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Corrigé détaillé Centrale Physique-Chimie 2 PSI 2020

Étude simplifiée du vol d'un Airbus A320

Faisable en sup ?

Faisable en partie en PCSI : 6 questions sur 45. Autres questions faisables en PCSI

Autres premières années : MPSI 5 · PTSI 4 · MP2I 2 · TSI1 5 questions.

Détail par partie

Le sujet en bref

Sujet moyen · Mécanique des fluides, Transformations chimiques, Solutions aqueuses et électrochimie · 9 incontournables · 6 questions de première année
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Ce sujet transverse aborde de multiples facettes de l'aéronautique à travers l'étude de l'Airbus A320. Il parcourt avec cohérence la mécanique du vol et l'aérodynamique des profils d'ailes, la thermodynamique industrielle appliquée à un turboréacteur double flux (cycle, travail de transvasement, poussée par bilan de quantité de mouvement), ainsi qu'une large part de chimie orientée sciences de l'ingénieur (thermochimie des oxydes d'azote, cinétique en phase gazeuse, photochimie de dissociation, métallurgie des alliages aluminium-cuivre et corrosion par piqûres).

Très équilibré et progressif, ce sujet constitue une référence incontournable pour les candidats de la filière PSI. Il permet de réviser les bilans de matière et d'énergie en système ouvert, le tracé et l'interprétation des courbes courant-potentiel en milieu complexe, ainsi que les méthodes graphiques sur diagrammes binaires et polaires aérodynamiques.

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 8,16/20)
Temps estimé
≈ 4 h pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

9 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Très partiellement en PCSI, MPSI et PTSI : 6 questions sur 45.

Où gagner des points

24 questions rapides et accessibles · 1 résultat donné par l'énoncé
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Rapides et accessibles (24) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (1) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : erreur d'énoncé, parties indépendantes
  • Erreur d'énoncé

    L'énoncé demande d'exprimer P_j en fonction de T_i, P_j, P_i et \gamma. Il faut en réalité exprimer la température T_j en fonction de T_i, P_i et P_j par la loi de Laplace, relation indispensable pour traiter Q19.

  • Erreur d'énoncé

    Q40 : La constante de Faraday donnée dans l'énoncé comporte une coquille d'un facteur dix (9{,}64 \times 10^3\text{ C}\cdot\text{mol}^{-1} au lieu de 9{,}65 \times 10^4\text{ C}\cdot\text{mol}^{-1}). Il est préférable d'utiliser directement la valeur canonique R T \ln(10) / F \approx 0{,}06\text{ V}.

  • Parties indépendantes

    Les quatre parties du sujet (mécanique du vol, turboréacteur, chimie des oxydes d'azote, diagramme binaire et corrosion de l'alliage 2024) sont totalement indépendantes et peuvent être abordées séparément.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

45 questions
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Partie I : L'Airbus A320 en vol

A · Éléments de description d'une aile

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : portance, traînée, résultante aérodynamique

Recopier sommairement le schéma de la figure 1 en y faisant figurer la résultante aérodynamique ainsi que ses composantes suivant les axes et , notées et .

Voir l'indice

Décomposer le vecteur force aérodynamique globale en une force de traînée colinéaire au vent relatif et une force de portance orthogonale à celui-ci.

Voir la stratégie
  1. Identifier le repère (O, x, y) lié à l'avion : l'axe (Ox) est dirigé dans le sens du vent relatif \vec{v}_0 = v_0 \vec{e}_x, et l'axe (Oy) lui est directement orthogonal et orienté vers le haut.
  2. Décomposer l'action mécanique de l'air sur le profil :

    • la traînée \vec{R}_x, colinéaire et de même sens que l'écoulement incident \vec{v}_0, portée par (Ox) ;
    • la portance \vec{R}_y, orthogonale à l'écoulement incident et orientée vers le haut, portée par (Oy).
  3. Construire la résultante aérodynamique globale \vec{R} = \vec{R}_x + \vec{R}_y.
Voir la réponse courte

Schéma du profil d'aile avec décomposition de la résultante aérodynamique en traînée \vec{R}_x et portance \vec{R}_y.

Voir le corrigé complet

L'action aérodynamique exercée par l'écoulement d'air sur l'aile se décompose conventionnellement en :

  • la force de traînée \vec{R}_x, parallèle à la vitesse du vent relatif \vec{v}_0, opposée au mouvement de l'avion dans l'air et donc dirigée selon l'axe (Ox) ;
  • la force de portance \vec{R}_y, perpendiculaire au vent relatif et dirigée vers le haut selon l'axe (Oy).

La résultante aérodynamique \vec{R} est la somme vectorielle de ces deux composantes :

\boxed{\vec{R} = \vec{R}_x + \vec{R}_y}

Résultat

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux ; Mécanique › Cinématique et dynamique du point

Notions : portance, traînée, principe fondamental de la dynamique

On considère l'avion en vol de croisière à pente et assiette nulles (trajectoire confondue avec l'axe de l'avion). Écrire, dans ces conditions, l'équation, dite de sustentation, liant la masse de l'avion à et l'équation, dite de propulsion, liant à .

Voir l'indice

Projeter le principe fondamental de la dynamique appliqué à l'avion en régime stationnaire : compenser le poids par la portance des deux ailes et la traînée par la poussée totale.

Voir la stratégie
  1. Déterminer l'orientation des différentes forces (poids, poussée, portance, traînée) en exploitant les conditions de vol : pente nulle et assiette nulle.
  2. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à l'avion en régime permanent dans le référentiel terrestre galiléen.
  3. Projeter la relation vectorielle sur la direction verticale (sustentation) et sur la direction horizontale (propulsion), en tenant compte des deux ailes de l'avion.
Voir la réponse courte

En vol horizontal uniforme, équilibre mécanique donnant mg = \frac{1}{2}\rho S v^2 C_y et F = \frac{1}{2}\rho S v^2 C_x.

Voir le corrigé complet

L'avion de masse m est étudié dans le référentiel terrestre supposé galiléen. En vol de croisière à vitesse constante \vec{v} :

  • la pente est nulle, donc le vecteur vitesse \vec{v} est horizontal ;
  • l'assiette est nulle, donc l'axe longitudinal du fuselage est horizontal et confondu avec la trajectoire.

Le vent relatif \vec{v}_0 est donc purement horizontal et opposé à la marche de l'avion.

L'avion est soumis à :

  • son poids \vec{P} = m\vec{g}, vertical descendant ;
  • la poussée totale des deux réacteurs \vec{F}, dirigée vers l'avant selon l'axe horizontal du fuselage ;
  • la résultante aérodynamique totale \vec{R}_{\text{aéro}} = \vec{R}_x + \vec{R}_y, somme des contributions des deux ailes de surface individuelle S (soit une surface portante totale S_{\text{tot}} = 2S) :

    • la force de traînée totale \vec{R}_x, horizontale et opposée au mouvement (vers l'arrière), d'intensité R_x = 2 \times \left(\frac{1}{2}\rho S v^2 C_x\right) = \rho S v^2 C_x ;
    • la force de portance totale \vec{R}_y, verticale ascendante, d'intensité R_y = 2 \times \left(\frac{1}{2}\rho S v^2 C_y\right) = \rho S v^2 C_y.

Le centre de masse ayant une vitesse constante dans un référentiel galiléen, la première loi de Newton s'écrit :

\vec{P} + \vec{F} + \vec{R}_x + \vec{R}_y = \vec{0}

En projetant sur la verticale ascendante, on obtient l'équation de sustentation :

R_y - mg = 0

soit, en posant S_{\text{tot}} = 2S :

\boxed{mg = \rho S v^2 C_y = \frac{1}{2}\rho S_{\text{tot}} v^2 C_y}

En projetant sur l'horizontale orientée vers l'avant, on obtient l'équation de propulsion :

F - R_x = 0

soit :

\boxed{F = \rho S v^2 C_x = \frac{1}{2}\rho S_{\text{tot}} v^2 C_x}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Préciser le système, le référentiel et le théorème, soigner la projection vectorielle et penser à compter les deux ailes de l'avion.

« La totalité des points a été attribuée aux candidats qui ont rédigé correctement (système étudié, référentiel d’étude, théorème utilisé), qui ont correctement projeté l’expression vectorielle et qui n’ont pas oublié qu’un avion a deux ailes. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : vitesse de croisière, poussée

Estimer numériquement la vitesse de croisière et la poussée nécessaire à son maintien.

Voir l'indice

Identifier l'incidence en palier comme étant égale au calage \beta, lire les coefficients C_y et C_x correspondants sur la figure 2, puis isoler la vitesse et la poussée.

Voir la stratégie
  1. Déterminer l'angle d'incidence \alpha à partir des conditions de vol de croisière (assiette et pente nulles) et de l'angle de calage \beta.
  2. Lire graphiquement sur la figure 2 (ou la figure 6) les coefficients aérodynamiques C_x et C_y correspondants.
  3. En déduire la vitesse de croisière v à l'aide de l'équation de sustentation, puis la poussée F à l'aide de l'équation de propulsion.
Voir la réponse courte

Calcul numérique de la vitesse de croisière par sustentation puis déduction de la poussée requise.

Voir le corrigé complet

L'aéronef vole à pente nulle (trajectoire horizontale) et assiette nulle (axe longitudinal horizontal). Le vent relatif est donc parallèle à l'axe de l'avion. L'angle d'incidence \alpha entre la corde de l'aile et le vent relatif est alors égal à l'angle de calage de l'aile :

\alpha = \beta = 3^\circ

Par lecture graphique sur la figure 2 à \alpha = 3^\circ (ou d'après la polaire de la figure 6) :

\begin{aligned} C_y &\approx 0{,}35 \\ C_x &\approx 0{,}019 \pm 0{,}002 \end{aligned}

La surface portante totale des deux ailes vaut :

S_{\text{tot}} = 2S = 2 \times (12 \times 3) = 72\text{ m}^2

D'après l'équation de sustentation établie à la question précédente :

mg = \frac{1}{2}\rho S_{\text{tot}} v^2 C_y

On en déduit l'expression de la vitesse de croisière :

v = \sqrt{\frac{2mg}{\rho S_{\text{tot}} C_y}}

Application numérique :

v = \sqrt{\frac{2 \times 60\,000 \times 9{,}8}{1{,}2 \times 72 \times 0{,}35}} \approx 197\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \approx 2{,}0 \times 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \quad (\approx 710\text{ km}\cdot\text{h}^{-1})
\boxed{v \approx 2{,}0 \times 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \quad (7{,}1 \times 10^2\text{ km}\cdot\text{h}^{-1})}

D'après l'équation de propulsion et celle de sustentation :

F = \frac{1}{2}\rho S_{\text{tot}} v^2 C_x = mg\,\frac{C_x}{C_y}

Application numérique :

F = 60\,000 \times 9{,}8 \times \frac{0{,}019}{0{,}35} \approx 3{,}2 \times 10^4\text{ N} = 32\text{ kN}
\boxed{F \approx 32\text{ kN}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Déterminer rigoureusement les coefficients à la règle en prêtant attention aux échelles des axes, sans se contenter d'une lecture approximative.

« Les candidats doivent prendre le temps d’extraire de la figure 2 les valeurs des coefficients Cxet Cy en utilisant une règle et en étant attentifs aux échelles en abscisse et ordonnée. Une simple lecture « à la volée » n’est pas acceptable. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

Question déjà tombée ailleurs

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B · Rôle des ailes

Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux ; Dynamique des fluides parfaits

Notions : portance, effet bernoulli, profil d'aile

À l'aide de la figure 4, expliquer l'existence d'une force de portance pour les angles d'incidence non nuls.

Voir l'indice

Relier le signe du coefficient de pression K_p à la surpression à l'intrados et à la forte dépression à l'extrados pour en déduire la résultante verticale vers le haut.

Voir la stratégie
  1. Relier le coefficient de pression K_p à la pression locale P à l'aide de la relation de Bernoulli.
  2. Analyser sur la figure 4 l'écart de pression entre l'intrados et l'extrados pour \alpha > 0.
  3. Conclure sur la direction de la résultante des forces de pression exercées sur l'aile.
Voir la réponse courte

Dissymétrie d'écoulement avec surpression à l'intrados et dépression à l'extrados créant une force vers le haut.

Voir le corrigé complet

D'après la relation de Bernoulli appliquée le long d'une ligne de courant entre l'amont non perturbé (où la vitesse est v_0 et la pression P_0) et un point d'arrêt éventuel où la pression vaut la pression totale P_t, on a :

P_t - P_0 = \frac{1}{2}\,\rho\,v_0^2 > 0

Le coefficient de pression K_p = \dfrac{P - P_0}{P_t - P_0} est donc directement proportionnel à l'écart de pression P - P_0 :

  • K_p > 0 \iff P > P_0 (zone de surpression relative) ;
  • K_p < 0 \iff P < P_0 (zone de dépression relative).

Sur la figure 4, pour un angle d'incidence non nul (\alpha = 2^\circ ou \alpha = 7^\circ), on constate que :

  • sur l'extrados (trait continu), K_p prend des valeurs fortement négatives sur la quasi-totalité du profil, ce qui correspond à une dépression (P_{\text{ext}} < P_0) particulièrement marquée près du bord d'attaque ;
  • sur l'intrados (pointillés), K_p est globalement positif, ce qui correspond à une surpression (P_{\text{int}} > P_0) ;
  • sur l'ensemble de la corde, la courbe d'intrados est située au-dessus de celle de l'extrados :
K_{p,\text{intrados}} > K_{p,\text{extrados}} \implies \boxed{P_{\text{intrados}} > P_{\text{extrados}}}

La force élémentaire de pression exercée par l'air sur un élément de surface \mathrm{d}S est \mathrm{d}\vec{F}_P = -P\,\vec{n}_{\text{ext}}\,\mathrm{d}S, où \vec{n}_{\text{ext}} est la normale dirigée vers l'extérieur de l'aile :

  • sur l'intrados (face inférieure), la force de pression pousse l'aile vers le haut (+y) ;
  • sur l'extrados (face supérieure), la force de pression pousse l'aile vers le bas (-y).

Comme P_{\text{intrados}} > P_{\text{extrados}}, l'intégrale des actions de pression le long du profil donne une force nette dirigée vers le haut, c'est-à-dire dans le sens du vecteur \vec{e}_y. Cette force normale à la vitesse de l'écoulement incident constitue précisément la force de portance.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Proposer une argumentation concise, précise et cohérente, en exploitant les documents fournis sans accumuler d'arguments contradictoires ou hors sujet.

« Questions qualitatives valorisées dans le barème (un tiers de la partie I). Le jury attend des réponses concises, précises et qui font référence aux documents fournis s’ils sont utilisés. »

« Une réponse floue ou présentant deux arguments contradictoires n’est pas recevable. Il en est de même d’une réponse avec un argument correct et un autre faux ou hors sujet. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : portance, profil symétrique

Justifier que cette force de portance est nulle pour un angle d'incidence nul.

Voir l'indice

Invoquer la symétrie géométrique du profil qui impose une identité stricte des distributions de pression sur les faces supérieure et inférieure à incidence nulle.

Voir la réponse courte

Par symétrie du profil et de l'écoulement à incidence nulle, les forces de pression se compensent verticalement.

Voir le corrigé complet

Deux arguments complémentaires permettent de justifier la nullité de la portance à incidence nulle :

  1. À partir de la figure 4 et de la distribution de pression : Pour \alpha = 0^\circ, la courbe du coefficient de pression K_p de l'extrados est strictement confondue avec celle de l'intrados sur toute la longueur de la corde (0 \le x \le 1). On en déduit qu'en tout point de l'aile :

    P_{\text{extrados}}(x) = P_{\text{intrados}}(x)

    La force de portance, résultant de l'intégration de la différence de pression entre l'intrados et l'extrados le long du profil, est par conséquent nulle :

    \boxed{R_y = 0}
  2. Par un argument de symétrie : L'énoncé précise que le profil de l'aile est symétrique par rapport à la corde. À incidence nulle (\alpha = 0^\circ), l'écoulement incident du fluide est dirigé parallèlement à cette corde, qui constitue alors un plan de symétrie à la fois pour la géométrie du profil et pour les conditions aux limites de l'écoulement. L'écoulement d'air et le champ de pression présentent donc cette même symétrie. La résultante des forces de pression ne peut avoir de composante orthogonale à ce plan de symétrie, ce qui impose R_y = 0 (soit C_y(0^\circ) = 0, conformément à la figure 2).

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : décrochage, vitesse de sustentation

À partir de la figure 2, en considérant que la trajectoire est horizontale et que l'assiette est non nulle, expliquer l'existence d'une vitesse minimale , dite vitesse minimale de sustentation, en-deçà de laquelle la sustentation ne peut plus être assurée. On dit alors que l'avion décroche.

Voir l'indice

Exprimer la vitesse en fonction de C_y d'après l'équilibre de sustentation et exploiter l'existence d'une valeur maximale C_{y,\max} au-delà de laquelle l'équilibre est impossible.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition de sustentation pour un vol horizontal à vitesse constante.
  2. Exprimer le coefficient de portance C_y requis en fonction de la vitesse v.
  3. Exploiter la figure 2 pour montrer que C_y est borné par un maximum, ce qui impose une borne inférieure sur la vitesse de vol.
Voir la réponse courte

Le coefficient C_y passe par un maximum au-delà duquel l'écoulement décolle : pour compenser le poids, v ne peut descendre sous v_{\text{min}}.

Voir le corrigé complet

Pour un vol en palier horizontal à vitesse constante, la condition de sustentation établie à la question Q2 impose que la composante verticale de la résultante aérodynamique (la portance totale) compense exactement le poids de l'appareil :

R_y = \frac{1}{2}\rho S_{\text{tot}} v^2 C_y = mg

où S_{\text{tot}} = 2S désigne la surface portante totale des deux ailes.

Pour une vitesse d'avancement v donnée, le coefficient de portance nécessaire au maintien du palier vaut ainsi :

C_y = \frac{2mg}{\rho S_{\text{tot}} v^2}

Si la vitesse de l'avion diminue, le maintien de la sustentation nécessite donc une augmentation du coefficient C_y. Le pilote y parvient en augmentant l'assiette de l'appareil, ce qui accroît l'angle d'incidence \alpha.

