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Corrigé détaillé X ENS Physique B PC 2024

Propagation d'une onde acoustique dans un milieu non homogène

Faisable en sup ?

Faisable en partie en PCSI : 18 questions sur 32. Autres questions faisables en PCSI

Détail par partie

Le sujet en bref

Sujet moyen · Ondes et signaux, Optique géométrique, Mécanique des fluides · 6 incontournables · 18 questions de première année
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Ce sujet d'une remarquable clarté pédagogique revisite les fondements rigoureux de l'acoustique linéaire avant d'explorer l'acoustique géométrique en milieu hétérogène. La première partie constitue un modèle d'examen critique des hypothèses usuelles du cours (linéarisation, écoulement parfait, caractère isentropique, négligence de la pesanteur), en testant la cohérence par des comparaisons d'échelles de temps et de longueurs caractéristiques.

La seconde partie transpose avec élégance le formalisme de l'optique géométrique (loi de Snell-Descartes pour les ondes sonores, indice acoustique) à l'étude des mirages acoustiques atmosphériques et à l'acoustique sous-marine (guidage dans le chenal SOFAR, parabole de sûreté, zones d'ombre sonar). C'est une référence incontournable pour consolider le cours d'acoustique physique et maîtriser les analogies formelles entre ondes, optique et mécanique du point.

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 10,11/20)
Temps estimé
≈ 2 h 45 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

6 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

15 questions rapides et accessibles · 3 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (15) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (3) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes
  • Parties indépendantes

    La partie 2 (Q14 à Q32) est totalement indépendante de la partie 1 (Q1 à Q13). Elle ne requiert pas les dérivations de mécanique des fluides et repose essentiellement sur les outils d'optique géométrique de première année.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

32 questions
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Partie 1 : Les hypothèses de l'acoustique linéaire.

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Mécanique des fluides › Cinématique des fluides

Notions : échelle mésoscopique, particule fluide

L'échelle spatiale de description choisie en mécanique des fluides est l'échelle mésoscopique à laquelle est définie la particule fluide. Indiquer quel critère (objectif) guide le choix de la taille d'une telle particule, dans un milieu et pour des conditions thermodynamiques donnés (aucun calcul d'application n'est demandé).

Voir l'indice

Comparer le volume mésoscopique au libre parcours moyen des molécules et aux dimensions macroscopiques caractéristiques des variations spatiales.

Voir la stratégie

Pour définir une particule fluide de taille caractéristique a, il faut concilier deux exigences contradictoires :

  1. Une échelle suffisamment grande pour s'affranchir des fluctuations microscopiques discrètes et définir des grandeurs moyennes locales ;
  2. Une échelle suffisamment petite pour justifier l'hypothèse du milieu continu et l'utilisation du calcul différentiel.
Voir la réponse courte

La taille a de la particule fluide doit vérifier \ell_{\text{libre}} \ll a \ll L_{\text{macro}} pour assurer continuité macroscopique et moyennes statistiques locales.

Voir le corrigé complet

La taille caractéristique a de la particule fluide doit satisfaire la double inégalité :

\boxed{\ell_{\text{micro}} \ll a \ll L_{\text{macro}}}

où :

  • \ell_{\text{micro}} est l'échelle microscopique caractéristique, représentée par la distance intermoléculaire moyenne d dans un liquide ou par le libre parcours moyen \ell_{\text{libre}} dans un gaz. Cette condition (a \gg \ell_{\text{micro}}) garantit que la particule renferme un nombre de molécules N \gg 1, de sorte que les grandeurs thermodynamiques et mécaniques locales (\rho, p, T, \vec{v}) soient bien définies avec des fluctuations statistiques relatives négligeables (\sim 1/\sqrt{N} \ll 1) ;
  • L_{\text{macro}} est l'échelle macroscopique spatiale sur laquelle varient significativement les champs d'écoulement (dans le cas présent, la longueur d'onde acoustique \lambda ou une échelle caractéristique du milieu). Cette condition (a \ll L_{\text{macro}}) autorise l'assimilation de la particule fluide à un point géométrique et permet l'emploi du calcul différentiel (milieu continu).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La définition de l'échelle mésoscopique d'une particule fluide nécessitait de mentionner le libre parcours moyen comme borne inférieure.

« Il était crucial de mentionner le libre parcours moyen comme borne inférieure de l’échelle de longueur d’une particule fluide. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques ; Mécanique des fluides › Dynamique des fluides parfaits

Notions : équation d'euler, approximation acoustique

Justifier que le système d'équations (1) ne permet pas, à lui seul, d'accéder aux différents champs qu'il fait intervenir. Par ailleurs, indiquer quelle difficulté mathématique particulière soulève la résolution d'un tel système.

Voir l'indice

Compter le nombre d'inconnues scalaires et d'équations disponibles, puis observer la non-linéarité des termes convectifs.

Voir la réponse courte

Il y a 5 inconnues pour 4 équations scalaires (manque la relation d'état) et le terme convectif (\vec{v}\cdot\vec{\nabla})\vec{v} rend le système non linéaire.

Voir le corrigé complet

Le système d'équations (1) fait intervenir les champs spatio-temporels suivants :

  • le champ des vitesses \vec{v}(M,t), soit 3 composantes scalaires ;
  • le champ de pression p(M,t), soit 1 grandeur scalaire ;
  • le champ de masse volumique \rho(M,t), soit 1 grandeur scalaire ;
  • (le champ de température T(M,t) mentionné dans le texte).

Cela représente au minimum 5 fonctions scalaires inconnues (voire 6 avec la température).

Or, le système (1) ne fournit que 4 équations scalaires :

  • l'équation d'Euler (vectorielle), équivalente à 3 équations scalaires ;
  • l'équation de conservation de la masse (scalaire), soit 1 équation scalaire.

Le nombre d'inconnues (5 ou 6) étant strictement supérieur au nombre d'équations (4), le système est sous-déterminé (non fermé). Pour le clore, il est indispensable de lui adjoindre une équation d'état thermodynamique (reliant p, \rho et T) ainsi qu'une équation régissant les transferts thermiques ou l'évolution thermodynamique du fluide (par exemple l'hypothèse d'une évolution isentropique).

Par ailleurs, sur le plan mathématique, ce système est constitué d'équations aux dérivées partielles couplées et non linéaires. Les non-linéarités proviennent :

  • du terme convectif \rho (\vec{v} \cdot \overrightarrow{\mathrm{grad}})\vec{v} dans l'équation de Navier-Stokes/Euler ;
  • des produits entre grandeurs dynamiques, notamment \rho \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} et \operatorname{div}(\rho \vec{v}).

Ces non-linéarités interdisent l'utilisation directe du principe de superposition et empêchent généralement toute résolution analytique exacte, justifiant ainsi le recours à une procédure d'approximation ou de linéarisation (acoustique linéaire).

Voir ce qu'a relevé le jury

La difficulté de résolution provient du caractère sous-déterminé du système et de la présence de termes non linéaires.

« un système sous-déterminé et la présence de non-linéarités rendent difficile la résolution. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : approximation acoustique, linéarisation

Indiquer à quelle condition le terme (a) de la première équation du système (1) peut être « linéarisé ».

Voir l'indice

Décomposer la masse volumique en \rho_0 + \delta\rho et comparer l'ordre de grandeur de la perturbation à la valeur d'équilibre statique.

Voir la réponse courte

Le terme instationnaire \rho \partial\vec{v}/\partial t se linéarise en \rho_0 \partial\vec{v}/\partial t sous la condition de petite perturbation \delta\rho \ll \rho_0.

Voir le corrigé complet

Le terme (a) s'écrit, compte tenu de la décomposition des champs \vec{v} = \vec{v}_0 + \delta\vec{v} = \delta\vec{v} (le fluide étant au repos à l'équilibre) et \rho = \rho_0 + \delta\rho :

\rho \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} = (\rho_0 + \delta\rho) \frac{\partial \delta\vec{v}}{\partial t} = \rho_0 \frac{\partial \delta\vec{v}}{\partial t} + \delta\rho \frac{\partial \delta\vec{v}}{\partial t}

Le premier terme \rho_0 \frac{\partial \delta\vec{v}}{\partial t} est du premier ordre en grandeurs dynamiques, tandis que le second terme \delta\rho \frac{\partial \delta\vec{v}}{\partial t} est un terme non linéaire d'ordre deux.

Le terme (a) peut donc être linéarisé sous la forme \rho_0 \frac{\partial \delta\vec{v}}{\partial t} dès lors que la perturbation relative de masse volumique est négligeable devant l'unité, soit :

\boxed{|\delta\rho| \ll \rho_0 \quad \text{ou encore} \quad A_\rho \ll \rho_0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait exposer clairement les arguments de linéarisation sans redériver l'approximation acoustique qui faisait l'objet de la question.

« La sélection entre les candidats s’est faite sur la clarté de la présentation des arguments de la linéarisation. »

« On note que la re-dérivation de l’approximation acoustique ne peut pas être recevable, puisque c’est précisément l’objet de la question. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : approximation acoustique, nombre de mach

Établir à quelle condition le terme (b) de la première équation du système (1) peut être négligé devant le terme (a).

Voir l'indice

Évaluer l'ordre de grandeur spatial par le vecteur d'onde k = \omega/c et comparer le terme convectif (\vec{v}\cdot\vec{\nabla})\vec{v} à l'accélération locale \partial_t \vec{v}.

Voir la réponse courte

En ordre de grandeur, |(\vec{v}\cdot\vec{\nabla})\vec{v}| / |\partial\vec{v}/\partial t| \sim v/c \ll 1, ce qui correspond à un nombre de Mach acoustique très faible.

Voir le corrigé complet

Le fluide étant au repos à l'équilibre (\vec{v}_0 = \vec{0}), le champ de vitesse se réduit à sa composante dynamique : \vec{v} = \delta\vec{v}, d'amplitude caractéristique notée A_v.

Pour une onde se propageant à la pulsation \omega et de vecteur d'onde \vec{k} vérifiant \omega = c k :

  • la dérivation temporelle introduit un facteur d'échelle \omega, d'où l'ordre de grandeur du terme (a) :

    \left\| \rho \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} \right\| \sim \rho_0 \omega A_v
  • les dérivées spatiales introduisent le facteur d'échelle spatial k = \omega/c, d'où l'ordre de grandeur du terme convectif (b) :

    \left\| \rho (\vec{v} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}}) \vec{v} \right\| \sim \rho_0 k A_v^2

Le terme convectif (b) est négligeable devant le terme d'accélération locale (a) si :

\rho_0 k A_v^2 \ll \rho_0 \omega A_v \iff k A_v \ll \omega

En utilisant la relation de dispersion k = \omega/c, cette condition s'écrit :

\boxed{A_v \ll c}

soit encore \|\delta\vec{v}\| \ll c.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : conservation de la masse, approximation acoustique

Définir à quelle condition la seconde équation du système (1) tend vers une équation linéaire.

Voir l'indice

Développer \operatorname{div}((\rho_0 + \delta\rho)\delta\vec{v}) et isoler le produit de perturbations du second ordre devant le terme linéaire.

Voir la stratégie
  1. Injecter les décompositions \rho = \rho_0 + \delta\rho et \vec{v} = \delta\vec{v} dans l'équation de conservation de la masse en exploitant l'uniformité de \rho_0.
  2. Identifier le terme non linéaire d'ordre deux et évaluer son ordre de grandeur par rapport au terme linéaire.
  3. En déduire la condition recherchée et faire le lien avec la célérité c.
Voir la réponse courte

L'équation de continuité se linéarise si \delta\rho \ll \rho_0 et si le terme quadratique \text{div}(\delta\rho \vec{v}) est négligeable devant \rho_0 \text{div}\vec{v}.

Voir le corrigé complet

La seconde équation du système (1) est l'équation locale de conservation de la masse :

\frac{\partial \rho}{\partial t} + \operatorname{div}(\rho \vec{v}) = 0

En introduisant les décompositions \rho(\mathrm{M}, t) = \rho_0 + \delta\rho(\mathrm{M}, t) et \vec{v}(\mathrm{M}, t) = \delta\vec{v}(\mathrm{M}, t) (avec \vec{v}_0 = \vec{0}), et sachant que \rho_0 est indépendant du temps et uniforme dans l'espace, il vient :

\frac{\partial \rho}{\partial t} = \frac{\partial \delta\rho}{\partial t}
\operatorname{div}(\rho \vec{v}) = \operatorname{div}\big((\rho_0 + \delta\rho)\,\delta\vec{v}\big) = \rho_0 \operatorname{div}(\delta\vec{v}) + \operatorname{div}(\delta\rho\,\delta\vec{v})

L'équation s'écrit ainsi :

\frac{\partial \delta\rho}{\partial t} + \rho_0 \operatorname{div}(\delta\vec{v}) + \operatorname{div}(\delta\rho\,\delta\vec{v}) = 0

Le terme non linéaire est le terme du second ordre \operatorname{div}(\delta\rho\,\delta\vec{v}). Estimons les grandeurs caractéristiques associées aux deux termes d'écoulement pour une onde plane de vecteur d'onde k :

\begin{aligned} \|\rho_0 \operatorname{div}(\delta\vec{v})\| &\sim \rho_0 k A_v \\ \|\operatorname{div}(\delta\rho\,\delta\vec{v})\| &\sim k A_\rho A_v \end{aligned}

Le terme d'ordre deux est négligeable devant le terme linéaire d'ordre un si et seulement si :

k A_\rho A_v \ll \rho_0 k A_v \iff A_\rho \ll \rho_0

Sous cette condition, la seconde équation du système (1) tend vers l'équation linéaire :

\frac{\partial \delta\rho}{\partial t} + \rho_0 \operatorname{div}(\delta\vec{v}) = 0

La condition pour que la seconde équation tende vers une équation linéaire est donc :

\boxed{|\delta\rho| \ll \rho_0 \quad (\text{soit } A_\rho \ll \rho_0)}

Résultat

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques ; Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique

Notions : compressibilité isentropique, célérité du son

Nous supposons que l'évolution du milieu associée à la propagation de l'onde est isentropique. Complétons alors le système d'équations (1) en introduisant le coefficient de compressibilité isentropique du fluide défini par la relation suivante :

Définir à quelle condition cette relation permet de relier à dans la limite linéaire. Sous cette condition, donner l'expression de la célérité (isentropique donc) des ondes acoustiques dans le milieu en fonction de et (). Exprimer enfin, en faisant apparaître , la relation liant à .

