré à 761 nm sur canal visible) pour l'éclair ordinaire fourni dans le texte avec celui mesurable sur la zone isolée par le trait noir.

Voir la stratégie
  1. Analyser le principe de discrimination spectrale : le dioxygène troposphérique absorbe fortement la bande à 761\text{ nm} (bande A de \mathrm{O_2}), ce qui atténue considérablement les éclairs troposphériques vus depuis l'espace, tandis que le sylphe, émis à haute altitude (z > 40\text{ km}), n'est pas absorbé et présente un fort pic d'émission à cette longueur d'onde.
  2. Comparer quantitativement et qualitativement les niveaux d'intensité (en LSB) et la morphologie du signal sur les deux caméras pour conclure.
Voir la réponse courte

Analyse comparative de deux clichés successifs montrant une illumination transitoire caractéristique au-dessus du nuage d'orage.

Voir le corrigé complet

L'identification d'un sylphe repose sur la comparaison des signaux reçus par les deux caméras de l'ISS :

  • Filtrage à 761\text{ nm} et absorption troposphérique : Un éclair traditionnel prend naissance dans la basse troposphère (z \lesssim 10\text{--}15\text{ km}). Son rayonnement à 761\text{ nm} doit traverser la quasi-totalité de l'atmosphère pour atteindre l'ISS : il est donc fortement absorbé par le dioxygène \mathrm{O_2}. L'énoncé précise qu'un tel éclair sature la caméra visible à 836\text{ LSB}, mais ne produit que 30\text{ LSB} sur la caméra filtrée (rapport de l'ordre de 30).
  • Émission d'un sylphe en haute altitude : À l'inverse, un sylphe se développe dans la mésosphère (z \in [40, 80]\text{ km}), région au-dessus de laquelle l'atmosphère est extrêmement raréfiée en \mathrm{O_2} (l'absorption vers l'espace est quasi nulle). De surcroît, le spectre d'émission du sylphe (figure 2 de l'énoncé) présente une raie particulièrement intense précisément vers 762\text{ nm} (premier système positif de \mathrm{N_2}).
  • Analyse des images de la figure 4 :

    • Sur l'image visible (à droite), on distingue un éclair très étendu et saturé, à côté duquel un trait noir isole une structure secondaire plus diffuse et d'intensité modérée (de l'ordre de 200 à 400\text{ LSB}).
    • Sur l'image filtrée à 761\text{ nm} (à gauche), cette structure isolée ressort avec un contraste exceptionnel, atteignant des niveaux d'intensité très élevés (\sim 50\text{--}62\text{ LSB}, saturant l'échelle), alors qu'un éclair classique de cette intensité visible n'aurait produit qu'un signal résiduel inférieur à 10\text{--}15\text{ LSB}.

L'émission observée provient donc bien d'une décharge située au-dessus de la couche absorbante de dioxygène : il s'agit de la signature caractéristique d'un sylphe.

Voir ce qu'a relevé le jury

Les points sont attribués au raisonnement rigoureux menant à la conclusion et non à la simple affirmation de la présence d'un sylphe.

« Là encore, le candidat doit être précis dans son raisonnement. Les points ne sont pas attribués à la conclusion (sylphe présent), mais au raisonnement qui amène à cette conclusion. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Électrostatique

Notions : théorème de gauss, champ de gravitation

L'iss se situe à une altitude d'environ 400 km. Montrer en utilisant le théorème de Gauss, et moyennant certaines hypothèses que l'on précisera, que le champ gravitationnel qu'elle subit est de la forme :

où est le champ de pesanteur à la surface de la Terre.

Voir l'indice

Choisir une surface de Gauss sphérique de rayon r = R_T + h_{\text{ISS}} entourant la Terre à répartition sphérique de masse, puis identifier g_0 = \mathcal{G} M_T / R_T^2.

Voir la stratégie
  1. Énoncer les hypothèses de modélisation (symétrie sphérique de la Terre, assimilation de la pesanteur au champ gravitationnel).
  2. Exploiter les symétries pour déterminer la direction et les dépendances du champ de gravitation.
  3. Appliquer le théorème de Gauss pour la gravitation à travers une sphère concentrique de rayon r = R_T + h_{\text{ISS}}, puis exprimer le résultat en fonction de g_0.
Voir la réponse courte

Théorème de Gauss gravitationnel sur une sphère de rayon R_T+h_{\text{iss}} pour exprimer le champ en fonction de g_0 et h_{\text{iss}}/R_T.

Voir le corrigé complet

On formule les hypothèses suivantes :

  • La Terre est modélisée par une distribution de masse à symétrie sphérique, de centre O, de rayon R_T et de masse totale M_T.
  • On néglige la rotation propre de la Terre (terme axifuge) et l'influence des autres astres, de sorte que le champ de pesanteur se confond avec le champ gravitationnel.

Par symétrie sphérique de la distribution de masse, le champ gravitationnel \vec{G} en tout point repéré par ses coordonnées sphériques (r, \theta, \varphi) est purement radial et ne dépend que de la coordonnée radiale r :

\vec{G}(r) = -\,G(r)\,\vec{u}_r \quad \text{avec} \quad G(r) > 0

Par analogie avec l'électrostatique (où \frac{q_{\text{int}}}{\varepsilon_0} est remplacé par -4\pi \mathcal{G} M_{\text{int}}), le théorème de Gauss pour le champ gravitationnel à travers une sphère \mathcal{S} de rayon r \ge R_T centrée en O s'écrit :

\iint_{\mathcal{S}} \vec{G} \cdot \mathrm{d}\vec{S} = -4\pi \mathcal{G} M_{\text{int}}

Avec \mathrm{d}\vec{S} = \mathrm{d}S\,\vec{u}_r, le flux s'exprime par :

\iint_{\mathcal{S}} \vec{G} \cdot \mathrm{d}\vec{S} = -\,G(r) \iint_{\mathcal{S}} \mathrm{d}S = -\,4\pi r^2 G(r)

La sphère \mathcal{S} contenant l'intégralité de la masse terrestre pour r \ge R_T, on a M_{\text{int}} = M_T. On en déduit :

-\,4\pi r^2 G(r) = -\,4\pi \mathcal{G} M_T \implies G(r) = \frac{\mathcal{G} M_T}{r^2}

À la surface de la Terre (r = R_T), l'intensité de la pesanteur vaut :

g_0 = G(R_T) = \frac{\mathcal{G} M_T}{R_T^2}

À l'altitude de l'ISS, la distance au centre de la Terre est r = R_T + h_{\text{ISS}}. L'intensité du champ gravitationnel s'écrit donc :

G_{\text{ISS}} = \frac{\mathcal{G} M_T}{(R_T + h_{\text{ISS}})^2} = \frac{\mathcal{G} M_T}{R_T^2\left(1 + \frac{h_{\text{ISS}}}{R_T}\right)^2}

soit finalement :

\boxed{G_{\text{ISS}} = g_0 \left(1 + \frac{h_{\text{ISS}}}{R_T}\right)^{-2}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le théorème de Gauss exige une surface fermée, l'étude des symétries et invariances, ainsi qu'une attention particulière au signe.

« Le théorème de Gauss pour la gravitation est souvent faux (avec notamment une erreur de signe dans son énoncé). La surface de Gauss doit être fermée. L’analyse des invariances et des symétries a souvent été oubliée. »

« Les correcteurs ont remarqué un manque de rigueur et d’honnêteté sur cette question, les candidats voulant à tout prix aboutir au résultat donné dans l’énoncé. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Mécanique › Mouvement dans un champ de force centrale

Notions : orbite circulaire, vitesse orbitale

Après avoir montré qu'elle est constante, déterminer l'expression de la norme de la vitesse de l'iss sur son orbite circulaire. Calculer sa valeur numérique en .

Voir l'indice

Appliquer le principe fondamental de la dynamique à l'ISS dans le référentiel géocentrique supposé galiléen ; projeter sur la base de Frenet pour prouver que l'accélération tangentielle est nulle.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la deuxième loi de Newton à la station spatiale dans le référentiel géocentrique supposé galiléen.
  2. Projeter la relation vectorielle dans la base de Frenet associée à la trajectoire circulaire pour prouver que la composante tangentielle de l'accélération s'annule, ce qui assure la constance de la vitesse.
  3. Exprimer v_{\text{iss}} à partir de la composante normale de l'accélération et réaliser l'application numérique avec un seul chiffre significatif comme imposé par l'énoncé.
Voir la réponse courte

Deuxième loi de Newton en base de Frenet : accélération normale v^2/r = G_{\text{iss}}, d'où v_{\text{iss}} \simeq 7{,}7\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

On étudie la station spatiale internationale (\text{iss}), assimilée à un point matériel de masse m, dans le référentiel géocentrique supposé galiléen sur la durée d'une révolution.

La seule force modélisée est la force gravitationnelle exercée par la Terre, de centre O :

\vec{F} = m \vec{G}_{\text{iss}}

Le mouvement étant circulaire de rayon r = R_T + h_{\text{iss}}, introduisons la base de Frenet (\vec{u}_t, \vec{u}_n), où \vec{u}_t est tangent à l'orbite orienté dans le sens du mouvement et \vec{u}_n est le vecteur unitaire normal orienté vers le centre de la trajectoire O. Dans cette base, l'accélération de l'iss s'écrit :

\vec{a} = \frac{\mathrm{d}v_{\text{iss}}}{\mathrm{d}t} \vec{u}_t + \frac{v_{\text{iss}}^2}{r} \vec{u}_n

La force gravitationnelle étant purement attractive et dirigée vers le centre O, elle est colinéaire à la normale :

\vec{F} = m G_{\text{iss}} \vec{u}_n

D'après la deuxième loi de Newton, m\vec{a} = \vec{F}, d'où :

\begin{aligned} m \frac{\mathrm{d}v_{\text{iss}}}{\mathrm{d}t} &= 0 \quad (\text{selon } \vec{u}_t) \\ m \frac{v_{\text{iss}}^2}{r} &= m G_{\text{iss}} \quad (\text{selon } \vec{u}_n) \end{aligned}

La première composante donne immédiatement \frac{\mathrm{d}v_{\text{iss}}}{\mathrm{d}t} = 0, ce qui démontre que la norme de la vitesse v_{\text{iss}} est constante au cours du temps (le mouvement est circulaire uniforme).