Or, d'après la figure 2, le coefficient de portance C_y(\alpha) n'est pas indéfiniment croissant : il passe par un maximum noté C_{y,\max} avant de chuter brusquement.

La condition C_y \le C_{y,\max} impose donc une vitesse minimale de vol :

v \ge v_{\min} = \sqrt{\frac{2mg}{\rho S_{\text{tot}} C_{y,\max}}}
\boxed{v < v_{\min} \implies R_{y,\max} = \frac{1}{2}\rho S_{\text{tot}} v^2 C_{y,\max} < mg}

En-deçà de cette vitesse minimale v_{\min}, la portance aérodynamique maximale que l'aile peut développer reste inférieure au poids de l'avion : l'équilibre vertical est impossible et l'avion perd irrémédiablement de l'altitude. C'est le phénomène de décrochage.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Proposer une argumentation concise, précise et cohérente, en exploitant les documents fournis sans accumuler d'arguments contradictoires ou hors sujet.

« Questions qualitatives valorisées dans le barème (un tiers de la partie I). Le jury attend des réponses concises, précises et qui font référence aux documents fournis s’ils sont utilisés. »

« Une réponse floue ou présentant deux arguments contradictoires n’est pas recevable. Il en est de même d’une réponse avec un argument correct et un autre faux ou hors sujet. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : vitesse minimale de sustentation, coefficient de portance

Exprimer la vitesse .

Voir l'indice

Isoler formellement v_{\min} dans la relation d'équilibre de sustentation en substituant C_y par sa valeur plafond C_{y,\max}.

Voir la stratégie
  1. Partir de la condition d'équilibre vertical en vol horizontal uniforme (équation de sustentation établie à la question Q2).
  2. Exprimer la vitesse en fonction du coefficient de portance C_y, puis minimiser cette vitesse en prenant la valeur maximale de ce coefficient, notée C_{y,\max}.
Voir la réponse courte

Expression v_{\text{min}} = \sqrt{\frac{2mg}{\rho S C_{y,\text{max}}}} obtenue à partir de l'égalité du poids et de la portance maximale.

Voir le corrigé complet

Pour maintenir un vol en palier horizontal uniforme, la portance totale développée par les deux ailes doit compenser le poids de l'appareil. D'après l'équation de sustentation obtenue à la question Q2 :

m g = \rho S v^2 C_y = \frac{1}{2} \rho S_{\text{tot}} v^2 C_y

où S_{\text{tot}} = 2S désigne la surface portante totale des deux ailes.

La vitesse de vol nécessaire au maintien de la sustentation s'exprime donc par :

v = \sqrt{\frac{m g}{\rho S C_y}} = \sqrt{\frac{2 m g}{\rho S_{\text{tot}} C_y}}

La vitesse minimale v_{\min} correspond à la valeur maximale possible du coefficient de portance, notée C_{y,\max} :

\boxed{v_{\min} = \sqrt{\frac{m g}{\rho S C_{y,\max}}} = \sqrt{\frac{2 m g}{\rho S_{\text{tot}} C_{y,\max}}}}

Résultat

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Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : angle d'incidence, coefficient de portance

Pour l'aile considérée, estimer la valeur numérique de l'incidence permettant de voler à .

Voir l'indice

Repérer graphiquement le sommet de la courbe C_y(\alpha) sur la figure 2 pour l'aile lisse.

Voir la stratégie
  1. Rappeler que la vitesse minimale de sustentation v_{\min} correspond au vol à portance maximale, c'est-à-dire pour la valeur maximale du coefficient de portance C_{y,\max}.
  2. Effectuer une lecture graphique sur la courbe C_y(\alpha) de la figure 2 pour déterminer l'angle d'incidence correspondant au sommet de la courbe.
Voir la réponse courte

Lecture graphique de l'angle d'incidence correspondant au maximum du coefficient de portance C_{y,\text{max}}.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression de la vitesse minimale établie à la question Q7 :

v_{\min} = \sqrt{\frac{2mg}{\rho S_{\text{tot}} C_{y,\max}}}

le vol à la vitesse v_{\min} est obtenu lorsque le coefficient de portance atteint sa valeur maximale C_y = C_{y,\max}.

Sur la courbe C_y(\alpha) de la figure 2 (ou de la figure 5 pour l'aile lisse), le maximum de portance C_{y,\max} \approx 1{,}6 est atteint pour un angle d'incidence d'environ :

\boxed{\alpha \approx 14^\circ \text{ à } 15^\circ}

Résultat

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Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : vitesse minimale de sustentation

Estimer la valeur numérique de pour l'aile considérée.

Voir l'indice

Effectuer le calcul numérique de la vitesse de sustentation minimale en prenant garde de comptabiliser la surface portante des deux ailes.

Voir la réponse courte

Application numérique du calcul de v_{\text{min}} à partir des données de masse et de surface alaire.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression établie à la question Q7 et les valeurs identifiées à la question Q8 :

v_{\min} = \sqrt{\frac{m\,g}{\rho\,S\,C_{y,\max}}} = \sqrt{\frac{2\,m\,g}{\rho\,S_{\text{tot}}\,C_{y,\max}}}

avec les grandeurs numériques fournies :

  • masse de l'avion : m = 60\,000\text{ kg} ;
  • intensité de la pesanteur : g = 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} ;
  • masse volumique de l'air : \rho = 1{,}2\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
  • surface portante d'une aile : S = 12 \times 3 = 36\text{ m}^2 (soit S_{\text{tot}} = 72\text{ m}^2) ;
  • coefficient maximal de portance : C_{y,\max} \approx 1{,}6.

L'application numérique donne :

\begin{aligned} v_{\min} &= \sqrt{\frac{60\,000 \times 9{,}8}{1{,}2 \times 36 \times 1{,}6}} \\ &= \sqrt{\frac{5{,}88 \times 10^5}{69{,}12}} \approx 92{,}2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

Convertie en kilomètres par heure :

v_{\min} \approx 92{,}2 \times 3{,}6 \approx 3{,}3 \times 10^2\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}
\boxed{v_{\min} \approx 92\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \approx 330\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}}

Résultat

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : décrochage, atterrissage

Pourquoi cette situation risque-t-elle de se présenter en phase d'atterrissage ?

Voir l'indice

Comparer la vitesse minimale de sustentation trouvée pour l'aile lisse avec la vitesse imposée d'atterrissage (250\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}).

Voir la réponse courte

À l'atterrissage la vitesse diminue fortement, ce qui rapproche dangereusement l'avion de sa vitesse de décrochage.

Voir le corrigé complet

Lors de la phase d'atterrissage, l'avion doit impérativement réduire sa vitesse par rapport à celle du vol de croisière afin de limiter l'énergie cinétique à dissiper lors du freinage et de s'adapter à la longueur finie de la piste.

D'après l'équation de sustentation établie à la question Q2 :

m g = \frac{1}{2} \rho S_{\text{tot}} v^2 C_y

Pour compenser le poids m g à vitesse v réduite, il est nécessaire d'augmenter le coefficient de portance C_y. Pour une aile donnée, cette augmentation s'obtient en augmentant l'angle d'incidence \alpha (en cabrant l'avion).

La vitesse de vol se rapproche alors dangereusement de la vitesse minimale de sustentation v_{\min} (calculée à environ 330\text{ km}\cdot\text{h}^{-1} en Q9, alors que la vitesse visée à l'atterrissage est de 250\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}). Le risque est donc d'atteindre ou de dépasser l'incidence critique de décrochage \alpha \approx 15^\circ, ce qui provoquerait une perte brutale de portance à très basse altitude.

Voir ce qu'a relevé le jury

Proposer une argumentation concise, précise et cohérente, en exploitant les documents fournis sans accumuler d'arguments contradictoires ou hors sujet.

« Questions qualitatives valorisées dans le barème (un tiers de la partie I). Le jury attend des réponses concises, précises et qui font référence aux documents fournis s’ils sont utilisés. »

« Une réponse floue ou présentant deux arguments contradictoires n’est pas recevable. Il en est de même d’une réponse avec un argument correct et un autre faux ou hors sujet. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 11

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : dispositif hypersustentateur, coefficient de portance

En s'appuyant sur la figure 5 et en sachant que, pour des raisons de sécurité, l'atterrissage doit se faire à , discuter qualitativement le rôle des becs et des volets.

Voir l'indice

Observer sur la figure 5 comment les volets augmentent C_{y,\max} (abaissant la vitesse minimale) et comment les becs décalent l'angle de décrochage vers les fortes incidences.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'impossibilité physique de voler à 250\text{ km}\cdot\text{h}^{-1} en configuration lisse d'après les résultats de la question Q9.
  2. Relier la vitesse de sustentation à l'augmentation nécessaire de C_y.
  3. Analyser l'effet spécifique de chaque élément (volets et becs) à partir de la figure 5.
Voir la réponse courte

Les becs et volets augmentent la cambrure et la surface, décalant C_{y,\text{max}} pour abaisser v_{\text{min}} sous 250\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q9, la vitesse minimale de sustentation en configuration d'aile lisse est :

v_{\min} \approx 330\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}

À une vitesse d'atterrissage imposée de 250\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}, inférieure à cette vitesse de décrochage, l'aile lisse ne peut pas développer une portance suffisante pour équilibrer le poids de l'avion : l'appareil décrocherait inévitablement.

Pour assurer la sustentation à une vitesse réduite v = 250\text{ km}\cdot\text{h}^{-1} \approx 69\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, la condition m g = \frac{1}{2}\rho S_{\text{tot}} v^2 C_y impose une augmentation substantielle du coefficient de portance maximal C_{y,\max} (d'un facteur (330/250)^2 \approx 1{,}7, soit C_y \ge 2{,}7). C'est le rôle des dispositifs hypersustentateurs présentés sur la figure 5 :

  • Les volets de bord de fuite : en augmentant la cambrure du profil (ainsi que la surface portante S), ils déplacent la courbe C_y(\alpha) vers le haut. La valeur de C_{y,\max} est approximativement doublée, passant d'environ 1{,}6 à plus de 3{,}2. Cela abaisse la vitesse de décrochage v_{\min} en dessous de 250\text{ km}\cdot\text{h}^{-1} (ramenée autour de 230\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}), rendant possible le vol stabilisé à cette allure.
  • Les becs de bord d'attaque : ils guident et réaccélèrent l'écoulement sur l'extrados, ce qui retarde le décollement de la couche limite. Sur la figure 5, ils repoussent l'incidence de décrochage de \alpha \approx 14^\circ à plus de 20^\circ, tout en augmentant également la valeur de C_{y,\max}. Ils offrent ainsi une marge de sécurité accrue vis-à-vis du décrochage lors des manœuvres d'approche et d'arrondi.

En pratique, l'utilisation combinée des becs et des volets garantit à la fois une portance suffisante à basse vitesse (250\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}) et un domaine d'incidences utilisable étendu en toute sécurité.

Voir ce qu'a relevé le jury

Proposer une argumentation concise, précise et cohérente, en exploitant les documents fournis sans accumuler d'arguments contradictoires ou hors sujet.

« Questions qualitatives valorisées dans le barème (un tiers de la partie I). Le jury attend des réponses concises, précises et qui font référence aux documents fournis s’ils sont utilisés. »

« Une réponse floue ou présentant deux arguments contradictoires n’est pas recevable. Il en est de même d’une réponse avec un argument correct et un autre faux ou hors sujet. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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C · Le vol plané

Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux ; Mécanique › Cinématique et dynamique du point

Notions : finesse aérodynamique, vol plané

À partir d'un schéma représentant les forces s'exerçant sur l'avion, exprimer la finesse de l'aile en fonction du rapport .

Voir l'indice

Faire le bilan des forces en vol plané rectiligne uniforme sans poussée et exprimer la pente de descente en projetant selon la trajectoire et sa normale.

Voir la stratégie
  1. Réaliser un bilan des forces extérieures appliquées à l'avion en vol plané stabilisé (propulsion éteinte, vitesse vectorielle constante).
  2. Projeter le principe fondamental de la statique (ou première loi de Newton) sur les directions parallèle et perpendiculaire à la trajectoire.
  3. Relier l'angle de pente descendante à la géométrie de la descente (finesse) et en déduire l'expression de la finesse en fonction du rapport C_y / C_x.
Voir la réponse courte

Triangle des forces en descente rectiligne uniforme montrant que l'angle de plané vérifie \tan\theta = C_x/C_y = 1/f.

Voir le corrigé complet

Soit un avion de masse m en vol plané rectiligne uniforme à la vitesse \vec{v} constante dans le référentiel terrestre supposé galiléen. La trajectoire forme un angle \theta > 0 sous l'horizontale (valeur absolue de la pente).

Les forces appliquées à l'avion sont :

  • le poids \vec{P} = m\vec{g}, vertical descendant ;
  • la force de traînée \vec{R}_x, opposée au vecteur vitesse \vec{v} (dans le sens du vent relatif \vec{v}_0 = -\vec{v}), d'intensité R_x = \frac{1}{2} \rho S_{\text{tot}} v^2 C_x ;
  • la force de portance \vec{R}_y, perpendiculaire à la vitesse \vec{v} et dirigée vers le haut, d'intensité R_y = \frac{1}{2} \rho S_{\text{tot}} v^2 C_y ;
  • la poussée des moteurs est nulle en vol plané (\vec{F} = \vec{0}).

Le mouvement étant rectiligne et uniforme, le principe fondamental de la dynamique s'écrit :

\vec{P} + \vec{R}_x + \vec{R}_y = \vec{0}

Projetons cette relation d'équilibre vectoriel :

  • suivant la direction parallèle à la trajectoire (orientée dans le sens de \vec{v}) :

    m g \sin\theta - R_x = 0 \implies R_x = m g \sin\theta
  • suivant la direction perpendiculaire à la trajectoire (orientée vers le haut) :

    R_y - m g \cos\theta = 0 \implies R_y = m g \cos\theta

En effectuant le rapport membre à membre :

\frac{R_y}{R_x} = \frac{m g \cos\theta}{m g \sin\theta} = \frac{1}{\tan\theta}

Or, si l'avion parcourt une distance L le long de sa trajectoire, la distance horizontale franchie est x = L \cos\theta et la hauteur de chute correspondante est h = L \sin\theta. Par définition, la finesse f vaut :

f = \frac{x}{h} = \frac{L \cos\theta}{L \sin\theta} = \frac{1}{\tan\theta}

Comme R_y = \frac{1}{2}\rho S_{\text{tot}} v^2 C_y et R_x = \frac{1}{2}\rho S_{\text{tot}} v^2 C_x, le rapport des intensités des forces aérodynamiques est simplement égal au rapport des coefficients aérodynamiques :

\frac{R_y}{R_x} = \frac{C_y}{C_x}

On en déduit immédiatement :

\boxed{f = \frac{C_y}{C_x}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Un schéma soigné faisant apparaître deux triangles rectangles semblables permet de démontrer la relation en quelques lignes.

« Un schéma était indispensable pour répondre à la question. Une démonstration est attendue pour espérer obtenir les points. »

« Des candidats ont répondu en deux lignes grâce à un schéma bien tracé, mettant en évidence deux triangles rectangles semblables. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : polaire d'eiffel, finesse aérodynamique

Comment se traduit graphiquement la finesse maximale sur la polaire de type Eiffel ?

Voir l'indice

Traduire le rapport C_y/C_x comme la pente d'une droite joignant l'origine à un point de la polaire d'Eiffel.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rapport définissant la finesse f = \frac{C_y}{C_x} en termes de coordonnées d'un point M(C_x, C_y) sur la polaire d'Eiffel.
  2. Interpréter géométriquement ce rapport comme la pente d'une droite issue de l'origine du repère et en déduire la condition d'extrémum.
Voir la réponse courte

La finesse maximale correspond à la pente maximale de la droite issue de l'origine tangente à la polaire.

Voir le corrigé complet

Sur la polaire de type Eiffel, chaque point M de la courbe a pour abscisse le coefficient de traînée C_x et pour ordonnée le coefficient de portance C_y.

D'après le résultat de la question Q12, la finesse s'écrit :

f = \frac{C_y}{C_x}

Ce rapport représente le coefficient directeur (la pente) de la droite reliant l'origine O(0,0) du repère au point M(C_x, C_y) de la polaire.

Par conséquent, la finesse maximale f_{\max} se traduit graphiquement par :

\boxed{\text{la pente de la tangente à la polaire issue de l'origine } O(0,0) \text{ dans le demi-plan } C_y > 0.}

Le point de contact entre cette tangente et la courbe polaire détermine le point de fonctionnement optimal de l'aile (portance, traînée et angle d'incidence de finesse maximale).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Reproduire et compléter l'allure de la polaire d'Eiffel permet une justification graphique rapide et efficace.

« Retracer l’allure de la polaire de type Eiffel de la figure 6 puis la compléter permet de répondre plus rapidement que par une longue explication. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 14

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : finesse aérodynamique, polaire d'eiffel

En utilisant la figure 6, évaluer numériquement la finesse maximale de l'aile considérée.

Voir l'indice

Déterminer la pente de la tangente à la courbe passant par l'origine sur le diagramme de la figure 6.

Voir la stratégie
  1. Identifier graphiquement le point de tangence entre la polaire d'Eiffel C_y(C_x) et la droite passant par l'origine de plus grande pente (résultat de la question Q13).
  2. Relever les coordonnées (C_x, C_y) de ce point de tangence sur la figure 6.
  3. En déduire la valeur numérique de la finesse maximale f_{\max} = (C_y / C_x)_T.
Voir la réponse courte

Détermination de la pente de la tangente à la polaire pour évaluer la finesse maximale de l'aile.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q13, la finesse maximale f_{\max} correspond au coefficient directeur de la droite issue de l'origine (0,0) et tangente à la polaire d'Eiffel dans le demi-plan C_y > 0.