Voir l'indice

Réaliser un développement limité au premier ordre de \rho(p) à entropie fixée autour de l'état fondamental (p_0, T_0).

Voir la stratégie
  1. Écrire le développement de Taylor de la masse volumique \rho(p) au premier ordre autour de la pression statique p_0 le long d'une isentropique pour dégager la condition de linéarité.
  2. Identifier le lien avec la célérité acoustique c issue de la relation de dispersion et de l'équation de d'Alembert standard.
  3. Exprimer \delta p en fonction de \delta\rho et de c.
Voir la réponse courte

Au premier ordre, \delta\rho = \rho_0 \chi_{S0} \delta p, d'où la célérité c = 1/\sqrt{\rho_0 \chi_{S0}} et la relation \delta p = c^2 \delta\rho.

Voir le corrigé complet

L'évolution du fluide induite par le passage de l'onde étant supposée isentropique (S = \text{cste}), la masse volumique ne dépend localement que de la pression p : \rho = \rho(p, S). Un développement limité au premier ordre au voisinage de l'état statique (p_0, T_0) conduit à :

\rho \approx \rho_0 + \left. \frac{\partial \rho}{\partial p} \right|_{S,0} (p - p_0) = \rho_0 + \rho_0 \chi_{S0} \, \delta p

soit pour la fluctuation dynamique de masse volumique :

\delta\rho \approx \rho_0 \chi_{S0} \, \delta p

Cette approximation linéaire est valable sous la condition de petites perturbations acoustiques, c'est-à-dire :

\boxed{|\delta p| \ll \frac{1}{\chi_{S0}} \quad (\text{ou } |\delta p| \ll p_0 \text{ pour un gaz})}

ce qui garantit que les termes d'ordres supérieurs dans le développement de Taylor restent négligeables devant le terme d'ordre un, et assure également |\delta\rho| \ll \rho_0.

En combinant l'équation d'Euler linéarisée sans pesanteur (\rho_0 \frac{\partial \delta\vec{v}}{\partial t} = -\vec{\nabla}\delta p) et l'équation de conservation de la masse linéarisée (\frac{\partial \delta\rho}{\partial t} + \rho_0 \operatorname{div}\delta\vec{v} = 0), on obtient l'équation d'onde de d'Alembert pour \delta p ou \delta\rho, dans laquelle la célérité isentropique c vérifie c^2 = \left.\frac{\partial p}{\partial \rho}\right|_{S,0} = \frac{1}{\rho_0 \chi_{S0}}. La célérité du son s'écrit donc :

\boxed{c = \frac{1}{\sqrt{\rho_0 \chi_{S0}}}}

On en déduit immédiatement la relation liant la surpression acoustique \delta p à la variation de masse volumique \delta\rho :

\boxed{\delta p = c^2 \, \delta\rho}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait exposer clairement les arguments de linéarisation sans redériver l'approximation acoustique qui faisait l'objet de la question.

« La sélection entre les candidats s’est faite sur la clarté de la présentation des arguments de la linéarisation. »

« On note que la re-dérivation de l’approximation acoustique ne peut pas être recevable, puisque c’est précisément l’objet de la question. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 7

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : approximation acoustique, pesanteur

Sous les conditions que nous venons d'établir, le système (1), auquel est adjointe l'équation décrivant la réponse en compressibilité du fluide (équation (2)), permet de relier linéairement les composantes dynamiques des champs. Nous supposons ici que la célérité peut être considérée comme étant uniforme dans le milieu.

Établir alors à quelle condition, portant sur la pulsation , la célérité et l'accélération de la pesanteur , cette dernière peut être négligée dans ces relations.

Voir l'indice

Comparer le terme de force volumique gravitationnelle \delta\rho \, g au gradient de pression dynamique \vec{\nabla}(\delta p) \sim k \, \delta p dans l'équation d'Euler linéarisée.

Voir la stratégie
  1. Écrire l'équation d'Euler linéarisée en retranchant la relation fondamentale de la statique des fluides vérifiée à l'équilibre.
  2. Évaluer les ordres de grandeur du terme de force de pesanteur dynamique et du terme de gradient de pression acoustique en utilisant la relation \delta p = c^2\,\delta\rho établie à la question précédente.
  3. Comparer ces deux termes pour en déduire la condition sur \omega, c et g.
Voir la réponse courte

La pesanteur est négligeable devant le gradient de pression acoustique si \rho_0 g \ll k \delta p \sim (\omega/c)\rho_0 c v, soit \omega \gg g/c.

Voir le corrigé complet

À l'équilibre statique (en l'absence d'onde acoustique), le fluide est au repos (\vec{v}_0 = \vec{0}) et vérifie la relation fondamentale de la statique des fluides :

\vec{0} = \rho_0\,\vec{g} - \vec{\grad} p_0

En présence de l'onde acoustique, en injectant les décompositions p = p_0 + \delta p, \rho = \rho_0 + \delta\rho et \vec{v} = \delta\vec{v} dans la première équation du système (1), et compte tenu des approximations linéaires validées aux questions précédentes (terme convectif négligeable et terme d'accélération linéarisé), on obtient :

\rho_0\,\frac{\partial \delta\vec{v}}{\partial t} = (\rho_0 + \delta\rho)\,\vec{g} - \vec{\grad}(p_0 + \delta p)

En soustrayant la condition d'équilibre statique, l'équation dynamique s'écrit :

\rho_0\,\frac{\partial \delta\vec{v}}{\partial t} = -\vec{\grad}\delta p + \delta\rho\,\vec{g}

Évaluons les ordres de grandeur spatio-temporels de ces composantes dynamiques pour une onde plane harmonique de pulsation \omega et de vecteur d'onde de norme k = \omega/c :

  • Le terme de force volumique de pesanteur dynamique a pour amplitude :

    \|\delta\rho\,\vec{g}\| \sim A_\rho\,g
  • Le terme de gradient de pression acoustique a pour amplitude :

    \|\vec{\grad}\delta p\| \sim k\,A_p = \frac{\omega}{c}\,A_p

D'après la question 6, la réponse thermodynamique isentropique impose la relation \delta p = c^2\,\delta\rho, d'où A_p = c^2\,A_\rho. L'amplitude du gradient de pression s'exprime donc sous la forme :

\|\vec{\grad}\delta p\| \sim \frac{\omega}{c}\,(c^2\,A_\rho) = \omega\,c\,A_\rho

L'effet de la pesanteur peut être légitimement négligé dans les équations dynamiques si le terme \delta\rho\,\vec{g} est négligeable devant le gradient de pression acoustique \vec{\grad}\delta p, ce qui se traduit par :

A_\rho\,g \ll \omega\,c\,A_\rho \iff g \ll \omega\,c

On obtient ainsi la condition requise :

\boxed{\omega \gg \frac{g}{c}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très peu réussie : toute la difficulté résidait dans l'identification de l'état d'équilibre hydrostatique à l'ordre zéro.

« Toute la subtilité de la question résidait dans l’identification de l’équilibre hydrostatique à l’ordre zéro. »

« Très peu de candidats ont traité correctement cette question. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : approximation acoustique, ordre de grandeur

Nous adoptons les valeurs suivantes : , et . Traduire numériquement, sur la fréquence , la condition établie en réponse à la question (7), dans le cas où le milieu propagatif est de l'air, puis de l'eau. Commenter ces résultats.

Voir l'indice

Calculer la fréquence de coupure f_g = g/(2\pi c) dans l'air et dans l'eau puis situer cette fréquence par rapport au domaine audible.

Voir la réponse courte

L'inégalité donne f \gg 5\text{ mHz} dans l'air et f \gg 1\text{ mHz} dans l'eau : la pesanteur est totalement négligeable pour toutes les fréquences audibles.

Voir le corrigé complet

D'après la question 7, la pesanteur est négligeable dans les équations dynamiques de propagation sous la condition \omega \gg \dfrac{g}{c}. Exprimée en fonction de la fréquence f = \dfrac{\omega}{2\pi}, cette condition s'écrit :

f \gg f_c \quad \text{avec} \quad f_c = \frac{g}{2\pi c}
  • Cas de l'air : avec g = 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} et c_{\text{air}} = 300\text{ m}\cdot\text{s}^{-1},

    \begin{aligned} f_{c,\text{air}} &= \frac{10}{2\pi \times 300} = \frac{1}{60\pi} \approx 5{,}3\times 10^{-3}\text{ Hz} \end{aligned}

    soit la condition :

    \boxed{f \gg 5{,}3\times 10^{-3}\text{ Hz} \approx 5\text{ mHz}}
  • Cas de l'eau : avec g = 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} et c_{\text{eau}} = 1500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1},

    \begin{aligned} f_{c,\text{eau}} &= \frac{10}{2\pi \times 1500} = \frac{1}{300\pi} \approx 1{,}1\times 10^{-3}\text{ Hz} \end{aligned}

    soit la condition :

    \boxed{f \gg 1{,}1\times 10^{-3}\text{ Hz} \approx 1\text{ mHz}}

Commentaires :

  • Les fréquences seuils f_c obtenues sont de l'ordre du millihertz, ce qui correspond à des périodes caractéristiques de l'ordre de plusieurs centaines de secondes (environ 3\text{ min} pour l'air et 15\text{ min} pour l'eau).
  • Pour l'ensemble du domaine acoustique usuel (sons audibles de 20\text{ Hz} à 20\text{ kHz}, et ultrasons au-delà), les fréquences considérées sont immensément supérieures à ces seuils : l'inégalité f \gg f_c est donc toujours largement satisfaite en pratique.
  • Il est par conséquent parfaitement légitime de négliger les effets de la pesanteur dans l'étude des ondes acoustiques usuelles dans l'air comme dans l'eau. Seuls les infrasons de très basse fréquence (ondes de gravité-acoustiques) nécessiteraient la prise en compte de la gravité.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait situer ces fréquences par rapport au domaine audible humain et retrouver quantitativement le facteur 5 entre l'eau et l'air.

« Dans le commentaire qualitatif attendu, il ne suffisait pas de dire que ces fréquences sont faibles : elles le sont par rapport au spectre audible pour un humain, c.-à-d. entre 20 Hz et 20 kHz. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 9

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques ; Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : approximation acoustique, diffusion thermique

Nous notons () le coefficient de diffusion thermique du fluide. Par ailleurs, nous supposons que l'onde harmonique plane se propage dans un milieu « infini ».

Établir à quelle condition, portant sur la pulsation , la célérité et le coefficient , l'évolution du fluide induite par l'onde acoustique peut être considérée comme étant adiabatique. On accompagnera le raisonnement tenu d'une argumentation claire, appuyée sur un schéma précisant de quelle manière les échanges thermiques interviennent au sein du fluide.

Voir l'indice

Comparer le temps caractéristique d'une période acoustique \tau \sim 1/\omega au temps caractéristique de diffusion thermique \tau_{\mathrm{th}} \sim \lambda^2/D sur une demi-longueur d'onde.

Voir la stratégie
  1. Décrire le mécanisme physique des échanges thermiques induits par l'onde sonore (alternance de zones de compression échauffées et de détente refroidies).
  2. Illustrer par un schéma les gradients thermiques et les flux conductifs associés.
  3. Comparer le temps caractéristique de diffusion thermique sur la distance caractéristique de l'onde au temps d'évolution acoustique (ou comparer directement les ordres de grandeur dans l'équation de la chaleur).
Voir la réponse courte

Le temps de diffusion sur une demi-longueur d'onde \tau \sim \lambda^2/D doit être très supérieur à la période acoustique T, ce qui impose \omega \ll c^2/D.

Voir le corrigé complet

Lors de la propagation d'une onde acoustique plane, le fluide subit localement une succession de compressions et de dilatations :

  • les zones de compression (\delta p > 0) s'échauffent adiabatiquement (\delta T > 0) ;
  • les zones de détente (\delta p < 0) se refroidissent adiabatiquement (\delta T < 0).

