Polynômes et fractionsProbabilités finies, discrètes et dénombrementAlgèbre linéaireFonctions (limites, continuité, dérivabilité, intégration)Séries et familles sommablesCalcul différentiel et fonctions à plusieurs variables
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Dans tout le problème :
pour tout entier naturel , on note l'espace vectoriel des polynômes à cœfficients réels de degré inférieur ou égal à ;
on identifie le polynôme de avec la fonction polynomiale , avec la convention ;
on rappelle la formule de Stirling : ! est équivalent à lorsque l'entier tend vers .
Le problème a pour objet l'approximation d'une fonction réelle par des fonctions polynomiales.
Dans la partie I, on étudie le cas des polynômes de Bernstein. Les parties II et III sont consacrées aux polynômes d'interpolation de Lagrange.
Les parties II et III sont indépendantes de la partie I.
Partie I. Quelques propriétés des polynômes de Bernstein
Pour tout entier et tout entier , on note le polynôme de défini par :
On pose pour tout et on note la base canonique de .
Soit l'application définie sur telle que : .
Dans cette question uniquement, on choisit .
a) Déterminer la matrice de la famille ( ) dans la base .
b) En déduire que la famille ( ) est une base de .
c) Calculer et ; déterminer la matrice de dans la base . Préciser les valeurs propres et les sous-espaces propres de .
On revient au cas général où est un entier supérieur ou égal à 1.
a) Montrer que la famille ( ) est libre; en déduire que cette famille est une base de .
b) Montrer que l'application est un automorphisme de .
c) Calculer et montrer que .
d) Montrer que pour tout , le degré du polynôme est égal à .
Pour établir ce résultat, on pourra utiliser la propriété suivante que l'on ne demande pas de démontrer :
où est le polynôme dérivé de .
e) Pour tout , soit le cœfficient de du polynôme . Calculer en fonction de et . L'automorphisme est-il diagonalisable?
3. Soit une fonction continue sur [ 0,1 ]. On pose: et .
Soit . Soit un espace probabilisé et pour tout , soit une variable aléatoire définie sur cet espace suivant la loi binomiale de paramètres et . Pour tout , on pose: .
a) Montrer que la suite de variables aléatoires converge en probabilité vers le réel .
b) Justifier l'existence de .
c) Soit un réel strictement positif. Pour tout , soit l'événement : .
On note la variable indicatrice de l'événement et l'événement contraire de . Établir l'inégalité : .
d) Montrer que . En déduire que .
4.a) Compléter le code Scilab suivant afin qu'un appel à la fonction binom ( ) renvoie une réalisation d'une loí binomiale de paramètres et .
function Z=binom(n,z)
Z= .........
endfunction
b) Soit une fonction Scilab et une variable définies par:
function }\mp@subsup{y}{}{=f}(x
if x=m=0 then y=0, else y=-x*log(x), end
endfunction
z=0.4
On considère le code Scilab suivant :
n=100; N=1000
S=0
for k=1:N
S=S+f(binom(n,z)/n)
end
disp(S/N)
Ce code affiche une valeur approchée d'une certaine quantité. Laquelle?
Cette valeur affichée est le résultat de la mise en œuvre de certaines méthodes. Lesquelles?
Partie II. Les polynômes d'interpolation de Lagrange
Soit et des réels deux à deux distincts. Soit l'application de dans telle que: .
a) Montrer que l'application est un isomorphisme d'espaces vectoriels.
b) On note ( ) la base canonique de avec et . Pour tout , on note le polynôme de tel que .
Montrer que pour tout , on a : .
c) Soit l'application définie sur par : .
Vérifier que est un produit scalaire sur . On munit alors de ce produit scalaire.
Montrer que ( ) est une base orthonormée de .
d) Expliciter la matrice de passage de la base à la base canonique de .
e) Soit une fonction continue sur à valeurs réelles.
Montrer que pour tout , il existe un unique polynôme de , noté , vérifiant les relations :
On dit que est le polynôme d'interpolation de la fonction aux points .