Sur la figure 6, la tangente issue de l'origine est en contact avec la courbe au point T de coordonnées :

C_{x,T} \approx 2{,}6 \times 10^{-2} \quad \text{et} \quad C_{y,T} \approx 1{,}30

(on observe notamment qu'en C_{x} = 2{,}5 \times 10^{-2}, C_{y} \approx 1{,}25).

La finesse maximale de l'aile vaut ainsi :

f_{\max} = \left(\frac{C_y}{C_x}\right)_T \approx \frac{1{,}30}{2{,}6 \times 10^{-2}} = 50

Compte tenu de l'incertitude sur la détermination graphique du point de tangence, on peut estimer :

\boxed{f_{\max} \approx 50}

(une valeur comprise entre 47 et 52 est parfaitement acceptable).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Indiquer explicitement sur la copie les coordonnées du point correspondant à la finesse maximale.

« Les coordonnées du point de la polaire associé à la finesse maximale devaient être écrits pour obtenir les points. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux ; Mécanique › Cinématique et dynamique du point

Notions : vol plané, finesse aérodynamique

En déduire la distance horizontale maximale que peut parcourir l'avion en vol plané en cas de panne de moteur à au dessus du sol.

Voir l'indice

Appliquer la relation liant la distance franchissable horizontale, la hauteur de chute et la finesse maximale.

Voir la réponse courte

Relation géométrique D = f \cdot h donnant la distance maximale franchissable en vol plané.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé et l'étude menée à la question Q12, la finesse f caractérise le rapport entre la distance horizontale parcourue D et la hauteur de perte d'altitude H au cours d'un vol plané non motorisé :

f = \frac{D}{H} \implies D = f \, H

Pour maximiser la distance horizontale franchissable, le pilote doit adopter l'angle d'incidence correspondant à la finesse maximale de l'aile, soit f_{\max} déterminée à la question Q14 :

\boxed{D_{\max} = f_{\max} \, H}

Application numérique : avec H = 1\,000\text{ m} = 1{,}0\text{ km} et la valeur f_{\max} \approx 50 obtenue à la question Q14, il vient :

D_{\max} \approx 50 \times 1\,000\text{ m} \approx 50\text{ km}
\boxed{D_{\max} \approx 50\text{ km}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Préciser les coordonnées du point associé à la finesse maximale pour obtenir les points.

« Les coordonnées du point de la polaire associé à la finesse maximale devaient être écrits pour obtenir les points. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : traînée parasite, finesse aérodynamique

En réalité, la finesse de l'avion complet (ailes, fuselage, moteurs, empennage, dérive...) est deux fois moins importante que celle de ses ailes. Proposer une explication.

Voir l'indice

Considérer la traînée aérodynamique parasite additionnelle engendrée par l'ensemble des éléments non portants (fuselage, réacteurs, empennage).

Voir la réponse courte

Le fuselage, les nacelles et l'empennage ajoutent une traînée parasite sans apporter de portance significative.

Voir le corrigé complet

La finesse aérodynamique globale d'un aéronef est définie par le rapport de la portance totale à la traînée totale :

f = \frac{R_y}{R_x}

Lorsqu'on passe de l'aile seule à l'avion complet (fuselage, nacelles des réacteurs, empennage horizontal, dérive verticale) :

  • La portance globale R_y varie très peu : les ailes constituent la quasi-totalité de la surface portante de l'appareil (R_{y,\text{avion}} \approx R_{y,\text{ailes}}), les autres éléments (fuselage, réacteurs) ne générant qu'une portance négligeable, tandis que l'empennage horizontal fournit généralement une déportance modérée pour assurer l'équilibre longitudinal ;
  • La traînée globale R_x augmente considérablement : chaque élément supplémentaire introduit de la traînée parasite (frottement visqueux de l'air sur les parois du fuselage et des nacelles, traînée de forme liée aux écoulements décollés, ainsi que la traînée d'interférence aux jonctions aile-fuselage et mât-réacteurs) :

    R_{x,\text{avion}} = R_{x,\text{ailes}} + R_{x,\text{parasite}}

Pour un avion de ligne moderne, la traînée parasite des éléments non porteurs est du même ordre de grandeur que la traînée propre des voilures (R_{x,\text{avion}} \approx 2\, R_{x,\text{ailes}}), d'où :

\boxed{f_{\text{avion}} = \frac{R_{y,\text{avion}}}{R_{x,\text{avion}}} \approx \frac{R_{y,\text{ailes}}}{2\, R_{x,\text{ailes}}} \approx \frac{1}{2}\, f_{\text{ailes}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Proposer une argumentation concise, précise et cohérente, en exploitant les documents fournis sans accumuler d'arguments contradictoires ou hors sujet.

« Questions qualitatives valorisées dans le barème (un tiers de la partie I). Le jury attend des réponses concises, précises et qui font référence aux documents fournis s’ils sont utilisés. »

« Une réponse floue ou présentant deux arguments contradictoires n’est pas recevable. Il en est de même d’une réponse avec un argument correct et un autre faux ou hors sujet. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Partie II : Turboréacteur double corps, avec soufflante, à flux séparés

Question 17

ExigeanteTemps estimé : ≈ 12 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : température de flamme, enthalpie de réaction

On modélise le kérosène par le décane . En s'appuyant sur une modélisation qui sera justifiée, exprimer puis évaluer l'élévation maximale de température lors de la combustion d'une mole de décane en présence de la quantité juste suffisante d'air. Les produits obtenus sont du dioxyde de carbone et de l'eau.

Voir l'indice

Écrire l'équation de combustion stœchiométrique du décane dans l'air, puis appliquer le premier principe à pression constante dans l'hypothèse d'une flamme adiabatique.

Voir la stratégie
  1. Écrire l'équation de la réaction de combustion complète d'une mole de décane et en déduire la quantité de dioxygène ainsi que celle de diazote apportée par l'air stœchiométrique.
  2. Justifier la modélisation thermodynamique permettant d'atteindre l'élévation de température maximale (combustion adiabatique et isobare).
  3. Calculer l'enthalpie standard de combustion \Delta_r H^\circ à l'aide de la loi de Hess, puis exprimer \Delta T_{\max} à partir du bilan enthalpique \Delta H = 0.
Voir la réponse courte

Bilan enthalpique adiabatique \Delta H^\circ + \int C_p\,\mathrm{d}T = 0 pour déterminer la température théorique de flamme du décane.

Voir le corrigé complet

L'équation de combustion complète d'une mole de décane liquide s'écrit :

\mathrm{C}_{10}\mathrm{H}_{22(\ell)} + \frac{31}{2}\,\mathrm{O}_{2(\text{g})} \longrightarrow 10\,\mathrm{CO}_{2(\text{g})} + 11\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\text{g})}

L'air contenant 20\,\% de \mathrm{O}_2 et 80\,\% de \mathrm{N}_2, chaque mole de dioxygène est accompagnée de n(\mathrm{N}_2) / n(\mathrm{O}_2) = 80/20 = 4\text{ moles} de diazote inerte. Pour une mole de décane, la quantité d'air juste suffisante apporte donc :

n(\mathrm{O}_2) = \frac{31}{2} = 15{,}5\text{ mol} \quad \text{et} \quad n(\mathrm{N}_2) = 4 \times 15{,}5 = 62\text{ mol}

Modélisation retenue :

  • La chambre de combustion est à pression constante (« chambre supposée isobare ») : la chaleur reçue par le système fermé constitué des réactifs est Q_p = \Delta H.
  • L'élévation de température est maximale lorsque les pertes thermiques vers l'extérieur sont négligées : la transformation est modélisée comme adiabatique (Q_p = 0), conduisant à la température adiabatique de flamme.
  • On suppose les capacités thermiques molaires indépendantes de la température et on néglige les phénomènes de dissociation thermique à haute température.

Par conservation de l'enthalpie (\Delta H = 0), on décompose la transformation en deux étapes fictives à partir de la température initiale T_0 = 298\text{ K} :

  1. Réaction totale à T_0 : \Delta H_1 = 1\text{ mol} \times \Delta_r H^\circ(T_0) ;
  2. Échauffement des produits gazeux (\mathrm{CO}_2, \mathrm{H}_2\mathrm{O} et \mathrm{N}_2) de T_0 à T_f : \Delta H_2 = C_{p,\text{prod}} \, (T_f - T_0) = C_{p,\text{prod}} \, \Delta T_{\max}.

Le bilan enthalpique donne :

\Delta H = \Delta_r H^\circ(T_0) + C_{p,\text{prod}} \, \Delta T_{\max} = 0 \implies \Delta T_{\max} = \frac{-\Delta_r H^\circ(T_0)}{C_{p,\text{prod}}}

D'après la loi de Hess :

\begin{aligned} \Delta_r H^\circ(T_0) &= 10\,\Delta_f H^\circ(\mathrm{CO}_{2(\text{g})}) + 11\,\Delta_f H^\circ(\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\text{g})}) - \Delta_f H^\circ(\mathrm{C}_{10}\mathrm{H}_{22(\ell)}) \\ &= 10 \times (-393{,}5) + 11 \times (-241{,}8) - (-249{,}7) \\ &= -6345{,}1\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}

La capacité thermique du mélange réactionnel final vaut :

\begin{aligned} C_{p,\text{prod}} &= 10\,C_p^\circ(\mathrm{CO}_{2(\text{g})}) + 11\,C_p^\circ(\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\text{g})}) + 62\,C_p^\circ(\mathrm{N}_{2(\text{g})}) \\ &= 10 \times 38{,}5 + 11 \times 36{,}2 + 62 \times 28{,}7 \\ &= 385{,}0 + 398{,}2 + 1779{,}4 = 2562{,}6\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}

On en déduit l'élévation maximale de température :

\Delta T_{\max} = \frac{6345{,}1 \times 10^3}{2562{,}6} \approx 2{,}48 \times 10^3\text{ K}
\boxed{\Delta T_{\max} = \frac{-\Delta_r H^\circ(T_0)}{10\,C_p^\circ(\mathrm{CO}_2) + 11\,C_p^\circ(\mathrm{H}_2\mathrm{O}) + 62\,C_p^\circ(\mathrm{N}_2)} \approx 2{,}5 \times 10^3\text{ K}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Soigner la rédaction thermodynamique et arrondir le résultat à deux chiffres significatifs compte tenu des approximations.

« Question classique pour laquelle le jury attend une rédaction soignée : équation de réaction bien écrite, tableau d’avancement construit, justification de ΔH= 0 pour le milieu réactionnel et expression littérale correcte de la capacité thermique du système en fin de réaction. »

« La valeur de l’élévation maximale de température ne peut être donnée avec quatre chiffres significatifs au regard des approximations effectuées. 2476 K doit donc être écrit 2,5 × 103 K. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 18

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Premier et second principes

Notions : loi de laplace, détente isentropique

Établir l'expression de la pression en fonction de , , et du coefficient isentropique de l'air .

Voir l'indice

Utiliser la loi de Laplace pour un gaz parfait sous forme T P^{(1-\gamma)/\gamma} = \text{Cte} lors d'une évolution isentropique.

Voir la stratégie
  1. Identifier la transformation subie par le fluide : dans la soufflante, le compresseur, la turbine ou la tuyère, l'écoulement est modélisé comme adiabatique et réversible, donc isentropique.
  2. Établir la relation de Laplace liant température et pression pour un gaz parfait à capacités thermiques constantes (ds = 0).
  3. Exprimer la relation demandée (l'énoncé comporte une coquille évidente, demandant P_j en fonction de T_i, P_j, P_i : il s'agit d'exprimer la température T_j en fonction de T_i, P_i, P_j, ou réciproquement P_j en fonction de T_j, T_i, P_i).
Voir la réponse courte

Exploitation de la loi de Laplace sous la forme T P^{(1-\gamma)/\gamma} = \text{cte} pour exprimer la pression de sortie.

Voir le corrigé complet

L'air est modélisé par un gaz parfait de coefficient isentropique \gamma constant. D'après le texte, les évolutions dans la soufflante, le compresseur, la turbine et les tuyères sont supposées adiabatiques et réversibles, donc isentropiques.

L'identité thermodynamique appliquée à l'entropie massique s d'un gaz parfait s'écrit :

\mathrm{d}s = c_p \frac{\mathrm{d}T}{T} - \frac{r}{\rho T}\mathrm{d}P = c_p \frac{\mathrm{d}T}{T} - r \frac{\mathrm{d}P}{P}

avec r = c_p - c_v = c_p \left(1 - \frac{1}{\gamma}\right) = c_p \frac{\gamma - 1}{\gamma}.

Pour une transformation isentropique (\mathrm{d}s = 0), il vient :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}T}{T} - \frac{\gamma - 1}{\gamma} \frac{\mathrm{d}P}{P} &= 0 \\ \ln\left(\frac{T_j}{T_i}\right) &= \frac{\gamma - 1}{\gamma} \ln\left(\frac{P_j}{P_i}\right) \end{aligned}

Ce qui conduit à la loi de Laplace sous forme température-pression :

T_j P_j^{\frac{1-\gamma}{\gamma}} = T_i P_i^{\frac{1-\gamma}{\gamma}}

L'énoncé comportant une coquille dans l'énoncé de la question (« exprimer la pression P_j en fonction de T_i, P_j, P_i et \gamma »), on fournit les deux formes équivalentes :

  • l'expression de la température finale T_j, directement utile aux questions suivantes :

    \boxed{T_j = T_i \left(\frac{P_j}{P_i}\right)^{\frac{\gamma - 1}{\gamma}}}
  • l'expression de la pression P_j en fonction de T_i, T_j, P_i et \gamma :

    \boxed{P_j = P_i \left(\frac{T_j}{T_i}\right)^{\frac{\gamma}{\gamma - 1}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Énoncer rigoureusement l'ensemble des conditions d'application de la loi de Laplace.

« Toutes les conditions d’application de la loi de Laplace doivent être rédigées. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 19

DifficileTemps estimé : ≈ 15 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement

Notions : premier principe industriel, turboréacteur

En exploitant le couplage mécanique entre turbine, compresseur et soufflante, établir les expressions littérales et les valeurs numériques des températures , , et de la pression en sortie de turbine.

Voir l'indice

Exprimer les puissances mécaniques échangées sur l'arbre commun et traduire le bilan de puissance nul entre turbine, compresseur et soufflante.

Voir la stratégie
  1. Déterminer les températures T_2 et T_3 en appliquant la relation isentropique établie à la question précédente aux compressions de la soufflante et du compresseur.
  2. Exprimer le bilan de puissance mécanique sur l'arbre commun reliant la turbine, le compresseur et la soufflante en tenant compte des débits respectifs traversant chaque organe.
  3. En déduire T_5 puis calculer la pression P_5 à l'aide de la loi isentropique dans la turbine (avec P_4 = P_3).
Voir la réponse courte

Bilans d'enthalpie sur le compresseur et la turbine couplés mécaniquement pour déterminer températures et pression intermédiaires.

Voir le corrigé complet

1. Températures T_2 et T_3 :

L'écoulement étant isentropique et l'énergie cinétique négligée dans la soufflante (1 \to 2) et dans le compresseur (2 \to 3), la loi établie en Q18 donne :

T_2 = T_1 \left(\frac{P_2}{P_1}\right)^{\frac{\gamma - 1}{\gamma}}
T_3 = T_2 \left(\frac{P_3}{P_2}\right)^{\frac{\gamma - 1}{\gamma}} = T_1 \left(\frac{P_3}{P_1}\right)^{\frac{\gamma - 1}{\gamma}}

Applications numériques, avec T_1 = 288\text{ K}, \frac{\gamma-1}{\gamma} = \frac{0{,}4}{1{,}4} = \frac{2}{7}, \frac{P_2}{P_1} = 2 et \frac{P_3}{P_2} = 13 (soit \frac{P_3}{P_1} = 26) :

\begin{aligned} T_2 &= 288 \times 2^{2/7} \approx 351{,}1\text{ K} \\ T_3 &= 288 \times 26^{2/7} \approx 730{,}0\text{ K} \end{aligned}
\boxed{T_2 = T_1 \left(\frac{P_2}{P_1}\right)^{\frac{\gamma - 1}{\gamma}} \approx 351\text{ K}} \qquad \boxed{T_3 = T_1 \left(\frac{P_3}{P_1}\right)^{\frac{\gamma - 1}{\gamma}} \approx 730\text{ K}}

2. Température T_5 en sortie de turbine :

Les énergies cinétiques étant négligées, le travail massique utile reçu par le gaz s'écrit w_{i \to j} = C_{p\text{ mass}}(T_j - T_i). Les puissances échangées par les fluides avec les différents organes mobiles en régime stationnaire s'écrivent :

  • Soufflante (traversée par le débit total D_m = D_{m1} + D_{m2} = D_{m1}(1 + \beta)) :

    \mathcal{P}_{\text{souff}} = D_m \, w_{1 \to 2} = D_{m1}(1 + \beta) C_{p\text{ mass}}(T_2 - T_1)
  • Compresseur (traversé par le flux primaire D_{m1}) :

    \mathcal{P}_{\text{comp}} = D_{m1} \, w_{2 \to 3} = D_{m1} C_{p\text{ mass}}(T_3 - T_2)
  • Turbine (traversée par le flux primaire D_{m1}) :

    \mathcal{P}_{\text{turb}} = D_{m1} \, w_{4 \to 5} = D_{m1} C_{p\text{ mass}}(T_5 - T_4) < 0

L'arbre étant supposé sans pertes mécaniques, le couplage mécanique impose \mathcal{P}_{\text{turb}} + \mathcal{P}_{\text{comp}} + \mathcal{P}_{\text{souff}} = 0, soit :

D_{m1} C_{p\text{ mass}}(T_4 - T_5) = D_{m1} C_{p\text{ mass}}(T_3 - T_2) + D_{m1}(1 + \beta) C_{p\text{ mass}}(T_2 - T_1)

En simplifiant par D_{m1} C_{p\text{ mass}}, on obtient :

T_5 = T_4 - (T_3 - T_2) - (1 + \beta)(T_2 - T_1)

Application numérique avec T_4 = 1450\text{ K} et \beta = 5{,}7 :

\begin{aligned} T_3 - T_2 &= 730{,}0 - 351{,}1 = 378{,}9\text{ K} \\ (1 + \beta)(T_2 - T_1) &= 6{,}7 \times (351{,}1 - 288) = 6{,}7 \times 63{,}1 = 422{,}6\text{ K} \\ T_5 &= 1450 - 378{,}9 - 422{,}6 = 648{,}5\text{ K} \end{aligned}
\boxed{T_5 = T_4 - (T_3 - T_2) - (1 + \beta)(T_2 - T_1) \approx 648\text{ K}}

3. Pression P_5 en sortie de turbine :

La détente 4 \to 5 dans la turbine est isentropique. La chambre de combustion étant isobare, P_4 = P_3 = 26\text{ bar}. D'après la relation isentropique :

P_5 = P_4 \left(\frac{T_5}{T_4}\right)^{\frac{\gamma}{\gamma - 1}} = P_3 \left(\frac{T_5}{T_4}\right)^{\frac{\gamma}{\gamma - 1}}

Application numérique avec \frac{\gamma}{\gamma-1} = 3{,}5 et P_3 = 26\text{ bar} :

P_5 = 26 \times \left(\frac{648{,}5}{1450}\right)^{3{,}5} = 26 \times (0{,}4472)^{3{,}5} \approx 1{,}56\text{ bar} = 1{,}56 \times 10^5\text{ Pa}
\boxed{P_5 = P_3 \left(\frac{T_5}{T_4}\right)^{\frac{\gamma}{\gamma - 1}} \approx 1{,}56\text{ bar}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement

Notions : tuyère, premier principe industriel

Établir l'expression littérale et la valeur numérique de , vitesse du gaz du flux chaud à la sortie de la tuyère.