À l'aide du résultat de la question Q4, G_{\text{iss}} = g_0 \left(1 + \frac{h_{\text{iss}}}{R_T}\right)^{-2} = g_0 \frac{R_T^2}{r^2}. La projection selon \vec{u}_n conduit à :

\frac{v_{\text{iss}}^2}{r} = g_0 \frac{R_T^2}{r^2} \implies v_{\text{iss}} = R_T \sqrt{\frac{g_0}{r}} = R_T \sqrt{\frac{g_0}{R_T + h_{\text{iss}}}}

On peut également l'écrire sous la forme :

\boxed{v_{\text{iss}} = \sqrt{\frac{g_0 R_T}{1 + \frac{h_{\text{iss}}}{R_T}}}}

Application numérique : Avec g_0 = 9,8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}, R_T = 6,4 \times 10^3\text{ km} = 6,4 \times 10^6\text{ m} et h_{\text{iss}} = 400\text{ km} = 0,4 \times 10^6\text{ m} (soit r = 6,8 \times 10^6\text{ m}) :

\begin{aligned} v_{\text{iss}} &= 6,4 \times 10^6 \times \sqrt{\frac{9,8}{6,8 \times 10^6}} \approx 6,4 \times 10^6 \times \sqrt{1,44 \times 10^{-6}} \\ &= 6,4 \times 10^6 \times 1,2 \times 10^{-3} \approx 7,7 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 7,7\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

En respectant la consigne d'un unique chiffre significatif :

\boxed{v_{\text{iss}} \simeq 8\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut poser l'hypothèse de trajectoire circulaire pour justifier la vitesse constante et ne pas confondre champ et constante de gravitation.

« De nombreux candidats oublient d’affirmer l’hypothèse de trajectoire circulaire, pourtant nécessaire pour avoir une vitesse constante. »

« Les candidats doivent être rigoureux dans l’expression des grandeurs physiques (flèches sur les vecteurs, signes). Les correcteurs ont remarqué des confusions entre le champ de gravitation et la constante de gravitation. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Mécanique › Mouvement dans un champ de force centrale

Notions : période de révolution, loi de kepler

Déterminer l'expression de la période de révolution de l'iss autour de la Terre et faire le lien avec la troisième loi de Képler.

Voir l'indice

Relier la période T_{\text{ISS}} à la vitesse v_{\text{ISS}} et au rayon de l'orbite R_T + h_{\text{ISS}}, puis retrouver le rapport constant du demi-grand axe au cube sur la période au carré.

Voir la réponse courte

Calcul de T_{\text{iss}} = 2\pi r/v_{\text{iss}} et vérification de la troisième loi de Kepler T^2/r^3 = 4\pi^2/(g_0 R_T^2).

Voir le corrigé complet

Sur une orbite circulaire de rayon r = R_T + h_{\text{iss}}, le mouvement de l'ISS s'effectue à la vitesse constante v_{\text{iss}}. La période de révolution T_{\text{iss}} correspond à la durée nécessaire pour parcourir le périmètre 2\pi r :

T_{\text{iss}} = \frac{2\pi (R_T + h_{\text{iss}})}{v_{\text{iss}}}

En utilisant l'expression de v_{\text{iss}} établie à la question précédente :

v_{\text{iss}} = R_T \sqrt{\frac{g_0}{R_T + h_{\text{iss}}}}

on obtient :

T_{\text{iss}} = 2\pi (R_T + h_{\text{iss}}) \times \frac{1}{R_T} \sqrt{\frac{R_T + h_{\text{iss}}}{g_0}} = 2\pi \sqrt{\frac{(R_T + h_{\text{iss}})^3}{g_0 R_T^2}}
\boxed{T_{\text{iss}} = \frac{2\pi}{R_T \sqrt{g_0}} \, (R_T + h_{\text{iss}})^{3/2}}

Élevons cette relation au carré :

\frac{T_{\text{iss}}^2}{(R_T + h_{\text{iss}})^3} = \frac{4\pi^2}{g_0 R_T^2} = \frac{4\pi^2}{\mathcal{G} M_T} = \text{cte}

Le rayon de l'orbite circulaire s'identifiant au demi-grand axe a = R_T + h_{\text{iss}}, on retrouve bien l'énoncé de la troisième loi de Kepler : le rapport du carré de la période de révolution au cube du demi-grand axe est une constante ne dépendant que de la masse du corps attracteur.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à rappeler que la vitesse est constante avant d'écrire qu'elle est égale à la distance parcourue divisée par le temps de parcours.

« Il est bienvenue de rappeler que la vitesse est constante pour affirmer que la vitesse est le rapport de la distance parcourue sur le temps de parcours. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 7

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Mécanique › Cinématique et dynamique du point

Notions : cinématique du point, ordre de grandeur

Les deux microcaméras de l'iss ont pour objectif d'enregistrer, lors d'un passage au-dessus d'un orage, la totalité de l'évolution d'un sylphe. Commenter la possibilité et la précision de ces enregistrements. On justifiera les réponses de façon numérique.

Voir l'indice

Calculer la distance franchie par l'ISS à la vitesse v_{\text{ISS}} durant la durée caractéristique d'un sylphe (quelques centaines de millisecondes) et la comparer au champ de vue de la caméra.

Voir la stratégie
  1. Évaluer le temps pendant lequel une zone orageuse reste dans le champ de vision des caméras à partir de la vitesse v_{\text{iss}} et des dimensions observables sur la figure 4, puis comparer ce temps à la durée de vie typique d'un sylphe pour statuer sur la possibilité de l'enregistrement.
  2. Quantifier le déplacement de l'ISS pendant l'émission lumineuse et le comparer à la résolution spatiale du capteur pour discuter la précision spatiale (effet de filé ou flou de bougé) et temporelle.
Voir la réponse courte

Comparaison entre le déplacement de l'ISS pendant la durée très brève du sylphe et le champ de vue des caméras.

Voir le corrigé complet

1. Possibilité d'enregistrer la totalité de l'évolution :

  • D'après le préambule du sujet, un sylphe a une durée de vie typique de quelques centaines de millisecondes, soit \tau \sim 0{,}2\text{ s} à 0{,}3\text{ s}.
  • Les axes de la figure 4 indiquent que le champ de vision des microcaméras au niveau de la zone observée est d'environ L \approx 20\text{ km}.
  • L'ISS se déplaçant à la vitesse v_{\text{iss}} \simeq 8\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} (d'après la question Q5), la durée pendant laquelle un point donné reste dans le champ de visée verticale est :

    \Delta t_{\text{champ}} = \frac{L}{v_{\text{iss}}} \simeq \frac{20\text{ km}}{8\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}} \approx 2{,}5\text{ s} \approx 3\text{ s}

    Puisque \tau \ll \Delta t_{\text{champ}}, le sylphe a largement le temps d'apparaître et de s'éteindre complètement dans le champ de la caméra : l'enregistrement de la totalité de son évolution est tout à fait possible.

2. Précision des enregistrements :

  • Précision spatiale et flou de bougé : pendant la durée de vie du sylphe (\tau \sim 0{,}2\text{ s}), l'ISS parcourt une distance :

    \Delta x = v_{\text{iss}} \times \tau \simeq 8\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} \times 0{,}2\text{ s} \approx 2\text{ km}

    Sur la figure 4, le champ de 20\text{ km} correspond à environ 40\text{ pixels} (entre les abscisses 10 et 50), ce qui donne une résolution pixel au sol de :

    \delta x_{\text{pix}} \approx \frac{20\text{ km}}{40\text{ pixels}} = 0{,}5\text{ km}\cdot\text{pixel}^{-1}

    Le déplacement de l'ISS pendant l'événement correspond donc à un glissement de l'ordre de :

    \frac{\Delta x}{\delta x_{\text{pix}}} \approx \frac{2\text{ km}}{0{,}5\text{ km}\cdot\text{pixel}^{-1}} \approx 4\text{ pixels}

    Ce déplacement entraîne un flou de mouvement non négligeable si l'exposition est intégrée sur toute la durée du phénomène. En revanche, pour des temps de pose usuels de caméras rapides (\Delta t_{\text{pose}} \lesssim 20\text{ ms}), le déplacement par trame n'est que de \sim 0{,}16\text{ km} < \delta x_{\text{pix}}, garantissant une bonne netteté image par image.

  • Précision temporelle : à une cadence vidéo standard (par exemple 25 à 50 images par seconde), un phénomène de 200\text{ ms} est échantillonné sur 5 à 10 images, ce qui permet de suivre la dynamique globale mais reste insuffisant pour analyser la phase de déclenchement ultra-rapide (qui se produit sur quelques millisecondes).
Voir ce qu'a relevé le jury

Une analyse quantitative du déplacement de l'ISS était attendue, tout comme la prise en compte de la résolution spatiale liée au pixel.

« De nombreux candidats ont compris, en faisant le lien avec la question précédente, qu’une des difficultés de l’enregistrement d’un sylphe par l’ISS est due au déplacement de l’ISS. Il est nécessaire d’être quantitatif pour pouvoir conclure. »

« Peu de candidats ont également mentionné le problème de la résolution spatiale avec la détermination de la taille du pixel. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique des fluides › Statique des fluides

Notions : statique des fluides, atmosphère isotherme

Rappeler, sans démonstration, l'expression vectorielle de la loi de la statique d'un fluide de masse volumique . Montrer que la pression atmosphérique obéit à l'équation différentielle suivante :

où est une distance caractéristique que l'on exprimera en fonction de , , et . Évaluer numériquement en kilomètres avec un seul chiffre significatif. En décomposant la fonction , on peut écrire en introduisant les constantes , et à condition de poser .

Voir l'indice

Écrire \vec{\nabla} P = \mu \vec{g}(z) avec g(z) = g_0 (1 + z/R_T)^{-2} et la loi des gaz parfaits \mu = P M / (R T(z)) ; regrouper les termes pour faire apparaître H = R T_0 / (M g_0).

Voir la réponse courte

Équation \mathrm{d}P/\mathrm{d}z = -\mu g(z) avec la loi des gaz parfaits et g(z) dépendant de l'altitude, introduisant la hauteur d'échelle H.

Voir le corrigé complet

Dans un référentiel galiléen (ou en négligeant les forces d'inertie), la loi fondamentale de la statique des fluides s'écrit sous forme vectorielle :

\boxed{\vec{\mathrm{grad}}\, P = \mu \, \vec{g}}

où \mu est la masse volumique du fluide et \vec{g} le champ de pesanteur (ici assimilé au seul champ gravitationnel terrestre).