Ces zones chaudes et froides alternent périodiquement dans l'espace avec une période spatiale égale à la longueur d'onde \lambda = 2\pi/k = 2\pi c/\omega. La distance typique séparant une zone chaude d'une zone froide est de l'ordre de la demi-longueur d'onde, ce qui correspond à l'échelle spatiale caractéristique :

L \sim \frac{1}{k} = \frac{c}{\omega}

Il s'établit alors un gradient de température spatial qui donne naissance, d'après la loi de Fourier, à des transferts thermiques conductifs entre les zones chaudes et les zones froides, via un vecteur densité de courant thermique \vec{j}_{\text{th}} = -\lambda_{\text{th}} \overrightarrow{\operatorname{grad}}(\delta T) orienté des zones chaudes vers les zones froides.

L'évolution du fluide peut être considérée comme adiabatique si la diffusion thermique n'a pas le temps d'homogénéiser les températures au cours d'une période de l'onde acoustique. Comparons les deux temps caractéristiques du phénomène :

  • le temps caractéristique acoustique :

    \tau_{\text{ac}} \sim \frac{1}{\omega}
  • le temps caractéristique de diffusion thermique sur l'échelle spatiale L \sim c/\omega :

    \tau_{\text{diff}} \sim \frac{L^2}{D} \sim \frac{c^2}{D\,\omega^2}

Le transfert thermique est négligeable (régime adiabatique) si le temps de diffusion est très supérieur au temps acoustique :

\tau_{\text{ac}} \ll \tau_{\text{diff}} \iff \frac{1}{\omega} \ll \frac{c^2}{D\,\omega^2}

ce qui conduit immédiatement à la condition :

\boxed{\omega \ll \frac{c^2}{D}}

Remarque équivalente : dans l'équation de la diffusion de la chaleur avec terme source de compression, le terme instationnaire d'ordre \omega\,\delta T domine le terme de diffusion thermique d'ordre D k^2 \delta T = D \frac{\omega^2}{c^2} \delta T si et seulement si D \frac{\omega^2}{c^2} \ll \omega, ce qui redonne \omega \ll \frac{c^2}{D}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le jury attendait une comparaison entre le temps caractéristique de diffusion thermique et la période temporelle de l'onde.

« nous attendions une comparaison du temps caractéristique correspondant à l’homogénéisation du champ de température (qui présente une variabilité spatiale à l’échelle de λ) sous l’effet de la diffusion thermique et de la période temporelle du forçage dû à l’onde. »

« Il aurait été bienvenu que la similarité des résultats D, η ≪c2/ω s’accompagne d’un commentaire. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 10

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques ; Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : approximation acoustique, temps caractéristique

Les coefficients de diffusion thermique de l'air et de l'eau ont pour valeurs respectives et (autour de et ). Traduire numériquement, sur la fréquence , la condition établie en réponse à la question (9), dans le cas de l'air puis celui de l'eau. Commenter ces résultats.

Voir l'indice

Calculer numériquement la fréquence seuil f_{\mathrm{th}} = c^2/(2\pi D) pour l'air et pour l'eau, et conclure sur la gamme de fréquences usuelles.

Voir la réponse courte

On trouve f \ll 700\text{ MHz} dans l'air et f \ll 2\text{ GHz} dans l'eau : les compressions acoustiques sont adiabatiques pour toutes les fréquences usuelles.

Voir le corrigé complet

D'après la condition établie à la question 9, l'évolution du fluide est adiabatique si :

\omega \ll \frac{c^2}{D} \iff f \ll f_{\text{th}} = \frac{c^2}{2\pi D}

Cas de l'air : Avec c_{\text{air}} = 300\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et D_{\text{air}} \sim 20 \times 10^{-6}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1} :

\begin{aligned} f_{\text{th, air}} &= \frac{(300)^2}{2\pi \times 20 \times 10^{-6}} = \frac{9 \times 10^4}{40\pi \times 10^{-6}} \approx 7{,}2 \times 10^8\text{ Hz} \end{aligned}

soit la condition :

\boxed{f \ll 7 \times 10^8\text{ Hz} \sim 1\text{ GHz}}

Cas de l'eau : Avec c_{\text{eau}} = 1500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et D_{\text{eau}} \sim 0{,}15 \times 10^{-6}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1} :

\begin{aligned} f_{\text{th, eau}} &= \frac{(1500)^2}{2\pi \times 0{,}15 \times 10^{-6}} = \frac{2{,}25 \times 10^6}{0{,}30\pi \times 10^{-6}} \approx 2{,}4 \times 10^{12}\text{ Hz} \end{aligned}

soit la condition :

\boxed{f \ll 2{,}4 \times 10^{12}\text{ Hz} \sim 2\text{ THz}}

Commentaires :

  • Le domaine acoustique audible s'étend typiquement de 20\text{ Hz} à 20\text{ kHz}, et le domaine des ultrasons usuels atteint au plus quelques dizaines de mégahertz. Ces fréquences sont immensément plus faibles que les fréquences de coupure thermique f_{\text{th}} obtenues (de l'ordre du gigahertz dans l'air et du térahertz dans l'eau).
  • L'hypothèse de transformations adiabatiques lors du passage d'une onde acoustique est donc excellemment vérifiée pour tous les sons audibles et ultrasons usuels, tant dans l'air que dans l'eau.

Résultat

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Question 11

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques ; Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : fluide visqueux, approximation acoustique

Dans le cas d'un écoulement compressible, lorsque les effets visqueux sont pris en compte, le second membre de la première équation du système (1) comprend deux termes supplémentaires, linéaires par rapport à la vitesse (dans le cas d'un fluide newtonien). Nous leur associons, collectivement, la grandeur caractéristique se présentant comme le produit d'un coefficient de viscosité dynamique, que nous noterons , par une grandeur caractéristique construite sur une dérivée spatiale d'ordre deux de la vitesse.

En comparant au terme (a) de la première équation différentielle du système (1), définir à quelle condition il devient acceptable de considérer l'écoulement induit par l'onde acoustique (onde plane ) comme étant parfait, comme nous l'avons supposé a priori dans le texte introduisant le système d'équations différentielles (1). On fera porter cette condition sur la pulsation , la célérité et la viscosité cinématique du milieu.

Voir l'indice

Estimer la force volumique visqueuse f_V \sim \eta k^2 A_v et la comparer à l'inertie volumique \rho_0 \omega A_v avec k = \omega/c.

Voir la stratégie
  1. Évaluer l'ordre de grandeur du terme d'accélération locale (a) pour une onde plane harmonique de pulsation \omega et d'amplitude de vitesse A_v.
  2. Évaluer l'ordre de grandeur de la force volumique visqueuse f_{\mathrm{V}} associée aux dérivées spatiales d'ordre deux de la vitesse, en utilisant la relation de dispersion k = \omega/c.
  3. Comparer ces deux termes pour établir la condition de validité de l'approximation du fluide parfait sous la forme \omega \ll c^2/\nu.
Voir la réponse courte

Les contraintes visqueuses \eta k^2 v sont négligeables devant l'inertie \rho_0 \omega v si \nu k^2 \ll \omega, ce qui s'écrit \omega \ll c^2/\nu.

Voir le corrigé complet

Pour une onde plane harmonique se propageant dans la direction de \vec{u}, la perturbation de vitesse s'écrit \delta\vec{v}(\vec{r}, t) = \vec{A}_v \cos(\omega t - \vec{k}\cdot\vec{r}).

Le terme d'accélération locale (a) linéarisé (étudié en question 3) est de l'ordre de grandeur :

|(a)| = \left\| \rho_0 \frac{\partial \delta\vec{v}}{\partial t} \right\| \sim \rho_0 \omega A_v

D'après le texte, la résultante volumique des forces de viscosité f_{\mathrm{V}} s'exprime comme le produit de la viscosité dynamique \eta par une dérivée spatiale d'ordre deux de la vitesse. L'opérateur spatial intervenant à l'ordre deux se met à l'échelle par le carré du vecteur d'onde k^2 = (\omega/c)^2 :

f_{\mathrm{V}} \sim \eta k^2 A_v = \eta \frac{\omega^2}{c^2} A_v

L'écoulement induit par l'onde acoustique peut être considéré comme parfait si les effets visqueux sont négligeables devant le terme d'inertie (a) :

f_{\mathrm{V}} \ll |(a)| \iff \eta \frac{\omega^2}{c^2} A_v \ll \rho_0 \omega A_v

En simplifiant par \omega A_v > 0 et en introduisant la viscosité cinématique \nu = \eta/\rho_0, on obtient la condition :

\frac{\nu \omega}{c^2} \ll 1

Soit finalement :

\boxed{\omega \ll \frac{c^2}{\nu}}

Résultat

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Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques ; Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : fluide visqueux, ordre de grandeur

Écrire numériquement l'inégalité que doit alors vérifier la fréquence , dans le cas de l'air () puis celui de l'eau (). Commenter ces résultats.

Voir l'indice

Évaluer la fréquence seuil visqueuse f_{\mathrm{visq}} = c^2/(2\pi \nu) pour l'air et pour l'eau.

Voir la réponse courte

On trouve f \ll 1{,}4\text{ GHz} dans l'air et f \ll 360\text{ GHz} dans l'eau : le fluide se comporte comme parfait dans tout le domaine acoustique pratique.

Voir le corrigé complet

D'après la condition établie à la question Q11, l'écoulement induit par l'onde acoustique est assimilable à un écoulement parfait si :

\omega \ll \frac{c^2}{\nu} \iff f = \frac{\omega}{2\pi} \ll \frac{c^2}{2\pi\nu}

1. Cas de l'air : Avec c_{\text{air}} = 300\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et \nu_{\text{air}} \sim 10^{-5}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1} :

f_{\text{visq, air}} = \frac{c_{\text{air}}^2}{2\pi \nu_{\text{air}}} = \frac{(300)^2}{2\pi \times 10^{-5}} = \frac{9\times 10^4}{2\pi \times 10^{-5}} \approx \frac{9}{6{,}28}\times 10^9 \approx 1{,}4\times 10^9\text{ Hz}

L'inégalité s'écrit donc :

\boxed{f \ll 1{,}4\times 10^9\text{ Hz} \sim 1\text{ GHz}}

2. Cas de l'eau : Avec c_{\text{eau}} = 1500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et \nu_{\text{eau}} \sim 10^{-6}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1} :

f_{\text{visq, eau}} = \frac{c_{\text{eau}}^2}{2\pi \nu_{\text{eau}}} = \frac{(1500)^2}{2\pi \times 10^{-6}} = \frac{2{,}25\times 10^6}{2\pi \times 10^{-6}} \approx \frac{2{,}25}{6{,}28}\times 10^{12} \approx 3{,}6\times 10^{11}\text{ Hz}

L'inégalité s'écrit donc :

\boxed{f \ll 3{,}6\times 10^{11}\text{ Hz} \sim 4\times 10^{11}\text{ Hz}}

Commentaires :

  • Les fréquences caractéristiques obtenues appartiennent au domaine de l'hypersonique (f \gtrsim 1\text{ GHz}).
  • Le domaine acoustique usuel (sons audibles entre 20\text{ Hz} et 20\text{ kHz}, ainsi que les ultrasons usuels jusqu'à quelques dizaines de mégahertz) vérifie très largement cette condition : f \ll f_{\text{visq}}.
  • L'hypothèse de fluide parfait (effets visqueux négligeables) est donc pleinement justifiée pour la quasi-totalité des applications acoustiques et sous-marines.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à obtenir le bon ordre de grandeur dans l'application numérique et à orienter correctement le sens des inégalités.

« On note cependant une grande variabilité dans les applications numériques. »

« Il aurait été bienvenu que la similarité des résultats D, η ≪c2/ω s’accompagne d’un commentaire. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 13

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : équation de d'alembert, approximation wkb

Nous nous plaçons dans l'approximation linéaire et ne prenons pas en compte l'accélération de la pesanteur dans les équations mettant en relation les champs dynamiques.

Nous supposons que la célérité des ondes acoustiques est une fonction de l'altitude et qu'elle varie sur une longueur caractéristique . Par ailleurs, chacun des champs dynamiques ( ou ) varie sur une longueur caractéristique .

Établir à quelle condition, portant sur les longueurs et , la composante est solution d'une équation de D'Alembert dans laquelle on a simplement remplacé la célérité (habituellement constante) par la fonction .

On ne cherchera pas à établir l'équation différentielle générale vérifiée par , on raisonnera d'emblée sur des grandeurs caractéristiques.

Voir l'indice

Comparer la longueur d'onde acoustique \lambda à l'échelle spatiale de variation de célérité \ell \sim c/|\mathrm{d}c/\mathrm{d}z|.

Voir la stratégie
  1. Identifier les opérateurs spatiaux intervenant lors de l'établissement de l'équation d'onde à partir des équations de l'acoustique couplées aux paramètres du milieu.
  2. Évaluer par analyse d'ordres de grandeur le terme de dérivée seconde spatiale par rapport au terme couplant la dérivation du champ acoustique à celle des propriétés du milieu.
  3. En déduire l'inégalité reliant la longueur caractéristique de variation du champ \lambda et celle du milieu \ell.
Voir la réponse courte

Les dérivées spatiales de c(z) sont négligeables devant celles de l'onde si l'échelle spatiale d'hétérogénéité \ell est très grande devant \lambda (\lambda \ll \ell).