Voir l'indice

Appliquer le premier principe pour un écoulement stationnaire dans la tuyère primaire adiabatique entre les états 5 et 6 en supposant la vitesse en 5 négligeable.

Voir la stratégie
  1. Appliquer l'expression du travail massique utile fournie par l'énoncé entre les états 5 (entrée de la tuyère) et 6 (sortie), en tenant compte de l'absence de pièces mobiles (w_{5\to 6} = 0) et de l'hypothèse d'une vitesse amont négligeable (c_5 \approx 0).
  2. Déterminer la température T_6 à l'aide de la loi de Laplace pour la détente isentropique dans la tuyère, puis effectuer l'application numérique.
Voir la réponse courte

Bilan d'énergie massique dans la tuyère sans travail utile : \Delta(h + c^2/2) = 0 donne c_6 = \sqrt{2c_p(T_5-T_6)}.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, le travail massique utile échangé par le fluide entre les états 5 et 6 s'écrit :

w_{5\to 6} = C_{p\,\text{mass}}(T_6 - T_5) + \frac{1}{2}(c_6^2 - c_5^2)

La tuyère est un conduit fixe ne comportant aucune pièce mobile en mouvement, d'où w_{5\to 6} = 0. De plus, la vitesse du gaz en entrée est supposée nulle (c_5 = 0). On en déduit :

\frac{1}{2}c_6^2 = C_{p\,\text{mass}}(T_5 - T_6) \implies c_6 = \sqrt{2 C_{p\,\text{mass}}(T_5 - T_6)}

La détente 5 \to 6 étant adiabatique et réversible pour un gaz parfait, la relation isentropique établie en Q18 s'applique :

T_6 = T_5 \left(\frac{P_6}{P_5}\right)^{\frac{\gamma - 1}{\gamma}}

En injectant cette relation, on obtient l'expression littérale de la vitesse d'éjection :

\boxed{c_6 = \sqrt{2 C_{p\,\text{mass}} T_5 \left[ 1 - \left(\frac{P_6}{P_5}\right)^{\frac{\gamma - 1}{\gamma}} \right]}}

Application numérique : Avec P_6 = 1\text{ bar}, P_5 \approx 1{,}56\text{ bar} et T_5 \approx 648\text{ K} (obtenus en Q19) :

\begin{aligned} T_6 &= 648 \times \left(\frac{1}{1{,}56}\right)^{\frac{1{,}4 - 1}{1{,}4}} \approx 572\text{ K} \\ T_5 - T_6 &\approx 648 - 572 = 76\text{ K} \end{aligned}

Avec C_{p\,\text{mass}} = 1{,}0 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} :

c_6 = \sqrt{2 \times 1{,}0 \times 10^3 \times 76{,}3} \approx 391\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{c_6 \approx 3{,}9 \times 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement

Notions : tuyère, premier principe industriel

Établir également l'expression littérale et la valeur numérique de , vitesse du gaz du flux froid à la sortie de la tuyère.

Voir l'indice

Conduire un raisonnement analogue pour le flux secondaire se détendant dans sa tuyère entre les états 2 et 7.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe de la thermodynamique en écoulement stationnaire à la traversée de la tuyère secondaire (transformation adiabatique sans parties mobiles, donc w_{2\to 7} = 0, avec vitesse en amont négligée c_2 \approx 0).
  2. Exprimer la température de sortie T_7 à l'aide de la loi de Laplace pour une détente isentropique d'un gaz parfait entre les pressions P_2 et P_7 = P_1.
  3. En déduire l'expression littérale de c_7, puis calculer sa valeur numérique.
Voir la réponse courte

Détente dans la tuyère du flux secondaire froid pour relier la vitesse d'éjection c_7 à l'écart enthalpique.

Voir le corrigé complet

Le flux secondaire subit entre l'état 2 (sortie de la soufflante à la pression P_2 et à vitesse négligeable devant c_7, soit c_2 \approx 0) et l'état 7 (sortie de la tuyère secondaire à la pression P_7 = 1\text{ bar} = P_1) une détente adiabatique et réversible sans échange de travail utile avec l'extérieur (w_{2\to 7} = 0).

D'après le premier principe de la thermodynamique pour un écoulement stationnaire fourni par l'énoncé :

w_{2\to 7} = C_{p\,\text{mass}}(T_7 - T_2) + \frac{1}{2}\left(c_7^2 - c_2^2\right) = 0

Comme c_2 \approx 0, la vitesse d'éjection s'écrit :

c_7 = \sqrt{2 C_{p\,\text{mass}} (T_2 - T_7)}

L'évolution étant isentropique pour l'air assimilé à un gaz parfait de rapport des capacités thermiques \gamma, la température T_7 vérifie la relation établie à la question Q18 :

T_7 = T_2 \left(\frac{P_7}{P_2}\right)^{\frac{\gamma - 1}{\gamma}}

Comme P_7 = P_1, et compte tenu de l'expression de T_2 = T_1 \left(\frac{P_2}{P_1}\right)^{\frac{\gamma - 1}{\gamma}} obtenue à la question Q19, on constate que :

T_7 = T_2 \left(\frac{P_1}{P_2}\right)^{\frac{\gamma - 1}{\gamma}} = T_1

La détente isentropique ramène ainsi l'air à sa température initiale d'admission T_1 = 288\text{ K}.

En reportant cette relation, l'expression de la vitesse d'éjection du flux secondaire devient :

c_7 = \sqrt{2 C_{p\,\text{mass}} T_2 \left[ 1 - \left(\frac{P_1}{P_2}\right)^{\frac{\gamma - 1}{\gamma}} \right]} = \sqrt{2 C_{p\,\text{mass}} (T_2 - T_1)}
\boxed{c_7 = \sqrt{2 C_{p\,\text{mass}} T_1 \left[ \left(\frac{P_2}{P_1}\right)^{\frac{\gamma - 1}{\gamma}} - 1 \right]} = \sqrt{2 C_{p\,\text{mass}} (T_2 - T_1)}}

Application numérique : Avec C_{p\,\text{mass}} = 1{,}0 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}, T_1 = 288\text{ K} et T_2 \approx 351{,}1\text{ K} :

\begin{aligned} c_7 &= \sqrt{2 \times 1{,}0 \times 10^3 \times (351{,}1 - 288)} \\ &= \sqrt{2 \times 1{,}0 \times 10^3 \times 63{,}1} \approx 355\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

Soit, avec deux chiffres significatifs :

\boxed{c_7 \approx 3{,}6 \times 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 22

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Mécanique des fluides › Bilans macroscopiques

Notions : bilan de quantité de mouvement, poussée d'un réacteur

Par un bilan de quantité de mouvement sur une surface de contrôle judicieusement choisie, justifier que les poussées produites par les tuyères relatives au flux chaud et froid sont respectivement données par : et .

Voir l'indice

Appliquer le théorème d'Euler pour la quantité de mouvement à un volume de contrôle fixe entourant le turboréacteur en tenant compte des vitesses nulles à l'aspiration au banc d'essai.

Voir la stratégie
  1. Définir le système ouvert constitué du volume de contrôle associé au flux étudié (chaud ou froid) entre l'entrée au repos et la sortie de tuyère adaptée.
  2. Appliquer le théorème de la quantité de mouvement (bilan d'Euler en régime stationnaire) au fluide contenu dans la surface de contrôle.
  3. Relier la force exercée par les parois sur le fluide à la poussée via la troisième loi de Newton.
Voir la réponse courte

Bilan de quantité de mouvement sur le volume fluide en régime stationnaire donnant la poussée par flux de quantité de mouvement.

Voir le corrigé complet

Considérons le turboréacteur fixé sur son banc d'essai au sol dans le référentiel terrestre supposé galiléen.

Pour le flux chaud (débit massique D_{m1}), choisissons une surface de contrôle fixe \Sigma_c délimitant un volume de contrôle \mathcal{V}_c qui englobe l'écoulement primaire depuis l'air ambiant au repos en amont (où la vitesse est nulle c_{\text{amont}} \approx 0 et la pression P_{\text{amont}} = P_1 = 1\text{ bar}) jusqu'au plan de sortie de la tuyère primaire (section S_6).

  • En sortie de tuyère, le gaz est éjecté à la vitesse \vec{c}_6 = -c_6\,\vec{e}_x (l'axe (Ox) étant orienté vers l'avant de l'aéronef).
  • La détente est complète dans la tuyère, la pression de sortie étant égale à la pression ambiante : P_6 = P_1 = 1\text{ bar}.

En régime stationnaire, le bilan de quantité de mouvement pour le système ouvert contenu dans \mathcal{V}_c (par exemple via la méthode du système fermé coïncident entre t et t+\mathrm{d}t) s'écrit :

\Delta \vec{p} = \mathrm{d}\vec{p}_{\text{sortie}} - \mathrm{d}\vec{p}_{\text{entrée}} = \sum \vec{F}_{\text{ext}}\,\mathrm{d}t

soit, en divisant par \mathrm{d}t :

D_{m1}\,\vec{c}_6 - D_{m1}\,\vec{c}_{\text{amont}} = \iint_{\Sigma_c} -P\,\vec{n}_{\text{ext}}\,\mathrm{d}S + \vec{R}_{\text{paroi}\to\text{fluide}}

où \vec{R}_{\text{paroi}\to\text{fluide}} désigne la résultante des actions de contact exercées par les parois internes de la tuyère et du réacteur sur le fluide primaire.

La pression régnant tout autour de la surface de contrôle \Sigma_c (y compris sur la section de sortie S_6 où P_6 = P_1) étant uniforme et égale à la pression ambiante P_1, l'intégrale des forces de pression sur la surface fermée \Sigma_c est rigoureusement nulle :

\iint_{\Sigma_c} -P_1\,\vec{n}_{\text{ext}}\,\mathrm{d}S = \vec{0}

Comme l'air est initialement au repos sur le banc fixe (\vec{c}_{\text{amont}} = \vec{0}), il vient :

\vec{R}_{\text{paroi}\to\text{fluide}} = D_{m1}\,\vec{c}_6 = - D_{m1} c_6\,\vec{e}_x

D'après le principe des actions réciproques (troisième loi de Newton), la force de poussée \vec{F}_c exercée par le fluide chaud sur la tuyère et le moteur est dirigée vers l'avant :

\vec{F}_c = -\vec{R}_{\text{paroi}\to\text{fluide}} = D_{m1} c_6\,\vec{e}_x

Son intensité scalaire est donc :

\boxed{F_c = D_{m1} c_6}

Un raisonnement strictement identique appliqué au flux froid (débit massique D_{m2}, vitesse d'éjection \vec{c}_7 = -c_7\,\vec{e}_x, pression de sortie adaptée P_7 = P_1 = 1\text{ bar}) conduit à :

\boxed{F_f = D_{m2} c_7}

Résultat

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Mécanique des fluides › Bilans macroscopiques

Notions : poussée d'un réacteur, taux de dilution

Exprimer la poussée du turboréacteur complet uniquement en fonction de , des vitesses d'éjection et et du facteur de by-pass.

Voir l'indice

Exprimer les débits primaire D_{m1} et secondaire D_{m2} en fonction du débit global D_m et du taux de dilution \beta = D_{m2}/D_{m1}.

Voir la réponse courte

Somme des poussées des deux flux exprimée à l'aide du taux de dilution \lambda = D_{m2}/D_{m1}.

Voir le corrigé complet

La poussée totale F délivrée par le turboréacteur est la somme des poussées exercées par le flux chaud (tuyère primaire) et par le flux froid (tuyère secondaire), établies à la question précédente Q22 :

F = F_c + F_f = D_{m1} c_6 + D_{m2} c_7

Par définition du taux de dilution \beta = \frac{D_{m2}}{D_{m1}} et du débit massique total D_m = D_{m1} + D_{m2}, on a :

D_m = D_{m1}(1 + \beta)

ce qui permet d'exprimer les deux débits massiques en fonction de D_m et \beta :

\begin{aligned} D_{m1} &= \frac{D_m}{1 + \beta} \\ D_{m2} &= \frac{\beta}{1 + \beta} D_m \end{aligned}

En injectant ces expressions dans celle de la poussée totale, on obtient :

\boxed{F = \frac{D_m}{1 + \beta} \left( c_6 + \beta \, c_7 \right)}

Résultat

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Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Mécanique des fluides › Bilans macroscopiques

Notions : poussée spécifique

En déduire l'expression et la valeur numérique de la poussée par unité de débit massique , dite poussée spécifique du turboréacteur, notée .

Voir l'indice

Calculer le rapport F_s = F/D_m à partir des vitesses d'éjection c_6, c_7 et de la proportion massique de chaque flux.

Voir la stratégie
  1. Utiliser la définition de la poussée spécifique F_s = \dfrac{F}{D_m} en reprenant l'expression de la poussée totale F établie à la question Q23.
  2. Effectuer l'application numérique avec les valeurs de c_6, c_7 et \beta, et préciser l'unité adaptée (\text{N}\cdot\text{s}\cdot\text{kg}^{-1} ou \text{m}\cdot\text{s}^{-1}).
Voir la réponse courte

Division de la poussée totale par le débit global D_m et calcul numérique de la poussée spécifique.

Voir le corrigé complet

Par définition, la poussée spécifique F_s est le rapport de la poussée totale F sur le débit massique total D_m :

F_s = \frac{F}{D_m}

D'après le résultat de la question Q23 :

F = \frac{D_m}{1 + \beta}\,(c_6 + \beta c_7)

On en déduit immédiatement l'expression littérale de F_s :

\boxed{F_s = \frac{c_6 + \beta c_7}{1 + \beta}}

Application numérique : Avec les valeurs obtenues aux questions Q20 et Q21 :

  • c_6 \approx 391\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • c_7 \approx 355\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • \beta = 5{,}7.
\begin{aligned} F_s &= \frac{391 + 5{,}7 \times 355}{1 + 5{,}7} \\ &= \frac{391 + 2023{,}5}{6{,}7} \approx 360\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}
\boxed{F_s \approx 3{,}6 \times 10^2\text{ N}\cdot\text{s}\cdot\text{kg}^{-1} \quad (\text{ou } 3{,}6 \times 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1})}

Résultat

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Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Mécanique des fluides › Bilans macroscopiques

Notions : turboréacteur double flux, poussée

Quel est le pourcentage de la poussée assurée par le flux chaud ?

Voir l'indice

Rapporter la composante de poussée F_c = D_{m1} c_6 à la poussée totale développée.

Voir la réponse courte

Rapport F_c / F quantifiant la part de la poussée fournie par le flux primaire chaud.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q22 et Q23, la poussée totale F est la somme des poussées des flux chaud F_c et froid F_f :

F_c = D_{m1} c_6 \quad \text{et} \quad F = D_{m1} c_6 + D_{m2} c_7 = D_{m1}(c_6 + \beta c_7)

La proportion de la poussée totale assurée par le flux chaud, notée \Pi_c, s'exprime donc par :

\Pi_c = \frac{F_c}{F} = \frac{D_{m1} c_6}{D_{m1}(c_6 + \beta c_7)} = \frac{c_6}{c_6 + \beta c_7}

Avec les valeurs obtenues aux questions Q20 et Q21 :

  • c_6 \approx 391\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • c_7 \approx 355\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • \beta = 5{,}7.
\begin{aligned} \Pi_c &= \frac{391}{391 + 5{,}7 \times 355} \\ &= \frac{391}{391 + 2024} \\ &\approx 0{,}162 \end{aligned}
\boxed{\Pi_c \approx 16\,\%}

Résultat

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Question 26

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique

Chapitre : Mécanique des fluides › Bilans macroscopiques

Notions : débit massique, poussée d'un réacteur

Lors d'un essai au sol sur banc fixe, le turboréacteur délivre une poussée de . Quel débit massique doit alors assurer la soufflante ?

Voir l'indice

Utiliser directement la poussée spécifique calculée à la question précédente via D_m = F/F_s.

Voir la stratégie
  1. Relier la poussée F au débit massique total D_m traversant la soufflante à l'aide de la poussée spécifique F_s établie à la question Q24.
  2. Effectuer l'application numérique avec la valeur de poussée imposée lors de l'essai.
Voir la réponse courte

Calcul du débit massique D_m = F / F_s requis pour atteindre les 20\text{ kN} de poussée au banc d'essai.