En choisissant un axe vertical ascendant Oz d'origine au sol (z=0), le champ gravitationnel est dirigé vers le centre de la Terre : \vec{g}(z) = - g(z)\,\vec{e}_z. D'après le résultat établi à la question 4, le champ de pesanteur à l'altitude z s'exprime par :

g(z) = \frac{g_0}{\left(1 + \dfrac{z}{R_T}\right)^2}

La projection de la loi de la statique des fluides sur l'axe Oz donne alors :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = -\mu(z)\, g(z)

L'atmosphère étant assimilée à un gaz parfait de masse molaire M, l'équation d'état s'écrit P = \dfrac{\mu}{M} R T, soit :

\mu(z) = \frac{M P(z)}{R T(z)}

En introduisant la loi de température T(z) = T_0 \left(1 - \dfrac{z}{\ell}\right), il vient :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = - \frac{M g_0}{R T_0} \frac{1}{\left(1 - \dfrac{z}{\ell}\right)\left(1 + \dfrac{z}{R_T}\right)^2} P(z)

On obtient bien la forme demandée :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = -F(z)\frac{P}{H} \quad \text{avec} \quad F(z) = \frac{1}{\left(1 - \dfrac{z}{\ell}\right)\left(1 + \dfrac{z}{R_T}\right)^2}

où la hauteur caractéristique de l'atmosphère isotherme au sol est :

\boxed{H = \frac{R T_0}{M g_0}}

Application numérique : Avec R = 8,3\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}, T_0 = 290\text{ K}, M = 29\times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} et g_0 = 9,8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} :

H = \frac{8,3 \times 290}{29 \times 10^{-3} \times 9,8} = \frac{8,3 \times 10^4}{9,8} \simeq 8,5 \times 10^3\text{ m}

Avec un seul chiffre significatif demandé :

\boxed{H = 8\text{ km}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention aux signes et aux notations vectorielles dans la loi de la statique des fluides, ainsi qu'aux unités lors du calcul numérique.

« Trop de candidats manquent de rigueur dans l’énoncé du théorème de la statique des fluides : problème de signes, flèches sur les vecteurs. L’application numérique n’a pas toujours été honnête, attention aux unités notamment pour la masse molaire. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 9

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique des fluides › Statique des fluides

Notions : statique des fluides, intégration

Montrer que dans les conditions du problème on peut prendre , et . Montrer que la pression dans l'atmosphère est alors donnée par :

dans laquelle on précisera l'expression des quantités et en fonction de , et .

Voir l'indice

Effectuer un développement limité au premier ordre en \epsilon = \ell/R_T \ll 1 pour déterminer les coefficients, puis intégrer séparément chaque terme de la fraction rationnelle après séparation des variables.

Voir la stratégie
  1. Évaluer le paramètre sans dimension \epsilon = \ell/R_T pour justifier les approximations à l'ordre le plus bas en \epsilon.
  2. Réécrire la forme simplifiée de F(z) et intégrer l'équation différentielle à variables séparables \frac{\mathrm{d}P}{P} = -\frac{F(z)}{H}\,\mathrm{d}z entre 0 et z.
  3. Identifier par identification directe les expressions de \xi et \chi.
Voir la réponse courte

Intégration de l'équation différentielle après décomposition en éléments simples approchée pour obtenir le profil P(z).

Voir le corrigé complet

1. Justification des approximations sur les coefficients

Le paramètre sans dimension \epsilon vaut :

\epsilon = \frac{\ell}{R_T} = \frac{50\text{ km}}{6,4 \times 10^3\text{ km}} \simeq 7,8 \times 10^{-3} \ll 1

Au premier ordre en \epsilon, on a :

\begin{aligned} \alpha &= \frac{1}{1 + 2\epsilon + \epsilon^2} \simeq 1 - 2\epsilon \simeq 1 \\ \beta &= \alpha\,\epsilon\,(2 + \epsilon) \simeq 1 \times \epsilon \times 2 = 2\epsilon \\ \gamma &= \frac{\alpha\,\epsilon}{R_T} \simeq \frac{\epsilon}{R_T} \end{aligned}

On retrouve bien les formes proposées :

\boxed{\alpha \simeq 1 \quad ; \quad \beta \simeq 2\epsilon \quad ; \quad \gamma \simeq \frac{\epsilon}{R_T}}

2. Établissement de la loi de pression P(z)

Avec ces approximations, la fonction F(z) s'écrit :

F(z) \simeq \frac{1}{1 - z/\ell} + \epsilon\,\frac{2 + z/R_T}{(1 + z/R_T)^2}

D'après la question Q8, \frac{\mathrm{d}P}{P} = -\frac{F(z)}{H}\,\mathrm{d}z. En intégrant entre la surface (z = 0, où P(0) = P_0) et l'altitude z :

\ln\left(\frac{P(z)}{P_0}\right) = -\frac{1}{H} \int_0^z F(z')\,\mathrm{d}z'

Calculons séparément les deux termes de l'intégrale :

  • Premier terme :

    \int_0^z \frac{\mathrm{d}z'}{1 - z'/\ell} = \left[-\ell \ln(1 - z'/\ell)\right]_0^z = -\ell \ln\left(1 - \frac{z}{\ell}\right)
  • Second terme, en posant u = z'/R_T (d'où \mathrm{d}z' = R_T\,\mathrm{d}u) :

    \begin{aligned} \int_0^z \epsilon\,\frac{2 + z'/R_T}{(1 + z'/R_T)^2}\,\mathrm{d}z' &= \epsilon R_T \int_0^{z/R_T} \frac{1 + (1+u)}{(1+u)^2}\,\mathrm{d}u \\ &= \ell \int_0^{z/R_T} \left(\frac{1}{1+u} + \frac{1}{(1+u)^2}\right)\mathrm{d}u \\ &= \ell \left[\ln(1+u) - \frac{1}{1+u}\right]_0^{z/R_T} \\ &= \ell \ln\left(1 + \frac{z}{R_T}\right) + \ell\left(1 - \frac{1}{1 + z/R_T}\right) \\ &= \ell \ln\left(1 + \frac{z}{R_T}\right) + \frac{\ell}{R_T}\frac{z}{1 + z/R_T} \end{aligned}

En sommant ces deux contributions :

\int_0^z F(z')\,\mathrm{d}z' = -\ell \ln\left(\frac{1 - z/\ell}{1 + z/R_T}\right) + \frac{\ell}{R_T}\frac{z}{1 + z/R_T}

Il vient ainsi :

\ln\left(\frac{P(z)}{P_0}\right) = \frac{\ell}{H} \ln\left(\frac{1 - z/\ell}{1 + z/R_T}\right) - \frac{\ell}{H R_T}\frac{z}{1 + z/R_T}

En prenant l'exponentielle :

P(z) = P_0 \left(\frac{1 - z/\ell}{1 + z/R_T}\right)^{\ell/H} \exp\left[-\frac{z}{\left(\frac{H R_T}{\ell}\right)(1 + z/R_T)}\right]

Par identification avec l'équation (1) de l'énoncé :

\boxed{\xi = \frac{\ell}{H} \quad \text{et} \quad \chi = \frac{H R_T}{\ell}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Cette question calculatoire ne peut pas être justifiée par une simple analyse dimensionnelle.

« Question calculatoire. Une justification par analyse dimensionnelle n’est pas recevable. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 10

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique des fluides › Statique des fluides

Notions : statique des fluides, approximation

Quelle expression simplifiée de proposeriez-vous à la lumière de l'expression précédente et des valeurs des grandeurs engagées dans celle-ci ? À quoi cela revient-il à faire ?

Voir l'indice

Examiner l'ordre de grandeur de z/R_T devant 1 pour z \le 50\text{ km}, ce qui permet de négliger la variation de la pesanteur avec l'altitude (g(z) \simeq g_0).

Voir la stratégie
  1. Évaluer les ordres de grandeur des termes intervenant dans l'équation (1) pour z \le \ell = 50\text{ km} en s'appuyant sur les valeurs de R_T, \ell et H.
  2. Identifier les termes négligeables pour simplifier l'expression de P(z).
  3. Remonter à l'équation différentielle initiale de la statique des fluides pour expliciter l'hypothèse physique sous-jacente.
Voir la réponse courte

En négligeant z/R_T et z/\ell, on retrouve le modèle exponentiel classique d'une atmosphère isotherme à pesanteur constante P(z) = P_0 e^{-z/H}.

Voir le corrigé complet

D'après les questions précédentes, on a R_T = 6{,}4 \times 10^3\text{ km}, \ell = 50\text{ km} et H \simeq 8{,}5\text{ km} (soit H \simeq 8\text{ km} avec un chiffre significatif).

Les grandeurs introduites à la question Q9 valent numériquement :

\begin{aligned} \xi &= \frac{\ell}{H} \simeq \frac{50}{8{,}5} \simeq 6 \\ \chi &= \frac{H R_T}{\ell} \simeq \frac{8{,}5 \times 6{,}4 \times 10^3}{50} \simeq 1{,}1 \times 10^3\text{ km} \end{aligned}

Pour toute altitude z du domaine de validité (0 \le z < \ell = 50\text{ km}) :

  • Le terme géométrique vérifie \frac{z}{R_T} \le \frac{\ell}{R_T} \simeq 8 \times 10^{-3} \ll 1, donc 1 + \frac{z}{R_T} \simeq 1.
  • L'argument de l'exponentielle vérifie \frac{z}{\chi\left(1 + z/R_T\right)} \le \frac{\ell}{\chi} = \frac{\ell^2}{H R_T} \simeq \frac{50}{1{,}1 \times 10^3} \simeq 0{,}045 \ll 1, ce qui permet d'approcher l'exponentielle par 1 :

    \exp\left[ -\frac{z}{\chi\left(1 + z/R_T\right)} \right] \simeq 1

En injectant ces approximations dans l'équation (1), on propose l'expression simplifiée suivante :

\boxed{P(z) \simeq P_0 \left(1 - \frac{z}{\ell}\right)^{\ell/H}}

Interprétation physique :

Cette simplification revient à considérer le champ de pesanteur uniforme dans l'atmosphère :

g(z) = g_0 \left(1 + \frac{z}{R_T}\right)^{-2} \simeq g_0

En effet, avec g(z) = g_0, la loi de la statique des fluides et celle des gaz parfaits donnent :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = - \frac{P M g_0}{R T(z)} = - \frac{P}{H\left(1 - z/\ell\right)}

Par intégration directe entre 0 et z avec P(0) = P_0 :

\ln\left(\frac{P(z)}{P_0}\right) = \frac{\ell}{H} \ln\left(1 - \frac{z}{\ell}\right) \implies P(z) = P_0 \left(1 - \frac{z}{\ell}\right)^{\ell/H}

On retrouve rigoureusement l'expression simplifiée proposée.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait mener à terme le développement limité sans tenter de retrouver la formule de l'atmosphère isotherme, hors sujet ici.