Voir le corrigé complet

Dans le cadre de l'acoustique linéaire et en l'absence de pesanteur, l'équation de conservation de la masse et l'équation d'Euler s'écrivent :

\begin{aligned} \frac{\partial \delta\rho}{\partial t} + \rho_0 \operatorname{div}(\delta\vec{v}) &= 0 \\ \rho_0 \frac{\partial \delta\vec{v}}{\partial t} &= -\vec{\operatorname{grad}}(\delta p) \end{aligned}

En utilisant la relation constitutive \delta p = c(z)^2 \delta\rho, l'élimination de \delta\vec{v} par dérivation temporelle de l'équation de continuité et utilisation de l'équation d'Euler fait intervenir l'opérateur spatial :

\operatorname{div}\left(\vec{\operatorname{grad}}\delta p\right) = \Delta \delta p

ainsi que des termes de couplage issus de la dérivation de grandeurs dépendant de l'altitude z (comme c(z) ou \rho_0(z)).

Pour toute composante dynamique \delta s dépendant de z :

  • La dérivée spatiale directe du champ dynamique varie sur l'échelle de l'onde acoustique \lambda :

    \left| \frac{\partial^2 \delta s}{\partial z^2} \right| \sim \frac{\delta s}{\lambda^2}
  • Les dérivées spatiales croisées faisant intervenir la variation spatiale des caractéristiques du milieu (telle que c(z), qui varie sur la distance \ell) s'écrivent sous la forme de termes correctifs du type :

    \left| \frac{1}{c}\frac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}z} \frac{\partial \delta s}{\partial z} \right| \sim \frac{1}{\ell} \times \frac{\delta s}{\lambda} = \frac{\delta s}{\ell \lambda}

Pour que la composante \delta s satisfasse une équation de d'Alembert locale de la forme :

\Delta \delta s - \frac{1}{c^2(z)} \frac{\partial^2 \delta s}{\partial t^2} = 0

il est nécessaire que ces termes de gradient d'inhomogénéité soient négligeables devant les termes de dérivée seconde de l'onde :

\frac{\delta s}{\ell \lambda} \ll \frac{\delta s}{\lambda^2}

soit la condition :

\boxed{\lambda \ll \ell}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La réflexion devait porter sur les équations locales de départ menant à la propagation, et non sur l'équation de d'Alembert finale.

« La discussion devait porter sur les équations qui conduisent à l’équation de d’Alembert, et non pas sur l’équation de d’Alembert elle-même. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Partie 2 : Acoustique géométrique.

Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques ; Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique

Notions : célérité du son, loi de laplace, capacité thermique

Dans le cas où le milieu est de l'air, établir que le carré est proportionnel à la température de ce milieu. On exprimera la constante de proportionnalité en fonction de la constante des gaz parfaits , de la masse molaire du gaz et de son indice adiabatique (ou coefficient de Laplace) .

Indiquer quels sont les éléments à considérer pour accéder à la valeur de , dans le cas d'un gaz. Déterminer alors cette valeur dans le cas de l'air dans le voisinage des conditions normales de température et de pression.

Voir l'indice

Utiliser la relation thermodynamique de Laplace reliant \chi_S au coefficient de compressibilité isotherme \chi_T, puis dénombrer les degrés de liberté de rotation et de translation pour une molécule diatomique.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le coefficient de compressibilité isentropique \chi_S pour un gaz parfait vérifiant la loi de Laplace, puis en déduire la célérité du son c.
  2. Relier \gamma aux degrés de liberté de la molécule par le théorème de l'équipartition de l'énergie et la relation de Mayer.
  3. Conclure pour l'air à température ambiante en considérant sa composition moléculaire diatomique majeure (\mathrm{N}_2, \mathrm{O}_2).
Voir la réponse courte

Pour un gaz parfait, c^2 = \gamma RT/M. L'air étant diatomique sans vibrations actives à 300\text{ K}, \gamma = C_{p,m}/C_{v,m} = 7/5 = 1{,}4.

Voir le corrigé complet

L'air est modélisé par un gaz parfait vérifiant l'équation d'état :

p = \frac{\rho R T}{M} \iff \frac{p}{\rho} = \frac{R T}{M}

Pour une évolution isentropique d'un gaz parfait, la loi de Laplace s'écrit p \rho^{-\gamma} = \text{Cste}. Par dérivation logarithmique à entropie S fixée :

\frac{\mathrm{d}p}{p} - \gamma \frac{\mathrm{d}\rho}{\rho} = 0 \implies \left(\frac{\partial \rho}{\partial p}\right)_S = \frac{\rho}{\gamma p}

Le coefficient de compressibilité isentropique vaut alors :

\chi_S = \frac{1}{\rho}\left(\frac{\partial \rho}{\partial p}\right)_S = \frac{1}{\gamma p}

En utilisant la relation établie à la question Q6 (c^2 = \frac{1}{\rho \chi_S}) :

c^2 = \frac{\gamma p}{\rho} = \frac{\gamma R T}{M}

Le carré de la célérité est donc bien proportionnel à la température thermodynamique T :

\boxed{c^2 = \left(\frac{\gamma R}{M}\right) T}

La constante de proportionnalité est \frac{\gamma R}{M}.

Pour accéder à la valeur de \gamma = \frac{C_{p,\text{m}}}{C_{V,\text{m}}}, les éléments à considérer sont :

  • la composition chimique et la géométrie des molécules constitutives du gaz (molécules monoatomiques, diatomiques linéaires ou polyatomiques) ;
  • les degrés de liberté (translation, rotation, vibration) activés à la température T, selon le théorème de l'équipartition de l'énergie et l'écart entre k_B T et les quanta d'énergie rotationnelle et vibrationnelle.

L'air est constitué à près de 99\,\% de molécules diatomiques homonucléaires (\mathrm{N}_2 à 78\,\% et \mathrm{O}_2 à 21\,\%). Dans le voisinage des conditions normales de température et de pression :

  • les 3 degrés de liberté de translation sont activés (\frac{3}{2}R) ;
  • les 2 degrés de liberté de rotation selon les axes perpendiculaires à la liaison sont activés (2 \times \frac{1}{2}R = R) ;
  • les modes de vibration sont gelés car l'écart énergétique vibrationnel est nettement supérieur à l'énergie thermique (h\nu_{\text{vib}} \gg k_B T).

On a ainsi C_{V,\text{m}} = \frac{5}{2}R. La relation de Mayer pour un gaz parfait, C_{p,\text{m}} - C_{V,\text{m}} = R, conduit à C_{p,\text{m}} = \frac{7}{2}R.

On en déduit la valeur du rapport des capacités thermiques :

\boxed{\gamma = \frac{7}{5} = 1{,}4}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait appliquer le théorème d'équipartition de l'énergie en dénombrant correctement les degrés de liberté du gaz considéré.

« Le point important ici est l’application du théorème d’équipartition, et l’identification correcte des degrés de liberté concernés. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Ondes et signaux › Ondes acoustiques ; Optique géométrique › Réflexion, réfraction et fibres optiques

Notions : loi de snell-descartes, onde plane

En traduisant l'hypothèse que l'onde dans le milieu (2) reste une onde plane, établir que les angles et sont liés par la relation suivante :

Voir l'indice

Écrire la continuité de la phase acoustique (ou la conservation de la composante tangentielle du vecteur d'onde) le long de l'interface plane.

Voir la stratégie

Pour relier les angles de réfraction aux célérités, on peut exploiter la cinématique de propagation du front d'onde représentée sur la figure 1 :

  1. Identifier les deux triangles rectangles formés par l'interface de longueur OA et les plans d'onde (surfaces isophases) \varphi_1 et \varphi_2.
  2. Exprimer la durée \Delta t séparant le passage du front d'onde par le point O et son arrivée au point A en fonction de la géométrie et des célérités c_1 et c_2.
  3. Égaler ces deux durées pour aboutir à la relation de Descartes acoustique.
Voir la réponse courte

La continuité de la phase le long de l'interface impose l'égalité des composantes tangentielles k_1 \sin\theta_1 = k_2 \sin\theta_2, d'où \sin\theta_1/c_1 = \sin\theta_2/c_2.

Voir le corrigé complet

Considérons deux plans d'onde successifs du faisceau acoustique :

  • le plan d'onde \varphi_1 incident dans le milieu (1), orthogonal à la direction de propagation \vec{k}_1, passant par le point O à un instant t ;
  • le plan d'onde \varphi_2 réfracté dans le milieu (2), orthogonal à \vec{k}_2, passant par le point A à l'instant t + \Delta t.

Désignons par H_1 le projeté orthogonal du point O sur le rayon incident passant par A (ou le pied de la perpendiculaire abaissée de O sur ce rayon) : le segment [O H_1] appartient au plan d'onde \varphi_1, donc le triangle (O H_1 A) est rectangle en H_1.

Le vecteur d'onde \vec{k}_1 fait l'angle \theta_1 avec la normale à l'interface (l'axe Oz). Le plan d'onde étant orthogonal à \vec{k}_1, l'angle géométrique entre le plan d'onde \varphi_1 et l'interface (Ox) est égal à \theta_1. Dans le triangle rectangle (O H_1 A), la distance restant à parcourir dans le milieu (1) par le bord droit du faisceau pour atteindre A s'écrit :

H_1 A = OA \sin\theta_1

La durée nécessaire à l'onde incidente pour parcourir cette distance à la célérité c_1 vaut :

\Delta t = \frac{H_1 A}{c_1} = \frac{OA \sin\theta_1}{c_1}

Pendant cette même durée \Delta t, la partie du front d'onde ayant traversé l'interface en O s'est propagée dans le milieu (2) à la célérité c_2 dans la direction définie par \vec{k}_2. Elle a parcouru la distance O H_2 = c_2 \Delta t, où H_2 est le projeté orthogonal du point A sur le rayon réfracté issu de O.

Le plan \varphi_2 étant orthogonal à \vec{k}_2, il fait un angle \theta_2 avec l'interface. Dans le triangle (O H_2 A), rectangle en H_2, l'hypoténuse est le segment commun [OA]. Il vient :

O H_2 = OA \sin\theta_2

La durée \Delta t s'exprime donc également par :

\Delta t = \frac{O H_2}{c_2} = \frac{OA \sin\theta_2}{c_2}

L'onde restant plane lors de sa traversée de l'interface, la continuité du front d'onde en tout point I de l'interface impose l'égalité des durées :

\frac{OA \sin\theta_1}{c_1} = \frac{OA \sin\theta_2}{c_2}

En simplifiant par OA \neq 0, on obtient la loi de réfraction :

\boxed{\frac{\sin \theta_2}{c_2} = \frac{\sin \theta_1}{c_1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il ne fallait pas parachuter la loi de Snell-Descartes mais l'établir, par exemple via le temps de parcours ou la continuité de la phase.

« Beaucoup trop de candidats ont invoqué la loi de Snell-Descartes pour justifier leur résultat, alors que justement il s’agissait ici de la retrouver dans le contexte acoustique. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique géométrique › Réflexion, réfraction et fibres optiques ; Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : loi de snell-descartes, indice de réfraction

Commenter la relation (4).

Voir l'indice

Identifier l'analogie exacte avec la loi de Snell-Descartes pour la réfraction en optique et discuter l'existence d'une réflexion totale.

Voir la réponse courte

C'est la loi de Snell-Descartes avec un indice acoustique n = c_{\text{réf}}/c : le rayon s'écarte de la normale si la célérité augmente.

Voir le corrigé complet

La relation (4) appelle plusieurs commentaires physiques essentiels :

  1. Analogie avec les lois de Snell-Descartes en optique géométrique :
    En optique, la loi de la réfraction s'écrit n_1 \sin\theta_1 = n_2 \sin\theta_2, où l'indice optique n est inversement proportionnel à la célérité de la lumière dans le milieu (n = c_0/v). En acoustique, la relation s'écrit identiquement :

    n_1 \sin\theta_1 = n_2 \sin\theta_2

    en définissant l'indice acoustique du milieu par n = 1/c (grandeur proportionnelle au temps de trajet par unité de distance).

  2. Origine ondulatoire (accord de phase) :
    Puisque la pulsation \omega est conservée à travers l'interface et que k = \omega/c, la relation (4) équivaut à :

    k_{1,x} = k_{2,x}

    Elle traduit la continuité de la composante tangentielle du vecteur d'onde le long de l'interface plane, condition nécessaire pour assurer l'accord de phase entre les ondes incidente et réfractée en tout point de l'interface à chaque instant.

  3. Comportement des rayons et phénomène de réflexion totale :

    • Cas c_2 > c_1 (milieu (2) plus rapide) : On a \sin\theta_2 > \sin\theta_1, soit \theta_2 > \theta_1 : le rayon réfracté s'éloigne de la normale. Pour des angles d'incidence supérieurs à l'angle critique :

      \theta_{\text{lim}} = \arcsin\!\left(\frac{c_1}{c_2}\right)

      il n'existe plus d'onde plane propagative dans le milieu (2) (\sin\theta_2 > 1) : toute l'énergie acoustique incidente est réfléchie dans le milieu (1) (phénomène de réflexion totale acoustique, avec formation d'une onde évanescente dans le milieu (2)).