Voir le corrigé complet

Par définition de la poussée spécifique F_s introduite à la question Q24, la poussée délivrée par le turboréacteur s'écrit :

F = D_m \, F_s = D_m \, \frac{c_6 + \beta \, c_7}{1 + \beta}

Le débit massique total D_m traversant la soufflante s'en déduit directement :

D_m = \frac{F}{F_s}

Application numérique : Avec F = 20\text{ kN} = 2{,}0 \times 10^4\text{ N} et F_s \approx 360{,}5\text{ N}\cdot\text{s}\cdot\text{kg}^{-1} (d'après Q24) :

\begin{aligned} D_m &= \frac{2{,}0 \times 10^4}{360{,}5} \approx 55{,}5\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}
\boxed{D_m \approx 56\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

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Question 27

ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique des fluides › Bilans macroscopiques

Notions : poussée d'un réacteur, vol de croisière

Ce débit massique permet-il d'obtenir la même valeur de la poussée en vol de croisière ? Justifier qualitativement.

Voir l'indice

Prendre en compte le fait qu'en vol l'air pénètre dans le réacteur avec une vitesse amont non nulle (vitesse de croisière), ce qui introduit une traînée de captation.

Voir la stratégie
  1. Comparer les conditions d'entrée de l'air dans le turboréacteur entre l'essai au sol (air au repos en amont) et le vol de croisière (air entrant à la vitesse relative v_0).
  2. Exprimer qualitativement la poussée nette en vol à partir du bilan de quantité de mouvement pour identifier l'influence de la vitesse de vol sur la poussée spécifique.
Voir la réponse courte

En vol, l'air entre avec une vitesse amont non nulle et la poussée nette D_m(c - v) est plus faible qu'au sol.

Voir le corrigé complet

Non, ce débit massique ne permet pas d'obtenir la même valeur de poussée en vol de croisière.

Lors du test au banc d'essai fixe, l'air est aspiré avec une vitesse amont quasi nulle (c_{\text{entrée}} \approx 0), de sorte que la poussée est simplement le débit de quantité de mouvement éjecté :

F_{\text{sol}} = D_{m1} c_6 + D_{m2} c_7 = D_m F_s

En vol de croisière à la vitesse v_0, dans le référentiel lié à l'avion, l'air pénètre dans le réacteur à la vitesse c_{\text{entrée}} = v_0 (de l'ordre de 200\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} d'après la question Q3). Le théorème de la quantité de mouvement appliqué au fluide traversant le moteur conduit alors à une poussée nette :

F_{\text{vol}} = D_{m1}(c_6 - v_0) + D_{m2}(c_7 - v_0) = F_{\text{sol}} - D_m v_0 = D_m(F_s - v_0)

Le terme soustractif D_m v_0, appelé « traînée de captation » (ou traînée d'admission), traduit la quantité de mouvement que le réacteur doit fournir à l'air incident pour l'accélérer depuis sa vitesse amont jusqu'à sa vitesse d'éjection.

La vitesse v_0 \approx 200\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} n'étant pas du tout négligeable devant la poussée spécifique F_s \approx 360\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, la poussée spécifique nette en vol est réduite de plus de moitié par rapport à celle au banc fixe. Par conséquent, avec un même débit massique D_m = 56\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}, la poussée obtenue en vol serait nettement inférieure aux 20\text{ kN} développés au banc d'essai fixe.

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Partie III : NOx et production de gaz à effet de serre

Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : enthalpie standard de réaction, loi de hess

Calculer l'enthalpie standard de réaction associée à la réaction (III.1). Commenter.

Voir l'indice

Appliquer la loi de Hess à l'aide des enthalpies standard de formation fournies et commenter le caractère endothermique de la réaction.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la loi de Hess à la réaction (III.1) en utilisant les enthalpies standard de formation fournies dans les données.
  2. Analyser le signe de l'enthalpie standard de réaction et s'appuyer sur la loi de modération de Van 't Hoff pour expliquer la formation des \mathrm{NO}_x à haute température.
Voir la réponse courte

Loi de Hess avec les enthalpies de formation : réaction fortement endothermique favorisée à haute température.

Voir le corrigé complet

L'équation de la réaction (III.1) s'écrit :

\mathrm{N}_{2(\mathrm{g})} + \mathrm{O}_{2(\mathrm{g})} = 2\,\mathrm{NO}_{(\mathrm{g})}

D'après la loi de Hess, l'enthalpie standard de réaction à 298\text{ K} vaut :

\Delta_r H^\circ = 2\,\Delta_f H^\circ(\mathrm{NO}_{(\mathrm{g})}) - \Delta_f H^\circ(\mathrm{N}_{2(\mathrm{g})}) - \Delta_f H^\circ(\mathrm{O}_{2(\mathrm{g})})

\mathrm{N}_{2(\mathrm{g})} et \mathrm{O}_{2(\mathrm{g})} étant les corps simples dans leur état standard de référence à 298\text{ K}, leur enthalpie standard de formation est nulle : \Delta_f H^\circ(\mathrm{N}_{2(\mathrm{g})}) = 0 et \Delta_f H^\circ(\mathrm{O}_{2(\mathrm{g})}) = 0.

Avec la valeur du tableau de données \Delta_f H^\circ(\mathrm{NO}_{(\mathrm{g})}) = 90{,}4\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} :

\begin{aligned} \Delta_r H^\circ &= 2 \times 90{,}4 \\ &= 180{,}8\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}
\boxed{\Delta_r H^\circ = 180{,}8\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}}

Commentaires :

  • L'enthalpie standard de réaction est positive (\Delta_r H^\circ > 0) : la réaction est fortement endothermique. La rupture de la très forte liaison triple \mathrm{N}\equiv\mathrm{N} et de la liaison double \mathrm{O}=\mathrm{O} coûte plus d'énergie que n'en rapporte la formation des deux liaisons \mathrm{N-O}.
  • D'après la relation de Van 't Hoff :

    \frac{\mathrm{d}\ln K^\circ}{\mathrm{d}T} = \frac{\Delta_r H^\circ}{R T^2} > 0

    la constante d'équilibre standard K^\circ(T) est une fonction strictement croissante de la température.

  • À température ambiante (298\text{ K}), K^\circ est extrêmement faible : l'air atmosphérique est thermodynamiquement stable et le monoxyde d'azote ne se forme pas spontanément.
  • En revanche, aux températures très élevées régnant au cœur de la chambre de combustion (température de flamme supérieure à 1400\text{ K}), la constante K^\circ(T) augmente considérablement, ce qui favorise la formation thermique de monoxyde d'azote \mathrm{NO} (formation dite « \mathrm{NO}_x thermiques »).

Résultat

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Question 29

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : équilibre chimique, relation de van 't hoff

En se plaçant dans l'approximation d'Ellingham, évaluer la fraction molaire de monoxyde d'azote présente à l'équilibre dans de l'air chauffé à .

Voir l'indice

Calculer l'enthalpie libre standard de réaction à 1450 K sous l'approximation d'Ellingham, en déduire K^\circ(T), puis relier K^\circ aux fractions molaires à l'équilibre.

Voir la stratégie
  1. Déterminer l'entropie standard de la réaction (III.1) à partir des grandeurs tabulées à 298\text{ K}.
  2. Calculer l'enthalpie libre standard de réaction \Delta_r G^\circ(T) à T = 1450\text{ K} dans le cadre de l'approximation d'Ellingham, puis en déduire la constante d'équilibre K^\circ(T).
  3. Exprimer le quotient réactionnel à l'équilibre en fonction des fractions molaires et en déduire la fraction molaire x_{\mathrm{NO}} sachant que K^\circ \ll 1.
Voir la réponse courte

Calcul de K^\circ(T) par intégration de Van 't Hoff puis résolution du quotient réactionnel pour la fraction molaire de \mathrm{NO}.

Voir le corrigé complet

L'équation de la réaction s'écrit :

\mathrm{N}_{2(\mathrm{g})} + \mathrm{O}_{2(\mathrm{g})} = 2\,\mathrm{NO}_{(\mathrm{g})} \qquad (\text{III.1})

1. Entropie standard de réaction : À 298\text{ K}, d'après la loi de Hess appliquée à l'entropie molaire standard :

\begin{aligned} \Delta_r S^\circ &= 2\,S^\circ_m(\mathrm{NO}_{(\mathrm{g})}) - S^\circ_m(\mathrm{N}_{2(\mathrm{g})}) - S^\circ_m(\mathrm{O}_{2(\mathrm{g})}) \\ \Delta_r S^\circ &= 2 \times 210{,}6 - 191{,}5 - 205{,}0 = 24{,}7\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} \end{aligned}

2. Enthalpie libre standard et constante d'équilibre à T = 1450\text{ K} : Dans le cadre de l'approximation d'Ellingham, l'enthalpie standard \Delta_r H^\circ (calculée à la question Q28 : \Delta_r H^\circ = 180{,}8\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}) et l'entropie standard \Delta_r S^\circ sont supposées indépendantes de la température. L'enthalpie libre standard de réaction à T = 1450\text{ K} vaut :

\begin{aligned} \Delta_r G^\circ(T) &= \Delta_r H^\circ - T\,\Delta_r S^\circ \\ \Delta_r G^\circ(1450\text{ K}) &= 180{,}8 \times 10^3 - 1450 \times 24{,}7 = 1{,}450 \times 10^5\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1} = 145{,}0\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}

La constante d'équilibre associée à la température T = 1450\text{ K} est donnée par :

K^\circ(T) = \exp\left(-\frac{\Delta_r G^\circ(T)}{R\,T}\right)

Numériquement :

\begin{aligned} \frac{\Delta_r G^\circ(T)}{R\,T} &= \frac{144{,}985 \times 10^3}{8{,}314 \times 1450} \approx 12{,}03 \\ K^\circ(1450\text{ K}) &= \exp(-12{,}03) \approx 5{,}98 \times 10^{-6} \end{aligned}

3. Fraction molaire de \mathrm{NO} à l'équilibre : Tous les réactifs et produits étant gazeux et le nombre de moles de gaz étant conservé (\Delta \nu_g = 2 - 1 - 1 = 0), la constante d'équilibre s'exprime directement à l'aide des fractions molaires x_i :

K^\circ = \frac{\left(\frac{P_{\mathrm{NO}}}{P^\circ}\right)^2}{\left(\frac{P_{\mathrm{N}_2}}{P^\circ}\right)\left(\frac{P_{\mathrm{O}_2}}{P^\circ}\right)} = \frac{x_{\mathrm{NO}}^2}{x_{\mathrm{N}_2}\,x_{\mathrm{O}_2}}

Comme K^\circ \ll 1, l'avancement de la réaction est très faible : les fractions molaires du diazote et du dioxygène restent très proches de leur composition initiale dans l'air, soit x_{\mathrm{N}_2} \approx 0{,}80 et x_{\mathrm{O}_2} \approx 0{,}20. Il vient :

x_{\mathrm{NO}} \approx \sqrt{K^\circ\,x_{\mathrm{N}_2}\,x_{\mathrm{O}_2}} = \sqrt{0{,}80 \times 0{,}20 \times K^\circ} = \sqrt{0{,}16\,K^\circ} = 0{,}40\,\sqrt{K^\circ}

Soit, en effectuant l'application numérique :

x_{\mathrm{NO}} = 0{,}40 \times \sqrt{5{,}98 \times 10^{-6}} \approx 9{,}8 \times 10^{-4}
\boxed{x_{\mathrm{NO}} \approx 9{,}8 \times 10^{-4} \approx 1{,}0 \times 10^{-3}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Dresser un tableau d'avancement clair et ne pas confondre les fractions molaires initiales avec celles à l'équilibre.

« Un tableau d’avancement bien construit à partir de quantités initiales identifiées en diazote et dioxygène aurait évité des erreurs ou des réponses injustifiées. »

« Trop de candidats confondent les fractions molaires en diazote et dioxygène en début de réaction (respectivement égales à 0,8 et 0,2) avec celles à l’équilibre. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Transformations chimiques › Cinétique chimique et mécanismes réactionnels

Notions : facteur cinétique, température

Commenter le choix de la température retenue pour l'étude cinétique.

Voir l'indice

Évaluer la valeur de \Delta_r G^\circ(400\text{ K}) pour vérifier que la réaction de formation de \mathrm{NO_2} est thermodynamiquement quasi-totale à cette température.

Voir la stratégie

Pour commenter le choix de la température T = 400\text{ K}, il convient d'analyser :

  1. L'aspect thermodynamique à partir de la fonction \Delta_r G^\circ(T) donnée par l'énoncé (sens d'évolution, constante d'équilibre et réversibilité de la réaction).
  2. La pertinence physique vis-à-vis des conditions de fonctionnement du moteur (température des gaz dans le panache d'échappement).
  3. L'aspect cinétique expérimental (vitesse mesurable, absence de réaction inverse).
Voir la réponse courte

Justification de la température assurant une vitesse de réaction mesurable sans dissociation excessive des produits.

Voir le corrigé complet

À la température de l'étude T = 400\text{ K}, l'enthalpie libre standard de la réaction (III.2) vaut :

\Delta_r G^\circ(400\text{ K}) = -114{,}4 + 0{,}1462 \times 400 = -55{,}9\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}

La constante d'équilibre correspondante est alors :

K^\circ(400\text{ K}) = \exp\left(-\frac{\Delta_r G^\circ(400\text{ K})}{R\,T}\right) = \exp\left(\frac{55{,}9 \times 10^3}{8{,}314 \times 400}\right) \approx 2{,}0 \times 10^7 \gg 1

Ce choix se justifie par plusieurs arguments complémentaires :

  • Simplification cinétique (réaction quasi-totale) : La constante d'équilibre étant très grande devant 1, la réaction est thermodynamiquement quasi-totale dans le sens direct. La réaction inverse de dissociation de \mathrm{NO}_2 est ainsi négligeable, ce qui permet de mesurer directement la vitesse de la réaction directe sans interférence de l'équilibre chimique.
  • Représentativité du panache d'échappement : Dans la chambre de combustion à T = 1450\text{ K}, \Delta_r G^\circ > 0 (la température d'inversion valant T_{\text{inv}} = \frac{114{,}4}{0{,}1462} \approx 782\text{ K}) : \mathrm{NO}_2 ne peut donc pas s'y former. En revanche, après détente dans la turbine et la tuyère (T_6 \approx 572\text{ K}, calculé à la question Q20) et lors du mélange avec l'air ambiant, les gaz d'échappement se refroidissent. Une température de 400\text{ K} (\approx 127\ ^\circ\mathrm{C}) est typique des gaz dans le panache en sortie de réacteur où l'oxydation de \mathrm{NO} en \mathrm{NO}_2 a lieu.
  • Aspect expérimental : Cette température modérée assure une vitesse de réaction mesurable, ni trop lente (ce qui rallongerait l'expérience) ni trop rapide (ce qui empêcherait un suivi cinétique précis).
Voir ce qu'a relevé le jury

Justifier le choix par la température d'éjection ou le compromis entre vitesse et rendement thermodynamique, sans invoquer le signe de l'enthalpie libre standard.

« Donner le signe de l’enthalpie libre standard de réaction ΔrG∘n’est pas un indicateur du sens d’avancement d’une réaction chimique. »

« Dans cette question, le jury attendait que les candidats relient la température choisie à la température en sortie du turboréacteur ou qu’ils évoquent un compromis entre vitesse de réaction élevée et bon rendement thermodynamique. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 31

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Transformations chimiques › Cinétique chimique et mécanismes réactionnels

Notions : ordre de réaction, constante de vitesse

Utiliser les résultats précédents pour proposer une loi de vitesse pour la réaction III.2. Déterminer la valeur numérique de la constante de vitesse à la température considérée. La forme obtenue pour la loi de vitesse était-elle prévisible ?

Voir l'indice

Constater la dégénérescence de l'ordre grâce à l'excès de dioxygène, déduire l'ordre partiel par rapport à \mathrm{NO} des pentes des droites, puis relier l'ordonnée à l'origine à la constante de vitesse.

Voir la stratégie
  1. Identifier la méthode de dégénérescence de l'ordre en comparant les concentrations initiales [\mathrm{O}_2]_0 et [\mathrm{NO}]_0.
  2. Exprimer \ln(v) en fonction de \ln([\mathrm{NO}]) pour relier la pente et l'ordonnée à l'origine aux ordres partiels p et q.
  3. Déterminer la constante de vitesse k avec ses unités, puis discuter la prévisibilité de la loi de vitesse (règle de van 't Hoff versus mécanisme réactionnel).
Voir la réponse courte

Détermination des ordres partiels à partir des données expérimentales et vérification de la loi de Van 't Hoff cinétique.

Voir le corrigé complet

Dans les deux expériences, la concentration initiale en dioxygène est de l'ordre de 10^{-3}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} tandis que celle en monoxyde d'azote est de 10\ \mu\text{mol}\cdot\text{L}^{-1} = 1{,}0 \times 10^{-5}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}. Le dioxygène est donc en large excès ([\mathrm{O}_2]_0 \ge 200\,[\mathrm{NO}]_0), ce qui permet d'appliquer l'approximation de dégénérescence de l'ordre : [\mathrm{O}_2](t) \approx [\mathrm{O}_2]_0 = \text{Cte}.

En postulant une loi de vitesse avec ordres partiels p pour \mathrm{NO} et q pour \mathrm{O}_2 :

v = k \, [\mathrm{NO}]^p \, [\mathrm{O}_2]^q = k_{\text{app}} \, [\mathrm{NO}]^p \quad \text{avec} \quad k_{\text{app}} = k \, [\mathrm{O}_2]_0^q

En passant au logarithme népérien :

\ln(v) = p \, \ln([\mathrm{NO}]) + \ln(k_{\text{app}})

1. Ordre partiel par rapport à \mathrm{NO} :
Les régressions linéaires de la figure 8 fournissent :

  • Expérience 1 : pente p_1 = 1{,}9871 \approx 2 ;
  • Expérience 2 : pente p_2 = 1{,}9979 \approx 2.

L'ordre partiel par rapport au monoxyde d'azote est donc un entier : \boxed{p = 2}.

