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BCE Maths appliquees ESSEC ECE 2011

Epreuve de maths appliquees - ECE 2011

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Probabilités finies, discrètes et dénombrementProbabilités continuesStatistiques

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Description

Annale de maths appliquees BCE ESSEC pour la filiere ECE, session 2011.

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BANQUE COMMUNE D'EPREUVES

CONCOURS D'ADMISSION DE 2011
Code épreuve :
Concepteur : ESSEC
287

OPTION ECONOMIQUE

MATHEMATIQUES II

Lundi 9 mai de 8 h à 12 h

Abstract

La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies. Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs. Ils ne doivent faire usage d'aucun document. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée. Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.

Une question que se pose un joueur de cartes est de savoir combien de fois il est nécessaire de battre les cartes pour que le paquet soit convenablement mélangé. Ce problème décrit un procédé très élémentaire pour mélanger les cartes et propose de répondre alors à cette question.
Considérons un jeu de cartes numérotées de à et disposées en un paquet sur une table. Un joueur bat les cartes et repose le paquet sur la table. Le résultat du mélange est une permutation de ces cartes.
Notations et Rappel: on note l'ensemble des permutations possibles pour ce paquet de cartes et on rappelle que
On se place dans un espace probabilisé ( ) avec l'ensemble des parties de et l'équiprobabilité sur . Pour toute variable aléatoire on notera et l'espérance et la variance de lorsqu'elles existent.
On considère qu'un paquet est convenablement mélangé lorsque toutes les permutations sont équiprobables, c'est-à-dire lorsque pour toute permutation de la probabilité que le tas de cartes se trouve dans la configuration vaut !

Vocabulaire et notations:

Une carte située au sommet de la pile est dite en position , celle qui se trouve immédiatement en dessous est dite en position , etc. Ainsi une carte située en position désigne la carte située en bas de la pile. On prendra garde à bien distinguer la position d'une carte dans le paquet du numéro qu'elle porte.
Partons d'un tas de cartes rangées initialement dans l'ordre suivant:
pour tout élément de , la carte se trouve en position .
Ainsi, à l'instant initial, la carte se trouve sur le dessus du paquet alors que se trouve donc tout en dessous du paquet.
Pour élément de , on appelle insertion à la -ième place l'opération qui consiste à prendre la carte située au-dessus du paquet et à l'insérer entre la -ième et la ( )-ième place. Une insertion à la première place ne change pas l'ordre des cartes. Une insertion à la -ième place consiste à faire glisser la carte située au-dessus du paquet pour la mettre sous le paquet.
Le battage par insertions du jeu de cartes consiste à effectuer une suite d'insertions aléatoires, en choisissant, à chaque instant, au hasard uniformément dans la place à laquelle l'insertion a lieu, indépendamment des insertions précédentes.
Les instants successifs d'insertions seront notées , l'instant initial est .
Notations. Nous notons :
  • le premier instant où la carte située sur le dessus du paquet est glissée en dernière position, c'est-à-dire le premier instant où la carte se trouve remontée de la position à la position ,
  • le premier instant où la carte se trouve remontée en position ,
  • et plus généralement, pour dans le premier instant où la carte atteint la position .
  • On posera également et .
  • Enfin, on notera .
On admet que les conditions de l'expérience permettent de faire l'hypothèse que les variables aléatoires sont indépendantes.
Description d'un exemple. Dans le tableau ci-dessous, nous décrivons les résultats d'une expérience faite sur un paquet de cartes. La première ligne du tableau indique les instants , la deuxième ligne indique les positions d'insertions, et dans la dernière ligne figure la configuration du paquet à l'instant .
instant n 0 1 2 3 4 5 6 7
insertion en place k 3 2 4 1 3 4 2
Configuration position 1
du position 2
paquet position 3
position 4
Pour cette expérience, on a les résultats et et .