    • Cas c_2 < c_1 (milieu (2) plus lent) : On a \theta_2 < \theta_1 : le rayon se rapproche de la normale à l'interface, et la réfraction a lieu pour tout angle d'incidence \theta_1 \in [0, \pi/2].
Voir ce qu'a relevé le jury

Le commentaire demandé constituait un signal invitant à redémontrer la relation analogue à Snell-Descartes à la question précédente.

« Cette question aurait dû éveiller la méfiance des candidats qui avaient invoqué la loi de Snell-Descartes à la réponse précédente. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique géométrique › Réflexion, réfraction et fibres optiques ; Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : approximation de l'optique géométrique, diffraction

Indiquer à quelle condition, portant sur l'épaisseur des couches, cette étude entre dans le cadre de l'acoustique géométrique. Dans la suite, nous supposerons cette condition satisfaite.

Voir l'indice

Confronter l'épaisseur géométrique e de chaque couche à la longueur d'onde acoustique \lambda.

Voir la réponse courte

L'épaisseur de chaque couche doit être très grande devant la longueur d'onde de l'onde sonore (e \gg \lambda) pour négliger la diffraction.

Voir le corrigé complet

Le cadre de l'acoustique géométrique repose sur l'approximation des ondes courtes, pour laquelle les phénomènes d'interférences et de diffraction sont négligeables.

Dans ce modèle, le milieu est modélisé par des strates homogènes d'épaisseur e au sein desquelles le faisceau se propage en ligne droite comme une onde localement plane. Pour que la notion de rayon acoustique soit valide et que les effets de diffraction ou d'interférences d'ondes multiples à travers les couches soient négligeables, l'épaisseur e de chaque couche doit être très grande devant la longueur d'onde acoustique \lambda :

\boxed{e \gg \lambda}

où \lambda = \frac{2\pi c}{\omega} est la longueur d'onde associée au champ dynamique dans le milieu.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La réponse demandée sur la condition d'épaisseur figurait telle quelle dans le texte introductif de la partie II.

« La réponse à cette question est explicitement donnée dans l’énoncé, comme introduction de la partie II définissant le cadre de l’acoustique géométrique. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 18

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique géométrique › Réflexion, réfraction et fibres optiques

Notions : loi de snell-descartes, réflexion totale

Représenter, sur la base d'une argumentation, l'allure de la trajectoire du rayon acoustique de vecteur d'onde . On envisagera le cas où et celui où (pour tout ). Le nombre de couches n'est pas limité.

Voir l'indice

Traduire le fait que le rayon s'écarte ou se rapproche de la normale à l'interface selon que la température (et donc la célérité) augmente ou diminue.

Voir la stratégie
  1. Relier la célérité du son c à la température T grâce au résultat de la question Q14.
  2. Appliquer la loi de réfraction acoustique établie à la question Q15 au passage de chaque interface pour déterminer l'évolution de l'angle d'inclinaison \theta_n par rapport à la verticale.
  3. Conclure sur le devenir du rayon dans les deux situations (réflexion totale et rebroussement, ou redressement vers la verticale) et tracer les allures correspondantes.
Voir la réponse courte

Si T croît, c croît et le rayon s'incurve vers le bas jusqu'à réflexion totale ; si T décroît, le rayon se redresse vers la normale.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q14, dans l'air assimilé à un gaz parfait, la célérité du son vérifie c = \sqrt{\gamma R T / M}. La célérité c est donc une fonction strictement croissante de la température T.

À chaque interface horizontale entre la couche n et la couche n+1, la loi de la réfraction acoustique (question Q15) s'écrit :

\frac{\sin\theta_{n+1}}{c_{n+1}} = \frac{\sin\theta_n}{c_n} \implies \sin\theta_{n+1} = \frac{c_{n+1}}{c_n}\sin\theta_n

où \theta_n est l'angle entre le vecteur d'onde \vec{k}_n et la normale verticale \vec{u}_z.

1. Cas d'un profil de température croissant avec l'altitude (T_{n+1} > T_n) :

  • Comme T_{n+1} > T_n, on a c_{n+1} > c_n, d'où :

    \sin\theta_{n+1} > \sin\theta_n \implies \theta_{n+1} > \theta_n

    Le rayon acoustique s'écarte de la normale verticale à chaque traversée d'interface et tend à s'horizontaliser.

  • Le nombre de couches n'étant pas limité, il existe une couche critique m pour laquelle le terme (c_{m+1}/c_1)\sin\theta_1 \ge 1. Le rayon subit alors une réflexion totale acoustique à l'interface entre les couches m et m+1.
  • Le rayon réfléchi repart vers le bas ; en traversant successivement les couches en sens inverse, il rencontre des milieux de célérités décroissantes (c_n < c_{n+1}), ce qui rapproche son angle d'incidence de la normale. La trajectoire globale est donc une courbe concave vers le sol qui rebrousse chemin : l'onde est rabattue vers le bas.

2. Cas d'un profil de température décroissant avec l'altitude (T_{n+1} < T_n) :

  • Comme T_{n+1} < T_n, on a c_{n+1} < c_n, d'où :

    \sin\theta_{n+1} < \sin\theta_n \implies \theta_{n+1} < \theta_n

    Le rayon acoustique se rapproche de la normale verticale Oz à chaque interface.

  • Aucune réflexion totale ne peut se produire. Le rayon continue indéfiniment son ascension en devenant de plus en plus vertical (\theta_n \to 0).
Voir ce qu'a relevé le jury

L'argumentation impose uniquement la concavité du rayon, sans justifier a priori l'existence d'une asymptote ou d'une réflexion totale.

« Ici, que ce soit dans le cas discrétisé ou continu, seule la concavité de la courbe (et seulement elle) est imposée, mais cela ne préjuge en rien ni n’impose l’existence éventuelle d’une asymptote ou d’une réflexion totale. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique géométrique › Réflexion, réfraction et fibres optiques

Notions : loi de snell-descartes

Écrire la relation permettant de déterminer , pour tout accessible par le rayon considéré, connaissant .

Voir l'indice

Appliquer la relation de réfraction établie en Q15 de proche en proche d'une couche à la suivante.

Voir la réponse courte

Par conservation de l'invariant de Descartes à chaque interface plane : \sin\theta_n = (c_n/c_1)\sin\theta_1.

Voir le corrigé complet

Les interfaces entre les couches étant planes et parallèles (plans horizontaux perpendiculaires à l'axe vertical Oz), l'angle d'incidence sur l'interface entre la couche k et la couche k+1 est égal à l'angle de réfraction dans la couche k.

D'après la loi de réfraction établie à la question 15 (relation (4)), on a pour chaque interface :

\frac{\sin\theta_{k+1}}{c_{k+1}} = \frac{\sin\theta_k}{c_k}

Par récurrence immédiate sur l'ensemble des dioptres traversés, la quantité \dfrac{\sin\theta_n}{c_n} est un invariant de la propagation :

\frac{\sin\theta_n}{c_n} = \frac{\sin\theta_1}{c_1}

Pour tout indice n accessible par le rayon (c'est-à-dire tant que \dfrac{c_n}{c_1}\sin\theta_1 \le 1), l'angle \theta_n est déterminé par :

\boxed{\sin\theta_n = \frac{c_n}{c_1} \sin\theta_1}

soit, lors de la phase ascendante :

\theta_n = \arcsin\left(\frac{c_n}{c_1}\sin\theta_1\right)

Résultat

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique géométrique › Réflexion, réfraction et fibres optiques ; Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : approximation de l'optique géométrique

Indiquer à quelle condition, portant sur la pulsation et la fonction , cette étude entre dans le cadre de l'acoustique géométrique. Dans la suite, nous supposerons cette condition satisfaite.

Voir l'indice

Faire tendre l'épaisseur des couches vers zéro et reformuler la condition \lambda \ll \ell avec la pulsation \omega et la dérivée spatiale \mathrm{d}c/\mathrm{d}z.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la longueur d'onde acoustique locale \lambda(z) en fonction de la célérité locale c(z) et de la pulsation \omega.
  2. Définir l'échelle spatiale caractéristique \ell(z) de variation de la célérité à partir de sa dérivée spatiale \frac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}z}.
  3. Établir la condition de validité de l'approximation de l'acoustique géométrique \lambda(z) \ll \ell(z), reliant directement \omega et c(z).
Voir la réponse courte

L'échelle de variation spatiale de la célérité doit être bien supérieure à la longueur d'onde : |dc/dz| \ll \omega, soit \lambda \ll c/|dc/dz|.

Voir le corrigé complet

Le cadre de l'acoustique géométrique (ou approximation eikonale) est valide lorsque les propriétés du milieu varient très lentement à l'échelle de la longueur d'onde de l'onde acoustique, comme rappelé dans le préambule de la partie 2 (et à la question Q13) :

\lambda(z) \ll \ell(z)
  • La longueur d'onde locale associée à la pulsation \omega est donnée par :

    \lambda(z) = \frac{2\pi c(z)}{\omega} \quad \left(\text{ou } \frac{\lambda(z)}{2\pi} = \frac{c(z)}{\omega}\right)
  • La longueur caractéristique de variation spatiale de la célérité c(z) selon la verticale est définie par :

    \ell(z) \sim \frac{c(z)}{\left|\dfrac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}z}\right|}

La condition \lambda(z) \ll \ell(z) (ou plus précisément \frac{\lambda(z)}{2\pi} \ll \ell(z)) se traduit alors directement par :

\frac{c(z)}{\omega} \ll \frac{c(z)}{\left|\dfrac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}z}\right|}

ce qui conduit à la condition :

\boxed{\left|\frac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}z}\right| \ll \omega}

ou, si l'on conserve le facteur 2\pi :

\boxed{2\pi \left|\frac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}z}\right| \ll \omega} \iff \left|\frac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}z}\right| \ll f

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'analyse dimensionnelle seule ne suffisait pas : il fallait introduire l'échelle spatiale du gradient de célérité et la comparer à la longueur d'onde.

« Les arguments dimensionnels ne “suffisent” pas, et peu de candidats définissent une longueur caractéristique len considérant le gradient de c(z), et plus précisément l−1 = |∂z ln c|. »

« La réponse à cette question venait ensuite de la comparaison entre let la longueur d’onde λ »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique géométrique › Réflexion, réfraction et fibres optiques

Notions : loi de snell-descartes, rayon lumineux

Établir que l'équation différentielle vérifiée par la fonction prend la forme suivante :

où est une constante que l'on exprimera en fonction des paramètres et .

Voir l'indice

Exprimer \mathrm{d}Z/\mathrm{d}x en fonction de l'angle local \theta(Z) par rapport à la verticale, puis injecter l'invariant de Snell-Descartes.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'invariant de propagation de Descartes dans le milieu continûment stratifié, généralisant le résultat de la question Q19.
  2. Relier la pente de la trajectoire \frac{\mathrm{d}Z}{\mathrm{d}x} à l'angle local \theta(Z) repéré par rapport à la verticale.
  3. Éliminer l'angle \theta(Z) à l'aide de l'identité trigonométrique \frac{1}{\sin^2\theta} = 1 + \operatorname{cotan}^2\theta pour identifier l'équation différentielle et la constante A.
Voir la réponse courte

Descartes donne n(Z)\sin\theta(Z) = A = n_0 \sin\theta_0. En reliant \tan\theta à dZ/dx, on obtient (n(Z)/A)^2 = 1 + (dZ/dx)^2.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q19, dans un milieu stratifié horizontalement, la loi de Snell-Descartes pour la réfraction acoustique impose la conservation de la quantité \frac{\sin\theta}{c} le long du rayon. En passant à la limite continue et en introduisant l'indice acoustique n(z) = \frac{1}{c(z)}, cette relation s'écrit pour toute altitude Z :

n(Z)\sin\theta(Z) = \text{cste}

En évaluant cette constante à l'origine du repère (x=0, Z=0) où n(0) = n_0 et \theta = \theta_0, on pose :

A = n_0 \sin\theta_0

d'où :

\sin\theta(Z) = \frac{A}{n(Z)}

L'angle \theta(Z) étant repéré par rapport à l'axe vertical (Oz), un déplacement élémentaire \mathrm{d}\vec{r} = \mathrm{d}x\,\vec{u}_x + \mathrm{d}Z\,\vec{u}_z le long du rayon acoustique satisfait :

\begin{aligned} \mathrm{d}x &= \mathrm{d}s\,\sin\theta(Z) \\ \mathrm{d}Z &= \mathrm{d}s\,\cos\theta(Z) \end{aligned}

La pente de la trajectoire cartésienne s'exprime donc par :

\frac{\mathrm{d}Z}{\mathrm{d}x} = \frac{\cos\theta(Z)}{\sin\theta(Z)} = \frac{1}{\tan\theta(Z)}

En utilisant la relation trigonométrique \frac{1}{\sin^2\theta} = 1 + \frac{\cos^2\theta}{\sin^2\theta} = 1 + \left(\frac{\mathrm{d}Z}{\mathrm{d}x}\right)^2, il vient :

\frac{(n(Z))^2}{A^2} = 1 + \left(\frac{\mathrm{d}Z}{\mathrm{d}x}\right)^2

ce qui correspond bien à l'équation différentielle (5) avec :

\boxed{A = n_0 \sin\theta_0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Comme la formule finale est fournie, les étapes de calcul trigonométrique doivent être parfaitement rigoureuses et détaillées.