2. Ordre partiel par rapport à \mathrm{O}_2 :
Les ordonnées à l'origine b_1 et b_2 s'identifient à \ln(k_{\text{app}}) :

b_1 = \ln(k) + q \ln([\mathrm{O}_2]_{0,1}) = -3{,}7841
b_2 = \ln(k) + q \ln([\mathrm{O}_2]_{0,2}) = -4{,}723

Par différence :

b_1 - b_2 = q \ln\!\left(\frac{[\mathrm{O}_2]_{0,1}}{[\mathrm{O}_2]_{0,2}}\right) \implies q = \frac{-3{,}7841 - (-4{,}723)}{\ln\!\left(\frac{5{,}0 \times 10^{-3}}{2{,}0 \times 10^{-3}}\right)} = \frac{0{,}9389}{\ln(2{,}5)} = \frac{0{,}9389}{0{,}9163} \approx 1{,}02

L'ordre partiel par rapport au dioxygène est donc : \boxed{q = 1}.

La loi de vitesse s'écrit donc :

\boxed{v = k \, [\mathrm{NO}]^2 \, [\mathrm{O}_2]}

3. Détermination de la constante de vitesse k à 400\text{ K} :
Dans les coordonnées du graphique, v est mesurée en \mu\text{mol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{min}^{-1} et [\mathrm{NO}] en \mu\text{mol}\cdot\text{L}^{-1}. Ainsi :

k_{\text{app,1}} = \mathrm{e}^{-3{,}7841} = 2{,}273 \times 10^{-2}\ (\mu\text{mol}\cdot\text{L}^{-1})^{-1}\cdot\text{min}^{-1}

Convertissons k_{\text{app}} dans les unités usuelles (\text{L}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{s}^{-1}) :

k_{\text{app,1}} = \frac{2{,}273 \times 10^{-2}\times 10^6\text{ L}\cdot\text{mol}^{-1}}{60\text{ s}} \approx 378{,}8\text{ L}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{s}^{-1}

Comme k = \frac{k_{\text{app,1}}}{[\mathrm{O}_2]_{0,1}} avec [\mathrm{O}_2]_{0,1} = 5{,}0 \times 10^{-3}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} :

k = \frac{378{,}8}{5{,}0 \times 10^{-3}} \approx 7{,}6 \times 10^4\text{ L}^2\cdot\text{mol}^{-2}\cdot\text{s}^{-1}

En procédant de même avec l'expérience 2 (k_{\text{app,2}} = \mathrm{e}^{-4{,}723} \times \frac{10^6}{60} = 148{,}1\text{ L}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{s}^{-1}) :

k = \frac{148{,}1}{2{,}0 \times 10^{-3}} \approx 7{,}4 \times 10^4\text{ L}^2\cdot\text{mol}^{-2}\cdot\text{s}^{-1}

En effectuant la moyenne des deux mesures :

\boxed{k(400\text{ K}) \approx 7{,}5 \times 10^4\text{ L}^2\cdot\text{mol}^{-2}\cdot\text{s}^{-1}} \quad \left(\text{soit } 4{,}5 \times 10^6\text{ L}^2\cdot\text{mol}^{-2}\cdot\text{min}^{-1}\right)

4. Prévisibilité de la forme de la loi de vitesse :
La loi obtenue présente des ordres partiels identiques aux coefficients stœchiométriques de l'équation bilan (2 pour \mathrm{NO} et 1 pour \mathrm{O}_2), ce qui correspondrait formellement à la règle de van 't Hoff. Cependant :

  • Pour une réaction bilan globale, la règle de van 't Hoff ne s'applique pas a priori ; la cinétique découle du mécanisme réactionnel microscopique (composé d'actes élémentaires).
  • De plus, un acte élémentaire trimoléculaire (2\,\mathrm{NO} + \mathrm{O}_2 \to 2\,\mathrm{NO}_2) est hautement improbable en phase gazeuse en raison de la probabilité quasi nulle d'un choc simultané à trois corps.

Cette forme d'ordre 3 global n'était donc absolument pas prévisible a priori (elle s'explique en réalité par un mécanisme en deux étapes passant par le dimère (\mathrm{NO})_2 ou le radical \mathrm{NO}_3).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très sélective, réussie par seulement 5 % des candidats ayant su déterminer et argumenter les deux ordres partiels.

« Question très mal réussie. Seulement 5 % des candidats trouvent les deux ordres partiels par rapport aux réactifs en argumentant correctement. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1, BCPST1

Chapitre : Structure de la matière › Liaisons, Lewis, VSEPR et interactions intermoléculaires

Notions : schéma de lewis, radical libre

Proposer un schéma de Lewis pour la molécule de dioxyde d'azote .

Voir l'indice

Comptabiliser le nombre d'électrons de valence (molécule radicalaire à 17 électrons) et proposer deux formes mésomères équivalentes avec l'électron célibataire sur l'azote.

Voir la stratégie
  1. Dénombrer le nombre total d'électrons de valence du système à partir de la configuration électronique des atomes d'azote et d'oxygène.
  2. Identifier que la molécule possède un nombre impair d'électrons (molécule radicalaire).
  3. Disposer l'atome le moins électronégatif au centre (l'azote) et répartir les doublets liants, non liants ainsi que l'électron célibataire en attribuant les charges formelles.
  4. Proposer les formes mésomères limites afin de rendre compte de la délocalisation électronique.
Voir la réponse courte

Écriture de la structure de Lewis avec 17 électrons de valence comportant un électron célibataire sur l'azote et mésomérie.

Voir le corrigé complet

L'azote (\mathrm{N}, Z=7) a pour configuration électronique de valence 2s^2 2p^3 (5 électrons de valence).
L'oxygène (\mathrm{O}, Z=8) a pour configuration électronique de valence 2s^2 2p^4 (6 électrons de valence).

Le nombre total d'électrons de valence de la molécule de dioxyde d'azote \mathrm{NO}_2 vaut :

n_v = 5 + 2 \times 6 = 17\text{ électrons}

Le nombre d'électrons étant impair, la molécule est nécessairement une espèce radicalaire comportant 8 doublets (liants ou non liants) et 1 électron célibataire.

L'atome d'azote, moins électronégatif que l'oxygène, constitue l'atome central. Dans la forme mésomère prépondérante, l'électron célibataire est situé sur l'atome d'azote :

  • l'azote central forme une liaison double avec l'un des atomes d'oxygène et une liaison simple avec l'autre ;
  • il porte l'électron célibataire, ce qui lui confère 1 + 2 + 1 = 4 électrons propres et donc une charge formelle positive +1 ;
  • l'oxygène lié par simple liaison possède 3 doublets non liants et porte une charge formelle négative -1 ;
  • l'oxygène lié par double liaison possède 2 doublets non liants et aucune charge formelle.

Par symétrie, la molécule est décrite par deux formes mésomères équivalentes :

\boxed{\bar{\underline{\mathrm{O}}}=\dot{\mathrm{N}}^+ - \bar{\underline{\mathrm{O}}}^- \longleftrightarrow \bar{\underline{\mathrm{O}}}^- - \dot{\mathrm{N}}^+ = \bar{\underline{\mathrm{O}}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Détailler le décompte des électrons de valence et respecter les doublets, l'électron célibataire, les charges formelles et la règle de l'octet.

« Le jury attend un décompte du nombre total d’électrons de valence. »

« Plusieurs schémas de Lewis ont été acceptés à condition de respecter les huit doublets d’électrons, l’électron célibataire, les charges formelles et le non dépassement de l’octet pour les éléments appartenant à la deuxième ligne de la classification périodique. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 33

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : énergie de liaison, cycle de hess

Évaluer l'énergie de liaison , aussi appelée enthalpie standard de dissociation, dans . Commenter la valeur trouvée.

Voir l'indice

Relier la longueur d'onde seuil lue sur la courbe de rendement quantique à l'énergie de dissociation d'une mole de liaisons via la formule E = \mathcal{N}_A h c / \lambda.

Voir la stratégie
  1. Identifier la longueur d'onde seuil de photodissociation \lambda_{\text{seuil}} sur la figure 9, au-delà de laquelle l'énergie des photons incidents devient insuffisante pour rompre la liaison \mathrm{O-NO}.
  2. Exprimer et calculer l'énergie de dissociation molaire correspondante à l'aide de la relation d'Einstein-Planck : D = \mathcal{N}_A \frac{h c}{\lambda_{\text{seuil}}}.
  3. Comparer la valeur obtenue aux énergies de liaison données dans l'énoncé (E_{\mathrm{N-O}} et E_{\mathrm{N=O}}) en faisant le lien avec le caractère mésomère mis en évidence à la question Q32.
Voir la réponse courte

Cycle thermodynamique reliant l'enthalpie d'atomisation aux enthalpies de formation et calcul de l'énergie moyenne de liaison \mathrm{N-O}.

Voir le corrigé complet

La photodissociation du dioxyde d'azote s'écrit :

\mathrm{NO}_{2(\text{g})} + h\nu \longrightarrow \mathrm{NO}_{(\text{g})} + \mathrm{O}_{(\text{g})}

Cette réaction ne peut avoir lieu que si l'énergie apportée par un photon est au moins égale à l'énergie de dissociation d'une liaison \mathrm{ON} dans \mathrm{NO}_2 :

E_{\text{photon}} = \frac{h c}{\lambda} \ge E_{\text{dissoc}} = \frac{D_{\mathrm{ON}}}{\mathcal{N}_A}

soit pour la longueur d'onde : \lambda \le \lambda_{\text{seuil}}.

Sur la figure 9, le rendement quantique primaire \Phi chute brutalement au voisinage de \lambda_{\text{seuil}} \approx 400\text{ nm} (la chute s'amorce vers 395\text{ nm} et \Phi s'annule vers 420\text{ nm}).

L'énergie molaire de dissociation (ou enthalpie standard de dissociation de cette liaison) est donc :

D_{\mathrm{ON}} = \frac{\mathcal{N}_A h c}{\lambda_{\text{seuil}}}

Application numérique avec \lambda_{\text{seuil}} = 400\text{ nm} :

\begin{aligned} D_{\mathrm{ON}} &= \frac{6{,}02 \times 10^{23} \times 6{,}626 \times 10^{-34} \times 3{,}00 \times 10^8}{400 \times 10^{-9}} \\ &= 2{,}99 \times 10^5\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1} = 299\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}
\boxed{D_{\mathrm{ON}} \approx 3{,}0 \times 10^2\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}}

Commentaire :

  • D'après les données de l'énoncé, l'énergie d'une liaison simple vaut E(\mathrm{N-O}) = 210\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} et celle d'une liaison double E(\mathrm{N=O}) = 630\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}. La valeur trouvée (300\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}) est comprise entre ces deux valeurs (210 < 300 < 630\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}), ce qui est parfaitement cohérent avec l'ordre de liaison intermédiaire de 1{,}5 déduit des formes mésomères établies à la question Q32.
  • De plus, le seuil situé à 400\text{ nm} correspond à la limite entre le proche ultraviolet et le visible : la lumière solaire atteignant la troposphère est donc suffisamment énergétique pour induire cette dissociation et initier la photochimie de l'ozone troposphérique.

Résultat

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Partie IV : Aluminium et alliage 2024

Question 34

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1, BCPST1

Chapitre : Structure de la matière › Cristallographie

Notions : masse volumique, alliage d'aluminium

L'acier possède une densité . Justifier l'emploi d'alliages d'aluminium plutôt que de l'acier en aéronautique.

Voir l'indice

Calculer la masse volumique de la maille c.f.c. d'aluminium et comparer le résultat à la densité de l'acier pour illustrer l'allègement structural.

Voir la stratégie
  1. Calculer la masse volumique et la densité de l'aluminium à partir des caractéristiques de sa maille cristalline cubique à faces centrées (c.f.c.).
  2. Comparer cette valeur à la densité de l'acier et dégager l'intérêt majeur de l'allègement structural en aéronautique.
Voir la réponse courte

La densité de l'aluminium est presque trois fois plus faible que celle de l'acier, allégeant la structure.

Voir le corrigé complet

Dans une structure cubique à faces centrées (c.f.c.) de paramètre de maille a :

  • la maille élémentaire contient en propre Z = 8 \times \frac{1}{8} + 6 \times \frac{1}{2} = 4 atomes d'aluminium ;
  • les atomes sont en contact selon la diagonale d'une face du cube, d'où la relation de tangence :

    4 r = a\sqrt{2} \implies a = 2\sqrt{2} r

Le volume de la maille s'écrit donc :

V = a^3 = 16\sqrt{2}\,r^3

La masse volumique théorique de l'aluminium vaut :

\rho_{\mathrm{Al}} = \frac{Z\,M_{\mathrm{Al}}}{\mathcal{N}_A\,V} = \frac{4\,M_{\mathrm{Al}}}{16\sqrt{2}\,\mathcal{N}_A\,r^3} = \frac{M_{\mathrm{Al}}}{4\sqrt{2}\,\mathcal{N}_A\,r^3}

Avec M_{\mathrm{Al}} = 26{,}982\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 26{,}982 \times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1}, r = 143\text{ pm} = 143 \times 10^{-12}\text{ m} et \mathcal{N}_A = 6{,}02 \times 10^{23}\text{ mol}^{-1} :

\begin{aligned} \rho_{\mathrm{Al}} &= \frac{26{,}982 \times 10^{-3}}{4\sqrt{2} \times 6{,}02 \times 10^{23} \times (143 \times 10^{-12})^3} \approx 2{,}71 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} \end{aligned}

La densité correspondante est :

d_{\mathrm{Al}} = \frac{\rho_{\mathrm{Al}}}{\rho_{\text{eau}}} \approx 2{,}7

L'acier présente quant à lui une densité d_{\text{acier}} = 7{,}8. L'aluminium est ainsi presque trois fois moins dense que l'acier :

\frac{d_{\text{acier}}}{d_{\mathrm{Al}}} \approx \frac{7{,}8}{2{,}7} \approx 2{,}9
\boxed{d_{\mathrm{Al}} \approx 2{,}7 < d_{\text{acier}} = 7{,}8}

L'emploi d'alliages d'aluminium permet donc un gain de masse considérable sur la structure de l'aéronef (allègement structural). Cela permet :

  • de réduire la portance nécessaire en vol de croisière et donc la traînée induite, d'où une consommation de carburant nettement diminuée ;
  • d'augmenter la charge utile (fret et passagers) et le rayon d'action de l'avion.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Justifier la masse volumique par la géométrie de la maille et relier l'utilisation d'un métal plus léger à la réduction de consommation de carburant.

« Une rédaction minimale est attendue (décompte des atomes dans la maille, lien entre le rayon atomique et le paramètre de maille et expression littérale de la masse volumique ou de la densité) pour obtenir l’intégralité des points attribués à l’argumentation (25 % des candidats). »

« Affirmer que « l’aluminium est plus léger que l’acier » n’est pas suffisant pour justifier son emploi en aéronautique. Le jury attendait une remarque plus précise reliant ce choix à une plus faible consommation de carburant (10 % des candidats). »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Exploitation de document

Chapitre : Transformations chimiques › Mélanges binaires

Notions : composé défini, diagramme binaire

Le diagramme de la figure 10 montre qu'il existe un composé défini. Déterminer sa composition , avec entier.

Voir l'indice

Repérer la composition massique du composé défini sur le diagramme binaire et convertir ces pourcentages massiques en proportions atomiques pour déterminer l'entier x.

Voir la stratégie
  1. Relever sur le diagramme binaire de la figure 10 l'abscisse du trait vertical délimitant le domaine biphasé à droite, qui matérialise le composé défini.
  2. Exprimer le pourcentage massique en cuivre en fonction de x et des masses molaires atomiques de l'aluminium et du cuivre.
  3. En déduire la valeur entière de x et la formule stœchiométrique du composé défini.
Voir la réponse courte

Lecture du pourcentage massique de cuivre du pic vertical du diagramme et calcul stœchiométrique donnant \mathrm{Al_2Cu}.

Voir le corrigé complet

Un composé défini présente une composition chimique fixe et se manifeste sur un diagramme binaire par une ligne verticale. Sur la figure 10, la frontière verticale marquant la fin du domaine biphasé « solution solide \alpha + {?} » se situe à une teneur massique en cuivre :

w_{\mathrm{Cu}} \approx 54\,\%

Pour un composé défini de formule générale \mathrm{Al}_x\mathrm{Cu}, la fraction massique en cuivre s'exprime par :

w_{\mathrm{Cu}} = \frac{M(\mathrm{Cu})}{x \, M(\mathrm{Al}) + M(\mathrm{Cu})}

En inversant cette relation pour exprimer x :

x = \frac{M(\mathrm{Cu})}{M(\mathrm{Al})} \left( \frac{1 - w_{\mathrm{Cu}}}{w_{\mathrm{Cu}}} \right)

D'après le tableau périodique fourni :

  • M(\mathrm{Al}) = 26{,}98\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}
  • M(\mathrm{Cu}) = 63{,}55\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}

L'application numérique donne :

\begin{aligned} x &= \frac{63{,}55}{26{,}98} \times \frac{1 - 0{,}54}{0{,}54} \\ &\approx 2{,}355 \times 0{,}852 \approx 2{,}0 \end{aligned}

Comme x est un entier, on obtient x = 2. Le composé défini est donc \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}.

\boxed{x = 2 \quad \text{soit le composé défini } \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}}

Résultat

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Question 36

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Exploitation de document
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Transformations chimiques › Mélanges binaires

Notions : diagramme binaire, variance

Reproduire très schématiquement ce diagramme binaire en indiquant pour chaque domaine la nature des phases en présence.

Voir l'indice

Identifier chaque région du diagramme binaire (liquide, solution solide \alpha, domaines biphasiques et palier eutectique).