« Il s’agit de faire un développement limité de l’expression précédente. De nombreux candidats ne sont pas allés au bout de la démarche. Trop de candidats ont voulu retrouver l’expression de la pression dans le cas de l’atmosphère isotherme, qui n’est pas le système étudié ici. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique des fluides › Statique des fluides

Notions : profil thermique de l'atmosphère, couche d'ozone

Pour quelle raison principale, le modèle étudié cesse-t-il d'être correct à partir d'une altitude de l'ordre de alors qu'il est censé fonctionner potentiellement jusqu'à ?

Voir l'indice

Penser au profil thermique réel de l'atmosphère terrestre : le gradient de température s'annule à la tropopause (vers 11–15 km) puis la température remonte dans la stratosphère en raison de la couche d'ozone.

Voir la stratégie

Pour identifier la limite de validité du modèle, examinons les hypothèses physiques formulées au préambule :

  1. L'approximation des gaz parfaits et la statique des fluides restent parfaitement valables à basse pression dans cette gamme d'altitudes.
  2. L'hypothèse la plus contraignante porte sur le profil thermique T(z) = T_0 \left(1 - \frac{z}{\ell}\right), qui postule une diminution linéaire continue de la température jusqu'à \ell = 50\text{ km}.
Voir la réponse courte

Au-delà de la tropopause, l'inversion de température dans la stratosphère due à l'absorption du rayonnement UV par l'ozone invalide le modèle.

Voir le corrigé complet

La raison principale de l'échec du modèle au-delà de z \approx 20\text{ km} réside dans la loi d'évolution de la température adoptée :

T(z) = T_0\left(1 - \frac{z}{\ell}\right)
  • Dans la troposphère (de 0 à 10\text{--}15\text{ km} environ), la température décroît effectivement de manière quasi linéaire avec l'altitude selon un gradient thermique d'environ :

    \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z} = -\frac{T_0}{\ell} = -\frac{290}{50\times 10^3} \approx -5,8\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}

    ce qui modélise convenablement la réalité (gradient standard d'environ -6,5\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}).

  • En revanche, au-delà de la tropopause (z \gtrsim 12\text{--}20\text{ km} selon la latitude), on entre dans la stratosphère. Dans cette couche, sous l'effet de l'absorption du rayonnement ultraviolet solaire par l'ozone (\mathrm{O}_3), la température cesse de diminuer : elle devient d'abord isotherme puis croît avec l'altitude jusqu'à la stratopause située vers 50\text{ km} (où elle remonte jusqu'à environ 270\text{ K}).

Le profil de température décroissant T(z) imposé par le modèle est donc en contradiction totale avec la structure thermique réelle de la stratosphère, ce qui explique l'écart majeur visible sur la figure 5 pour z > 20\text{ km}.

Signaler une erreurSommaire

Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique des fluides › Statique des fluides ; Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux

Notions : loi de dalton, absorption

Discuter la possibilité d'observation des sylphes en lien avec la pression partielle en dioxygène depuis la Terre et depuis l'iss.

Voir l'indice

Relier l'absorption optique à la quantité intégrée de molécules absorbantes sur la ligne de visée : celle-ci est bien plus faible pour une visée descendante depuis l'ISS que depuis le sol.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la pression partielle en dioxygène P_{\mathrm{O}_2}(z) = x_{\mathrm{O}_2} P(z) et estimer sa décroissance avec l'altitude à partir des résultats précédents et de la figure 5.
  2. Discuter les conditions d'observation depuis le sol en reliant la colonne de dioxygène traversée à l'absorption résonante autour de 762\text{ nm}.
  3. Analyser les conditions d'observation depuis l'ISS en considérant la colonne d'atmosphère située entre le sylphe (z \ge 40\text{ km}) et la station (h_{\text{ISS}} \simeq 400\text{ km}).
Voir la réponse courte

La pression partielle d'oxygène décroissant exponentiellement avec l'altitude, l'absorption optique est minime vers le haut (ISS) mais prohibitive depuis le sol.

Voir le corrigé complet

La pression partielle en dioxygène à l'altitude z s'écrit :

P_{\mathrm{O}_2}(z) = x_{\mathrm{O}_2} P(z) \quad \text{avec} \quad x_{\mathrm{O}_2} = 0{,}20

1. Observation depuis la Terre :

  • Au sol (z = 0), la pression partielle vaut P_{\mathrm{O}_2}(0) \simeq 0{,}2\text{ bar} = 2 \times 10^4\text{ Pa}.
  • La lumière émise par un sylphe (situé entre 40 et 80\text{ km} d'altitude) doit traverser la totalité des basses couches atmosphériques pour atteindre un observateur au sol. Or, la quasi-totalité de la masse d'air (> 99\,\%) se concentre en dessous de 30\text{ km}.
  • La bande d'absorption du dioxygène moléculaire \mathrm{O}_2 à \lambda \simeq 762\text{ nm} (bande A atmosphérique) est très intense : sur un tel trajet optique dense, le coefficient de transmission chute drastiquement (visible sur le creux très marqué à 762\text{ nm} de la figure 2, où la transmission s'effondre).
  • L'observation depuis la Terre dans cette bande spectrale est donc considérablement atténuée, sans compter la présence fréquente de la couverture nuageuse orageuse masquant la vue directe.

2. Observation depuis l'ISS :

  • L'ISS se déplace à une altitude h_{\mathrm{ISS}} \simeq 400\text{ km} et observe selon la verticale vers le bas.
  • Entre le sommet du sylphe (environ 80\text{ km}) ou sa base (40\text{ km}) et l'ISS, la pression est extrêmement faible. D'après la courbe expérimentale de la figure 5, à z = 40\text{ km}, la pression vaut P \lesssim 0{,}3\text{ kPa} = 300\text{ Pa}, soit :

    P_{\mathrm{O}_2}(40\text{ km}) \lesssim 60\text{ Pa} \sim 3\times 10^{-4}\, P_{\mathrm{O}_2}(0)

    À z = 80\text{ km}, elle devient inférieure à 1\text{ Pa}.

  • La quantité intégrée de dioxygène présente sur la ligne de visée entre le sylphe et l'ISS est donc négligeable (raréfaction extrême du gaz). L'absorption à 762\text{ nm} le long de ce trajet est quasi inexistante.
\boxed{\text{L'absorption par }\mathrm{O}_2\text{ à }762\text{ nm rend l'observation au sol très difficile, tandis que le vide relatif au-dessus de }40\text{ km la rend optimale depuis l'ISS.}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Partie II : Une atmosphère électrique

Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux ; Mécanique › Mouvement d'une particule chargée dans E et B

Notions : force de lorentz, onde électromagnétique

Montrer que la contribution magnétique de la force de Lorentz sur l'électron est négligeable devant la contribution électrique de cette même force.

Voir l'indice

Exprimer le rapport des amplitudes des forces F_{\text{mag}} / F_{\text{él}} = v B / E = v/c grâce à la structure de l'onde plane progressive monochromatique dans le vide, et invoquer le caractère non relativiste des électrons.

Voir la réponse courte

Avec la relation de structure E = c B, le rapport v B / E \sim v/c \ll 1 justifie de négliger la composante magnétique de la force de Lorentz.

Voir le corrigé complet

La force de Lorentz subie par un électron de charge q = -e et de vitesse \vec{v} sous l'action du champ électromagnétique (\vec{E}, \vec{B}) de l'onde s'écrit :

\vec{F} = -e\left(\vec{E} + \vec{v}\wedge\vec{B}\right) = \vec{F}_e + \vec{F}_m

où \vec{F}_e = -e\vec{E} est la composante électrique et \vec{F}_m = -e(\vec{v}\wedge\vec{B}) est la composante magnétique.

Pour une onde électromagnétique plane progressive, l'équation de Maxwell-Faraday \vec{\operatorname{rot}}\vec{E} = -\dfrac{\partial \vec{B}}{\partial t} impose :

\vec{k} \wedge \vec{E} = \omega \vec{B} \implies B \sim \frac{k}{\omega} E = \frac{E}{v_\varphi}

où v_\varphi = \omega/k est la vitesse de phase de l'onde dans le milieu, de l'ordre de grandeur de c (ou supérieure à c dans un plasma). L'ordre de grandeur du champ magnétique est donc :

B \sim \frac{E}{c}

Le rapport des normes entre la force magnétique et la force électrique est alors majoré par :

\frac{\|\vec{F}_m\|}{\|\vec{F}_e\|} = \frac{\|-e\,\vec{v}\wedge\vec{B}\|}{\|-e\,\vec{E}\|} \le \frac{v B}{E} \sim \frac{v}{c}

L'énoncé stipule que les déplacements des électrons sont non relativistes, c'est-à-dire que v \ll c. On en déduit :

\boxed{\frac{\|\vec{F}_m\|}{\|\vec{F}_e\|} \ll 1}

La contribution magnétique de la force de Lorentz est donc tout à fait négligeable devant sa contribution électrique.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'expression de la force de Lorentz sur une particule chargée doit être parfaitement connue.

« Certains candidats ne connaissent pas l’expression de la force de Lorentz sur une particule chargée. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux

Notions : modèle de drude, conductivité électrique

Justifier le fait que la contribution des ions au courant électrique est négligeable devant celle des électrons. Déterminer la relation qui existe entre la représentation complexe du champ électrique de l'onde électromagnétique et celle de la densité volumique de courant qui résulte de l'interaction entre l'électron et . Donner l'expression de la conductivité complexe du plasma et commenter cette expression en terme de puissance transférée.

Voir l'indice

Utiliser le principe fondamental de la dynamique en régime sinusoïdal permanent pour relier la vitesse des électrons à \vec{E}, puis calculer \vec{j} = -n e \vec{v} et commenter le déphasage de \pi/2 (conductivité imaginaire pure, puissance dissipée par effet Joule nulle en moyenne).