« Bien évidemment, comme le résultat est donné dans l’énoncé, un argument du type “il est évident que l’on obtient […] ne saurait être recevable, et les erreurs “miraculeuses” (un cosinus devenant une tangente par exemple) sont également sanctionnées. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 22

DifficileTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique géométrique › Réflexion, réfraction et fibres optiques

Notions : trajectoire d'un rayon, équation différentielle

Dans le cadre de cette approximation, déterminer la solution de l'équation différentielle (5).

Voir l'indice

Développer n(z) = 1/c(z) au premier ordre en \alpha z, séparer les variables dans l'équation différentielle et intégrer avec la condition initiale en l'origine.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le carré de l'indice acoustique n^2(Z) au premier ordre en \alpha Z à partir de la loi T_0(Z) et de la relation c^2 \propto T.
  2. Réécrire l'équation différentielle (5) sous une forme reliant directement \left(\frac{\mathrm{d}Z}{\mathrm{d}x}\right)^2 à Z.
  3. Dériver par rapport à x pour obtenir une équation différentielle du second ordre très simple, puis intégrer en appliquant les conditions initiales en x = 0.
Voir la réponse courte

Séparation des variables dans l'équation différentielle et intégration pour déterminer l'équation de la trajectoire Z(x).

Voir le corrigé complet

D'après la question 14, la célérité du son dans l'air vérifie c^2(z) \propto T_0(z). Avec le profil de température au premier ordre (équation (6)) :

c^2(Z) = c_0^2 (1 + 2\alpha Z)

où c_0 = c(0). Comme n(Z) = 1/c(Z) et |\alpha Z| \ll 1, un développement limité au premier ordre donne :

(n(Z))^2 = \frac{1}{c_0^2(1 + 2\alpha Z)} = n_0^2 (1 + 2\alpha Z)^{-1} \approx n_0^2 (1 - 2\alpha Z)

avec n_0 = 1/c_0. D'après la question 21, la constante A s'écrit A = n_0 \sin\theta_0. Le membre de gauche de l'équation différentielle (5) devient :

\frac{(n(Z))^2}{A^2} = \frac{n_0^2(1 - 2\alpha Z)}{n_0^2 \sin^2\theta_0} = \frac{1 - 2\alpha Z}{\sin^2\theta_0}

L'équation (5) s'écrit donc :

1 + \left(\frac{\mathrm{d}Z}{\mathrm{d}x}\right)^2 = \frac{1}{\sin^2\theta_0} - \frac{2\alpha}{\sin^2\theta_0} Z

En utilisant l'identité trigonométrique \frac{1}{\sin^2\theta_0} - 1 = \frac{\cos^2\theta_0}{\sin^2\theta_0} = \frac{1}{\tan^2\theta_0}, on obtient :

\left(\frac{\mathrm{d}Z}{\mathrm{d}x}\right)^2 = \frac{1}{\tan^2\theta_0} - \frac{2\alpha}{\sin^2\theta_0} Z

Dérivons cette expression par rapport à la coordonnée x :

2\frac{\mathrm{d}Z}{\mathrm{d}x}\frac{\mathrm{d}^2Z}{\mathrm{d}x^2} = -\frac{2\alpha}{\sin^2\theta_0}\frac{\mathrm{d}Z}{\mathrm{d}x}

Pour \frac{\mathrm{d}Z}{\mathrm{d}x} \neq 0, nous obtenons l'équation différentielle linéaire du second ordre :

\frac{\mathrm{d}^2Z}{\mathrm{d}x^2} = -\frac{\alpha}{\sin^2\theta_0}

Par intégration successive par rapport à x :

Z(x) = -\frac{\alpha}{2\sin^2\theta_0}x^2 + C_1 x + C_2

Les constantes d'intégration sont fixées par les conditions initiales en x = 0 :

  • le rayon acoustique part de l'origine : Z(0) = 0 \implies C_2 = 0 ;
  • la pente initiale est donnée par \frac{\mathrm{d}Z}{\mathrm{d}x}(0) = \frac{1}{\tan\theta_0} \implies C_1 = \frac{1}{\tan\theta_0}.

L'équation cartésienne de la trajectoire est donc :

\boxed{Z(x) = -\frac{\alpha}{2\sin^2\theta_0}x^2 + \frac{x}{\tan\theta_0}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'intégration de cette équation différentielle non linéaire du premier ordre a posé d'importantes difficultés à de nombreux candidats.

« les correcteurs ont été très surpris de constater que l’intégration de cette équation différentielle certes non linéaire mais seulement du premier ordre pose des problèmes insurmontables à tant de candidats. »

« toutes les équations différentielles de physique ne débouchent pas sur des solutions sinuso ̈ıdales ou exponentielles. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 23

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique géométrique › Réflexion, réfraction et fibres optiques

Notions : mirage, trajectoire d'un rayon

Établir que l'équation cartésienne de la trajectoire peut s'écrire sous la forme suivante :

On donnera l'expression de chacune des constantes () et .

Par la suite, nous supposerons que .

Voir l'indice

Effectuer le changement de variables adimensionnées X = \alpha x et W = \alpha Z, puis identifier les coefficients B(\theta_0) et C(\theta_0) de la parabole.

Voir la réponse courte

Par développement au premier ordre en \alpha, la trajectoire devient une parabole W(X) = B(\theta_0)X^2 + C(\theta_0)X.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question 22, l'équation cartésienne de la trajectoire du rayon acoustique s'écrit :

Z(x) = -\frac{\alpha}{2\sin^2\theta_0}\,x^2 + \frac{1}{\tan\theta_0}\,x

Multiplions cette relation par le facteur d'échelle \alpha afin d'introduire la coordonnée adimensionnée W = \alpha Z :

\begin{aligned} W &= \alpha Z(x) \\ &= -\frac{1}{2\sin^2\theta_0}\,(\alpha x)^2 + \frac{1}{\tan\theta_0}\,(\alpha x) \end{aligned}

En posant X = \alpha x, l'équation de la trajectoire prend la forme polynomiale souhaitée :

W(X) = B(\theta_0)X^2 + C(\theta_0)X

où les constantes s'identifient immédiatement par :

\boxed{B(\theta_0) = -\frac{1}{2\sin^2\theta_0}} \quad \text{et} \quad \boxed{C(\theta_0) = \frac{1}{\tan\theta_0}}

Comme \theta_0 \in ]0, \pi[, on a \sin\theta_0 > 0, ce qui garantit bien que B(\theta_0) < 0.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La question a pâti des blocages survenus à la question Q22 ; il fallait identifier l'équation cartésienne d'une parabole.

« Les difficultés rencontrées à la question Q22 ont très souvent rendu caduques ces questions. »

« plusieurs candidats ont reconnu dans l’expression de W(X) donnée à la Q23 l’équation d’une parabole »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 24

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique géométrique › Réflexion, réfraction et fibres optiques

Notions : trajectoire d'un rayon, parabole

Étudier la famille de fonctions afin de caractériser le réseau de trajectoires, dans le cas où . Représenter l'allure de quelques trajectoires.

Voir l'indice

Déterminer le sommet et la portée de la parabole représentant la trajectoire en fonction de \theta_0, puis tracer plusieurs rayons d'angles initiaux distincts.

Voir la stratégie
  1. Étudier les propriétés analytiques de la fonction W(X) = B(\theta_0)X^2 + C(\theta_0)X : signe du coefficient dominant, pente à l'origine, coordonnées du sommet (altitude maximale) et portée au niveau initial (W=0).
  2. Analyser l'évolution de ces grandeurs caractéristiques lorsque le paramètre \theta_0 parcourt l'intervalle ]0, \pi/2].
  3. Tracer l'allure d'un ensemble représentatif de trajectoires dans le plan (X, W).
Voir la réponse courte

Étude des coordonnées du sommet et de la portée en fonction de \theta_0, puis tracé du faisceau de paraboles avec réflexion acoustique.

Voir le corrigé complet

D'après la question précédente, l'équation adimensionnée de la trajectoire d'un rayon acoustique s'écrit :

W(X) = B(\theta_0) X^2 + C(\theta_0) X \quad \text{avec} \quad B(\theta_0) = -\frac{1}{2\sin^2\theta_0} \quad \text{et} \quad C(\theta_0) = \frac{1}{\tan\theta_0}

Pour tout \theta_0 \in ]0, \pi/2] et \alpha > 0 :

  • Nature géométrique : le coefficient dominant vérifie B(\theta_0) \le -\frac{1}{2} < 0. Chaque trajectoire est donc une parabole dont la concavité est constamment tournée vers le bas (\frac{\mathrm{d}^2 W}{\mathrm{d}X^2} = 2B < 0).
  • Comportement à l'origine : toutes les trajectoires partent de (X=0, W=0) avec une pente initiale :

    \left.\frac{\mathrm{d}W}{\mathrm{d}X}\right|_{X=0} = C(\theta_0) = \frac{1}{\tan\theta_0} \ge 0

    La pente est infinie pour \theta_0 \to 0^+ (tir vertical) et nulle pour \theta_0 = \pi/2 (tir horizontal tangentiel).

  • Sommet de la trajectoire : la dérivée s'annule en un point d'abscisse X_S tel que 2B(\theta_0) X_S + C(\theta_0) = 0, soit :

    X_S = -\frac{C(\theta_0)}{2B(\theta_0)} = \sin\theta_0 \cos\theta_0 = \frac{1}{2}\sin(2\theta_0)

    L'altitude maximale atteinte au sommet par le rayon acoustique vaut alors :

    W_S = W(X_S) = -\frac{1}{2\sin^2\theta_0}\left(\sin\theta_0\cos\theta_0\right)^2 + \frac{\cos\theta_0}{\sin\theta_0}\left(\sin\theta_0\cos\theta_0\right) = \frac{1}{2}\cos^2\theta_0

    En ce sommet, la tangente est horizontale (\mathrm{d}W/\mathrm{d}X = 0, ce qui correspond à un angle local \theta = \pi/2). Le rayon subit une réflexion totale et redescend vers les altitudes inférieures.

  • Portée au niveau d'émission (W=0) : La parabole recoupe le niveau W=0 en :

    X_P = 2 X_S = \sin(2\theta_0)

    La portée maximale à l'altitude de départ est obtenue pour \theta_0 = \frac{\pi}{4} (45^\circ) et vaut X_{P,\max} = 1 (soit x_{P,\max} = 1/\alpha).

  • Cas particulier \theta_0 = \pi/2 : On a C(\pi/2) = 0 et B(\pi/2) = -1/2, d'où W(X) = -\frac{1}{2}X^2. Le rayon émis horizontalement s'incurve immédiatement vers les altitudes négatives sans jamais s'élever.

L'altitude maximale absolue que peut atteindre un rayon émis depuis l'origine est bornée supérieurement par :

\lim_{\theta_0 \to 0^+} W_S = \frac{1}{2} \iff Z_{\max} = \frac{1}{2\alpha}
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Question 25

DifficileTemps estimé : ≈ 12 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique géométrique › Réflexion, réfraction et fibres optiques

Notions : parabole de sûreté, zone d'ombre

Nous supposons qu'un émetteur acoustique très directionnel est placé à l'origine du repère . Sa direction d'émission est fixée par l'angle (). Les tracés effectués en réponse à la question (24) font apparaître deux domaines : un (désigné par ) dont chacun des points peut être atteint par l'onde sonore émise (pour une orientation adaptée), un autre (désigné par ) dont tous les points restent hors d'atteinte (quelle que soit la valeur de ). Déterminer l'équation cartésienne de la frontière délimitant ces deux domaines.

Indication : On recherchera à quelle condition un point du plan peut se situer sur la trajectoire d'un rayon acoustique. Par ailleurs, on adoptera, comme seul paramètre de l'équation cartésienne de la trajectoire, .

Représenter cette frontière sur le réseau de trajectoires tracé en réponse à la question (24).

Voir l'indice

Exprimer l'équation de la trajectoire comme une équation du second degré en u_0 = 1/\tan\theta_0 et écrire la condition de positivité du discriminant pour obtenir l'enveloppe (parabole de sûreté).