Voir la stratégie
  1. Identifier la nature du diagramme : il s'agit d'un équilibre binaire liquide-solide à pression constante présentant un composé défini à fusion congruente (\mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}_{(\mathrm{s})}), une miscibilité partielle à l'état solide (solution solide \alpha riche en aluminium) et une démixtion totale avec formation d'un invariant eutectique.
  2. Attribuer à chaque domaine les phases en présence en respectant les règles des équilibres de phases (règle de Gibbs et alternance de domaines monophasés et diphasés) :

    • au-dessus du liquidus : phase liquide homogène L ;
    • sous le liquidus et au-dessus de l'horizontale eutectique : domaines diphasés solide-liquide (\alpha + L à gauche de l'eutectique, et \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}_{(\mathrm{s})} + L à droite) ;
    • à gauche du solvus : domaine monophasé de la solution solide \alpha ;
    • sous l'isotherme eutectique : domaine diphasé solide (\alpha + \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}_{(\mathrm{s})}) ;
    • à la stœchiométrie du composé défini (w_{\mathrm{Cu}} \approx 54\,\%) : composé solide pur \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}_{(\mathrm{s})}.
  3. Reproduire schématiquement le diagramme avec toutes les frontières et légendes associées.
Voir la réponse courte

Reproduction schématique du diagramme liquide-solide avec indication des phases liquide, solide pur, solution solide et composé défini.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q35, le composé défini correspond à la stœchiométrie \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}_{(\mathrm{s})} (w_{\mathrm{Cu}} \approx 54\,\%). Le diagramme présente une réaction eutectique :

L_E \rightleftharpoons \alpha + \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}_{(\mathrm{s})}

On identifie ainsi les différents domaines et lignes d'équilibre :

  • Domaine monophasé liquide (L) : situé au-dessus du liquidus. Les métaux aluminium et cuivre sont totalement miscibles à l'état liquide.
  • Solution solide monophasée \alpha : domaine situé à gauche, riche en aluminium, délimité à droite par la courbe de solvus (qui traduit la diminution de la solubilité du cuivre dans la maille d'aluminium avec la baisse de température) et en haut par le solidus.
  • Domaine diphasé \alpha + L : délimité par la branche gauche du liquidus, le solidus de la solution \alpha et le palier eutectique.
  • Domaine diphasé \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}_{(\mathrm{s})} + L : délimité par la branche droite du liquidus, le palier eutectique et la droite verticale du composé défini.
  • Domaine solide diphasé \alpha + \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}_{(\mathrm{s})} : situé sous le palier eutectique et à droite de la courbe de solvus (ce domaine correspond à la région notée « solution solide \alpha + ? » sur la figure 10).
  • Composé défini \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}_{(\mathrm{s})} : représenté par le segment vertical à w_{\mathrm{Cu}} \approx 54\,\%.

Question déjà tombée ailleurs

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Question 37

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Chapitre : Transformations chimiques › Mélanges binaires

Notions : théorème des moments chimiques, composition de phase

Calculer le pourcentage massique des phases en présence dans l'alliage 2024 à l'équilibre à la température de .

Voir l'indice

Appliquer la règle des segments inverses (théorème des moments) à 300 K entre la solution solide pure et le composé défini en considérant la solubilité du cuivre quasi-nulle.

Voir la stratégie
  1. Identifier la position de l'alliage 2024 (4\,\% massique en Cu) dans le diagramme d'équilibre à T = 300\text{ K} (27^\circ\text{C}).
  2. Déterminer la composition massique en cuivre des deux phases en équilibre à cette température.
  3. Appliquer le théorème des moments chimiques (règle des leviers) pour en déduire les pourcentages massiques de chaque phase.
Voir la réponse courte

Application du théorème des moments chimiques (règle des leviers) pour évaluer la proportion massique des deux phases solides.

Voir le corrigé complet

À la température T = 300\text{ K} = 27\,^\circ\text{C}, bien inférieure au domaine représenté sur la figure 10 (T \ge 200\,^\circ\text{C}), l'alliage 2024 de teneur massique globale w_{\mathrm{Cu}} = 4\,\% se situe dans le domaine biphasé constitué :

  • de la solution solide \alpha (aluminium contenant une fraction dissoute de cuivre) ;
  • du composé défini solide \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}_{(\mathrm{s})} déterminé à la question Q35.

D'après le diagramme binaire, la limite de solubilité du cuivre dans l'aluminium (courbe de solvus délimitant le domaine \alpha) décroît rapidement lorsque la température diminue : elle est inférieure à 0{,}5\,\% à 200\,^\circ\text{C} et devient rigoureusement négligeable à température ambiante (300\text{ K}). On a donc :

w_{\mathrm{Cu},\alpha} \approx 0\,\%

La fraction massique de cuivre dans le composé défini \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu} est stœchiométrique et vaut :

w_{\mathrm{Cu},\mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}} = \frac{M(\mathrm{Cu})}{2 M(\mathrm{Al}) + M(\mathrm{Cu})} = \frac{63{,}55}{2 \times 26{,}98 + 63{,}55} \approx 54{,}1\,\%

Soient x_m(\alpha) et x_m(\mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}) les pourcentages (ou fractions) massiques respectifs des phases \alpha et \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}. La conservation de la masse globale et de la masse de cuivre s'écrit, via le théorème des moments chimiques :

\left\{ \begin{aligned} x_m(\alpha) + x_m(\mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}) &= 100\,\% \\ x_m(\alpha)\,w_{\mathrm{Cu},\alpha} + x_m(\mathrm{Al}_2\mathrm{Cu})\,w_{\mathrm{Cu},\mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}} &= w_{\mathrm{Cu}} \end{aligned} \right.

Comme w_{\mathrm{Cu},\alpha} \approx 0\,\%, on obtient directement :

x_m(\mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}) = \frac{w_{\mathrm{Cu}} - w_{\mathrm{Cu},\alpha}}{w_{\mathrm{Cu},\mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}} - w_{\mathrm{Cu},\alpha}} = \frac{4{,}0}{54{,}1} \approx 7{,}4\,\%

et par complémentarité :

x_m(\alpha) = 100\,\% - x_m(\mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}) \approx 92{,}6\,\%
\boxed{x_m(\alpha) \approx 93\,\% \quad \text{et} \quad x_m(\mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}) \approx 7{,}4\,\%}

Résultat

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Question 38

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Solutions aqueuses et électrochimie › Courbes intensité-potentiel et corrosion

Notions : montage à trois électrodes, électrode de référence

L'étude de la corrosion de l'alliage passe par le tracé des courbes courant-potentiel pour les métaux concernés (aluminium et cuivre). Donner le schéma de principe du montage à trois électrodes utilisé, en précisant la nature et le rôle des électrodes utilisées et expliquer la nécessité d'utiliser trois électrodes plutôt que deux.

Voir l'indice

Schématiser le montage potentiostatique en justifiant que l'électrode de référence ne doit débiter aucun courant afin de mesurer fidèlement le potentiel de l'électrode de travail.

Voir la stratégie
  1. Réaliser le schéma de principe du montage à trois électrodes en faisant apparaître la boucle de courant et la boucle de mesure de potentiel.
  2. Définir précisément la nature et le rôle de chacune des trois électrodes : électrode de travail (ET), contre-électrode (CE) et électrode de référence (ER).
  3. Expliquer l'inaptitude d'un montage à deux électrodes en mettant en avant la polarisation de l'électrode de référence et la chute ohmique.
Voir la réponse courte

Schéma du montage potentiostatique à trois électrodes séparant le passage du courant de la mesure du potentiel sans chute ohmique.

Voir le corrigé complet

1. Schéma de principe du montage

Le montage à trois électrodes permet de découpler la circulation du courant de la mesure du potentiel d'électrode :

2. Nature et rôle des trois électrodes

  • Électrode de travail (ET) :

    • Nature : le métal étudié (ici l'aluminium ou le cuivre, purs ou en alliage).
    • Rôle : siège des réactions électrochimiques d'intérêt (oxydation anodique ou réduction cathodique).
  • Électrode de référence (ER) :

    • Nature : électrode impolarisable à potentiel fixe, connu et stable, indépendamment de la composition de la solution étudiée (par exemple une électrode au calomel saturé, ECS, ou au chlorure d'argent \mathrm{Ag/AgCl}).
    • Rôle : sert de référence de potentiel pour mesurer ou imposer le potentiel E de l'électrode de travail.
  • Contre-électrode ou électrode auxiliaire (CE) :

    • Nature : matériau conducteur chimiquement inerte dans les conditions de l'expérience (fil ou grille de platine \mathrm{Pt}, barreau de graphite/carbone vitreux).
    • Rôle : assure le passage du courant électrique i dans l'électrolyte en fermant le circuit avec l'électrode de travail. Sa surface est généralement grande pour que les réactions à son interface ne limitent pas le courant global.

3. Nécessité d'utiliser trois électrodes plutôt que deux

Dans un montage à deux électrodes, la deuxième électrode joue simultanément le rôle de référence et de contre-électrode. Un tel dispositif présente deux inconvénients majeurs :

  1. Polarisation de la référence : la circulation d'un courant électrique non nul à travers l'électrode de référence modifie les concentrations des espèces électroactives à sa surface ; son potentiel dérive et ne reste plus égal à son potentiel thermodynamique de référence.
  2. Chute ohmique dans l'électrolyte : la tension mesurée entre les deux électrodes s'écrit U = E_{\text{ET}} - E_{\text{réf}} + R_{\text{sol}} i. Pour des courants non négligeables, le terme de chute ohmique R_{\text{sol}} i fausse significativement la valeur du potentiel d'électrode E_{\text{ET}}.

Le montage à trois électrodes résout ce problème en séparant les fonctions :

  • Le courant i circule exclusivement entre l'électrode de travail et la contre-électrode.
  • L'électrode de référence est reliée à un voltmètre (ou étage de mesure du potentiostat) de très haute impédance d'entrée : aucun courant ne la traverse (i_{\text{réf}} \approx 0), garantissant ainsi la parfaite constance de son potentiel et l'absence de chute ohmique dans la branche de mesure.
Voir ce qu'a relevé le jury

Dessiner un schéma conventionnel complet incluant le générateur et expliciter le rôle de chacune des trois électrodes.

« Question de cours dont le taux de réussite aurait dû être plus élevé. Le jury a été désagréablement surpris de lire moins de 10 % de montages à trois électrodes corrects, complets et bien légendés. »

« Le nombre de schémas sans générateur de tension ou de courant est surprenant ; ces dipôles doivent être représentés avec les symboles conventionnels. Seulement 5 % de bonnes réponses pour les rôles des électrodes. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 39

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Solutions aqueuses et électrochimie › Oxydoréduction et piles

Notions : demi-équation rédox, couple de l'eau

Écrire la demi-équation électronique associée au couple de l'eau en milieu acide, puis en milieu basique.

Voir l'indice

Écrire la réduction de \mathrm{H}^+ en \mathrm{H_2}, puis combiner avec le produit ionique de l'eau pour obtenir l'expression faisant intervenir l'eau et les ions hydroxyde.

Voir la réponse courte

Écriture de 2\mathrm{H}^+ + 2\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_2 en milieu acide et 2\mathrm{H_2O} + 2\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_2 + 2\mathrm{HO}^- en milieu basique.

Voir le corrigé complet
  • En milieu acide : l'espèce acide prédominante est l'ion oxonium \mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})} (ou \mathrm{H}_3\mathrm{O}^+_{(\mathrm{aq})}). La demi-équation électronique de réduction s'écrit :

    \boxed{2\,\mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_{2(\mathrm{g})}}

    ou, en faisant intervenir explicitement la molécule de solvant :

    2\,\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+_{(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_{2(\mathrm{g})} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})}
  • En milieu basique : l'espèce acide conjuguée de l'ion hydroxyde est le solvant \mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})}, les ions hydroxyde \mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})} étant prédominants par rapport aux ions oxonium. En combinant la demi-équation précédente avec l'autoprotolyse de l'eau (\mathrm{H}^+ + \mathrm{HO}^- = \mathrm{H}_2\mathrm{O}), on obtient :

    \boxed{2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})} + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_{2(\mathrm{g})} + 2\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Seul un candidat sur deux parvient à écrire sans erreur les deux demi-équations électroniques demandées.

« Un candidat sur deux écrit correctement les deux demi-équations électroniques. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 40

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Solutions aqueuses et électrochimie › Courbes intensité-potentiel et corrosion ; Oxydoréduction et piles

Notions : potentiel standard apparent, formule de nernst

Calculer le potentiel standard apparent (à ) d'oxydoréduction du couple et justifier à postériori le tracé des courbes courant-potentiel correspondantes.

Voir l'indice

Calculer le potentiel de Nernst du couple à pH = 14, puis lui ajouter la surtension cathodique sur chaque métal pour retrouver le potentiel de début de réduction sur les courbes.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le potentiel d'équilibre de Nernst du couple de réduction de l'eau en fonction du \mathrm{pH} et en déduire le potentiel standard apparent à \mathrm{pH} = 14.
  2. Relier ce potentiel aux potentiels de départ des branches cathodiques de réduction de l'eau sur le cuivre et sur l'aluminium en tenant compte des surtensions à vide \eta_{c0} fournies.
Voir la réponse courte

Calcul du potentiel apparent E^\circ - 0{,}06\,\mathrm{pH} = -0{,}84\text{ V} justifiant la position du mur du solvant en réduction.

Voir le corrigé complet

D'après la demi-équation électronique établie à la question Q39 en milieu basique :

2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})} + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_{2(\mathrm{g})} + 2\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})}

La formule de Nernst à 298\text{ K} s'écrit, pour une pression partielle de dihydrogène P_{\mathrm{H}_2} = P^\circ = 1\text{ bar} :

E = E^\circ(\mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2) - \frac{R T \ln 10}{F}\,\mathrm{pH}

En prenant la valeur usuelle \frac{R T \ln 10}{F} \approx 0{,}06\text{ V} à 298\text{ K} et E^\circ(\mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2) = 0{,}00\text{ V} :

E = -0{,}06\,\mathrm{pH}

Le potentiel standard apparent E^{\circ\prime} à \mathrm{pH} = 14 (conditions standard pour l'ion \mathrm{HO}^-, soit [\mathrm{HO}^-] = 1\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}) vaut donc :

E^{\circ\prime}(\mathrm{H}_2\mathrm{O}/\mathrm{H}_2) = -0{,}06 \times 14 = -0{,}84\text{ V}
\boxed{E^{\circ\prime}(\mathrm{H}_2\mathrm{O}/\mathrm{H}_2) = -0{,}84\text{ V}}

Justification du tracé de la figure 12 :

En cinétique électrochimique, une réaction cathodique nécessite une surtension cathodique \eta_c \leqslant 0. Le courant cathodique de réduction de l'eau ne commence à circuler de façon significative qu'en deçà du potentiel seuil :

E_{\text{seuil}} = E^{\circ\prime}(\mathrm{H}_2\mathrm{O}/\mathrm{H}_2) + \eta_{c0}

où \eta_{c0} désigne la surtension cathodique à vide :

  • Sur électrode de cuivre, avec \eta_{c0} = -0{,}1\text{ V} :

    E_{\text{seuil, Cu}} = -0{,}84 - 0{,}10 = -0{,}94\text{ V}
  • Sur électrode d'aluminium, avec \eta_{c0} = -1\text{ V} :

    E_{\text{seuil, Al}} = -0{,}84 - 1{,}00 = -1{,}84\text{ V}

Ces deux valeurs correspondent très exactement aux potentiels à partir desquels s'amorcent les branches cathodiques de réduction de l'eau sur le cuivre (-0{,}94\text{ V}) et sur l'aluminium (-1{,}84\text{ V}) sur la figure 12.

Résultat

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Question 41

ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation

Chapitre : Solutions aqueuses et électrochimie › Oxydoréduction et piles ; Courbes intensité-potentiel et corrosion

Notions : corrosion par piqûre, réaction d'oxydoréduction

Écrire l'équation de réaction modélisant la transformation observée lors du phénomène de corrosion par piqures.

Voir l'indice

Associer la demi-réaction d'oxydation de l'aluminium et celle de réduction de l'eau ayant lieu à la surface du cuivre pour écrire l'équation-bilan globale.

Voir la stratégie
  1. Identifier les deux demi-réactions électrochimiques couplées à partir de la figure 11 et des courbes courant-potentiel de la figure 12 : oxydation de l'aluminium métallique \mathrm{Al} en fond de piqûre et réduction de l'eau sur les inclusions de cuivre cathodiques.
  2. Combiner les deux demi-équations électroniques pour obtenir le bilan d'oxydoréduction.
  3. Prendre en compte la précipitation de l'hydroxyde d'aluminium \mathrm{Al(OH)}_3 visible à l'embouchure de la piqûre sur la figure 11 pour fournir le bilan global du processus.
Voir la réponse courte

Équation globale de la réaction d'oxydation de l'aluminium couplée à la réduction du dioxygène ou des protons.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 11 et les courbes courant-potentiel de la figure 12, le processus de corrosion par piqûres en milieu marin (\mathrm{pH} \approx 8) met en jeu deux zones distinctes :

  • À l'anode (au fond de la piqûre, sur la matrice d'aluminium) : oxydation de l'aluminium métallique selon :

    \mathrm{Al}_{(\mathrm{s})} = \mathrm{Al}^{3+}_{(\mathrm{aq})} + 3\,\mathrm{e}^- \quad (\times 2)
  • À la cathode (sur les particules de cuivre ou d'intermétallique riche en cuivre) : réduction de l'eau (couple \mathrm{H}_2\mathrm{O}/\mathrm{H}_2 en milieu basique/neutre, d'après Q39) selon :

    2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})} + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_{2(\mathrm{g})} + 2\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})} \quad (\times 3)

Le transfert de 6\,\mathrm{e}^- conduit à la réaction d'oxydoréduction globale :

2\,\mathrm{Al}_{(\mathrm{s})} + 6\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})} = 2\,\mathrm{Al}^{3+}_{(\mathrm{aq})} + 3\,\mathrm{H}_{2(\mathrm{g})} + 6\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})}

À l'embouchure de la cavité, la rencontre des ions aluminium \mathrm{Al}^{3+} diffusant hors de la piqûre et des ions hydroxyde \mathrm{HO}^- formés à la cathode (ou présents dans l'eau de mer à \mathrm{pH} \approx 8) entraîne la précipitation quantitative de l'hydroxyde d'aluminium :

\mathrm{Al}^{3+}_{(\mathrm{aq})} + 3\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})} = \mathrm{Al(OH)}_{3(\mathrm{s})}

L'équation-bilan traduisant l'ensemble de la transformation observée s'écrit donc :

\boxed{2\,\mathrm{Al}_{(\mathrm{s})} + 6\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})} = 2\,\mathrm{Al(OH)}_{3(\mathrm{s})} + 3\,\mathrm{H}_{2(\mathrm{g})}}

Résultat

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Question 42

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Solutions aqueuses et électrochimie › Courbes intensité-potentiel et corrosion

Notions : potentiel de corrosion, courant de corrosion, pile de corrosion

Après avoir reproduit schématiquement les branches anodique et cathodique impliquées dans le processus, placer le potentiel de corrosion et indiquer comment relever la valeur du courant de corrosion. Justifier l'appellation de pile de corrosion.