Voir la stratégie
  1. Comparer les mobilités ou accélérations des ions et des électrons sous l'action du champ électrique pour justifier la prépondérance du courant électronique.
  2. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à un électron soumis au champ électrique \vec{E} en régime sinusoïdal (avec la dépendance en \mathrm{e}^{i\omega t}), puis exprimer la densité volumique de courant \underline{\vec{j}} = -n e \underline{\vec{v}}.
  3. Identifier la conductivité complexe \underline{\sigma}_{\mathrm{p}} (notée également \underline{\gamma}_{\mathrm{p}}) via la loi d'Ohm locale \underline{\vec{j}} = \underline{\gamma}_{\mathrm{p}} \underline{\vec{E}}, puis calculer la puissance volumique moyenne cédée par l'onde pour conclure sur les transferts énergétiques.
Voir la réponse courte

PFD sur l'électron en régime sinusoïdal pour trouver \vec{j} = \sigma_p \vec{E} avec \sigma_p imaginaire pur, impliquant une dissipation moyenne nulle.

Voir le corrigé complet

1. Négligence de la contribution des ions au courant électrique
Sous l'action du champ électrique \vec{E}, l'accélération subie par une particule de charge q et de masse m est \vec{a} = \frac{q}{m}\vec{E}. La masse d'un ion (constitué au minimum d'un proton ou d'une molécule d'air ionisée, \mathrm{N}_2^+ ou \mathrm{O}_2^+) vérifie m_{\mathrm{ion}} \ge m_p \simeq 1\,800\, m_e. À charges comparables (|q| \sim e), l'accélération et donc la vitesse acquise par les ions sont plus de 10^3 fois plus faibles que celles des électrons :

\|\vec{j}_{\mathrm{ions}}\| \sim \frac{m_e}{m_{\mathrm{ion}}} \|\vec{j}_e\| \ll \|\vec{j}_e\|

Le courant électrique est donc très largement dominé par le mouvement des électrons.

2. Relation entre \underline{\vec{E}} et \underline{\vec{j}}
Dans le référentiel terrestre supposé galiléen, le principe fondamental de la dynamique appliqué à un électron (de masse m_e, de charge q = -e, le poids et les chocs étant négligés conformément à l'énoncé) soumis à la seule force électrique s'écrit :

m_e \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = -e\vec{E}

En représentation complexe avec une dépendance temporelle en \exp(i\omega t), la dérivation temporelle équivaut à la multiplication par i\omega :

i\omega m_e \underline{\vec{v}} = -e \underline{\vec{E}} \implies \underline{\vec{v}} = -\frac{e}{i\omega m_e} \underline{\vec{E}}

La densité volumique de courant électronique s'en déduit par \underline{\vec{j}} = n q \underline{\vec{v}} = -n e \underline{\vec{v}} :

\boxed{ \underline{\vec{j}} = \frac{n e^2}{i m_e \omega} \underline{\vec{E}} = -i \frac{n e^2}{m_e \omega} \underline{\vec{E}} }

3. Conductivité complexe et puissance transférée
Par analogie avec la loi d'Ohm locale \underline{\vec{j}} = \underline{\gamma}_{\mathrm{p}} \underline{\vec{E}} (ou \underline{\sigma}_{\mathrm{p}} \underline{\vec{E}}), on identifie la conductivité complexe du plasma non collisionnel :

\boxed{ \underline{\gamma}_{\mathrm{p}} = -i \frac{n e^2}{m_e \omega} }

La puissance volumique instantanée cédée par l'onde électromagnétique aux porteurs de charge est donnée par \mathcal{P}_V(t) = \vec{j}(t) \cdot \vec{E}(t). Sa moyenne temporelle s'exprime en régime harmonique par :

\langle \mathcal{P}_V \rangle = \frac{1}{2} \operatorname{Re}\left(\underline{\vec{j}} \cdot \underline{\vec{E}}^*\right) = \frac{1}{2} \operatorname{Re}(\underline{\gamma}_{\mathrm{p}}) \|\vec{E}_0\|^2

La conductivité \underline{\gamma}_{\mathrm{p}} étant un imaginaire pur, sa partie réelle est strictement nulle :

\operatorname{Re}(\underline{\gamma}_{\mathrm{p}}) = 0 \implies \langle \mathcal{P}_V \rangle = 0

Commentaire physique : Le champ électrique et la densité de courant sont en quadrature de phase (\pi/2). En moyenne sur une période, il n'y a aucun transfert net d'énergie de l'onde vers le plasma (absence de dissipation par effet Joule, les chocs étant négligés). L'énergie est réversiblement échangée entre le champ électromagnétique et l'énergie cinétique macroscopique des électrons.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention aux signes dans le PFD et la densité de courant, et ne pas ajouter de terme de choc contrairement aux indications du sujet.

« Il y a parfois des erreurs de signes dans le principe fondamental de la dynamique appliqué à un électron, ou dans l’expression du vecteur densité de courant. Certains candidats ont voulu rajouter un terme de choc contrairement à ce qui est précisé dans l’énoncé. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux

Notions : équation de d'alembert, relation de dispersion

Établir l'équation de propagation du champ électrique . En déduire la relation de dispersion vérifiée par le vecteur d'onde .

Voir l'indice

Combiner les équations de Maxwell-Faraday et Maxwell-Ampère via la formule du rotationnel du rotationnel en utilisant \vec{\nabla}\cdot\vec{E} = 0, puis injecter la forme d'onde plane progressive pour déduire k^2(\omega).

Voir la stratégie
  1. Écrire les équations de Maxwell dans le plasma en l'absence de charges libres macroscopiques (\rho = 0), en tenant compte de la densité de courant électronique \vec{j}.
  2. Appliquer l'opérateur rotationnel à l'équation de Maxwell-Faraday, utiliser la relation vectorielle du double rotationnel donnée dans le formulaire, puis injecter l'équation de Maxwell-Ampère et la loi de comportement dynamique reliant \vec{j} à \vec{E}.
  3. Injecter la forme d'onde plane progressive monochromatique (OPPM) pour en déduire la relation de dispersion reliant k à \omega.
Voir la réponse courte

Équations de Maxwell avec terme source de courant pour établir l'équation de Klein-Gordon et la dispersion k^2 = (\omega^2 - \omega_p^2)/c^2.

Voir le corrigé complet

Le plasma est globalement neutre (\rho = 0) et l'onde est plane et transverse (\vec{E}_0 \cdot \vec{e}_z = 0), d'où :

\mathrm{div}\,\vec{E} = 0

Les équations de Maxwell-Faraday et Maxwell-Ampère s'écrivent :

\begin{aligned} \vec{\operatorname{rot}}\vec{E} &= -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} \\ \vec{\operatorname{rot}}\vec{B} &= \mu_0 \vec{j} + \varepsilon_0 \mu_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t} = \mu_0 \vec{j} + \frac{1}{c^2}\frac{\partial \vec{E}}{\partial t} \end{aligned}

En prenant le rotationnel de l'équation de Maxwell-Faraday et en utilisant la formule fournie :

\vec{\operatorname{rot}}(\vec{\operatorname{rot}}\vec{E}) = \vec{\operatorname{grad}}(\mathrm{div}\,\vec{E}) - \vec{\Delta}\vec{E} = -\vec{\Delta}\vec{E}

Or :

\vec{\operatorname{rot}}\left(-\frac{\partial \vec{B}}{\partial t}\right) = -\frac{\partial}{\partial t}(\vec{\operatorname{rot}}\vec{B}) = -\mu_0 \frac{\partial \vec{j}}{\partial t} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2}

D'après l'équation du mouvement des électrons établie à la question Q14, m_e \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} = -e\vec{E}, d'où :

\frac{\partial \vec{j}}{\partial t} = -n e \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} = \frac{n e^2}{m_e} \vec{E}

En combinant ces résultats, on obtient l'équation de propagation de type Klein-Gordon :

\vec{\Delta}\vec{E} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} - \mu_0 \frac{n e^2}{m_e}\vec{E} = \vec{0}

En introduisant la pulsation plasma \omega_{\mathrm{p}} définie par \omega_{\mathrm{p}}^2 = \frac{n e^2}{\varepsilon_0 m_e} (avec \varepsilon_0 \mu_0 c^2 = 1) :

\boxed{\vec{\Delta}\vec{E} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} - \frac{\omega_{\mathrm{p}}^2}{c^2}\vec{E} = \vec{0}}

Pour l'onde plane progressive monochromatique proposée, \vec{E} = \vec{E}_0 \exp i(\omega t - kz), les dérivées spatiales et temporelles fournissent :

\vec{\Delta}\vec{E} = \frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial z^2} = -k^2 \vec{E} \quad \text{et} \quad \frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} = -\omega^2 \vec{E}

L'équation de propagation devient :

-k^2 + \frac{\omega^2}{c^2} - \frac{\omega_{\mathrm{p}}^2}{c^2} = 0

On en déduit la relation de dispersion :

\boxed{k^2 = \frac{\omega^2 - \omega_{\mathrm{p}}^2}{c^2} \quad \text{soit} \quad \omega^2 = \omega_{\mathrm{p}}^2 + c^2 k^2}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à écrire rigoureusement les vecteurs et les opérateurs.

« Un manque de rigueur a été noté pour certains candidats sur l’écriture des vecteurs et des opérateurs. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux

Notions : pulsation plasma, onde évanescente

Pour quelle fréquence limite , une onde envoyée depuis la surface de la Terre ne peut plus se propager lorsqu'elle rencontre un milieu où la densité volumique d'électrons est ? On d'étaillera le raisonnement permettant d'obtenir cette limite. Effectuer l'application numérique pour une densité caractéristique des sylphes.

Voir l'indice

Une onde ne peut se propager que si son vecteur d'onde k est réel, ce qui impose \omega > \omega_{\text{p}} ; en déduire l'expression de la fréquence de coupure f_{\text{p}} = \omega_{\text{p}} / (2\pi) et faire l'application numérique.

Voir la stratégie
  1. Partir de la relation de dispersion obtenue à la question Q15 et analyser la nature du vecteur d'onde k selon la pulsation \omega.
  2. Identifier la condition de coupure (passage d'un comportement propagatif à un comportement évanescent) et en déduire la fréquence limite f_{\mathrm{p}}.
  3. Réaliser l'application numérique avec les constantes fournies, en conservant un seul chiffre significatif conformément aux consignes.
Voir la réponse courte

Pour f < f_p = \omega_p/(2\pi), le vecteur d'onde devient imaginaire pur, l'onde est évanescente et subit une réflexion totale.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q15, la relation de dispersion de l'onde dans le plasma s'écrit :

k^2 = \frac{\omega^2 - \omega_{\mathrm{p}}^2}{c^2} \quad \text{avec} \quad \omega_{\mathrm{p}} = \sqrt{\frac{n e^2}{\varepsilon_0 m_e}}

Deux régimes se distinguent selon la pulsation \omega = 2\pi f :

  • Si \omega > \omega_{\mathrm{p}}, k^2 > 0 : le vecteur d'onde k est réel, l'onde est plane progressive et se propage sans atténuation dans le milieu.
  • Si \omega < \omega_{\mathrm{p}}, k^2 < 0 : k est imaginaire pur. En choisissant la solution physiquement acceptable pour z > 0 (k = -i\kappa avec \kappa = \sqrt{\omega_{\mathrm{p}}^2 - \omega^2}/c > 0), le champ électrique s'écrit :

    \vec{E}(z,t) = \vec{E}_0 \, \mathrm{e}^{-\kappa z} \, \mathrm{e}^{i\omega t}

    Il s'agit d'une onde évanescente : l'onde ne se propage plus, son amplitude décroît exponentiellement avec la profondeur de pénétration et l'onde incidente subit une réflexion totale.