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'équation cartésienne de la trajectoire W(X) en fonction du seul paramètre u_0 = 1/\tan\theta_0 grâce à l'identité trigonométrique 1/\sin^2\theta_0 = 1 + u_0^2.
  2. Écrire la condition pour qu'un point (X, W) appartienne à au moins une trajectoire sous la forme de l'existence d'une racine réelle pour l'équation du second degré en u_0 (\Delta \ge 0).
  3. En déduire l'équation de la frontière séparatrice W_{\mathrm{f}}(X) correspondant à \Delta = 0, puis la représenter sur le réseau de trajectoires.
Voir la réponse courte

Condition de discriminant positif sur l'équation en u_0 = 1/\tan\theta_0 : la frontière est la parabole de sûreté enveloppe des trajectoires.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q23, la trajectoire d'un rayon émis sous l'angle \theta_0 s'écrit :

W(X) = B(\theta_0)X^2 + C(\theta_0)X

avec B(\theta_0) = -\dfrac{1}{2\sin^2\theta_0} et C(\theta_0) = \dfrac{1}{\tan\theta_0} = u_0. En utilisant l'identité :

\frac{1}{\sin^2\theta_0} = 1 + \frac{1}{\tan^2\theta_0} = 1 + u_0^2

l'équation de la trajectoire devient :

W = -\frac{1}{2}(1 + u_0^2)X^2 + u_0 X

Pour un point M(X, W) fixé avec X > 0, réécrivons cette relation sous la forme d'un polynôme du second degré en l'inconnue u_0 :

\frac{1}{2}X^2 u_0^2 - X u_0 + \left(W + \frac{1}{2}X^2\right) = 0

Le point M est atteint par un rayon acoustique s'il existe au moins une valeur réelle de u_0 satisfaisant cette équation. Le discriminant associé s'écrit :

\begin{aligned} \Delta &= (-X)^2 - 4\left(\frac{1}{2}X^2\right)\left(W + \frac{1}{2}X^2\right) \\ &= X^2 - 2X^2\left(W + \frac{1}{2}X^2\right) \\ &= X^2\left(1 - 2W - X^2\right) \end{aligned}

Comme X > 0, la condition d'existence d'une solution réelle s'énonce :

\Delta \ge 0 \iff 1 - 2W - X^2 \ge 0 \iff W \le \frac{1 - X^2}{2}

À la frontière entre les deux domaines, le discriminant s'annule (\Delta = 0). La racine double est alors :

u_0 = \frac{X}{2\times \frac{1}{2}X^2} = \frac{1}{X} > 0

Elle correspond bien à un angle d'émission admissible \theta_0 = \arctan(X) \in \left]0, \frac{\pi}{2}\right[. L'équation cartésienne de la frontière séparatrice est donc :

\boxed{W_{\mathrm{f}}(X) = \frac{1 - X^2}{2}}

Le domaine accessible \mathcal{D}_1 est défini par W \le W_{\mathrm{f}}(X), et le domaine d'ombre \mathcal{D}_0 par W > W_{\mathrm{f}}(X).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le tracé des rayons a souvent souffert d'une confusion entre le réseau des trajectoires et leur parabole enveloppe.

« En revanche, le tracé des trajectoires, même pour ces derniers candidats, est très généralement faux, avec une confusion regrettable entre l’ensemble des trajectoires paraboliques, et son enveloppe (qui correspond à la parabole de sécurité). »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 26

ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique géométrique › Réflexion, réfraction et fibres optiques

Notions : mirage, dédoublement d'image

Nous supposons que la source sonore placée à l'origine du repère émet des rayons acoustiques, simultanément dans toutes les directions. Avec l'appui des tracés effectués en réponse à la question (24), indiquer comment est perçue acoustiquement cette source depuis un point du domaine .

Voir l'indice

Compter le nombre de racines réelles en u_0 pour un point intérieur à \mathcal{D}_1 et interpréter physiquement les deux rayons arrivant en ce point.

Voir la stratégie
  1. Exploiter le résultat de la question précédente : le nombre de trajectoires (valeurs de u_0) passant par un point donné (X, W) de l'espace.
  2. Interpréter physiquement la présence de plusieurs rayons : direction apparente de la source (tangente au rayon incident) et temps de parcours associés.
Voir la réponse courte

En chaque point de \mathcal{D}_1, deux rayons issus de la source se croisent : l'observateur entend deux signaux décalés dans le temps (mirage acoustique).

Voir le corrigé complet

D'après l'étude menée à la question précédente, l'appartenance d'un point M(X, W) à l'intérieur du domaine accessible \mathcal{D}_1 (W < W_{\mathrm{f}}(X) avec X > 0) assure que le discriminant de l'équation du second degré en u_0 = 1/\tan\theta_0 est strictement positif :

\Delta' = X^2(1 - X^2 - 2W) > 0

Il existe donc deux angles d'émission distincts \theta_{0,1} et \theta_{0,2} permettant d'atteindre le point M. Par conséquent, deux rayons acoustiques issus de l'origine se croisent en tout point de \mathcal{D}_1 :

  • une trajectoire « basse », tirée plus horizontalement et restant à basse altitude ;
  • une trajectoire « haute », montant plus haut dans le gradient de température avant d'être rabattue par réfraction vers le point M.

Un récepteur situé en un point de \mathcal{D}_1 perçoit ainsi cette source de la manière suivante :

  • Dédoublement de la source (mirage acoustique) : la direction apparente d'arrivée d'une onde étant donnée par le vecteur d'onde (la tangente au rayon au point d'écoute), l'observateur localise acoustiquement la source dans deux directions différentes ; il perçoit donc deux images acoustiques distinctes de la même source.
  • Décalage temporel et interférences : les deux chemins acoustiques ont des longueurs et des temps de trajet différents (\tau_1 \neq \tau_2). Si l'émission est brève, le récepteur perçoit un écho (deux signaux successifs) ; pour une onde harmonique entretenue de pulsation \omega, la superposition des deux ondes engendre des interférences (qui peuvent être constructives ou destructives selon la position d'écoute).
Voir ce qu'a relevé le jury

L'analogie avec les mirages optiques était attendue, mais la conclusion sur les temps d'arrivée selon le chemin suivi n'était pas immédiate.

« Les candidats qui ont reconnu la similitude avec des problématiques de type “mirage optique” ont donné en général des réponses pertinentes. »

« À noter qu’il n’est pas aussi immédiat de conclure quoi que ce soit concernant les temps d’arrivée des signaux en fonction des deux trajectoires suivies. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Mécanique › Cinématique et dynamique du point ; Optique géométrique › Réflexion, réfraction et fibres optiques

Notions : tir balistique, parabole de sûreté

Indiquer quelle analogie peut suggérer l'équation (7) (ou les trajectoires qui la représentent).

Voir l'indice

Faire le lien avec le problème balistique de la portée maximale et de la parabole de sûreté d'un projectile lancé dans un champ de pesanteur uniforme.

Voir la réponse courte

Analogie avec la balistique dans un champ de pesanteur uniforme : trajectoires paraboliques de projectiles et parabole de sûreté.

Voir le corrigé complet

L'équation (7), réécrite avec les variables dimensionnées x et Z, s'écrit :

Z(x) = -\frac{\alpha}{2\sin^2\theta_0} \, x^2 + \frac{1}{\tan\theta_0} \, x

Cette équation est formellement identique à l'équation de la trajectoire d'un projectile ponctuel de masse m lancé depuis l'origine dans un champ de pesanteur uniforme vertical descendant \vec{g} = -g\,\vec{u}_z, avec une vitesse initiale \vec{v}_0 faisant un angle \theta_0 avec la verticale ascendante :

\left\{ \begin{aligned} x(t) &= v_0 \sin\theta_0 \, t \\ z(t) &= -\frac{1}{2}g t^2 + v_0 \cos\theta_0 \, t \end{aligned} \right. \implies z(x) = -\frac{g}{2 v_0^2 \sin^2\theta_0} \, x^2 + \frac{1}{\tan\theta_0} \, x

L'équation (7) suggère ainsi une analogie mécanique directe avec le tir balistique d'un projectile dans le champ de pesanteur :

  • la trajectoire du rayon acoustique s'identifie à la trajectoire parabolique du projectile ;
  • le gradient de température (caractérisé par \alpha) joue le rôle de l'accélération de la pesanteur adimensionnée, selon l'identification :

    \boxed{ \alpha \longleftrightarrow \frac{g}{v_0^2} }
  • l'angle d'émission \theta_0 repéré par rapport à la verticale correspond à la direction du vecteur vitesse initiale \vec{v}_0 ;
  • la frontière W_{\mathrm{f}}(X) calculée à la question précédente est l'exact homologue de la parabole de sûreté en balistique, enveloppe des trajectoires accessibles pour une vitesse de tir fixée.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'allure parabolique renvoie au tir balistique en champ de pesanteur uniforme, analogie utile pour corriger le tracé des trajectoires.

« L’aspect parabolique des trajectoires a permis à de nombreux candidats d’évoquer le mouvement balistique dans un champ de gravité uniforme, mais cette analogie aurait dû également leur permettre de corriger le tracé des trajectoires effectué à la question Q24. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 28

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique géométrique › Réflexion, réfraction et fibres optiques ; Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : sonar, zone d'ombre

Un sonar (sound navigation and ranging) est un dispositif acoustique permettant de localiser (distance et situation) des objets réflecteurs. Un sonar dit actif émet (mode émission) des rayons acoustiques dans un certain intervalle de directions puis détecte (mode réception ou d'écoute) l'écho renvoyé par les obstacles rencontrés. Sur la base du réseau de trajectoires tracé en réponse à la question (24), indiquer quels problèmes posent cette technique de localisation dans un milieu stratifié.

Voir l'indice

Discuter l'impossibilité de détecter des cibles situées dans les zones d'ombre acoustique \mathcal{D}_0 et l'erreur induite sur la position par la courbure des trajets.

Voir la réponse courte

La courbure des rayons crée des zones d'ombre inaccessibles au sonar, fausse l'estimation de distance rectiligne et induit des trajets multiples.

Voir le corrigé complet

Dans un milieu homogène, la localisation par sonar actif repose sur deux hypothèses simples :

  • la propagation rectiligne des rayons sonores permet d'attribuer à la cible la direction d'émission ou de réception de l'écho ;
  • la constance de la célérité c permet de relier la distance d de la cible au temps d'aller-retour \tau par la relation d = \frac{c \tau}{2}.

D'après l'étude menée aux questions précédentes (questions 24, 25 et 26), la stratification du milieu perturbe profondément ce principe de localisation :

  1. Courbure des rayons et erreur sur la direction angulaire :
    Sous l'effet du gradient de célérité, les rayons acoustiques s'incurvent (trajectoires paraboliques). La direction apparente de l'écho (tangente à la trajectoire au niveau du récepteur) ne coïncide pas avec la direction géométrique directe de la cible, ce qui fausse le relèvement de l'obstacle.
  2. Existence de zones d'ombre acoustique (\mathcal{D}_0) :
    Le réseau de trajectoires délimite une zone d'ombre \mathcal{D}_0 (au-delà de la parabole enveloppe déterminée à la question 25) qu'aucun rayon acoustique ne peut pénétrer. Un obstacle situé dans ce domaine est totalement indétectable par le sonar actif.
  3. Propagation par trajets multiples (multitrajets) et faux échos :
    Comme établi à la question 26, un point du domaine accessible \mathcal{D}_1 est relié à la source par deux trajectoires distinctes correspondant à deux angles d'émission différents. Un réflecteur renvoie donc plusieurs signaux reçus à des instants différents, ce qui crée des échos fantômes et complique considérablement le comptage et l'identification des cibles.
  4. Erreur sur l'estimation de la distance :
    La célérité c(z) variant le long du trajet et la longueur d'arc curviligne de la parabole étant supérieure à la distance géométrique directe, la formule usuelle d = \frac{c_0 \tau}{2} conduit à une erreur systématique sur la distance de la cible.
Voir ce qu'a relevé le jury

Le retour inverse reste valable en acoustique géométrique ; les difficultés tenaient à la direction apparente et à la zone d'ombre.

« le fait d’avoir des trajectoires non-rectilignes remettait en question, à tort, le “principe du retour inverse” du son »

« les réelles difficultés (la direction “réelle” et pas seulement acoustique de l’obstacle, et l’existence d’une région “aveugle”) ont rarement été données. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 29

DifficileTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique géométrique › Réflexion, réfraction et fibres optiques ; Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : chenal acoustique, zone d'ombre

Le sonar, situé sous un bateau de pêche, permet de localiser les bancs de poissons. Le profil de célérité représenté sur la figure (4) permet-il aux rayons acoustiques émis de se propager au-delà du chenal de surface ? On s'appuiera, en particulier, sur l'étude conduite en réponse à la question (24) afin d'estimer la « portée » maximale en profondeur d'un rayon acoustique, correspondant à une valeur donnée du coefficient (introduit dans l'équation (6)).

Voir l'indice

Déterminer la profondeur maximale accessible au sommet des paraboles à partir du gradient de célérité dans la couche superficielle.

Voir la stratégie
  1. Identifier le comportement de la célérité c(z') dans le chenal de surface à partir de la figure 4 et en déduire l'ordre de grandeur du paramètre de gradient \alpha.
  2. Transposer le résultat de la question 24 pour exprimer la profondeur maximale de rebroussement z'_S(\theta_0) et sa valeur maximale absolue z'_{S,\max}.
  3. Comparer cette profondeur à l'épaisseur caractéristique du chenal de surface pour déterminer si les rayons peuvent le franchir.
Voir la réponse courte

Le gradient de célérité courbe les rayons vers le haut : ils subissent une réflexion totale avant une profondeur maximale et ne dépassent pas le chenal.

Voir le corrigé complet

Dans le repère naturel lié à l'océan, l'axe vertical est dirigé vers le bas selon la profondeur z' = -z.

D'après la figure 4, dans le chenal de surface, la célérité du son c(z') augmente légèrement avec la profondeur z' sous l'effet prépondérant de la pression hydrostatique (la température étant quasi-uniforme dans cette couche de mélange). Sur une épaisseur h \sim 100\text{ à }200\text{ m}, la variation de célérité est d'environ \Delta c \approx 1\text{ à }2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} autour de c_0 \approx 1515\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.