Exprimer dans la base .
6. Soit des réels appartenant à un intervalle tels que .
Soit une fonction de classe sur et un réel de différent de .
On note le polynôme d'interpolation de la fonction aux points et le polynôme d'interpolation de la fonction aux points . On pose : .
a) Établir l'existence d'un réel tel que pour tout , on a : .
b) Soit la fonction définie sur par: .
Montrer que la fonction s'annule en les ( ) points et en déduire l'existence d'un réel tel que .
c) Établir l'égalité : .
d) En déduire que pour tout , on a : .
Partie III. Exemple d'interpolation et phénomène de Runge
Dans cette partie, on suppose que l'entier appartient à et n'est plus fixé.
Pour tout , on pose : .
Pour tout réel , on note la fonction définie sur telle que : .
Pour tout et pour tout , on note le polynôme d'interpolation aux points de la fonction .
Pour tout , on pose : .
Cette partie se propose de mettre en évidence des conditions suffisantes de convergence de la suite vers pour appartenant à un intervalle .
7.a) Justifier que la fonction est de classe sur .
b) Montrer que pour tout et pour tout , on a : .
c) Montrer que pour tout réel vérifiant , on a : .
8. Dans cette question, on admet le résultat qui suit.
Pour tout , soit la fonction définie sur par : . Soit un réel strictement positif.
Soit une suite réelle. On suppose que pour tout , la série de terme général est convergente ; on note sa somme.
Alors, la fonction est de classe sur et et , on a .
Soit . On pose: .
a) Déterminer les réels et pour lesquels on a : .
b) Comparer pour tout et pour tout et .
c) Montrer que pour tout et pour tout , on a : .
d) On suppose que . Montrer que pour tout et pour tout , on a :
Pour avec , soit l'entier de tel que .
a) Établir les inégalités : .
b) À l'aide de la formule de Stirling (rappelée dans le préambule du problème), montrer qu'il existe un entier tel que pour tout , on a pour tout .
c) Déduire des questions 6.d), 8.d) et 9.b) qu'une condition suffisante pour que pour tout , est : .
10.a) On pose : . À l'aide d'une intégration par parties, calculer .
Montrer que la fonction est prolongeable par continuité en 0 . On note encore la fonction prolongée.
b) Montrer que la fonction réalise une bijection strictement croissante de sur un intervalle à déterminer.
c) Montrer qu'il existe un unique réel tel que . Montrer que (on donne ).
d) On note le nombre complexe de module 1 et d'argument et le module du nombre complexe . Vérifier que pour tout , on a : . Montrer alors que .
11. La fonction Arctan est codée dans le langage Scilab par atan.
Le programme suivant renvoie une valeur approchée d'un réel à 0.001 près.
function z=G(x); z=(1/2)*(log((1+x-2)/4))+x*(atan(1/x)); endfunction
u=0.25; v=1;
while (v-u)>0.001 do
if G((u+v)/2)>Q then v=(u+v)/2; and
if G((u+v)/2)<0 then u=(u+v)/2; end
if G((u+v)/2)=x 0 then v=(u+v)/2;u=(u+v)/2; end
end
disp ((u+v)/2)
a) Quelle est la méthode mise en ceuvre dans ce programme? Donner une équation vérifiée par .
b) Comparer et .
12. Pour tout , on pose : .
a) Montrer que le polynôme divise le polynôme .
b) Montrer que le polynôme est pair.
c) Pour tout , on pose : . Exprimer en fonction de .
Trouver un équivalent de lorsque tend vers , de la forme , où et sont des réels strictement positifs que l'on déterminera.
d) On admet sans démonstration que : .
Déduire de ce résultat admis et de la question 12.c), un équivalent de lorsque tend vers . Dans les questions 19 et 14, on suppose que est impair.
13.a) Montrer que et exprimer en fonction de et .
b) En déduire que pour tout , on a : .
14. On suppose que .
a) Déterminer .
b) En déduire que (phénomène de Runge).