La fréquence limite en dessous de laquelle l'onde ne peut plus se propager est donc la fréquence plasma f_{\mathrm{p}} :

\boxed{f_{\mathrm{p}} = \frac{\omega_{\mathrm{p}}}{2\pi} = \frac{1}{2\pi} \sqrt{\frac{n e^2}{\varepsilon_0 m_e}}}

Application numérique :

\begin{aligned} \omega_{\mathrm{p}} &= \sqrt{\frac{10^{11} \times (1{,}6 \times 10^{-19})^2}{8{,}9 \times 10^{-12} \times 9{,}1 \times 10^{-31}}} \\ &= \sqrt{\frac{2{,}56 \times 10^{-27}}{8{,}1 \times 10^{-42}}} \simeq \sqrt{3{,}2 \times 10^{14}} \simeq 1{,}8 \times 10^7\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

D'où la fréquence de coupure :

f_{\mathrm{p}} = \frac{1{,}8 \times 10^7}{2\pi} \simeq 2{,}8 \times 10^6\text{ Hz}

Avec un seul chiffre significatif :

\boxed{f_{\mathrm{p}} \simeq 3\text{ MHz}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut justifier le caractère non propagatif pour omega < omega_p, maîtriser le lien fréquence-pulsation et ne pas oublier la racine carrée.

« Il convient aux candidats d’être rigoureux dans leur justification, et de montrer le caractère non propagatif de l’onde pour ω < ωp. La relation fréquence / pulsation n’est pas toujours connue. La racine carrée est aussi souvent oubliée dans le calcul de la fréquence. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 17

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux

Notions : écho radar, plasma

L'image de la figure 6 montre la localisation et le nombre d'échos radar qui reviennent au niveau de l'émetteur. Analyser et commenter cette carte.

Voir l'indice

Relier le temps d'aller-retour \Delta t de l'impulsion radar à l'altitude de réflexion par z = c \Delta t / 2, et identifier la zone de forte ionisation réfléchissante vers 70–90 km d'altitude.

Voir la stratégie
  1. Relier la fréquence d'émission du radar (f = 2{,}2\text{ MHz}) au phénomène de réflexion mis en évidence à la question Q16.
  2. Décrire les deux composantes principales visibles sur la carte : le fond continu à haute altitude et l'événement transitoire.
  3. Confronter les altitudes et la morphologie observées aux caractéristiques des sylphes décrites dans l'introduction du sujet.
Voir la réponse courte

Identification des échos radar rétrodiffusés par les zones ionisées où la densité électronique dépasse la densité de coupure radar.

Voir le corrigé complet

1. Principe de détection par écho radar Le radar émet une onde à la fréquence f = 2{,}2\text{ MHz}. D'après la question Q16, la fréquence plasma d'un milieu de densité électronique n = 10^{11}\text{ m}^{-3} vaut f_{\mathrm{p}} \simeq 3\text{ MHz}. Comme f < f_{\mathrm{p}}, l'onde incidente ne peut pas se propager dans un tel plasma : elle est totalement réfléchie. Un écho radar reçu au sol à cette fréquence révèle donc directement la présence d'une zone où la densité électronique dépasse la densité critique :

n_c = \frac{4\pi^2 \varepsilon_0 m_e f^2}{e^2} \simeq 6\times 10^{10}\text{ m}^{-3}

2. Analyse de la carte

  • Écho quasi-permanent entre 90\text{ km} et 100\text{ km} d'altitude : on observe une bande horizontale continue d'amplitude modérée à forte sur toute la durée de l'enregistrement (t \in [60\text{ s}, 110\text{ s}]). Elle correspond à la réflexion sur la basse ionosphère permanente (couche E), où la densité électronique naturelle est suffisante pour réfléchir l'onde de 2{,}2\text{ MHz}.
  • Événement transitoire vers t \approx 85\text{ s} : on observe une brusque « descente » de la zone de réflexion sous la forme de deux structures verticales (ou colonnes) très intenses (amplitude supérieure à 518, voire 800\text{ unités arbitraires}), s'étendant depuis l'ionosphère (90\text{ km}) jusqu'à une altitude minimale d'environ 55\text{ à }60\text{ km}.

3. Commentaire et interprétation physique

  • Localisation en altitude : la zone perturbée s'étend de 55\text{ km} à 90\text{ km}, ce qui coïncide remarquablement avec la région d'apparition des sylphes indiquée dans l'énoncé (40\text{ à }80\text{ km}, dans la mésosphère, sous l'ionosphère).
  • Morphologie : la forme en colonnes descendantes reproduit fidèlement la structure filamentaire des sylphes visibles sur les photographies des figures 1 et 3.
  • Nature du phénomène : cette mesure radar confirme de manière indépendante qu'un sylphe s'accompagne d'une ionisation transitoire intense de la mésosphère, avec une densité électronique locale atteignant ou dépassant 10^{11}\text{ m}^{-3}.
Voir ce qu'a relevé le jury

Question peu réussie, dont le raisonnement dépendait directement de l'application numérique de la question précédente.

« Peu de candidats ont correctement traité cette question. Le raisonnement est conditionné par l’application numérique de la question précédente. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Signaler une erreurSommaire

Partie III : Formation avalancheuse de courant

Question 18

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion de particules

Notions : bilan de particules, section efficace

En raisonnant entre et , établir l'équation différentielle d'évolution de . Résoudre cette équation et exprimer en fonction de , , et .

Voir l'indice

Calculer le nombre d'électrons subissant un choc entre x et x+\mathrm{d}x en évaluant la proportion de section couverte par les cibles : \mathrm{d}N = - N(x) \times (n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} \Sigma \mathrm{d}x) / \Sigma.

Voir la stratégie
  1. Dénombrer les molécules de diazote présentes dans la tranche d'épaisseur \mathrm{d}x et de section \Sigma, puis déterminer la surface occultée totale en supposant le milieu peu dense (pas de recouvrement).
  2. En déduire la probabilité élémentaire de choc pour un électron et relier la variation \mathrm{d}N(x) = N(x+\mathrm{d}x) - N(x) au nombre de chocs survenus dans cette tranche.
  3. Établir l'équation différentielle et l'intégrer avec la condition initiale N(0) = N_0.
Voir la réponse courte

Bilan sur une tranche \mathrm{d}N = -N n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} \mathrm{d}x menant à la loi exponentielle N(x) = N_0 \exp(-n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x).

Voir le corrigé complet

Considérons une tranche de fluide comprise entre les abscisses x et x + \mathrm{d}x, de section droite \Sigma. Le volume de cette tranche est :

\mathrm{d}V = \Sigma \, \mathrm{d}x

Le milieu ayant une densité volumique de molécules n_{\text{mo}}, le nombre de molécules dans cette tranche s'écrit :

\mathrm{d}\mathcal{N}_{\text{mo}} = n_{\text{mo}} \, \mathrm{d}V = n_{\text{mo}} \Sigma \, \mathrm{d}x

Le milieu étant peu dense, le recouvrement entre molécules est négligeable. La surface efficace totale offerte par l'ensemble de ces molécules vaut donc :

S_{\text{tot}} = S_{\text{eff}} \, \mathrm{d}\mathcal{N}_{\text{mo}} = n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} \Sigma \, \mathrm{d}x

D'après l'énoncé, la probabilité \mathrm{d}P pour qu'un électron subisse un choc lors de la traversée de cette tranche est le rapport de cette surface efficace totale à la section totale \Sigma :

\mathrm{d}P = \frac{S_{\text{tot}}}{\Sigma} = n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} \, \mathrm{d}x

Parmi les N(x) électrons qui atteignent l'abscisse x sans avoir subi de choc, le nombre moyen d'électrons subissant un choc entre x et x + \mathrm{d}x est :

\mathrm{d}N_{\text{choc}} = N(x) \, \mathrm{d}P = n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} N(x) \, \mathrm{d}x

Chaque choc retirant un électron de la population des électrons indemnes de tout choc, la variation élémentaire de N(x) s'écrit :

\mathrm{d}N(x) = N(x + \mathrm{d}x) - N(x) = - \mathrm{d}N_{\text{choc}} = - n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} N(x) \, \mathrm{d}x

L'équation différentielle régissant l'évolution de N(x) est par conséquent :

\boxed{\frac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}x} + n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} N(x) = 0}

Il s'agit d'une équation différentielle linéaire homogène du premier ordre à coefficients constants. Sa solution générale est de la forme :

N(x) = A \exp\left(- n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x\right)

À l'abscisse x = 0, aucun des N_0 électrons n'a encore subi de choc, ce qui donne la condition initiale N(0) = N_0, d'où A = N_0. On en déduit l'expression du nombre d'électrons atteignant l'abscisse x sans avoir subi de choc :

\boxed{N(x) = N_0 \exp\left(- n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut appliquer rigoureusement la méthode de bilan plutôt que d'anticiper le résultat à partir de la question suivante.

« La méthode de raisonnement sur les bilans est universelle. Elle doit être utilisée. De nombreux candidats ont manqué de rigueur et ont essayé de trouver un résultat homogène en s’appuyant sur la question suivante. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion de particules

Notions : libre parcour moyen, valeur moyenne

Montrer que le libre parcours moyen s'écrit .