En linéarisant le profil sous la forme c(z') \approx c_0(1 + \alpha z'), on estime le coefficient de gradient \alpha :

\alpha = \frac{1}{c_0}\frac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}z'} \approx \frac{\Delta c}{c_0 \Delta z'} \sim \frac{1\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}{1515\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \times 200\text{ m}} \approx 3 \times 10^{-6}\text{ m}^{-1}

D'après le résultat établi à la question 24, le sommet de la parabole représentant la trajectoire correspond à une profondeur maximale de pénétration :

z'_S(\theta_0) = \frac{W_S}{\alpha} = \frac{\cos^2\theta_0}{2\alpha}

où \theta_0 est l'angle d'émission mesuré par rapport à la verticale descendante.

La « portée » maximale théorique en profondeur pour un rayon acoustique est atteinte pour une incidence normale (\theta_0 \to 0) :

z'_{S,\max} = \frac{1}{2\alpha} \sim \frac{1}{2 \times 3 \times 10^{-6}\text{ m}^{-1}} \approx 1{,}7 \times 10^5\text{ m} \sim 2 \times 10^5\text{ m}

Cette valeur théorique z'_{S,\max} \sim 10^5\text{ m} est immensément supérieure à l'épaisseur réelle du chenal de surface (h \sim 100\text{ à }200\text{ m}).

Par conséquent, un rayon n'est réfracté et piégé dans le chenal de surface que si sa profondeur de rebroussement est inférieure à l'épaisseur du chenal :

z'_S(\theta_0) \le h \iff \cos\theta_0 \le \sqrt{2\alpha h} \approx \sqrt{2 \times (3\times 10^{-6}) \times 150} \approx 0{,}03

ce qui ne concerne que les rayons émis de manière extrêmement rasante (faisant un angle avec l'horizontale inférieur à environ \arcsin(0{,}03) \approx 1{,}7^\circ).

Dès lors que l'angle d'émission est suffisamment plongeant (\cos\theta_0 > \sqrt{2\alpha h}), le rayon ne rebrousse pas chemin dans le chenal de surface : il le traverse et se propage en profondeur.

\boxed{\text{Oui, les rayons émis sous un angle suffisamment plongeant franchissent le chenal de surface et se propagent au-delà.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait exploiter quantitativement le profil en estimant le gradient de célérité superficiel par une application numérique.

« On attend bien entendu, dans cette question, une exploitation quantitative du profil présenté à la figure 4, avec notamment une estimation du gradient de célérité dans le chenal de surface, et une application numérique pour étayer la réponse. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 30

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique géométrique › Réflexion, réfraction et fibres optiques ; Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : chenal acoustique, réfraction

Sans effectuer de calcul, représenter l'allure des rayons acoustiques émis par un sous-marin (bruit) situé à une profondeur . On supposera que le sous-marin émet dans toutes les directions.

Voir l'indice

Représenter des rayons qui oscillent autour du minimum de célérité à z' = 500\text{ m} par réfractions successives vers les zones de plus faible vitesse.

Voir la stratégie
  1. Analyser la variation locale de la célérité c(z') au voisinage immédiat de la profondeur z' = 500\text{ m} d'après le profil de la figure 4.
  2. Appliquer la loi de Descartes de l'acoustique géométrique pour déterminer le sens de courbure des rayons selon qu'ils se propagent vers le haut (z' < 500\text{ m}) ou vers le bas (z' > 500\text{ m}).
  3. Tracer l'allure des rayons émis depuis le sous-marin : piégeage oscillant pour les rayons peu inclinés et transmission pour les rayons trop verticaux.
Voir la réponse courte

Le minimum de célérité à 500\text{ m} agit comme un puits réfractif : les rayons sont ramenés vers l'axe et oscillent périodiquement (guidage).

Voir le corrigé complet

D'après la figure 4, la profondeur z' = 500\text{ m} correspond à un minimum local de la célérité du son :

  • pour z' < 500\text{ m} (vers la surface), la célérité c(z') augmente avec l'altitude (z' décroissant) ;
  • pour z' > 500\text{ m} (vers le fond), la célérité c(z') augmente avec la profondeur sous l'effet de l'eau plus chaude d'origine méditerranéenne.

D'après la relation de Descartes établie à la question Q19, un rayon acoustique vérifie la loi de conservation :

\frac{\sin\theta(z')}{c(z')} = \text{Cste}

où \theta est l'angle du rayon avec la verticale. Ainsi :

  • un rayon se propageant vers le haut (z' < 500\text{ m}) pénètre dans une zone où c augmente, donc \sin\theta croît jusqu'à atteindre 1 (\theta = \pi/2, rayon horizontal) : le rayon rebrousse chemin vers les profondeurs croissantes ;
  • de même, un rayon se propageant vers le bas (z' > 500\text{ m}) pénètre dans une région où c augmente : \sin\theta augmente également jusqu'au rebroussement vers le haut.

Par conséquent, les rayons se courbent systématiquement vers les régions de plus faible célérité (c'est-à-dire de plus fort indice acoustique n = 1/c).

  • Pour des angles initiaux suffisamment proches de l'horizontale, les rayons acoustiques sont piégés dans ce « chenal sonore profond » et effectuent une trajectoire ondulante périodique autour du plan z' = 500\text{ m}.
  • Pour des rayons émis trop près de la verticale, l'angle critique de réflexion totale n'est pas atteint avant les extrema de célérité : ils s'échappent du chenal vers la surface ou les grandes profondeurs.
Voir ce qu'a relevé le jury

Ces questions qualitatives permettaient de valoriser la compréhension physique du guidage d'onde dans un milieu stratifié.

« Même si, quantitativement, il est discutable de pousser l’analogie aussi loin que celle correspondant à un guide d’onde comme avec une fibre optique à gradient d’indice, ces deux questions qualitatives ont permis d’identifier parmi les candidats ceux qui […] conservaient une compréhension de la physique »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique géométrique › Réflexion, réfraction et fibres optiques

Notions : fibre optique à gradient d'indice, guide d'onde

Indiquer quel est l'analogue de cette situation en optique.

Voir l'indice

Citer le guidage de la lumière dans une fibre optique à gradient d'indice (profil parabolique de type mirage).

Voir la stratégie
  1. Identifier la grandeur optique équivalente à l'indice acoustique n(z) = 1/c(z).
  2. Interpréter la structure du milieu : un minimum local de célérité c(z') correspond à un maximum local d'indice acoustique.
  3. Faire le parallèle avec les dispositifs ou phénomènes d'optique ondulatoire et géométrique fondés sur le guidage de la lumière par gradient d'indice.
Voir la réponse courte

C'est l'analogue d'une fibre optique à gradient d'indice, piégeant les rayons autour du plan d'indice maximal (célérité minimale).

Voir le corrigé complet

D'après les questions précédentes, l'indice acoustique est défini par n(z') = \frac{1}{c(z')}. Au niveau du chenal sonore profond (z' = 500\text{ m}), la célérité c(z') présente un minimum local, ce qui correspond à un maximum local d'indice acoustique n(z'). Les rayons sonores sont continûment réfractés vers les zones de plus fort indice et s'y retrouvent piégés en oscillant de part et d'autre de ce plan.

En optique, l'analogue direct d'un tel milieu à symétrie plane ou cylindrique présentant un indice de réfraction maximal sur un axe et décroissant lorsqu'on s'en éloigne est :

\boxed{\text{Une fibre optique à gradient d'indice (ou plus généralement un guide d'onde optique à gradient d'indice).}}

À l'échelle géophysique, ce phénomène correspond également aux conduits de guidage atmosphérique responsables de certains mirages optiques (effet de mirage supérieur ou canalisation de la lumière dans des couches d'inversion thermique).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'analogue optique attendu correspondait au guidage dans une fibre optique à gradient d'indice.

« Même si, quantitativement, il est discutable de pousser l’analogie aussi loin que celle correspondant à un guide d’onde comme avec une fibre optique à gradient d’indice, ces deux questions qualitatives ont permis d’identifier parmi les candidats ceux qui […] conservaient une compréhension de la physique »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Question 32

ExigeanteTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique géométrique › Réflexion, réfraction et fibres optiques ; Ondes et signaux › Ondes acoustiques

Notions : chenal acoustique, atténuation

Préciser quel avantage procure à un sous-marin de se placer à la profondeur .

Voir l'indice

Mettre en évidence le confinement des ondes sonores par guidage à longue distance et l'existence d'une zone d'ombre protectrice vis-à-vis des détecteurs de surface.

Voir la réponse courte

Le sous-marin bénéficie d'une portée de détection très accrue grâce au canal SOFAR tout en restant dissimulé aux sonars de surface situés au-dessus.

Voir le corrigé complet

Se placer à la profondeur z' = 500\text{ m}, au cœur du chenal sonore profond (chenal SOFAR), procure au sous-marin un double avantage tactique majeur :

  1. Écoute passive et détection à très longue portée : Le chenal sonore agit comme un guide d'ondes acoustique naturel (établi à la question Q30). L'énergie sonore des cibles bruyantes situées dans ce canal y reste confinée ; la divergence géométrique de l'onde devient bidimensionnelle (cylindrique, avec une décroissance de l'intensité en 1/r) au lieu de tridimensionnelle (sphérique, en 1/r^2). L'atténuation géométrique étant considérablement réduite, le sous-marin peut :

    • écouter et détecter des sources sonores distantes de plusieurs centaines, voire milliers de kilomètres ;
    • transmettre des signaux acoustiques de communication à très grande distance.
  2. Furtivité acoustique vis-à-vis des bâtiments de surface : La majeure partie des rayons sonores émis par le sous-marin (bruit de propulsion, d'écoulement, bruits de bord) sous des angles d'incidence modérés est courbée et piégée autour de z' = 500\text{ m} sans jamais atteindre la surface. Le sous-marin est ainsi dissimulé aux sonars de coque des navires de surface et aux bouées acoustiques superficielles larguées par l'aviation de lutte anti-sous-marine.
\boxed{\text{Portée d'écoute passive considérablement accrue et furtivité acoustique vis-à-vis de la surface.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Les arguments qualitatifs relatifs à la furtivité sous-marine gagnaient à être rigoureusement étayés par les résultats démontrés plus haut.

« Cela aurait été encore mieux si toutes ces propositions avaient été étayées sur les résultats des questions qui précédaient. »

Source : rapport du jury X-ENS 2024

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet X-ENS Physique B PC 2024 ?

Surtout 2 chapitres : Ondes acoustiques (42 % des questions, partie 1) et Réflexion, réfraction et fibres optiques (42 %, partie 2). Plus ponctuellement : Cinématique des fluides, Description d'un système thermodynamique, Diffusion thermique, Fluides visqueux, Dynamique des fluides parfaits…

Peut-on travailler le sujet X-ENS Physique B PC 2024 dès la première année (PCSI) ?

En partie : 18 questions sur 32 (56 %) ne demandent que le programme de PCSI : Q1 et Q16 à Q32. Avec les autres programmes de première année : 18 en MPSI, 18 en PTSI, 18 en MP2I, 18 en TSI1 et 18 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet X-ENS Physique B PC 2024 ?

Environ 2 h 45 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet X-ENS Physique B PC 2024 ?

Q22 (trajectoire d'un rayon), Q25 (parabole de sûreté) et Q29 (chenal acoustique), cotées 4 sur 4 dans ce corrigé.

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet X-ENS Physique B PC 2024 ?

Questions de cours : Q1 (échelle mésoscopique), Q2 (équation d'euler), Q3 (approximation acoustique), Q6 (compressibilité isentropique), Q14 (célérité du son) et Q31 (fibre optique à gradient d'indice). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q4 (approximation acoustique), Q15 (loi de snell-descartes) et Q21 (loi de snell-descartes).

Où gagner des points facilement dans le sujet X-ENS Physique B PC 2024 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (15 sur 32), par exemple : Q1 à Q6, Q8, Q10, Q12, Q16, Q17, Q19, Q20, Q27 et Q31. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q15, Q21 et Q23.

Le sujet X-ENS Physique B PC 2024 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury juge le sujet assez classique, sans être exagérément long ou difficile, tout en notant qu'il a été sélectif (moyenne de 10,02). Moyenne : 10,11/20 (écart-type 3,44, 1 401 présents).

Comment justifier la valeur de γ pour l'air en Q14 ?

Par le théorème d'équipartition de l'énergie. L'air est assimilé à un gaz diatomique dont 3 degrés de liberté de translation et 2 de rotation sont actifs à température ambiante, soit C_{V,m} = \frac{5}{2}R, d'où C_{P,m} = \frac{7}{2}R et \gamma = \frac{7}{5} = 1{,}4.

Que faire si l'on bloque sur l'intégration en Q22 ?

Admettre la trajectoire parabolique donnée en Q23. L'expression fournie W(X) = B X^2 + C X permet d'aborder sans pénalité le tracé du réseau de rayons et la recherche de la parabole enveloppe (Q24 à Q28), évitant un blocage préjudiciable relevé par le jury.

Où je me situe, question par question

Cochez les questions que vous avez réussies sans aide.

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Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 32 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 10,11 et d'écart-type 3,44 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

Source des chiffres : document officiel du concours.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 27 septembre 2026.