Voir l'indice

Déterminer le potentiel mixte à l'intersection des courbes anodique et cathodique où le courant anodique compense exactement le courant cathodique.

Voir la stratégie
  1. Identifier les deux branches intervenant dans le phénomène de piqûration à l'aide de la question précédente (oxydation de l'aluminium à l'anode et réduction de l'eau sur les inclusions de cuivre à la cathode).
  2. Rappeler la condition d'électroneutralité globale pour un métal en court-circuit sans apport de courant extérieur (I_a + I_c = 0).
  3. Justifier l'analogie structurale et fonctionnelle avec une pile électrochimique (électrodes séparées, conducteur électronique, électrolyte, fonctionnement en court-circuit).
Voir la réponse courte

Intersection des courbes partielles anodique et cathodique donnant E_{\text{corr}} et i_{\text{corr}} par égalité des intensités.

Voir le corrigé complet

D'après l'analyse de la piqûre (figure 11) et les courbes courant-potentiel (figure 12), le processus met en jeu :

  • la branche anodique d'oxydation de l'aluminium : \mathrm{Al}_{(\mathrm{s})} \to \mathrm{Al}^{3+} + 3\,\mathrm{e}^- (seuil à -1{,}66\text{ V}) ;
  • la branche cathodique de réduction de l'eau sur le cuivre : 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})} + 2\,\mathrm{e}^- \to \mathrm{H}_{2(\mathrm{g})} + 2\,\mathrm{HO}^- (seuil à -0{,}94\text{ V}, la réduction sur l'aluminium étant cinétiquement bloquée en raison de la très forte surtension cathodique, seuil à -1{,}84\text{ V}).

Positionnement du potentiel et du courant de corrosion : En l'absence de courant imposé de l'extérieur, l'alliage métallique est électriquement isolé. Le courant total échangé est nul :

I_{\text{tot}} = I_a + I_c = 0 \iff I_a(E_{\text{corr}}) = -I_c(E_{\text{corr}}) = I_{\text{corr}}

En négligeant la résistance ohmique de la solution entre le fond de la piqûre et la surface extérieure, l'anode et la cathode adoptent le même potentiel mixte, noté E_{\text{corr}} (potentiel de corrosion), compris entre -1{,}66\text{ V} et -0{,}94\text{ V}.

Pour relever la valeur du courant de corrosion i_{\text{corr}} :

  • on trace la courbe |i_c(E)| (symétrique de la branche cathodique par rapport à l'axe des potentiels) ;
  • l'intersection entre la courbe anodique i_a(E) et la courbe symétrique |i_c(E)| donne le point de fonctionnement : son abscisse est le potentiel de corrosion \boxed{E_{\text{corr}}} et son ordonnée est le courant de corrosion \boxed{i_{\text{corr}}}.

Justification de l'appellation « pile de corrosion » : Ce phénomène présente toutes les caractéristiques d'une pile électrochimique :

  1. une anode localisée au fond de la piqûre où a lieu l'oxydation spontanée de l'aluminium ;
  2. une cathode constituée des zones cathodiques riches en cuivre (inclusions de précipités \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu} ou cuivre ségrégé) où a lieu la réduction de l'eau ;
  3. un conducteur électronique constitué par la matrice métallique de l'alliage assurant le transfert des électrons de l'anode vers la cathode ;
  4. un électrolyte (conducteur ionique) constitué par la solution saline permettant le bouclage du courant ionique.

L'ensemble forme une micro-pile galvanique fonctionnant en court-circuit, ce qui dissipe continûment l'énergie chimique sous forme de corrosion accélérée du matériau.

Résultat

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Question 43

DifficileTemps estimé : ≈ 8 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Solutions aqueuses et électrochimie › Courbes intensité-potentiel et corrosion

Notions : courant de corrosion, effet de surface

En supposant les surtensions à vide inchangées, positionner de façon qualitative les courbes anodique et cathodique modifiées, en justifiant succinctement le cas échéant la modification effectuée. Commenter.

Voir l'indice

Analyser le décalage vers les potentiels plus faibles de la branche d'oxydation (stabilisation par \mathrm{Cl}^-) et le décalage vers les potentiels plus élevés de la branche de réduction (acidification locale).

Voir la stratégie
  1. Analyser l'effet de la complexation de \mathrm{Al}^{3+} par les ions chlorure \mathrm{Cl}^- sur le potentiel d'équilibre de la branche anodique.
  2. Analyser l'effet de l'acidification locale (\mathrm{pH} < 3) en fond de piqûre sur le potentiel d'équilibre du couple de réduction de l'eau (branche cathodique sur cuivre).
  3. Représenter l'évolution des deux courbes intensité-potentiel sous l'hypothèse de surtensions inchangées, puis en déduire l'impact sur le courant de corrosion I_{\mathrm{corr}}.
Voir la réponse courte

L'effet de surface (petite anode dans la piqûre et grande cathode externe) amplifie drastiquement la densité de courant de piqûre.

Voir le corrigé complet

1. Modification de la branche anodique (oxydation de l'aluminium) : La formation quantitative du complexe \mathrm{AlCl}_4^- selon :

\mathrm{Al}^{3+} + 4\,\mathrm{Cl}^- = \mathrm{AlCl}_4^-

diminue considérablement l'activité en ions \mathrm{Al}^{3+} libres. D'après la formule de Nernst pour le couple \mathrm{Al}^{3+}/\mathrm{Al}_{(\mathrm{s})} :

E_{\mathrm{eq}}(\mathrm{Al}^{3+}/\mathrm{Al}) = E^\circ(\mathrm{Al}^{3+}/\mathrm{Al}) + \frac{0{,}06}{3}\log\left(\frac{[\mathrm{Al}^{3+}]}{c^\circ}\right)

La chute de [\mathrm{Al}^{3+}] entraîne une diminution du potentiel d'équilibre. En supposant la surtension anodique inchangée, le potentiel à vide de la réaction d'oxydation devient plus négatif : la courbe anodique se déplace vers la gauche (potentiels plus faibles).

2. Modification de la branche cathodique (réduction de l'eau sur le cuivre) : Le potentiel d'équilibre du couple de l'eau dépend du pH selon :

E_{\mathrm{eq}}(\mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2) = 0{,}00 - 0{,}06\,\mathrm{pH}

L'acidification locale en fond de piqûre fait chuter le pH d'une valeur de l'ordre de 8 (milieu marin) à une valeur \mathrm{pH} < 3. Le potentiel thermodynamique E_{\mathrm{eq}} augmente donc d'au moins 0{,}06 \times 5 = 0{,}3\text{ V}.

La surtension cathodique à vide \eta_{c0} sur le cuivre étant supposée constante, le potentiel d'apparition du courant cathodique E_{\text{seuil}} = E_{\mathrm{eq}} + \eta_{c0} augmente : la courbe cathodique se déplace vers la droite (potentiels plus élevés).

3. Schéma et commentaire :

\boxed{\text{La branche anodique se déplace vers la gauche et la branche cathodique vers la droite : } I'_{\mathrm{corr}} \gg I_{\mathrm{corr}}.}

Commentaire : Ce double déplacement élargit considérablement l'écart entre les potentiels à vide anodique et cathodique, ce qui conduit à une très forte augmentation de l'intensité de corrosion I_{\mathrm{corr}}. Le phénomène de corrosion par piqûres est donc autocatalytique (ou auto-accélérateur) : l'attaque du métal génère les conditions (acidification et complexation) qui accélèrent sa propre destruction.

Résultat

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Question 44

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, TSI1, BCPST1

Chapitre : Solutions aqueuses et électrochimie › Diagrammes E-pH ; Acide-base, précipitation, complexation

Notions : frontière de précipitation, produit de solubilité

Établir l'équation de la frontière séparant les domaines de l'ion aluminium et de l'hydroxyde d'aluminium solide .

Voir l'indice

Écrire la condition d'apparition du précipité d'hydroxyde à la concentration de tracé c_t à l'aide du produit de solubilité K_s et de K_e.

Voir la stratégie
  1. Identifier la nature de la transformation entre \mathrm{Al}^{3+} et \mathrm{Al(OH)}_{3(\mathrm{s})} : il s'agit d'un équilibre de précipitation/dissolution sans transfert d'électrons (l'aluminium conserve son degré d'oxydation +\mathrm{III}).
  2. Écrire l'expression du produit de solubilité K_s et relier la concentration en ions hydroxyde \mathrm{HO}^- au \mathrm{pH} via le produit ionique de l'eau K_e.
  3. Appliquer la convention de tracé à la frontière solide/solution ([\mathrm{Al}^{3+}] = c_t) pour isoler l'équation de la frontière.
Voir la réponse courte

Condition de précipitation K_s = [\mathrm{Al}^{3+}][\mathrm{HO}^-]^3 donnant la droite verticale \mathrm{pH} = 14 + \frac{1}{3}\log\frac{K_s}{[\mathrm{Al}^{3+}]}.

Voir le corrigé complet

L'hydroxyde d'aluminium solide \mathrm{Al(OH)}_{3(\mathrm{s})} et les ions aluminium \mathrm{Al}^{3+}_{(\mathrm{aq})} sont tous deux au nombre d'oxydation +\mathrm{III}. La frontière ne dépend donc pas du potentiel E : elle correspond à l'équilibre de précipitation

\mathrm{Al(OH)}_{3(\mathrm{s})} = \mathrm{Al}^{3+}_{(\mathrm{aq})} + 3\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})}

associé à la constante d'équilibre (produit de solubilité) :

K_s = \frac{[\mathrm{Al}^{3+}]}{c^\circ}\left(\frac{[\mathrm{HO}^-]}{c^\circ}\right)^3

avec c^\circ = 1\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}.

En utilisant le produit ionique de l'eau K_e = \frac{[\mathrm{H}^+][\mathrm{HO}^-]}{(c^\circ)^2}, la concentration en ions hydroxyde s'écrit :

\frac{[\mathrm{HO}^-]}{c^\circ} = \frac{K_e}{[\mathrm{H}^+]/c^\circ} = K_e \cdot 10^{\mathrm{pH}}

L'expression de la constante de solubilité devient :

K_s = \frac{[\mathrm{Al}^{3+}]}{c^\circ} \cdot K_e^3 \cdot 10^{3\,\mathrm{pH}}

Par convention, sur la frontière de précipitation séparant le domaine de prédominance de l'ion soluble \mathrm{Al}^{3+} et le domaine d'existence du précipité \mathrm{Al(OH)}_3, la concentration en ions dissous est égale à la concentration de travail c_t :

[\mathrm{Al}^{3+}] = c_t

En prenant le cologarithme décimal de la relation d'équilibre :

\begin{aligned} -\log K_s &= -\log\left(\frac{c_t}{c^\circ}\right) - 3\log K_e - 3\,\mathrm{pH} \\ \mathrm{p}K_s &= -\log\left(\frac{c_t}{c^\circ}\right) + 3\,\mathrm{p}K_e - 3\,\mathrm{pH} \end{aligned}

On en déduit l'équation de la frontière :

\mathrm{pH} = \mathrm{p}K_e - \frac{1}{3}\mathrm{p}K_s - \frac{1}{3}\log\left(\frac{c_t}{c^\circ}\right)

Avec \mathrm{p}K_e = 14, \mathrm{p}K_s = 33 et c_t = 1\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} (c_t/c^\circ = 1) :

\mathrm{pH} = 14 - \frac{33}{3} - 0 = 3{,}0
\boxed{\mathrm{pH} = 3{,}0}

La frontière est une droite verticale d'équation \mathrm{pH} = 3{,}0, en parfait accord avec la lecture de la figure 13.

Résultat

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Question 45

ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Solutions aqueuses et électrochimie › Courbes intensité-potentiel et corrosion

Notions : passivation, couche passivante

Expliquer comment le phénomène de corrosion par piqure est susceptible d'être enrayé par la passivation de la cavité créée.

Voir l'indice

Expliquer que lorsque le milieu se réhomogénéise vers le pH marin ambiant (\approx 8), le système repasse dans la zone d'immunité/passivation par formation d'une couche protectrice de \mathrm{Al(OH)_3}.

Voir la stratégie
  1. Exploiter le diagramme potentiel-pH (figure 13) et la frontière établie à la question Q44 pour relier le pH local à la stabilité de l'hydroxyde d'aluminium \mathrm{Al(OH)}_{3(\mathrm{s})}.
  2. Décrire le gradient de pH existant entre le fond de la piqûre et le milieu extérieur (eau de mer).
  3. Expliquer comment la précipitation de \mathrm{Al(OH)}_{3(\mathrm{s})} forme une couche protectrice (effet d'occlusion ou de repassivation) qui enraye la propagation de la piqûre.
Voir la réponse courte

Précipitation d'un film imperméable d'alumine ou d'hydroxyde à la surface du métal inhibant le courant d'oxydation anodique.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q44, l'hydroxyde d'aluminium solide \mathrm{Al(OH)}_{3(\mathrm{s})} précipite dès que le pH dépasse 3{,}0 (pour une concentration de référence c_t = 1\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}), délimitant le domaine de passivation de l'aluminium entre \mathrm{pH} = 3{,}0 et \mathrm{pH} \approx 12{,}5.

Le mécanisme d'enrayement de la corrosion par piqûre repose sur les étapes suivantes :

  • Gradient de pH : en fond de piqûre, l'acidification liée à l'hydrolyse des ions \mathrm{Al}^{3+} maintient le milieu à un \mathrm{pH} < 3 (domaine de corrosion). En revanche, l'eau de mer environnante présente un pH basique voisin de 8, situé en plein domaine de passivation.
  • Précipitation de l'hydroxyde : au fur et à mesure que les ions \mathrm{Al}^{3+} formés au fond de la cavité diffusent vers l'extérieur (ou si le milieu intérieur est renouvelé et dilué par convection), ils rencontrent un milieu de pH supérieur à 3{,}0. Ils réagissent alors avec les molécules d'eau pour précipiter sous forme d'hydroxyde d'aluminium :

    \mathrm{Al}^{3+}_{(\mathrm{aq})} + 3\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})} \rightleftharpoons \mathrm{Al(OH)}_{3(\mathrm{s})} + 3\,\mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})}
  • Colmatage et passivation de la cavité : ce solide insoluble s'accumule à l'embouchure ou tapisse les parois internes de la piqûre (comme illustré sur la figure 11). Ce dépôt forme une barrière physique étanche et électriquement isolante qui colmate la cavité :

    • il bloque la diffusion des espèces réactives (\mathrm{H}_2\mathrm{O}, \mathrm{O}_2) et des ions agressifs (\mathrm{Cl}^-) vers le fond de la piqûre ;
    • il augmente considérablement la résistance ohmique de l'électrolyte confiné ;
    • il isole le métal sain du contact direct avec la solution corrosive.

Privée de contact électrolytique et de transfert de charge, la dissolution anodique de l'aluminium cesse (i_{\text{corr}} \to 0) : la piqûre est neutralisée et le métal est repassivé.

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2020 ?

Surtout 3 chapitres : Fluides visqueux (31 % des questions, partie I), Bilans macroscopiques (13 %, partie II) et Courbes intensité-potentiel et corrosion (11 %). Plus ponctuellement : Thermodynamique chimique et équilibres, Systèmes ouverts en écoulement, Mélanges binaires, Cinétique chimique et mécanismes réactionnels, Oxydoréduction et piles…

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2020 dès la première année (PCSI, MPSI ou PTSI) ?

Peu : 6 questions sur 45 (13 %) ne demandent que le programme de PCSI, MPSI ou PTSI : Q18, Q31, Q32, Q34, Q39 et Q44.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2020 ?

Environ 4 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. Questions les plus longues : Q19 (15 min).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2020 ?

Q19 (premier principe industriel) et Q43 (courant de corrosion), cotées 4 sur 4 dans ce corrigé.

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2020 ?

Questions de cours : Q13 (polaire d'eiffel), Q18 (loi de laplace), Q32 (schéma de lewis), Q38 (montage à trois électrodes), Q39 (demi-équation rédox) et Q44 (frontière de précipitation). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q17 (température de flamme), Q20 (tuyère), Q22 (bilan de quantité de mouvement), Q31 (ordre de réaction), Q36 (diagramme binaire), Q37 (théorème des moments chimiques) et Q42 (potentiel de corrosion).

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2020 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (24 sur 45), par exemple : Q1, Q2, Q5 à Q10, Q13 à Q16, Q18, Q23 à Q26, Q28, Q30, Q32, Q34, Q35, Q39…. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q22.

Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2020 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2020 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury indique que plus de 80 % du barème portait sur des questions de cours, d'application directe, des applications numériques et des raisonnements simples, les parties I et II étant plus délicates. Moyenne : 8,16/20 (écart-type 4,07, 4 053 présents).

Faut-il compter deux ailes pour la surface portante en Q2 ?

Oui : l'énoncé définit la force et la surface S pour une seule aile. Pour appliquer le principe fondamental de la dynamique à l'avion complet en Q2, Q3 et Q7, la portance totale fait intervenir la surface totale 2S.

Faut-il prendre en compte le diazote dans la combustion en Q17 ?

Oui : la combustion a lieu dans l'air et non dans le dioxygène pur. Le diazote n'est pas consommé mais s'échauffe ; sa capacité thermique doit impérativement figurer au dénominateur du calcul de l'élévation de température.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 27 septembre 2026.