Voir l'indice

Définir la distance moyenne parcourue avant le premier choc par l'intégrale \langle x \rangle = \int_0^{+\infty} x \, \mathrm{d}P(x) où \mathrm{d}P(x) = -\mathrm{d}N / N_0, et intégrer par parties.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le nombre d'électrons -\mathrm{d}N subissant leur premier choc entre les abscisses x et x + \mathrm{d}x à partir de la loi N(x) établie en question Q18.
  2. En déduire la densité de probabilité p(x) associée à la distance parcourue sans choc par un électron.
  3. Calculer la distance moyenne \langle x \rangle par intégration sur l'ensemble des distances possibles (x \in [0, +\infty[).
Voir la réponse courte

Intégration de \langle x \rangle = \int_0^\infty x \frac{1}{\ell_{\text{pm}}} e^{-x/\ell_{\text{pm}}} \mathrm{d}x confirmant \ell_{\text{pm}} = 1/(n_{\text{mo}} S_{\text{eff}}).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q18, le nombre d'électrons n'ayant subi aucun choc jusqu'à l'abscisse x s'écrit :

N(x) = N_0 \exp(-n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x)

Le nombre d'électrons qui subissent leur premier choc dans l'intervalle [x, x + \mathrm{d}x] correspond à la diminution de cette population, soit :

-\mathrm{d}N = - \frac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}x} \mathrm{d}x = N_0 n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} \exp(-n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x) \, \mathrm{d}x

La probabilité qu'un électron parcoure une distance comprise entre x et x + \mathrm{d}x avant son premier choc est donc :

\mathrm{d}P = \frac{-\mathrm{d}N}{N_0} = p(x) \, \mathrm{d}x \quad \text{avec} \quad p(x) = n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} \exp(-n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x)

On vérifie la normalisation de cette densité de probabilité :

\int_0^{+\infty} p(x) \, \mathrm{d}x = \left[ -\exp(-n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x) \right]_0^{+\infty} = 1

Par définition, la distance moyenne parcourue avant le premier choc (libre parcours moyen) est la moyenne statistique :

\ell_{\text{pm}} = \langle x \rangle = \int_0^{+\infty} x \, p(x) \, \mathrm{d}x = n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} \int_0^{+\infty} x \exp(-n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x) \, \mathrm{d}x

En intégrant par parties, en posant u(x) = x et v'(x) = n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} \exp(-n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x) d'où v(x) = -\exp(-n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x) :

\begin{aligned} \langle x \rangle &= \left[ -x \exp(-n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x) \right]_0^{+\infty} + \int_0^{+\infty} \exp(-n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x) \, \mathrm{d}x \\ &= 0 + \left[ -\frac{1}{n_{\text{mo}} S_{\text{eff}}} \exp(-n_{\text{mo}} S_{\text{eff}} x) \right]_0^{+\infty} \\ &= \frac{1}{n_{\text{mo}} S_{\text{eff}}} \end{aligned}

On obtient bien :

\boxed{\ell_{\text{pm}} = \langle x \rangle = \frac{1}{n_{\text{mo}} S_{\text{eff}}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le calcul d'une moyenne s'effectue sur un intervalle pour une grandeur fixée.

« Une moyenne se calcule sur un intervalle pour une grandeur fixée. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion de particules ; Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique

Notions : section efficace, libre parcour moyen

Pour la molécule de diazote, on a . Justifier cet ordre de grandeur pour la section efficace. Déterminer la valeur numérique du libre parcours moyen pour un électron à l'altitude d'altitude où la pression est et la température .

Voir l'indice

Assimiler la section efficace à l'aire d'un disque atomique de rayon r \sim 10^{-10}\text{ m}. Utiliser la loi des gaz parfaits pour exprimer n_{\text{mo}} = P_3 / (k_{\text{B}} T_3) afin de calculer \ell_{\text{pm}}.

Voir la réponse courte

Estimation géométrique S_{\text{eff}} \sim \pi r_{\text{mol}}^2, calcul de la densité par les gaz parfaits puis obtention de \ell_{\text{pm}} \sim \text{mm-cm}.

Voir le corrigé complet

Justification de l'ordre de grandeur de S_{\text{eff}}

Une molécule de diazote \mathrm{N}_2 possède une dimension caractéristique (rayon moléculaire ou van der Waals) de l'ordre de l'angström :

r \sim 1\text{ \AA} = 10^{-10}\text{ m}

L'électron incident étant ponctuel à l'échelle moléculaire (r_e \ll r), la section efficace géométrique de collision s'approxime par l'aire de la section droite de la molécule :

S_{\text{eff}} \sim \pi r^2 \sim \pi \times (10^{-10}\text{ m})^2 \approx 3 \times 10^{-20}\text{ m}^2 \sim 10^{-20}\text{ m}^2

L'ordre de grandeur donné par l'énoncé est donc tout à fait cohérent avec la taille atomique.

Calcul du libre parcours moyen \ell_{\text{pm}} à z_3 = 60\text{ km}

En assimilant l'air à un gaz parfait à l'altitude z_3, la pression P_3 et la température T_3 sont reliées à la densité volumique moléculaire n_{\text{mo}} par l'équation d'état :

P_3 = n_{\text{mo}} k_B T_3 \implies n_{\text{mo}} = \frac{P_3}{k_B T_3}

D'après l'expression établie à la question précédente :

\ell_{\text{pm}} = \frac{1}{n_{\text{mo}} S_{\text{eff}}} = \frac{k_B T_3}{P_3 S_{\text{eff}}}

Avec les valeurs numériques fournies :

\begin{aligned} P_3 &= 20\text{ Pa} \\ T_3 &= 260\text{ K} \\ k_B &= 1,4 \times 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1} \\ S_{\text{eff}} &\simeq 10^{-20}\text{ m}^2 \end{aligned}

On obtient :

\ell_{\text{pm}} = \frac{1,4 \times 10^{-23} \times 260}{20 \times 10^{-20}} = \frac{3,64 \times 10^{-21}}{2,0 \times 10^{-19}} = 1,82 \times 10^{-2}\text{ m}

Avec un seul chiffre significatif :

\boxed{\ell_{\text{pm}} \simeq 2\text{ cm}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 21

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Mécanique › Mouvement d'une particule chargée dans E et B ; Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : théorème de l'énergie cinétique, énergie d'ionisation

Sachant que l'énergie d'ionisation de la molécule de diazote est , un électron initialement au repos et accéléré par le champ électrique local d'intensité peut-il ioniser cette molécule ? On apportera des arguments numériques.

Voir l'indice

Calculer le travail maximal fourni par la force électrique sur un libre parcours moyen : W = e E \ell_{\text{pm}}, puis comparer cette énergie cinétique acquise à l'énergie d'ionisation \mathcal{E}_i.

Voir la stratégie
  1. Entre deux chocs successifs avec les molécules de l'atmosphère, l'électron parcourt en moyenne une distance égale au libre parcours moyen \ell_{\mathrm{pm}}.
  2. Calculer le travail de la force électrique sur cette distance afin d'évaluer le gain typique en énergie cinétique.
  3. Comparer cette énergie acquise à l'énergie d'ionisation \mathcal{E}_i de la molécule de diazote.
Voir la réponse courte

Travail de la force électrique sur un libre parcours moyen e E \ell_{\text{pm}} comparé à l'énergie d'ionisation \mathcal{E}_i \simeq 16\text{ eV}.

Voir le corrigé complet

Entre deux collisions successives, un électron initialement au repos est accéléré par la force électrostatique \vec{F} = -e\vec{E}. En supposant le mouvement aligné avec le champ, le travail fourni par le champ électrique sur une distance caractéristique égale au libre parcours moyen \ell_{\mathrm{pm}} s'écrit :

W = e E \ell_{\mathrm{pm}}

D'après le théorème de l'énergie cinétique, l'énergie cinétique acquise par l'électron sur ce parcours vaut :

\mathcal{E}_c = e E \ell_{\mathrm{pm}}

Exprimée en électron-volts, cette énergie s'écrit simplement :

\mathcal{E}_c\,[\text{eV}] = E \times \ell_{\mathrm{pm}}

En utilisant la valeur du libre parcours moyen obtenue à la question Q20 (\ell_{\mathrm{pm}} \simeq 2\times 10^{-2}\text{ m}) et l'intensité du champ électrique local (E \simeq 100\text{ V}\cdot\text{m}^{-1}) :

\mathcal{E}_c \simeq 100 \times 2\times 10^{-2} = 2\text{ eV}

On constate que :

\mathcal{E}_c \simeq 2\text{ eV} \ll \mathcal{E}_i \simeq 16\text{ eV}
\boxed{\text{Un électron initialement au repos ne peut pas ioniser la molécule de diazote par accélération locale.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question peu réussie, qui se résolvait rapidement à l'aide du théorème de l'énergie cinétique.

« Peu de candidats ont correctement traité cette question, qui pouvait être résolue rapidement par le théorème de l’énergie cinétique. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 22

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique › Mouvement d'une particule chargée dans E et B

Notions : énergie de masse, cinématique relativiste

Justifier le fait que ces électrons cosmiques sont nécessairement relativistes.

Voir l'indice

Calculer l'énergie de masse au repos de l'électron \mathcal{E}_0 = m_e c^2 en MeV et la comparer à l'énergie cinétique proposée de 1 MeV.

Voir la stratégie

Pour déterminer si une particule doit être traitée de façon relativiste, on compare son énergie cinétique \mathcal{E}_c à son énergie de masse au repos \mathcal{E}_0 = m_e c^2.

Voir la réponse courte

Comparaison de l'énergie cinétique des électrons cosmiques (> 1\text{ MeV}) à l'énergie de masse au repos m_e c^2 \simeq 511\text{ keV}.

Voir le corrigé complet

L'énergie de masse au repos de l'électron vaut :

\mathcal{E}_0 = m_e c^2

En effectuant l'application numérique avec les données du sujet :

\begin{aligned} \mathcal{E}_0 &= 9,1 \times 10^{-31} \times (3,0 \times 10^8)^2 \simeq 8,2 \times 10^{-14}\text{ J} \\ \mathcal{E}_0 &= \frac{8,2 \times 10^{-14}}{1,6 \times 10^{-19}}\text{ eV} \simeq 5,1 \times 10^5\text{ eV} \simeq 0,5\text{ MeV} \end{aligned}

L'énergie cinétique des électrons cosmiques considérés est :

\mathcal{E}_c = 1\text{ MeV}

On constate que l'énergie cinétique est supérieure à l'énergie de masse au repos (\mathcal{E}_c \approx 2\,\mathcal{E}_0). Le facteur de Lorentz vaut donc :

\gamma = 1 + \frac{\mathcal{E}_c}{m_e c^2} \simeq 1 + \frac{1\text{ MeV}}{0,5\text{ MeV}} \simeq 3

Comme \gamma est nettement supérieur à 1, ces électrons sont nécessairement relativistes.

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut expliciter l'expression littérale de la vitesse et réussir le calcul numérique pour pouvoir conclure.