Partie 1 - Description et premiers résultats

  1. Justifier que .
Que représente l'intervalle de temps ?
2) Loi de .
Déterminer pour tout entier et reconnaître la loi de .
3) Soit . Loi de .
(a) Établir que pour tout entier , on a . En déduire que suit une loi usuelle que l'on précisera.
(b) En déduire et .
4) Loi de . Soit .
(a) Démontrer que .
(b) Justifier que .
(c) En déduire que l'on a: .
5) À l'instant , la carte est située en position et deux cartes se trouvent sous elle qui ont été insérées aux instants et .
Que valent alors les probabilités, qu'à l'instant :
(a) la carte insérée à l'instant soit en place et celle insérée à l'instant en place ?
(b) la carte insérée à l'instant soit en place et celle insérée à l'instant en place ?
6) À l'instant , la carte est située en position et trois cartes, insérées aux instants et , se trouvent sous elle. On note alors, pour la position de la carte ayant été insérée à l'instant .
(a) Combien y a-t-il de résultats possibles pour le triplet ?
(b) Quelques exemples. Donner les probabilités qu'à l'instant :
i) on obtienne ?
ii) on obtienne ?
7) Justifier la phrase suivante:
"À partir de l'instant , toutes les configurations du jeu de cartes sont équiprobables."
On retiendra que si on arrête le battage des cartes par insertion exactement à l'instant , on a un paquet convenablement mélangé. Cependant le temps étant aléatoire, il n'est pas possible d'arrêter de battre les cartes à cet instant précis, à moins de marquer la carte bien sûr!

Partie 2 - Estimation du nombre d'insertions pour bien mélanger les cartes

Notations : on introduit les suites et définies par :
  1. Espérance et variance de
Justifier que et que .
9) Étude de la suite ( )
(a) Montrer que pour tout entier , on a .
(b) En déduire successivement:
i) la décroissance de la suite ( ),
ii) l'encadrement: .
(c) Déduire de ce qui précède que la suite ( ) est convergente et que sa limite, notée appartient à .
10) (a) Établir que et .
(b) Quelle est la nature de la suite ? (on prendra garde au fait que dépend de ).
Justifier qu'il existe une constante , strictement positive, telle que
  1. Écart à la moyenne
On rappelle l'inégalité de Bienaymé-Chebychev valable pour une variable aléatoire admettant une espérance et une variance :
Soit fixé et une constante strictement plus grande que 1.
(a) Justifier que .
Comparer par une inclusion les événements suivants
(b) Démontrer que
a été définie à la question 10b.
Le nombre étant fixé, que vaut ?
12) Démontrer aussi que pour tout :
On peut traduire ces résultats en disant que l'événement : ' s'écarte de de manière significative" est un événement asymptotiquement rare.
Pour information, pour un paquet de 32 cartes, on donne et pour un paquet de 52 cartes, .
13) Simulation informatique. Dans cette question on considère un jeu de cartes.
MODÉLISATION : On définit en PASCAL le TYPE Paquet=ARRAY[1..32] OF INTEGER; Le paquet de
32 cartes est représenté par une variable Jeu de TYPE Paquet rempli initialement d'entiers entre 1 et 32 ; donc, initialement, Jeu[i] contient , c'est à dire que la carte est en position . Au cours des insertions, Jeu[i] désigne le numéro de la carte en position numéro . Par exemple, Jeu[i]=10 signifie que la carte est en position .
On indique à la fin de cette question un extrait de programme à compléter en suivant les questions suivantes:
(a) Écrire la procédure Init permettant de définir une variable Jeu correspondant à la configuration initiale du paquet de cartes.
(b) Compléter la procédure Insertion qui simule une opération d'insertion. On rappelle que la fonction RANDOM (32) permet de tirer un nombre entier au hasard dans l'intervalle .
(c) Que fait la fonction T?
(d) Écrire le programme principal permettant de calculer et d'afficher la moyenne des valeurs prises par la fonction T sur 100 expériences et compléter la ligne de déclaration de variables.
Extrait du programme.
PROGRAM ESSEC2011;
TYPE Paquet=ARRAY[1..32] OF INTEGER;
VAR Jeu:Paquet;
    ............ (à compléter)
PROCEDURE Init( .............)
PROCEDURE Insertion(VAR Jeu:Paquet);
VAR i,k,cartedessus:INTEGER;
BEGIN
    k:= ....... (position où on va insérer la carte du dessus)
    cartedessus:=Jeu[1];
    IF k>1 THEN FOR i :=1 TO k-1 DO Jeu[i] := ....
    Jeu[k] := ....
END;
FUNCTION T(Jeu:Paquet):INTEGER;
VAR n :INTEGER;
BEGIN
    Init(Jeu);
    n:=0;
    WHILE Jeu[1]<>32 DO
    BEGIN
        Insertion(Jeu);
        n:=n+1
    END;
    T:=n
END;
BEGIN { programme principal }
END.