« L’expression littérale de la vitesse n’est pas toujours donnée et de nombreuses erreurs de calcul apparaissent dans l’application numérique. Cette dernière doit être correcte pour pouvoir conclure. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Mécanique › Mouvement d'une particule chargée dans E et B ; Diffusion et transferts thermiques › Diffusion de particules

Notions : avalanche électronique, ionisation par impact

Expliquer le phénomène de cascade avalancheuse.

Voir l'indice

Décrire le mécanisme itératif où chaque collision ionisante libère un nouvel électron, les deux particules étant ensuite réaccélérées par le champ électrique ambiant pour ioniser d'autres molécules.

Voir la réponse courte

Description qualitative de l'effet d'avalanche : accélération des électrons libres qui ionisent les molécules neutres en chaîne.

Voir le corrigé complet

Le phénomène de cascade avalancheuse (ou avalanche électronique) se décompose selon les étapes suivantes :

  1. Amorçage par un électron primaire énergétique : Un électron issu du rayonnement cosmique possède une énergie cinétique très élevée (\mathcal{E}_c \simeq 1\text{ MeV} \gg \mathcal{E}_i \simeq 16\text{ eV}). Lors de collisions successives avec les molécules de l'atmosphère (\text{N}_2), il a largement assez d'énergie pour les ioniser :

    e^- + \text{N}_2 \longrightarrow \text{N}_2^+ + 2\,e^-
  2. Multiplication des porteurs de charge : L'électron incident et les électrons secondaires créés sont accélérés par le champ électrique ambiant \vec{E}. Les électrons ayant acquis ou conservé une énergie cinétique supérieure au seuil d'ionisation \mathcal{E}_i provoquent à leur tour de nouvelles ionisations par impact lors de leurs collisions ultérieures.
  3. Effet d'avalanche : À chaque génération de collisions ionisantes, le nombre d'électrons mobiles est multiplié. Cette réaction en chaîne conduit à une croissance exponentielle de la population d'électrons libres et des ions positifs associés.

Cette avalanche crée ainsi un courant électrique intense et macroscopique dans la mésosphère. L'excitation collisionnelle consécutive des molécules de diazote et leur désexcitation radiative sont à l'origine de l'émission lumineuse observée lors d'un sylphe.

Voir ce qu'a relevé le jury

La réponse devait être précisément justifiée pour obtenir les points.

« La réponse doit être précisément justifiée pour obtenir les points. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 24

DifficileTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Chapitre : Mécanique › Mouvement d'une particule chargée dans E et B ; Diffusion et transferts thermiques › Diffusion de particules

Notions : avalanche électronique, facteur de multiplication

Déterminer la valeur numérique de . Pour cette question, on prendra un libre parcours moyen de l'ordre du centimètre. On pourra utiliser les courbes de la figure 7 en expliquant de façon d'étaillée la démarche suivie.

Voir l'indice

Exprimer le nombre total d'électrons produits après \mathcal{N} étapes (N_{\text{tot}} \sim 2^{\mathcal{N}}) divisé par le volume caractéristique V \sim (\mathcal{N} \ell_{\text{pm}})^3, égaler à n et chercher graphiquement l'intersection sur la figure 7.

Voir la stratégie
  1. Modéliser la multiplication des électrons et le volume de l'avalanche pour exprimer la densité volumique moyenne n en fonction du nombre d'étapes \mathscr{N} et du libre parcours moyen \ell_{\text{pm}}.
  2. Établir le lien entre la condition n = 10^{11}\text{ m}^{-3} et l'égalité des deux fonctions f_1(\mathscr{N}) et f_2(\mathscr{N}) représentées sur la figure 7.
  3. Déterminer graphiquement l'abscisse du point d'intersection des deux courbes.
Voir la réponse courte

Exploitation quantitative du graphe de la figure 7 pour calculer le nombre total d'électrons secondaires créés dans l'avalanche.

Voir le corrigé complet

À chaque étape de l'avalanche, un électron accéléré ionise une molécule lors d'un choc, libérant un électron supplémentaire. Le nombre d'électrons est donc multiplié par 2 à chaque étape, soit :

N(\mathscr{N}) \propto 2^{\mathscr{N}}

Ces électrons sont répartis dans un volume de dimension caractéristique L \sim \mathscr{N} \ell_{\text{pm}}. En considérant que ce volume correspond à une région d'extension spatiale totale 2\mathscr{N}\ell_{\text{pm}} (par exemple une sphère de rayon \mathscr{N}\ell_{\text{pm}} ou un cube de côté 2\mathscr{N}\ell_{\text{pm}}), le volume s'écrit :

V \sim (2\mathscr{N}\ell_{\text{pm}})^3 = 8 \mathscr{N}^3 \ell_{\text{pm}}^3 = 2^3 \mathscr{N}^3 \ell_{\text{pm}}^3

La densité volumique moyenne d'électrons s'exprime donc sous la forme :

n = \frac{N(\mathscr{N})}{V} = \frac{2^{\mathscr{N}-3}}{\mathscr{N}^3 \ell_{\text{pm}}^3}

On cherche le nombre d'étapes \mathscr{N} tel que n = 10^{11}\text{ m}^{-3}, avec \ell_{\text{pm}} \simeq 1\text{ cm} = 10^{-2}\text{ m}, d'où \ell_{\text{pm}}^3 = 10^{-6}\text{ m}^3 :

\begin{aligned} \frac{2^{\mathscr{N}-3}}{\mathscr{N}^3 \times 10^{-6}} &= 10^{11} \\ 2^{\mathscr{N}-3} &= 10^5 \times \mathscr{N}^3 \\ 10^{-9} \times 2^{\mathscr{N}-3} &= 10^{-4} \times \mathscr{N}^3 \end{aligned}

On reconnaît l'égalité entre les deux fonctions tracées sur la figure 7 :

f_1(\mathscr{N}) = f_2(\mathscr{N}) \quad \text{avec} \quad \begin{cases} f_1(\mathscr{N}) = 10^{-9} \times 2^{\mathscr{N}-3} \\ f_2(\mathscr{N}) = 10^{-4} \times \mathscr{N}^3 \end{cases}

Sur la figure 7, l'axe des abscisses comporte 4 subdivisions entre 24 et 32, chaque subdivision élémentaire vaut donc \Delta \mathscr{N} = 2. L'intersection des deux courbes se situe exactement à mi-chemin entre \mathscr{N} = 34 et \mathscr{N} = 36, à l'ordonnée f \simeq 4,3.

En effet, pour \mathscr{N} = 35 :

\begin{aligned} f_1(35) &= 10^{-9} \times 2^{32} \simeq 10^{-9} \times 4,3 \times 10^9 = 4,3 \\ f_2(35) &= 10^{-4} \times 35^3 = 10^{-4} \times 42\,875 \simeq 4,3 \end{aligned}

On en déduit la valeur numérique :

\boxed{\mathscr{N} \simeq 35}

(soit \mathscr{N} \simeq 4 \times 10^1 avec un seul chiffre significatif).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très sélective, correctement traitée par très peu de candidats.

« Très peu de candidats ont correctement traité cette question. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2023

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet Mines-Ponts Physique 1 PC 2023 ?

Surtout 4 chapitres : Ondes électromagnétiques dans les milieux (21 % des questions, partie II), Statique des fluides (19 %), Diffusion de particules (15 %, partie III) et Mouvement d'une particule chargée dans E et B (12 %). Plus ponctuellement : Modèle scalaire de la lumière et cohérence, Mouvement dans un champ de force centrale, Réflexion, réfraction et fibres optiques, Électrostatique, Cinématique et dynamique du point…

Peut-on travailler le sujet Mines-Ponts Physique 1 PC 2023 dès la première année (PCSI) ?

En partie : 14 questions sur 24 (58 %) ne demandent que le programme de PCSI : Q1 à Q3, Q5 à Q12, Q18, Q21 et Q23. Avec les autres programmes de première année : 8 en MPSI, 8 en PTSI, 8 en MP2I, 8 en TSI1 et 12 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet Mines-Ponts Physique 1 PC 2023 ?

Environ 2 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 3 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie I est la plus longue (environ 1 h 15).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet Mines-Ponts Physique 1 PC 2023 ?

Q24 (avalanche électronique), cotée 4 sur 4 dans ce corrigé.

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet Mines-Ponts Physique 1 PC 2023 ?

Questions de cours : Q8 (statique des fluides). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q4 (théorème de gauss), Q5 (orbite circulaire), Q14 (modèle de drude) et Q15 (équation de d'alembert).

Où gagner des points facilement dans le sujet Mines-Ponts Physique 1 PC 2023 ?

Questions rapides et accessibles (difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 min au plus) : Q1, Q3, Q5, Q6, Q10 à Q13, Q22 et Q23. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q4, Q8, Q9 et Q19.

Quelle a été la moyenne au sujet Mines-Ponts Physique 1 PC 2023 ?

Moyenne : 11,18/20 (écart-type 4,13, 3 447 présents).

Faut-il prendre en compte les collisions dans le plasma en Q14 ?

Non : l'énoncé demande de négliger les chocs. Le principe fondamental de la dynamique s'écrit sans terme de frottement, ce qui aboutit directement à une conductivité complexe imaginaire pure sans dissipation d'énergie.

Comment prouver que les électrons ne peuvent pas ioniser le diazote en Q21 ?

En appliquant le théorème de l'énergie cinétique sur un libre parcours moyen. Le travail de la force électrique e E \ell_{\text{pm}} apporte environ 2\text{ eV}, valeur nettement inférieure au seuil d'ionisation de 16\text{ eV}.

Faut-il utiliser la dynamique relativiste pour répondre à la question Q22 ?

Non : il suffit d'évaluer la vitesse avec la relation classique v = \sqrt{2\mathcal{E}_c/m_e}. Le calcul numérique donne v \simeq 2\,c > c, ce qui démontre par l'absurde que le traitement classique est inadapté.

Où je me situe, question par question

Cochez les questions que vous avez réussies sans aide.

Note estimée
–
0 question réussie sur 24
Position estimée
–
des copies sous cette note

Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 24 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 11,18 et d'écart-type 4,13 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

Source des chiffres : document officiel du concours.

S'entraîner sur les mêmes chapitres

Feuilles imprimables : énoncés d'abord, corrigés en fin de document.

Signaler une erreur

Une étape vous semble fausse ou incomplète ? Dites-le nous en précisant le numéro de la question (par exemple Q1) : dans les commentaires ci-dessous ou sur le Discord de WikiPrépa. Chaque signalement est vérifié et la question corrigée si besoin.

Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 27 septembre 2026.