Partie 3 - Distance variationnelle à la loi uniforme

Notations:

  • On note l'équiprobabilité sur , c'est-à-dire l'application de dans [ 0,1 ] telle que:
  • On note également la probabilité sur définie comme suit: pour chaque configuration de désigne la probabilité qu'à l'instant le tas de cartes se trouve dans la configuration .
    On a alors pour pour toute partie de .
    On peut mesurer la qualité du mélange à un instant donné en estimant l'écart entre et . Une distance entre ces probabilités est définie de la manière suivante:
  1. Soient une partie de et l'événement: "à l'instant le paquet de cartes se trouve dans une configuration qui appartient à la partie ."
    (a) Expliquer, en utilisant la question 7, l'égalité suivante : . En déduire .
    (b) Établir que .
    (c) Montrer que
  1. Soit une partie de et . On note l'événement contraire de .
    (a) Exprimer en fonction de et .
    (b) Déduire des questions précédentes la majoration :
  1. Montrer que . Déterminer la limite .

Partie 4- Une majoration de

Dans cette partie, nous nous intéressons provisoirement à un collectionneur de timbres. Celui-ci reçoit chaque jour une lettre affranchie avec un timbre choisi au hasard uniformément parmi les timbres en vigueur. On étudie ici le nombre de jours que doit attendre le collectionneur pour posséder la collection complète des timbres. Le jour 0 il n'a aucun timbre.
On note alors :
  • pour tout entier le nombre aléatoire de jours que doit attendre le collectionneur pour que le nombre de timbres différents qu'il possède passe de à ,
  • , soit la variable aléatoire correspondant au nombre de jours à attendre pour posséder la collection complète des timbres,
  • en supposant les timbres en vigueur numérotés de 1 à , pour tout l'événement "le jour , le collectionneur n'a toujours pas reçu de lettre affranchie avec le timbre numéro ."
    On admet que les variables aléatoires sont indépendantes.
  1. Déterminer la loi de .
  2. Déterminer pour tout entier la loi de la variable .
  3. En déduire que la variable suit la même loi de probabilité que la variable étudiée dans les parties précédentes.
    Ce résultat sera utilisé pour estimer la quantité .
  4. Soit .
    (a) Exprimer l'événement à l'aide des événements .
    (b) Que vaut pour tout entier ?
    (c) On rappelle que pour tout entier et pour toute famille d'événements , on a l'inégalité: En déduire .
  5. (a) Montrer que pour tout , .
    (b) Déduire des résultats précédents la majoration
  1. On reprend les notations introduites dans la partie précédente.
    (a) Soit fixé. Montrer que pour entier supérieur ou égal à on a : .
    (b) Application numérique. On estime qu'une distance en variation à la loi uniforme de 0,2 est acceptable.
    Avec un jeu de 32 cartes, combien de battages par insertions doit-on faire pour considérer le paquet mélangé de façon acceptable?

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